Bonjour ! Voici le chapitre 4, plein de déni et de mauvaise foi, légèrement un peu moins loufoque que celui d'avant... Vous verrez bien, et j'espère qu'il vous plaira !
Merci beaucoup aux revieweurs, c'est grâce à vos commentaires que je suis si motivée pour traduire cette fic car j'en suis déjà au chapitre 9 ! Merci donc à : xxShimyxx, Ag4400, Victoria Boubouille, Echco, LaLouisaBlack, feufollet, Sheshe13, Caramelise, likyboy's, Ero-Chikachu et Zod'a Tor' Weran. Merci aussi à ceux qui mettent cette histoire en alert ou favory.
Bonne lecture !
Chapitre Quatre : Les nez se touchent
Lily
« Je jure que je dis la vérité ! »
« C'est ça » dit lentement Carly. « L'équipe de Quidditch de James a menacé de te tuer. Bien sûr »
Je suis vraiment furieuse. Je me suis précipitée hors de la salle commune pour échapper à des fanatiques du Quidditch et trouver le soutien de mes amis.
Ce n'est plus si facile de trouver du soutien chez ses semblables de nos jours.
« Je dis la vérité ! Je le jure sur la tête de Pétunia... Okay, mauvais exemple »
« C'est juste que ça n'a pas trop de sens »
De sens... De sens ! J'ai failli être réduite en bouillie par une fille et un morceau de bois, un alcoolique, et quelqu'un qui doit être plus jeune que moi d'au moins deux ans !
« Tu n'es pas d'accord avec moi juste parce que j'ai raté ta potion » je boude envers Lauren.
« Lily, ça a explosé à mon visage ! »
Je rétablirais bien mon innocence dans cette explosion mais ça voudrait dire que je devrais expliquer que j'étais distraite à cause de James Potter, et ça rendrait Carly trop euphorique. Espèce de folle des mariages.
Je continue de raconter les menaces de mort, « Sara a dit qu'elle m'arracherait la rate »
Elles éclatent de rire.
Là c'est juste de la méchanceté gratuite.
« Tu parles de cette petite cinquième année ? Qui est petite. Vraiment petite » insiste Carly.
« Les gens ont l'air plus grand et plus intimidant dans l'obscurité » je marmonne.
« Tu étais dans la salle commune, Lily »
« On était dans un coin obscur ! » je crie « Un coin très sombre, je te dis ! »
Pourquoi ne peuvent-elles pas être le genre d'amis qui sont d'accord avec tout ce que je dis ? En ce moment, je déteste les amis capables d'avoir leur propre opinion. Maudites soient-elles et leur capacité à penser par elles-mêmes.
« Lily » soupire Lauren « Je pense que ce serait une bonne idée d'annuler ce pari stupide »
« Quoi ! Pourquoi ? » dis-je, incrédule « Tu étais celle qui m'a dit que James serait chauve à la fin de la semaine ! »
Lauren lève les yeux au ciel. « Parce que le pari doit être maudit quelque part et il y a toutes ces catastrophes qui arrivent à cause de ça. Sans oublier que tu es sur la liste des Personnes les Plus Détestées de pas mal de gens à Poudlard. Et il y a apparemment eu une tentative de meurtre dirigée contre toi »
Oooh, j'ai remarqué l'emphase sur le mot 'apparemment', jeune fille ! On me l'a fait pas à moi.
« Je ne vais pas laisser James Potter gagner, bordel ! » je crie.
« Okay Lily, on a compris » dit Lauren. « Maintenant, pour l'amour de Merlin, est-ce qu'on peut sortir de ce placard ? »
Je n'en ai pas parlé ? Bien, on se cache plus ou moins dans un placard à balai, loin de l'équipe de James. Laissez-moi rectifier ; je me cache, et j'ai obligé mes amies à se cacher elles-aussi. Vous connaissez le truc de 'Si je tombe, vous tombez avec moi' ? Ça s'applique aussi aux amis et aux cachettes.
« On ne peut pas encore retourner dans la salle commune » je siffle. « Ils seront toujours là »
« Techniquement, ce n'est pas nous que l'équipe pourchasse, donc on te voit plus tard » dit Carly, en se désignant elle et Lauren, et elle ouvrit la porte.
