TITRE: Le renne de Noël
AUTEUR/E:
Gentle Slave
RATING:
T
GENRE(S):
Romance/Fantasy
PERSONNAGE(S):
Maître Panda, Le Prof, Le Geek (SLG)
PAIRING(S):
Maître Panda/Geek
TRIGGER WARNING(S):
aucun


Le renne de Noël

En ce début de mois de décembre, toute la famille Sommet était en pleine effervescence. C'est habituel me diriez-vous ? Oui mais cette fois-ci, c'était à l'occasion de la préparation d'une fête adorée pas les petits et les grands : Noël.

Effectivement, les habitants de la maisonnée s'organisaient pour la décoration. Mathieu plaçait le sapin dans le salon, le Hippie amenait les cartons remplis de guirlandes, de boules et de toutes autres merveilles. Le Prof, la Fille et le Patron s'occupaient de la décoration des fenêtres. Quant au Geek et à Maître Panda, eux préparaient la crèche.

« Dis Maître Panda...

- Hum oui ? »

L'ursidé se tourna vers le gamin qui admirait les figurines d'un air rêveur. Ce dernier dirigea ses yeux d'un bleu étincelant vers son double animal.

« Pourquoi n'y a t-il pas de panda dans la crèche ? » Demanda l'enfant, l'air sérieux.

Devant cette étrange question, le chanteur ne put retenir un sourire franc. Qu'est-ce qu'il était attendrissant ce gosse.

« Eh bien, c'est une très bonne question ! Je dirais que c'est tout simplement parce que les pandas sont des espèces très discrètes.

- C'est vrai ? Pourtant ça serait trop cool qu'il y en ait !

- Oui tu as raison ! »

Et c'est ainsi qu'ils se mirent à rire. Le premier à se calmer fut le garçon à la casquette qui, avec un petit sourire triste, déclara:

« J'aimerais tellement que ce Noël soit magique... »

Le panda observait le Geek d'un air interrogateur. L'enfant recommençait à admirer les statuettes présentes dans la petite maison.

« Qu'est-ce que tu veux dire par-là ?

- Je sais pas trop comment l'expliquer... En fait, j'ai dit ça sur un coup de tête. Oublie ça, c'était idiot.

- Idiot ? Mais ça ne l'est pas, au contraire ! »

L'expression qu'arborait l'animal, finit par rassurer le petit qui à son tour, offrait un petit sourire ravissant. Maître Panda se rapprocha du visage du garçon, pour lui confier à l'oreille :

« Ne t'inquiète pas, je ferais tout mon possible pour qu'il soit magique. »

Le souffle chaud et la promesse de son ami, mirent le feu aux joues au gamin. Le chanteur s'éloigna de lui et retourna rapidement son attention sur son travail.

« Bon... heu... C'est pas tout ça mais il faut terminer ce qu'on a à faire !

- Oui... Tu as raison ! »

Pendant ce temps-là, après avoir franchi divers obstacles et lutter contre le poids du petit arbre, Mathieu posa ce dernier à l'endroit voulu. Décidément, ce machin pesait son poids ! Non sans être essoufflé, il admira le nouveau venu avec un sourire triomphant. Dans le même temps, le Hippie arriva en titubant avec un énorme carton, qui exceptionnellement, n'était pas causé par les substances illicites.

« Tu veux que je t'aide ? Demanda son créateur.

- Non c'est bon. Merci, gros. »

Avec soulagement, le pacifiste relâcha le fardeau non sans un grand bruit. Les deux jeunes hommes se regardèrent un moment, reprenant leur souffle et d'un signe de tête, le petit schizophrène s'exclama :

« Allez, c'est parti pour la déco du sapin !

- Eh attend, gros. Je pensais que t'aimais pas les fêtes commerciales ?

- Ouais, c'est toujours le cas. Justement, ces décos sont toujours réutilisées et pour les cadeaux, j'ai une astuce pour en avoir gratos.

- T'es aussi louche que le Patron, gros.

- Si tu le dis... »

Et c'est ainsi, que le duo s'attaqua à l'embellissement de l'arbre.

Retournons à Maître Panda, qui avait finit avec la crèche. Le Geek rangeait les emballages des figurines et le chanteur devait à présent aider le trio aux fenêtres. En effet, le pauvre scientifique semblait dépassé par les évènements.

« Eh la grognasse, mate-moi ça ! »

La féministe qui s'occupait de fixer des autocollants sur une vitre, se tourna vers l'homme en question. Celui-ci avait en sa possession un spray qu'il plaça devant le visage de la jeune femme. Avec un sourire vicieux, il s'écria de sa voix rauque :

« FACIALE ! »

Et c'est ainsi qu'un jet blanc sortit de l'aérosol pour venir s'échouer sur le visage de la féministe. Celle-ci recula en criant, recouvrant sa figure de ses mains. Le criminel ria à gorge déployée, ne se souciant pas du sort de la blonde. Le scientifique accourut pour lui porter secours.

