Désolée pour ce trèèèès long retard ! J'ai perdu l'envie, l'inspiration et la motivation pour cette traduction mais finalement j'ai tout retrouvé le temps de finir ce chapitre. Autant vous dire que j'ignore quand est-ce que je traduirais la suite, mais je finirais cette trad, soyez-en sûr.
Merci à tous pour vos gentilles reviews : xxShimyxx, Echco, MissWallie, Rose-Eliade, Zod'a Quatique, Amand'ArtS'Creations, Fraize00, Eroc-Chikachu, Tchoupi95 et MissJedusor08.
Disclaimer : Le monde d'Harry Potter appartient à JK Rowling, cette fic à Procrastinator-starting2moro, je ne suis que l'humble traductrice.
Dans les chapitres précédents : Lily et James, tous deux Préfets-en-Chef, ont fait un pari : James doit abandonner le Quidditch pendant sept jours. Si James y parvient, Lily deviendra sa petite-amie. S'il perd, elle lui rasera la tête. Pour James, véritable accro du Quidditch, le pari est extrêmement dur à vivre au point qu'il en devient parfois fou. Il voit le mot "Quidditch" écrit partout dans ses livres, sa plume n'écrit que le mot "Quidditch" (ces deux choses sont dues au fait que Lily a ensorcelé ses affaires, jusqu'à ce qu'elle s'en sente coupable et retire les enchantements), entend le mot Quidditch partout et les personnes qui l'entourent ressemble à des battes, des balais ou des Souaffles. Il sombre dans la folie quand Peter lui propose de remplacer le Quidditch par le tricot ; James va jusqu'à tricoter des vêtements et des animaux à tous les Gryffondors.
Lily n'est pas mieux lotie côté instabilité mentale. Après avoir été sauvagement menacée par le reste de l'équipe de Quidditch, elle va voir Remus (on apprend qu'elle parle très souvent à James de Remus, signe qu'elle n'est pas totalement indifférente à James) qui lui conseille d'annuler le pari et de simplement sortir avec James. A la place, Lily décide de confisquer toutes les affaires de James liées au Quidditch, dont le caleçon porte-bonheur de James qui a des vifs d'or comme motif. James la surprend à renifler ledit caleçon, alors qu'en réalité elle sentait un éternuement venir et que le caleçon était le seul tissu à porter de main. Pour qu'elle ne salisse plus son caleçon fétiche avec sa morve, il lui donne son chiffon à lunettes que Lily utilise à chaque éternuement. Elle aime l'odeur de pêche qui s'en dégage et garde le chiffon même lorsque son rhume est terminé.
Elle réalise que James lui plaît, malgré tout elle veut que le pari continue. Elle explique à Remus que c'est un pari sur le destin, à savoir que si James arrive à tenir et à gagner le pari, cela signifierait qu'il tient vraiment à elle et qu'ils peuvent être un couple ; s'il perd le pari, cela veut dire qu'ils ne sont pas fait pour être ensemble. Elle parle à James de tout cela et lui avoue qu'il lui plaît, et James l'embrasse. Lily déprime de s'être fait embrassé par ce garçon qui la rebute, bien qu'elle ait vraiment apprécié le baiser ; bref, elle est complètement perdue. Le lendemain, Sirius a jeté un sort à Lily qui se retrouve avec la phrase "J'AI EMBRASSE JAMES POTTER" tatouée sur le front.
Remus conseille à James d'abandonner le tricot et de lire "James et la grosse pêche" de Roald Dahl à la place. Profondément perturbé par ce livre, il ne cesse de l'appeler involontairement "James et son gros pénis" dans son esprit et de jurer par "son étourdissante tante Eponge" (Eponge est le nom de la tante du héros du livre). Perturbé par le tatouage sur son front, Lily veut se changer les idées et ses amies Lauren et Carly lui conseille de voler sur le balai de James. A contre coeur, elle suit leur conseil et découvre que c'est très agréable de voler et maudit James Potter pour avoir raison sur ce point.
Sirius prévient James qu'il a vu, grâce à des jumelles, quelqu'un voler sur son balai. Ignorant qu'il s'agit de Lily, James se précipite sur le terrain de Quidditch pour foutre une raclée au voleur de balai. Lily se pose quand elle le voit et James lui avoue qu'elle qui vole sur son balai est la chose la plus sexy qu'il ait jamais vu. Lily lui saute alors dessus et l'embrasse.
Un Potter ivre est une dangereuse chose
Lily
Je n'en n'aurai jamais assez d'embrasser James.
Vous connaissez ces couples-là ; ceux qui sont ensemble depuis si longtemps que leur relation est devenue cette chose horrible et ennuyeuse et pour qui embrasser son partenaire est devenue une corvée ? Et bien... Je ne peux pas imaginer que cela puisse arriver avec James.
Je ne sais pas pourquoi je lui ai soudainement sauté dessus, si on met de côté l'évidente explication : je suis véritablement folle. Mais à part ça, c'était probablement juste un moyen de le faire taire pour qu'il cesse d'émettre d'autres commentaires pervers.
C'est étrange mais Le Sentiment que j'avais en volant sur son balai tout à l'heure, ce sentiment de flottement, il fourmille toujours au fond de mon estomac comme un papillon bourré, et je réalise qu'embrasser James donne la même poussée d'adrénaline, pas que je le lui dirai un jour (nous ne voulons pas que sa tête grossisse à un point qu'il ne puisse plus marcher et qu'il soit obligé de traîner son scalp sur le sol, passant à travers des pierres, de l'herbe et les occasionnels excréments d'animaux de compagnie à cause de la paresse de leurs propriétaires - enfin, est-ce que c'est trop compliqué pour eux de ramasser la merde de leur chien ? Par la barbe de Merlin ! De quoi on parlait déjà ?).
Je peux entendre mes dents claquer et je peux littéralement ressentir les siennes vibrer dans sa bouche tandis qu'il m'embrasse.
« M-m-merlin, j'ai tellement froid » dit-il - enfin, je crois que c'est ce qu'il dit. C'est difficile de comprendre ce que quelqu'un dit lorsque que ce quelqu'un vous embrasse et essaye de parler et que ses dents tremblent à 100 kilomètres/heure.
« On p-peut faire ça à l'i-intérieur comme des gens n-normaux ? » me dit-il avec beaucoup de difficulté. Je hausse un sourcil.