« Attendez, vous ne pouvez pas me laisser ! » je pleurniche « Ne m'obligez pas à vous donner une retenue ! »
Visiblement, menacer ses amis à coup de retenue ne marche pas.
« Salut Lily. Ne stresse pas trop » Lauren me tapote la tête, ferme la porte et me laisse enfermée dans le noir.
Bon ! Je ne vais pas rester assise dans ce placard à balai, les jambes croisées dans une position de yoga toute seule. Pas question. Je ne serai pas solitaire et abandonnée !
Je vais trouver un ami qui écoutera mes problèmes. Quelqu'un qui sera d'accord avec moi pour dire que la balle est dans mon camp concernant ce pari... Je n'ai jamais vraiment compris cette expression.
Plus important, je vais trouver Remus Lupin !
« Reeemus » je salue joyeusement le garçon, dix minutes plus tard dans un coin de la bibliothèque. Il hiberne dans un recoin caché, son visage couvert par un livre. Mais je sais que c'est lui ! Je pourrais reconnaître ces doigts de rat de bibliothèque partout.
Oh. Woops. Ce n'est pas Remus. Cette fille taciturne enlève le livre de son visage et me montre du doigt un endroit pas très loin d'elle, où le vrai Remus Lupin m'a déjà remarqué.
« Reeemus » dis-je de nouveau. Je sautille vers lui et prend la place à côté de lui, qui est en train de lire, en posant mon menton dans la paume de ma main. « Comme je suis contente de te voir ! »
Je le regarde et il ferme lentement son livre en soupirant. Il fait une espèce de grimace. Une grimace ! Comme si ma compagnie le dérangeait !
« Remus Lupin, tu n'as pas intérêt à grimacer à cause de moi » dis-je, menaçante.
Il se fige, pâlit, pris en flagrant délit. Mes yeux verts sont plus perspicaces qu'ils semblent l'être. « Je ne grimaçais pas » dit-il faiblement « Je souriais » Et le voilà essayer de se défendre en faisant un sourire flippant.
J'observe son visage « Dé-grimace ça tout de suite »
« Dé-quoi ? »
« Dé-grimace »
« Ce n'est pas un mot, Lily »
« Si c'en est un. Je l'ai inventé »
« Si chaque mot que les gens inventaient apparaissaient subitement dans le dictionnaire, Sirius aurait son propre dictionnaire à lui tout seul »
Je soupire, il a raison. Il réussit toujours à m'atteindre avec ses commentaires spirituels. Je pousse un autre soupir dramatique et ramasse son livre, tournant les pages au hasard.
« Tu veux me parler de quoi, Lily ? James encore ? »
Je tousse « Comment ça, 'James encore ?' Je ne parle jamais de James ! »
C'est vrai. C'est vrai c'est vrai c'est vrai.
« Tu es vraiment bornée quand il s'agit de la vérité » rit Remus.
Je le frappe avec son livre. Si je voulais qu'on se moque de moi, je serais simplement aller voir Carly et Lauren.
« Tu ne devineras jamais ce qui s'est passé, Remus »
« Quoi ? »
« Devine »
« Devine quoi ? »
« Devine ce qu'il s'est passé ! »
Il lève les yeux au ciel « Je ne sais pas. Dis-moi juste »
« Non. Devine »
« Deviner ne serait ni bénéfique ni efficace. Sans oublier que la probabilité que je devine juste est minime »
Je fais la moue « S'il te plaît ? »
Il grince des dents. « D'accord » abandonne-t-il. J'ai un tel pouvoir sur le sexe opposé. C'est hilarant. « Tu » Il remue la main comme s'il chassait une mouche « as failli te faire réduire en charpie par une équipe de Quidditch » Il rit comme si l'idée était absurde.
« Exactement. Quelqu'un te l'a dit ? »
Il me regarde, ébahi « Quoi ? »
« J'ai failli me faire massacrer par l'équipe de James. On a menacé ma rate et tout » j'explique.
