Voilà le chapitre sept, l'après épisode du caleçon ^^. Vos commentaires me sont tous allés droit au coeur, bon bien sûr la fic n'est pas de moi mais je suis tellement contente de vous faire partager cette fiction et que vous l'aimiez autant ! Merci beaucoup à tous !

La chanson présente dans ce chapitre est "How sweet it is to be loved by you" de Marvin Gaye.


Chapitre Sept : Le tricot, c'est le nouveau Quidditch

Lily

Oui, je suis toujours vivante... enfin presque. Vous pourriez penser qu'après l'incident avec James, son charmant caleçon, et tellement de mucus nasal que j'aurais pu remplir tout un placard à balais de bocaux et les faire passer pour des pots de miel à mettre sur les toasts, je m'en serais remise maintenant.

Argh.

De mauvaise humeur, je lâche mon toast recouvert de miel dans mon assiette après avoir décidé que je voulais me tourner vers une autre occupation que la consommation de nourriture.

Pour une raison inconnue, mes amies Carly et Lauren ne sont pas encore là dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner (Mercredi : Troisième Jour de cet insupportable pari) et il paraîtrait que je sois attablée avec beaucoup d'espace libre autour de moi. C'est comme si l'école entière m'évitait, ce qui est curieux, parce qu'ils ne peuvent pas être au courant de l'embarrassante expérience où il a seulement semblé que je reniflais les sous-vêtements de James.

Ennuyée par le manque de commérage que je dois normalement endurer en compagnie de mes compagnes au rire de hyènes, je sors de ma poche le prospectus que m'a donné Mrs Pomfresh un peu plus tôt.

Et oui, j'étais totalement sérieuse quand je disais que je voulais lire ces prospectus contre le suicide. Faites moi confiance ; je suis tellement mélodramatique que me casser un ongle équivaut à la perte d'un organe. Mes yeux étudient le titre : 'Conseils pour ne pas avoir envie de faire une tentative de suicide.' Hmm, c'est un titre plutôt accrocheur, non ? Ça devrait être intéressant, ou au moins, ça a intérêt de l'être, sinon j'aurais perdu deux minutes de mon temps précieux.

'1 - Essayez de rester calme' je lis, et un grognement s'échappe de mes lèvres rapidement. On dirait qu'un minimum de sérénité est devenu la réponse à tout de nos jours. Dommage qu'il n'y en ai pas beaucoup qui parcoure mes veines. Ça vient avec les cheveux roux, j'en ai peur.

'2 - N'ayez pas peur de parler à vos amis', je continue de lire. Bien, vu que mes fichues amies ne sont même pas présentes, je vais devoir passer cette règle, n'est-ce pas.

'3 - Si vous vous sentez vraiment malheureux, souvenez-vous d'une chanson joyeuse et chantez la à vous-mêmes pour vous mettre de meilleure humeur.'

Quelqu'un a clairement mis celle-la pour se marrer. Je veux dire, chanter une chanson joyeuse ? Non mais vraiment, comment est-ce que chanter, et accessoirement faire exploser les tympans de tout le monde grâce à ma voix d''ange', au point que le sang coulerait de leurs oreilles, pourrait me mettre de meilleure humeur ?

... Hey, ça n'a pas l'air d'être une si mauvaise idée ! Si j'ai de la chance, James Potter n'est pas très loin ! Je cherche dans mes pensées et une chanson guimauve et guillerette me vient. Tout en frappant dans mes mains, je prend une grande inspiration et commence de chanter doucement.

« With sweet love and dev-oooo-tion » Je suis vaguement consciente que quelques têtes se tournent vers moi, puisque ma voix est plus forte que je ne le pensais, mais je dois continuer ! « Deeply touching my em-oooo-tion, I want to stop and thank you, baby ! » Hey, on dirait que ça marche ! Mon esprit est loin de mes soucis, et mes mains tapent sur la table en rythme. « How sweet it is to be loved by- »

« You » finit James, en s'asseyant sur le siège en face de moi, un séduisant sourire sur le visage. Je laisse échapper le très reconnaissable 'WAH !' de surprise à son apparition, et je rougis également en réalisant la pertinence des paroles de cette chanson. « Bonjour » me salue-t-il avec plaisir, tout en se servant des pancakes.

