Voici le chapitre 5 ! Je voulais vous dire que je suis vraiment contente que cette fic plaise autant, je ne m'y attendais pas. Merci aux revieweurs, vous êtes vraiment géniaux : Rose-Eliade, Zod'a Tor' Weran, xxShimyxx, Echco, feufollet, Fraize (Merci d'avoir pris le temps de tout reviewer ! En effet ils sont tous plutôt tarés dans cette fic, mais tellement drôles ;) Il y a de plus en plus de James-Lily au fur et à mesure des chapitres, la situation avance assez vite entre eux selon moi, tu verras. Je suis contente que ça te plaise en tout cas !) et Victoria Boubouille.
Le chapitre 6 devrait arriver le week-end prochain, mais je pars en vacances alors je sais pas si je vais vraiment pouvoir poster... J'aurais pas trop le temps de traduire non plus donc j'aurais plus trop d'avance et les MAJ s'espaceront peut-être un peu... Enfin on verra bien. J'espère que ce chapitre là vous plaira en tout cas !
Bonne lecture, et aussi bonnes vacances !
Chapitre Cinq : Les pirates portent des caleçons Quidditch
James
« Prongs, pourquoi tu pleurniches ? »
Par Merlin, qu'est-ce qui ne va pas chez moi. Remet-toi, Potter !
Un sanglot peu flatteur s'échappe de mes lèvres et je jure que si j'avais mis ce maquillage dont les filles recouvrent leurs cils - du mascara, je crois qu'elles appellent ça comme ça - ce que je n'ai pas mis ; j'aurais des traînées noires sur les joues.
Je renifle bruyamment, ce que je suis obligé de faire, sinon une grosse trace de morve coulerait sur ma lèvre supérieure et Evans le verrait, et mes chances de sortir avec elle s'amenuiseraient encore plus.
« Plume... » je marmonne d'une manière incohérente.
C'est mon dernier cours du mardi, deuxième jour du pari, et je suis déjà en larmes. Il est clair que tout le monde est perturbé par quelqu'un qui pleure, plus spécifiquement un garçon qui pleure au milieu du cours de Sortilèges.
Chaque foutu cours de la journée, j'ai écrit le nom de ce jeu. Je commence à haïr le mot Quidditch... non, attendez ! Je retire ça ! C'ETAIT UN MENSONGE.
Ahem.
Je déteste seulement la lettre Q. Je souhaite que la lettre Q soit étranglée par ses voisines P et R. J'ai toujours aimé ces lettres. Elles sont dans mon nom et elles sont plutôt fiables, sauf quand elles refusent de se poser sur mon parchemin et écrivent ce stupide foutu Quidditch à la place.
« Tu sais, si tu voulais emprunter ma plume, tu n'avais qu'à demander » dit Sirius, me regardant avec dégoût tandis qu'il essuie la morve sur son propre bras.
... Quoi ! J'avais plus de mouchoirs, d'accord ! Poudlard n'a pas ces boîtes de mouchoirs moldues comme celles que comporte chaque pièce de la maison de Remus. La cuisine, le salon ; n'importe quelle pièce, il y a une boîte de mouchoirs.
« Ton nez coule encore, Prongs »
Je jure que je n'ai jamais eu l'air aussi pathétique de toute ma vie.
... Excepté la fois où j'ai tenté de chanter une sérénade à Evans en m'habillant comme ce chanteur moldu apparemment très populaire : Elvis. Sauf que je me suis trompé dans le mot, et visiblement 'Elf-is' est plutôt insultant pour un musicien si talentueux.
« Ma plume » j'explique « Elle est cassée »
« Cassée ? » demande Peter. Il prend la plume posée sur le haut des deux pages de parchemin disant 'QUIDDITCH QUIDDITCH QUIDDITCH J-QUIDDITCH...' et la tapote sur le bureau, puis la secoue comme si ça allait faire disparaître la démence de la plume.
« Oh, James a certainement oublié la technique qui dit qu'il faut taper la plume pour la réparer » dit Remus sèchement.
