Bonsoir ! Désolée pour les quelques jours de retards, j'avais la flemme de relire. Un gros merci à vous tous pour vos reviews, je vous répondrais dans la soirée je pense. En ce moment j'ai plus trop de temps pour écrire ou traduire donc ne vous attendez pas à de la régularité de ma part. J'espère que ce chapitre vous plaira !
Sur ce, Bonne lecture !
Chapitre Huit : Echarpe... ou lasso ?
James
Nous sommes jeudi : Quatrième jour du pari. Vous savez ce qu'il y a d'habitude le jeudi ?
Entraînement de Quidditch.
... Excusez-moi, je vais aller m'ouvrir les veines à présent-
« James »
... Bon, quand Remus aura fini de me parler.
« Nous sommes en plein cours » continue-t-il, au milieu de l'heure de Sortilèges, de son habituel ton d'adulte perspicace, « Tu peux me dire ce que tu es en train de faire ? »
Je me tourne vers lui avec une expression perplexe. « À ton avis, on dirait que je fais quoi, Remus ? » je lui demande, d'une voix sarcastique.
« On dirait que tu es en train de tricoter en plein cours »
« Cette supputation est correcte »
Remus me regarde avec ébahissement. « Pardonne-moi, est-ce que j'ai atterri dans un univers parallèle, où tu aurais adopté les caractéristiques d'une vieille femme sénile ? »
Multitâche, je continue de tricoter tout en parlant, et les fils de laine s'entrelacent et forment des boucles. C'est un véritable art, comme je l'ai découvert. « Tu voudrais une écharpe de quelle couleur, Moony ? J'en ai tricoté une bleue à Sirius » On entend régulièrement un petit bruit sec et aigu à cause des aiguilles qui s'entrechoquent. Avec une dernière boucle, je termine l'écharpe de Sirius, mets les aiguilles de côté et l'enroule autour du cou de Sirius. Bien que Sirius semble légèrement terrifié par mon nouvel hobby, on dirait également qu'il est content d'avoir reçu un cadeau.
« Ça cachera les suçons » dit virilement Sirius, comme si le fait que je lui offre quelque chose ne devait en rien ressembler à un épisode touchant (alors que c'est plus qu'évidemment le cas. Padfoot m'aime, et qui peut l'en blâmer ?). « Précision rapide : les suçons viennent des filles »
« James » Remus se penche vers moi avec ce qui semble être de l'inquiétude, pendant que je fouille parmi mes laines de couleur dans mes poches de robe. J'ai toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. « Est-ce que tu as dormi hier ? Tes yeux sont rouges et tout bouffis »
« Non, j'ai tricoté pendant huit heures sans m'arrêter » je réponds avec désinvolture. Excepté que mon manque de sommeil n'est pas considéré sans intérêt.
Remus s'étouffe de surprise « Quoi ? Tu es complètement fou ? »
Je cesse de tricoter pour lui donner un regard plutôt vide. « Monny, je tricote, je n'ai pas arrêté de tricoter depuis hier soir, et je suis plutôt sûr que je vais continuer de tricoter jusqu'à ce que mes mains saignent. Des guérisseurs de Sainte-Mangouste prévoient de m'interner un de ces jours, dans un futur proche » Quelques bruits d'aiguilles plus tard, je termine l'écharpe émeraude de Remus et l'enroule autour de son cou tandis qu'il bredouille avec confusion.
« C-comment tu as... Tu as seulement commencé cette écharpe il y a une minute ! Comment tu as fait pour finir une écharpe entière en si peu de temps ? » geint Remus. Je hausse les épaules sans conviction, et commence l'écharpe jaune de Peter.
« Ses talents au tricot sont exceptionnels » j'entends dire Peter avec admiration. « Il a des mains dignes d'un Dieu du Tricot » Un 'Dieu du Tricot' dit-il ? Ce titre me plaît plutôt pas mal.
« Et bien, qui ne deviendrait pas exceptionnellement doué au tricot s'ils y avaient passé huit heures sans coupure » toussote Sirius. Je ne pense pas qu'il aime toute l'attention divine qui m'est adressé. « Enfin quoi, je pourrais tricoter » poursuit-il, « mais je n'en ai pas envie... »
« Bien, heureusement que des gens comme les Guérisseurs n'ont pas ton attitude, 'je pourrais soigner mais je n'ai pas envie de soigner' » dit Remus à Sirius en levant les yeux au ciel.
« Mr Potter ? »
J'entends une voix ferme, claquante, qui je suppose appartient au professeur, mais je ne peux pas les voir, je ne peux pas les entendre. Tournant ma chaise sur la gauche pour que je n'ai plus à faire face au reste de la classe, je regarde par la fenêtre en continuant inconsciemment de tricoter l'écharpe de Peter.