« Non mais ça ne va vraiment pas dans ta tête ! Tu n'es pas conscient du danger dans lequel tu l'exposes en lui injectant ceci sur son visage !

- Roh ça va, le binoclard ! C'est que de la neige artificielle ! Railla l'homme en noir.

- C'est bien ça le problème ! C'est très toxique, surtout si cela a été injecté dans les yeux ou la bouche ! »

Sans attendre de réponse de la part du fautif, l'homme de sciences emmena la blonde dans son laboratoire. Celui-ci s'affaira d'examiner la peau de la jeune femme après l'avoir rincée à l'eau. La pauvre victime couinait sous les doigts du scientifique qui touchait les endroits rougis. Ce n'est qu'après quelques examens dignes d'un médecin, que le savant adressa un sourire rassurant à la jeune femme.

« Il n'y a pas de problème majeur. Les yeux ne semblent pas atteints et l'épiderme possède des brûlures superficielles à certains endroits mais rien de trop grave. Un peu de pommade suffira à les faire disparaître.

- Merci Prof... Il est vraiment dangereux ce type ! Je ne vais pas pouvoir le supporter plus longtemps !

- Je te comprends, ma chère. Si notre créateur ne se décide pas à faire bouger les choses, ce sera moi qui m'en chargerais. »

A l'entente de sa déclaration, la Fille haussa les sourcils, témoignant de son étonnement et de sa grande curiosité. Mais avant qu'elle ne réponde quoi que ce soit, quelqu'un toqua à la porte du laboratoire. Le propriétaire du lieu autorisa la personne à entrer et sans ménagement, la porte s'ouvrit. Quelle ne fut pas la surprise du Prof de voir son collègue animal.

« Tiens, cher collègue, tu as besoin de moi ? »

Le chanteur qui s'apprêtait à entrer définitivement dans l'antre du scientifique, se résigna à la vue de la féministe. Il arbora un air gêné et semblait vouloir articuler quelque chose. Les deux autres assistaient à la scène, attendrie pour l'une et intrigué pour l'autre. Comprenant la situation, la jeune femme sourit.

« Il faut que je me remette au travail, moi ! Mais tout d'abord, il faut que je me soigne. Merci encore pour tout Prof !

- Ce n'est rien. Ne te trompe surtout pas de pommade ! »

Pour seule réponse, elle lui répondit d'un vague « Je ne suis pas idiote non plus ! » au moment où elle ferma la porte. Désormais seuls, le chanteur en kigurumi s'approcha un peu plus de l'homme à la blouse. L'écart entre eux se réduisant petit à petit causa chez ce dernier un mouvement de recul. Après quelques pas de plus en arrière, le dos du scientifique percuta le mur ce qui le fit paniquer. L'ursidé continua son avancée jusqu'à s'arrêter à quelques centimètres du visage de son collègue. Le rapprochement de leurs visages fit détourner le regard du savant qui sentait son cœur s'accélérer et ses joues s'empourprer. Les prunelles bleues de l'animal le fixait sans aucune gêne, et ce n'est qu'après quelques minutes, qu'il déclara :

« Excuse-moi de te déranger mais est-ce que tu pourrais m'aider ? »

Les yeux du Prof se plantaient désormais dans ceux de son double. C'était un regard rempli d'étonnement pour l'un et de supplication pour l'autre. Ce fut le scientifique qui brisa le silence.

« Et... que puis-je faire pour toi ? »

Et sans plus de cérémonie, le panda recula à son tour, laissant plus d'espace à son collègue. Ce dernier le fixait toujours mais l'ursidé lui tourna le dos, plaçant ses bras derrière sa nuque.

« Dis-moi Prof. Est-ce que tu crois en la magie ? »


Enfermé depuis plus de deux semaines dans son laboratoire, le détenteur de la science infuse travaillait durement. En effet celui-ci s'accordait très peu de pauses, seulement pour assouvir ses besoins primaire. Mais tout ces efforts en valaient la peine.

Effectivement, après un tas d'analyses génétiques sur son collègue animal, il réussit enfin à accumuler toutes les informations nécessaires, qui lui ont permis à créer le traitement désiré. Satisfait du résultat de toutes ses recherches, il appela le chanteur en kigurumi, qui arriva quasi immédiatement.

« Alors, Prof. Tu l'as ? »

C'était ce que demandait toujours l'animal depuis que le Prof avait promis de l'aider, ce qui fit soupirer ce dernier une fois de plus. Mais cette fois, la chose était différente.

