Note de la traductrice :
Bonjour à tous ! Je suis désolée du retard que j'ai pris pour poster ce chapitre, mais j'avais des examens à passer, alors forcément…
Merci pour les reviews que j'ai reçues, même si je dois avouer avoir été un peu étonnée et triste de n'en avoir reçu qu'une sur presque deux semaines. Je commençais à me poser de réelles questions sur l'utilité de cette fic… Mais merci à mes lectrices guests, qui m'ont motivée avec leurs reviews passionnées ! Et merci aux autres aussi, bien évidemment. )
Quoi qu'il en soit, me voici avec le chapitre cinq, et je vous promets que celui-ci va marquer un tournant. Personnellement, je crois que c'est quand j'ai lu ce chapitre que je suis devenue accro à cette histoire, notamment après ce qui se passe lorsque… Non, non, je ne dois rien vous dire, je dois vous laisser le découvrir par vous-même. ^^
N'hésitez pas à me laisser des reviews, n'est-ce pas ? Juste un petit mot, vous savez pas à quel point ça fait chaud au cœur… Bises à tous, et bonne lecture ! :)
L'histoire originale appartient à l'auteur NeverQuiteAwake. Je ne fais que la traduire.
CHAPITRE CINQ
Quelques petites malices
Mes leçons sous la tutelle de Frigga continuèrent pendant des semaines, un travail épuisant et à un rythme effréné. A mon plus grand dépit, j'avais des difficultés à effectuer toutes les lectures qui m'étaient destinées. Les énormes tomes s'empilaient sur le bureau de ma salle de travail de temps en temps je craignais qu'ils ne se renversent – ou pire, qu'ils cassent le bureau. Pour plaisanter, j'en mettais toute la responsabilité sur Thor et ses amis, étant donné que tous les jours je passais chaque secondes de mon temps libre avec eux.
Ça devenait une habitude. J'emportais mes lectures dans la cour, me pelotonnais sur un banc ou sur l'herbe, et je lisais tandis qu'ils s'entrainaient. Souvent, Loki venait faire de même, en s'asseyant non loin avec un de ses livres. Il ne m'a pas vraiment dit quoi que ce soit depuis notre aventure à Alfheim, mais ses manières semblaient bien moins froides. De rares fois, il lui est arrivé de vouloir également se joindre aux combats, ce qui me permettait de pouvoir observer le combat avec une fascination avide.
Tout comme Thor et Loki étaient opposés en apparence, leur façon de combattre était pratiquement dissemblable. Maniant un marteau, Thor utilisait toute sa force et sa taille à son avantage. Loki n'était que grâce et fluidité, n'ayant choisi d'employer que son pouvoir personnel comme arme. Il utilisait des illusions et des tromperies pour compenser la disparité de force. Les deux frères se raillaient l'un l'autre, riant tandis qu'ils se battaient. Il y avait quelque chose dans le fait de se battre tous les deux qui leur apportait énormément de joie.
Un jour, la cour se trouva être particulièrement calme. Personne dans le groupe n'était d'humeur à se battre, alors Fandral apporta avec lui des cibles en paille. Je m'assis non loin de lui, et écartai mon livre après en avoir terminé le dernier chapitre. C'était rare de voir Fandral avec un arc et des flèches, bien qu'il soit reconnu comme étant un des meilleurs tireurs d'élite d'Asgard.
En un clin d'œil, il retira une flèche de son carquois et la décocha. Puis une autre. Et une autre. Avec un bruit sourd à chaque fois, la flèche se retrouvait enfoncée au plein centre de sa cible. Il recommença encore, les dernières flèches séparant les premières en deux. J'applaudis, perturbant par mégarde l'attention de toutes les autres personnes dans la cour.
« Fandral le Maitre Archer, tu es aussi habile avec un arc qu'avec une épée » dis-je en traversant la cour pour venir admirer sa technique de plus près. Lui jetant un coup d'œil, je remarquai son charmant sourire.