« Potter ? »
Contente toi de tricoter, Prongs. Si tu t'arrêtes de tricoter, tu vas penser au Quidditch, et si tu penses au Quidditch tu vas probablement finir par y jouer, et si tu joues au Quidditch tu perdras le pari, et si tu perds le pari tu perdras Lily, et si tu perds Lily tu vas probablement mourir parce qu'elle est comme le jambon dans un sandwich au jambon, et tu es comme le pain, et elle est appétissante comme jambon, et délicieuse et nécessaire pour compléter le sandwich au jambon, puisqu'elle est le jambon, et elle te complète, et parfois il y a des jours où son visage prend la couleur du jambon et-
« Potter ! » Je suis forcé d'affronter le professeur car Remus, avec son pied très flexible, a tourné mon tabouret vers le devant de la salle de classe. « Pourriez-vous s'il vous plaît m'expliquer ce que vous faites ? »
Tout d'un coup je suis plutôt embarrassé d'être récemment tombé dans cette obsession du tricot - et je suis embarrassé d'être embarrassé parce que je ne devrais pas être embarrassé. Je me fiche de l'exposer à mes Maraudeurs ; Sirius aime câliner des peluches toutes douces, et Remus aime regarder des femmes dénudées dans des magazines (... okay, ça je l'ai inventé, mais franchement, quelqu'un qui lit autant devrait expérimenter son hobby dans le domaine de la pornographie !). Mon visage rougit, ce qui n'est pas très séduisant sur moi, mes mains sont occupées par la laine et les aiguilles à tricoter se glissent lentement sous le bureau pour se cacher des yeux curieux de la classe de Sortilège.
« Ri-en » je répond avec légèreté au professeur, bien qu'il est évident que je fais quelque chose puisque j'ai bien détaché le mot « rien » en deux syllabes. Stupide Prongs !
« Quel que soit ce que vous faites avec vos doigts, rangez-moi ça » ordonne-t-il.
Je réalise que, pour le reste de la classe, mes mains positionnées sous le bureau de cette manière, au niveau de mon entrejambe, peut sacrément porter à confusion. Lily me lance un regard étrange. Ce qu'elle pense de moi est ce qui compte le plus, pour être honnête.
« Qu'est-ce que vous faites exactement là-dessous, mon garçon ? » demande le professeur, brusquement mal à l'aise. Je préférerais qu'il ne le soit pas, puisque la classe se pose maintenant des questions ; ils pensent automatiquement que mes mains font, sous la table, quelque chose de tout sauf hygiénique.
« Je vous assure, professeur, c'est productif » Je me force à sourire. J'entends quelqu'un vomir un peu dans sa bouche. C'est peut-être moi, ou cette blonde là-bas dont le visage devient d'un vert peu naturel.
« Je préférerais que vous exécutiez vos, euh, activités 'productives' en dehors de la classe, merci bien » Sur cette remarque, le professeur échange un regard nauséeux avec la classe, avant de continuer le cours.
Un Préfet-en-Chef ne peut pas subir tant d'humiliation en une semaine, par Merlin. Mes camarades m'ont vu me planter une plume dans l'œil, pleurer, et ont cru qu'au lieu de tricoter, je jouais avec mon... manche.
Avec un soupir, je termine l'écharpe de Peter et la noue autour de son cou.
« Enlevez ces écharpes ! » aboie rapidement le professeur.
Le tricot est un talent si peu apprécié à sa juste valeur de nos jours.
Lily
« Ton rhume est parti alors, Lily ? » dit Carly, excepté qu'elle a une pomme de terre entière dans sa bouche en même temps, donc sa question a plus l'air de : « Cmffff gmmmfph- » suivi d'une toux plutôt sérieuse.
« Presque » je lui dis en lui tapant dans le dos et de ce fait lui sauvant la vie. Je suis la plus meilleure - attendez, 'plus meilleure' n'a pas vraiment de sens... Je suis la meilleure amie qu'une sorcière puisse avoir ... ? Je pense que ça, c'est grammaticalement correct. Je demanderai à Remus plus tard.
« Pourquoi tu gardes ce tissu pourri avec toi ? » me demande soudain Lauren. Mon regard se pose sur le chiffon à lunettes de James qui se froisse dans ma main. Même si mon rhume disparaît, je ne peux pas m'empêcher de le garder - comme une minuscule couverture de sécurité.
« Ça sent la pèche » lui dis-je en espérant que cette excuse lui suffira.
« Comme ma tante Georgia, mais tu ne me vois pas la renifler toutes les deux minutes » me répond Lauren sèchement. Je n'avais pas réalisé que je le reniflais aussi souvent, et aussi publiquement... Ça n'est pas bon.
« Alors, James a remplacé le Quidditch en jouant avec son manche, c'est ça ? » dit Carly, une fois que la pomme de terre est descendu dans son œsophage. Je me souviens de ce qu'il s'est passé en Sortilèges ce matin et secoue la tête.
« Il n'était pas en train de... 'jouer avec son manche' » Je déteste utiliser une phrase si bizarre. « Il tricotait » j'explique, en me rappelant de la nuit dernière dans nos appartements. D'une certaine manière, le fait que James tricote est moins sensé que s'il jouait effectivement avec son manche...
« Pourquoi il tricote ? » demande Lauren, me rejoignant dans ma perplexité.
« Il tricote probablement quelque chose pour Lily » dit Carly, comme si elle suggérait que sauter de la tour d'Astronomie serait une expérience plaisante. « C'est probablement un cadeau de mariage-»
NON.
