Note de la traductrice :

Bonjour à tous ! Me revoici avec le chapitre trois traduit. Merci à tous ceux qui ont ajouté cette histoire dans leurs favoris, et qui les ont mis en suivis. Je suis ravie de voir le nombre de personnes qui viennent lire cette histoire, même si je dois avouer être un peu déçue de ne pas avoir énormément de reviews. S'il vous plait, un petit geste, juste pour être sûre que cette histoire vous intéresse. :'(

Vous allez voir que les choses se mettent progressivement en place, dans ce chapitre, et Eirlys s'intègre incroyablement bien à la vie de tous les jours d'Asgard. Et Loki continuera à apparaitre furtivement, pour votre plus grand plaisir j'espère ! :D Aller, bonne lecture à vous, et n'oubliez pas une petite review en passant pour l'auteur. (siouplait !)

L'histoire originale appartient à l'auteur NeverQuiteAwake. Je ne fais que la traduire.


CHAPITRE TROIS

Première leçon


Comme je l'ai toujours fait à Vanaheim, je m'éveillai avec le soleil. Je me redressai sur mon lit et m'étirai, tendant les bras au-dessus de ma tête. Avançant à pas mesurés vers le balcon, j'aperçus, au-delà de l'eau, l'étrange spectacle du Bifrost et du ciel qui le surplombait : la nuit semblait s'étendre là-bas, alors que la lumière du soleil brillait sur le reste d'Asgard.

Sans que je ne le contrôle, mes yeux dérivèrent vers le jardin et sous le saule. Il n'y avait aucune trace prouvant qu'il ne se soit jamais trouvé là. Secouant la tête, je me détournai et me préparai pour la journée.

Je quittai les limites de mes appartements, marchant pratiquement sur la pointe des pieds. Dans le couloir, je demandai à un garde de me montrer la direction de la librairie, et il le fit sans prononcer un seul mot. Je le suivis à travers différentes salles, m'assurant d'un coup d'œil perçant de pouvoir mémoriser le chemin pour éviter de me perdre lors du retour.

Quand j'entrai dans la librairie, toutes mes pensées s'envolèrent. Des rangées et des rangées d'étagères se dressaient dans toute la salle. Chaque mur n'était rempli que d'une seule chose : de livres, de livres et encore de livres. Le plafond était incroyablement haut, peut-être assez haut pour contenir deux étages. J'examinai attentivement les rayons, repérant des livres sur tous les sujets imaginables dans les Neuf Royaumes. N'importe qui pourrait passer sa vie à essayer de tous les lire sans jamais y arriver.

J'avançai jusqu'au milieu de la grande salle, puis m'arrêtai pour observer les grandes fenêtres ouvertes du sol au plafond sur les murs d'en face. Elles offraient la même vue que les fenêtres de ma chambre, donnant sur le Bifrost et la nuit éternelle l'entourant.

Il y avait une douzaine de tables alignées entre les étagères de livres et les fenêtres. Non loin de là où je me trouvai, une table en particulier contenait un certain nombre de tomes empilés à sa surface. En me penchant un peu plus, je parcourus leurs titres et compris qu'ils m'étaient destinés. Sans y réfléchir à deux fois, je m'assis, saisis le premier livre de la pile – La magie de Guérison pour les Novices, par Aigyn – et je commençai à lire.

Les minutes s'écoulaient tandis que je me régalai de ma lecture. Quand Frigga arriva enfin, je fermai le livre et le posai à côté.

« Bonne matinée. » Elle s'assit en face de moi et tira le livre que j'avais posé à elle. « As-tu déjà lu ce livre auparavant ? »

« Non. Ce doit être le seul livre pour débutant que je n'ai jamais lu. » J'avais étudié de nombreux livres à Vanaheim, mais quel que soit le nombre que je lisais, mon talent pour la guérison ne progressait jamais.

