Hey tout le monde !

Je poste aujourd'hui parce que je sais pas si j'aurais le temps demain et ce week-end... Vous allez pas vous plaindre je suppose ^^. En tout cas je suis super contente et aussi surprise qu'autant de gens lisent et apprécient cette fic ! Autant en anglais qu'en français d'ailleurs ^^. Merci à tous pour vos commentaires ! Merci à : Caramelise, Echco, LaLouisaBlack, Zod'a Tor' Weran, Victoria Boubouille, feufollet, Sheshe13 et Ero-Chikachu.

Sur ce le chapitre quatre devrait arriver la semaine prochaine. Vos reviews me motivent vraiment beaucoup, la traduction avance très bien et rapidement. Bonne lecture !


Chapitre Trois : T'as vraiment l'air d'un Quidditch

James

La folie commence.

« Allez à la page cent quarante-quatre » dit McGonagall à ses élèves.

Tout le monde penche la tête vers leur livre qui délivre apparemment des informations détaillées et des incantations pour transformer des objets solides en liquides. Pourquoi j'utilise le mot apparemment, parce que mon livre de Métamorphose ne contient pas les mêmes pages que les autres.

C'est une espèce de blague, mon esprit me joue des tours.

Je regarde mon livre et tout ce que je vois sont des doubles pages recouvertes du mot Quidditch. Le texte des pages de mon livre dit juste : 'Quidditch Quidditch Quiddicth Quidditch...'

La folie commence pour de bon.

Au début je crois juste à une erreur d'impression. Je prends le livre de Remus mais ses mains y sont agrippées d'une manière très possessive, ce qu'il fait avec tous ses livres, alors je prends celui de Sirius à la place - il a l'air plus que ravi que son livre soit enlevé de sa vue.

Le livre de Sirius ne parle absolument pas de Quidditch. Son livre est normal. Qu'est-ce qui ne va pas avec le mien ?

Il reprend brusquement son bien, ce qui me choque, mais il le met à la verticale sur le bureau pour l'utiliser comme une sorte de bouclier protecteur et faire une sieste tout en restant caché. C'est trop risqué d'utiliser cette technique en cours, spécialement avec McGonagall.

« Black, votre capacité à lire les yeux fermés est impeccable »

Sirius sursaute en entendant la voix grondante du professeur et met le livre à plat avec sa main maladroite.

« Je reposais simplement mes yeux, professeur adoré » Sirius papillonna des cils.

Je cligne des yeux plusieurs fois pendant que je me concentre sur mon livre. Mes yeux doivent être en train de me jouer un tour.

... Nope, les immuables 'Quidditch' sont toujours sur la page. Je reprends le livre et le feuillette entièrement. Toutes les pages disent le même mot. Chaque. Putain. De. Page.

J'entends pouffer de rire devant moi et je repère immédiatement les cheveux roux de Lily. Elle m'adresse un sourire mauvais et je ne peux m'empêcher de me demander ce qu'elle a bien pu faire qui la rendrait si sadiquement heureuse.

Je feuillette le livre une fois de plus.

Je suis déjà timbré et ce n'est que le premier cours. On pourrait considérer que je suis plus timbré que Lionel Lovegood, et ça, c'est pas rien.

« Mr Potter, est-ce Quidditch vous vous sentez bien ? »

Je lâche le livre.

... Est-ce qu'elle vient de dire Quidditch ? Elle a dit Quidditch ! C'est quoi ce bordel ! Elle aussi est courant du pari ? Est-ce qu'elle a été recrutée par Lily pour me faire craquer ? Veut-elle me voir devenir chauve à cause de toutes les fois où j'ai été insolent en cours ? Le monde est contre moi !

« Excusez-moi, pouvez-vous répéter professeur ? » Je la vois qui est à l'autre bout de la classe et me voilà horrifié. Toute la classe me fixe.

« J'ai dit, est-ce que vous vous sentez bien ? »

Oh Merlin, je déraille déjà. Je suis sûr qu'elle a dit Quidditch ! Sûr et certain.

« C'est vrai Quidditch tu es pâle »

Je tourne la tête vers Remus qui me regarde avec inquiétude.