« -pour James et Lily- »
NON NON.
« -quand ils se marieront... » Carly remarque mon regard meurtrier et baisse un peu le ton « Tous les deux ? » termine-t-elle faiblement. Je m'empare de ce qui est le plus près de moi et la transforme en arme. « Oh Merlin, Lily, pose cette patate ! »
Je ne vais jamais jusqu'au bout de mes menaces, malheureusement ; je suis trop gentille comme fille ; alors je relâche dans mon assiette en or la pomme de terre que j'allais enfouir dans la gorge de Carly.
J'essaye de me remettre à manger, mais mes maudites narines semblent être attirées par la force magnétique que représente cette sublime odeur de pêche du chiffon à lunettes de James, et c'est tellement, tellement mal. Je ne peux pas finir un plat ou un dessert sans avoir l'envie de me rappeler ce parfum de pêche. Je suis arrivée au point que je me demande si tous les habits de James sentent la pêche, et si je pourrais voler un de ses vêtement sans me faire prendre, et à ce moment-là je me rend compte que je suis visiblement devenue folle et je regarde la sauce dans mon assiette et je vois encore ses yeux.
On mange trop de choses marrons à Poudlard.
Je me lève de la table des Gryffondors tandis que Carly et Lauren s'étouffent littéralement avec leur nourriture ; je suis normalement la dernière à table pour le dîner parce que je mange tellement lentement que le temps s'arrête pendant que j'épanche ma faim. « Veuillez m'excuser car je dois » je fais une pause, cherchant une excuse plausible, « ... réfléchir au sens de la vie ? »
« Tu vas faire caca » clame Carly puérilement.
« Oh par Merlin, ne me laisse pas avec elle, Lily » me supplie Lauren, s'accrochant à mon bras avec des yeux désespérés.
« Je mérite au moins un rire pour ça » dit Carly, boudant car elle n'a reçu aucun applaudissement, « Même les patates rient ! Regardez, regardez ! » Elle remue sa fourchette.
« Les patates ne rient pas ; tu ne fais que les piquer avec ta fourchette pour les faire bouger, et en plus c'est toi qui rigole » la réprimande Lauren.
« Oh Lauren, tu es tellement rasoire ! »
Incapable de subir plus longtemps le comportement amusant mais ennuyant de mes amies (je n'arrive pas vraiment à les supporter très longtemps), je détale en direction de la librairie, à la recherche de conseils de mon perspicace ami masculin.
Je l'appelle comme j'en ai l'habitude, 'Reeeeemus', en jetant un coup d'œil à travers un espace vide dans la bibliothèque. J'aperçois une portion de ses cheveux qui disparaît au détour d'un couloir de livres, et vous pourriez penser qu'il se cache de moi ou quelque chose comme ça ! Comme si ma compagnie était désagréable !
« Remus » Je le coince finalement dans un secteur isolé entouré d'étagères de livres, un peu ennuyée d'avoir dû le pourchasser. Malheureusement, Sirius est avec lui. « Dégage » dis-je brusquement au garçon.
« Lily » me réprimande Remus avec un regard déçu. Je soupire et dis à Sirius, plus poliment, « Casse-toi »
« T'es plutôt malpolie, tu sais ça ? » dit Sirius en se levant de sa chaise, que je lui vole prestement.
« Ça va avec les cheveux roux, j'en ai peur. Maintenant pars, espèce de voyou » j'essaye de le chasser. « Disparaît »
« D'accord, d'accord ! » se vexe Sirius. « Je vous laisse toi et Remus pour que vous puissiez encore parler de James » Il part avec un petit sourire et je me tourne immédiatement vers Remus avec un regard furieux.
« Tu lui as parlé de nos conversations sur James ! » j'explose, silencieusement, puisqu'on est dans une bibliothèque, après tout.
« Je ne lui ai rien dit, il a seulement bien deviné et je n'ai pas démenti »
Bien que je sois vraiment de mauvaise humeur, je n'ai pas envie de gronder Remus parce que ça le rendrait légèrement remonté et ensuite on ne pourra pas parler de James, et il est le seul avec qui je peux vraiment parler de James...
« Est-ce que « la plus meilleure », ça se dit ? »
Son menton reposant dans la paume de sa main, il secoue la tête tout en gloussant d'amusement.
« C'est bien ce que je pensais » dis-je calmement.
« Lily, je crains de devoir commencer à te faire payer pour ces séances de thérapie » Naturellement, ce commentaire m'offense un peu.
« Pourquoi faire payer une discussion entre amis, Remus ? » dis-je innocemment, en évitant son regard.
« Parce que nous ne discutons pas en totale équité ; tu parles de James sans t'arrêter pendant que je hoche de la tête occasionnellement ou qu'une onomatopée sort de ma bouche »
« Ce n'est pas vrai ! » je proteste.
« Si, c'est vrai, et je dois avouer que ces 'discussions' deviennent plutôt inutiles alors que tu pourrais mettre fin à ce non-sens dès maintenant et sortir avec lui- »
« Oh, non, non, non, non » je refuse rapidement, secouant la tête.