Il eut un petit rire avant de baisser les yeux sur son arc. « En effet, je suis habile dans de nombreux domaines. » Puis il tendit son arc vers moi. « Peut-être voudriez-vous une leçon de tir à l'arc ? »
Je levai un sourcil, sentant qu'à présent tout le monde avait les yeux braqués sur nous. Loki nous adressa un regard particulièrement furieux – probablement parce que je devais gêner sa concentration. Me raclant la gorge, je saisi précautionneusement l'arc. « Je serais honorée d'être ton élève. »
Fandral me plaça devant la cible la plus proche, positionnant soigneusement mes épaules. « Très bien. Tiens l'arc avec ta main gauche, et il te faudra tendre la corde avec ta droite. »
Je me raidis et sentis mes joues brûler quand il se positionna derrière moi, son torse touchant presque mon dos. Il me fit bouger les mains avec les siennes, baissant l'arc pour que je puisse encocher une flèche. « Es-tu sûr que je devrais déjà tirer une flèche ? » lui demandai-je.
« Ne t'en fais pas, je te guiderai » me répondit-il.
Je me pinçai les lèvres pour m'empêcher de lui poser plus de questions sur la sagesse de cette décision. Il leva mon bras pour qu'il soit tendu droit devant moi, parfaitement parallèle au sol. « Très bien, tu vas maintenant devoir toucher le centre » me dit-il, et j'ai dû me mordre l'intérieur des joues pour m'empêcher de rire devant l'évidence de cette déclaration. « Tends la corde aussi loin que tu le peux. »
Prenant une grande inspiration, je fis comme il me disait et tendis la flèche en arrière. Puis je la laissai s'envoler. Et elle monta haut, s'envolant bien au-dessus de la cible, touchant un mur du palais avec un cliquetis avant de s'écraser dans l'herbe. Je sortis des bras de Fandral pour lui faire face. Après un instant, nous éclatâmes tous les deux de rire, jusqu'à nous tenir les côtes.
Ce n'est que lorsque nos rires s'éteignirent que je remarquai la Reine Frigga se tenant avec Thor et Loki à l'entrée de la cour. Elle avait dû arriver pendant ma démonstration. Ma démonstration plutôt embarrassante. Intérieurement, j'étais plutôt soulagée que leur attention ait été détournée de mon stupide échec.
Je fis à Fandral une profonde révérence. « Je te remercie, mais je pense que le tir à l'arc n'est peut-être pas fait pour moi. » Il eut un petit rire tandis que je me dépêchai de saisir mes livres et de rejoindre la reine et ses fils.
Elle fut la première à remarquer mon approche. « Eirlys, pourquoi n'es-tu pas en train de lire ? » me réprimanda Frigga. Ses yeux pétillaient avec bonne humeur. « La dernière fois, tu avais dix livres à lire avant le mois prochain. »
« Je pensais que je pourrais m'essayer au tir à l'arc » dis-je, accrochant le regard jovial de Thor. « De toute évidence, il ne faut plus que je touche à nouveau un arc de toute ma vie. »
Frigga tandis son bras pour me saisir la main. « C'est parce que ton talent se trouve autrepart, ma chère. »
Ses mots m'allèrent droit au cœur, et j'appréciai son toucher réconfortant. C'était tous ces petits moments-là qui me rendaient aussi reconnaissante d'être son apprentie. Elle était mon maître, mon mentor, et elle s'occupait de mon bien-être. J'ai eu mon lot de professeurs pendant toutes ces années, mais aucun ne m'avait jamais traitée avec autant de soin. Je n'apprenais pas seulement la magie de Frigga. Elle était l'exemple que je voulais suivre.
« J'ai trouvé une magnifique vitrine pour conserver le cristal que tu m'as offert » m'apprit Frigga. Thor et Loki se retournèrent vers moi avec surprise. Le cristal violet venant d'Alfheim était un cadeau pour lui signifier ma gratitude. « Je pense qu'il serait splendide au-dessus de ma cheminée. »
Je hochai la tête. « J'imagine qu'il n'y aurait pas de meilleure place pour ce cristal. »
Quand ma main glissa des siennes, je captai rapidement le regard que Loki m'adressait, son habituelle moue de mécontentement. Je croisai son regard – ou plutôt j'essayai, étant donné qu'il détourna les yeux dès que je le tentai.