« Bonj- » Je suis sur le point de lui répondre gaiement, quand je me rend compte de qui il est. « Je ne crois pas t'avoir permis l'accès à ce siège » je claque froidement.

« Me permettre l'accès ? » Il lâche avec amusement. « Ce n'est pas un enfant dans le capharnaüm d'un divorce, Lily. De plus, tu avais l'air plutôt... seule »

Je croise les bras et regarde dans une autre direction, bien qu'il y ait une certaine vérité derrière ses mots. Je vais tuer Carly et Lauren plus tard avec des ustensiles pointus.

Je dois admettre, je suis plutôt contente que James m'ait rejoint... Uniquement à cause d'un besoin de compagnie, c'est tout !

« Où sont tes amis ? » je lui demande.

Il me désigne un endroit éloigné de la table, et ils me répondent d'un joyeux signe de la main, en train de mâcher de la nourriture et des morceaux de toasts dans leurs mains. Je fronce des sourcils, confuse. « Alors pourquoi tu t'es assis avec moi ? »

Il hausse les épaules « Parce que je veux m'asseoir avec toi »

Je le hais vraiment parfois, purement à cause du fait qu'il me surprend en sortant des phrases comme ça. 'Comme il est bon d'être aimé par toi', en effet.

« Où sont tes amis ? » me demande-t-il.

« Avec de la chance, six pieds sous terre »

Tandis que James laisse échapper un rire apaisant, j'éternue sans m'y attendre et me pince le nez, alors que mes cheveux se balancent avec le sursaut de ma tête qui se projette en avant.

« Mise au tapis par l'épouvantable rhume ? » il s'enquiert, souriant toujours.

Malheureusement, après l'incident avec le caleçon de James, ce tout premier éternuement a été le premier de nombreux, très nombreux autres. Heureusement, j'ai gardé le chiffon à lunettes de James et je me mouche avant que l'épisode de la veille ne se répète. Curieusement, tout le monde dans la Grande Salle se retourne pour me regarder juste après l'éternuement, comme s'ils savaient quelque chose.

« Tu as décidé d'utiliser mon chiffon à lunettes, comme je peux le voir ? » suppose-t-il.

« C'est assez doux contre mes narines et c'est facile à nettoyer » je répond, mon visage se réchauffant sans aucun doute.

« C'est charmant. Tu peux le garder, au fait » dit-il, comme si je devais me sentir privilégiée. « Tout comme tu peux profiter d'être assise en ma compagnie et graciée par ma divine- »

« James » je lève une main « Tu frôles l'arrogance encore une fois. Qu'est-ce que je t'ai dit sur ce très ennuyant défaut ? »

« Hum, ouais, désolé » s'excuse-t-il. Stupide mec. « Bref, je voulais juste te remercier pour hier »

Je le regarde, abasourdie. Je n'ai aucun souvenir d'avoir fait quelque chose de gentil pour lui ces derniers temps. « Si tu t'apprêtes à me remercier pour avoir reniflé ton caleçon - ce que je n'ai pas fait, en passant - je te frapperai. Avec ce couteau recouvert de miel-qui-ressemble-à-du-mucus-nasal »

« Ce n'est pas ce que j'allais faire » se défend-il. « Même si je suis plutôt reconnaissant pour ça- »

C'est très drôle de voir du miel-qui-ressemble-à-du-mucus-nasal sur sa joue.

« Merci de m'avoir pris pour un toast » dit-il, en s'essuyant le visage. Hah, le miel est poisseux et lui colle maintenant à la joue et aux doigts ! « Mais revenons à ce que je disais ; je voulais te remercier pour hier, tu m'as rendu service »

« Ah bon ? » je souffle, un peu inquiète de ce que j'ai récemment pu faire pour le soutenir.