« Oh, bien sûr » Remus utilise sa voix sarcastique, et je me renfrogne. « Parce qu'évidemment, il ne te plaît pas malgré le fait que tu parles de lui, à moi, tout le temps - et pour quoi si je puis me permettre as-tu besoin de conseil aujourd'hui lors de cette petite séance de thérapie ? »
Je deviens rouge écarlate et cogne ma tête contre un livre « Je pense trop à James » je lui réponds.
« Je ne l'avais pas du tout vu venir » se moque Remus. Argh, avec un sourire de Sirius Black aux lèvres ! J'ai envie de le lui arracher à coup de couteau à pain !
« Je ne comprends pas, Remus » je bredouille, en m'éventant avec le livre pour tenter d'arrêter de rougir, « Depuis que le pari a commencé, il est presque devenu... agréable »
Remus rit. « Agréable ? On parle bien du même type là ? Celui qui une fois a pété dans un oreiller et l'a pressé contre mon visage- »
« Vraiment Remus, on n'est pas en train d'avoir une séance de Souvenirs-De-Maraudeur » dis-je d'une voix tranchante. Il y en a eu déjà trop, de ces séances. J'en sais beaucoup trop sur ces garçons.
Remus prend le livre que je remuais dans mes mains parce qu'il aime les livres et que ce que je fais est moralement un péché dans son esprit, de plus j'ai probablement enfreint une des règles de la bibliothèque.
« Lily, est-ce qu'être attiré par James Potter peut vraiment être si grave ? »
« OUI » dis-je immédiatement.
« Attend » Remus se gratte le menton « Laisse-moi le reformuler : est-ce qu'être attiré par James Potter peut mettre ta vie en danger ? »
« OUI »
« ... Laisse-moi encore essayer : être attiré par James Potter, ce n'est pas si grave » recommence-t-il.
« SI. ÇA L'EST »
Je le fixe tandis qu'il secoue la tête à mon attention, d'une manière qui me rappelle celle d'une figure paternelle qui serait déçue en quelque sorte. « Ecoute le philosophe sage que tu as devant toi : annule le pari, cesse de faire attendre un James si misérable et donne lui une chance »
Je me mords la lèvre tout en pleurnichant « Mais le pari est commencé à présent. Ça n'a aucun intérêt de l'annuler ; pas question de- »
« Bien sûr que si, il te suffit de dire un mot, le pari est annulé, et vous pouvez vous sauter dessus comme les lapins que vous êtes pendant que nous vomissons notre dernier repas ! »
Har, le jour où je sauterai sur James publiquement sera celui où les Niffleurs voleront et chieront à la surface des nuages.
« On ne peut pas, Remus » lui dis-je avec entêtement « Ce pari... Ce pari est décisif. Quel qu'en sera le résultat, ça prouvera si James et moi sommes faits pour être ensemble ou pas. S'il perd, c'est que notre relation ne doit pas arriver » Ma voix sonne un peu triste à la fin de cette phrase, ce qui ne me plaît certainement pas. « C'est un pari sur l'avenir »
« Un... un pari sur l'avenir ? Lily, c'est un pari à propos d'un sport stupide et de rendre quelqu'un chauve ! C'est ridicule et complètement idiot ! »
« Hey ! » j'éclate en cognant mon poing serré sur le bureau « Ne te moque pas du pari ; c'est moi qui l'ai créé ! »
« Oh nom d'une chouette, j'abandonne » dit Remus avec une voix que je devine exténuée « Que James Potter te plaise, ou non, ou que tu n'arrives pas à arrêter de penser à lui ; ce n'est pas mon problème, Lily. Débrouille-toi toute seule avec toi-même »
Je m'écrie « Remus ! »
« Quoi, 'Remus' ? » Il me lorgne du regard, levant ses mains vers le ciel « Je ne sais pas ce que je suis censé dire- »
Je tire sur sa manche et la secoue. « Aide-moiiiiiiiii » je supplie, assez pathétiquement, mais personne n'est là pour témoigner de ma nature pathétique excepté les livres.
« Mais comment suis-je censé t'aider ? »
« Donne-moiiiiiiii » Je secoue sa manche un peu plus fort « Un nouveau cerveaaauuuuu pour que j'arrête de penser à luiiiiiiii... »
Je ne sais pas pourquoi je continue de prolonger les mots. J'avoue que c'est drôle, et ça rajoute du pathétique à mon comportement.
« Je ne suis pas qualifié pour exécuter des transplantations de cerveau, j'en ai peur » rétorque Remus.
« Très bien ! Très bien, ne m'aide pas ! » je boude « Je ne suis pas venue pour James de toute façon » je renvoie minablement.
Remus hausse un sourcil. « Ah non ? »
« Si ! Je veux dire : non, ça n'a rien à voir. Je suis seulement venue pour te demander si l'expression 'la plus meilleure' avait du sens- »
« Ce qui n'est pas le ca » me coupe Remus.
« Voilà » j'approuve « Et... et- »
« Et quoi ? » m'incite Remus
« Et... Et pour te demander... Si... Tu pouvais me prêter un marque-page » Je baisse les yeux et regarde mes pieds.