« Quoi ? » je murmure « Qu'est-ce que tu viens de dire ? »

« J'ai dit que c'est vrai que tu es pâle »

... Il n'a pas dit ça. Il a dit Quidditch. Je l'ai très bien entendu !

McGonagall me regarde, toute aussi inquiète « Vous êtes sûr Quidditch vous n'avez pas besoin d'aller à l'infirmerie ? »

... Okay, elle l'a vraiment dit cette fois.

« Est-ce que vous venez de dire Quidditch, professeur ? » je demande.

La classe ricane.

« Je vous demande pardon, Potter ? »

« Venez-vous de dire Quidditch ? »

Elle écarquille les yeux et fait remonter ses lunettes sur l'arrête de son nez « Potter, je pense vraiment que devriez aller voir Mrs Pomfresh »

Oh, qu'est-ce que je vais dire à Mrs Pomfresh ? Tout le monde parle de Quidditch et un livre de Métamorphose s'est retourné contre moi, m'empêchant d'apprendre. Elle va m'envoyer direct à Sainte-Mangouste.

Je me force à sourire à McGonagall. « Je pense Quidditch- » Je m'interromps, réalisant mon erreur de mot. La classe se moque de moi de nouveau « Je pense que je vais bien, merci » je la rassure.

Je baisse les yeux tandis que mon visage chauffe et les autres me regardent comme si j'étais un attardé - je vais carrément leur retirer des points tout à l'heure. Attendez, la plupart sont de ma maison... Juste les Serpentards, donc.

Sur le chemin du deuxième cours, Potions, je vois des choses. Des choses étranges. Je marche dans les couloirs avec Sirius et Remus et il y a des choses qui surgissent devant mes yeux. Je m'arrête et ne peux détacher mon regard. Les étudiants qui passent devant moi deviennent des balais. La tête des gens se transforment en souaffles, leurs postérieurs en cognards, leurs yeux en vifs d'or !

« James, tout va bien ? »

Je regarde Remus et hurle ; il est devenu une batte de batteur parlante.

Sirius m'attrape par le bras. « Qu'est-ce qui va pas chez toi, Prongs ? » Je continue de fixer la batte de Quidditch aux bras humains désarticulés qui se rapproche de moi. « T'as vraiment l'air d'un Quidditch »

Quidditch ?

« Q-quoi ? » je croasse.

Sirius lève les yeux au ciel « T'es subitement devenu sourd ? J'ai dit que t'avais vraiment l'air d'une quiche »

Fiou. Juste une quiche, pas de Quidditch... Attendez, je devrais me sentir insulté, je crois.

« Tu devrais peut-être t'allonger, James »

Je continue de regarder Remus et son nouveau corps, horrifié, jusqu'à ce que je cligne des yeux et me frottent les paupières. Lorsque je les ouvre, tout redevient normal et il n'y a plus rien en rapport avec le Quidditch dans ce couloir.

« Ça va, maintenant ? » demande Remus, remarquant mon tout nouveau calme.

« Ouais, ça va » je le rassure « J'ai mangé un pancake de trop ce matin »

Lily

Je crois que Carly ne me parle plus ; elle est à l'infirmerie pour soigner son postérieur hypertrophié et ses énormes dents de castors. Elle m'a donné son regard du 'Je-ne-te-laisserai-plus-jamais-m'emprunter-des-vêtements' lorsque Mrs Pomfresh l'a enregistré.

J'ai aussi dû enlever des points à ma propre maison. Comme le Professeur McGonagall a surpris Lauren lui jeter un sort, je devais faire comme si je désapprouvais et la punir. Lauren me parle encore par contre ; elle a dit que jeter un sort à Carly en valait le coup.

Ne sommes-nous pas un étrange trio ?

« Allez à la page cent quarante-quatre »

Je ne peux pas m'empêcher de glousser en ouvrant mon livre de Métamorphose. J'ai ensorcelé tous les livres de James pour qu'ils répètent le même mot, 'Quidditch'. Je ne suis pas qu'un joli visage, hein ?

... Pourquoi vous me regardez comme ça ? C'était nécessaire, okay ! Je ne perdrai pas !

Oh, Merlin. Sirius vient encore d'appeler McGonagall 'professeur adoré'. Si j'étais assise suffisamment près de lui, je lui aurais frappé à l'arrière de la tête. Et il papillonne des cils. Il n'y a rien d'autre que j'aimerais plus faire que de brûler ces cils.