« Eirlys a lu consciencieusement dans la cour tous les jours » dit Thor, en appuyant fortement sa main sur mon épaule. Heureusement, je m'étais préparée à la recevoir. La dernière fois qu'il m'a appuyé sur l'épaule, je m'étais presque écroulée. « Mère, tu ne la réprimanderais pas si elle ne lisait pas pour le reste de la journée ? »
« Bien sûr que non. »
« Pourquoi ? » J'alternai mon regard entre Frigga et Thor avec curiosité. « Qu'avez-vous préparé, Thor Odinson ? »
Sans prévenir, il me souleva de terre et me jeta sur son épaule. « Nous avons un lac qui nous attend » déclara Thor. « Il fait chaud aujourd'hui, et Eirlys a besoin de se reposer un peu. Mes amis ! Dépêchons-nous avant que la nuit tombe. »
J'étais tellement abasourdie par le fait d'avoir été aussi soudainement soulevée par Thor qu'il me fallut quelques temps avant de retrouver mes esprits. « Espèce de gros balourd idiot, repose-moi ! » lui dis-je, bien que finalement je ne puisse plus me retenir de rire.
Il me balança un peu et il m'emporta hors de la cour tandis que le reste de notre groupe nous suivait. Ils rirent tous, sauf Sif qui secoua simplement la tête avec amusement, et Loki dont l'expression maussade ne fit qu'empirer.
Je retournai dans mes appartements au milieu de la nuit, ma robe totalement trempée, mes cheveux dégouttant d'eau. Pendant le temps que nous avons passé au lac, nous n'avons fait que rire et batifoler. Avant que je ne sois seulement descendue de ma jument, Thor m'a soulevée de ma selle et m'a lancée dans l'eau, en plein sous la cascade. Nous avons sauté dans l'eau chacun notre tour pour voir qui pourrait faire le plus d'éclaboussures bien sûr, Volstagg gagnait à tous les coups. Hogun et Loki avaient choisi de ne pas participer, même si Hogun nous regardait avec un air de gaieté.
Après m'être changée avec soulagement pour mettre ma chemise de nuit, je m'appuyai contre mon balcon et serrai mes cheveux pour en enlever l'eau. Expirant calmement, je regardai le jardin en dessous, admirant les calmes oscillations des branches du saule.
Soudain, un cri rauque me fit sursauter en arrière, et je faillis frapper les portes vitrées avec mes épaules. De l'autre côté du balcon, un corbeau s'était posé. Il me regardait de haut avec des yeux noirs perçants, et sa tête bougeait sans arrêt d'avant en arrière. Tandis que nous nous regardions, il poussa un autre croassement rauque.
« Laisse-moi » murmurai-je en chassant l'oiseau avec mes mains.
Il s'en alla et partit au loin. En le regardant s'élancer vers le ciel, je me demandai d'où il avait pu venir. A ma connaissance, il n'y avait aucun corbeau dans la cité, et encore moins à Asgard. Les seuls oiseaux dans le voisinage du palais étaient les corbeaux d'Odin. Ils étaient plus larges que des corbeaux ordinaires, possédaient des plumes qui brillaient d'un bleu profond, presque imperceptible. Cet oiseau n'était certainement pas un des corbeaux d'Odin.
Ce moment de questionnement sur ce mystère passa, et je rentrai pour sécher mes cheveux auprès de la cheminée avant d'éteindre les flammes. En frottant les muscles tendus de mon cou, j'escaladai mon lit et m'installai dedans en soupirant de fatigue. Dans le confort de mes draps soyeux, je tombai rapidement dans le sommeil.
Mais cela ne dura pas.
Le croassement désagréable d'un corbeau me ramena à la conscience. Je m'assis droit, clignant des yeux dans le noir. Le second appel m'amena à me démêler maladroitement de mes draps. J'avais laissé la porte du balcon ouverte, car ma chambre était bien chaude, et que je n'imaginai pas que le corbeau serait de retour.
Pour mon plus grand désarroi, il avait effectivement réapparu, et à présent il se tenait sur la balustrade. Il me regardait tandis que je titubai à travers la chambre. Quelques secondes passèrent avant qu'il ne lance un autre cri très irritant.
Je soupirai, puis agitai ma main dans sa direction. « Booouh, va-t'en d'ici. »
Il lança un dernier hurlement avant de s'en aller.
Mes épaules s'affaissèrent, et je fermai les portes du balcon, tout en sachant que l'atmosphère allait devenir très étouffante dans ma chambre. Malgré cela, je ne voulais surtout pas risquer d'être à nouveau réveillée par ces bruits extérieurs exaspérants. Je retournai jusqu'à mon lit, faillis trébucher sur les marches, et me pelotonnai sous mes draps pour retrouver à nouveau le sommeil.
Comme si j'étais maudite, le corbeau revint. Et cette fois il n'était pas seul.