Non, j'ai essayé de faire ça. J'ai du frapper cette plume contre mon bureau au moins treize fois, en espérant que ça marcherait, et j'ai réussi à faire tiquer l'œil du professeur treize fois au son récurrent. Apparemment le choc n'aide pas dans cette situation, sauf si ça inclut une batte de Quidditch et un ami très idiot.
« Prend une des miennes » dit Sirius.
J'hésite un peu à en prendre une, je ne suis pas sûr d'où ses plumes ont pu traîner. Je l'ai vu enfoncer une plume dans sa narine lorsqu'il se curait le nez un jour. Il le nie, mais je l'ai vu !
Sirius remarque le doute sur mon visage « J'ai mis un extra de crottes de nez spécialement pour toi » plaisante-t-il « Ne mâchouille pas le bout »
« Ouais, parce que je voulais vraiment mâchouiller le bout de quelque chose qui a visité ces trous noirs dégoûtants que tu appelles narines » je rétorque. J'examine le bout de la plume et voit qu'elle a déjà été mâchée, et je lève les yeux au ciel devant Sirius.
M'étirant les doigts, je prends plume et parchemin, et je peux écrire de nouveau ! Hourrah ! Je peux reprendre le travail... Bah dis donc, je suis heureux de continuer à apprendre. C'est quelque chose que je n'aurais jamais pensé dire.
Ah, voilà les lettres qui m'ont manqué grâce à cette stupide plume cassée ! J'écris un L sur le parchemin. Oh, comme la lettre L m'a manqué ! Et oh regardez, voilà la lettre I ! Et un autre L ! Oh, et la lettre Y ! Et... attendez une seconde. Qu'est-ce que ma main est en train d'écrire ?
Je regarde ma main écrire comme si je faisais une expérience extra corporelle, et avant que je ne comprenne, le nom 'LILY POTTER' est écrit sur le parchemin.
Et bien, on dirait que mon petit béguin est bien plus sérieux que je ne le pensais.
« Oh, ça c'est TRISTE, Prongs »
Je sursaute à cette voix et observe Sirius glousser dans sa main, me regardant comme si j'étais pathétique, ce que je suis sûrement, parce que j'ai écrit le prénom de Lily avec mon propre nom de famille...
« Je ne sais pas comment ça a atterri là » je balbutie, rougissant. Sirius continue de rire bruyamment, et je le supplie avec mes yeux de la fermer, mais malheureusement il est trop tard puisque le professeur se dirige jusqu'à notre bureau au fond de la classe, les yeux grands ouverts.
« On dirait qu'il y a du remue-ménage ici » dit le professeur, « Avez-vous travaillé ne serait-ce qu'un peu, Mr Potter ? »
Mes yeux s'écarquillent tandis qu'il attrape le parchemin sur mon bureau. ; le parchemin empli de charabia inintelligible.
Amusé, le professeur lit mon travail à toute la classe.
« Quidditch, Quidditch, Quidditch, Quidditch, Quidditch, Quidditch, Quidditch » Il hausse un sourcil dans ma direction et je souris faiblement « J- Quidditch, Quidditch, Quidditch... »
Je ne peux plus le supporter, et remarque Lily du coin de l'œil qui meurt d'envie de rire. Tout le monde meurt d'envie de rire. Je peux voir littéralement quelqu'un s'étouffer parce qu'il retient son rire « Quidditch, Quidditch, Quidditch, oh » Le professeur s'arrête, l'air surpris « On dirait qu'il y a un mot différent maintenant : 'Lily Potter' »
Le silence s'abat sur la classe alors que tout le monde me regarde.
Et c'est à ce moment précis que je choisis de me poignarder avec la plume mâchouillée de Sirius.
Lily
Je suis dans la chambre de James Potter... alors que James Potter est absent.
C'est mauvais, non ?
Mes amis m'ont obligée à venir ici ! Je sais que c'est une excuse plutôt nulle et cliché. Mais dans ce cas, c'est la totale vérité. Je pense que secrètement, Carly, la folle des mariages, voulait juste que j'y aille, que je me fasse surprendre par James, puis qu'il y ait des ébats sexuels passionnés sur son lit.
