Note de la traductrice :

Bonjour à tous ! De nouveau, je remercie tous ceux qui ont pris le temps de m'écrire une review, c'est tellement gentil ! (Et un merci tout particulier à celles qui commencent à devenir des habituées ) )

J'aime énormément ce chapitre, je crève d'envie de vous dire pourquoi, là, maintenant, tout en gloussant et en sautillant partout, mais je ne peux malheureusement pas, parce que je veux vous laisser la surprise. (Et je vous assure, c'est une vraie torture psychologique que je vis actuellement lol !) Donc n'hésitez pas à laisser une review, parce que je pense que vous aurez envie de partager une ou deux petites pensées après avoir lu ce chapitre. (Et parce que je n'attends que ça pour en discuter avec vous lors de ma réponse ! :D ) Bonne lecture à tous !

L'histoire originale appartient à l'auteur NeverQuiteAwake. Je ne fais que la traduire.


CHAPITRE HUIT

Un maitre de la magie


Les jours suivant le début du Sommeil d'Odin furent tendus, bien que tranquilles aussi. Même si la majorité des personnes dans le palais semblaient imperturbables, mes amis et moi restâmes méfiants comme jamais. Nous passâmes nos journées dans la cour d'entrainement, attendant, craignant le pire tout en espérant le meilleur. Sif et les Trois Guerriers combattirent par moments afin de s'entrainer et pour se distraire, supposai-je. Il y avait une sorte de malaise dans chaque mouvement de leurs armes.

La vision de la reine s'imposait très souvent au sommet de mes pensées. Tout ce que voit un Vanir dans ses rêves est toujours plein d'incertitudes. D'aussi loin que je le sache, une vision pouvait prévoir quelque chose qui pourrait se produire des jours, des années, des dizaines d'années dans le futur. Mais nous ne pourrons jamais être sûrs de l'instant où cela se produirait.

Lors du cinquième jour, mon appréhension commença à s'estomper un peu. Rien n'était arrivé dans les Neuf Royaumes, et on commençait à penser que rien n'arriverait. Notre temps fut occupé par des petits jeux, de la lecture, et des promenades occasionnelles. Tout le monde, même les fils d'Odin, devenaient de plus en plus impatients, peut-être même s'ennuyaient-ils un peu. A partir de cet instant, si un incident devait se produire, le Père de Toutes Choses se réveillerait probablement en plein milieu.

Malgré le fait qu'Odin dormait toujours après six jours, les princes d'Asgard étaient bien moins troublés. La tension qu'ils avaient accumulée commençait à diminuer. Après tant de jours, personne n'avait assiégé le royaume, et personne n'était assez fou pour attaquer si tard pendant le Sommeil d'Odin. Pas lorsque le Père de Toutes Choses était sur le point de se retrouver revigoré.

Quand il s'éveilla enfin, un énorme poids fut enlevé des épaules des Neuf Royaumes. Aussi soulagée que je pouvais être, d'une manière étrange, je me sentais presque déçue – non seulement nous avions vécu sous un nuage d'inquiétude, mais Thor et Loki avaient voyagé à travers Asgard pour essayer de découvrir la vérité et s'assurer que rien de sinistre ne se produirait. Cela semblait une perte de temps, étant donné que cela ne les rassura pas vraiment et ne leur offrit aucune réponse.

Je réfléchis à ce que la reine pouvait avoir vu dans sa vision qui lui avait causé tant d'effroi, un effroi qui semblait autant rattaché à la famille royale. Les ombres et l'obscurité n'étaient pas étonnants pour les cauchemars, mais il me semblait qu'elle croyait qu'ils étaient liés au Sommeil d'Odin. Nous n'avons pas reparlé de ce don des Vanirs depuis le premier jour du sommeil du Père de Toutes Choses, et pourtant ma compréhension à ce sujet restait floue. Le mieux que je pouvais faire était de ne pas ressasser mes propres visions. Je me souvins que ce qu'avait vu Frigga ne s'était pas réalisé. Ce fut une maigre consolation, mais ce fut assez pour enlever ces pensées de mon esprit.

En honneur du réveil d'Odin, une fête de célébration se tint, pour le plus grand plaisir de Volstagg. Les murs de la salle de banquet étaient bordés de tables, sur lesquelles s'élevaient des piles de fruits variés, de verrats sauvages, de succulents faisans, et de nombreux desserts : Hildegund a même cuisiné son fameux gâteau au chocolat pour l'occasion. Tandis que je me promenai à travers la salle du banquet, je la vis partager un morceau du gâteau avec Volstagg tout en riant. Ne voulant pas les déranger, je leur souris simplement en passant et continuai de rechercher une compagnie familière.

Parmi la cour, je trouvai le Reine Frigga rayonnante et acquiesçant aux paroles de quelques amis. On pouvait lire un énorme soulagement dans les traits de son visage, comme si elle ne portait plus un énorme poids sur les épaules. Et pourtant, je vis que quelque chose la hantait toujours lorsque ses yeux croisèrent les miens. Même si aucun terrible événement ne s'était passé, ça ne voulait pas dire que ça n'arrivera jamais. Tandis que quelques seigneurs s'éloignaient de sa compagnie, je vis que c'était le bon moment pour m'immiscer vers elle.