Un groupe de corbeaux me sortit de ma somnolence pour la seconde fois cette nuit. Me lever de mon lit se trouva être bien plus dur encore que la fois précédente. Avec le cerveau embrouillé, je trainai les pieds jusqu'au balcon, murmurant sans cesse « Par la barbe d'Odin, j'arrive pas à le croire. »
J'ouvris en grand les portes et agitai mes bras dans tous les sens. « Partez d'ici ! » Les corbeaux – j'en ai compté cinq – se dispersèrent dans le ciel, sans cesser de croasser.
Je soupirai fortement, me sentant seulement légèrement soulagée au son du silence. En grognant, je me passai les mains devant les yeux et fermai les portes du balcon. M'effondrant dans mon lit, j'enfonçai un oreiller sur ma tête. Pourtant je n'arrivai pas à retrouver le sommeil. Pendant ce qui m'a semblé des heures, je remuai et me retournai. Lentement – très lentement – la fatigue me submergea, et je retrouvai le sommeil pour de bon.
Le matin arriva plus vite que je ne l'aurai voulu. La lumière brillait à travers les fenêtres de mon balcon, me servant de nouvelle source de réveil. Je bougonnai et me retournai, me serrant plus fort dans mes draps. Puis mes yeux s'ouvrirent d'un seul coup. Jamais la lumière du matin ne m'avait réveillée j'étais toujours debout et à une de mes leçons avant que la lumière ne se lève.
J'étais en retard.
Tombant pratiquement de mon lit, je me hâtai de m'habiller, sans perdre de temps à brosser mes cheveux emmêlés, avant de sortir en courant de mes appartements pour rejoindre ma leçon du matin. De toute ma vie, je n'ai jamais été en retard pour quoi que ce soit. Etre mieux que ponctuel, comme mon père disait toujours. Mais à présent j'étais là, entrant en titubant dans la librairie, en retard pour ma leçon.
Frigga se tenait droite devant notre table habituelle, me regardant avec un air de reproche lorsque je finis par arriver devant elle. « Je… Je suis vraiment désolée, ma dame » balbutiai-je. « Je suis profondément désolée d'être en retard. »
« Avez-vous passé trop de temps à vous amuser auprès du lac, la nuit dernière ? » me demanda Frigga.
En vérité, nous avons quitté le lac à une heure très tardive. Et je savais que reprocher mon retard à la présence d'une bande de corbeaux ne la convaincrait pas. « Oui » acquiesçai-je. « Cela ne se reproduira plus, je vous en fais le serment. »
Nous continuâmes ensuite notre leçon. Mais je ne pouvais pas oublier ce regard de déception qu'elle m'a adressé.
Plus tard dans la journée, je me blottis sous mes couvertures et posai un de mes livres sur mes genoux. C'était relativement tôt dans la soirée j'avais tout juste fini de dîner avec Thor et ses amis, mais je préférai me retirer le plus tôt possible. Etant donné que j'avais eu bien peu d'heures de sommeil la nuit d'avant, j'espérai compenser une fois que j'aurais fini mon livre.
Je parcourais les mots aussi vite que je le pouvais, bien que mon cerveau en manque de sommeil ait du mal à suivre le rythme. Je finis par bailler et essuyer mes abondantes larmes de sommeil, ce qui ne faisait que rendre le livre encore plus compliqué à suivre.
Tandis que j'arrivai à la fin du chapitre, j'aurai juré entendre un sifflement. Je fronçai les sourcils, jetant un coup d'œil vers la porte, puis vers la cheminée éteinte. Je n'avais allumé aucun feu cette nuit. Le sifflement retentit de nouveau. Je regardai à ma gauche puis à ma droite, et me penchai même pour scruter les tapis de fourrure sous mon lit. C'est alors que je sentis quelque chose frôler ma cheville.
Je rejetai mes draps d'un coup sec et hurlai. Me ruant hors de mon lit, je fixai, les yeux écarquillés, le serpent aux écailles grises ondulant jusque vers mon oreiller. C'était un jorgandr, un serpent sauvage de Nidavellir et extrêmement mortel – né récemment, à en juger par sa taille. Tous ces éléments me vinrent à l'esprit tandis que je me ruai vers le hall d'entrée.
Ouvrant en grand la porte d'entrée, je fonçai dans un torse particulièrement ferme. Avec un petit cri aigu, je vacillai en arrière, seulement pour soupirer de soulagement quand je réalisai qu'il s'agissait de Thor.