Je me retourne sur ma chaise et jette un coup d'oeil à James. Il feuillette son lire, devenant plus confus au fil des secondes. Il relève la tête et me surprend en train de le regarder.

Zut ! Fais comme si ce n'était pas toi le coupable ! Fais comme si tu ne savais rien !

... Oh non, revoilà mon sourire machiavélique. Bon, tant pis.

Lauren me regarde avec suspicion « Qu'est-ce que tu as fait, Lily ? »

« Rien ! Vraiment rien du tout. Qu'est-ce qui te fait penser que j'ai fait quelque chose ? Je ne l'ai pas fait. Je ne vois pas de quoi tu veux parler. Je suis innocente, je te jure ! Je ne. L'ai. Pas. Fait. »

Okay, peut-être que je n'étais pas obligée de me répéter.

« Tu as pris tes médicaments aujourd'hui, Lils ? »

Non mais franchement ! J'ai pris une fois une aspirine pour une migraine un matin et tout le monde pense que je prends la pilule du lendemain ou que j'ai un traitement de cheval pour un problème mental.

« Mr Potter, est-ce que vous vous sentez bien ? »

Je me retourne en entendant son nom. Voilà, si tout le monde a le droit de le fixer, moi aussi.

« Excusez-moi, pouvez-vous répéter professeur ? »

McGonagall n'a pas bégayé et elle a parlé plutôt clairement d'après moi. Peut-être que James souffre de surdité précoce.

Je vois Remus lui marmonner quelque chose et le teint de James devient maladif.

« Vous êtes sûr que vous n'avez pas besoin d'aller à l'infirmerie ? »

« Est-ce que vous venez de dire Quidditch, professeur ? »

... Quoi ? Il lui a demandé à elle si elle a dit Quidditch ? Oh, je vais tellement gagner ce pari.

McGonagall lui demande de répéter sa question, ce qu'il fait. Wow, il pense vraiment, vraiment, qu'elle a dit Quidditch. Il devient plus timbré que Lionel Lovegood. C'est un type bien, juste un peu... euh, quel est le mot que je cherche ? Hum, taré ?

« Je pense Quidditch- »

Respire, Lil. Respire. Essaye juste de retenir ton rire. Oh merde, voilà un reniflement peu flatteur. Respire. Bordel, respire, femme !

« Je pense que je vais bien, merci » finit-il par dire.

James

En Potions, je ne vais pas bien. Je redeviens fou. Juste quand je me disais que la mésaventure de Métamorphose n'était qu'une illusion qu'on ne vit qu'une fois, j'ouvre mon livre de Potions Avancées et tout recommence. C'est comme si on avait vomi une soupe de Quidditch dans mon livre.

Chaque mot forme le mot Quidditch. Chaque mot. Chaque. Putain. De. Mot. Sur chaque. Putain. De. Page.

Je suis légèrement distrait par l'affection de Slughorn pour Lily et la manière dont il la colle d'un peu trop près pour qu'elle se sente à l'aise, mais ensuite le cours commence et tout le monde se lève pour commencer leur potion grâce aux instructions du livre.

Je reste debout, complètement figé, et en total délire.

« Padfoot » je murmure. Il se tourne vers moi, les sourcils froncés « Je crois que je suis cinglé »

Sirius rit « Ben, j'aurais pu te dire ça il y a des années ! Tu es né comme ça » m'explique-t-il. « On t'a bercé trop près du mur »

Remus cesse de couper des ingrédients et regarde Sirius, exaspéré. « Si tu pouvais être encore plus honnête, Sirius » Remus se tourne pour me regarder « Qu'est-ce qu'il y a, James ? »

« Tous mes livres ne contiennent que le mot 'Quidditch' et tout à l'heure, tout le monde s'est changé en balai de Quidditch »

Remus me regarde avec les sourcils haussés et s'éloigne légèrement de moi, craignant que ma condition mentale soit contagieuse. « Sirius a peut-être raison » dit-il faiblement.

« Merci, Moony » je grommelle, enfonçant ma tête dans mes mains.