« Oh, bien sûr, on n'est p-pas normaux, n'est-ce pas ? » Il laisse échapper un gloussement et j'ai envie de sourire, mais lorsque j'essaye mon visage finit juste par se tordre à cause du froid et je noue mes bras autour de son cou dans l'espoir d'un peu de chaleur. Cela ne marche pas, et j'arrive juste à l'étrangler un peu. Il émet un son d'étouffement. Je ne m'inquiète pas trop.
« C'est » Il fait une pause pour respirer, frissonnant de froid « n'importe quoi, n'est-ce pas ? »
Je presse mon oreille contre son torse et je crois entendre son cœur cogner, un cœur qui bat très vite. Alors comme ça, James Potter est humain ! Pour plein de raisons, je pensais qu'il était un alien. « Qu'est-ce qui est n'importe quoi ? » je me renseigne.
« Nous » dit-il vaguement. Je le pousse dans l'estomac pour qu'il continue. « Notre situation. Nous avons fait un pari très sérieux mais pourtant, nous faisons des choses comme ça. Ça a tendance à faire exploser mon cerveau »
« Tout fait exploser ton cerveau » dis-je pour faire remarquer l'évidence « Des mots-croisés font exploser ton cerveau, James- »
« Ouch » Il donne un petit coup dans mon tibia avec le sien. Des bourrasques de vents sifflent dans l'air, mettant mes cheveux dans un état encore plus chaotique. La météo me ramène à la réalité, et soudain je suis incroyablement embarrassé d'avoir utilisé James comme un meuble. Je sais que les fauteuils sont censés souffrir sous le poids de mon corps, mais une vraie personne qui est obliger de supporter mon poids ? Merlin, ça doit être désagréable.
« Quoi ? » James remarque mon expression inconfortable. « Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu ne t'es pas pissée dessus, si ? »
Je me renfrogne immédiatement et lui en veux pour avoir ruiner l'ambiance « Bien sûr que non ! Ne sois pas dégoûtant »
« Merci Morgane » Il a l'air rudement soulagé « Ça m'est arrivé une fois et je ne veux pas que ça se répète »
Je ne sais plus où me mettre. « Tu as vu quelqu'un qui s'est pissé dessus devant toi ? »
« Apparemment les filles de onze ans sont extrêmement froussardes »
Je suis incapable de comprendre ce qu'il dit, comme d'habitude. « Mais qu'est-ce que tu avais fait pour qu'elle se pisse dessus ? »
« Elle m'a surprise en train d'uriner dans un buisson »
« ...Il t'es déjà arrivé quelque chose de sensé dans ta vie ? »
James prend une seconde de réflexion. « Une fois j'ai mangé du porridge pour le petit-déjeuner »
Wow, quelque chose de normal.
« Puis Sirius a mis le feu à ma main »
J'ai parlé trop vite.
« Je ne peux plus sentir mes extrémités inférieures » mentionne-t-il tout d'un coup, et il est bon sang de chanceux parce que je peux en réalité les sentir se presser contre moi et ARGH, ANATOMIE MASCULINE, ARGH. « Peut-être qu'on devrait retourner à l'intérieur ? »
« Peut-être » j'acquiesce, ce qui signifie 'avec joie' dans le Langage de Lily Evans et ARGH, ANATOMIE MASCULINE, ARGH.
« Tu veux rentrer au château pour du chocolat chaud ? » demande-t-il, une fois que nous sommes de nouveau debout.
« Quand tu parles de chocolat chaud, ce n'est pas un euphémisme pour tu-sais-quoi, si ? »
James me lance un regard vide. « C'est Tu-Sais-Qui » dit-il en pensant me corriger.
« Non, je ne parle pas de Voldemort- »
James fait semblant d'avoir le souffle coupé. « Tu as dit son nom ! Tu vas l'attraper » Il tire la langue tout en piquant mon estomac de son doigt plusieurs fois. Je le laisse faire pendant un moment en espérant que son attention sera attirée par quelque chose de brillant comme pour les Niffleurs, jusqu'à ce qu'il me pique pour la quinzième fois et que je souhaite être un fantôme pour que sa main traverse mon corps et qu'il laisse échapper un hurlement de fille et s'il le fait encore une fois je vais lui briser le crâne contre ce banc.
« Woah ! » Il enlève subitement sa main, la fourrant sous sa chemise pour la protéger. J'aperçois un morceau de peau de sa taille - Oh Merlin, il ne vaudrait mieux pas que je sois tombée dans un moment de voyeurisme à l'encontre de James Potter ce qui reviendrait à dire que je suis une vicieuse vicelarde. « Qu'est-ce que je viens de toucher ? » me demande-t-il, paniqué.
« C'était mon nombril »
« Oh, merci Merlin » prie-t-il avec soulagement « J'ai cru que c'était un trou anormal dans ton estomac... tu sais, comme un trou noir... mais dans ton ventre, un qui serait probablement pratique pour se rattraper si jamais on tombe, ou qui pourrait être utiliser comme lieu de stockage... »
Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire - à ses dépends, sans aucun doute. « Arrête de me faire rire, tu vas devenir amnésique »
« Arrête de me trouver marrant, alors » rétorque-t-il avec un petit sourire, avant d'avoir rapidement l'air confus « Et comment exactement je pourrais devenir amnésique ? »
« Je ne te trouve pas marrant, je te trouve cinglé. Et l'amnésie sera le résultat du moment où je prendrai cet énorme rocher que tu vois là-bas et où je l'utiliserai pour te donner un terrible coup sur la tête »
James me regarde, silencieux, essayant de savoir si je plaisante ou non. « Chocolat chaud ? » dit-il avec espoir.
« Pourquoi pas » j'accepte l'offre avec un sourire sincère.
« Oh » James regarde quelque chose derrière mon épaule « Et ramasse Suzie tant qu'à faire »
Il marche devant moi, s'attendant apparemment à ce que je le suive. Il ne regarde pas en arrière. Je reste immobile et gelée sur le sol.
Suzie ?
« Excuse-moi mais qui est Suzie ? » je demande furieusement. Il fait volte face, l'air alarmé. « Une de tes groupies que tu veux que je drague pour toi ? »
Son visage devient rouge quand il répond « Je parlais de... mon balai »
Oh ! Oh je comprends maintenant ! Il a appelé son balai Suzie !
Pourquoi ne suis-je pas soulagée ?