« Tu veux dire que j'avais raison ? Je blaguais juste »
« C'était horrible, Remus » Je pose ma tête sur la table « Je déteste James »
« Non » objecte-t-il doucement « Tu ne le détestes pas »
« Non, je ne le déteste pas » j'approuve.
D'accord, peut-être que j'ai en effet quelques conversations avec Remus sur James. C'est vraiment la seule personne avec qui je peux parler de lui. C'est l'un des meilleurs amis de James après tout, et je sais que je peux lui faire confiance et qu'il ne répétera jamais à James quoi que ce soit que je pourrais dire, même s'il lève beaucoup les yeux au ciel et soupire beaucoup pendant nos discussions. Je suppose que je considère Remus comme un bon ami depuis que j'ai découvert son... petit problème de fourrure. Je me demande qui a commencé à dire ça. Je suis sûre que c'est l'un des garçons.
Découvrir qu'il était un loup-garou fut probablement la meilleure chose qui nous soit arrivée. Enfin, visiblement pas pour Remus, qui n'arrêtait pas avec son histoire d'insécurité et ses discours comme 'Je comprendrais si tu ne me parlais plus. Je suis un monstre'.
Je ne connais pas de personne intelligente plus stupide.
Mais j'aurais voulu le découvrir plus tôt. Et découvrir aussi ce que les Maraudeurs font vraiment pour lui, à part faire des blagues et être de vrais emmerdeurs. Enfin, être Animagus... C'est assez impressionnant.
« Lily, peut-être que tu devrais juste annuler le pari »
Quoi ! Oooh, il va recevoir une autre agression livresque.
Il lève les mains en signe de défense. « Je dis seulement que James a vraiment du mal »
« C'est vrai ? »
Il grimace « Définitivement. Il a des hallucinations et tout. C'est un patient de choix pour un psychiatre »
« Et bien, peut-être qu'il a retenu la leçon alors » dis-je, fière de moi.
« Quelle leçon ? » demande Remus.
Euh...
« Je ne sais pas »
Il pouffe de rire « Tu sais, il y a un moyen simple de se débarrasser de ce pari inutile »
« Juste raser la tête de James maintenant ? »
Il secoue la tête d'un air las « Tu peux juste sortir avec lui »
Oh, agression livresque tout de suite !
« Aïe, aïe, aaargh ! Lily ! » se plaint-il, tandis que je le frappe plusieurs fois sur le bras.
Je regarde ma montre et me souviens que je dois faire une ronde avec James. Vraiment génial. Quoique je ne serais pas en retard, contrairement à James-absolument-pas-ponctuel-Potter.
« On se voit plus tard, Remus » lui dis-je en me levant.
Il me fait un bref signe de la main et poursuit sa lecture.
Je m'approche de la sortie de la bibliothèque lorsqu'il m'appelle « Oh, et Lily ? »
Je me retourne « Quoi ? »
« Ne crois pas que c'est une coïncidence que vous travailliez ensemble. Ça n'en est pas une » sourit-il.
J'attrape un livre sur une étagère et le lui lance violemment en pleine tête.
James
À sept heures, heure de retenue, je suis presque sur le point de me pendre. Après avoir nettoyé pendant deux heures la salle des trophées à la place de A-Une-Tronche-Qui-Te-Fait-Mourir-De-Peur-Rusard. Ces mêmes deux putain d'heures lors desquelles Sirius a chanté des chansons moldues que je n'ai jamais entendu à la radio et qu'il a écouté chez Remus cet été ; je crois que je meurs. Je me bouche les oreilles en entendant cette horrible chanson d'un groupe moldu nommé 'Ah bas' avec un titre sur des toilettes. Je ne vois pas ce qu'il y a de fascinant à chanter sur l'eau qui passe à travers des toilettes. Et une autre chanson du même groupe nommée 'Dancing Queen'. (1)
Que Merlin aide ces moldus.
Dès que je suis sur le chemin du retour avec Sirius vers la tour de Gryffondor et que je pense à me coucher tôt, je me souviens que j'ai une ronde avec Lily ce soir.
Merde.
Je regarde ma montre.
Double merde !
