Hello ! Pour commencer je voudrais tous vous remercier pour vos gentilles reviews, en tant qu'humble traductrice je suis toujours aussi contente que cette fic plaise autant et à autant de gens, c'est vraiment génial.
Ce chapitre 9 est le dernier que j'ai traduit, j'ai à peine commencé le chapitre 10, j'ai pas eu le temps de m'avancer donc j'ai plus de chapitres d'avance... De plus je vais plus me concentrer sur ma fic principale "The Gentlest Feeling" avant de rentrer en cours en septembre. Mais n'ayez crainte, jamais je n'abandonnerai cette traduction ! Et vous aurez sûrement un voire deux autres chapitres de cette trad avant septembre ! D'autant que, sans vouloir vous influencer, dès que je reçois une de vos reviews sur cette fic j'ai soudain une motivation dingue qui me fait traduire au moins la moitié d'un chapitre.
Edit : Je crois que j'ai pas répondu à toutes vos reviews, pour ce chapitre voire pour le précédent... Je suis vraiment désolée, j'y répondrais dès que j'aurais du temps, que je n'ai pas trop en ce moment.
Requête : J'ai laissé le titre du chapitre en VO parce que je n'ai aucune idée de ce qu'est un "capslock spazz". Si l'un d'entre vous peut m'aider, je vous en serais infiniment reconnaissante, vraiment. Sinon tant pis, je laisserais comme ça.
Bonne lecture !
Chapitre Neuf : Everyone loves a capslock spazz
Lily
Nous sommes vendredi matin, et je suis allongée dans mon lit avec un violent mal de tête qui ressemble à une gueule de bois, ou comme si quelqu'un avait frappé ma tête avec un marteau gonflable (les coups commencent vraiment à faire mal au bout de la cinquantième fois - Sirius Black, je te hais). Si c'est ça le genre d'effets secondaires causés par un baiser avec James Potter, je ne l'embrasserai plus JAMAIS.
Attendez. Retour en arrière. J'ai... J'ai EMBRASSE James Potter ?
Non, non, non, non, non, non...
Je bondis hors de mon lit, cours vers la porte et l'ouvre violemment. Malheureusement, James a fait exactement pareil, et se tient dans le cadre de la porte de sa propre chambre. J'observe son visage, essayant de le déchiffrer pour savoir si embrasser James Potter n'a pas seulement été un rêve très agréable - est-ce que j'ai dit agréable ? Je voulais dire atroce.
Il a des fossettes... Depuis quand a-t-il de si attirantes fossettes ? Ses cheveux sont dans leur habituel désordre du je-viens-de-sortir-du-lit, d'une manière plutôt séduisante - est-ce que j'ai dit séduisante ? Je voulais dire horrifiante.
Oh non...
Il a cet air. L'air du chat de Cheschire, sauf que c'est plus un air de bambi satisfait. C'est l'air qui signifie... Oh non. Il signifie 'Lily Evans m'a embrassé et je vais m'en vanter auprès du monde sorcier entier parce qu'en fait, derrière mon attitude très virile je suis un emmerdeur qui raconte sa vie comme n'importe quelle commère'.
« Bonjour » sourit-il. Aw, j'ai juste envie de pincer ses adorables petites joues - AAARGH, NON. Je ferme la porte en la claquant à son visage. Je m'adosse contre la porte, juste au cas où il tenterait de la forcer (on ne sait jamais avec lui).
Je faillis de mourir de peur lorsqu'il hurle à travers la serrure de la porte « TU VIENS POUR LE PETIT-DEJEUNER ? JE DESCENDS POUR LE PETIT-DEJEUNER. TU VIENS ? PETIT-DEJ', J'ADORE LE PETIT-DEJ' »
« James, tu es juste derrière la porte ! Pas la peine de hurler ! » je le réprimande, en collant un œil contre la serrure.
Pendant une seconde je ne le vois pas jusqu'à ce qu'il apparaisse subitement, en mettant son œil au niveau de la serrure.
« TU VIENS POUR LE PETIT-DEJEUNER ? »
Oh par Merlin, s'il vous plaît, dites moi que je n'ai pas embrassé ça...
« J'irai plus tard ! » je grince par la serrure, en espérant qu'il comprendra le message. « Va-t-en, espèce de babouin ! » dis-je en essayant de le faire partir. « Va-t-en ! »
J'observe son visage commencer à se faner un peu avant qu'il ne disparaisse, j'écoute le son de ses pas et le bruit du portrait qui s'ouvre alors qu'il sort de la tour. Une fois qu'il est parti, je soupire, en reposant mon front contre la porte.
Donc ce qu'il s'est passé hier est vraiment arrivé. J'ai fait les deux choses que j'avais décidé il y a très longtemps de ne jamais faire : avouer que James Potter me plaisait et... échanger... de la... salive... avec lui. Oh non, pour ce que j'en sais la salive de James Potter pourrait encore être dans ma bouche en ce moment.
Pourquoi est-ce que cette idée ne me dégoûte pas ? AAARGH, NON.
Juste quand j'essaye de calmer mon souffle haletant (chaque fois que je pense à l'embrasser, ma respiration s'accélère étrangement), une voix surgit encore de derrière ma porte « TU VIENS POUR LE PETIT-DEJEUNER ? »
Pour l'amour de Merlin... Il est revenu.
En ouvrant grand la porte, je crie (ce qui revient surtout à postillonner) « Pour la dernière fois, espèce de stupide macaque avec ta putain de bouche délicieuse, si je t'entends hurler cette question une fois de plus je vais BRÛLER ce petit balai à qui tu aimes probablement donner un nom de fille comme 'Susan' et l'utiliser comme du bois pour le feu, puis j'urinerai dessus pour qu'il ne puisse même pas être proprement utilisé pour faire du feu et- oh, c'est toi, Lauren »
Je la regarde essuyer ses, hum, joues humides avec une grimace. « Est-ce que tu viens de » commence-t-elle, confuse. Je me dandine d'un pied sur l'autre, en riant nerveusement. « Est-ce que tu viens de menacer de brûler un balai puis d'uriner dessus ? »
Elle ne comprend pas. Quand je suis en colère, ce que je dis n'a plus aucun sens.
« Tu ne comprends pas » je lui dis, en reprenant mes pensées. « Quand j'embrasse James Potter, ce que je dis n'a plus aucun sens »
« Quand tu quoi ? »
Je cligne des paupières « Hmm ? »
« Tu... Lily, tu viens de dire que tu as embrassé James Potter »
Je m'esclaffe « Mais non ! »
Attendez... Oh, merde.