Du coin de l'oeil, Sirius me regarde et attrape mon livre de Potions sur mon bureau. Je le regarde feuilleter les pages et il se met à rire d'un air moqueur. « Prongs, espèce de menteur ! »

Menteur ? Je ne suis pas un menteur ! Je ne suis pas coupable de tromperie. Je n'ai pas menti depuis des lustres... sauf ce matin quand j'ai raconté à McGonagall que j'allais bien alors qu'en réalité je suis au bord de la démence. Mais oublions cet épisode.

« Il n'y a rien qui cloche avec ton livre, abruti »

Confus, je regarde Sirius. « Comment ça, il n'y a rien qui cloche ? Tout ce que ce livre dit, c'est Quidditch encore et encore et encore et encore- »

« On a compris » me coupe Remus, puis il examine lui-même le livre. Son regard passe du livre à moi plusieurs fois jusqu'à ce que ses hochements de tête m'ennuient et que je lui dis d'arrêter.

« Ton livre est normal » dit Remus, doucement, comme si j'allais subitement me déchaîner comme un animal sauvage.

« Non, il ne l'est pas »

« Si, il l'est » insiste-t-il, puis il commence à lire à haute voix les instructions pour concocter la Potion de Babillage qu'on est censé faire. Je suis complètement figé ; il doit réciter parce qu'il le connaît par coeur ou autre chose du genre. C'est impossible qu'il puisse le lire grâce à mon livre.

« D'où est-ce que tu tiens tout ça ? » je l'interromps en reprenant le livre.

Je regarde les pages et il n'y a plus de traces de Quidditch. Il est redevenu normal. Un livre ordinaire. Je suis de nouveau normal et sain d'esprit. Je tremble légèrement... Mais je suis vraiment sain d'esprit ! Ouais !

« Oho, pourquoi tant de joie ? »

Je blêmis ; tout le monde (également Slughorn qui vient de poser cette question) a vu ma réaction euphorique et me regarde. Je dois trouver une réplique tranchante, mais mes yeux se posent sur Rogue. Des rayons graisseux émanent de lui et je sais qu'il va faire un commentaire.

« Je crois que Potter célèbre le fait qu'il ait finalement réussi à compter jusqu'à dix »

Quelques Serpentards ricanent et Slughorn leur intime le silence.

Je vais arracher les yeux de Rogue.

Je vais le réduire en purée et chier dans ses blessures.

Je vais...

« Fais ta potion » dit Remus en interrompant mes pensées meurtrières. Je grommelle, me lève de mon tabouret et me dirige vers le placard à ingrédient. En revenant à mon bureau, je ne peux pas m'empêcher de jeter un regard à Lily qui a levé la tête vers moi. Je suis incapable de rompre le contact visuel avec elle, ce qui m'amène directement au bureau de Rogue.

« Et bien et bien, un peu maladroit aujourd'hui, Potter »

Son haleine ignoble me traverse et je grimace. « Jamais entendu parlé des pastilles à la mente, Snivellus ? »

Je vois une veine battre sur son front et je ricane, je tourne ensuite la tête vers Lily de nouveau. Malheureusement elle ne me regarde plus et se force à sourire pendant que Slughorn lui parle ; je soupire de déception. La fin de notre échange visuel est uniquement de la faute de Rogue, évidemment.

Rogue suit mon regard et glousse. « Toujours à lorgner sur la fille qui ne sortira jamais avec toi ? »

Je n'arrive pas à croire qu'il se moque de ma vie amoureuse ! Le contact le plus intime qu'il ait jamais eu avec une fille, c'est frôler les doigts de McGonagall lorsqu'elle lui rend un devoir !

« Ta vie amoureuse est très impressionnante, bien sûr, Snivellus » Sirius apparaît soudain à côté de moi, l'air mauvais. « Encore plus en Potions. Est-ce que Slughorn t'excite ? »

« Black est obligé de toujours se mêler des affaires des autres » marmonne Rogue, et il se remet à écrire furieusement dans son livre de Potions. Il écrit si vite que je jure que je vois de la fumée s'échapper de sa plume.

Ça m'intrigue, et j'essaye de voir ce qu'il écrit mais il me bloque l'accès en mettant sa main sur la page.