« Je devrais être jalouse ? » je demande à James, en ramassant le balai et en enlevant la terre qu'il y a dessus. « Tu as nommé d'autres choses que tu possèdes, comme... Ta plume ? Est-ce qu'elle s'appelle Joanna ? Tu nommes tes orteils individuellement et ce sont tous des prénoms masculins ? »
« Premièrement ce n'est pas Joanna, c'est Elizabeth. Deuxièmement, donner des noms à des orteils ? » James rit de bon cœur. Je ne comprends pas ce qu'il y a de si amusant. « Ça c'est stupide »
Parce que donner un prénom à l'objet avec lequel tu écris est plus intelligent.
« Bien, voilà ta Suzie » J'insiste volontairement sur le nom pour me moquer de lui en lui tendant son balai pour qu'il le prenne. Tout d'un coup, une pensée me frappe, et j'ai l'impression que tout ce qui nous entoure bouge au ralenti.
S'il prend le balai, à la seconde même où ses doigts toucheront le manche en balai, il perdra le pari. C'est contre les règles du pari de toucher quoi que ce soit qui soit lié au Quidditch, et c'est une question de secondes avant qu'il ne touche le balai. Mon esprit s'emplit de panique. A-t-il oublié ? Et est-ce qu'il a ce besoin de toucher son balai et qu'il ne peut juste pas résister, il ne peut juste pas s'empêcher de prendre le manche en bois et s'élancer dans le ciel ?
Mais ce n'est pas trop tard ! Ses doigts sont proches à présent mais je peux l'arrêter juste à temps si je le veux. Je peux reculer le balai, sa main ne l'atteindra pas et il ne perdra pas le pari. Pourtant...
Ma main est gelée, immobile. Ça pourrait être à cause du froid, ou à cause d'une partie de moi qui voudrait voir s'il fera cette erreur, savoir s'il est assez idiot pour prendre le balai. Ou il ne s'intéresse plus au pari, ce qui veut dire qu'au fond il ne s'intéresse plus assez à moi -
« Woah » James recule d'un pas et lève les mains en l'air, seulement quelques millimètres avant que son index n'effleure le balai. Je laisse échapper une profonde expiration et réalise que j'ai retenu ma respiration pendant tout le temps où j'ai observé James et ce qui a failli se produire.
Il ne l'a pas touché. Il n'a pas perdu pour l'instant.
Mon sourire bizarrement enthousiaste s'efface au moment où je déchiffre les émotions de son visage, dont une qui s'avère être une légère colère contre moi.
« Je ne peux pas croire ce que tu viens de faire » Il me regarde comme si je l'avais trahi et je déteste ce regard - c'est normalement celui que je lui donne. « Tu as failli me piéger ! J'aurais pu toucher le balai et j'aurais pu... J'aurais pu perdre le pari et... tu veux que je gagne ce pari ou pas, Lily ? »
Cette question n'aurait pas due être compliquée, puisqu'il n'y a que deux réponses à choisir, sauf qu'il se trouve que je finis par admettre dans un marmonnement « Je ne sais pas »
« Tu ne sais pas ? » répète-t-il, confus. « Qu'est-ce que tu veux dire par tu ne sais pas ? Tu m'as embrassé, deux fois, et tu ne sais pas ?»
J'ai envie de lui dire que je suis contente qu'il n'ai pas touché le balai mais je ne peux plus retrouver ma voix. Tout ce que je peux faire c'est regarder ses pupilles qui dansent de droite à gauche tandis qu'elles cherchent les miennes.
« J'aimerais pouvoir lire tes pensées, Lily »
Non tu n'aimerais pas, James.
« J'aimerais juste... J'aimerais pouvoir entrer dans ta tête »
Tu n'aimerais vraiment pas.
Je me sens si mal à l'aise que j'ai du mal à me tenir droite, mais je choisis de blâmer le froid. La conversation a prit une tournure si déprimante. « Tu viens ? » je demande tranquillement en désignant le château.
« Nan, plus tard. Vas-y, toi » Son ton est aussi froid que le vent glacé. J'ai envie de rentrer en marchant à côté de lui. Je veux que les autres nous voient et qu'ils se fassent de fausses idées à propos de nous deux qui marchons côte à côte. Je veux des malentendus.
« À toute, alors » lui dis-je. Je m'immobilise un instant, espérant qu'il change d'avis, mais ce n'est pas le cas. Son balai en main, j'entreprends le froid voyage jusqu'au château, seule.
Je regarde en arrière et repère James regardant mon derrière tandis que je m'éloigne, mais il ne me regarde pas vraiment, il fixe juste le terrain de Quidditch avec un regard qui me fait du mal et qui dit Tout ça me manque, tellement.
James
Tandis que je fixe le terrain de Quidditch, je ne peux m'empêcher de revivre certains de mes vieux souvenirs d'entraînements de Quidditch, mon équipe qui s'arrache au travail pour que je cesse de les tourmenter, les matchs qui transforment votre estomac en paquet de nerfs juste avant d'entrer sur le terrain sous le refrain des encouragements des supporters, comme si nous étions célèbres, comme si nous étions nés pour être là.
Je me demande ce que James et son gros pénis-
... Faites comme si je ne m'étais pas trompé. Ahem.
Je me demande ce que James et sa grosse pêche feraient dans cette situation.
... Il oublierait probablement le pari et enverrait tout balader en s'installant sur sa grosse pêche volante sous le refrain de strip-teaseuses perchées sur un putain d'arc-en-ciel.
Mais ne me prenez pas au mot. Je n'ai pas lu le livre en entier.
« Capitaine Potty ! »
J'espère que c'est Lily avec un nouveau curieux surnom pour moi, mais je réalise ensuite qu'elle ne m'appellerait jamais Potty directement devant moi - enfin, si elle en serait capable, mais elle ne m'appelle jamais Capitaine, il n'y a que les membres de mon équipe de Quidditch qui m'appellent Capitaine. Et je n'ai vraiment pas envie de voir un joueur de mon équipe en ce moment.
Marlene apparaît devant moi avec - je gémis lorsque je le remarque - un balai éblouissant sur son épaule. De toute mon équipe, elle est la dernière joueuse que j'aimerais voir.
« Quel crime ai-je commis pour mériter ton horrible compagnie ? » je demande.
« Non seulement parler de tous les défauts de ta personnalité prendrait sept heures, mais en plus ça te déprimerait vraiment, vraiment beaucoup » Elle termine sa phrase sur un petit sourire suffisant. Si les regards pouvaient tuer, je souhaiterai que milles yeux furieux se posent sur elle.