Comme si ça allait arriver... le lit est plutôt petit et-... L'IDEE D'EBATS SEXUELS PASSIONNES EST COMPLETEMENT HORS DE QUESTION.
Oui, vaut mieux m'enlever cette idée de la tête. Oui, dégage la, Lily. Dégage-la.
Lauren m'a convaincu que James devait cacher des objets en rapport avec le Quidditch dans sa chambre. C'est une possibilité très probable. Si je n'ai ne serait-ce que des soupçons que James fait des choses liées au Quidditch pendant le pari, je serais furieuse. Ainsi, quelque soit l'objet relatif au Quidditch que je trouverai dans cette chambre, je le confisquerai.
Et c'est pour ça que je regarde avec insistance dans le tiroir grand ouvert rempli de ses sous-vêtements, fixant son caleçon aux imprimés de Quidditch.
Enfin... Est-ce que je suis censée le confisquer ?
Même si c'est moi qui ai créé ce pari, je suis tellement confuse que je ne sais même pas moi-même. D'un côté, il est lié au Quidditch. De l'autre, c'est juste un sous-vêtement. Qu'est-ce qu'une rousse doit faire ?
Il est plutôt... mignon, on peut le dire. Je préfère les culottes avec des ours en peluche ou dans ce genre là, mais les petits vifs d'ors qui volent sur le boxer, avec leurs minuscules petites ailes ; je ne peux m'empêcher de sourire... mais ensuite me vient une image de James en train de le porter et C'EST MAL. TRES MAL EN EFFET.
Je le touche du bout de ma baguette.
Quoi ! On ne sait jamais, il pourrait s'enflammer d'un coup. Ne jamais sous-estimer ce qui se cache dans le bazar d'un garçon, et il y a plus d'un sens à ce conseil.
Toujours en fouillant avec ma baguette, je saute de peur quand un des étranges et vivants renflements sous le boxer se révèle être en réalité une chocogrenouille.
Bien joué, Lily. Tu as gâché une grande quantité d'un temps précieux à admirer les sous-vêtements de James. Maintenant, dépêche-toi un peu ou tu vas être en retard en Sortilèges.
Je jette un regard sur la pièce, essayant désespérément de distinguer les choses qui l'habitent. C'est plutôt compliqué dans une pièce couverte de saletés. Enfin, Merlin, est-ce que c'est trop dur pour un garçon de ramasser quelque chose par terre ? James a clairement décidé de ne pas faire ça depuis au moins un milliard de décennies, laissant sa chambre aux mains d'une montagne de fringues sales. Je dois littéralement escalader un Mont Everest miniature de t-shirts pour traverser la pièce jusqu'à son coffre en bois.
Une fois arrivée au coffre, je me penche et l'ouvre, instantanément envahie par une bouffée de fumée qui s'en échappe. L'odeur est si nauséabonde que quelque chose est de toute évidence mort là-dedans.
De ma baguette encore une fois, je cherche dans le coffre. Laissez-moi voir... bingo ! Des magazines de Quidditch !
... C'est une fille qui chevauche un balai ? Qu'est-ce que c'est que cette position dégoûtante ? Elle ne porte même pas de sous-vêtements ! Merlin, ce petit Potter pervers et dégoûtant ! Je vais sans conteste confisquer cette 'lecture' !
... Parce que s'il les touche, ce sera contre le pari... Pas parce que ça m'embête d'une quelconque façon, comme, disons, le serait une petite-amie, parce qu'il regarde d'autres femmes nues. Nope.
Attendez, je devrais laisser ces magazines là ! Comme ça, si je le surprends en train de les 'lire', il perdra le pari et deviendra chauve ! Et je parle de calvitie dans sa région supérieure. Et par région supérieure, je parle de sa tête.