Je me mets à courir et sprint jusqu'à Lily qui attend devant le portrait de la Grosse Dame, les cris lointains de Sirius résonnant à mes oreilles, « Elle t'a mis une laisse autour du cou, mec ! »
Une fois que j'atteins le portrait, je m'attends à ce que Lily crie encore à s'arracher la voix sur mon retard, mais elle croise juste les bras et détourne la tête comme si elle n'avait pas remarqué mon arrivée.
« Je suis désolé » Je respire bruyamment « J'avais- »
« Retenue avec McGonagall » me coupe-t-elle « Je sais »
« Tu as attendu longtemps ? » je demande.
Elle tousse « Non »
« Elle attend là depuis au moins une demi heure »
Lily fusille du regard la Grosse Dame qui a révélé la vérité, et j'essaye de retenir un sourire. Avant que je ne puisse lui demander pourquoi elle aime m'attendre si longtemps, elle dit « Allez viens. Il faut qu'on fasse notre ronde » et me tire par le col.
Elle m'a coupé mon arrivée d'oxygène mais je m'en fiche, ses doigts frôlent la peau de mon cou, et j'adore quand elle fait sa dominatrice.
« Alors » je commence, tandis qu'elle ouvre brusquement un placard à balais qui est heureusement vide « J'espère que mon équipe ne t'a pas trop fait peur »
Nous continuons dans le couloir et elle essaye d'agir comme si la surprotection de mon équipe de Quidditch n'était pas troublante.
« Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ? » je m'inquiète.
« Rien » me ment-elle, puis elle hausse un sourcil « Qu'est-ce que Rogue t'a dit ? »
« Rien » souris-je.
Si elle ne veut pas rentrer dans les détails, je ne le ferais pas non plus.
Je la regarde jeter un coup d'œil derrière une statue à la recherche des derniers traînards « Alors, comment s'est passé le premier jour du pari ? »
Merde.
« Très bien » je mens avec arrogance « Aucun problème »
« Oh, ça ne va pas durer longtemps » souris Lily, et je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter et de me renfrogner.
Tout à coup, j'entends des gloussements. On se retourne et mes sourcils se haussent diaboliquement alors que j'observe Sirius et une brunette sortir d'une salle de classe. À la seconde où ils nous voient, leurs yeux s'écarquillent et lentement, comme dans un mouvement de moonwalk, ils retournent dans la classe comme si nous ne les avions pas vu.
« Hum » Je trébuche, me demandant si Lily va faire une fleur à mon ami « Peut-être qu'on devrait juste les laisser- »
« Non » m'interrompt-elle, et je la suis de mauvaise grâce pendant qu'elle marche vers la porte de la classe. Il y a cette pause théâtrale, les mains de Lily se lèvent vers la poignée de la porte et...
La porte ne bouge pas.
Je ris à ce retournement de situation, mais Lily n'apprécie pas mon sens de l'humour.
« Sirius Black, ouvre cette porte, maintenant ! » ordonne-t-elle avec son autorité de Préfete-en-Chef.
Elle ignore que Sirius est la personne la plus bornée que j'ai jamais rencontré durant mon adolescence.
« Pour l'amour de Merlin, Padfoot. On vous a tous les deux vu »
On entend un gloussement suraigu et un 'chut'.
« Ne m'oblige pas à faire venir McGonagall, Sirius » siffle-t-elle.
Nous entendons ensuite le 'clic' de la porte tandis qu'elle se déverrouille, et Lily et moi échangeons un sourire. Puis je remarque que nous sommes tous les deux très proches, penchés contre la porte, tant que si je baisse juste un peu ma tête, je pourrais l'embrasser.
Evidemment, ça n'arrive pas, parce que Sirius ouvre la porte et nous nous retrouvons face à face avec lui et à sa brunette hystérique.
« Mauvais timing, Padfoot » je marmonne amèrement.
« Je ne suis pas Padfoot ! Je suis son jumeau maléfique... Padfeet ! » (2)
J'essaye de comprendre ce qu'il dit mais avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, il joue des coudes et franchit la barrière de nos corps, traînant la brunette par la main. Confus, nous les regardons alors qu'ils courent dans le couloir.
« Revenez ici ! » crie Lily « Revenez que je puisse VOUS PUNIR ! »
Je me force à ne pas être excité par ça.