« Ma Dame » la saluai-je en inclinant la tête. « Je suis vraiment heureuse de voir que le Père de Toutes Choses s'est réveillé. » Plusieurs courtisans dirent la même chose en passant auprès de Frigga. Je doutai qu'aucun d'entre eux ne soit au courant des préoccupations que la famille royale avait dû endurer ces derniers jours. Pour eux, ce Sommeil d'Odin s'était déroulé exactement comme tous les précédents – et, en réalité, ce fut le cas. « Les ombres ne se sont pas approchées de nous comme nous le craignions. »

Elle savait à quoi je faisais référence. « Oui, rien n'est arrivé au royaume. » Elle s'arrêta pour serrer la main d'une autre dame d'honneur avant de me parler à nouveau. « Bien qu'une grande appréhension persiste. Que cela se passe cette année ou la prochaine… Je suis sûre que mes fils t'ont décrit ce que j'ai vu. »

« En effet » lui dis-je, en baissant les yeux. « Je… je pense qu'ils étaient assez effrayés. Autrement ils ne m'en auraient pas autant dit. »

La reine tandis le bras et posa une main sur mon bras. « Nous avons été vulnérables pendant un moment, et la menace d'un danger plane constamment au-dessus de nos têtes » dit-elle. « La nature précaire d'une vision ne peut pas être ignorée. Au moins, ils nous servent à nous souvenir que nous devons toujours être prêts. » Sa main glissa de mon bras tandis qu'elle faisait un signe de tête à un petit groupe de courtisans. « Il y a plusieurs Asgardiens auxquels je dois aller parler. Retrouve tes amis, Eirlys, et profite des festivités. En ce jour, nous n'avons rien à craindre. »

Avec hésitation, je souris et m'éloignai d'elle. Elle semblait être pleine d'entrain lorsqu'elle conversa avec les courtisans. Mais, comme l'ombre de mes propres visions, mon appréhension persistait toujours.

Me faufilant à travers la foule, j'ai alors surpris Loki un peu plus loin. Il était adossé dans un coin du hall, un verre de vin à la main. Malgré mon agitation toujours présente, je ne pus m'empêcher d'être amusée en voyant les Trois Nigaudes s'activer autour de lui en le flattant servilement, s'extasier sur le fait qu'il devait être incroyablement heureux de voir que son père s'était réveillé. Il n'avait pas l'air intéressé. Pas le moins du monde. Puis il dit quelques mots, accompagnés par ce regard froid et tranchant qu'il m'a souvent adressé. Les trois demoiselles semblèrent comprendre le message, et elles se précipitèrent en direction de Thor.

Dès qu'elles furent parties, les yeux de Loki trouvèrent les miens, malgré tous les courtisans allant et venant entre nous. C'est à ces moments-là que je me demandais s'il pouvait sentir ma présence. Etant donné ses affinités avec la magie, je ne devrais pas être surprise. J'étais presque tentée de m'approcher de lui, peut-être pour exprimer mes inquiétudes concernant sa mère, ou pour lui témoigner de la sympathie à propos de ces derniers jours d'indécision. J'avais une envie irrépressible de m'assurer que le malaise qui tourmentait nos conversations était éradiqué une fois pour toutes.

Prête à entreprendre cette tâche, j'avançai à travers la salle. Mais alors une silhouette me coupa la route, mettant aussitôt fin à toutes pensées d'une conversation avec Loki.

Je clignai des yeux et fis aussitôt une révérence en réalisant que c'était Odin.

Depuis son réveil, il semblait en quelques sortes plus jeune qu'avant – plus puissant, si cela était possible. Il irradiait de puissance, sa présence imposant un immense respect. Cela suffit à pour me faire trembler les mains tandis que je les serrai fort devant moi. « Bon retour, Père de Toutes Choses. »

« Dame Eirlys », dit Odin, « puis-je m'entretenir avec vous ? » Sa requête me surprit.

« Bien sûr. » Je fis une autre révérence. « Je suis heureuse de vous voir en aussi bonne forme. » Mon regard balaya rapidement la salle avant de rejoindre le sien. « Il y a eu quelques… préoccupations pendant que vous dormiez. »

« Oui. Je sais tout ce qui se passe à Asgard, même lorsque je dors » me dit le Père de Toutes Choses. « Viens avec moi. Il y a un petit sujet dont j'aimerais parler avec toi. »

J'acquiesçai simplement. Lorsqu'il m'offrit son bras, je me raclai la gorge et posai ma main au creux de son coude. Les courtisans s'écartaient devant nous comme un troupeau de moutons, et le Père de Toutes Choses me conduisit sans même ralentir. Nous traversâmes le hall du banquet jusqu'à un des balcons, qui était assez large pour accueillir une douzaine de personnes. Le silence à l'extérieur contrastait rudement avec le vacarme grandissant dans la salle du palais derrière nous.