« Tiens » Remus m'en tend un très vite ; il doit avoir un stock de rechange tout près. « Regarde » Il montre le marque-page. « Il y a un chat dessus. Tu le vois ? »
« Oui »
« Tu vois le chat ? »
« Oui. Oui, je vois le chat »
« Le chat est marron »
« Oui, il est marron »
« Est-ce que cette couleur te rappelle James de n'importe quelle façon ? »
Je fusille Remus du regard. « Non, ça ne me rappelle pas James » Je grince entre mes dents, tandis qu'il prend un air incroyablement amusé. « Bonne journée, Remus »
« Pourquoi tu renifles encore le chiffon à lunettes de Ja- »
« J'AI DIT : BONNE JOURNEE ! »
James
Oh doux Merlin.
Je n'ai plus de laine.
Il n'y en a plus du tout ; zilch, zero, nil, RI-EN.
Mes poches de robe sont complètement dépourvues de laine.
Excusez-moi, je vais aller pleurer à présent-
« James »
... Bon, quand Sirius aura fini de me parler.
« Mec, je suis extrêmement inquiet à ton sujet » dit-il en m'emmenant dans un coin de la salle commune. J'acquiesce pour qu'il sache que je l'écoute, tout en entrechoquant mes aiguilles à tricoter. Ça fait un bruit de raclement que nous trouvons tous les deux un peu flippant, et je peux voir Sirius noter intérieurement de m'envoyer à Sainte-Mangouste après cette conversation. De plus, il a écrit 'envoyer James à Sainte-Mangouste après cette conversation' sur le dos de sa main.
« Ce truc du tricot » poursuit Sirius « Je ne dis pas que c'est mal, je veux dire, j'aime bien ma nouvelle écharpe » Il tire sur le bout de son écharpe bleue et sourit comme un enfant tout gentil et innocent, puis redevient - héhé - sérieux de nouveau (1) « Mais vraiment, ça détruit toute ton image de Maraudeur »
Une image qui dit quoi ? Que nous sommes un groupe d'imbécile ; craignez-nous !
Pour le bien de Sirius, je vais garder un comportement normal pour ne pas qu'il s'inquiète.
« LAINE ! »
... oh, bordel de zut.
« De quoi ? » dit Sirius, me regardant de haut en bas après mon cri. Il est trop tard maintenant ; je ne peux pas faire semblant d'être 'normal' plus longtemps.
« J'ai besoin de laine » lui dis-je, en l'attrapant par les épaules. « T'en as sur toi ? T'en as ? T'en as t'en as t'en as- »
« Et bien, si tu me laissais le temps de répondre, je pourrais t'informer que non »
« Tu en as sûrement ! » Je le secoue par les épaules de nouveau. « Pourquoi tu me le caches ? Hein ? HEIN ? » Je repère un fil élimé qui dépasse du col de sa robe et mes yeux s'illuminent de joie. « Laine de substitution ! » je m'écrie en tirant sur le fil.
« Laine de quoi- ? Aïe ! Aïe, mais qu'est-ce que tu fous, abruti ? Prongs, espèce de cinglé - aïe, cette robe est neuve ! Barre-toi ! Prongs, barre-toi ! »
Je continue de tirer sur le fil et finit par avoir rapidement un petit paquet de fil dans ma main, alors que Sirius hurle « MA NOUVELLE ROBE » d'une voix aiguë et en colère. Il me pardonnera plus tard. Je lui tricoterai un nouveau pull, ou un autre truc dans le genre.
« Wormtail ! » j'entends Sirius crier, tandis que Peter essaye de s'échapper à travers le passage du portrait. « Wormtail, regarde ce que tu as fait à Prongs avec ton stupide hobby de grand-mère ! »
Peter s'arrête devant le portrait, l'air presque offensé. « Ce n'est pas un hobby de grand-mère ! » se vexe-t-il. « Tu trouves que j'ai l'air d'une grand-mère ? »
« Si tu ne ramènes pas James à son état normal, ton visage va ressembler à celui tout ridé d'une vioque, parce que je t'aurai frappé » menace Sirius. Je continue de glousser avec frénésie alors que je tire plus de fil de la robe de Sirius, tandis que je tombe par terre à cause de ma personnalité loufoque actuellement instable - à la fois dans le sens d'état d'esprit et d'équilibre physique. Aussitôt, Sirius s'assoit sur mon estomac, et Peter me surplombe avec un air d'expert.
« Je l'avais vu venir » dit Peter. « Je savais qu'il n'était pas prêt pour le tricot »
« Et bien, c'est merveilleux, Pete, juste génial. Ce que tu dis aide vraiment la situation » ronronne Sirius.
Peter utilise sa baguette pour éclairer mes pupilles d'une lumière aveuglante, tout en écartant mes paupières de ses doigts, comme si j'étais examiné par un Médicomage.
« Il a la Maladie du Tricot » conclut Peter. « Exactement ce qui est arrivé à Steven » Oh Merlin, dites-moi qu'il n'a pas encore évoqué ce légendaire tricoteur Steven ! S'il parle de ce mec encore une fois, je vais me lancer un Avada Kedavra...