« Eirlys, est-ce que ça va bien ? » Il jeta un coup d'œil dans ma chambre avec un froncement de sourcils. « J'ai cru t'entendre crier. Est-ce que tu allais vers la porte ? »
« Oui ! » Je désignai d'un geste ma chambre. « Il y a un serpent dans ma chambre ! Très dangereux. »
Il échangea un regard avec les Einherjar placés devant ma porte. Après avoir échangé un signe de tête, il pénétra dans mes appartements, accompagné par les deux gardes. Je les suivis, les jambes chancelantes. Je m'attardai sur le seuil de ma chambre, mon cœur battant à tout rompre tandis qu'ils rejetaient tous mes draps de lit. Ils recherchèrent sous le lit et dans tous les recoins où le serpent aurait pu se glisser. Il n'y avait aucun signe de lui.
« Nous ne l'avons pas trouvé » me dit Thor en me prenant gentiment le bras pour retourner au hall d'entrée tandis que les gardes examinaient la chambre une seconde fois. « Es-tu sûre de ce que tu as vu ? »
J'ai détourné les yeux comme si je pensais trouver la réponse sur le sol. « Je jure que je l'ai entendu… Je l'ai senti » murmurai-je. Puis je secouai franchement la tête. « Peut-être que ce n'était qu'un rêve… ou – ou que je l'ai imaginé. » Il m'adressa un regard plein de curiosité, et je me sentis honteuse de l'avoir dérangé et de l'inonder avec mon babillage. « Je m'excuse de t'avoir effrayé, Thor. »
« Ne t'en fais pas, nous faisons tous des cauchemars » me rassura-t-il, ses mains réconfortantes posées sur mes épaules.
Les gardes ressortirent de ma chambre, secouant tous les deux la tête. « Merci » leur dis-je. Mes joues s'embrasèrent tandis que je les voyais s'éloigner de mes appartements et retourner à leur poste.
Je raccompagnai de même Thor à l'extérieur. Dans l'embrasure de ma porte, il s'arrêta et se tourna vers moi avec un sourire consolant. « Dors bien. Je te souhaite de faire de beaux rêves. De meilleurs rêves, au moins. »
Après une petite pause, je lui retournai son sourire. « A toi aussi. »
Après cela, il retourna vers ses appartements. Je m'attardai à regarder le couloir et je ne pus m'empêcher de remarquer Loki me fixer attentivement depuis sa chambre à travers le couloir. A l'instant où nos regards se croisèrent, il retourna dans ses quartiers et ferma la porte. Fronçant les sourcils en direction du prince glacial, je fermai ma propre porte et retournai dans ma chambre.
Les draps avaient été empilés dans tous les sens aux pieds de mon lit, ne comportant aucun serpent ou quoi que ce soit ressemblant à un serpent. Malgré ça, ma peur continuait à me dominer. Je restai clouée sur place et me souvins des soigneurs qui m'expliquaient qu'une morsure de jorgandr ne pouvait pas être traitée. C'était typiquement les jeunes jorgandrs qui tuaient avec leur morsure venimeuse. Un jorgandr adulte se contenterait d'avaler sa proie en entier.
Je saisis mon livre et me dirigeai rapidement dans le salon, m'asseyant dans un siège confortable près de la fenêtre. Frissonnant, je ramenai mes jambes contre mon torse et lus avec la faible lumière que les lunes pouvaient m'apporter. Presque chaque minute, je jetai un regard en direction de ma chambre, effrayée de façon paranoïaque à l'idée que ce serpent jorgandr en sorte en ondulant et m'attaque à tout moment.
Je somnolai tout au long de la nuit, mais je ne pus dormir.
Lorsque la lumière du soleil commença à illuminer Asgard, j'étais déjà levée et prête pour la journée. Bien que je me sois débrouillée pour être présente à l'heure à ma leçon, j'étais au-delà de l'épuisement. Etant donné les regards pointus que Frigga ne cessait de m'adresser, j'en déduisis que j'avais dû somnoler pendant son cours. Pendant des semaines, je l'avais écoutée avec une attention sans faille, jusqu'à ce jour.
En retournant dans ma chambre ce soir-là, j'inspectai la pièce entière en cherchant la moindre trace de ce serpent. Il n'y avait rien qui prouvait qu'il n'ait jamais été ici en premier lieu. Après une vingtaine de minutes de recherches, je fus assurée que ce serpent était soit parti, soit le fruit de mon imagination.