Odin se tint près du bord du balcon, regardant fixement Asgard, son expression austère. « Ma femme m'a informé de tes rêves » dit-il. « Tu crains qu'ils puissent être des visions ? »

« Oui, Père de Toutes Choses. » Je déglutis, me sentant un peu embarrassée de parler de mes rêves avec Odin. Ils sont si imprécis, presque dénués de sens. Que puis-je bien lui dire ? me demandai-je. Que j'ai eu un rêve à propos d'une silhouette floue qui tombait dans le néant ? « Je ne peux déchiffrer leur sens. Tout comme je ne peux identifier leur sujet. »

« Mais ces rêves était centrés sur une personne ? »

Un frisson me traversa le dos. « Oui, j'en suis certaine. Je le sens. »

Il y eut un instant de silence contemplatif avant qu'Odin ne le trouble à nouveau. « Moins d'une douzaine de Vanirs vivant à Asgard possède des pouvoirs de voyance aussi clairs que les perceptions d'une personne éveillée. » Odin fronça doucement les sourcils. « Ma femme n'en fait pas partie. Néanmoins, ses visions servent d'avertissements – sans montrer leur issue, comme tu dois le savoir. Je crois que les tiennes sont à peu près les mêmes. »

« Dois-je m'inquiéter ? » Je baissai les yeux. « Comment puis-je prendre en compte une mise en garde quand je ne sais rien du message qu'il porte ? »

« Je ne pense pas que tes préoccupations soient justifiées en ce moment » dit Odin en regardant à travers l'entrée du balcon. Je suivis son regard et vis Loki se tenant seul, observant le déroulement des événements d'un œil désintéressé. Thor ne mit pas longtemps pour rejoindre ses côtés, un grand sourire à la bouche.

« Et concernant les visions de la reine ? » demandai-je. « Elle… eh bien, je ne peux nier qu'elle était très inquiète à propos de vos fils. »

« Je ne peux avouer comprendre ce qu'elle a vu, ni même être certain de sa véracité » me dit Odin. Je fronçai les sourcils, troublée par cette pure incertitude. Le Père de Toutes Choses sembla le remarquer, car il dit : « Je comprends que tes visions te causent une grande souffrance. Il serait bien d'informer ma femme si jamais tu as un autre rêve du même genre. Peut-être que leur signification se révèlera d'elle-même avec le temps. »

« Je le ferai » lui promis-je. « J'espère pouvoir les décrypter un jour, car elles sont vraiment inquiétantes. »

« En effet. » Le Père de Toutes Choses me fit un petit signe de tête de réconfort. « A présent, allons festoyer. Je suis plutôt affamé, je suis sûr que tu peux le comprendre. »

Je souris doucement et l'accompagnai jusqu'au hall du banquet.


A la suite du banquet de célébration du Père de Toutes Choses, les jours se succédèrent sans aucun trouble à Asgard. Mes préoccupations s'affaiblirent, et mes souvenirs des visions inquiétantes s'effacèrent complètement. Mes leçons continuèrent, et l'habituel maintien de reine de Frigga fit son retour. Tout comme ses dures attentes concernant mes capacités de lecture.

« Je pense qu'il est peut-être temps pour toi d'apprendre quelque chose de complètement nouveau » me dit la reine un matin. J'étais assise en face d'elle, un livre ouvert devant moi, levant mes sourcils avec une curiosité méfiante. Chaque fois qu'elle me disait que j'allais apprendre quelque chose de nouveau, cela signifiait toujours que j'allais être ensevelie de textes à lire plus tard. « Que sais-tu à propos des sorts de protection ? Ou de la projection d'énergie, comme cela peut-être appelé. »

Je clignai des yeux. « Pas grand-chose, je l'admets. » Lorsque je vivais à Vanaheim, j'ai lu bien peu de choses sur le sujet, et je ne l'ai jamais vu être pratiqué non plus. « Je sais seulement que c'est une manifestation corporelle de l'énergie magique. Les sorciers peuvent créer des murs, des orbes, peut-être même s'en entourer comme une sorte de protection. Comme un bouclier. »

Frigga se leva de sa chaise. « Je pense que tu peux avoir un penchant pour cela – étant donné que tu ne sembles pas être très douée pour la magie de guérison. » Je sentis mes oreilles brûler lorsqu'elle mentionna mon manque de capacités pour guérir. Pendant des mois à présent, il me semblait que ma magie de guérison avait montré de petites améliorations mais les complexités intrinsèques de la réparation des tissus vivants restaient au-delà de mes compétences. « Mais j'ai remarqué tes sorts de protection, repoussant les éléments. La projection d'énergie n'est pas si différente. Cela demande simplement plus de pouvoirs magiques, et une concentration plus profonde. »

Je fronçai les sourcils en entendant des bruits de pas approchant. Personne n'avait jamais dérangé nos leçons auparavant, étant donné qu'elles étaient très tôt le matin – sans oublier qu'elles étaient dans la bibliothèque, la salle la moins visitée du palais. Ainsi, je me retournai par surprise, et cette surprise fut décuplée quand je vis à qui appartenaient ces bruits de pas.