« Tu es obligée d'être si méchante ? » je soupire avec une voix mélodramatique « Les hommes auraient un tout petit peu moins peur de toi et te demanderaient éventuellement de sortir avec eux - s'ils étaient payés, tout du moins. Dominic en perdrait la tête si tu sortais avec lui » Je parle de l'alcoolique de l'équipe qui, pour des raisons inexplicables, a flashé sur elle - bien qu'il ait été ivre le jour où j'ai découvert qu'il était évident qu'il l'appréciait, donc je ne suis pas complètement certain de ce que j'avance. « Mais non, tu ne sortirais avec lui seulement si tu subissais une greffe de cœur, puisque tout le monde sait que tu n'as pas de cœur du tout- »
« Tu veux que je démissionne de l'équipe, Capitaine ? »
Mes lèvres s'étirent dans un sourire feint. « Je suis désolé, qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ta sublime présence en ce moment même ? »
« Oh » Marlene est en train de nettoyer ses ongles, l'air de déjà s'ennuyer ferme par cette conversation « Je ne suis pas venue pour toi. Je suis venue pour jouer au Quidditch »
Je grince des dents pour toute réponse. Ne pas... frapper... une fille. « Tu ne serais pas en train de me narguer parce que tu peux jouer au Quidditch et pas moi ? »
Marlene sourit « Non ! Non, si je te narguais je ferais ça » Soudain, elle commence à danser en remuant son balai devant mon visage tout en chantonnant avec joie et vantardise « Je peux jouer au Quidditch et PAS TOI »
Je pourrais tout simplement briser son balai et nous serions tous les deux dans la même situation.
Elle prend soudain un air sévère, un air que je ne peux pas prendre au sérieux après cette terrible danse qu'elle vient de faire. « Je m'entraîne ici tous les jours, tu sais »
J'admets que je suis sidéré par ses mots.
« Pas possible » je réponds avec entêtement. Je le saurais si elle s'entraînait ici quotidiennement ; je suis son capitaine, par la barbe de Merlin.
« Je ne me moque pas de toi. C'est vrai » On dirait qu'elle n'a pas l'air contente de ce qu'elle dit « Je reviens même après les entraînements de Quidditch que tu nous donnes avec l'équipe. Je m'entraîne jusqu'à ce que mes mains soient paralysées » Elle plie ses doigts devant elle, admirant les callosités de ses paumes « Je le fais seulement pour être meilleure que toi, malgré le fait que je sais que je ne le serais jamais » Je m'attends à ce qu'elle dise cela d'une voix amère, mais elle sourit malgré tout, en me lançant un regard qui sous-entend que son compliment, comme quoi je suis l'un des meilleurs, devrait me faire plaisir.
Elle se tourne vers moi avec un visage bizarrement plus avenant que d'habitude. « Je parie que tu ne le savais pas, n'est-ce pas ? »
« Non » j'avoue presque tristement.
Elle n'a pas peur de rire à mes dépends « Ça montre à quel point tu connais tes joueurs, non ? »
Oui, ça montre réellement à quel point je connais mes joueurs.
« C'est ça, le problème avec toi » continue-t-elle, avec une sorte de pitié dans le regard. Je ne savais même pas qu'elle pouvait ressentir de l'empathie « Tu penses trop au jeu, à gagner. Peut-être qu'un jour tu devrais prendre du recul et apprendre à connaître les gens qui t'entourent »
Ses mots m'affectent, et même si notre conversation a commencé sur un ton acerbe, je suis content de l'avoir eue parce que j'ai de ce fait beaucoup plus de respect pour cette fille. Cependant, avant que je puisse la remercier pour ce conseil plein de bon sens, elle saute sur son balai et me lance un « À plus tard, Capitaine ! »
Je l'observe voler dans le ciel pendant quelques minutes, s'entraîner aux piqués et atteindre la vitesse maximum de son balai. Elle s'est améliorée - bon sang, elle s'est énormément améliorée, et je ne l'avais jamais remarqué. Je ne réalise que maintenant que je n'avais pas été assez attentif à mon équipe, à ceux qui m'aident à gagner, et qu'à la place je m'étais seulement concentré sur l'idée même de gagner.
Puis je me rends compte d'à quel point cette théorie sur l'idée de gagner s'applique au pari que j'ai fait avec Lily. Est-ce que j'ai simplement envie de gagner parce que je déteste perdre ? Ou est-ce que c'est parce que je suis pathétiquement amoureux de cette fille ?
J'enfouis mes mains dans mes poches et prends le chemin du retour vers le château, les mots de Marlene faisant écho dans mon esprit pendant tout ce temps.
Lily
Après l'incident avec James, je ne peux m'empêcher de me sentir d'humeur morose, lugubre et d'autres adjectifs déprimants aux sonorités sinistres. Il m'a fait me questionner sur tout et réaliser quelque chose d'assez déconcertant : je ne sais pas ce que je veux.
Heureusement, toutes ces pensées profondément dépressives sont envoyé balader par-dessus une falaise dont la hauteur frôle les cieux alors que j'entre dans la tour des Gryffondors en cherchant Carly et Lauren, mais je trouve quelqu'un d'encore mieux...
Sirius Black, ce branleur.
Au lieu d'annoncer ma présence, qui n'a pas été remarquée ce qui démontre l'impolitesse de la situation, je décide de garder le silence et de le tuer avec l'avantage de l'élément de surprise. J'ai entendu dire que c'était l'élément clé ces derniers temps.
Alors que je m'approche de lui sur la pointe des pieds, je le découvre assis sur le fauteuil le plus près de la cheminée (et je peux facilement le pousser dedans, hourrah), pourtant quelque chose me bloque la vue de son visage de manière à ce que je ne vois pas sa petite bouille que les femmes trouvent si séduisante. Son visage est caché par un... un LIVRE ? Il doit être en train de se foutre de la gueule du monde !
Non, grâce à une inspection plus rapprochée, je vois qu'il lit James et la Grosse Pêche de Roald Dahl - oooh ! J'ai lu ce livre ! Il faut que je demande à Sirius ce qu'il pense de - NE TE LAISSE PAS DISTRAIRE, LILY, TU ES SUPPOSEE LUI BOTTER LES FESSES.