J'enfilai ma chemise de nuit avant même que l'obscurité de la nuit ne tombe sur Asgard. Au moment où je m'effondrai dans mon lit, mes yeux se fermèrent et un sommeil bien nécessaire m'enveloppa.
Il y a des voix. Deux hommes, qui me sont familiers, mais méconnaissables. Ils parlent. Ils crient. Ils se supplient. Tout est soudain brillant, c'est une explosion soudaine dans l'obscurité. L'angoisse, la déception, cela brûle plus fort que ne pourrait jamais faire le feu. Puis il tombe. Il tombe dans l'abysse noir et profond. Sans que rien ne stoppe sa chute.
Je m'éveillai en sursaut. Mon torse me faisait mal à travers un étrange pincement au cœur tandis que je haletai rapidement, incapable de retrouver mon souffle. Fermant les yeux, je libérai un court sanglot et me passai mes mains tremblantes dans les cheveux. Le cauchemar semblait tellement étrange, tellement surréaliste, et pourtant incroyablement réel en même temps. Je ne pouvais pas le comprendre.
En soufflant profondément, je passai mes jambes d'un côté du lit et commençai à descendre les petites marches. Le son de mon sang frappant mes oreilles était si fort que je m'assis sur la chaise de ma table de chevet. Saisissant la cruche qui était posée là, je me versai un verre d'eau. Quand je reposai la cruche, je pus capter mon reflet et je reculai immédiatement. Je ressemblai à une morte-vivante : mon teint étant aussi blanc que du parchemin. Peut-être même un peu gris. Deux cercles sombres avaient pris place sous mes yeux, violets et bleus.
Buvant avec avidité, je jetai un coup d'œil à la fenêtre pour découvrir que le jour se levait. Je soupirai et enfonçai mon visage dans mes mains. Bien que j'ai dormi toute la nuit, ça n'a pas amélioré ma fatigue. Cet étrange cauchemar semblait me vider de mon énergie, et je me sentais comme si je n'avais pas dormi pour la seconde fois de suite. La troisième, si je rajoutai la nuit avec les corbeaux.
Un léger frappement résonna à la porte de ma chambre, me sortant subitement de ma rêverie. En soupirant fortement, je saisis les bords de ma table de chevet et me redressai en tremblant sur mes pieds.
Je réussis à rejoindre la porte après un second frappement. Au lieu de l'ouvrir en grand, je jetai un coup d'œil pour voir un garde Einherjard se tenant devant moi, le poing prêt à frapper une troisième fois. « Oui ? » demandai-je. « Est-ce que tout va bien ? »
« Bien sûr » acquiesça le garde. « La reine m'a informé que votre leçon de la journée a été annulée. Elle a été appelée à s'occuper à un problème urgent. »
Je lui donnai le sourire le plus reconnaissant que je pus effectuer. « Merci. »
Il répondit par un petit signe de la tête avant de tourner les talons et de s'éloigner. Je fermai la porte et serpentai jusqu'à ma chambre à coucher. Dans la sérénité de ce début de matinée, je retournai dans mon lit où j'attendis que le sommeil m'emporte.
Mais le sommeil ne vint pas comme je l'espérai.
Le rêve… le cauchemar me hantait. Chaque fois que je fermai les yeux, je pouvais voir l'abysse. Le noir sans fin. Je pouvais me sentir tomber dedans, même si je savais que ce n'était pas moi dans le rêve. Je ressentais ce que quelqu'un d'autre ressentait l'angoisse et le désespoir me semblaient aussi réels que mes autres émotions.
Alors je restai là. Et j'attendis patiemment que le rêve s'estompe de ma mémoire. Une heure passa, mais ces terribles sensations ne me quittèrent pas.
Je sursautai brusquement quand quelqu'un frappa à ma porte. Déjà deux interlocuteurs et ce n'était pas encore midi. Je fronçai les sourcils et m'assis lentement sur mon lit. « Entrez ! »
La porte de mon salon s'ouvrit sur la Reine Frigga, habillée comme si elle était prête pour la leçon de la journée. Lorsque je réalisai que la reine se trouvait dans mes appartements, je sautai de mon lit et tentai sans succès de me rendre un peu plus présentable. Une prouesse impossible, étant donné ma chemise de nuit chiffonnée et ma chevelure horriblement négligée.
