Note de la traductrice :

Coucou à tous ! Au risque de me répéter, je remercie encore une fois tous mes adorables revieweurs qui m'encouragent et me donnent encore plus envie de traduire cette histoire par leurs petites reviews si gentilles ! Vraiment, je savoure chaque review que vous m'offrez, et en plus elles valent pour deux étant donné que j'en fait toujours profiter l'auteur canadienne ! :D Une review = deux sourires, ça vaut le coup ça, vous croyez pas ? ^^

Je suis toujours tellement ravie de voir vos questionnements, vos pronostiques, de vous voir dire ce que vous avez plus aimé, moins aimé, ce qui vous a surpris, ce qui vous a fait plaisir, ce qui vous a frustré, bref, j'adore savoir tous vos sentiments ! Dites-les moi siouplait ! ^^

Ce chapitre est, comme les deux précédents, dans une période que j'aime particulièrement. Pourquoi ? Mais parce qu'on a du Loki à gogo, bien sûr ! Et il débarque jamais quand on s'y attend vraiment. Mouahaha, j'adore ! Et on apprend un de ces trucs, à la fin du chapitre… Sur le coup, j'en étais bouche bée, et je me disais un truc du genre ''Ah ouais quand mêêêêême !…'' Je vous laisse découvrir de quoi il s'agit. ^^ Gros gros bisous, et bonne lecture mes lecteurs que j'aime ! :D (Surtout toi, oui toi qui vas laisser une review. :p)

L'histoire originale appartient à l'auteur NeverQuiteAwake. Je ne fais que la traduire.


CHAPITRE DIX

Naissance


Cela me prit encore un mois pour créer une barrière qui ait la solidité d'un bouclier en bois. Je pouvais maintenir ma magie contre le coup d'une vraie épée, même si je restais incapable de donner forme à mes projections d'énergie comme Frigga me l'avait montré. Mais comme toujours, ma détermination n'a jamais décru. Je m'entrainais tout au long de mes après-midi et jusque tard dans la nuit jusqu'à ce que je fus complètement épuisée.

Mes leçons de combat à l'épée commencèrent quelques jours après que Sif m'en a fait la suggestion. Sif et Fandral me servaient de professeurs la plupart du temps. Sous leur guidage, mes capacités avec une épée furent bien plus encourageantes que mes essais avec un arc. Les deux guerriers m'enseignèrent les bases : comment tenir une épée, la position et les mouvements de mes pieds. Aussi expérimentés que les soldats Njord pouvaient être, Sif et Fandral prouvèrent qu'ils étaient de bien meilleurs tuteurs.

Il était surprenant de voir à quel point parer et bloquer avec une épée était devenu simple. Je parvins à me rappeler quelques éléments des leçons et des observations de ma jeunesse impromptue. Mais même si j'avais une certaine aisance pour parer, je n'étais absolument pas compétente pour remporter le moindre combat singulier. J'arrivai juste à me défendre.

« Souviens-toi, garde les jambes écartées » me commanda Sif.

J'effectuai selon ses instructions quelques secondes avant qu'elle n'attaque. Mon épée en bois à la main, je fus cette fois assez rapide pour parer. Nous nous tournions autour dans la partie herbeuse de la cour d'entrainement, nos regards fixés l'un à l'autre. Mais je restai bien trop consciente des Trois Guerriers assistant au spectacle, et commentant en échangeant des murmures. A l'approche de Sif, je me débarrassai rapidement de ces pensées. Elle attaqua à nouveau, et je bloquai maladroitement son coup avant de répliquer avec un de mes petits coups. Étant bien plus rapide sur ses jambes que je ne pourrais jamais être, elle l'esquiva facilement.

Le soudain éclat de rire enthousiaste de Thor près des portes me stoppa. Sif agita la main devant moi. « Ignore-les. Quand tu es dans une bataille, tu dois garder toute ton attention fixée sur ton adversaire. »

Elle répéta son attaque, cette fois vers ma gauche. Je projetai une barrière, qui absorba sans effort l'impact. Tout en le faisant disparaitre, je m'élançai vers son épaule, seulement pour la voir s'écarter de mon chemin.