« Qu'est-ce que tu écris là, Snivellus ? » demande Sirius sur un ton circonspect. « Un roman d'amour avec pour vedettes ta visqueuse personne et un certain professeur de Potions ? »

J'observe Rogue trembler de rage, et pendant une seconde je crois qu'il va jeter un sort à Sirius, mais il dirige toute son attention sur moi. Oh, comme je suis chanceux.

« J'ai entendu dire que tu avais parié avec elle, Potter » dit-il, en jetant un mauvais regard à Lily.

Je le fusille du regard ; cette manière qu'il a de parler de Lily comme si elle n'était que de la saleté sous sa chaussure. S'il la traite de Sang-de-Bourbe une fois de plus, je le castre.

Rogue se penche vers moi, jubilant « Je meurs d'impatience de te voir chauve, avec le reflet de mes yeux sur ton crâne miroitant »

Lily

Sur le chemin vers les cachots, Lauren et moi passons devant James dans le couloir et il nous regarde comme si nous étions des aliens. C'est assez spécial.

« Qu'est-ce qui lui prend ? » demande Lauren, les sourcils froncés.

Je regarde James et il crie comme une fille quand Remus s'approche de lui. Je m'inquiète vraiment pour lui en fait, quoique juste un peu.

« Je ne sais pas » dis-je.

On arrive enfin dans la classe de Slughorn et le professeur me bombarde avec ses bienvenus chaleureux. C'est un type gentil et nous avons eu des conversations fascinantes à propos de Potions, mais disons juste que, trop de 'OHO' peuvent vous rendre fou.

« Oho, Lily ! »

En parlant de la baleine.

Du coin de l'œil je vois Lauren sur le point de se faufiler loin de moi mais je la retiens par ses cheveux noirs et elle couine, restant à mes côtés d'un air bougon alors que nous nous asseyons.

J'essaye de paraître intéressée pendant que Slughorn parle de la Potion de Babillage que nous allons faire aujourd'hui, mais j'ai l'impression qu'il a déjà bu un peu de cette potion, et je perds la volonté de prétendre un intérêt pour ses paroles. Mes yeux ne cessent de dériver vers James - il a l'air d'être sur le bord de la crise de nerf.

Qu'est-ce que c'est que ce sentiment au fond de mon estomac ?

Oh Merlin.

De la culpabilité !

Je ne vais pas me sentir coupable à cause de lui !

... Merde, ça ne veut pas partir.

Slughorn finit par nous dire de nous mettre au travail et tout le monde prend son livre de Potions Avancées. Je recommence de regarder James et il ouvre son livre, la bouche grande ouverte tandis qu'il le lit le mot 'Quidditch' une fois de plus.

Pourquoi ce sentiment coupable ne veut pas partir ? Ça m'empêche de travailler.

Oh, d'accord ! Je vais enlever le sortilège de ses livres. Je sors ma baguette, la pointe vers lui et murmure le sort d'annulation.

La culpabilité est partie, au moins. Mais maintenant je me sens stupide de l'avoir aidé, mon aide augmente ses chances de gagner le pari.

Je ne devrais pas subir ces émotions fortes. Je suis Préfete-en-Chef.

Maudit James Potter.

Je me penche finalement sur mon chaudron, je suis les instructions, et ma potion a l'air pas mal. J'ai bien travaillé si on considère les persistants geignements chuchotés de Lauren, 'Aide-moi Lily ! S'il te plaît ! Fais ma potion ! Allez !'

Je ne nie pas que je suis douée en Potions et que j'aime cette matière, mais je ne ferai pas sa potion ni ne prendrai le rôle de son paillasson. Je ne suis le larbin de personne !

... D'accord, je vais l'aider un peu.

« OUAIS ! »

... Est-ce que c'est James qui vient de crier jusqu'à m'exploser les tympans ?

« Oho, pourquoi tant de joie ? »

De nouveau, tout le monde se tourne pour le fixer pour la deuxième fois de la journée.

« Je crois que Potter célèbre le fait qu'il ait finalement réussi à compter jusqu'à dix »

Je secoue la tête d'agacement - Severus Rogue est tellement horripilant. Je croyais qu'il y avait peut-être une once de compassion en lui des années plus tôt, et je l'ai défendu en cinquième année quand tout le monde l'abandonnait. Tout ce que j'ai eu en retour fut un ricanement et un 'sale Sang-de-Bourbe'.