« Eirlys, est-ce que quelque chose ne va pas ? » me demanda-t-elle en arrivant à grands pas dans ma chambre.
Je secouai la tête. « Que voulez-vous dire ? »
« Tu n'es pas venue à ta leçon. » Frigga fronça les sourcils. « Es-tu malade ? »
« Quoi ? » Ma voix se cassa. « Un garde m'a prévenue que ma leçon était annulée pour la journée. » Je me posai lourdement sur le bord de mon lit, fixant le sol d'un air absent. « Il a dit que vous aviez un problème urgent dont vous deviez vous occuper. C'est pour cela que je suis restée ici tout ce temps. »
Son expression s'adoucit tandis qu'elle baissait les yeux sur moi. « Quel garde était-ce ? »
« Je ne le sais pas. Je ne l'ai pas reconnu. » A mon plus grand embarras, je me mis à renifler légèrement, des larmes pointant aux coins de mes yeux. « Je m'excuse pour mon manque de bienséance, ma dame. Je n'ai pas dormi ces trois derniers jours. Je comprendrais si vous n'étiez pas satisfaite de… de mon comportement. »
« Je ne suis pas contrariée. » Frigga s'assit à côté de moi sur mon lit. Je tournai mes yeux vers elle avec curiosité. « Je me suis inquiétée pour toi, pas contrariée contre toi. Jusqu'à ces derniers jours, tu as été une excellente élève. C'est pourquoi j'ai compris que quelque chose n'allait pas. »
« Toutes ces choses m'ont empêchée de dormir la nuit » dis-je désespérément. Puis je finis par tout lui avouer en bloc, et je divaguai parfois comme une folle. « Déjà il y a eu les corbeaux – et je sais qu'il n'y a aucun corbeau à Asgard, mais je jure que c'était des corbeaux – qui n'arrêtaient pas de croasser à mon balcon. Ils ne me laissaient pas tranquille plus d'une ou deux heures sans revenir. Puis il y a eu le serpent du soir précédent, un jorgandr il me semble, mais Thor et les gardes n'ont rien pu trouver. J'étais tellement terrifiée qu'il puisse revenir au milieu de la nuit que je n'ai pas dormi. Et cette nuit, j'ai fait ces horribles cauchemars… et j'avais l'impression que je tombai dans le vide, et maintenant je ne peux pas dormir même si je suis plus épuisée que je ne l'ai jamais été. J'ai l'impression de voir des choses, d'entendre des choses qui ne sont pas vraiment là. »
Frigga resta totalement silencieuse lorsque je cessai de jacasser. Ses sourcils se froncèrent légèrement – parce qu'elle réfléchissait ou qu'elle était décontenancée, je n'étais pas sûre. « Je ressens quelque chose d'étrange venant de cet endroit » me dit-elle enfin. « Peut-être qu'un illusionniste a été désobligeant envers toi ces dernières nuits. »
« Vous pensez que quelqu'un a pu me faire cela ? »
« C'est tout à fait possible » me dit-elle. « Mais ça n'a pas d'importance. » Je clignai des yeux devant son soudain refus de prendre ceci au sérieux. Il se passait quelque chose qu'elle ne me disait pas. « Je te donnes ces trois prochains jours de repos. Tu ne te sens pas bien, et tu as besoin de te reposer. »
J'acquiesçai d'un air absent. « Merci, ma dame. »
« Ne te fais pas de soucis » me dit-elle en touchant ma joue. « Repose-toi simplement. » Elle se leva et traversa ma chambre. « Je vais me retirer. »
Tandis qu'elle repartait, je ne pus formuler une réponse. J'étais trop préoccupée par ce qu'elle avait remarqué, la suggestion qu'elle avait faite avec précipitation. Un illusionniste ? réfléchis-je. Bien sûr, un illusionniste.
Je me mis à grogner et me glissai de nouveau dans mon lit. C'était tellement évident que j'avais presque envie de rire. Il n'y avait qu'un illusionniste capable de telles illusions. Et il était assez clair qu'il avait une opinion de moi tout sauf favorable.
Je me souvins du regard qu'il m'avait lancé dans le couloir après que j'ai vu le jorgandr. Ses traits étaient impassibles – évidemment, il était totalement serein, et il était sorti pour voir malgré tout. Il voulait observer les résultats de son ouvrage.