Quoique... J'ai cet étrange sentiment de haine qui envahit mon estomac, ce qui pourrait possiblement signifier que je suis embêtée qu'il regarde des filles chevaucher des balais de Quidditch, dans le vent, le vent faisant voler sa mini-jupe, alors qu'elle ne porte pas de culotte.
Bien sûr. Contente-toi de laisser les magazines là, Lily.
Ma baguette fend l'air, et les magazines de Quidditch vole hors du coffre pour se mettre à flotter derrière moi.
Oh. On dirait que je vais les confisquer après tout, donc. Ma main qui tient la baguette a tendance à ne pas obéir à mon cerveau.
J'appréhende un peu de ce que je vais trouver d'autre dans les profondeurs de ce coffre. Je continue de chercher avec ma baguette... Ahah ! Un manche à balai ! Jackpot ! Ça va définitivement aller dans la pile flottant 'Confisqué', avec sa saleté de magazine.
Et qu'est-ce que nous avons là ? Un kit de 'Nécessaire à balai' ! Dites donc, ce n'est pas une voiture moldue nom d'un chien. Quel genre d'entretien un balai a besoin ? C'est un bout de bois tout con ! J'en ai trouvé un dans le parc l'autre jour ! Wou-di-diou !
...Oooh non, j'ai un signal d'alerte qui me prévient d'une migraine à venir. J'ai assez fait les poubelles de Quidditch pour aujourd'hui, et en plus je suis en retard en Sortilèges. Je ferais mieux de partir vite et de remettre la chambre dans l'état où elle était avant, ce qui veut globalement dire que je dois remettre le bazar dans la chambre comme elle l'était originellement, car quand j'étais là je n'ai pas pu m'empêcher de ranger à cause de mon amour de la propreté.
Je vais juste donner un coup de pied dans quelques trucs et jeter des piles de vêtements dans tous les sens, comme ça la pièce reprendra son allure de porcherie.
Bien. Heure de partir, Lily.
Dès que je me rends vers la porte, je me fige, une pensée me venant soudain à l'esprit :
Et ce caleçon Quidditch ?
Ah, oui, je me souviens que j'ai décidé de ne pas le prendre.
... Ou le devrais-je ?
Bon, c'est pas comme s'il était dangereux ; loin de là. Je pourrais aussi bien le lui laisser en mémoire de son sport bien-aimé. Quelque chose qu'il pourra étreindre (ou porter... ou les deux) la nuit dans ses moments de besoin.
Oui, je vais laisser à James le- oh, zut ! Qu'est-ce que fait ma main maintenant ? Ma baguette fait un mouvement très reconnaissable et le caleçon Quidditch surgit du placard et se pose sur la pile de magazines.
...
Et bien, voilà. Vaut mieux pas se dresser devant la main de la baguette toute puissante.
Tout en fredonnant, je m'échappe du dortoir, le bazar de Quidditch flottant derrière moi. Une fois dans mon propre dortoir, je dépose le manche à balai, l'inutile 'Nécessaire à balai', le, hum, caleçon plutôt mignon, et enfin ces magazines dégoûtants, dans le coffre en bois au pied de mon lit. Je ferme le coffre, me frotte les mains avec une expression satisfaite, et sécurise le coffre avec un sort de verrouillage plutôt fortiche.
J'ai fait ce qu'il fallait faire.
Je me dépêche d'aller en Sortilèges, entre dans la classe juste quand le cours commence et souffle comme un bœuf en m'asseyant à côté de Lauren et Carly, m'effondrant sur mon bureau.
« Où tu étais ? » m'interroge Lauren.
Je prends soin de baisser la voix alors que le professeur parle. « J'étais là où tu m'as dit d'aller » je murmure.
Elle me regarde avec des yeux vides.