« DESOLEE » je m'excuse. « J'ai complétement mélangé mes mots. Je voulais dire : quand j'embrasse James Potter, ce que je dis n'a plus aucun sens »
... Merde, je l'ai refait !
Rougissant, je dis « Laisse moi réessayer : quand j'embrasse... Quand j'emb- » Je grogne et tente encore de ne pas mentionner d'échange de salive avec James Potter. « Ce que je dis n'a plus de sens quand j'emb- » Je me racle la gorge et fixe Lauren. « C'était quoi ta question déjà ? »
« Tu as embrassé James Potter ! »
« Ce n'était pas ça, ta question ! »
« C'est la nouvelle question » Elle croise ses bras contre sa poitrine.
« Et bien, j'en veux une autre ! » dis-je, complètement paniquée.
« Ce n'est pas comme aller au magasin et échanger des cadeaux de Noël, Lily ! Tu as embrassé James Potter parce que... ? »
Je l'admets. Je ne suis pas prête d'avouer à mes amies que je suis complètement dingue de James Potter. Bordel, je ne peux même pas me l'avouer à moi-même... Bien que je viens de me l'avouer et ça n'avait pas l'air si mauvais que ça et- oh, et voilà, imaginons James dans ses sous-vêtements sexy-
« Lily, parfois je pense vraiment que tu te parles trop souvent dans ta tête »
-il a des genoux plutôt attirants. Les genoux ne sont pas normalement attirants chez un garçon, mais les siens sont joliment dessinés.
... Hmm, je n'entends aucun son qui viennent d'en dehors de mon esprit. Peut-être que c'est un de ces moments où je suis totalement captivée par mes pensées pendant que la personne avec qui j'avais une conversation me fixe, attendant que je sorte de ma rêverie et que je lui redonne mon attention.
Lauren est actuellement en train de me fixer.
Oui, c'est bien un de ces moments.
« Tu disais... ? » je l'encourage.
« Argh, combien de fois je dois te répéter mes questions ? Pourquoi tu as embrassé James Potter ? »
Oh nom d'une chouette... Tactique de diversion, préfète !
« TU VIENS POUR LE PETIT-DEJEUNER ? »
... Si quelqu'un demande, je ne viens pas de hurler ça.
« Lily, pourquoi tu utilises une voix assourdissante du genre qu'utilise James Potter pour avoir ce qu'il veut- ? »
« JE DESCENDS POUR LE PETIT-DEJEUNER. TU VIENS ? »
« Euh... okay ? »
« PETIT-DEJ', J'ADORE LE PETIT-DEJ' »
Wowza, James Potter a une technique impressionnante. D'une certaine manière hurler aussi fort ensorcèle la personne pour la mettre dans un état d'ahurissement ultime, au point qu'ils sont d'accords avec tout ce que tu dis par peur !
Peut-être que je devrais ordonner à Lauren de me construire un château entièrement fait de chocolat.
« Tu vas trop loin, fillette » dit-elle, après que j'ai exprimé mes pensées.
« Même pas des douves en chocolat ? »
« Je vais te transformer toi en douve en chocolat si tu ne te bouges pas »
« ... Ça n'a aucun sens. Est-ce que tu me construis le château en chocolat ou pas ? »
« Non, je sous-entendais que je te transformerais en douves en chocolat sous forme de menace, comme si j'allais te frapper physiquement, pas réellement te construire un- Oh Merlin, c'est impossible que je sois en train d'avoir cette discussion avec toi. On y va »
« D'accord » j'accepte.
Juste au moment où j'allais passer par la porte, mes yeux se posent sur l'écharpe rouge sur mon lit. Il ne fait même pas froid et ce n'est pas non plus un temps pour les écharpes, mais j'ai l'étrange sentiment que je dois la porter.
Et ça n'a rien à voir avec le fait que James Potter l'a tricoté pour moi.
« C'est bon, on peut y aller maintenant » lui dis-je après avoir noué l'écharpe autour de mon cou. Mon cou se réchauffe immédiatement et un sourire niais s'étale sur mon visage.
« Lily » Lauren me regarde avec curiosité du coin de l'œil. « Ce n'est même pas un temps à porter une écharpe »
« Et bien, ce n'est pas un temps à porter un pantalon non plus » je réplique - une pique minable, sans aucun doute. Plus comme un tout petit pincement, pour être précise.
« Tu ne dis plus rien de sensé encore une fois » me fait-elle remarquer.
Elle ne comprend pas. Quand je suis en colère, ce que je dis n'a plus aucun sens.
« Tu ne comprends pas, Lauren » lui dis-je en reprenant mes pensées... Hm, sensation de déjà-vu, mais je devrais continuer. « Quand j'embrasse James Potter- oh, pour l'amour de Merlin ! »
Je me prépare pour un autre interrogatoire sur le baiser, mais Lauren me dit bizarrement. « Tu portes encore ton pyjama »
« Ouais, tu aurais pu me le dire avant qu'on ne passe par le portrait »
« Désolée, ça ne semblait pas important à ce moment-là »
James
Je suis actuellement en train de marcher en bondissant un coup sur deux.
« Tu as une crampe aux jambes, Prongs ? »
... Je suis actuellement en train de marcher sans bondir du tout.
« Belle matinée, n'est-ce pas les gars ? » dis-je à mes amis, en les rattrapant sur le chemin de la Grande Salle. Je me mets bras dessus bras dessous avec Peter et Remus, et pour des raisons masculines ils trouvent ça très gênant.
« Quelqu'un a mis quelque chose dans ton dentifrice ce matin, Prongs ? » grogne Sirius. « On sait tous que secrètement tu aimes manger ce truc »
J'ai mangé une fois du dentifrice et Padfoot ne me lâche jamais avec ça. Je demande « Vous ne remarquez pas quelque chose de différent chez moi ? » et on s'arrête dans le couloir pendant qu'ils m'examinent.
Remus se gratte le menton. « Tu... t'es peigné les cheveux ? »
Ce n'était pas la réponse que j'attendais.
« Oui » dis-je « Mais je me peigne tous les jours »
Sirius se moque « Attends, attends. Ça,c'est incontestablement un mensonge »
J'insiste « Non, sérieusement, je le fais »
Remus a l'air sidéré. « Vraiment ? Qui l'eût cru... »
« Je sais, je sais ! » annonce Peter avec satisfaction. J'ai toujours su que Wormtail était le plus intelligent des Maraudeurs et qu'il devinerait que Lily Evans, oh douce cerise de mes desserts métaphoriques, m'a embrassé hier soir. « James s'est fait épilé les sourcils »
« Oui ! Oui, c'est ça ! » l'applaudit Sirius. Remus a également l'air convaincu, acquiesçant vigoureusement. Bien que je n'avais pas spécifiquement dit à Sirius que Lily et moi nous étions embrassés, j'aurais cru qu'il devinerait grâce aux... euh... bruits qu'il a entendu en étant sous le lit.