« LAINE » je crie avec incohérence, « LAINE ! »
« Prongs, tais-toi » siffle Sirius, « Tu es en train de faire une scène ! »
Franchement, je m'en fiche. Pendant que Sirius utilise les muscles de ses fesses pour me percer les côtes, je fais un signe de la main à mes camarades Gryffondors de la salle commune et ils me répondent gaiement de la même manière. Bien sûr, ils portent tous des écharpes ou d'autres sortes de vêtement que j'ai tricoté. J'ai tricoté quelque chose pour chaque personne de ma maison. Ne suis-je pas un amour ?
« LAINE ! »
« Tu réalises évidemment que la laine ne va pas subitement apparaître parce que tu cries ce mot du plus fort que tu peux » remarque Sirius. Ce qu'il dit est vrai, jusqu'à ce que je réalise que je suis un sorcier et que je peux utiliser la magie ! Hourrah !
Attrapant ma baguette dans ma poche, je la sors et la pointe dans les airs. « Accio laine ! » je crie avec délice.
Sur ce, de la laine surgit de toutes les directions - malheureusement, pas la laine que je voulais. Ce n'était pas la laine qui était déjà autour des cous ou sur des torses que je voulais - comme des écharpes ou des pull-over. Après quelques brefs hurlements venant de mes camarades Gryffondors, une montagne d'objets en laine nous bombarde, Sirius et moi, et nous fait suffoquer dans un coin de la salle commune. Quelque chose qui me frappe d'une manière curieuse et ennuyante, c'est que personne ne se précipite à notre secours. Juste parce que la laine est légère et sans danger, ça ne veut pas dire que nous n'avons pas besoin d'aide ! Sans oublier que la laine gratte la peau, et ma peau est assez sensible et marque vite.
« J'ai une idée qui peut te sauver de cette obsession du tricot, Prongs » dit Sirius, après que sa tête ait surgi hors de la montagne de laine. Alors que j'essaye tout autant de respirer, délivrant ma tête de la montagne de laine, mon souffle est trop erratique pour que je puisse répondre étant donner que je fais une sorte de sifflement semblable à celui d'un chat, remuant dangereusement mes aiguilles à tricoter dans les airs. « L'hypnose » révèle-t-il.
Je m'enfonce promptement dans la montagne de laine, espérant que les écharpes me dévoreront.
Dix minutes plus tard dans la tour des Préfets-en-Chef...
« Répète après moi, Prongs » dit Sirius, assis sur le sol de ma chambre.
J'acquiesce « Oki doki » plutôt gaiement malgré mon actuelle situation.
« Je n'aime pas tricoter » dit Sirius, puis il me regarde d'une manière m'ordonnant de répéter.
« J'aime tricoter »
« Non » Sirius semble assez ennuyé « Je n'aime pas tricoter »
« J'aime tricoter »
« Prongs, bordel tu ne m'écoutes même pas ! »
« Je ne fais pas exprès ! » je proteste. « Parfois ta voix est un peu monotone... »
« Essaye encore : le tricot c'est stupide »
« Le tricot c'est fab- »
« Prongs ! »
« Ben, tu peux pas m'en vouloir ! Ce n'est pas du tout de l'hypnose ! »
« Si, c'est de l'hypnose ! »
« Non, ça n'en est pas » dis-je avec clarté. « L'hypnose nécessite une montre à gousset qu'on balance devant tes yeux de gauche à droite ; tu utilises une pomme attachée par un lacet de chaussure »
Nous regardons tous les deux la pomme attachée au lacet peu solide (mon lacet, si je peux me permettre !). Ça se balance un peu, mais une montre à gousset aurait mieux fait l'affaire.
« Je n'avais pas ce genre de montre, d'accord ? C'était la deuxième chose la plus adéquate »
« Une pomme ? »
« J'aime les fruits ! En quoi c'est si dur à comprendre ? »
J'entends distinctement quelqu'un m'appeler derrière la porte de ma chambre. Instinctivement, je sais que c'est Lily. « Coucou ? » Elle frappe à la porte. « James, tu es là ? »
« C'est elle ! » je me réjouis, et mon petit cœur de Cornedrue palpite. Sirius me regarde avec inquiétude. Avec plaisir, je me souviens « Je peux lui donner le cadeau que je lui ai tricoté- »
« Tu vas lui donner quoi ? Oh non, non, non, non, non, Prongs ! » Déterminé, Sirius secoue la tête de gauche à droite. « Les filles n'aiment pas les cadeaux tricotés, sans oublier que tu nuis encore à l'image des Maraudeurs ! »
« L'image qui fait de nous des connards idiots avec un nom de groupe ? »
« C'est possible » approuve Sirius faiblement, en levant un doigt. « Mais ça reste une image ! Mais, s'il te plaît, Prongs, ne lui donne pas quelque chose de tricoté- »
« Je m'en balance de ce que tu dis » je l'interromps, le congédiant ainsi. Je pointe mon lit avec un regard de dictateur. « Cache-toi sous le lit et ne fais aucun bruit. Tu sais qu'elle déteste quand l'un de vous quatre est dans les appartements des Préfets-en-Chef »
Je n'ai jamais vu Sirius de si mauvaise humeur. « D'accord » boude-t-il « Je me cache sous le lit mais j'écouterai quand même et tu ne peux pas m'en empêcher ! » En balançant ses cheveux eben derrière son épaule, il se laisse tomber sur le sol et roule sous le lit dans un mouvement rapide et souple. C'est assez extraordinaire. Il va falloir qu'il m'apprenne ce mouvement un jour.