« La chambre de James » je lui rappelle « Fouiller dans son bazar de Quidditch, tu te souviens ? » Elle ne montre toujours aucun signe de compréhension. « C'était ton idée, Lauren »
Elle grogne. « Je donne tellement de bonnes idées que c'est dur de m'y retrouver ces derniers jours » Ses yeux s'éclairent. « Je devrais les noter ! » Je la regarde prendre sa plume et griffonner sur le dos de sa main, en marmonnant, « Mardi, le 18 - idée de fouiller dans le bazar à Quidditch. Initiative donnée à Lily Evans. Prix d'un gallion- »
« Je ne vais pas te donner un gallion ! »
« Est-ce que l'un d'entre vous se souvient de l'idée que j'ai eu ce matin au petit-déj ? » demande subitement Lauren, posant l'extrémité de sa plume contre son menton.
« Soutien-gorges remplis d'eau » je réponds rapidement, essayant de me concentrer sur les paroles du professeur.
« Ah oui » Je regarde Lauren écrire sur son très pratique carnet de note : sa peau « Je ne vois pas pourquoi personne n'en a déjà fait. Ça ne fera pas de mal à l'environnement »
« Ça sera facile de les crever » dit Carly. « Juste, imagine Sirius Black en train de peloter des seins qui lui envoient de l'eau en pleine figure »
Je glousse, et le professeur me regarde froidement aussitôt. Ouch.
« Vous ne devinerez jamais ce que j'ai trouvé dans la chambre de James » je murmure quand je suis sûre que je peux parler en toute sécurité.
« Du porno » répond Lauren immédiatement.
J'allais parler du caleçon de James, mais maintenant je me rends compte que ça sonnerait complètement fou.
« Bien, ce n'est pas explicitement dit que c'est de la pornographie. Ce sont apparemment des catalogues avec des personnes posant avec des balais ; même si je ne suis pas convaincu, parce que je ne pense pas qu'il est nécessaire qu'une fille pose dans une si vulgaire position sans culotte »
« Dessous » me corrige Lauren. « Franchement, Lily, je ne peux pas croire que tu dises toujours 'culottes'... »
Pendant que je prends note sur ce qu'explique le professeur, je remarque que Carly me regarde avec l'air d'attendre quelque chose.
Elle va me demander si j'ai eu des ébats sexuels passionnés avec James sur son lit.
« Est-ce que tu as eu des ébats sexuels passionnés avec James sur son lit ? »
« Carly » je soupire « James était sous tes yeux pendant tout ce temps. Bien sûr que non » Carly hausse un sourcil et j'ouvre grand les yeux. « Et je ne l'ai jamais envisagé ! » je souffle, mes joues devenues furieusement rouges.
J'essaye de nouveau de me concentrer sur mes notes, mais ma patience est mise à l'épreuve lorsque j'entends le bruit d'une plume cognée contre un bureau. Douze putain de fois. Je jette un coup d'oeil derrière moi et aperçoit James... pleurer ? Oh doux Merlin. Je l'ai poussé à bout avec cette plume ensorcelée.
J'ai fait pleurer un garçon.
Hé hé. C'est le genre d'accomplissement dont tout le monde ne peut pas se vanter, si je puis me permettre !
Treize fois maintenant.
Peut-être que je devrais réparer sa plume...
...Nan.
J'entends Sirius Black glousser, puis je vois le professeur marcher au fond de la classe, s'attendant à ce qu'un désordre se mette en place.
« On dirait qu'il y a du remue-ménage ici » dit le professeur, « Avez-vous travaillé ne serait-ce qu'un peu, Mr Potter ? »
Les mains de James s'élèvent pour se saisir du parchemin, mais il est trop tard, et le professeur commence de lire.
« Quidditch, Quidditch, Quidditch... »
Oh, ho ho. C'est tellement marrant. James devient rouge. Ne ris pas, Lily. Ne. Ris. Pas.
« J- Quidditch, Quidditch, Quidditch, oh » Le professeur fait une pause, et je lève les yeux après avoir rit silencieusement dans ma main « On dirait qu'il y a un mot différent maintenant : 'Lily Potter' »
... Bordel, je vous demande pardon ?
Lily... Lily QUOI ?
Sauf que, je ne peux pas poser de questions à ce trou du cul parce qu'il se plante la plume dans l'œil ! Je veux dire, non mais vraiment ! Qu'est-ce que c'est que cette ridicule tactique de diversion et - oh Merlin, il saigne ! IL SAIGNE !