« SIRIUS BLACK ! »
Tant pis pour l'élément de surprise. Il lâche immédiatement le livre et laisse échapper un juron de terreur « Par Merlin ! » en me voyant, essayant de me bousculer pour s'échapper. Mais il est trop tard quand mes ongles tranchants jettent leur dévolu sur le col de sa chemise et que je le retiens, avec tant de force qu'il se tient sur la pointe des pieds.
« Tu vas avoir de sérieux problèmes ! »
Je me donne mentalement une gifle. Comme ai-je pu utiliser le mot « sérieux » devant Sirius, je me dégoûte...
« Enlève moi ce tatouage de mon front tout de suite ! » j'ordonne. Il a l'air plutôt surpris. Il s'attendait sûrement à ce que je le retrouve un jour ou l'autre quand même ?
« Comment tu as su que c'était moi ? » demanda-t-il dans un couinement de petite souris.
« Comment j'ai... COMMENT J'AI SU ? Tu vois ça, Black ? » Je désigne une minuscule petite marque noir au-dessus de mon sourcil droit. « Est-ce que tu le vois ? Je me demandais ce que c'était que ce putain de truc, enfin, après avoir terminé de m'intéresser au gigantesque 'J'AI EMBRASSE JAMES POTTER' qui orne mon front, jusqu'à ce que Lauren regarde avec une loupe et découvre que c'était ta PUTAIN DE SIGNATURE signée sur mon visage comme si mon front et ce que tu en as fait était une œuvre d'art DANS UNE PUTAIN DE GALERIE ! »
Je crois que je nous ai tués tous les deux avec le volume de ma voix. Il grimace « Je savais que la signature, c'était trop... »
« Dis-moi comment je m'en débarrasse ! » Je le secoue par le col.
« Très bien, très bien ! Range tes cornes de démon - désolé, ai-je dit cornes ? Je voulais dire CHEVEUX - aaaaaaaaargh ! » Il s'étrangle dans sa toux, inspirer et expirer s'avère être difficile avec mon étroite prise sur son cou « Ne réagis pas trop de façon exagérée- » Je prédis que je vais réagir exagérément « -mais le sort ne s'en ira que demain matin »
Je le lâche sur le sol avec horreur. Ce n'étaient pas les mots que je voulais entendre.
« Et bien, c'est dommage, n'est-ce pas ? » Je relève les manches de ma robe et sort ma baguette. Il lève des yeux terrifiés vers moi « Fais ta prière »
Et puis je peux imaginer que dans le monde de Sirius, tout devint noir.
James
Après un bref arrêt aux cuisines, je passe par le trou du portait de la Tour des Préfets et découvre Sirius assis à l'intérieur, son visage masqué par un livre. Ça ne manque jamais de m'ennuyer quand je le trouve ici parce qu'il laisse son odeur de chien un peu partout dans la pièce (ça sent l'herbe mouillée, les pieds et le derrière de quelqu'un - pas que j'en ai reniflé un dernièrement, mais on ne peut que supposer que ce n'est pas agréable) et Lily me le reproche ensuite. Et puis, ce n'est pas très drôle de se vanter d'avoir un appartemment personnel quand les autres y ont accès. Je ne sais vraiment pas comment il arrive à retrouver le mot de passe - j'imagine que je le lui révèle quand je suis bourré. Un Potter ivre est quelque chose de dangereux.
« Hey Prongs » Il se sert d'une de ses mains pour faire un bref signe dans ma direction depuis son livre qui semble le captiver.
« Hey Padfoot. Moony n'est pas là donc tu n'as pas besoin de métamorphoser ton magazine porno en de la vraie lecture intellectuelle » Je souris devant ma propre éloquence.
« En fait, je suis en train de lire le livre que tu m'as passé toute à l'heure »
Je fronce des sourcils devant cette réponse. Il a utilisé des mots que je ne l'ai jamais entendu dire auparavant, dont le plus étrange : lire. Me rapprochant, je découvre que Sirius lit James et Son Gros Pénis -
Oh par mon étourdissante tante Eponge, combien de fois est-ce que je vais me tromper de titre ? Reprends-toi, Potter !
... Comme je disais, Sirius lit James et... Sa... Grosse Pêche, et je me sens subitement profondément fier de moi. Moi, James Potter, j'ai donné un livre à Sirius Black et maintenant il le lit ! Je pourrais ensuite éliminer la faim dans le monde ! Et... Et je pourrais même relooker Snape - non, attendez, j'ai été un peu trop ambitieux sur ce coup là, je m'excuse.
« Ce livre c'est comme l'histoire de ta vie, James ! » insiste Sirius.
« Vraiment ? » je réponds avec incertitude. Je ne me souviens pas avoir volé sur le dos d'une pêche jusqu'à New York récemment. Je ne sais même pas placer New York sur une carte.
« Sérieusement ! » confirme Sirius. Il utilise son fameux ton je-me-fous-de-toi. Je me prépare mentalement. « Regarde, ce mec James a sept ans, tu agis et tu as la capacité mentale d'un enfant de sept ans »
« Tête de con »
Il baisse soudain le livre pour le poser sur ses genoux et je laisse réellement échapper un petit cri devant son état.
« Explication du pourquoi bordel tu as ça sur ton front, s'il te plaît » j'ordonne avec des yeux de la taille d'un Souaffle. « Maintenant »
Il me lance le regard le plus réfrigérant que j'ai jamais vu « J'ai décidé de faire mon coming-out » dit-il avec sarcasme avant de me montrer une mine boudeuse. « Lily m'a trouvé, abruti »
C'est la dernière personne au monde qui a le droit de me traiter d'abruti. « Je ne crois pas qu'on se soit jamais embrassé »
« Moi non plus. Lily aime apparemment l'idée que j'ai l'air d'un homosexuel » répond-il sans goûter à la plaisanterie.
Je fixe le récent et vraiment peu attirant 'J'AI EMBRASSE JAMES POTTER' tatoué sur son front. Je suppose que Lily a trouvé Sirius et a découvert que c'était un sort du genre attends-le-matin-pour-que-ça-disparaisse-haha, et que faire la même chose à Sirius était une revanche parfaite. De plus, les lettres noires qui décorent le front de Sirius brillent et sont parcourues de paillettes, une jolie touche féminine de la part de la rousse. Pour des raisons évidentes, je préfère largement le tatouage sur Lily que sur Sirius.
« Je serais en train de rire en ce moment » mentionne-je « si ça, tu sais, NE M'IMPLIQUAIT PAS » Pourquoi est-ce que tout le monde s'écrit sur leurs fronts qu'ils m'ont embrassé ? Est-ce que c'est une nouvelle mode dont on ne m'a jamais parlé ?