Loki vint s'arrêter auprès de nous, tournant son regard de sa mère à moi avec les sourcils froncés. « J'ai cru avoir été appelé » dit-il. « Mais il semble que je vous interromps. »

« Au contraire » répliqua Frigga en faisant le tour de la table pour se tenir devant lui. « Je t'ai demandé de venir pour participer à la leçon d'Eirlys aujourd'hui. »

Je suis certaine que j'eus l'air aussi déconcertée que lui à ce moment précis. « Comment cela ? » demanda-t-il.

« Je commence à suspecter qu'elle possède une magie qui est en dehors de mon domaine de compétences » lui apprit Frigga. « J'ai passé de nombreuses heures à essayer de lui apprendre toute la complexité de la magie de guérison, mais elle manque d'affinités pour cela. »

Mes joues s'enflammèrent à nouveau, en particulier quand je vis le sourire suffisant naitre sur les lèvres de Loki.

« Elle ferait beaucoup mieux d'apprendre l'art de la projection d'énergie, étant donné son inclination pour les sorts de protection » continua Frigga. « Malheureusement, je ne serais pas le meilleur maitre pour cela. Je pense que tu le serais. »

« Moi ? » dit Loki d'un air incrédule. « Que pourrais-je lui apprendre que tu ne pourrais pas ? »

Elle lui sourit avec fierté. « Tu es un maitre de la magie. Tu sais comment canaliser ton énergie, la projeter sous des formes physiques. » Il essaya de parler, mais elle continua. « Tes magies d'illusions et de tromperies conviendraient bien mieux. Et tu es plus expérimenté dans la magie de projection que je ne le suis. » Vaincu, il détourna le regard. Il n'y avait aucune façon pour lui d'argumenter là-dessus, car nous savions tous à quel point il était compétent en magie. « Feras-tu ça pour moi, Loki ? »

Il fixa des yeux sa mère qui ne fit que le regarder silencieusement en retour, avec une expression implorante. On ne pouvait rien refuser à ce regard – la prière d'une mère. Il n'aimerait pas lui déplaire. « Mais bien sûr, Mère » répliqua-t-il, la bouche serrée. Elle ne fit rien qui indiqua qu'elle avait remarqué son ton. « Je ne vois aucune raison pour moi de refuser. »

« Merveilleux. » Inclinant la tête, elle lui toucha brièvement le bras. « A présent, je vais devoir vous laisser. Je voudrais parler avec ton père. » Elle se tourna et partit avant que nous ne puissions lui répondre. Alors qu'elle s'en allait, j'entrevis le regard pointu qu'elle envoya en direction de Loki.

Aucun de nous ne bougea pendant que Frigga partait. En entendant la porte se refermer dans son sillage, nos regards se croisèrent au milieu de la bibliothèque vide. Il fronça les sourcils, ne souhaitant manifestement pas se trouver là, à m'aider avec ma magie. Mais il resta selon les ordres de sa mère.

« Bien, viens par là » dit-il laconiquement en se dirigeant vers une fenêtre.

Mon cœur fit des bonds étranges dans ma poitrine, mais je pus ordonner à mes jambes de le suivre.

Dès que je me tins face à lui, il s'assit sur le sol et croisa les jambes, le cuir de sa tenue grinçant en signe de protestation. Nous étions à une portée de main de la fenêtre. Je remarquai que le soleil était aveuglant lorsque j'essayai de jeter un coup d'œil au Bifrost. Loki me regarda, semblant attendre, les sourcils levés tandis que je trainassai un peu trop longtemps. En soupirant, je l'imitai, ma robe s'ouvrant en éventail tout autour de moi. Nos genoux faillirent se toucher lorsque je me rapprochai un peu plus près. Je pouvais voir les particules vertes de ses yeux brillant dans la lumière.

« Pose tes mains sur tes genoux, la paume en haut » dit-il. Me battant contre le réflexe de m'opposer à lui, je fis comme il me le demandait. « A présent, ferme les yeux. » Je le considérai avec anxiété, la méfiance me trottant à l'esprit. Loki était le Dieu des Tromperies et du Mensonge, après tout, et je restai incertaine de son opinion envers moi. Il y a plusieurs mois, il a joué avec ces tromperies, essentiellement pour me terroriser – et c'était un incident que je n'avais pas oublié. Je commençai à remettre en question la sagesse de Frigga qui lui avait demandé de m'aider. « Alors ? J'attends. »

Je soupirai, vexée, et laissai mes yeux se fermer. Je me mis à écouter sa voix et seulement sa voix, son timbre profond étrangement plaisant à mes oreilles. « Ressens le pouvoir en toi. Trouve ton centre, là où se trouve ton énergie. »

« Je l'ai déjà fait auparavant » murmurai-je.