James
« Mrs Pomfresh, est-ce que ce bandage est vraiment nécessaire ? »
Bordel de zut. Pourquoi est-ce que tout le monde fait un tel fromage de cette blessure ? Oui, techniquement c'était un peu dangereux de me planter une plume dans le œil pour faire diversion, et techniquement j'aurais pu finir partiellement aveugle...
Sérieusement, merci Merlin que Mrs Pomfresh et la magie existent, ou Padfoot serait resté chien et aurait été déclaré officiellement comme mon chien d'aveugle, et quelque part je peux l'imaginer me guider jusqu'à une falaise et me faire tomber dans un canyon.
« Oui, le bandage est nécessaire, Mr Potter » répondit-elle, en recouvrant mon œil du bandage blanc.
Donc, globalement, je ressemble à un pirate.
... Allez vous faire voir ! Je vous ai vu rire ! Pourquoi cette image de moi ressemblant à un pirate est si drôle ?
« Mrs Pomfresh, vous êtes sûre que me faire porter ce... bandage à l'air extrêmement moldu sur mon œil n'est pas juste, admettons, un moyen de vous venger pour les fois où je vous ai craché votre infecte potion à la figure ? »
Je pense que c'est plutôt une bonne théorie. Je n'ai même pas assez de doigt pour compter le nombre de fois où une giclée de potion est sortie de mes lèvres. Mais ce n'est pas ma faute ; les médicaments devraient avoir bon goût pour éviter de les régurgiter.
La sorcière garde une expression impassible. « Je ne peux pas dire que j'ai apprécié que vous utilisiez mon visage comme un évier pour recracher l'intérieur de votre bouche, Potter » Elle resserre un peu plus le bandage sur mon œil et je marmonne un « Aïe ».
« Potter, je ne pense pas que vous réalisez pleinement ce que vous avez fait » Elle fait un pas en arrière pour admirer son travail qui me fait ressembler à un flibustier. « C'était très idiot de votre part de juste » Elle s'arrête, ayant des difficultés pour trouver ses mots « Je veux dire - de vous planter cette plume dans l'œil ! »
Embarrassé, je réponds « Ça ne se reproduira pas... »
Tout à coup, elle paraît triste et me tapote gentiment l'épaule, et j'ai un peu peur de ce qui se passe dans sa tête.
« Je pense que vous devriez lire quelques prospectus » dit-elle.
Des prospectus ? Oh merde, non. Quelle est cette folie cette fois ?
« Tenez » Mrs Pomfresh place quelques parchemins dans ma main. « Je pense que vous devriez lire ceux-là »
Mes yeux s'arrêtent sur le titre d'un des prospectus : 'Comme ça, vous avez essayé de vous tuer...'
Oh non.
Et un autre : 'Conseils pour ne pas avoir envie de faire une tentative de suicide.'
Bien, j'ai déjà merdé pour celui-là, n'est-ce pas ?
« Mrs Pomfresh » je commence, poussé vers les portes en chênes qui représentent la sortie, « C'était juste une tactique de diversion ! »
Cependant, elle ne m'écoute pas puisqu'elle me fait sortir de l'infirmerie, m'adresse un sourire inquiet, puis me salue d'un signe de la main et claque les portes en les fermant.
Oh, elle n'a pas intérêt à écrire à mes parents. Maman me tuerait.
Je remarque immédiatement Lily qui attend devant les portes, et je la vois marcher rapidement vers... moi ? Elle se précipite vers moi ? Ce doit être une illusion d'optique à cause de mon bandage de pirate !
« James » dit-elle, d'une voix étrangement douce, « Tu vas bi- » Elle se tait et je grogne intérieurement pendant qu'elle examine mon bandage. « Tu ressembles à un » Un gloussement s'échappe de ses lèvres « Un... pirate »
« Un, euhm, pirate sexy ? »
... Stupide bouche.