En grondant, je sautai sur mes pieds et me dirigeai tout droit vers ma garde-robe. Je n'étais pas vraiment une experte dans l'art du conflit. J'évitais les confrontations à tous prix. Les seuls différends que j'ai jamais eus étaient avec les autres jeunes filles de la cour Vanir. Mais ces événements étaient très rares elles avaient l'habitude d'avoir une attitude déférente envers moi, car ma famille était considérée comme étant supérieure. Mais en ce jour, mon endurance avait atteint ses limites. En ce jour, je ferai une exception. Je savais que je devais faire quelque chose dès maintenant, car autrement ça ne s'arrêterait jamais.
Une fois habillée, je sortis dans les couloirs et me tins devant un des gardes Einherjar posté devant ma porte. « Avez-vous vu le Prince Loki ? »
Le garde cligna des yeux, apparemment médusé par la question. « Il a quitté ses appartements plus tôt. Il est probablement allé dans la librairie. »
« Merci. » Je parlai avec plus de rudesse que ce qui correspondait à de la courtoisie, mais mon sang était en train de bouillir, et mon esprit était embrouillé par mon manque de sommeil.
Me détournant du garde, je commençai mon chemin jusqu'à la librairie.
Quand j'entrai dans cette place de calme et d'étude, le seul son que je perçus fut une page qui se tournait. Je pouvais dire qu'il n'y avait qu'une seule personne à la librairie. Les allées étaient exemptes de monde, ce qui n'était pas très surprenant il n'y avait pas beaucoup de personnes à la cour qui comprenaient la valeur du savoir écrit. Encore moins nombreux étaient ceux qui voudraient s'absorber dans un livre si tôt le matin.
Je m'arrêtai contre une étagère, regardant de tous les côtés avant de finir par le repérer. Il était assis quatre tables plus loin. Même lorsqu'il faisait quelque chose d'aussi calme que de lire, il était vêtu de son habituel attirail de cuir et de métal. Avachi sur son siège, il semblait à l'aise et détendu. Il avait juste un bras tendu sur la table, tenant son livre.
Il ne fit pas attention à moi, malgré mon approche. Son manque de respect insuffla une immense colère en moi. Une fureur dont je ne me serai jamais crue capable. « Loki, il faut que nous parlions. » Je m'arrêtai juste à côté de lui.
Il eut encore le culot de soupirer. « S'il vous plait, dites-moi ce que vous me voulez » me répliqua-t-il, ne jetant qu'à peine un coup d'œil dans ma direction. Il continuait de lire son livre comme si je n'étais pas même là.
Je sentis ma fureur monter encore d'avantage, si c'était possible. Sans réfléchir, je lui arrachai son livre des mains, le fermai soigneusement et le posai à plat sur la table. « Je sais que c'était toi. »
Loki se pencha en arrière dans son siège, écartant largement les bras dans un geste d'innocence. « A quoi faites-vous allusion, Dame Eirlys ? »
« Les oiseaux, le serpent, le rêve… même le garde. » Je lui lançai un regard noir. « Tout ça venait de toi, n'est-ce pas ? »
Il leva le regard sur moi, ne trahissant aucune expression. « J'avoue que je ne comprends toujours pas de quoi vous parlez. » Il pressa une main aux longs doigts fins sur son cœur. « Mais je vous en assure, je n'ai quoi qu'il en soit aucun lien avec tout cela. »
Je secouai la tête et me penchai plus près de lui, pour que mes yeux soient au niveau des siens. « Loki, je sais que tu ne m'aimes pas particulièrement » lui expliquai-je. « Mais souviens-toi de ça, s'il te plait : ma présence ici ne change rien. Un jour je serai partie et tout se passera comme si je n'avais jamais été là. Alors, si tu le veux bien, je te laisserai tranquille si tu me laisses tranquille. » Puis je lui tandis son livre avant de faire demi-tour et de me diriger vers la sortie de la bibliothèque.
Mon visage était rouge et me brûlait autant qu'une flamme tandis que je m'éloignai, mortifiée par la façon dont j'avais parlé à Loki, un prince d'Asgard. Je pouvais sentir son regard perçant fixé sur mon dos tandis que je traversai un couloir. Quand je me retournai pour regarder derrière moi, je le vis détourner les yeux dans une tentative ratée de prétendre qu'il ne m'observait pas.
Inutile de dire qu'enfin, je pus passer une bonne nuit de sommeil.
Note de l'auteur :
S'il vous plait, laissez une review. J'ai besoin de savoir si je dois continuer ma fic ou non.