Elle acquiesça et le reposa au-dessus de la pile de livres. « Que penses-tu savoir de la magie ? »

« Seulement ce que j'en ai lu » lui répondis-je. « Ce qui n'est peut-être pas très… consistant. Je suis plus familière des écrits du Seigneur Meyrick. »

Cela la fit sourire. « J'ai été l'apprentie du Seigneur Meyrick. C'est lui qui m'apprit les magies de guérison et de protection. »

« Vraiment ? » Un large sourire étira mes lèvres. « Comment était-il ? »

« La plupart du temps il était un professeur strict, mais patient et habile » me répondit-elle. « Sa bonté est renommée, tout comme son penchant pour délivrer des mots de sagesse. » Je remarquai que ses yeux pétillaient. « Il a eu de nombreux apprentis, dont certains ont voyagé à travers les Neuf Royaumes pour pouvoir apprendre de lui, et donc correctement. » Elle tendit la main et la posa sur la mienne. « Et maintenant je vais te transmettre mon savoir tout comme il l'a fait pour moi. »

Ma première leçon consista en de la magie théorique. Frigga m'expliqua comment la magie était profondément enracinée dans notre force vitale – une partie de notre âme, aussi vitale que le sang dans nos veines. Cela demande beaucoup de pratique pour exploiter le pouvoir qu'elle contient. Ceux qui possédaient le don de la magie se centraient souvent sur un domaine de compétence bien particulier. La plupart était capable de devenir maitre dans certaines compétences innées avant d'apprendre d'autres sorts. Pour la reine, ces pouvoirs innés la conduisirent à devenir maitresse dans l'art de la guérison.

« En ce qui te concerne, tu sembles avoir un penchant pour les magies défensives. Tu es capable de jeter un sort de protection contre les éléments sans qu'on ne te l'ai appris » m'expliqua Frigga. « Tandis que quelqu'un comme… Loki préfèrera les sorts de tromperie, bien qu'il soit aussi très expérimenté dans de nombreux sorts. Vous avez tous les deux une magie considérable, mais vous êtes très différents dans votre manière de l'utiliser. »

Je souris, amusée à l'idée d'être comparée à Loki. J'ai entendu beaucoup de choses à propos du Dieu de la Tromperie, notamment qu'il était particulièrement doué pour la magie, ayant hérité ses dons de sa mère. Certains prétendaient qu'il surpassait même la reine, mais je demandai à voir si c'était bien vrai. Pouvoir posséder une seule fraction de ses pouvoirs aurait été bien suffisant pour moi.

Je discutai avec Frigga pendant des heures, jusqu'à ce que je comprenne parfaitement qu'elles étaient les racines de ma magie. « Comprendre la magie », m'expliqua la reine, « est la première étape pour être capable de la contrôler. »

Puis elle m'assigna mes lectures – en plus des livres que je possédai déjà. Mon cœur se serra lorsque je les vis. Le tas entier posé sur la table – quatre grands tomes – devait également avoir été lu avant la fin du mois. Dès que je les ai eus dans mes bras, la reine me libéra. Le reste de la journée était consacré à mes loisirs. Tristement, je me doutai que j'allai être occupée à lire. Sans un instant de repos.

Quand je retournai dans mes appartements, je pris un moment pour me relaxer sur mon balcon. Je m'appuyai sur mes avant-bras contre ma balustrade, tout en m'émerveillant à la vue du Pont Arc-En-Ciel. Je me demandai comment se portait mon père, et réfléchissais si je devais ou non lui envoyer une lettre. Après tout, j'avais déjà décidé d'écrire à Arlessa. Cela semblerait étrange que j'écrive une lettre à ma servante avant mon propre père.

Mes pensées furent interrompues par un coup frappé à la porte.

Je me hâtai de sortir de ma chambre pour répondre, et j'entrouvris légèrement la porte. Mon regard se posa sur un large torse vêtu de cuir et orné d'argent. Levant les sourcils d'étonnement, je levai les yeux pour rencontrer ceux de Thor. Il m'adressait un large sourire tandis que j'ouvrai ma porte en grand.

« Vous avez l'air en pleine forme », dit-il, « étant donné la situation. J'ai entendu que ma mère vous a fait lever aux aurores pour votre première leçon. »

« En effet, mais j'y suis habituée. » Je jetai un coup d'œil par-dessus mon épaule, en direction des canapés. « Prince Thor, voulez-vous vous assoir ? »

« Au contraire, je voulais vous faire visiter le palais » répliqua-t-il. « C'est votre nouvelle demeure, après tout, Dame Eirlys. »

« S'il vous plait, vous pouvez m'appeler Eirlys. »

« Seulement si vous m'appelez Thor. »

J'eus une hésitation avant d'acquiescer. « Si vous le souhaitez. » Hésitante, je posai le regard sur la pile de livres sur mon bureau. Ils semblaient me narguer du haut de leur taille, avec toutes ces pages et tous ces mots à devoir lire – j'ai toujours adoré lire, mais un tel challenge était plutôt décourageant. Quel était le mal à passer quelques heures loin de mes livres ? « Quant à votre proposition, ce serait avec le plus grand plaisir. »

Il m'adressa en réponse un autre large sourire.