« Les gars, vous n'êtes vraiment pas très vifs ce matin » leur dis-je.
« Tu veux dire qu'on est pâles ? » demande Sirius avec confusion.
« Je ne sais pas vraiment » j'admets. « Je n'ai jamais compris cette expression »
Peter commente « Quelque soit la personne qui t'a fait les sourcils, elle a fait un job nul » Soudain son visage est tout près du mien et plus que tout il a franchi la limite de ma bulle personnelle. « Ils sont aussi broussailleux et bordéliques que d'habitude »
J'ai des sourcils bordéliques ? Je sors mon Miroir à Double sens que j'utilise pour communiquer pendant les retenues et me concentre sur mes sourcils. Ils ne sont pas si mal. Au moins ils ne se rejoignent pas comme une sorte de chenille qui mange le visage-
« Mes sourcils ne ressemblent pas à une chenille mangeuse de visage, Prongs » dit Sirius pour défendre la chenille qui a migré sur son front, dès que j'ai formulé mes pensées. « Je te ferai savoir que les miens sont parfaitement alignés. Ils sont symétriques et tout »
« Je mets cette conversation futile sur le compte de nos estomacs vides » dit Remus, sous-entendant que nous devrions nous diriger vers la Grande Salle. Ce n'est pas comme s'il n'y allait plus avoir de nourriture. Pfiou, les loup-garous affamés sans aucune patience...
« Est-ce qu'on abandonne le sujet de James et de son bonheur mélodramatique ? » demande Peter.
« Certainement pas » je les informe « Vous n'avez toujours pas deviné l'origine de ma joie »
« Ce n'était pas l'épilation des sourcils ? » demande Peter.
« Je ne me suis pas fait épilé les sourcils ! » je gémis, bien que maintenant j'ai ce besoin curieux d'aller me les faire épiler. Peut-être que je peux le faire à Pré-Au-Lard...
Maudits soient mes amis pour me faire réfléchir comme une fille.
« Je vais vous donner un indice : un de nous quatre a été embrassé par Lily Evans » j'annonce, en jouant des sourcils de manière suggestive.
« Wowza ! Moony, vieux cachotier ! » dit Sirius, en tapant dans le dos d'un Remus plutôt perplexe. Il semble être en train de se demander quand est-ce que Lily l'a embrassé sans qu'il n'en soit conscient.
« Elle n'a pas embrassé Moony ! » je hurle, extrêmement offensé. « Elle m'a embrassé moi ! Sirius, tu étais là, par Merlin ! »
« Je sais » dit Sirius « C'était juste plus amusant de faire paniquer Moony à l'idée qu'il a été embrassé par quelqu'un et de n'en avoir aucun souvenir »
Remus sourit. « Maintenant je sais ce que vous devez ressentir après une nuit dans les bars de Pré-Au-Lard » dit-il en marchant de côté pour éviter le coup de Sirius à cette remarque.
« Tu peux faire des blagues maintenant Moony, mais j'aimerais t'informer que tu as perdu le privilège de conduire ma moto volante dans le futur » lui dit Sirius. Nom d'une chouette, pas encore cette stupide envie de moto...
« Tu n'as aucune idée d'à quel point cette nouvelle me réjouit » dit Remus, impassible. Son enthousiasme à l'idée de monter sur la moto volante de Sirius - quelque chose qu'il n'aura certainement jamais de toute façon - se voit sur tout son visage aussi impassible que qu'une pierre.
« Attends, attends, ATTENDS » Sirius secoue une main dans les airs tandis qu'un de ses doigts se tortille dans son oreille. Il ressemble à un étrange épouvantail. « Est-ce que mes oreilles m'ont trompées ? Lily Evans, oh cerise de tes desserts métaphoriques, t'a embrassé ? Volontairement ? »
Qu'est-ce qu'il veut bien dire par 'volontairement' ? Est-il en train de dire que la seule raison pour laquelle Lily m'embrasserait serait parce que je l'aurais forcée ?
Parce que c'est une hypothèse plutôt correcte.
« Techniquement je me suis servi d'une écharpe comme lasso- » je commence.
« Oh, ça a en effet du sens » m'interrompt Peter en hochant la tête.
« Prongs a utilisé une écharpe comme lasso, ce qui fait qu'il l'a emprisonné dans du matériel laineux. Lorsqu'elle était près de s'évanouir car elle suffoquait à cause de la laine, il a posé ses lèvres sur les siennes sans son accord » conclut Sirius avec éloquence. « Ça sonne presque comme une tentative de viol- »
« Ça ne s'est pas passé comme ça, espèce d'abruti » je le coupe.
« Et bien, je vais avoir besoin d'une sorte de preuve que vous vous êtes bécotés » dit Sirius. « Montre moi ton cou »
« Je te demande pardon » je commence avec inquiétude, reculant d'un pas.
« Je veux voir ton cou pour vérifier qu'il y a bien un ou plusieurs suçons » dit Sirius en faisant simultanément un pas en avant.
« Je ne lui ferais pas confiance, James, il veut probablement te faire lui-même un suçon » me dit Remus du coin des lèvres.
« Garde tes crocs de chiens loin de moi ! » je préviens Sirius, en croisant mes doigts pour former une croix et me protéger. De plus, il ne trouvera pas de preuve puisque notre baiser n'est pas descendu jusqu'au cou... Pas que ça n'aurait pas pu être le cas ! Je pari qu'elle rêve de mordre mon cou... Pas comme un vampire, ou autre, mais d'une manière sensuelle... Oh non, je suis en train de m'enfoncer moi-même. Merci Merlin que mes amis ne puissent pas lire dans mes pensées et que seuls vous, mon publique métaphorique, en êtes capables.
« Si ça peut t'aider, je te crois quand tu dis que Lily t'a embrassé » me dit Remus.
Je lui souris avec gratitude en retour. « Merci, Moony-pine » (1)
Son regard chaleureux se transforme aussitôt en un regard très froid. « Excuse-moi, comment m'as-tu appelé ? »
« J'ai trouvé récemment que nos surnoms de Maraudeur manquaient de vulgarité » lui dis-je. « Ajoute 'pine' à nos surnoms et ça résout le problème. Je trouve que le mien est celui qui sonne le mieux parce qu'il y a une allitération »
« Prongsie-pine » dit Peter d'une voix forte et claire. Je fais un geste de la main comme pour dire 'et voilà'.