« Pourquoi tu n'enlèves pas juste des points ? » je demande.
« Parce que Gryffondor perd déjà assez de points comme ça » rouspète-t-elle.
Lily semble réfléchir à la possibilité de pourchasser Sirius, mais jette un coup d'œil à ses chaussures et secoue la tête, décidant d'abandonner cette éventualité.
Nous continuons de marcher dans le couloir, Lily ouvre violemment une autre porte de placard et touche le jackpot - on dirait que c'est la soirée des couples qui se bécotent et qui se font attraper. On regarde pendant que le couple continue de s'embrasser pendant quelques secondes.
Je ne pensais pas qu'une langue pouvait s'étirer aussi loin.
Qu'est-ce que je donnerais pour être celui qui ferait ça avec Lily.
Tandis que je penche la tête sur le côté en continuant d'observer, Lily tousse haut et fort et le couple se sépare.
Lily joue sa Commandante-en-Chef, les punit et les renvoie dans leur salle commune.
Surprendre ces deux là était une terrible erreur. L'atmosphère est très tendue et je ne peux pas penser à autre chose qu'à examiner les molaires de Lily.
Elle marche à côté de moi et je la dévore des yeux.
« Quoi ? » questionne-t-elle « Est-ce que j'ai une espèce de bouton géant sur mon bouton ? »
Qu'est-ce que je donnerais pour être le bouton géant qu'elle exploserait...
Lily baisse les yeux sur sa montre et laisse échapper une exclamation surprise « Wow, il est tard. Peut-être qu'on devrait s'arrêter là pour ce soir »
Oh oui; l'heure d'aller au lit. Oh comme j'aime être Préfet-en-Chef et partager une salle commune avec elle, même si je ne la vois pas beaucoup parce qu'elle essaye de m'éviter. Et parfois je me contente de dormir avec mes amis dans la tour de Gryffondor et elle fait la même chose.
Mais récemment les garçons se plaignent que je ronfle comme un dinosaure.
QU'ILS AILLENT SE FAIRE FOUTRE.
Ce ne sont pas eux qui partagent un logement avec une superbe rousse, n'est-ce pas ? N'est-ce pas, huh ? Huh !
QU'ILS AILLENT TOUS SE FAIRE FOUTRE.
Lorsqu'on arrive devant le portrait du dortoir des Préfets-en-Chef, nous murmurons le mot de passe exactement au même moment.
Je jure que c'est un signe.
Nous passons tous les deux par le portrait, encore une fois, à l'exact même moment.
Grosse erreur numéro deux de la soirée. On se retrouve coincé alors que clairement, deux corps ne peuvent PAS PASSER à travers l'encadrement d'une seule porte. Une leçon que vous devez tous retenir.
Nous luttons quelques secondes, nos coudes et nos épaules se heurtent, mais nous parvenons enfin à nous libérer et passons la porte. Je ne me sens pas particulièrement fatigué alors je vais m'asseoir devant le feu.
Le problème, c'est que Lily a la même idée et on s'affale tous les deux sur le même canapé, s'exclamant de surprise en réalisant que l'autre fait la même chose. Ce n'est peut-être que moi, mais je jure que ce canapé s'est réduit d'au moins deux mètres ; il est tellement petit que l'épaule de Lily touche encore la mienne.
« Pourquoi tu t'assois là ? » je demande, mon regard fixé sur le feu devant moi.
« Nous sommes dans un pays libre, James. J'ai envie de m'asseoir là. Qu'est-ce tu fais assis là ? »
« Je pense aussi que c'est un territoire chaleureux »
Je regarde droit devant moi et elle fait la même chose, parce que je sais que si je la regarde, mes yeux vont au bout d'un moment se baisser sans mon consentement, je regarderais sa poitrine et elle me frappera sans aucun doute à l'arrière de la tête encore une fois.
« Comment je peux être sûre que tu ne t'assois pas là juste parce que je suis assise là ? » demande-t-elle suspicieusement.
« Comment je peux être sûre que tu ne t'assois pas là juste parce que je suis assise là ? » je rétorque.