Dès que je fus sortie de ma chambre, la visite commença. « Ce sont mes appartements » dit Thor en désignant les portes jouxtant les miennes. Puis il montra les portes directement en face d'elles. « Et ce sont les appartements de Loki. Au bout se trouvent ceux de mes parents. »

La porte ornée qui était la plus à l'écart tout au fond du corridor accrocha mon regard. « Et quelle est cette porte ? »

« Cela mène à la chambre de sommeil de mon père. Lorsqu'il plonge dans le Sommeil d'Odin » précisa-t-il. Je soulevai un sourcil interrogateur, étant sûre d'avoir déjà entendu de vagues détails à propos du Sommeil d'Odin. Mais Thor s'aventura en direction de l'autre côté du couloir avec un grand sourire avant que je ne puisse demander plus de détails. « Laissez-moi vous montrer le reste du palais, tout ce que vous avez encore à découvrir. »

La plupart des salles du palais étaient disposées comme des branches de Yggdrasil, dont le hall d'entrée serait le tronc. Thor me guida à travers des maisons de bain, des cours extérieures et des salons. Il y avait une salle de soins et une salle de potions adjacente je savais que je passerai bien du temps dans les deux.

Dans le hall d'entrée, au sommet des grands escaliers, Thor me montra la porte qui conduisait à la tour d'astronomie. Il força la porte pour que je puisse voir le long escalier en colimaçon mener toujours plus haut jusqu'au sommet de la tour. C'était le point le plus haut de tout Asgard. A la pensée de monter toutes ces marches, ma tête tournait. « Peu de personnes aiment grimper ces escaliers » m'avoua Thor. « Loki semble être le seul qui passe du temps dans la tour d'astronomie. »

Après avoir fermé la porte, il se dirigea vers les deux statues qui se tenaient côte à côte. Elles étaient hautes et grandioses, tout comme l'entrée du palais elle-même. Elle se tenait entre deux figures de marbre : Bor et Buri – le père d'Odin et son père avant lui. Les Pères de Toutes Choses du passé se tenaient avec leur magnifique hache enserrée dans leur poing, tous deux des Aesirs habillés d'armures convenant à des rois. Nous nous tenions entre eux, puis nous glissâmes furtivement à travers les portes où nous jetâmes un bref coup d'œil à la salle de banquet, et nous dépassâmes les portes pour nous diriger vers la salle du trône.

Nous avançâmes le long du chemin qui nous mènerait à la librairie avant de croiser une autre cour intérieure. Au lieu de la contourner, comme nous l'avons fait pour les autres, Thor ouvrit la porte et me conduisit à l'extérieur. Je finis par apercevoir deux personnes combattre, et il n'était pas difficile de comprendre pourquoi.

Au fur et à mesure de notre approche, je fus surprise de remarquer que l'un des guerriers était en fait une femme. Elle avait la grâce d'un danseur tandis qu'elle esquivait et entaillait son adversaire. J'observai son partenaire de combat, un homme aux cheveux blonds dans la technique différait de la sienne. Ses attaques étaient effectuées en beauté, et chacun de ses pas était incroyablement élastique. Il lança un regard dans notre direction, et au moment où ses yeux croisèrent les miens, son attention dévia complètement de son duel.

La demoiselle guerrière saisit cette occasion pour le désarmer. Un sourire triomphant sur les lèvres, elle appuya le bout de son épée sur sa gorge. Il y eut des applaudissements venant des deux hommes assis sur une branche qui avaient observé tout le combat.

« Est-ce que tu te rends ? » demanda la jeune femme.

« Je me rends, en effet, si cela veut dire que Thor va me présenter à cette jolie jeune femme » répliqua-t-il en m'adressant le plus charmant des sourires.

La demoiselle aux cheveux d'ébène leva les yeux en l'air, mais baissa sa lame malgré tout.