« Ne crois pas que tu es spécial » dit Sirius en démolissant mes rêves. « Le mien aura aussi une allitération »
Je déteste quand il ruine mon amusement. Je vais l'appeler (mentalement) Pipi-froid pour me sentir mieux. (2)
« Arrête de comploter contre Sirius dans ta tête, James » me réprimande Remus, en m'entendant glousser dans ma barbe. Si vous échangez 'Sirius' avec 'ton frère' et 'arrête de comploter dans ta tête' avec 'arrête de le taper avec ton cartable', on serait comme des frères et Remus serait comme notre père, mais avec un nom grossier : Moony-pine.
« Hé, Moony-pine » dis-je à Remus. Il recommence à marcher vers la Grande Salle alors que le choc de l'annonce de mon baiser avec Lily Evans a temporairement disparu. Je le suis, et par suivre je veux dire bondir parce que rien ne pourra gâcher mon excellente humeur !
« Prongs, tu as encore une crampe à la jambe ? » me demande Peter.
Est-ce qu'un homme a le droit de bondir dans le château sans être accusé de souffrir d'une sorte de déficience de ses membres inférieurs ?
« Pourquoi tu ne m'as pas dit que Lily te parlait régulièrement de moi dans la bibliothèque ? » je questionne Remus. Il semble un peu gêné par ma question.
« Elle m'a fait jurer de garder le secret » Il paraît subitement inquiet. « Tu n'es pas en colère contre moi, si ? »
Je rigole. Quel loup-garou paranoïaque. « Merlin, non, c'est juste... Pendant tout ce temps je pensais qu'elle n'en avait rien à faire de moi, et... »
« Visiblement c'est pas le cas » finit Remus pour moi. Nous échangeons un sourire.
« Attends, attends, ATTENDS » coupe Sirius. « Je déteste interrompre ce petit moment magique entre vous, mais Evans et toi vous êtes apparemment embrassés, donc le pari est annulé ? » Il a soudain l'air mortifié. « Non ! Pratiquement tout Poudlard a parié sur votre pari ! Les bénéfices étaient censés payer ma moto volante- »
« Pour l'amour de Merlin, si tu parles encore une fois de ça, je vais métamorphoser Peter en moto et t'écraser avec » dit Remus sur un ton acide.
« Si tu le fais, fais en une qui vole » lui dit Sirius. Je ne peux pas m'empêcher de rire à cette remarque.
« Attends, donc le pari tient toujours ? » dit Remus, réalisant ce qui avait été dit d'autre que cette histoire de motos volantes et du fait que Sirius veut en secret faire l'amour à l'une d'entre elles. « Je pensais que tu l'avais annulé ! »
« Oh non » je rectifie. « Madame- »
« Tu parles d'elle comme si elle était déjà ta femme ? » balbutie Remus.
« Et bien, je l'ai embrassé donc c'est comme si c'était déjà le cas » C'est très sensé - vraiment, ça l'est. « Bref, Madame est assez superstitieuse, elle croit à toutes ces conneries de 'destin'. Donc globalement le pari tient toujours »
Remus prend un air triste. « Tu pourrais la perdre complètement à cause de ça, tu sais »
« Je sais » je souris.
« Pourquoi tu es si content ? » demande-t-il, un peu mortifié.
« Oh, je ne le suis pas. J'ai pleuré sous la douche ce matin et là je vous montre un masque content » dis-je en lui adressant un autre sourire faux.
« C'est ce que je pensais » admets Remus, probablement habitué à mes comportements étranges à présent. « Alors, c'est ton 'destin' d'avoir ton crâne rasé à la fin de tout ça ? » présume-t-il.
« Tu recommences avec ton cynisme ! » je me plains. « Je vais gagner ce pari, je vous le dis »
« Hier, tu tricotais, James » dit Remus. « Tricotais. À une vitesse inhumaine. Je suis plutôt sûr que tu as défié les lois de la physique vu la vitesse à laquelle tu allais »
Ils disent n'importe quoi. « Voyons, je n'étais pas si obsédé par le tricot que ça »
« Ça me fait penser à ma nouvelle veste » dit Sirius, en déposant une pleine poignée de ficelles emmêlées dans ma main. Oh... Je me souviens que j'ai en quelque sorte tiré dessus hier dans la salle commune... Oups ?
« Ça ne prouve pas mon niveau d'obsession » je me moque.
Simultanément, chaque Maraudeur sort une collection entière de... choses tricotées, apparemment tricotées par moi.
« Ce n'est même pas la totalité de toutes les choses en laines que tu m'as faites » dit Remus, en tenant quatre paires de chaussettes, trois pulls, deux gants et des écharpes, et un étui en laine pour une bouillotte. « À environ sept heures, tu as pensé que ça serait bien de tricoter des jouets en forme d'animal »
Oh doux Merlin. « Vous vous foutez de moi ! »
J'observe Remus sortir une sorte de petite créature en laine. On dirait un croisement entre une antilope et une tortue. « Dis bonjour à Bernard » me dit-il.
« Tu lui as donné un nom ? »
« Non, c'est toi qui l'a fait » m'informe Remus avec un soupir. Je me dégoûte moi-même.
« Je vous en prie, ne me dites pas que j'en ai fait d'autres » je supplie.
« Francis » annonce Peter en sortant une autre monstruosité en laine de sa... poche ? Je crois que c'est un hippopotame... ou un chien.
« C'est quoi exactement, Wormtail ? »
« Tu m'as dit que c'était un ours. Je ne suis pas vraiment d'accord. On dirait plus un gorille... Sauf qu'il a des pois verts » Il pince ce que je pense être un membre de l'animal. « Je ne sais pas trop si c'est une oreille ou si c'est son nombril qui ressort »
« J'étais visiblement daltonien lorsque j'étais obsédé par le tricot » dis-je, contemplant les affreuses couleurs de laines que j'ai utilisé. D'habitude, je sais très bien coordonner les couleurs. C'est ce qui me perturbe le plus dans cette histoire de tricot.
« J'ai eu le pire des jouets en laine » se vante Sirius, en sortant quelque chose de long et de rose. Ça a des rayures. J'ai envie de tuer cette chose tellement c'est laid. « Tu m'as dit que c'était un serpent » Il tient la chose sous plusieurs angles, comme s'il était capable de reconnaître ce que c'était sous différentes perspectives. « Je trouve que ça ressemble plus à un pénis »
« Je ne t'aurais pas tricoté un pénis, Sirius »
« Dit le mec que je n'aurais jamais cru qu'il tricoterait » dit-il. « Je pense que tout est possible après avoir vu cette expérience, vieux »
« Merci Merlin, je n'ai donné des animaux qu'à vous » je soupire avec soulagement. Ils ont l'air subitement nerveux. « Oh non » Je prévois que leurs expressions ne disent rien de bon.