« Oui, j'ai fini sa conception... Tu es vraiment sûr de vouloir faire ça ? Cela peut causer des effets secondaires indésirables. »

C'était aussi ce que le Prof lui proposait en guise de réponse à chacune des demandes du panda. Et comme depuis ces deux dernières semaines, ce dernier fronça les sourcils, les yeux brillant d'une détermination.

« Je me fiche pas mal de ce qui peut m'arriver. Le principal est que je ne le déçoive pas. »

Étrangement, cette dernière phrase provoqua chez le savant un pincement au cœur. Détournant le regard de celui de son homologue, l'homme à la blouse s'approcha de son bureau et se saisit de la petite fiole contenant le liquide. Il s'empara ensuite d'une seringue où il plongea l'aiguille dans le récipient, dont il aspira une petite quantité. Il se tourna ensuite vers le chanteur totalement prêt à recevoir le traitement.

Le scientifique se rapprocha de son collègue et arrivé à son niveau, les deux jeunes hommes se fixèrent droit dans les yeux. Les prunelles de Maître Panda percevaient de la supplication dans celles de son collègue, ce qui le fit de nouveau froncer les sourcils.

« Qu'est-ce qu'il ne va pas ?

- Mais... rien du tout... C'est juste que je préfèrerais que tu évites de prendre un risque inutilement.

- Écoute, c'est gentil de t'en faire pour moi mais je sais ce que je fais. » Lança-il avec un sourire.

Le savant essaya de répliquer mais il finit par s'abstenir. Abandonnant toute tentative de le raisonner, il planta l'aiguille dans une veine du poignet de l'ursidé. Il ne pouvait rien lui refuser, c'était plus fort que lui. Cela se confirma lors de la demande de son double animal il y a deux semaines. Et depuis, des questions auxquelles il ne pouvait y répondre, envahissaient son esprit. Décidément, avoir la science infuse n'était pas toujours suffisant...

Maintenant que le liquide circule dans les veines de l'ursidé, il n'était plus possible de revenir en arrière. Demain, c'est le réveillon. Et c'est demain soir qu'un certain panda va tenir sa promesse !


Il était 23h45. Assis sur le bord de son lit, Maître Panda se tenait la tête entre ses mains. Il ne savait pas pourquoi mais il angoissait. A vrai dire, il avait une petite idée sur la question. Qui serait serein à l'idée de subir physiquement quelque chose de complètement surréaliste ? Et puis, il est sûr que ça se passera ce soir dans environ un quart d'heure. C'était ce qu'avait affirmé son ami scientifique. Ce dernier avait de la chance d'avoir fini le traitement juste à temps ! Mais il ne faut pas croire, l'animal faisait confiance à son ami ! Il savait tout, après tout...

Une douleur atroce saisit le crâne du chanteur. C'était ainsi depuis son réveil au matin. Il avait demandé au Prof si c'était normal et ce dernier avait répondu que c'était le traitement qui commençait à faire effet. Essayant de faire abstraction du martèlement dans sa boit crânienne, il regarda de nouveau le réveil sur sa table de chevet. Bon. Le petit ne devrait plus tarder.

Effectivement, quelques minutes plus tard, on entendit quelqu'un toquer à sa porte. L'ursidé se leva avec sa migraine toujours présente et alla ouvrir. Il découvrit le garçon avec son éternelle casquette sur la tête le regarder de ses magnifiques yeux innocents. Cette vision lui suffit à faire apparaître un joli sourire sur son visage tiraillé par la douleur. D'un geste enthousiaste de la main, le panda invita le gamin à entrer.

L'hôte proposa au gamer de s'installer sur le lit, qu'il accepta volontiers. L'homme au kigurumi fit de même. Aucun des deux ne prirent la parole et tentaient de ne pas se croiser du regard. Le silence de la pièce fut comblé par la musique, les discussions et les rires provenant du salon.

Le Geek se triturant les doigts, finit par demander timidement :

« .. Pourquoi m'as-tu demandé de te rejoindre dans ta chambre ?

- Je voulais te montrer quelque chose. »

Très étonné, l'adolescent tourna finalement son regard vers son ami. Avec plus d'assurance, l'ursidé approcha un peu plus son visage de celui de son double.

« Tu te souviens lorsque je t'ai promis de faire en sorte que ce Noël soit magique ? » «Demanda-il d'une voix douce.

L'enfant hocha positivement la tête, le rouge aux joues à cette simple approche. Plus l'écart entre eux diminuait, plus la douleur dans le crâne du panda s'accentuait jusqu'à devenir insoutenable lorsque leur nez se frôlèrent. Un cri s'échappa des lèvres de ce dernier qui écarta son visage pour le pendre entre ses mains. Son attitude étrange, inquiéta grandement le petit qui était encore un peu déboussolé.