Découragé, je soupire à l'idée que tout le château va penser que Sirius et moi sommes amants, et je décide de me réconforter en jouant avec les paillettes qui tombent à présent du front de Sirius. J'en attrape une et la mange. Les paillettes ont le goût du poulet.
« Ça a un peu le même goût que du poulet, tu trouves pas ? » lit Sirius dans mon esprit. J'acquiesce en essayant de m'emparer d'une autre scintillante particule flottante. « N'en manges pas trop, tu vas avoir mal à l'estomac »
« T'es pas ma mère » Je lui tire la langue puis attrape une autre paillette au poulet. « Je suis assez grand pour manger autant de paillettes que je veux bon sang, merci bien... Et je n'aurais jamais imaginé que je dirais ça un jour, jamais » Je termine par froncer les sourcils avec curiosité. Je repère quelque chose du coin de l'œil. « Le feu commence à s'éteindre » Je pointe la cheminée du doigt, en frissonnant légèrement.
« Oh » répond Sirius, pas le moins du monde troublé. À ma plus grande horreur, il prend James et la Grosse Pêche et le jette dans le feu pour le raviver. Je me lève immédiatement, mortifié.
« Ce livre était à Moony » je lui siffle. Brûler un livre qui appartient à Remus Lupin ne peut avoir qu'un seul résultat : une mort certaine.
Sirius bondit de son fauteuil avec terreur. L'air paniqué, il murmure « Si quelqu'un te demande, c'est Frank Longbottom qui l'a fait »
« Bien sûr » Je le tapote gentiment sur le dos et lui fait un signe de la main pour lui souhaiter une bonne nuit. Cette nuit-là, les bras de Morphée sont anormalement confortables et il est simple de s'effondrer dedans. C'est toujours ce qui se passe après que je l'ai embrassée, elle.
Le lendemain...
Sixième jour du pari, et à la table du petit-déjeuner, le front pailletés de Sirius semble avoir attiré une sacrée foule. Des gens font la queue pour le voir, ou juste pour manger une de ses paillettes qui à l'unanimité ont vraiment le goût du poulet.
« Je continue de penser qu'ils ont un goût de porc » dit Peter avec entêtement.
« Bref » dit Sirius pour changer de sujet (alors que pas vraiment) en prouvant qu'il est possible de rentrer un muffin entier dans sa bouche en une seule fois « La revanche d'Evans s'est retournée contre elle parce que je peux en tirer un grand profit » Il pointe le 'J'AI EMBRASSE JAMES POTTER' sur son front. En parlant de Lily, je la cherche et la trouve en train de petit-déjeuner avec un front si propre qu'on pourrait manger dessus. En fait, j'aimerais bien manger des pancakes sur son merveilleux front-
« De quelle planète tu viens ? » me demande Remus en fronçant des sourcils « Quel sorte de taré voudrait manger des pancakes sur le front de la personne qui lui plaît ? »
... Je dois vraiment arrêter de dire à haute voix mes fantasmes aberrants.
« Hey James, j'ai entendu dire que tu lisais ces derniers temps » soulève Peter « Comment ça se passe ? »
L'image du livre de Remus réduit en cendres me vient à l'esprit.
« Ce fut... difficile » je réponds maladroitement. Remus sait que quelque chose s'est passé, je peux le lire dans ses yeux. « Tu vois, le livre et moi n'avons pas vraiment eu le temps de... passer du temps ensemble, je dirais- »
« Qu'est-ce que tu as fait à mon livre, James » Remus se penche en avant avec ses dangereux yeux plissés en une fente. Il sait tout.
« Je n'ai rien fait ! » je me défends précipitamment. « Je vais te dire qui est le foutu responsable, par contre » Je regarde Sirius et je suis sur le point de cafter comme le Maraudeur que je suis quand Sirius intervient brusquement.
« Frank Longbottom ! »
« Quoi ? » nous nous exclamons en choeur Remus et moi.
« C'est Frank Longbottom ! » répète Sirius, en tapant la table de sa cuillère. « Frank a brûlé ton livre ! »
Remus a l'air profondément bouleversé. « Mais... Pourquoi Frank brûlerait mon livre ? »
Sirius se force à rire et il tente de réfléchir à une excuse tangible « Problèmes. Il a des problèmes » dit-il vaguement. « Une sorte de... euh... d'incident s'est produit quand il était plus jeune. Je crois qu'il était dans une bibliothèque, euh... une des étagères est tombée et il s'est fait écrasé par pleins de livres, tu vois ? » dit-il comme si Remus avait également vécu personnellement l'expérience de se faire écraser par des livres - vu que c'est un rat de bibliothèque et tout ça.
« Il hait la littérature depuis » continue Sirius. « Quand il a vu le livre il a juste pété un câble et l'a jeté dans la cheminée de la salle commune » Après ce mensonge immanquable, il croise les bras et essaye de garder son sérieux « N'en parle pas à Frank par contre, il n'aime pas en parler »
Bien évidemment, ce fut prévisible, Remus n'en croit pas un seul mot « Sirius » soupire-t-il « Si tu penses que je vais ne serait-ce que réfléchir à l'éventualité de croire les conneries que tu racontes, tu te mets le doigt dans l'œil- »
« JE TE HAIS ! » l'interrompt une autre voix. Les Maraudeurs et moi regardons sur notre gauche où Frank vient d'entrer dans la Grande Salle et est à présent en train de frapper à répétition un livre contre la table, un livre qui est maintenant couvert de morceau de bacon et de céréale. « JE TE HAIS ! » hurle-t-il au livre de nouveau.
« Frank ! » Je l'appelle et il cesse de cogner son livre à présent recouvert de lait. « Tout va bien ? »
Ses joues rosissent quand il répond calmement « Désolé, je me bats juste avec cette rédaction de Métamorphose »
J'acquiesce doucement. Il nous dit au revoir et on le regarde s'en aller furtivement.
« Tu vois ! » dit Sirius une fois qu'il est parti, l'air suffisant.