« Je suis presque sûr que chaque personne de Gryffondor en a un. Je crois que tu as tricoté tellement d'animaux que tu ne pouvais plus les garder que pour toi » dit Peter.
Tout à coup Lionel Lovegood passe dans le couloir et dit « Geoffrey l'Enormus à Babille te salue, James ! Et merci de l'avoir tricoté pour moi ! » Il me salue poliment de la main et se dépêche ensuite de se rendre dans la Grande Salle.
J'ai créé un Enormus à Babille ?
Attendez, Lionel croit réellement que cette créature existe. Je suis toujours sain d'esprit.
Quoique j'ai toujours envie de m'ouvrir les veines.
« D'abord petit-déjeuner, James » me dit Remus en déchiffrant mon air suicidaire.
« Ouais, j'ai envie d'une bonne place pour voir Evans se réfugier dans la nourriture jusqu'à en mourir en se rappelant t'avoir embrassé » plaisante Sirius.
Instinctivement, je lève la main pour le frapper, mais il esquive. Stupide talent de joueur de Quidditch...
Uh oh. Je n'étais pas censé mentionner le mot en 'Q'.
« James s'est remis à pleurer, Moony »
« Laisse le, Padfoot. Laisse le »
Lily
À la seconde où j'entre dans la Grande Salle, je me dirige vers la table et m'assois à côté de Carly qui est déjà installée, qui grignote des raisins - maudite soit elle avec son alimentation équilibrée. J'espère que les raisins prendront vie et attaqueront son visage, quoique pas vraiment.
Après toute cette confusion causée par mes sentiments, mes sentiments pour James, mes sentiments pour l'humanité, mes sentiments pour les raisins et pour Carly qui les mange et pour la consommation de raisins en général, j'ai besoin de quelque chose qui contient soit du chocolat soit une grosse quantité de sucre.
J'attrape quelque chose qui est entièrement rempli de sucre : un pot de sucre pour le thé.
« Tu vas manger du sucre comme ça ? » sursaute Carly, parce qu'elle mange sainement et que je la déteste, quoique pas vraiment. J'attends qu'elle me réprimande sur mon atteinte à ma santé et qu'elle me donne un autre sermon fait maison sur les fruits pleins de vitamines contre la malbouffe comme dans l'horrible bande dessinée qu'elle a faite en Botanique.
« Ouaish, ouaish c'est le cas » je marmonne, entre deux cuillères de sucre. Un peu de sucre tombe de ma bouche quand je parle mais heureusement il atterrit dans le pot.
« Excuse moi » Un troisième année me tire par le coude « Tu peux me passer le sucre pour mes céréales ? »
Je me tourne vers lui, le fusillant du regard alors que le sucre tombe de ma bouche à la manière d'une chute d'eau. C'est une vision plutôt spectaculaire.
« Euh... Laisse tomber » grommelle-t-il, en glissant loin de moi sur le banc.
« Tu peux me passer le chocolat à tartiner ? » je demande à Lauren.
« Bien sûr » répond-elle avec prudence, en poussant le bocal vers moi. Je l'ouvre.
« Euhm... Tu ne veux pas une tranche de pain avec ça, Lily ? » demande Carly.
« Nope » Je plonge ma cuillère dans le bocal, et enfourne la cuillère pleine de chocolat dans ma bouche. Lauren et Carly ne savent plus où se mettre. Je réalise que je peux faire une délicieuse combinaison de chocolat à tartiner et de sucre en versant le sucre dans le bocal. Sans hésiter, je prends le pot de sucre et verse le tout dans le bocal. Ça déborde et mes genoux sont couverts de sucre. Je ne l'avais pas vu venir.
« Lily, tu es devenue folle ? » questionne Carly, en m'aidant à balayer le sucre de mes genoux.
« Oui. Oui, elle l'est devenue » répond Lauren pour moi. « Elle a embrassé James Potter hier soir, donc je suis presque sûre qu'elle se réfugie dans la nourriture jusqu'à en mourir pour l'oublier »
Carly hoquète de surprise. « Elle a embrassé James Potter ? »
« Je ne veux jamais oublié ce souvenir » je divague sans réfléchir, soupirant mélancoliquement ensuite. Mes amies restent bouche bée. « Désolée, je crois que mon cerveau a été remplacé par une pathétique groupie de James Potter pendant une seconde » je rougis. « Passe moi les croissants »
« Pourquoi ? Tu vas vraiment en manger ? »
« Non, je vais les lui balancer dessus »
James
« Comme je l'avais deviné » dit Sirius avec arrogance, en se rasseyant après avoir jeter un coup d'œil à l'autre bout de la table. « Evans essaye de se suicider en faisant exploser son estomac »
« Non c'est faux » dis-je, bien que je m'inquiète secrètement. Je n'embrasse pas si mal. Des filles m'ont dit que m'embrasser, c'était comme embrasser de doux nuages !
... Enfin, une fille a dit ça, et elle tremblait à ce moment-là, et son haleine sentait le Whisky Pur Feu. Je suis plutôt sûre que je ne l'avais jamais vu de ma vie et que je ne l'ai jamais embrassé non plus. Je crois qu'elle m'a confondu avec quelqu'un d'autre...
« Qu'est-ce qu'elle a mangé ? » demande Peter.
« Elle a avalé un pot de sucre- » commence Sirius, puis soudain un croissant a surgi de nulle part et lui tombe sur la tête, ce qui me fait rire. « Ça vient d'où ça, bordel ? »
« Du plafond ? » je suggère.
« Bref, elle a aussi mangé un bocal de chocolat à tartiner- aaargh » Un autre croissant apparaît et frappe Sirius au visage. Il grignotte celui-là aussi. « Et je suis presque sûre qu'elle allait dévoré ce petit enfant assis à côté d'elle- pour l'amour de Merlin ! » s'écrie-t-il quand un autre croissant le frappe à l'œil. « Qui fait ça ? »
« Dumbledore » je tente d'expliquer. Nous regardons le professeur et il se trouve qu'il sourit bizarrement dans notre direction. Ce type a toujours été un peu toqué, de toute façon.
« Alors Prongs » Sirius se penche vers moi et sourit « C'était comment ? »
Lily
« Comment était quoi ? » je questionne en lançant un autre croissant dans la direction de James Potter - recouvert cette fois de confiture à la fraise. Malheureusement - ce n'est pas si malheureux que ça, en fait - il atterrit sur l'oreille de Sirius.