« Je ne vais pas attendre là toute la journée ! » J'entends le cri perçant de Lily derrière la porte. « J'ai dit, JE NE VAIS PAS ATTENDRE LA- »
« Salut » Je l'accueille enfin, en ouvrant la porte, rayonnant juste grâce sa présence. Ses joues sont un peu roses à cause de ses hurlements et son visage est figé en plein milieu d'un cri. Sa bouche se referme finalement un peu, quoique j'aime bien quand elle est ouverte parce que je peux contempler sa langue.
« Une discussion » dit-elle avec incohérence. « Tous les deux. Toi. Moi. Maintenant serait parfait »
Je lui demande où elle veut discuter, dans la chambre ou non. « Dedans ? Dehors ? »
« In, out, and shake it all about » ajoute Lily en faisant un pas dans ma chambre. Je la regarde avec l'air perdu. (2)
« Quoi ? »
« C'est une chanson moldue »
Je la fixe, principalement à cause de l'endroit où elle est assise. « Tu es assise sur mon lit » je déclare.
« Et où je peux m'asseoir sinon ? Tu manques de meuble ici » Elle paraît subitement consternée « Oh Merlin, James, quand je partirai, s'il te plaît ne renifle pas l'endroit où je suis assise »
Je la fixe encore plus intensément. « ... Pourquoi ? Tu as... pété ? »
« Non ! C'est juste que renifler où les gens s'assoient, ça sonne comme quelque chose de bizarre que tu ferais »
« Je ne suis pas bizarre » je proteste fortement, et je dis ensuite rapidement « Je t'ai tricoté quelque chose » Apparemment, dire qu'on a tricoté quelque chose n'aide pas à ce que quelqu'un vous trouve moins bizarre.
« Tu, euh » Elle rigole un peu - quoique nerveusement « Tu as quoi ? »
Je sors une écharpe rouge écarlate de derrière mon dos et la lui tend avec un sourire généreux. Elle l'examine en la faisant couler entre ses doigts. J'ai utilisé ma laine la plus douce.
« C'est rouge » déclare-t-elle « Ça jure terriblement avec mes cheveux »
« Je sais » j'approuve, gêné, « J'allais utiliser du vert pour que ça aille avec tes yeux, mais j'ai utilisé la dernière laine verte pour Remus »
« Et bien, c'est sympa de voir qui compte le plus dans ta vie- »
« Oh, non, pas le loup-garou drogué au chocolat ! Bien sûr que tu comptes plus » Je lui souris avec douceur. Elle me répond de la même manière, toute aussi gentille, et je fais presque un arrêt cardiaque.
« Je... James, je crois que tu me plais »
Faire un nœud coulant autour d'une des aiguilles. Placer cette aiguille dans la main gauche. Tenir l'autre aiguille dans la main droite, elle servira à tenir la laine. Insérer la pointe de l'aiguille droite, d'avant en arrière, dans le nœud coulant et sous l'aiguille gauche- (3)
« James ? » Lily secoue une main devant mon visage « Tu as entendu ce que je viens de dire ? »
Je cligne des paupières et secoue la tête pour sortir de ma rêverie. « Désolé, je me récitais les gestes du tricot. Qu'est-ce que tu as dit ? »
« Il est possible que tu me plaises »
Tenir l'aiguille gauche pour qu'elle reste immobile, et bouger les doigts gauches pour redresser l'aiguille droite-
... Attendez une seconde.
'Il est possible que tu me plaises'
JE LUI PLAIT. On va passer le 'il est possible' parce que ça va progressivement changer en 'je suis sûre' et HOURRAH !
De l'index droit, prendre le fil de laine-
James, arrête de penser au tricot ! Elle est complètement dingue de toi ! Bien joué, le cerf ! Bien joué !
« Arrête de sourire avec autant d'arrogance, James, j'ai dit 'il est possible' » ronchonne Lily pour une quelconque raison. Je transforme mon arrogance en simple joie, alors qu'il y a aussi de la prétention puisque Lily Evans est complètement dingue de moi !
« Comment es-tu, euh, arrivée à cette supposition, alors ? » je demande, en jouant des sourcils, l'air plutôt stupide.