« Mes amis » s'exclama Thor. Tous les quatre s'assemblèrent autour de nous, chacun semblant plus différent que le suivant. Je me balançai sur mes talons, et croisai mes bras derrière mon dos tandis que j'étais devenue le sujet de leur examen minutieux. « Je vous présente Dame Eirlys, la nouvelle apprentie de ma mère. Eirlys, voici Dame Sif et les Trois Guerriers. »

Thor me présenta les trois guerriers par leur nom : Fandral était le blond dont les yeux scintillaient tandis qu'il me regardait l'homme replet, mais indubitablement vigoureux était Volstagg et le compagnon silencieux aux cheveux noirs s'appelait Hogun, un guerrier qui venait d'une des tribus réfugiées sur Vanaheim.

« Dame Eirlys, c'est un très grand plaisir que de faire votre connaissance. » Fandral se pencha pour me faire un baisemain. « Votre beauté me fait perdre mes mots. »

« Oh, c'est pas vrai » se désola Dame Sif, même si je remarquai le sourire qui jouait sur ses lèvres. Elle se tourna vers moi tandis qu'elle rejetait sa main au loin. « Ne fais pas attention à lui, il a pour habitude de briser des cœurs. »

« Mon frère ! » s'exclama soudain Thor. « Viens accueillir Eirlys. »

Je me redressai, et remarquai tout juste Loki pour la première fois. Enveloppé dans l'ombre du palais, il était assis, quelque peu avachi, sur le banc de pierre le plus proche de la porte. D'un air désintéressé, il releva les yeux de son livre – le même que celui qu'il lisait la nuit dernière – et leva un sourcil. « J'ai déjà rencontré la Dame Eirlys », dit-il. « Qu'attends-tu de plus de ma part ? »

« Un peu de sympathie, peut-être ? » hasarda Sif.

« Je ne l'en crois pas capable » dit Fandral en riant sous cape.

Loki détourna le regard, recentrant son attention sur son livre. Thor sembla froncer des sourcils devant le manque de courtoisie de son frère, mais il ne dit rien. A la place, il fit une annonce. « J'ai convaincu ma mère d'organiser un banquet en l'honneur de sa nouvelle apprentie. »

« Un banquet ! » applaudit Volstagg. « Il n'y a pas de meilleur façon d'accueillir une nouvelle personne à Asgard. »

« Je dois admettre qu'avoir un banquet entier en mon honneur m'effraie » remarquai-je. « Je ne suis pas du genre à aimer… avoir toute l'attention sur moi. »

Fandral feignit d'être choqué. « Vous devez recevoir énormément d'attention, une demoiselle aussi belle que vous. »

Sif lui secoua la tête avant de me dire : « N'aie pas peur. La cour n'est peut-être pas la plus accueillante des assemblées d'Asgardiens, mais tu n'as rien à craindre. »

L'inébranlable bonne humeur des guerriers me fit sentir la bienvenue, comme la Reine Frigga l'avait prévu. Mais même ainsi, je sentis un certain malaise en leur compagnie. Avec leurs rires bruyants et quelquefois leur langue rustre, ils ne ressemblaient vraiment pas aux Vanirs que j'ai connus toute ma vie. Mais même si j'aurai pu être inaccoutumée à leurs manières, je n'ai pas laissé cela interférer avec le plaisir que j'ai eu à passer avec eux.

Comme promis, un énorme banquet fut dressé deux jours plus tard. Au matin, la reine m'amena une robe rose pâle le tissu était soyeux et vaporeux, et le corsage était finement ouvragé avec du fil doré. J'ai été particulièrement sidérée par le cadeau. Il était plus beau que toutes les robes que j'ai pu porter à Vanaheim. Et pourtant cela semblait sans importance pour la reine. Les robes magnifiques étaient abondantes à Asgard, alors je l'ai acceptée.

Juste avant que le banquet ne commence, je me tenais à l'entrée du grand hall, lissant le bustier de ma robe délicate. Je remarquai que les gardes Einherjar qui gardaient la porte me regardaient furtivement. Ils pensaient probablement que je n'étais pas très saine d'esprit. J'ai dû rester ici pendant plus d'un quart d'heure, marchant régulièrement d'avant en arrière. A un moment j'ai failli entrer dans la salle, mais j'ai perdu courage.