« Tu as confisqué les objets reliés au Quidditch que j'avais dans ma chambre ! Je veux dire, c'était intelligent. Maintenant que tu es en possession de mes trucs de Quidditch, il n'y a aucun moyen que je sois en contact avec eux » Il sourit, et au fur et à mesure qu'il parle, je pâlit de plus en plus. « Comme tu m'as aidé, on dirait que j'ai peut-être une chance de gagner ce pari. Conclusion » Son doigt retire le miel de sa joue et il le lèche de sa langue plutôt longue... Que je viens de remarquer qu'il avait, « Merci Lily »

« N'en parle à personne, James » je grince entre mes dents. Note mentale à moi-même : tuer Lauren pour m'avoir donner cette idée complètement stupide d'aller à la chasse à tout ce que James possédait en rapport avec le Quidditch. En fait, je parie qu'elle avait tout prévu ! Elle savait que ça allait aider James ! Carly l'a corrompu et elle essaye à présent de me faire perdre le pari pour qu'elles puissent se mettre à préparer le mariage et pour qu'on puisse s'enfuir dans une Ford Anglia dans la foutue lumière du soleil couchant !

« Désolée Lily ; je crois que mes Maraudeurs m'appellent » Je ne sais pas ce qui prend à James puisque je n'entends pas les voix de ses petits toutous, et je suis un peu ennuyée qu'il me laisse soudain. « Cette proximité m'a fait très plaisir - je veux dire... cette conversation. Héhé... Bye » Il me fait un petit signe de la main avant de se réfugier chez ses amis, l'air sûr de lui et arrogant dans sa manière habituelle de se pavaner.

Pas que j'étudiais sa manière de marcher ou quoique ce soit. Ou que je me concentrais sur un endroit particulier de son corps, comme, disons, son postéri-

Je pense qu'on va s'arrêter là Lily, tu ne penses pas ?

Je secoue la tête pour la sortir physiquement de mes pensées, et éternue de nouveau.

Encore une fois, tout le monde regarde.

Ils savent quelque chose.

James

« Wow, James - »

Je ne peux m'empêcher de sourire avec suffisance pour répondre à l'un de mes Maraudeurs, prenant place face à eux dans la Grande Salle. J'imagine qu'un visage aussi séduisant que le mien susciterait à n'importe quel sorcier tant d'admiration.

« - C'était une prestation assez impressionnante »

Oh, Remus ne parlait pas de mon visage... laissez tomber.

« On vous espionnait depuis ici, et nous devons l'admettre, tu avais plutôt l'air imperturbable pendant ta conversation avec Evans » me dit Sirius, mâchant son toast la bouche ouverte. Et oui, mon deuxième prénom est 'Imperturbable' ! James-Imperturbable-Potter !

« Donc tu gères le pari plutôt bien maintenant ? » demande calmement Peter.

Euh...

« Ce n'était qu'une comédie avec Lily, c'est ça ? » suppose Remus.

« Je me suis presque noyé dans mon bain ce matin, mais à part ça, je vais très bien » Je souris avec difficulté et lève mes pouces en l'air. Et quand je dis que mes pouces sont levés en l'air, je veux dire qu'ils bougent. Et quand je dis qu'ils bougent, c'est qu'ils luttent pour se tenir dressés vers le ciel... Dans l'ensemble, mes mouvements de pouces se résument à deux poings serrés.

« Tu as besoin de te distraire » suggère Remus avec logique. « Ton esprit est constamment concentré sur le Quidditch, non ? Donc tout ce dont tu as besoin c'est de faire quelque chose qui t'empêchera d'y penser »

« Hmm » dis-je pour signifier que j'avais compris, alors qu'en réalité je n'ai aucune foutue idée de ce dont parle mon ami loup-garou. « Tout ce qui me vient à l'esprit, c'est la branlette, et je n'ai pas particulièrement envie de parler ça pendant le petit-déjeuner »

« Et quand est-ce qu'il y a une heure pour parler de branlette » demande Sirius, riant à moitié.

« Tu peux me donner des idées s'il te plaît ? » je demande, sans répondre à la question de Sirius. « Allez, il doit y avoir une sorte de substitut au Quidditch qui n'implique pas... jouer avec un manche » je finis avec embarras.

Alors que les garçons et moi restons assis en silence, Peter me frappe avec une expression triomphante.

« Rejoins moi dans la salle commune après déjeuner » sourit-il « J'ai un super hobby »

'Youpi' sans enthousiasme.

Attends, ça ne se fait pas James. Peter a peut-être un hobby génial !