« Ben... Je parlais à Remus- »
« Oh Merlin » je m'écrie « Tu n'es pas enceinte de lui, si ? J'ai toujours pensé que vous feriez un bon couple d'intellos- »
« Non, je ne porte pas sa progéniture, James » me rassure Lily « Donc, je parle beaucoup de toi à Remus en fait... de nous, d'autres trucs, et, bon, je vais peut-être devoir admettre le fait que je puisse » Elle hausse les épaules en poussant un soupir de défaite « ... être totalement dingue de toi »
« Je pensais exactement la même chose » Je hoche la tête énergiquement « Même mots et tout. Viens, on s'embrasse »
Avec adresse, j'accroche l'écharpe rouge autour de son cou et essaye, grâce à cette sorte de lasso, de l'attirer à moi pour l'embrasser, et étrangement ça marche alors que je la tire pour la presser contre moi. Elle m'embrasse, et elle est le jambon et je suis le pain et nous complétons le sandwich au jambon mais elle s'éloigne. J'ai besoin d'elle ; je veux qu'elle soit toujours aussi proche de moi ; son visage, ses cheveux, ses lèvres et sa chaleur, et il y a tellement de synonymes de pure joie, de désir et de bonheur qui peuvent décrire ce moment, mais elle s'éloigne, et je ne comprend pas pourquoi elle s'éloigne de quelque chose qui est si mortellement bon.
Alors qu'elle se recule d'un pas - Merlin, je déteste lorsqu'elle s'éloigne de moi - je lâche l'écharpe rouge qui tombe sur le sol ; la couleur rouge me rappelle d'une manière très dérangeante du sang qui coulerait sur le sol et cette pensée envoie des frissons le long de ma colonne vertébrale.
« James » Sa voix est enrouée. Je l'observe lécher ses lèvres sèches. « Juste parce que tu me plais peut-être, ça... ça ne veut pas dire que le pari est annulé » Elle parle comme si le baiser qui vient de se passer n'avait jamais eu lieu. Allez savoir.
J'ai envie de la maudire. J'ai envie de lui crier dessus. J'ai envie de lui hurler dessus car elle m'a laissé l'embrasser parce que tout ce que je veux c'est l'embrasser encore, et je sais qu'elle ne me l'autorisera pas. J'ai envie de lui dire à quel point je suis en colère qu'elle se soit éloignée, et à quel point je suis en colère qu'elle fasse comme si rien ne s'était passé, mais à la place je demande simplement « Pourquoi ? » Ma voix est un peu rauque. Les baisers de Lily Evans ont un effet très puissant sur moi.
« Parce que c'est un pari sur l'avenir, pourquoi est-ce que Remus ou toi vous ne pouvez pas le comprendre ? » dit-elle d'une voix fatiguée. « Si tu gagnes, tu auras montré que tu peux laisser tomber quelque chose que tu aimes sincèrement- » -pour quelqu'un que j'aime sincèrement « pour moi. Si tu perds, ça prouvera que nous n'étions pas destinés l'un pour l'autre »
De tous les paris que j'ai fait, celui-ci est le premier que je déteste vraiment.
« Je ne veux plus le faire » lui dis-je d'une voix creuse. « C'était marrant au début, mais maintenant... J'ai trop à perdre »
Lily se force à rire, bizarrement « Tes cheveux ? »
« Non » Je secoue la tête « Toi » D'une certaine manière, ces mots résonnent dans l'immobilité de la pièce et je souhaiterai ne les avoir jamais dit, bien que je les pense du bout de ma tignasse indisciplinée jusqu'à mon petit orteil de cerf.
Elle me donne un dernier doux baiser sur la joue - que je chéris, comme si c'était de l'oxygène. S'éloignant de nouveau - Merlin, je déteste quand elle s'éloigne - elle ramasse l'écharpe rouge sur le sol, l'enroule autour de son cou, et me laisse seule avec mes aiguilles à tricoter puisqu'elle sort de la chambre. Elle jette un coup d'œil en arrière ; merci Merlin elle regarde en arrière ; elle regarde en arrière avec ses yeux verts et scintillants que j'aurais voulu assortir à une écharpe, et ce dernier regard montre qu'il y a de l'espoir.
J'observe Sirius rouler de dessous le lit tout en mangeant une pomme, la même pomme avec laquelle il a tenté de m'hypnotiser.
« T'auras plus de chance la prochaine fois, hein, le cerf ? » dit Sirius, en me tapotant sur le dos avec compassion.
Il y a trop eu de « prochaine fois ». Dimanche, j'aimerais que tu arrives plus vite. J'en ai assez d'attendre.
(1) : éternelle plaisanterie anglaise du 'serious : Sirius'
(2) : VO : In, out and shake it all about, je me suis pas trop fatiguer pour la traduction mais je trouvais ça pas mal de laisser ça comme ça. La chanson c'est Hokey Cokey et si j'ai bien compris ce que dit Wikipedia, c'est un genre de chant folklorique des pays anglo-saxons. En fait j'en sais pas plus mais c'est pas très important pour la fic de toute façon.
(3) : héhé, pendant que je traduisais ce passage, j'arrêtais pas d'essayer de me souvenir des gestes des tricots pour savoir comment le traduire. Et oui, à vingt ans on tricote !
Bon, on savait que ce pari allait rendre James complètement fou, on en a la preuve ici avec le tricot. Lily devient également folle, encore plus qu'avec l'histoire du caleçon. Je l'imagine mal avouer aussi "facilement" craquer sur James, encore moins faire ce genre de "pari sur l'avenir" mais hé, ils sont tous TARES et prêts à être INTERNER, vous pensez pas ^^ ?