« Oh, je suis navré, je suppose que tu n'as pas besoin de mes conseils après tout. »

J'entrouvris mes yeux vers lui, la lumière éblouissante de la fenêtre gênant ma vue. Un coin de ma bouche se releva lorsque je vis son regard de pure irritation. « Toutes mes excuses, Prince Loki. Je vous en prie, continuez. »

Il leva un sourcil devant moi une nouvelle fois, et je fermai mes yeux, me rappelant intérieurement de me taire. « Vois cette énergie bouger en toi » murmura-t-il. « Jusqu'à la pointe de tes doigts. Sens-la se manifester dans ta main. »

Je me souvins l'avoir vu faire la même chose lorsque nous nous étions aventurés dans la caverne de cristal d'Alfheim. Cette énergie avait été si éclatante, même chaude, comme une fleur de vie dans la paume de sa main. Serrant les dents, j'essayai de l'imiter, de manifester ma magie dans une forme tangible. Je regardai pour voir si quelque chose s'était passé. Il n'y avait rien.

Je me concentrai plus fort, essayant de me servir des techniques que j'utilisai pour mes sorts de protection. Jeter un sort contre les éléments était comme imprégner une personne avec de l'énergie. C'était un peu comme leur faire don d'un peu de magie qui les protègerait du froid ou du chaud. Mais là c'était différent. Trop différent, comme je le réalisai. Il fallait prendre mon énergie et la projeter dans une forme physique. Plus difficile encore était le fait d'essayer de le contrôler.

« Tu dois la conduire, depuis le centre-même de ton énergie. Le long de tes bras. Jusqu'à tes mains. »

De nouveau, rien ne s'était passé. Mes yeux s'ouvrirent, et je secouai la tête. « Ça ne marche pas, Loki » dis-je. « Je ne pense pas que j'en suis capable. »

« Absurde, c'est de cette façon dont on m'a tout enseigné. C'est la forme de magie la plus basique, même un enfant est capable de la maitriser » rétorqua-t-il. Je lui lançai un regard perçant. « Tu es capable de lancer des sorts de protection, tu dois être capable de cela. »

« Je ne semble pas être capable de projeter mon énergie » soupirai-je. « C'est juste… différent, d'accord ? »

Il ne fit alors aucune réplique. A la place, il soupira profondément et me tendit sa main droite. « Très bien, alors donne-moi ta main » m'ordonna-t-il sèchement.

Fronçant les sourcils, j'hésitai un seconde avant de placer ma main gauche dans la sienne, la paume dirigée vers le haut. Un frisson me traversa le corps des racines de mes cheveux à la pointe de mes pieds. Sa main était fraiche, pas froide, mais pas aussi chaude que la mienne. Ses longs doigts semblaient envelopper toute ma main, apparaissant très pâle en comparaison de mon teint d'ivoire.

Mais il n'y avait pas que la fraicheur de sa peau qui m'envoya un tel frisson. Ce qui m'affecta le plus fut l'énergie que je sentis s'écouler de sa main. Auparavant, je percevais vaguement l'énergie des autres personnes sensibles à la magie, un faible bourdonnement, tout au plus. Mais ce n'était rien comparé à ce que je ressentais avec lui, tant sa magie était puissante. Cela envoya des picotements à ma peau, fourmillant de mon coude jusqu'au bout de mes doigts, comme si ma magie se dirigeai vers la sienne. C'était une sensation étrangement plaisante.

« Concentre-toi, comme avant » me dit Loki.

Me mordant la lèvre inférieure, je fermai les yeux, mais pas avant de l'avoir vu faire de même. Au début, je n'arrivai pas à me concentrer la sensation de sa main touchant la mienne était incroyablement distrayante. Mon cœur s'accéléra à cette pensée, et je dus lutter pour l'ignorer.

Je pris une grande inspiration, cherchant la source de mon énergie – mon centre – comme Frigga me l'avait appris pendant nos sessions de méditation. Je pus tirer cette magie de l'intérieur, la faire passer à travers les fibres de mon corps. A ma grande surprise, il semblait que Loki agissait comme un guide, attirant mon énergie.

Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés assis là, dans un silence complet, ma main dans la sienne. Personne n'aurait pu nous interrompre, tant notre concentration était profonde. Je me surpris à penser que, pour la première fois, il y avait un instant de calme paisible entre nous. Nous ne pensions plus à nos différents. Ni au fait que j'oubliai toute bienséance appropriée quand j'étais en sa présence. Tout ce qui importait était la magie.

Quand mes yeux s'ouvrirent enfin, je vis une faible lueur vacillante bleue dans la paume de ma main.

Loki retira ses doigts des miens. La lumière vacilla, portée par ma seule magie. Souriant, je lui jetai un regard et remarquai un sourire presque imperceptible sur ses lèvres. Je posai ma main droite sous ma main gauche et me concentrai pour projeter toute mon énergie, ce qui permit seulement à la lumière de devenir un peu plus intense avant de se dissiper dans les airs.