« Est-ce que vous prévoyez de demeurer ici tout le reste de la soirée ? »

Je fis volte-face pour tomber sur Dame Sif. Elle me rejoignit face à l'entrée, semblant bien plus grande et fière que je ne me sentais à cet instant. « Je me posai la question » lui répondis-je. Tout en me raclant la gorge, je me frottai les mains l'une contre l'autre. « C'est étrange… J'ai toujours fait partie de la cour de Vanaheim. En tant que fille de mon père, je défilai souvent devant des seigneurs et des dames. Pourtant, je suis mortifiée à l'idée que tous les yeux vont être tournés vers moi. »

Sif m'observa silencieusement pendant un instant avant de se placer tout près de moi, côte à côte. « Peut-être vont-ils tous te regarder » dit-elle. « Peut-être sont-ils curieux de voir la demoiselle qui a assez attiré l'attention de la reine pour devenir son apprentie. Peut-être vont-ils essayer de la tourner en ridicule. »

Je fronçai le sourcil devant son étrange tentative pour me rassurer. « Me tourner en ridicule ? Je commence à me demander si rester ici ne serait finalement pas une bonne idée. »

Elle baissa les yeux, un pâle sourire sur les lèvres. « On m'a beaucoup tourné en ridicule lorsque j'ai osé devenir une guerrière… et c'est toujours le cas. Ne laisse pas ça te bouleverser. »

Ses mots réussirent d'une certaine manière à me rendre à l'aise. Savoir que je n'étais pas la seule dans ce cas apaisait mes craintes. « Merci, Dame Sif » dis-je en conclusion, tout en lui offrant un sourire tremblotant. « Peut-être pouvons-nous être tournées en ridicule ensemble ? »

Avec un éclat de rire, elle indiqua au garde d'ouvrir les portes. « Avec joie. »

Nous avançâmes à grandes enjambées et entrâmes dans le hall, bien que je préférai rester quelques pas derrière Sif. Tous les courtisans du voisinage proche levèrent les yeux vers nous. Parmi eux se trouvait un certain nombre de jeunes demoiselles plusieurs discutèrent entre elles derrière leurs mains, tout en nous examinant minutieusement, Sif et moi. Je fronçai des sourcils et essayai de les ignorer.

Nous rejoignîmes le bout de la table de repas, qui était assez large pour contenir plus d'une centaine de personnes. Les Trois Guerriers étaient déjà arrivés : Hogun et Fandral partageaient une boisson avec un groupe d'Aesirs qui éclatait de rire, tandis que Vostagg parlait avec vivacité avec une femme voluptueuse aux cheveux de couleur cuivre.

Quand Volstagg me repéra, il s'illumina et approcha avec cette femme à son bras, m'interceptant bien avant que Fandral ne puisse risquer une tentative. « Dame Eirlys, quel plaisir de vous voir » dit Volstagg. « Je voudrais vous présenter ma femme, Hildegund. »

Je clignai les yeux de surprise tandis que j'entendais Fandral dire à distance : « Volstagg a une femme ? Je pensais que la nourriture était sa seule passion ! » Sa blague fut suivie par une exclamation de douleur – grâce à Sif, sans aucun doute.

« Je suis ravie de faire votre connaissance » lui avouai-je, tout en prétendant ne pas avoir entendu la querelle de Fandral et Sif.

« Je suis également originaire de Vanaheim » me dit Hildegund. Le fait de le savoir sembla me soulager de mes dernières tensions. « J'ai été membre de la cour de Vanir il y a bien longtemps, lorsque je n'étais qu'une jeune demoiselle. Vous êtes la fille de Bjoran et Keldas, n'est-ce pas ? » J'acquiesçai en réponse. « Je me souviens vous avoir vue lorsque vous étiez petite. Toujours si pleine d'entrain et si audacieuse. »

Je faillis rire au souvenir de mon enfance autrefois indisciplinée. Cette partie de ma vie si exubérante a été plutôt de courte durée, et je ne me souviens pas de grand-chose de cette époque. Néanmoins, je passai au crible tous les souvenirs que je conservai. Hildegund ? songeai-je. Hildegund… avec la chevelure d'un roux profond que j'admirai tant. Ses cheveux étaient si épais et éclatants comparés aux miens. Elle passait beaucoup de temps avec ma mère et les autres courtisans, jouant de la musique et faisant de la broderie avec talent. « Oui, je m'en souviens. » Mon cœur se resserra tandis que je me souvenais de toutes sortes de détails de ma jeunesse. « Vous cuisiniez ces magnifiques gâteaux au chocolat avec la sauce au chocolat à l'intérieur. »

« Et elle les cuisine toujours » ajouta Volstagg affectueusement.