Ça m'a vraiment blessé.

Je supplie mentalement James de ne pas se laisser atteindre par Rogue. Le Préfet-en-Chef qui se bagarre en plein cours n'aurait pas l'air très professionnel, et de plus, Rogue connaît des formules de Magie Noire très dangereuses. Je le regarde écrire dans son livre de Potions, ses yeux s'illuminent et il y a cette... lueur corrompue dans son regard.

J'essaye de retourner à ma Potion mais mon visage se relève, et je rencontre les yeux de James une fois de plus tandis qu'il se rend au placard à ingrédients.

Cet échange visuel était beaucoup trop long.

Oh, bien sûr, James s'est pris un bureau. Ne t'étonne pas que ça t'arrive, pervers.

Oh... C'est le bureau de Rogue. Peut-être que je devrais aller voir ce qu'il se passe-

« Comment avance votre potion, Lily ? » m'interrompt Slughorn.

« Elle est parfaite » dis-je avec enthousiasme, un sourire faux aux lèvres. J'acquiesce lentement alors qu'il me félicite sur au combien ma potion est impressionnante, et bouge les yeux une seconde pour voir James. Sirius l'a rejoint à présent et c'est comme s'il aggravait les choses.

Rogue me regarde et mon sang se glace.

Je me demande ce qu'il se passe, mais avant que je ne puisse faire un mouvement, la pièce s'emplit de rire et de cris.

James

Je suis assis avec Sirius dans le bureau de McGonagall.

« Qu'est-ce qui vous a pris, par Morgane ? »

Je m'adosse contre ma chaise et elle remarque ma tentative de m'installer plus confortablement, et elle laisse échapper un soupir de colère entre ses dents. Elle me fait penser à un dragon : un Hongrois à Queue Cornue. D'une minute à l'autre, elle va noircir mon visage avec une boule de feu.

« Mon cher professeur adoré »

De tous les Maraudeurs, Sirius devait être celui avec qui j'avais puni Rogue.

« Black, je vous conseille d'abandonner maintenant. La flatterie ne vous mènera nulle part »

« Mais mon cher professeur adoré » continue Sirius. Je lui montre mon visage fâché mais il l'ignore exprès « Il nous a provoqué »

Merlin, c'est vraiment une excuse minable. Je pense que c'est la 436e fois qu'il utilise celle-là.

« C'est la 436e fois que vous utilisez cette excuse » dit McGonagall en réponse à mes pensées. Je suis abasourdi qu'elle ait compté.

Sirius pâlit « Vous êtes sûre ? »

« Oui, j'ai gardé le dossier » McGonagall fait claquer une pile de dossiers parcheminés devant nous. Je couine - c'est impossible que ce soit tous nos dossiers de retenue à juste nous deux.

« Non, c'est juste la pile de Mr Black » nous informe McGonagall « La vôtre, Potter, est considérablement plus courte »

Ça me remonte un peu le moral « Plus courte comment ? »

« Un millimètre »

Bah dis donc.

« Je ne m'attendais pas à vous voir dans mon bureau maintenant que vous êtes Préfet-en-Chef » Je ne peux pas m'empêcher de baisser la tête de honte devant son regard noir. Elle a cette capacité à me faire ressentir de la honte n'importe quand, le même pouvoir que ma mère. « Ça sera la dernière fois » me dit-elle comme un avertissement. J'acquiesce sombrement.

« Vous serez tous deux en retenue ce soir à sept heures »

Sirius émet un son exagéré en désaccord, et son flegme est sur le point de le faire suffoquer « Mais pourquoi ? » pleurniche-t-il.

McGonagall explose.

« Pourquoi ? Pourquoi ! Parce que vous ne juste pouvez pas jeter des élèves dans des chaudrons bouillants ! »

Je devine que Sirius va dire quelque chose comme 'Pourquoi pas' et je lui marche sur le pied.

... J'espère que la peau de Snivellus est en train de fondre.

Lily

Je me suis enfuie dans la salle commune après un court déjeuner dans la Grande Salle car :

1) Carly est revenue de l'infirmerie et elle ne laisse pas tomber les 'Projets du Mariage des Potter'.