« Allez Lily, je parle de ton baiser avec James Potter ! C'était comment ? » me presse Carly en volant mon bocal de sucre chocolaté.
« Rend-moi ça ! » j'ordonne.
« Pas tant que tu ne parles pas » dit Lauren.
Je rougis un peu, tout en jetant un regard triste à mon bocal de chocolat. « Je ne dis pas que... »
« Si mauvais que ça, hein ? » se moque Lauren, tandis que Carly me regarde, sincèrement choquée.
« Non ! » Je secoue vivement la tête, « Non, pas du tout ! »
« Si bien que ça, hein ? » reformule Lauren.
Oui.
« Non ! » dis-je à la place, parce que mes pensées ne gagnent jamais contre mon entêtement.
« Si mauvais que ça, hein ? »
« On tourne en rond, Lauren » je lui fais remarquer.
« Qu'importe tant que ça te fait parler » sourit-elle.
« Ecoutez, vous n'obtiendrez rien de moi, d'accord ! » J'arrache mon bocal de chocolat des mains de Carly. « C'est privé. Je sais que vous êtes mes amies mais s'il vous plaît, respectez juste ça. Je ne vais rien dire et j'espère que James fera la même chose »
James
« DIS NOUS TOUT, PRONGS »
« TOUT DE SUITE »
Remus nous fixe Sirius et moi alors que nous échangeons tous les deux des sourires de Maraudeurs. Il dit « Vous n'aviez pas besoin de hurler ces deux phrases, vous savez »
« ON EST TOUT EXCITES » dit-on en même temps. « ARRETE DE DIRE CE QUE JE DIS » dit-on simultanément de nouveau. « NON TOI ARRETE. NON TOI ARRETE. SERIEUSEMENT, ARRETE ÇA- »
« Pour l'amour de Merlin, arrêtez » gémit Remus. « Ce truc où vous parlez en même temps nous fait flipper, Peter et moi » Peter hoche vigoureusement la tête. « C'est comme si vous partagiez le même cerveau »
« Regarde Padfoot, je suis un morse » Je presse les croissants contre mon nez comme si c'était des défenses de morse, mais Sirius m'a déjà devancé.
« J'ai une seconde d'avance sur toi, vieux » s'esclaffe-t-il, en tenant déjà deux croissants près de ses narines.
« Partager un seul cerveau pourrait tout expliquer... » chuchote Remus.
« Enfin bref » Je laisse tomber mon croissant dans le plat avec un bruit métallique. « Je commence le récit de nos embrassades passionnées dans ma chambre- »
« J'étais là » coupe Sirius, rayonnant.
« Sirius était là ? » répète Peter avec horreur, ayant compris de travers. « Pourquoi par Merlin Sirius était là ? »
« Il était sur mon lit » dis-je, puis je réalise que je me suis trompé quand Sirius fronce des sourcils. « Merde, je veux dire qu'il était sous mon lit »
« Mais qu'est-ce que foutait Sirius dans ta chambre d'abord ? » demande Remus.
« Je l'ai fait jouir jusqu'à ce qu'il ne puisse même plus s'asseoir » répond Sirius avec nonchalance.
« PADFOOT ! »
« Ouais, tu criais mon nom bien plus fort la nuit dernière, vieux » ajoute Sirius pour moi. Remus et Peter nous fixent, le souffle coupé. « Je blague, espèce de crétins » finit-il par dire. « J'essaye juste de garder une ambiance joyeuse »
« Je crois que tu l'a rendue gênante avec succès » je grince entre mes dents.
Lily
« Vas-y, décris-nous ce qu'il s'est passé, Lily »
« Je croyais qu'on avait déjà réglé ça Carly, espèce de folle des mariages. Mes lèvres sont scellées »
« Oh » Je vois Carly sortir une barre de chocolat de Pré-Au-Lard de sa poche « mais c'était avant que je te soudoie avec ça- »
« Marché conclu ! » j'abandonne directement, m'emparant de la barre de chocolat et l'ouvrant avec violence. Mes amies m'observent la dévorer en quelques secondes. « Alors » je commence à raconter « J'ai frappé à la porte de James »
« Ah ! Un ange frappe à ma porte ! Quels, euh, magnifiques petits coups venant de doigts si mélodieux » dis James depuis l'intérieur de sa chambre.
« Oui, il a vraiment dit ça, Lauren » dis-je par-dessus son rire. « Ferme ta bouche »
« Tu es sûre qu'il n'a pas dit 'frappes' ? » demande Carly en m'interrompant dans mon récit.
« Oui, Carly. James a dit 'magnifiques petites frappes'. Pour l'amour de... Enfin bref »
« James, je dois absolument te voir » murmurai-je de l'autre côté de la porte, qu'il ouvrit rapidement, avant de prendre ma main et de me tirer doucement à l'intérieur. La pièce était couverte de pétales de roses et nous étions entourés par la faible lumière des bougies.
Puis, il dit, « Et lorsque l'Amour parle, tous les dieux de l'Olympe s'assoupissent aux doux accents de sa voix »
« Suis-je ton amour ? » lui demandai-je.
Il replaça une mèche de mes cheveux lâchés derrière mon oreille et murmura « Dès le moment où je t'ai vue, je suis tombé amoureux de toi, et tu souriais car tu l'a su » Je me sentit tituber sur mes pieds tandis qu'il me fit basculer en arrière et qu'il m'embrassa - c'était un de ces baisers qu'on souhaite qu'ils ne cessent jamais.
« Oh allez, ça s'est pas passé comme ça- »
« N'interromps pas mon histoire, Lauren ! »
Nous nous sommes finalement séparés et je murmurai, « Mon unique amour émane de mon unique haine ! Vous avez l'art des baisers » je réussis à dire avant qu'il ne m'embrasse tendrement de nouveau. Il fallait que je l'arrête avant que nous allions trop loin.
« James ! James, je dois partir ! » lui dis-je. Je cessai le baiser et me rendis jusqu'à la porte avec une extrême difficulté, comme s'il m'attirait comme un aimant. Juste à l'instant où j'allai partir, il bloqua la porte avec son pied et attrapa ma main à travers la fine ouverture, en me regardant intensément.
« Si douce est la tristesse de nos adieux, belle vierge », dit-il en caressant ma joue.
« Bonne nuit, mon amour » dis-je.
Nous nous embrassâmes une dernière fois et nous séparâmes lorsque nos doigts ne furent plus entrelacés.