... Pourquoi est-ce que j'ai peur que cet hobby implique d'une certaine manière un truc comme 'faire son coming-out' ?

Lily

« Où est-ce que vous étiez toutes les deux pour le petit-déjeuner ? » j'interroge Carly et Lauren, en les trouvant assise dans la classe de McGonagall pour le premier cours de la journée : Métamorphose. Elles me font de grands yeux comme si je les interrompais en plein milieu d'une séance de commérage. Elles me lancent des sourires nerveux pendant que je m'assois à côté d'elle, et je réitère, « Où vous étiez ? J'étais si désespérée d'être seule que j'ai dû manger avec le Préfet-en-Chef ! »

« Oooh, vous vous êtes donnés à manger ? »

Une fois que McGonagall a tourné le dos, je frappe Carly à l'arrière de la tête.

« Aïe » pleurniche-t-elle.

« Et bien, ça c'est pour dire tout haut ce que tu penses » je rétorque dans un murmure.

« Ecoute Lily » commence Lauren d'un ton ferme, bas et calme dans le silence de la classe comme tout le monde écrivait « Essaye de ne pas prendre mal ce que je vais dire ; c'est juste, on ne voulait pas être vues en train de manger avec toi »

« Comment je ne pourrais pas le prendre mal ? » je ne peux m'empêcher de dire d'une voix aiguë. McGonagall me jette ce regard étrange et je marmonne une excuse, me recroquevillant sur mon siège. Dès qu'elle se tourne de nouveau, je regarde Lauren en attendant une explication.

« On est au courant pour ton obsession de 'renifler les caleçons' » clarifie Lauren. « En fait, toute l'école est au courant »

« Je savais qu'ils savaient quelque chose ! » je grince en me souvenant de ce qu'il se passait dans la Grande Salle dès que j'éternuais. À la simple pensée d'éternuer, mon nez agit en conséquence et je pousse un petit cri sans pouvoir le retenir.

« Tu veux un mouchoir ou tu préfères la texture des sous-vêtements sur tes narines ? »

Une fois encore, je tape Carly, cette fois sur son front.

« Aïe » pleurniche-t-elle encore, en se frottant sa peau maltraitée.

« Tu ne devrais vraiment pas te foutre de moi alors que j'ai assez de secrets sur ton compte pour te faire du chantage jusqu'à la fin de ta vie, Carly »

Elle devient muette et je prend un air victorieux. C'est bon d'être moi.

« Vous savez que je ne renifle pas de caleçons, les filles »

« Bien, oui, techniquement » approuve Lauren faiblement. « Mais le problème c'est que le reste de l'école ne te croira pas »

Je grogne de frustration. « Qui l'a dit a tout le monde en plus, bordel ? » À la seconde où les mots sortent de ma bouche, je me sens bête de même demander.

Je jette un coup d'oeil au fond de la classe et repère le coupable dont la main reçoit des 'topez-là'.

James Potter, tu ne vivras pas assez longtemps pour voir le soleil se lever demain...

James

« Vous prenez des paris sur Le Pari ? » je toussote aux mots de Sirius, le regardant avec une expression incrédule. Il me sourit et me tape dans le dos en retour alors que nous nous mettons en route pour le déjeuner.

« Ouep » Il se frotte les mains l'une contre l'autre avec un regard calculateur. « Je vais rafler tout un tas de gallions. J'aurais assez d'argent pour acheter cette super moto volante ! »

« Bien sûr, Padfoot » je lève les yeux au ciel. 'Moto volante', mon cul. « Dis moi, juste par curiosité, qui est-ce qui gagne ? »

« La balle semble être définitivement dans ton camp » m'éclaire Remus, sortant un carnet de note de sa poche de robe. Je le regarde avec surprise.

« Tu es là-dedans aussi, Moony ? »

« Sirius n'est pas très bon en math »

J'essaye de jeter un coup d'oeil au carnet où apparaissent des nombres à propos des paris, mais il le rapproche de sa poitrine. « C'est privé, James »

« On peut te dire que les gens semblent penser que tu vas gagner » dit Sirius. « Surtout après ce qui s'est passé hier avec ton caleçon »

Attendez... Tout le monde est au courant pour ça ?