Encore, au même moment, on se tourne pour regarder l'autre et nos nez se touchent.
Oh Merlin.
Nos nez sont juste l'un contre l'autre. C'est assez bizarre et inhabituel, pourtant il y a cette espèce d'étincelle entre nous.
On va s'embrasser. C'est le Premier Jour et elle est déjà sous le charme de James Potter !
« Chier ! »
Et bien, je n'avais pas particulièrement prévu de faire ça tout de suite.
Lily prend un visage paniqué et bondit sur ses pieds. « Il est tard » déclare-t-elle, ignorant complètement le contact des nez. Je suis assez vexé. « On devrait aller dormir » dit-elle plus comme si elle donnait un ordre.
« Tard, ouais... » je répète, déçu. « Dormir... ouais... »
« Dormir ? »
Je faillis de faire dans mon caleçon de Quidditch au son de cette voix. Soudain 'Padfeet' apparaît d'en dessous du canapé, l'air frustré, et Lily et moi bondissons d'au moins trois mètres dans les airs.
« Tu nous espionnais ? » je demande, écarquillant les yeux. « Comment est-ce que tu es arrivé là, par Morgane ? »
« Tu m'as donné le mot de passe, tronche de cake »
Zut. Je n'aurais pas dû faire de ce dortoir un lieu public.
« Vous allez dormir ? » répète Sirius « Je veux dire, juste dormir ? Rien d'autre » Il secoue la tête, visiblement consterné « Si je ne venais pas de trouver cette vieille barre de chocolat de Pré-au-Lard sur le sol, je serais vraiment énervé là »
Et sur cette remarque, mon pervers d'ami sort par le portrait, fredonnant.
Je suis sur le point de me défendre et de dire que je n'ai rien à voir avec Sirius Black, mais Lily disparaît et j'entends le bruit de la porte de sa chambre qui claque derrière elle.
Le lendemain...
Pendant mon premier cours, Histoire de la Magie, je garde mes yeux ouverts avec des cure-dents à cause d'une mauvaise nuit de sommeil. Au moins je fais vraiment un effort pour paraître réveillé, pas comme Sirius et Peter qui dorment réellement.
« Padfoot » Je lui donne un coup de coude dans l'estomac. Il tousse légèrement mais continue son petit somme.
« J'ai des donuts aux pépites de chocolat » je lui chantonne à l'oreille.
Il ouvre rapidement les yeux et cherche des yeux les donuts imaginaires que je n'ai pas dans la main.
« Tu es tordu » dit-il, et il essaye de retourner dormir.
« Padfoot, j'ai besoin que tu te réveilles pour avoir une conversation avec toi » je lui signale « Ça veut dire que tu dois écouter et contribuer à la discussion »
« Quoi ? » baille-t-il.
Je lève les yeux au ciel « Tu m'écoutes vraiment ou tu es en train de dormir les yeux ouverts ? » je lui demande.
« Quidditch Quidditch Quidditch » dit Sirius « Quidditch Quidditch... »
Oh non. Je redeviens fou ! Cette fois, il ne dit que le mot Quidditch ! Merde ! Ça ne peut pas arriver ! On va m'envoyer à Sainte-Mangouste... La folie recommence !
« Quidditch Quidditch Quidditch » poursuit Sirius, chaque 'Quidditch' dit sur un ton enthousiaste différent. « Quidditch Quidditch » Il lève son index dans ma direction.
« Sirius » coupe Remus « S'il te plaît, tais-toi »
Mes yeux s'écarquillent. « Moony ? Tu n'as pas dit le mot 'Quidditch' ou quoi que ce soit » je remarque.
« Ça fait cinq minutes que Sirius répète le mot 'Quidditch' pour te faire croire que tu es cinglé »
Branleur.
« Je suis désolé. Je pouvais pas résister » rit Sirius
Je le frappe à l'arrière de la tête.
« Bref, tu as vu ce qui a failli se passer entre moi et Evans hier soir » Je hausse mes sourcils.
« Tu veux dire ce qui ne s'est pas passé » me corrige-t-il.
Ça allait se passer ! C'est la présence de Sirius qui a tout ruiné.