« Et c'est exactement ce qui s'est passé » je dis en frappant mes mains ensemble.
Bon, peut-être que j'ai volé tous ses dialogues à Shakespeare (3).
... Aucune réponse.
« Hahahahahahahaha ! »
Et voilà.
James
« Alors, voilà ce qui s'est passé » je commence ce qui sera la légende des prochaines années...
J'entendis quelqu'un frapper à la porte.
« Putain, c'est qui ? » criai-je depuis mon lit.
« Laisse moi rentrer. Je te veux » j'entendis murmurer une voix féminine à travers la serrure. Naturellement, j'étais curieux et j'ouvris la porte, découvrant Lily seulement habillée de ses sous-vêtements-
« Et moi qui croyais que tu allais nous raconter la vérité » me coupe Remus « Mais non, on doit écouté une fable complètement ridicule tirée de ton imagination- »
« Moony »
« Très bien. Je ne faisais que me moquer. Continue »
J'étais genre « Qu'est-ce qui te prend, Evans » et elle était genre « J'espère que c'est toi qui va me prendre avant la tombée de la nuit » Et j'étais genre « Sérieux ? » Et elle était genre « Oh ouais »
« Oh doux Merlin... » j'entends Remus murmurer.
Puis elle a sauté sur moi et nous nous sommes étalés sur le sol dur. Elle était à califourchon sur moi, ensuite elle m'embrassait et sa langue tournait dans ma bouche - elle a une longue langue très sexy.
« Comme un serpent ? » intervient Peter.
« Non, juste longue comme il faut pour aller dans les creux et les recoins »
« Oh Merlin... » murmure encore Remus.
Elle m'embrassait de tout son soûl et c'était juste hallucinant, mais je l'ai repoussé et me suis mis à califourchon sur elle a la place, en embrassant sa peau.
J'étais genre « Tu vas devoir faire mieux que ça, Evans »
Et elle était genre « Oh, vraiment ? » et elle a tiré sur mes cheveux et j'ai gémi et suis tombé sur le côté, et elle me chevauchait de nouveau.
« Oh nom d'une chouette, c'est l'équivalent d'un porno » dit Remus en s'étouffant avec son jus de citrouille.
« Continue » m'encourage Peter, sans aucune honte.
Elle était complètement étalée sur moi et je réalisai qu'on allait trop vite, alors je lui dis « Evans, on ne peut pas faire ça. Je sais que je suis irrésistible mais je crois que tu fais une erreur »
« Je n'ai jamais été plus sûre de moi que maintenant de toute ma vie » souffla-t-elle, en embrassant mon oreille.
« Non Evans, on ne peut pas » dis-je, puis je la détachai de moi avec douceur. Elle eut l'air totalement dévasté - mais qui peut l'en blâmer ? « Si tu en as toujours envie demain matin, on pourra continuer » Je lui ai gentiment tapoté la tête comme si elle était un gentil petit chiot - un chiot très en manque. « D'accord ? »
« NON, JAMES, JE TE VEUX MAINTENANT ! » a-t-elle crié, sautant sur moi de nouveau. Je luttai pour la faire lâcher, sans trop résister en même temps. Elle déboutonna ma chemise tout en dégrafant son soutien-gorge, puis ses seins sont apparus et j'étais genre SALUT MES MIGNONS-
« Non, non, NON, je vais t'arrêter tout de suite » m'interrompt Remus d'une voix forte en couvrant à moitié ses oreilles.
« C'est exactement ce qui s'est passé » je dis en frappant mes mains ensemble.
« Fantastique » commente Peter avec un sourire.
« Ce n'est pas ce qui s'est passé ! » s'esclaffe Sirius.
Lily
« Je parie que ça s'est passé comme ça » dit Lauren, en attrapant une cuillère qui me représente et un couteau pour représenter James. Pourquoi est-ce que je suis une cuillère, je l'ignore. Est-ce qu'elle sous-entend que j'ai une grosse tête ?
Lauren remue la cuillère « Potter, laisse moi entrer dans ta chambre avant que je ne tape une crise et te traite d'un nom d'oiseau très bizarre comme 'babouin' ! » Elle remue le couteau « D'accord Evans, parce que tu me fais vraiment mourir de peur des fois ! Bla bla, je pète, bla bla, je tricote, bla bla ! James, je suis en quelque sorte attirée par toi ! Désolé, je ne t'entends pas, Lily ; je suis en ce moment en train de me fourrer mes aiguilles à tricoter dans un endroit très orgasmique ! Okay James, je t'attends ! J'ai fini maintenant, Lily ! Okay James, je te le redis : je suis attirée par toi. BISOOOUUUUS »
Lauren pressent ensuite les deux couverts l'un contre l'autre comme s'ils avaient une relation sexuelle de couverts. Elle est très vulgaire.
Elle remue la cuillère encore « Le baiser était génial James, mais le pari tient toujours de toute façon parce que je suis tellement stupide ! Okay Lily, je vais me pendre à présent, salut ! »
J'observe Lauren lâcher le couteau dans le bocal de chocolat.
« C'était vraiment... unique » je commente.
« J'ai bien aimé l'utilisation de couverts pour représenter les gens » dit Carly. « Surtout le sexe entre couverts. C'était mon passage préféré »
James
« Alors, voilà comment ça s'est passé » commence Sirius en saisissant deux croissants. « Pour le bien de l'histoire, je vais utiliser un beignet pour te représenter, James, et un croissant pour Evans, parce qu'ils sont plus jolis. Et ce muffin sera moi parce que tout le monde aime les muffins »
« Sirius, arrête de donner des noms à la nourriture et viens en aux faits » dit Remus.
« Bien sûr » dit Sirius. « Alors me voilà, Délicieux Muffin, qui passe le temps dans la chambre de Beignet, quand subitement Croissant frappe à la porte. Beignet dit 'C'est Croissant ! Je vais l'embrasser... PAR LA FORCE' et moi, Délicieux Muffin, je suis genre 'Non, c'est pas bien, mec. C'est pas bien', et Beignet est genre 'TA GUEULE, CONNARD !' et me frappe au visage. Et je saigne et il m'attache et me fait rouler sous le lit. Heureusement que moi, Délicieux Muffin, je peux toujours regarder depuis le dessous du lit. Puis, Croissant rentre et dit 'Te voilà ! Il faut qu'on fasse du beurre pour nos devoirs de pâtisseries-en-chef (4) !' et Beignet est genre, 'Je vais t'embrasser, ma vieille !' et elle est genre 'hein ?' Ensuite Beignet sort son lasso et commence de l'embrasser alors qu'elle est sur le point de s'évanouir, en suffocant à cause de la laine. Et je suis genre 'Je dois sauver Croissant !' mais je ne peux parce que je suis piégé sous le lit de Beignet, donc je dois regarder Beignet embrasser un Croissant inconscient pendant deux heures »
Je vois Sirius faire entrer l'extrémité du croissant dans le trou du beignet pendant au moins dix secondes, jusqu'à ce qu'il déclare « Et c'est comme ça que ça s'est passé »
« Beuuurk James, t'as embrassé un muffin ! » se lamente Peter.