2) Lauren m'en veut car sa potion a raté. (C'était la faute de James qui m'a distrait avec le pouvoir de son esprit, et m'a fait ajouté le mauvais ingrédient).

3) Le gâteau au chocolat me rappelait ses yeux.

N'essayez même pas de me demander de qui je parle.

Je me promène jusqu'à une chaise près du feu, mais avant que je me pose je suis entourée par un cercle de gens.

« Il faut qu'on parle » me dit une voix, et je suis subitement poussée dans un des coins les plus sombres de la salle commune. C'est plutôt un mauvais présage, et je demanderai à Dumbledore de mettre plus de lumière ici.

Tournant la tête de tous les côtés, je reconnaît finalement tous ces gens autour de moi : l'équipe de Quidditch de Gryffondor.

« Je devine que ce n'est pas une intervention sociale » dis-je.

« Ça ne sera pas long »

J'essaye de ne pas baisser le regard et de paraître intimidante.

« Laissez-moi partir ou je hurle ! »

Lily Evans, c'était pathétique.

« Ecoute, Lily » Sarah, l'attrapeuse, se rapproche de moi avec un sourire rassurant. J'ai toujours entendu dire que c'était une gentille fille et elle a l'air tellement inoffensive et amicale. « Annule le pari ou je vais t'arracher la rate »

Aaargh. Les apparences ne sont-elles pas trompeuses... ?

« Je ne vois pas pourquoi vous vous sentez concernés par ce pari de toute façon. Le match contre Serpentard, c'est la semaine prochaine. Je suis sûre que vous aurez plein de temps pour vous entraîner »

Matthew, le gardien, s'approche avec des yeux brillants. Je suis obligée de me demander si sa dévotion à son capitaine ne va pas trop loin. « On ne veut pas d'un capitaine chauve » souffle-t-il.

Je bombe la poitrine « Donc vous pensez que je vais gagner ? »

J'entends tousser à côté de moi.

« Dominic, tu peux t'éloigner un peu de moi s'il te plaît. Tu sens le Whisky Pur Feu »

« Je m'en excuse »

Honnêtement, ce type a un problème.

« Alors » interromps-je le silence « Si cette conversation est terminée ; je vais m'en aller maintenant » J'essaye d'avancer à travers le cercle mais leurs bras me remettent à ma place.

« Nous n'avons pas fini, Lily »

Allez, Evans. Tu es Préfete-En-Chef. Ne leur donne pas le contrôle. Défend ton territoire et sois forte !

« Si vous ne bougez pas, j'appelle un prof ! »

Oh Merlin, il faut vraiment que je réfléchisse avant de parler.

« Je ne voulais pas aller jusque là » dit Marlene. Elle m'effraie parce qu'elle est jolie et intimidante, pas une bonne combinaison pour une femme. Soudain, elle sort une batte de batteur de derrière son dos et je me glace.

« Contente-toi d'annuler le pari ou ton visage ressembleras à une pelle » me prévient-elle, sa batte se balançant entre ses doigts.

À quoi pensait James en engageant ces... dangereux meurtriers en devenir dans son équipe !

« Vous êtes complètement irrationnels » je murmure.

« Ou peut-être » dit Dominic « Que nous sommes rationnels, et que toi, tu es celle qui est irrationnelle »

« Non, vous êtes vraiment irrationnels » je confirme « Ecoutez, j'admire votre loyauté pour l'équipe mais... vous êtes tous siphonnés ! »

« Ou peut-être » recommence Dominic « Que nous sommes... pas siphonnés, et euh, que tu es celle qui est... euh, siphonnée ? »

« Laissez-moi tranquille, espèce de détraqués obsédés par le Quidditch ! » J'attends, et réussis à me sortir de ce cercle humain. Je ne reste pas pour me battre et cours le plus vite possible comme une lâche. Oui, les lâches sont des froussards, mais ils restent quand même en vie.

« Lily ! »

James ? Depuis quand est-il là ? Cours, Lily, cours ! Sauve ta vie !