Je me mis alors à haleter comme si je venais de faire un sprint à travers les champs fleuris de Vanaheim – sur ses vingt lieues. Ma tête me semblait vide, et tout mon corps était épuisé. Tout ça pour une petite lumière bleue dans la paume de ma main.

« Tu vas devoir t'entrainer » dit Loki. « Tu es complètement épuisée avec un sort aussi simple. » Je lui fronçai les sourcils, même si je savais qu'il avait raison. « Il va probablement falloir attendre quelques temps avant que tu sois capable de manifester ta magie avec une forme physique. »

« Ça ne me pose aucun problème » lui rétorquai-je. « Je m'entrainerai tous les jours. »

Il me lança un dernier regard persistant avant de se relever. « Très bien. J'ai d'autres affaires qui m'attendent. J'ai déjà passé bien trop de temps ici. »

Inspirant profondément, je me mettais debout avant lui. « Ma compagnie est-elle vraiment si désagréable ? »

« Non. » Son regard soutint le mien, et je sentis mes joues s'enflammer. « Je suppose que non. »

Après cela, il se détourna et sortit de la bibliothèque. Je restai debout derrière lui, rougissante de fierté. J'imaginai toutes les sortes de magies que je pourrai apprendre. Le soin était bien trop compliqué, une capacité difficile à entreprendre pour les débutants. Cela me ferait du bien d'apprendre d'autres magies avant. Peut-être que mes résultats étaient pour le moment faibles, mais ça restait un bon début.

Il me fallut des semaines avant de pouvoir maintenir la magie dans ma main sans m'épuiser complètement. Et une semaine après, je fus capable de créer une forme physique – un disque d'énergie de la taille de ma paume. Il était aussi fragile qu'un carré de tissu, et il s'évapora à mon contact. Comme toujours, je m'entrainai avec la reine le matin, j'étais en compagnie de mes amis l'après-midi, et dans la solitude de ma chambre le soir. Loki ne m'offrit plus aucune assistance.


Un matin, je m'éveillai avec la lumière éblouissante filtrant par mes fenêtres. Appuyant ma tête dans mes oreillers moelleux, je me resserrai dans mes draps avant de me souvenir de mes plans de la journée. On m'avait accordé trois jours de repos après avoir souffert toute une série de leçons et de pratiques exténuantes tout le monde a droit à un répit, m'avait dit la Reine Frigga, même Odin. Sif m'avait alors parlé de son envie d'aller jusqu'au lac où nous pourrions partager un repas en plein air et boire du vin en abondance. Un jour de relaxation avec mes amis, c'était plus que ce dont je pouvais rêver.

Sans me départir d'un sourire radieux, je m'habillai d'un pantalon sombre, d'une veste en cuir recouverte d'un tissu bleu, et je mis mes chaussures de marche. Cela faisait quelques temps depuis ma dernière chevauchée, et encore plus longtemps avec la liberté et le confort de ma tenue de cheval.

Une fois que je fus prête, on frappa un coup à ma porte. Je traversai mes appartements et ouvris la porte, espérant voir Sif. A ma grande surprise, je me retrouvai à la place face à un Einherjar.

« Dame Eirlys, nous avons été informés que quelque chose vous attend dans le hall d'entrée. »

« Quelque chose m'attend ? » Un éclat de rire perplexe s'échappa de ma bouche. 'Quelque chose' était une description étrangement vague. « Qu'est-ce que cela peut être ? » Aucun Einherjar dans le corridor ne put me donner une réponse.

Je pris sur moi d'aller découvrir cette réponse. Tandis que je me dirigeai vers le hall d'entrée, l'idée me traversa l'esprit que c'était peut-être mon père venu me faire une visite. Mon estomac se serra avec culpabilité quand je me surpris à me demander si cela serait vraiment une bonne surprise. Cela faisait des mois depuis que je lui avais écrit pour la dernière fois. Ses réponses avaient toujours été très brèves, et je ne me sentais plus obligée de lui écrire.

Entrant dans le hall d'entrée, je fixai ouvertement la jument couleur châtaigne au pied des grandes marches. Je clignai des yeux, la bouche grande ouverte, avant de reconnaitre l'animal. « Winifred ? » Je me mis à courir jusqu'à mon fidèle coursier qui renifla la paume de ma main en signe de salutation. « Cela faisait si longtemps, ma belle. »

Je remarquai le héraut se tenant à côté de ma jument – les cheveux roux, portant le symbole de Vanaheim sur la poitrine. Il baissa la tête devant moi. « Votre père a demandé qu'elle vous soit envoyée en ce jour. »

Je fronçai les sourcils. Ce jour ? me demandai-je. Qu'est-ce qu'aujourd'hui avait de bien particulier ? En une seconde, la réponse me tomba dessus. Cela devait être mon jour anniversaire. Je me sentis un peu bête de l'avoir oublié. J'avais perdu le compte des jours depuis que je passais tout mon temps à développer ma magie et à étudier mes textes. Le soleil s'était levé tandis que je réfléchissais à tout cela. « Merci » dis-je au héraut. « Dites à mon père… dites-lui que je suis plus que reconnaissante. »

Le héraut inclina la tête une nouvelle fois avant de s'en aller, sa tâche accomplie.