« POTTER ! »

C'est mon nom de famille. Ça, c'est sûr.

Attendez... C'est la voix d'une Lily en colère, non ? Rah, merde.

« Oh merveilleuse damoiselle aux cheveux roux - Ngaaaaauh » je m'interromps, alors que Lily Evans m'a plaqué contre un mur d'une main extrêmement forte. Elle a aussi des ongles tranchants, qui sont actuellement en train de percer ma peau.

Bien que je vois en ce moment ma vie défiler devant mes yeux tandis que ma vue devient floue et que je peux vaguement entendre mes Maraudeurs crier et lutter pour m'enlever à la poigne de Lily, je ne peux m'empêcher d'aimer cette position. Son corps est pressé contre le mien ; elle se recule avec horreur en se rendant compte de l'effet qu'elle a sur moi. Sa main se retire rapidement de mon cou et je tombe sur le sol, le souffle coupé.

« Sans vouloir être grossier ou quoi que ce soit mais, euhm, pourquoi as-tu fait ça ? » demande Remus, scandalisé. Je suis tout à fait d'accord avec lui.

« Tout le monde dans le château pense que je renifle des sous-vêtements d'homme ! » crie-elle, ses yeux lançant des éclairs meurtriers.

Oh. Ça.

« Je te promets que je ne leur ai rien dit, Lily » je me défends aussitôt. Subitement suspicieux, nos regards se concentrent de concert sur Sirius qui semblait s'éloigner avec précaution, un pas après l'autre.

« Euh » il rit nerveusement « Faut qu'j'y aille ! » Il se dépêche de sortir dans le couloir avant que Lily ne le tue, Remus et Peter se précipitant à sa suite. Lily leur lance des regards noirs ; une fois qu'ils sont hors de vue, elle me regarde avec encore plus de colère dans les yeux.

« C'est entièrement ta faute ! » m'accuse-t-elle. Juste au moment où elle pointe un doigt dans ma direction, elle éternue en faisant un adorable petit couinement de souris. Reniflant bruyamment, elle presse mon chiffon à lunettes contre son nez et répète « Entièrement ta faute » d'une voix étouffée.

« Je crois que c'est devenu assez évident que c'était celle de Sirius » je lui dis. « Sa fuite à ce moment précis ne te suffit pas ? »

« Il n'est pas assez près pour que je l'engueule ! »

Oh bien sûr, ma damoiselle aux cheveux roux, en voilà une super excuse.

« Ecoute, Lily, je suis vraiment désolé »

« Et bien, c'est super tout ça, mais pendant que tu es désolé, le château entier pense que j'aime sentir des sous-vêtements de garçons » Elle éternue de nouveau, suivi par un reniflement bruyant, et je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter et de me demander si elle renifle parce qu'elle pleure.

« Lily, je ferais n'importe quoi pour me faire pardonner, d'accord ? »

... Woah, ce sourire assez machiavélique est apparu plutôt rapidement sur son visage. J'ai affreusement peur.

« Bien, puisque tu te dévoues, James... »

J'espère sincèrement qu'elle va me demander de l'embrasser...

Lily

Je traîne James par le coude jusqu'au portrait de la Grosse Dame, et c'est assez dur de le faire bouger parce qu'il garde avec détermination ses talons scotchés au sol. Un vrai gamin.

« Pieds de Pygmée » j'essaye de dire, mais James plaque une main sur ma bouche et le mot de passe ressemble plus à 'Pfmmmhm'.

« Je n'ai pas tout compris, ma chère » dit le portrait.

J'arrive à donner un coup de coude dans l'estomac de James et sa main lâche ma bouche. « C'est quoi ton problème ? »

« Je ne veux pas le faire. J'ai changé d'avis » James semble nerveux, et ça me rend heureuse sans pouvoir m'en empêcher. « Je sais que j'ai dit que je te rendrais un service, mais je ne pense pas que je puisse faire ça »

« Tu vas le faire » dis-je d'un ton menaçant « Ou sinon, tu n'auras jamais d'enfant »

« Parce que tu ne voudras pas les avoir avec moi ? »

Oh Merlin, vous n'avez aucune idée de tous les efforts que je suis en train de faire maintenant pour ne pas le frapper.