« Maître Panda... ! Est-ce que tout va bien ? »

Pour seule réponse, il reçut des plaintes de la part du souffrant. Plus les secondes s'écoulaient, plus les cris de son ami s'amplifiaient et le jeune garçon devenait désemparé, les larmes menaçant de tomber. Entre deux hurlements, il déclara tant bien que mal :

« Ne...t'inquiète pas... Je vais... bien ! »

Un autre pic de douleur s'insinua dans sa tête comme si quelque chose voulait sortir de son crâne. Cette fois-ci, il ne se retint plus et laissa un torrent de larmes dévaler le long de ses joues. Témoin de toute cette souffrance, le garçon à la casquette prit son double animal dans ses bras. Ce dernier continuait ses plaintes et s'accrochait au coup de l'enfant comme si sa vie en dépendait. L'enfant en question pleurait à chaudes larmes, ne comprenant pas ce qu'il se passait.

Après des minutes de tortures, le chanteur sentit quelque chose d'étrange se produire sur sa tête. Comme si une chose voulait se frayer un chemin à travers sa peau. Avec effarement, il sentit que la peau de son crâne s'ouvrait pour créer deux ouvertures sur celui-ci. Par réflexe, ses mains touchaient les deux percées et il reconnut des masses circulaire et solides. A cette constatation, les yeux du panda s'écarquillèrent à leur maximum, la douleur s'amenuisant.

Ces masses grandissaient sous ses mains d'une rapidité déconcertante. Le pauvre ursidé palpait ces choses avec un mélange de fascination et de peur, toujours dans les bras du jeune garçon.

Sentant la douleur le quitter et les larmes s'effacer, il s'écarta des bras de ce dernier. Les prunelles embrumées du gamin fixèrent le haut de sa tête. L'expression choquée qu'il arborait, ne rassura pas le jeune homme en kigurumi, se remettant de ses émotions.

« Je peux tout t'expliquer... !

- Est-ce que... ce sont... »

Au moins, il n'était pas tombé dans les pommes, c'était déjà ça. Après un long moment de silence pesant, l'adolescent ayant baissé les yeux vers l'animal, il demanda :

« Est-ce que ce sont des vrais... ?

- Bien sûr... ! Comment les aurais-je fait apparaître sinon ?

- Mais tu es un panda ! Tu ne peux pas avoir de bois ! »

Face à l'incompréhension de l'enfant, le jeune homme prit le visage du petit entre ses mains, pour lui murmurer :

« C'est bien ça la magie de Noël, non ?

- Tu veux dire, que tu as pu faire apparaître des bois grâce à la magie ? »

Soudain, son visage enfantin s'illumina rendant ses prunelles étincelantes absolument irrésistibles. Qui ne serait pas ébloui par la beauté de ces grandes branches, poussant sur une créature mi-humaine, mi-panda et désormais, mi-renne ?

« Est-ce que je peux toucher ? »

Pour seule réponse, le jeune homme hocha la tête positivement. Pris d'une soudaine attirance pour ces sculptures, le jeune garçon posa ses mains sur la base en remontant vers les extrémités des solides branches. La sensation qu'il ressentit le stupéfia. Le tissu présent dessus était d'une douceur incomparable. Voulant toujours plus de contact avec celles-ci, il recommença l'opération une seconde fois, totalement séduit.

Maître Panda, complètement sous le charme que dégageait le garçon, s'approcha lentement de ses lèvres jusqu'à sentir le souffle chaud de celui-ci.

« Oui on peut dire ça comme ça. Tu les aimes ?

- Oui... beaucoup. »

Sans plus de cérémonie, leurs yeux se fermèrent et leurs lèvres se rencontrèrent, se découvrant avec ferveur. La sensation de chaleur envahissant leur corps par ce simple contact, faisait frémir les deux amants. Pendant leur douce étreinte buccale, des voix provenant de l'étage inférieur criant « Joyeux Noël ! » faisaient écho dans la chambre du chanteur de l'émission.

A bout de souffle, les deux amants s'écartèrent l'un de l'autre et jetèrent un œil au réveil. 00H01. Magnifique timing. A l'unisson, le nouveau couple s'échangea un sourire radieux et d'une même voix, ils lancèrent :

« Joyeux Noël ! »

Pendant ce temps là, une ombre se dessinait dans l'embrasure de la porte donnant sur la chambre de l'homme en kigurumi. Un soupir rempli de tristesse s'en dégagea et le panneau de bois se referma aussitôt.

« Ne compte pas sur moi pour te retirer ces choses ridicules après ! »

« L'ombre » quitta l'étage pour aller rejoindre l'ambiance festive qui régnait en bas. Bon sang, ce qu'« elle » venait de dire n'avait aucun sens ! Car après tout, refuser quelque chose à ce panda est tout bonnement impossible pour « elle » !

FIN