Je me tenais à côté de ma jument, faisant courir ma main le long de son cou si doux et des taches couleur diamant sur son front. On s'est bien occupé d'elle pendant mon absence : sa robe était brillante, sa crinière droite et lisse. Je jetai un coup d'œil en direction du héraut, et soudain je me sentis blessée que mon père ne se soit pas déplacé pour m'apporter Winifred lui-même après tout ce temps que nous avons passé séparés.

« Par les Norns. Que fait ce cheval ici ? »

Sif apparut de l'autre côté de Winifred, fixant la jument avec incrédulité.

Je ris doucement. « C'est ma jument, amenée depuis Vanaheim. En honneur de mon jour anniversaire. »

« C'est ton jour anniversaire ? » demanda Sif, son visage s'illuminant. « Comme j'aurais voulu le savoir plus tôt ! Je t'aurais préparé une sortie bien plus excitante. »

Je secouai la tête. « Il n'y en a pas besoin. Je ne suis pas du genre à rechercher de grandes célébrations. En fait, j'avais même totalement oublié que c'était mon jour anniversaire. »

Son sourire ne faiblit pas. « Malgré tout, nous allons faire une splendide sortie. » Elle jeta des coups d'œil de partout. « Si seulement le reste du groupe voulait bien arriver. »

« Allons les attendre dehors » lui suggérai-je. « Je ne fais pas entièrement confiance à Winifred avec ce magnifique tapis rouge… »

Nous attendîmes devant la grande entrée, et le reste de notre groupe s'assembla au fur et à mesure. Fandral et Hogun arrivèrent les premiers, nous accordant à toutes les deux des salutations chaleureuses. Loki vint après, bien qu'il ne nous adressa aucune sorte de salut. Thor fut le dernier à apparaitre, un large sourire sur la bouche tandis qu'il s'enthousiasmait à propos de cette magnifique journée qui commençait. Après un rapide coup d'œil à notre groupe, Sif s'interrogea à propos de l'absence de Volstagg.

« Il est avec sa femme aujourd'hui » dit Fandral. « Il m'a informé qu'elle cuisinait un de ses plats favoris et qu'il ne pouvait pas résister. » Il jeta un coup d'œil à nos coursiers attendant passivement et rit avec ironie. « De plus, il n'est pas du genre à aimer l'équitation. Vous savez à quel point les chevaux luttent sous sa corpulence. »

« C'est dommage » soupira Sif. « C'est le jour anniversaire de Eirlys. »

Il y eut une explosion de surprise et d'acclamation, bien que tout soit noyé sous la voix de tonnerre de Thor. « Joyeux jour anniversaire ! Si seulement je l'avais su, imagine tous les cadeaux que j'aurais pu te faire ! »

« Je n'ai besoin de rien » lui répondis-je. « Le plaisir d'être en votre compagnie me suffit amplement. »

« Oh, regardez comme elle nous flatte pour son propre jour anniversaire. » Fandral me prit la main dans la sienne. « Nous devrions chanter des louanges en honneur de ta gentillesse. » Il me fit un baisemain, son sourire toujours aussi charmeur. « Et de ton irrévocable beauté. »

J'étais sur le point de nier ses compliments, mais Sif fut plus rapide. « Fandral, s'il te plait, contiens-toi un peu » se moqua-t-elle. « Allons-nous partir, ou allons-nous rester ici et raconter des bêtises tout le restant de la journée ? »

Loki regarda Fandral avec un air de mépris. « Oui, s'il te plait, mettons-nous rapidement en route. »

« J'ai grand besoin de me sustenter ! » dit Thor en acquiesçant. « Le plus tôt nous serons partis, le plus tôt nous pourrons manger. »

Nous montâmes sur nos chevaux et galopâmes, prenant la route opposée au Bifrost. Nous nous sommes déjà aventurés jusqu'au lac plusieurs fois auparavant, mais je restai toujours en arrière à cause de mon manque de pratique pour monter en amazone. Cette fois, avec Winifred, je fus capable de suivre le rythme avec Sif et Loki au premier rang.

Le vent fouettait mon visage et faisait voler mes cheveux. Je me sentais libre, tellement libre. Souvent, dans ma jeunesse, je galopais librement dans les champs de fleurs sauvages de Vanaheim. Je vagabondais pour être libérée de toutes les pressions qui m'étaient imposées par mon père et toutes les attentes qui accompagnaient mon rang. Il voulait que je sois la meilleure dame, la meilleure épouse pour celui qu'il choisirait pour être mon mari. Errant dans les champs, j'étais libre de tous ces problèmes, toutes ces inquiétudes à propos de mon futur, toute cette pression qui m'écrasait. A cet instant, j'étais juste une jeune fille passant du temps avec ses amis pour son jour anniversaire.