« Non, il a embrassé un croissant » le corrige Sirius.
« Même ! » tremble Peter. « C'est pas normal »
« C'était pas un vrai croissant, Wormtail ! » je grogne de frustration. « Argh, Moony explique lui, tu veux bien ? »
« Je suis déjà occupé à essayer de m'imaginer des aliments... avec une bouche... qui s'embrassent » Remus menace de se planter une fourchette dans la tête. Je l'arrête avant qu'il soit trop tard.
« On a besoin de ça » Je fais un geste pour désigner son cerveau. « En tout cas Wormtail, Lily représente le croissant - attends, attends, ATTENDS, on s'en fout ! L'histoire de Sirius est complètement incorrecte de toute manière. On était tous les deux conscients pendant le baiser ! »
« Ses yeux étaient ouverts ? » me questionne Sirius.
« Et bien... Evidemment que non quand on était bouche contre bouche- »
« Haha ! Elle dormait ! » Sirius frappe la table de jubilation. « Affaire classée ! »
« Attends une seconde, Padfoot- »
« Oh regarde » Sirius montre quelque chose derrière moi « Ta dame »
Lily ? Je fis volte face sur ma chaise et trouvait qu'elle n'avait pas l'air de très bonne humeur, un bocal de chocolat à tartiner dans les mains alors qu'elle passait devant nous pour sortir de la Grande Salle. Lily Evans et du chocolat à tartiner, ça donne pas mal de pensées cochonnes.
« Lily ! Oh douce cerise de mes desserts métaphoriques ! Je sais qu'on n'est pas parti du bon pied ce matin quand j'ai commencé à crier sans le vouloir »
« Oh non, tu n'as pas refait ton truc de 'TU VIENS POUR LE PETIT-DEJEUNER ?', si ? » devine Remus avec exactitute et de l'épouvante dans sa voix. Je suis embarassé.
« Enfin bref, je pensais à, tu sais, même si le pari tiens toujours, on pourrait... tu sais... possiblement recommencer nos étreintes enflammées de beignet et de croissants... Qu'est-ce que t'en dis ? »
Pas de réponse.
« Prongsie-pine, tu réalises bien sûr que Evans t'a complètement ignoré et qu'elle est sortie depuis dix secondes » me dit Sirius « et c'est pourquoi ce petit première année à ta gauche se demande si c'est à lui que tu parlais »
Je regarde le petit garçon.
« Comment du pain et de la pâtisserie peuvent s'embrasser ? » demande-t-il.
« Euh » Je lui tapote maladroitement l'épaule « Demande à ta mère »
« Mais je n'ai pas de mère »
Oh par Merlin, faites moi confiance pour dire quelque chose d'inapproprié à un gamin qui est probablement orphelin.
« Elle est morte ? » je dis, étant donné que je ne sais pas quoi dire d'autre.
« Non, elle n'est pas morte. Je voulais juste que tu te sentes très mal à l'aise - et puis, je peux pas la saquer » sourit le petit garçon.
« Sirius, je crois que nous avons trouvé la réincarnation de ton toi enfant » remarque Remus.
« La triste vérité derrière tout ça, c'est que même si tu plaisantes, tu as en fait à cent pour cent raison » dit Sirius.
« Et une autre triste vérité, c'est que Lily vient de passer et ne m'a même pas remarqué du tout, dévastant ainsi mon âme et effaçant le meilleur baiser que j'ai jamais vécu » j'ajoute.
« Oh... ça aussi »
« Bordel de merde ! » crie Sirius. « Qui continue de me jeter tous ces croissants ? »
Tout en passant inaperçu, Remus se mit à siffler.
« Les mecs » je commence d'un ton plutôt minable. « Vous pensez... Vous pensez que j'embrasse bien ? »
D'un même mouvement, les garçons se lèvent de la table et s'en vont en cours.
Je pense que l'intimité d'une amitié ne va pas si loin...
(1) : En VO c'est "Moonypants", pas aussi vulgaire que "Moony-pine" mais James parlait de vulgarité... Je suis passée par tout, Moony-kiki, -zizi, -nichon, -quéquette ça m'a bien fait rire. Je me suis tapée un véritable fou-rire avec Moony-quéquette (oui je frôle parfois les six ans d'âge mental) mais James parlait d'allitération alors j'ai changé pour -pine même si c'est pas génial. Heureusement que cette fic vole pas très haut...
(2) : En VO : "Pooface", j'aurais pu traduire littéralement (Face de caca globalement) mais James a transformé le surnom Padfoot en gardant le P et le F du surnom de Sirius, et la première chose à laquelle j'ai pensé c'est Pipi-froid et ça m'a fait éclaté de rire. Six ans d'âge mental je vous dis...
(3) : et je peux vous dire que j'ai BIEN galéré en cherchant sur internet toutes les citations de Shakespeare que Lily a reprit, pour trouver la traduction française officielle et tout.
(4) : en VO : our bread duties, bread = pain. Ce qui est super drôle puisque la Lily-Croissant parlait de leurs devoirs de préfets en chef, ce qui est traduit en anglais par : our head duties, j'ai fait de mon mieux.
J'adore traduire cette fic. Il y a tellement de moments où je traduis et je suis morte de rire tout en écrivant, comme pour le passage "TU VIENS POUR LE PETIT-DEJEUNER", j'étais explosée de rire. J'ai aussi envie de vous dire que j'ai traduit ce chapitre y'a genre 3-4 semaines et que quand je l'ai relu y'a quelques jours pour les fautes, j'étais juste morte de rire.
Je voulais dire aussi que ce chapitre est une des choses les plus drôles que j'ai jamais lu. En tout je l'ai lu six fois en comptant la traduction et relecture et chaque fois je pleurais de rire. Toute l'histoire avec le Muffin et le croissant, les cuillères et le couteau, le "SALUT MES MIGNONS" (en VO : "HELLO THERE", ce qui est dix fois plus drôle), le "TU VIENS POUR LE PETIT DEJEUNER" etc... J'espère que vous allez mourir de rire autant que moi ^^. C'est incontestablement mon chapitre préféré de cette fic.