« Non, parce que je vais te la couper

« Oh » Il a l'air déçu.

« Pieds de Pygmée » dis-je de nouveau, cette fois distinctement. Une fois que nous passons le portrait, nous trouvons la salle commune remplie d'étudiants, à mon plus grand plaisir.

« Vas-y » dis-je à James, poussant son dos du bout de ma baguette.

Il paraît réticent, mais finit par faire un pas en avant. Je l'observe monter sur une des tables de la pièce tandis que les autres le fixent avec confusion. Il place sa baguette contre son cou et, à l'aide d'un sort, augmente considérablement la tonalité de sa voix pour que tout le monde l'entende.

« Bonjour, mes amis Gryffondors. Je peux avoir un peu de silence s'il vous plaît ? » demande-t-il, rendant la pièce muette. Quelques individus chuchotent avec leurs voisins en le montrant du doigt.

Il sort un article de lingerie féminine de sa poche et tout le monde retient son souffle. « Comme vous pouvez le voir, ce sont des sous-vêtements de femme » déclare-t-il. Il me regarde directement dans les yeux, soupire, puis porte la lingerie à son nez, respirant une gigantesque bouffée. Tout le monde dans la salle commune sursaute, et je souris d'un air triomphant.

« Comme vous pouvez le voir, je viens de renifler des sous-vêtements de femme. Apparemment, j'aime le faire quotidiennement. Je vous prie de ne pas vous empêcher de faire de moi un paria et de vous moquer de moi à cause de ce secret qui n'en est plus un » Je hoche la tête dans sa direction, et il soupire, continuant impassiblement « Je voudrais profiter de cette opportunité pour affirmer que Lily Evans n'aime pas renifler des sous-vêtements d'homme »

« La déclaration susmentionnée est vraie » je confirme, alors que tout le monde me regarde.

« Je vous conseille également à tous de communiquer le plaisir que j'ai d'inhaler le parfum des sous-vêtements féminins à tous ceux que vous connaissez, pour que le secret soit révélé à tous et que ma réputation de Maraudeur intègre soit complètement flinguée et piétinée par un semi-remorque » Toujours de sa voix indifférente, il ajouta « Passez une bonne journée, reprenez s'il vous plaît vos activités quelles qu'elles étaient »

Il descend de la table et la pièce est soudain emplie de remue-ménage et de bavardage, et je remarque quelques commères de la gente féminine se précipiter hors de la salle commune pour raconter le 'secret' de James à leurs amis des autres maisons, je suppose.

« J'espère foutrement que tu es heureuse » grogne James, une horrible grimace sur le visage.

« Extrêmement » lui dis-je. « Maintenant, rend-moi mon sous-vêtements s'il te plaît, si tu veux bien »

James fait la moue. « Ça n'est que je justice que je puisse le garder... »

Et ce fut ces derniers mots avant que je ne le castre.

... Pas vraiment, parce que je n'ai pas envie de le toucher - peu importe le sentiment de satisfaction intense que je puisse tirer de la castration - donc à la place je le fusille du regard et marche sur ses orteils.

« Très bien » abandonne-t-il en me rendant ma culotte. « Jolie couleur, au fait »

« Ouais, c'est ça » dis-je en rougissant, et en essayant de ne pas mémoriser le fait que James aime le violet. Je tourne les talons et sort de la tour de Gryffondor avec dignité.

James

En regardant le dos de Lily qui battait en retraite hors de la salle commune, je me souris à moi-même.

Comme si je ne possédais pas déjà en secret des sous-vêtements de Lily...

Hé hé...

« Bordel, mais pourquoi t'as fait ça ? »

Je cessais de glousser en voyant Peter lorgner sur moi. J'ai le sentiment que beaucoup vont se mettre à me dévisager après ce qu'il vient de se passer, et que je recevrais surtout des regards coquins venant de la population féminine de Poudlard.

« Ne pose pas de questions, Wormtail » je soupire, subitement déprimé.

« Je suis tout de même content que tu ai pu venir, Prongs ! »

Je hausse un sourcil confus « Hmmm ? »

« Je voulais te parler de mon hobby » me rappelle Peter.