Nous galopâmes de la cité jusqu'aux prés, montant et descendant sur le terrain vallonné, perdus dans ce vert à perte de vue. Depuis l'avant, j'entendis Fandral pouffer de rire et défier Hogun à la course. Tous deux partirent alors à toute vitesse, laissant le reste d'entre nous dans la poussière. Cherchant à prendre l'avantage, Fandral jeta une noix sur Hogun. J'étouffai un rire lorsque Hogun l'attrapa tout simplement et la renvoya droit sur Fandral. La noix frappa directement Fandral sur le front, laissant une large zébrure rouge sur son passage.

Le reste d'entre nous arrivions très mal à retenir notre hilarité. Fandral ralentit, tandis que Hogun gagnait du terrain, le guerrier réservé étant clairement en train de gagner leur petite course. Nous suivîmes derrière Fandral qui se ruait en avant pour le rattraper.

Le lac était un endroit silencieux et paisible caché par une alcôve. Des chutes d'eau se déversaient de la falaise du dessus comme une cruche d'eau dans un bassin. L'eau tombait de haut, et une écume blanche se formait continuellement. L'herbe d'un vert éclatant bordait le lac, douce et épaisse, parfaite pour s'allonger. Je rayonnai à cette vue et sautai de la selle de Winifred pour rejoindre mes amis au bord de l'eau.

Dans la lumière du début d'après-midi, nous mangeâmes, parlâmes et rîmes.

Plus d'une fois, je me mis à regarder Loki, ses sourires – aussi petits soient-ils – devenant de plus en plus courants. Il me surprit lors de mon troisième coup d'œil, et je détournai rapidement mon regard, essayant d'ignorer mes joues en feu. Même alors que je baissai les yeux sur mes mains et que je jouai avec les brins d'herbe, je pouvais toujours sentir ses yeux sur moi.

Toutes mes pensées et toutes les conversations s'arrêtèrent brusquement lorsque Fandral s'exclama : « Attendez une minute, pourquoi n'avons-nous pas encore sorti le vin ? » Il fouilla un peu dans tous les sens dans notre sac de nourriture. « Allez maintenant, une tournée générale ! »

Nous fîmes comme il nous proposait, tandis qu'il sortait plusieurs bouteilles de vin rouge du sac, que Sif avait si généreusement emportées pour nous. Des verres débordant de vin furent servis. Fandral était assez pressé d'avaler le sien, du liquide débordant tandis qu'il portait le verre à ses lèvres, mais alors Thor attrapa sa main pour la stopper. « Un toast ! Pour Eirlys, en honneur de son jour anniversaire ! »

« A sa magie » ajouta brusquement Loki. Le souffle coupé, je clignai les yeux de surprise devant sa considération inattendue. « Bien qu'elle reste une guérisseuse pitoyable » – je lui lançai un regard cinglant – « elle est plus déterminée que jamais à maitriser sa magie. » Il sourit en coin, levant son verre. « Et pour cela, je l'admire profondément. »

Lorsqu'il but, j'étais certaine que sa dernière remarque était une moquerie sur ce que j'avais dit précédemment sur lui. Personne d'autre ne sembla remarquer le regard que je lui adressai, car ils lançaient tous des acclamations. Son sourire en coin ne fit que s'agrandir lorsque je le saluai de la tête et bus une gorgée de mon vin.

Alors que la journée s'écoulait, nos estomacs ne firent que se dilater. Après que nous eûmes fini nos sept bouteilles de vin, je m'allongeai par terre, verre en main, mon corps me picotant de partout. Je soupirai doucement, le regard absorbé par la vue qui s'offrait à moi. Ce ciel au-dessus de nous, je ne pourrai jamais m'en lasser. Pendant la journée, il apparaissait bleu, même si les bords restaient teintés du noir de la nuit, s'intensifiant de plus en plus tandis qu'on s'approchait du Bifrost. Asgard était vraiment un endroit unique. C'était réellement la demeure des dieux.

Le son d'un éclaboussement m'incita à m'assoir, et je vis que Thor avait jeté Fandral dans le lac. Nous rîmes alors que Fandral se tenait debout, bafouillant d'indignation dans l'eau, ses habits entièrement mouillés. Il commença à menacer le prince, frappant la surface de l'eau et menaçant de faire de même au Dieu du Tonnerre. Alors que Thor lui lançait un défi, je souris et souhaitai que tous les jours puissent être comme celui-ci : soulagés de mes préoccupations, qu'ils viennent de mes visions de Vanir ou de mon anxiété à propos de la progression de ma magie.

C'était cette vie que je voulais vivre pour le reste de mes jours. Asgard était devenu ma maison, et je ne voulais plus jamais la quitter.


Note de l'auteur :

Des tonnes de merci à ma chère beta, Hr'awkryn. Et un énorme merci à mes guest reviewers. Vos commentaires comptent beaucoup pour moi.

S'il vous plait, prenez quelques secondes pour laisser une review ! Je suis affamée et j'aurais bien besoin qu'on me nourrisse de quelques reviews. :)