« Ce n'était rien qu'une coïncidence et tu le sais » grommelle Remus. « Bref » Il me redonne son attention « Si tu veux un autre exemplaire de James et la Grosse Pêche tout ce que tu as à faire c'est demander, James »
Je lui jette un regard vide « Ce livre m'a donné des cauchemars, Moony. Tout ce à quoi je pouvais penser c'était des pêches volantes qui essayaient de me tuer, ou alors que je me noyais dans du sorbet à la pêche »
« Tu n'étais pas censé le prendre sérieusement, James ! »
Je prends un air renfrogné « C'est maintenant que tu me dis ça ! »
« D'accord, je m'excuse » dit-il sans ciller. « Je me rends compte que tu n'avais pas beaucoup d'expérience avec la littérature et peut-être que te donner un livre qui parle de pêches volantes n'était pas la meilleure idée que j'ai pu avoir »
« Vraiment, vraiment pas une bonne idée » ajoute Peter. Je prendrai en compte ta remarque, Pettigrew.
Remus continue « Je crois que j'ai un autre livre de Roald Dahl qui pourrait t'intéresser- »
« PAS QUESTION ! » je panique « Ce gars est cinglé ! »
« Ok, un autre écrivain, alors »
« Non » Je lève mes mains pour lui dire d'arrêter « J'en ai assez des livres, Moony. Ils me poussent à bout. Si tu as une autre suggestion que la lecture, je t'en prie, dis-le moi. Sinon, tu ferais probablement mieux de détaler »
« Je serai à la bibliothèque » Remus me tapote gentiment l'épaule avant de se lever et de partir.
Je me tourne vers Peter qui prend un air enthousiaste à l'idée de parler d'un sujet lié au tricot. « Tu ferais mieux de le suivre, Monsieur le Tricoteur » dis-je en cassant son enthousiasme. Il acquiesce solennellement avant de suivre Remus.
Il n'en reste plus qu'un à qui je peux demander des conseils.
Souhaitez-moi bonne chance.
« Padfoot » je commence prudemment « Tu es mon dernier espoir »
Sirius a soudain l'air d'un elfe de maison scandalisé « Je ne pense pas que j'ai envie de t'aider » m'annonce-t-il, d'une voix snob. « De tous les Maraudeurs tu me demandes en DERNIER et je suis censé être ton préféré »
« Je suis désolé, d'accord ? » J'espère que mes excuses lui suffiront « Donne-moi juste un peu de ta sagesse de Black. Quels loisirs me suggère-tu pour penser à autre chose que le Quidditch ? »
Je m'attends à une bonne réponse. Sirius est un type super ; il sait comment s'amuser. Il est comme un frère pour moi. Je ne sais pourquoi je ne suis pas allé le voir depuis le tout début !
« Et bien... Je n'ai pas beaucoup de loisirs en fait- »
Oh. Voilà pourquoi.
« T'ES D'UNE SUPER AIDE, ABRUTI »
« Je n'ai pas fini, débile » me dit sèchement Sirius « Je suggère... euh... Qu'est-ce que j'aime... oooh » s'interrompt-il avec excitation « Pourquoi pas le Quidditch ! Oh, attends- »
« QUEL GENRE D'IMBECILE ES-TU ? » je crie.
« Désolé, j'avais oublié que tu n'avais pas le droit d'en faire » me répond-t-il, embarrassé. Pensif, il pose son menton dans sa main « Qu'est-ce que je fais à part du Quidditch... Je mange. Pourquoi pas manger ? Ou dormir. Manger et dormir, mais pas au même moment évidemment » Il rit. Moi pas. « Ou... Chais pas, flirter ? Flirter, ça t'aide à passer le temps. Tu pourrais faire des blagues à Snivellus mais Evans n'a pas l'air de beaucoup aimer quand tu fais ça. Est-ce que j'ai déjà dit manger ou dormir ? »
« Oui » Espèce d'arriéré.
« Oh d'accord... Oh, tu peux toujours manger ou dormir- »
« Tu l'as déjà dit trois putains de fois » je fais remarquer.
« Oh, c'est vrai ? Pourquoi pas manger- BLAGUE, HAHA. Non... euh... Attends, on devrait faire une virée d'urgence à Pré-Au-Lard ! » propose-t-il en jubilant.
Mes yeux s'écarquillent. « Hors de question »
« Pourquoi pas ? »
« La dernière fois je me suis retrouvé menotté à un banc »
« Qu'est-ce qu'il y a de mal à ça ? »
« Tu as volé mes vêtements et tu m'as abandonné alors que j'étais tout nu. C'est le professeur McGonagall qui m'a trouvé la première. Heureusement que mes... parties étaient couvertes par mon chapeau d'anniversaire »
« HAHAHA, le bon vieux temps » remarque Sirius. Je hoche la tête. « Ne t'inquiète pas Prongs » Il entoure mon épaule d'un de ses bras « On fera une virée à Pré-Au-Lard tout ce qu'il y a de plus sympa et d'innocente et je promets que je veillerai sur toi »
J'ai le mauvais pressentiment qu'il va m'enivrer mais je suis trop mélancolique pour m'en inquiéter.
Lily
Je n'ai pas vu James de la journée et ça commence à m'inquiéter. En écoutant un peu plus tôt leur conversation privée (je ne me sens absolument pas coupable), j'ai entendu que Sirius et James (enfin, surtout Sirius, et James s'est senti obligé de suivre) prévoyaient de se rendre à Pré-Au-Lard. J'ai de mauvais pressentiments depuis ce matin.
J'ai essayé de profiter d'une journée sympa et relaxante avec Carly et Lauren, mais il semblerait que toutes mes pensées soient tournées vers James, et seulement lui. Toutes les fois où je pensais que je détestais sa présence, et alors qu'il n'est pas là, ça ne va pas. Etre avec lui, c'est juste... ce qui doit être.
À présent il fait nuit, il est tard, tandis que je suis assise seule dans la salle commune des Préfets-En-Chefs, et je me rends compte que cela doit faire des heures que j'attends parce que je me suis assise alors que le soleil brillait encore dans le ciel, et maintenant il n'y a que la lune, ce fauteuil, une tasse de thé froid et moi qui attends qu'il revienne. J'ai l'impression d'être une sorte de femme au foyer d'un mari qui est allé à la guerre, et c'est complètement absurde !
Sans trop savoir pourquoi, je me demande si je ressentirais tout ça un jour, dans le futur, parce qu'il y a cette guerre avec Voldemort (jamais je ne l'appellerais "Lord"). J'espère que je ne serais jamais aussi désespérée, que je n'éprouverais plus ce sentiment incertain de vouloir que votre amour soit à la maison alors qu'il se bat dehors contre le mauvais côté. J'espère que ce lui en danger ne sera jamais James.