« Non » me déçoit-elle « Un de ces pirates vicieux et louches qui sont en permanence biturés au rhum »
On dit de certains qu'ils sont sexy.
On se dirige vers la Tour de Gryffondor, et j'observe Lily qui pince les lèvres et se retient de dire quelque chose.
« Vas-y » je soupire. « Je sais que tu meurs d'envie de le dire »
« Dire quoi ? »
« Une blague de pirate. Vas-y, dis-le »
Elle sourit, se couvre l'œil avec la paume de sa main, et crie « À l'assaut moussaillon ! »
Je dois dire que... C'est la scène la plus mignonne que je n'ai jamais vu.
Bon, c'était du vu et revu, et pas la chose la plus intelligente, mais j'aime la manière dont ses lèvres se courbent pour sourire et l'étincelle dans ses yeux lorsqu'elle rit. Elle est tellement adorable qu'elle ne m'en plaît que plus, et je ris avec elle, ce qui l'a fait aussitôt arrêter.
« Pourquoi tu rigoles ? » demande-t-elle « Tu n'es pas censé rire, James. C'est une blague à tes dépends » Cela me fait encore plus rire.
« Tu étais juste tellement mignonne- »
« Ne m'oblige pas à te crever l'autre œil, Potter »
... Ouais, moi aussi je déteste ses petites sautes d'humeur.
« James » Mon attention redouble en l'entendant prononcer mon prénom. Je préfère nettement le désinvolte, l'illustre 'James' susurré par ses lèvres qu'un furieux et aboyé 'POT-TER !'. « Tu vas bien ? Ton œil n'a rien de grave ? Qu'a dit Mrs Pomfresh ? »
« Oui, et non » je réponds à ces deux premières questions. « Et pour finir, elle pense que j'ai fait une tentative de suicide »
Elle lève les yeux au ciel « Ben, te blesser toi-même à l'œil n'est pas vraiment normal, non ? »
« C'était une tactique de diversion ! » je rectifie encore une fois.
Elle prend soudain un air embarrassé. « Parce que tu as écrit mon prénom avec... ton nom de famille... »
Je déglutis. Merdemerdemerde ! Tactique de diversion numéro deux, James !
« Pourquoi tu m'as attendu devant l'infirmerie ?»
Bingo !
Elle paraît encore plus troublée, mais essaye de ne pas être déstabilisée par ma question. « Je suis Préfète-en-Chef, James. C'est moi qui t'a emmené à l'infirmerie et qui a nettoyé le sang que tu as perdu dans les couloirs »
« Pas parce que tu tiens à moi, alors ? »
« Non »
« Je suis à peu près sûr que je t'ai entendu crier dans la salle de classe »
« Je n'aime pas le sang ! » Elle croise les bras sur sa poitrine, l'air furieux, et se retourne brusquement vers moi. « Tu as encore utilisé une tactique de diversion ! »
« Je ne me suis rien planté dans l'œil cette fois au moins, hein ? » Elle n'a aucune réaction et se remet à fixer devant elle. « Hein ? » je répète. « Hein, hein ? » Je lui donne un coup de coude.
« Ferme-la avec tes stupides 'Hein' » dit-elle, bien que je peux distinctement entendre de l'affection dans sa voix. « Tu es blessé, tu ferais mieux de renoncer au pari maintenant »
Je tousse, comme si mon œil bandé allait amoindrir mes chances de gagner !
« Je ne crois pas, non »
« Sérieusement, James, ne te blesse plus jamais comme ça. Tu m'as fait peur »
... Euh, quoi ?
Sans prévenir, on cesse de marcher dans le couloir et je prends pleinement conscience que Lily Evans touche mon œil bandé de ses doigts délicats.
« Tu es sûr que ton œil n'a rien ? »
Et zut, elle commence à me troubler. Pourquoi devient-elle si sincère tout d'un coup ? Et pourquoi ses mains sont si douces... si apaisantes contre mon bandage et... aïe !