James

À l'heure du déjeuner, je me traîne jusqu'à la tour des Gryffondors complètement épuisé. Je n'avais jamais eu autant de mal à manger. Voir des souafles à la place des pommes de terre et le reflet de balais volants dans la soupe est effrayant, alors je me suis sauvé de la Grande Salle en entendant Peter crier « Tu as un ver solitaire ? »

Je suis sur le point d'ordonner à des premières années de dégager des canapés de la salle commune pour pouvoir m'allonger, mais j'entends des cris houleux provenant d'un des coins de la pièce. Je lève la tête avec curiosité et aperçoit les cheveux roux de ma Préfète-en-Chef Lily Evans qui se sauve du dangereux courroux de mon équipe. Je l'appelle mais elle a déjà disparu à travers le portrait de la Grosse Dame.

Je grogne et questionne rapidement mon équipe.

« Salut, capitaine ! » me salue Matthew.

« Ouais, c'est ça » Je le pousse sur le côté et décide d'interroger quelqu'un de plus normal « Qu'est-ce que vous avez fait à Lily ? Vous ne l'avez pas menacé de lui foutre une raclée, si ? »

L'attrapeuse, Sara, a un mouvement de recul « J'ai essayé de les arrêter » Elle désigne le reste de l'équipe, sourit innocemment et se sauve en un éclair. Ses dons d'attrapeuse font d'elle quelqu'un qui sait s'échapper rapidement, maudite Sara.

« Je l'ai seulement menacé de la frapper avec une batte » dit Marlene sur un ton nonchalant. « Je ne sais pas pourquoi elle semblait si bouleversée »

« Monsieur » Matthew lève sa main avec patience comme si j'étais un professeur. Je lui lance un regard blasé et réalise finalement qu'il attend une autorisation de ma part pour parler.

« Vas-y, Davies »

« Monsieur, nous n'avons fait qu'essayer de la convaincre d'annuler le pari. Nous ne voulons pas d'un capitaine chauve, monsieur »

La colère monte immédiatement « Pourquoi tout le monde est tellement convaincu que je vais perdre ? » je hurle « Vous n'avez aucune confiance en moi ? »

Marlene se met à glousser, répétant le mot « confiance ? » sur un ton acerbe, puis marche jusqu'à l'autre bout de la pièce pour parler avec ses amis, insistant sur ma stupidité à chacun de ses pas.

Je suis sur le point d'expliquer les choses de la vie au reste de mon équipe mais ils ont tous disparu... Excepté mon camarade alcoolique de septième année.

« Dominic, tu peux partir maintenant » lui dis-je. Il ne répond pas et se contente de regarder Marlene de dos avec intérêt en mordant sa lèvre avec, je suppose, dégoûté, du désir.

« Pourquoi tu ne lui demandes pas simplement de sortir avec toi ? » je lui suggère, tout pour que cette fille s'ouvre un peu et devienne plus amicale.

« Tu crois ? » dit-il.

Qu'est-ce que je crois, c'est la question. Mais contente toi d'un « Ouais », comme ça il te laissera tranquille.

« EH, FEMME ! » crie-t-il soudain à Marlene de l'autre côté de la pièce, m'explosant les tympans. Le silence se fait dans la salle et je me demande ce qu'il va bien pouvoir dire ensuite. Je sais que ça ne sera sûrement pas bon, étant donné qu'il a commencé avec les mots 'EH !' et 'FEMME', ce qui, je le tiens de mon expérience personnelle, ne plait pas aux femmes.

« TU VEUX VOIR MON ENGIN ? »

Oh, Merlin. Il vient de signer son arrêt de mort. Je m'éloigne de Dominic pour que personne ne pense que j'ai un quelconque lien avec lui. Marlene lui lance un regarde meurtrier, et à moi aussi, ce qui m'embête parce que je n'ai rien à voir avec cette très spéciale tactique de drague, et je crois que je sens son regard brûler ma peau.

Elle se retourne et continue de discuter avec ses amis. La pièce reste silencieuse quelques secondes jusqu'à ce que les conversations recommencent comme si rien ne s'était passé.

Je me tourne vers Dominic, en me massant les tempes « Tu ne pouvais pas être plus subtil, Alderson ? »

Il fronce les sourcils en entendant ce mot. « Comment ça - j'aurais dû mettre ma jambe derrière ma tête ? »

« SUBTIL PAS SOUPLE ! »


Personnellement cette toute dernière réplique m'a fait rire jusqu'aux larmes la première fois que je l'ai lu...