« Tu as besoin de dormir » me dis-je à moi-même. « Tu attends un garçon qui souffre de migraine en faisant des mots-croisés, et tu as besoin de dormir »
Je laisse mon thé sur la table pour que les elfes de maisons le nettoient (bien que je ne peux pas dire que je sois heureuse de ce système, mais il n'y a pas une seule foutue poubelle dans ce château !) et me dirige vers mon dortoir, mais j'entends un fracas derrière moi et me retourne rapidement. Je remarque immédiatement quelque chose qui est tombé à travers le trou du portrait : James. Je me précipite vers lui.
« Ça va ? » je lui demande, parce que c'est, selon la loi, ce qu'on doit dire à quelqu'un qui vient de tomber. Il est tombé sur le ventre et je tire sur son bras en me demandant pourquoi il ne bouge pas ou n'essaye pas de se relever. « James ! »
Puis il bouge sa tête et je peux enfin voir son visage, et ce genre de sourire chaleureux à outrance qui appartient à une personne qui vient d'ouvrir ses cadeaux de Noël.
Des cadeaux de Noël au Whisky Pur Feu.
James
Donc... Je suis un peu pompette là.
...
Est-ce que je suis en train de penser ? Je veux dire, en ce moment même ? Est-ce que ce sont mes pensées ? Ou alors je suis en train de parler à quelqu'un ? Qui êtes-vous ?
Il y a quelque chose qui touche ma jambe. Il y a quelque chose qui touche ma jambe - attendez, c'est mon pantalon.
... Est-ce que je porte toujours des lunettes ?
« Prongs, j'ai dit le mot de passe et je te laisse là, c'est la Tour des Préfets-En-Chef, d'accord ? J'essaye d'éviter une engueulade avec Lily, donc tu es tout seul à partir de maintenant »
Qui est-ce ? Sirius ? J'aime Sirius.
« À plus tard, vieux ». Petite tape sur l'épaule. Sensation familière.
« MEC » je réponds « MEC »
Oooh, un portrait ! Un trou ! Un trou pour une autre dimension, peut-être ? Montons à bord !
Stop, STOP ! Je tombe ! JE TOMBE ! Ouille, gravité. Je déteste la gravité. J'aime Sirius.
« Tu vas bien ? » Voix de fille. Celle de Lily. Sensation familière. « James ! » C'est mon nom.
Je souris. Le monde tourne à l'endroit quand on sourit, sourire illumine le monde. Souris et le monde te souriras en retour - j'ai lu ça... quelque part - sur un gâteau de Noël ou sur un dessous de verre, peut-être. J'aime Noël.
« MEC »
« Quoi ? Je vais te laisser entre mecs puisque tu es clairement bourré, James »
« Je suis mommepette » Non, ce n'est pas le bon mot. « Mommepette » Nope, tu as juste répété le même mot incorrect « Mommepette » Abandonne, Potter.
« Je pense que tu devrais dormir » Une main sur mon bras. Douce. Qui me guide. Sensation familière. Ses cheveux ont la couleur des flammes mais ils ne brûlent pas vos doigts quand vous les caressez. Ses cheveux sont une sorte de gentilles flammes, des flammes qui ne vous blessent pas. L'amour devrait être ainsi. J'aime l'amour.
« James, arrête » Je veux encore caresser le feu mais elle m'arrête. J'encadre son menton de mes doigts. Lèvres familières. Elle me repousse. « S'il te plaît, arrête. Tu es vraiment bourré »
« Pompette » J'ai trouvé le bon mot cette fois. « Je t'aime »
« C'est l'alcool qui parle, James »
Peut-être. « J'aime Noël. J'aime Sirius »
« Et voilà »
« J'aime l'amour »
« N'est-ce pas le cas de tout le monde ? » Sa main. Qui m'attrape, me guide de nouveau « Allons dans ta chambre »
Une autre pièce. Je m'allonge à présent. Yeux fermés. Tout est noir comme de la suie sous les paupières. Draps doux, quelque chose sous ma tête, un oreiller. C'est comme se reposer sur un grand marshmallow. J'aime les marshmallows.
« Mec ? »
« Dans tes rêves, James » Une main sur ma tête. Qui me caresse les cheveux. Elle a des ongles ronds qui ne sont pas pointus, comme s'ils étaient faits pour caresser. Pour caresser seulement ma tête.
« Monsieur ! » Une autre voix. Dégage. Elle ne donne pas ses caresses à tout le monde « Capitaine, c'est moi ! » Capitaine. Je suis Capitaine. Capitaine de quelque chose.
« Matthew, ce n'est pas le bon moment » De nouveau la voix de Lily, ennuyée. « Il n'est pas en état pour l'instant. Reviens le voir demain »
« Mais c'est urgent ! » Cette voix, pleine d'urgence, familière. On me tire le bras, le secoue « Capitaine ! Capitaine, j'ai de terribles nouvelles ! »
« De quoi tu... De quoi tu parles ? » Je le pousse brusquement « Qui es-tu ? »
« C'est Matthew, monsieur ! Je dois vous dire quelque chose, monsieur ! C'est à propos du match de Quidditch de la semaine prochaine, monsieur ! »
Ce mec dit beaucoup de 'monsieur'. Est-ce que je suis une divinité ?
« Quidditch ? » Mes yeux. Grands ouverts. « Qu'est-ce que c'est que ce Quidditch dont tu parles ? »
« Matthew, ça ne sert à rien. Il est ivre et il ne te comprend pas »
« Mais, Capitaine, monsieur, on a de gros problèmes ! » Le mec pleure. Les mecs ne sont pas programmés pour pleurer. « Le match de Quidditch de la semaine prochaine, monsieur, il a été avancé ! »
« Avancé ? » La voix de Lily, surprise. « Et c'est quand ? »
« C'est... Capitaine, c'est demain ! »
La bouche de Lily s'ouvre grand, tellement que je peux probablement y rentrer mon poing en entier. J'essaye. Elle m'arrête.
« Tout ce que je peux dire là tout de suite, Martin- »
« C'est Matthew, monsieur »
« Ouais, c'est ça. Tout ce que je peux dire c'est que je ne comprends pas un seul mot de ce que tu racontes, mais que ça va probablement me rendre très, très, très, très hystérique demain. Bonne nuit »
Je tombe dans les bras de Morphée. Dormir, c'est comme être éveillé, mais avec les yeux fermés. J'aime dormir.