« Pardon ! »
« T'y as été un peu trop fort là » Je pouffe tout de même de rire, en tenant délicatement son poignet. Sa main s'attarde sur mon visage un peu plus longtemps pendant que je la tiens, et nous ne nous quittons pas du regard. Sans prévenir, alors que je relâche sa main et qu'elle la baisse, un de ses doigts effleure accidentellement mes lèvres au passage, ce qui la fait devenir rouge brique.
« Je devrais y aller » dit-elle, en se précipitant déjà dans le couloir. « Salut, Monsieur le Pirate ! » Elle me fait un signe de la main par-dessus sa tête, sans prendre la peine de se retourner.
C'est dommage. J'attendais avec impatience ce genre de bref échange de regard.
Vous voyez, pourquoi je n'aurais pas pu avoir une fascination pour les blondes ou les brunes ? Les rousses sont si imprévisibles...
Lily
Alors... James ressemble à un pirate. Ça c'est du retournement de situation, hein ?
Argh, je déteste dire 'hein' ! James dit beaucoup 'hein'. C'est une manie stupide que je lui ai piqué.
Mais retour au fait que James a l'air d'un écumeur des mers.
... On dirait vraiment. Bien sûr, il a n'a pas de perroquet sur l'épaule et ne porte pas un de ces chapeaux bizarres, mais il a un bandeau sur l'œil, et c'est assez pirate pour moi.
Qui aurait pensé que James puisse paraître un peu-...
Oh par Morgane, est-ce que j'ai été sur le point de dire que ça le rend ne serait-ce qu'un chouïa séduisant ?
Oh non... J'étais sur le point de dire 'charmant' ! J'allais mettre les mots 'James Potter' et 'charmant' dans la même phrase !
Je soupire en fixant le plafond de ma chambre, actuellement étalée sur mon lit. Mon uniforme est en train de se froisser.
Qu'est-ce qui s'est passé tout à l'heure avec James ? J'ai presque tripoté son œil, par le caleçon de Merlin ! Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Ce n'est pas normal de caresser des yeux.
Sans parler de James qui pense au... mot en 'M'. Ce sont les filles qui sont censées être obsédées par le mariage ! Et on ne sort même pas encore ensemble !
Oh non, Lily, tu viens de dire 'encore' ! Pourquoi as-tu dit 'encore' ? Il n'y a pas de 'encore' ! Tu n'aurais même pas dû mentionner 'encore' !
Je deviens folle. Et je peux sentir le début d'une migraine.
Refusant de m'accorder une sieste, je me retrouve étrangement debout en train de marcher vers mon coffre en bois, avec les affaires de James. Je l'ouvre et mes mains le fouillent jusqu'à ce que je trouve quelque chose de particulier :
Le caleçon Quidditch de James.
Et je ne le tiens même pas avec ma baguette. Mes doigts touchent réellement quelque chose qui touchait son... aaaaaargh. Images mentales, images mentales, images men-tales...
Penchant ma tête sur le côté, j'admire une nouvelle fois les décorations du sous-vêtements et sens un sourire naître sur mes lèvres. Il est juste... trop mignon. Ce sous-vêtement est trop attendrissant pour que ce soit un garçon qui le porte. Ces mignons petits vifs d'or qui volent (la beauté des sous-vêtements magiques : vous pouvez avoir des chatons qui bougent sur vos culottes) et ces petits balais qui filent à toute vitesse.
Oh oh, je sens un éternuement venir tout à coup.
Dois trouver un mouchoir. Dois trouver un mouchoir... bordel, pourquoi il n'y a jamais de boîtes de mouchoir à Poudlard ?
Oh non, sérieusement, je vais éternuer !
Alors que je laisse échapper un bruyant « Achooo ! », ma tête se penche en avant à cause de l'élan et sans que je puisse l'en empêcher, ma tête et mon nez sont dans le caleçon de James, que je tiens dans ma main.
« Lily, tu n'aurais pas vu mon- »
James Potter a juste choisi ce moment pour entrer dans ma chambre, sans frapper.
Dix gallions que la conversations qui va suivre sera gênante.