Nos présentations furent coupées court lorsqu'une vague de courtisans se sépara en deux sans prévenir. Volstagg et Hildegund regardèrent autour d'eux avec curiosité, et je les imitai avant de repérer les fils d'Odin. Ils traversaient la foule, Thor saluant sur son passage tandis que Loki ne disait pas un mot. Derrière eux se tenait Frigga et, pour ma plus grande angoisse, le Père de Toutes Choses lui-même.

J'arrangeai le devant de ma robe et redressai les boucles rebelles de mes cheveux. Je ne savais pas à quoi m'attendre de la part du Père de Toutes Choses, ne l'ayant encore jamais vu en personne auparavant. Je n'ai jamais entendu dire grand-chose sur son caractère, seulement qu'il était très hautement vénéré partout dans les Neuf Royaumes. Tandis que le roi et la reine approchaient, son regard à l'œil unique tomba sur moi, son expression illisible. La reine, par contre, semblait rayonner. Je ne pus m'empêcher de lui rendre la pareille, immédiatement réconfortée par sa douce présence.

Je fis une profonde révérence. « Père de Toutes Choses, c'est un honneur. »

« Dame Eirlys, j'ai entendu beaucoup de choses sur toi de la part de mon fils et de ma femme » me dit-il.

Mes yeux se tournèrent en direction de Thor. Il se tenait à côté de son frère, observant mon échange avec le Père de Toutes Choses, mais tout en essayant de feindre faire autre chose. « Des choses plaisantes, j'espère » remarquai-je.

« Mais bien entendu. » Il me fit la grâce d'un sourire aimable. « Tu vas apprendre beaucoup en demeurant ici. Tu es entre de bonnes mains. »

« Est-ce que tu apprécies le temps que tu passes dans le palais ? » me demanda Frigga en s'approchant, et en prenant mes mains dans les siennes. « Je vois que tu as passé beaucoup de temps avec mon fils et ses amis. »

« En effet. » Je jetai un coup d'œil pour voir où ils se trouvaient à présent. Ils étaient tous en train de rire tandis que Volstagg racontait une histoire – très probablement à propos de nourriture il m'a déjà raconté certaines de ses aventures culinaires. « Ils ont été très accueillants. »

La reine me serra les mains avant de les relâcher. « Bien, c'est une très bonne chose de l'entendre » dit-elle. « A présent, allons festoyer. Je suis plutôt affamée. »

Sous sa conduite, nous prîmes place à table. Le Père de Toutes Choses se tenait en bout de table, Thor à sa droite et la Reine Frigga à sa gauche. Je pris le siège à côté de la reine, avec Loki directement en face de moi. Le prince a été particulièrement discourtois à mon égard depuis mon arrivée, et il le demeurait à mon banquet de bienvenue.

Cela me fascinait de remarquer l'incroyable différence entre son frère et lui. Thor était bruyant et tapageur avec tous ceux à qui il parlait, y compris sa mère et son père. Il a même fait l'effort d'engager une conversation avec moi, ce à quoi j'ai été capable de répondre avec une aisance croissante. Du début à la fin du banquet, Loki ne m'adressa pas le moindre mot. Mais j'ai remarqué la façon dont il s'exprimait en compagnie de sa famille : envers le Père de Toutes Choses, il était consciencieux et plein de respect envers sa mère, il était chaleureux.

Mais quand Loki entrait en conversation avec son frère, par contre, je découvrais une facette totalement différente de sa personnalité. Il était beaucoup plus aimable, voire même animé. Pour la première fois depuis que je l'ai rencontré trois jours auparavant, je l'ai même vu sourire.

Il choisit ce moment bien précis pour jeter un regard dans ma direction. Mon cœur se souleva dans ma gorge, et je baissai immédiatement les yeux en direction de mon assiette pour me lancer dans une discussion avec la reine sur les lentilles. Elle sembla particulièrement amusée par le sujet, qui n'était pourtant absolument pas amusant. Il y avait quelque chose dans son regard qui me laissait penser qu'elle savait quelque chose que je ne savais pas.


Note de l'auteur :

Je me rends compte que ces premiers chapitres avaient un rythme plutôt lent. Mais maintenant que toutes les présentations ont été faites, les choses vont finalement pouvoir commencer à se passer ! Et je pense devoir mentionner que j'ai basé certains caractères de personnages sur les scènes supprimées des films – qu'ils leur correspondent ou non, je ne suis pas vraiment sûre, mais je vais faire avec quand même.

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