« Je me suis montré après que Lily se soit éloigné de toi, stupide » me sermonne Sirius alors que j'ai pensé tout haut. « Ça n'avait rien à voir avec moi »
« Ben... Je... Tu... Ta gueule » dis-je lamentablement.
Le professeur A-Une-Tronche-Qui-Donne-Envie-De-Se-Jeter-Dans-Un-Binns... (Ce n'est pas mon meilleur jeu de mot avec un nom, je m'en excuse) ronronne sur quelque chose d'inintéressant, comme d'habitude, et pour la première fois en sept ans à Poudlard, je vais essayer de prendre des notes en Histoire de la Magie.
Tu es fou, je vous entends dire !
En effet, je le suis.
Si je ne prenais pas des notes, ce que je fais toujours, je serais en train de rêvasser au... Quidditch. Oui, c'est triste, je sais.
Mais je dois arrêter de penser à ce merveilleux sport, où tu voles haut dans le ciel, une brise dans les cheveux, un sentiment d'euphorie qui s'empare de ton corps, tous tes problèmes envolés, juste toi et le balai et...
Nom d'une chouette. Est-ce que le Quidditch m'excite ? Peut-être que cette pause va me faire du bien après tout.
Je coupe un morceau du parchemin de Remus et le lisse du plat de la main.
« Qu'est-ce que tu fais ? » me demande le loup-garou.
« Je vais prendre des notes » dis-je avec enthousiasme.
« Tu veux dire que tu vas faire des gribouillages ? »
Ha ha. Il est tordant, ça c'est clair.
« Non Moony »
« Tu vas écrire... à Sirius ? »
Ouh, il est déchaîné là.
« Non, je vais écrire ce que Binns est en train de raconter »
Remus hausse un sourcil « Et il parle de quoi exactement ? »
Uh... De gobelins ? De guerres ?
« Des guerres de gobelins ? » je suppose.
« Bien deviné » rouspète Remus.
Sacrément bien deviné, oui.
Je frotte mes mains l'une contre l'autre, fait craquer mes doigts, étire mes bras...
« Pourquoi tu t'échauffes ? » me demande Peter.
Je rougis et décide de m'y mettre. En prenant une vieille plume dans mon sac, j'entends Binns dire la date '1543', décide que ça peut être utile et l'écris. Bien que je n'ai aucune idée de ce à quoi cette date fait référence et de ce qu'il s'est passé. Qui s'y intéresse ?
J'écris cette date. Nombre quinze...
... Pourquoi j'ai écrit un 'Q' ?
Je dois être fatigué. Je barre la lettre et réessaye d'écrire les chiffres.
... Pourquoi la plume a écrit un autre 'Q' ? C'est quoi ce bordel !
J'essaye d'écrire 15 mais... aargh ! Qu'est-ce que... Pourquoi est-ce... AAARGH !
Le mot 'Quidditch' me fixe depuis son parchemin.
Je viens d'écrire Quidditch alors que je ne voulais pas l'écrire à la base.
D'accord, d'accord, calme toi. Tu dramatises. Pourquoi ne pas écrire ton nom d'abord ?
Ecris un J... Ecris un J, bordel ! POURQUOI ECRIS-TU UN PUTAIN DE Q ! STUPIDE MAIN ! STUPIDE PLUME !
Merde. J'ai encore écris Quidditch. Je m'appelle officiellement Quidditch.
« Ah oui, James » renifle Remus, contemplant mon parchemin « Ce sont vraiment des notes très intéressantes »
« GAH » je hurle. Rien à faire si toute la classe me fixe après mon cri.
Mme la Folie, après vous, votre table est prête !
Lily
Je ne peux pas croire ce qui a failli se passer hier soir.
C'était vraiment mauvais.
On n'était à ça de... Gah, je ne veux même pas penser à ce qu'on a failli faire. Ce contact entre nez était presque électrifiant. Je le jure, vous auriez pu allumer un feu ou quelque chose dans le genre.
Ça ne doit jamais se reproduire. Il faut que je sois plus prudente. Beaucoup plus prudente.
« En parlant de petits yeux, Lils » dit Carly, en prenant un siège à côté de moi à la table du petit-déjeuner.