Ah, oui. Ça. J'avais un peu oublié - et j'exagère à peine sur le 'oublié'- et j'espérais pouvoir 'accidentellement' échapper à la découverte du hobby de Peter. Pour être honnête, je suis un peu inquiet de ce qu'il fait pendant son temps libre.

Il me fait m'asseoir sur le canapé le plus près de la cheminée, l'air enthousiaste. Je me tortille sur mon siège. Souriant, il sort quelque chose de derrière son dos et me le tend.

J'ai devant mes yeux... de la laine.

Hmmm. Est-ce que j'ai le droit d'avoir peur maintenant ?

Attendez... Et il y a également des aiguilles à tricoter.

Là j'ai peur.

« Ne t'emballe pas trop vite » me conseille Peter.

« Ton hobby... » Je n'arrive pas à saisir ce qu'il se passe, et je le regarde en clignant des yeux, plusieurs fois. « Ton hobby... c'est de tricoter, Wormtail, comment je pourrais m'emballer à propos de quelque chose que ma grand-mère fait lors de chaque foutue heure de la journée ? »

Il secoue un doigt devant moi. « C'est vraiment une vision stéréotypée que tu as du tricot, tu ne crois pas ? »

« Non, ma grand-mère tricote réellement, et ma mère aussi. Je reçois toujours la double de dose de pulls tricotés à chaque Noël et je les partage avec vous trois » Je désigne le pull-over qu'il porte en ce moment. « Comme celui-là, c'est moi qui te l'ai donné »

« Et il est ravissant » commente-t-il, et tout ce que je peux faire c'est battre des paupières.

« Peter, c'est quoi ce bordel ? » dis-je sans détours.

« James, tu voulais quelque chose pour te distraire, non ? » J'acquiesce faiblement. « La solution, c'est le tricot ! » dit-il, d'une manière qui sous-entend que j'ai été stupide de ne pas y avoir pensé plus tôt.

« C'est une blague, c'est ça ? » dis-je avec incertitude.

Peter me regarde intensément avec une expression très sérieuse sur le visage. « Tu vois quelqu'un rigoler en ce moment ? »

« Ce mec là-bas, mais je pense qu'il se marre à cause de ce que j'ai annoncé tout à l'heure quand j'étais debout sur la table » dis-je, d'humeur lugubre à nouveau.

« James, fais-moi confiance, tricoter va te faire totalement oublier le Quidditch »

« Vraiment ? »

« Vraiment »

Et bien, je n'ai aucune autre option. Je suis désespéré. Je suppose que je peux toujours essayer, hein ?

« Bon, d'accord » j'abandonne, en remuant les doigts. « Le tricot a intérêt d'être un minimum plaisant ou je recommencerais à jouer avec mon manche »

Tout à coup, Peter prend un air inquiet. « James, tu es sûr que tu vas pouvoir gérer ça ? Le tricot est un sport plutôt dangereux »

« Tu te moques de moi ? »

« Certains ont perdu leurs yeux » murmure-t-il. Il prend l'aiguille à tricoter et la pointe vers son œil, mimant un hurlement d'angoisse.

« Ne t'inquiète pas, je n'ai pas l'intention de faire ce genre de chose » je le rassure.

« C'est que disait Steven »

« Steven ? »

Steven - qui d'après mon hypothèse est devenu aveugle après un accident de tricot - n'a pas la chance d'avoir son histoire racontée par Peter, puisque Wormtail est en train de me montrer sa collection d'écharpes tricotées.

La nuit va être longue.

Lily

« Ma fin est proche » dis-je à mes amies, étalée sur le 'fauteuil de l'amour' (comme Lauren aime à les appeler) de la tour des Préfets-en-Chef. Le chiffon à lunettes de James est actuellement pressé contre mon nez. L'odeur de pêche m'apaise, mais mes amies ignorent ce fait.

« Ça sera donc la première fois qu'un rhume aura tué quelqu'un »

Je fusille Lauren du regard pour une telle répartie. Comment ose-t-elle se moquer des malades !

... Enfin, des mourants !

« Lily, je ne pense pas que je puisse supporter tes reniflements- »

Je renifle prestement, juste pour l'embêter.