« Nuit agitée dans le dortoir des Préfets-en-Chef, hein ? » pouffe Lauren.
Je ronchonne « Je vous souhaite d'être dévorées par des elfes de maisons » Je saisis une cuillère et admire mon reflet, et par 'admire' je veux dire me mettre à bouder et jeter la cuillère à un deuxième année de passage.
« Je n'ai pas beaucoup dormi la nuit dernière » dis-je vaguement. « Au fait, le mot de passe du dortoir a changé » Je leur murmure le nouveau mot de passe. Je sais, leur dire fait de moi une hypocrite mais on s'en fiche, James ne le saura jamais.
« Pourquoi est-ce qu'il a été changé ? » me demande Carly, sceptique.
« James a dit le mot de passe à Sirius, cet idiot. Il a juste surgi de derrière le canapé et nous a presque donné une crise cardiaque. Il a pratiquement interrompu- »
Je me fige complètement. Interrompu quoi ? Il n'a rien interrompu ! Il n'y avait rien à interrompre ! RIEN N'ALLAIT SE PASSER.
Dommage que mes amies aient entendu ce que je disais.
Carly sourit « Interrompu... ? »
« Ma tranquillité » je souris en retour.
Ha, un point pour moi.
« Tu as dit 'nous'. Tu étais avec qui ? James ? »
Zut. Un partout, là.
« Oui » je rougis. « On était juste assis sur le canapé près du feu- »
« Que c'est romantique ! » déclare Carly. Stupide fille.
Les yeux de Lauren s'agrandissent. « Tu parles des fauteuils de l'amour ? »
« Les quoi ? » je répète.
« Les fauteuils de l'amûûûûûûr » chantonne Lauren.
« Ça s'appelle un canapé » je la corrige.
« Non, c'est un fauteuil de l'amour. C'est le vrai nom » dit-elle comme si c'était une évidence.
« Ben... Je... Tu... Ta gueule » dis-je lamentablement.
Carly tapote impatiemment la table de ses doigts, attendant que je continue « Et ? »
« Et » je répète puérilement.
« Et ? »
« Et quoi ? »
« Merlin, Lily. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
Je me masse les tempes en réfléchissant. « D'accord, si je vous le dis » Je fais une pause « Vous promettez de le dire à personne ? »
Mes amies écarquillent les yeux en entendant mon ton sérieux et acquiescent avec impatience.
« Pas d'interruptions » je dis fermement.
Elles hochent de nouveau la tête.
« Donc, nous étions sur le canapé- »
« Le fauteuil de l'amour » rectifie Lauren.
« Oh, tu m'énerves ! » je dis, fatiguée, en me levant pour partir.
« Lils, je plaisantais » rit Lauren. « Continue »
Je lui fait une moue enfantine et me rassois. « Nous étions assis sur le canapé et- »
« Est-ce que vous l'avez fait sur le canapé ? Oh Merlin ! » s'écrie Carly.
« Non ! Tais-toi, avec ta grande bouche » je la sermonne. « Nos... » Je m'arrête et elles se penchent toutes deux, les yeux exorbités « Nez se sont touchés »
Elles restent perplexes.
« Um, c'est cool » dit Carly faiblement, mais elle a l'air déçue.
« Vos nez se sont... touchés ? » répète Lauren en mordillant sa lèvre. « Vos nez... se sont touchés. C'est choquant ! »
Je lui jette mon toast. « Ben... Je... Tu... Ta gueule ! »
En cours d'Histoire de la magie, je suis complètement crevée par mon manque de sommeil, mais j'arrive quand même à écrire ce que Binns dit parce que je suis bonne pour les multitâches.
« GAH ! » j'entends James crier depuis le fond de la classe.
Héhé. J'ai ensorcelé sa plume pour qu'elle n'écrive que le mot 'Quidditch'...
(1) : La chanson de Abba en question est Waterloo.
(2) : C'est drôle parce que 'foot' veut dire 'pied' et 'feet' 'pieds' au pluriel. J'aurais pu faire une blague avec Patmol et Pat-chais pas quoi, mais vu que j'ai gardé les surnoms en anglais c'était impossible.
A la semaine prochaine !