« -Une seconde de plus » finit Carly, levant les yeux au ciel. « On s'en va » Elle se désigne elle et Lauren d'un geste de la main. « On te voit demain, d'accord ? »

« Mes amies m'abandonnent lors des dernières heures où j'ai besoin d'aide ! Lors de mes derniers heures ! »

Vous voyez à quel point je peux être mélodramatique ? Vous voyez ?

« Guéris vite, ma chérie » Lauren me tapote gentiment l'épaule, avant de sortir par le portrait avec Carly.

Je soupire dans cette pièce vide.

Ce n'est pas drôle d'être malade quand on est seule.

Soudain, j'entends le portrait s'ouvrir et quelqu'un entrer, et je ferme rapidement les yeux, pensant qu'il s'agit de Lauren et Carly, et feignant d'être morte pour qu'elles se sentent coupables de ne pas avoir été à mes côtés durant mes dernières secondes avant de passer l'arme à gauche.

James

Je passe par le portrait de la tour des Préfets-en-Chef, des heures après m'être 'éclaté à tricoter' avec Peter, les mains pleines de laines et d'aiguilles (Merlin aide moi, dans quelle merde je me suis encore fourré...). Mes yeux sont immédiatement attirés par Lily couchée sur le canapé.

Elle est soit morte, soit endormie.

... Ses joues sont trop colorées pour qu'elle soit morte. Et son odeur n'a rien à voir avec celle des morts. Ou des fantômes.

En faisant le moins de bruit possible, je m'approche du canapé et la contemple, observant sa poitrine se soulever et s'abaisser. Ses bras ont l'air d'avoir plein de petites bosses avec des poils dessus qui se dressent vers le ciel. Elle doit avoir froid.

J'invoque une couverture avec ma baguette et l'en recouvre délicatement, m'assurant de ne pas non plus la réveiller. Ses cils vacillent un peu, mais je pense qu'elle ne fait que rêver.

C'est dans ces moments là où j'aimerais qu'elle soit mienne. Pas mienne, comme ma propriété, mais - au risque de paraître cliché - comme ma copine. Je lui cours après depuis trop longtemps. Je me dis qu'un jour j'abandonnerai mes tentatives de la conquérir, mais qu'à ce moment-là, ce sera elle qui me suppliera de l'aimer.

Mais il y a un risque qu'elle ne s'intéresse jamais à moi. Il y a un doute enfermé à double tour, caché bien profondément en moi, cette peur que le jour où je lui dirais enfin 'J'abandonne', elle ne fera rien, et dira quelque chose de sarcastique et d'indifférent comme 'Tu en auras mis du temps', et je la détesterais, du plus profond de mon être je la détesterais, sauf que je ne veux jamais détester Lily Evans parce qu'elle représente tout ce qu'il y a de bien dans ce monde sorcier qui dérape.

Je regarde son visage endormi un peu plus longtemps, avant de me pencher et de balayer délicatement de mes doigts sa frange emmêlée. Je l'embrasse doucement sur le front - avec mes yeux fermés, parce que c'est un moment tout ce qu'il y a de plus vrai.

Presque instantanément, ses yeux s'ouvrent.

On dirait que Lily ne dormait pas finalement.

Je m'attends à une gifle, un coup de pied peut-être. Pourtant, elle ne fait rien, il n'y a que ce regard insondable avec ces yeux verts qui me pétrifie toujours. Je hausse les épaules en réponse, souriant faiblement.

Tout en resserrant la couverture autour d'elle, elle souffle « Merci. Pour la couverture, je veux dire »

Mon sourire se tord, comme s'il était passé par plusieurs miroirs et s'était réfléchi à travers des fenêtres, et je souffle en retour « Bonn' nuit »

Droit sur mes pieds, j'arrive à jongler avec mes affaires de tricots et me rend à mon dortoir.

Le désir qui brûle en moi n'a jamais été aussi clair qu'en cet instant précis.

Je dois gagner.


Pour ceux qui veulent la traduction de la chanson de Marvin Gaye, la voici, directement prise d'un site de traduction : "Avec de l'amour tendre et de la dévotion, Touchant profondément mon émotion, Je veux m'arrêter et te remercier chérie, Qu'il est bon d'être aimé par toi"

A la semaine prochaine pour le chapitre 8 !