« Bien. C'était très bien. » Sif acquiesça de la tête, baissant son épée pour la planter dans le sol. « Ta magie a fait de grands progrès. »

Je la regardai fixement, ne relâchant que légèrement ma vigilance. Je m'assurai de garder fermement mon épée à la main. Parfois, elle essayait de lancer un coup quand je me l'attendais le moins. Elle dira toujours que c'était pour m'apprendre à rester vigilante quoi qu'il arrive. Ces sortes de surprises aboutissaient généralement à m'apporter les pires ecchymoses. Les bleus font apprendre, disait alors Sif. Cela m'amusait de voir comme elle arrivait à citer de telles maximes comme si elle les avait inventées elle-même. Son instructeur avait fait du bon travail, c'était évident.

« Et comment mon talent à l'épée a-t-il progressé ? » lui demandai-je.

« Cela par contre demandera plus d'efforts. » Elle semblait trouver très amusant l'affaissement de mes épaules. « Par contre, si tu te retrouves au milieu d'une bataille, au moins, tu ne mourras pas immédiatement. »

« Oh, c'est très rassurant » lui répondis-je avec une ironie désabusée.

« Peut-être voudrais-tu te mesurer à moi en combat singulier ? »

Me retournant, je me trouvai face à face avec Loki. Il se tenait nonchalamment à côté de son frère, les coins de ses yeux se plissant tandis qu'il me regardait. Il avait dû entrer dans la cour d'entrainement en même temps que Thor pendant mon match d'entrainement avec Sif. Il y avait quelque chose à cette pensée qui me fit terriblement rougir. Tandis que j'hésitai, il ouvrit les bras et écarta les mains en signe de challenge.

Un coin de ma bouche se releva tandis que je lui répondais : « Je n'espère certainement pas gagner, et je ne suis pas sûre de vouloir me soumettre à une défaite aussi humiliante. » Sif y était allée petit à petit avec moi – même à présent, elle était loin d'utiliser toute l'étendue de ses capacités. Je ne comptais pas sur Loki pour avoir la même déférence avec moi. Je prévoyais seulement qu'il m'enverrait face contre terre.

« Allons, allons » dit Loki en souriant. « Je promets d'être gentil. »

Je serrai la mâchoire en essayant de maitriser mon propre sourire. « Je suis désolée, mais une promesse venant du Dieu des Mensonges ne vaut rien pour moi. »

Il rit devant ma réponse. « Un très bon point. Peut-être devrions-nous considérer cela comme une leçon. Il ne faut faire confiance à aucun adversaire pour être gentil. »

Je soupirai et pliai mes doigts. Il continuera sans s'arrêter jusqu'à ce que je cède, là-dessus je n'avais aucun doute. Et après tout il n'avait pas tort je pouvais me servir de cet entrainement. Peut-être qu'un vrai challenge venant de quelqu'un dont je savais qu'il ne se retiendrait pas était exactement ce qu'il me fallait pour tester mon courage. « A tout le moins, pourrais-tu ne pas me lancer de dagues cette fois-ci ? » Tous ceux qui étaient présents dans la cour s'échangèrent des regards étonnés, auxquels aucun de nous deux ne répondit. « Aucune vraie arme, et aucun de tes tours de magie. »

« Cela semble correct. » Il jeta un coup d'œil à Sif, et lui prit des mains l'épée d'entrainement qu'elle lui tendit.

Il se tint alors face à moi, le regard fixé dans le mien.


J'essayai de me souvenir de tout ce que Fandral et Sif m'avaient appris. Je repris mentalement ma posture, serrai ma poigne, repositionnai mes pieds. Avec un profond soupir, je lançai le premier coup. Il le dévia sans effort, en bougeant à peine son bras. Il était douloureusement évident que je n'avais pas la moindre chance de l'atteindre en combat. La simple pensée de l'égaler n'était absolument pas à mon esprit. Il était plus rapide et plus fort, même sans ses sorts de tromperie. La plupart du temps, on n'arrivait pas à le voir bouger. Malgré son manque d'attaque, je ne pouvais pas même porter le moindre coup. J'étais capable de projeter efficacement ma barrière pour bloquer ses coups, mais cela ne m'apportait aucun avantage.

Nous nous heurtâmes, nos épées sonnant fortement dans la cour, et nous nous enfermâmes dans notre lutte. Il fit un pas en avant pour essayer de me faire reculer, mais je tins ma position, mes bras frémissant dans un effort pour résister à sa force, mes bottes glissant dans l'herbe. Il me vint à l'esprit que je ne serai jamais capable d'égaler sa pleine puissance – et il n'utilisait assurément pas sa pleine puissance. C'est à ce moment-là qu'il glissa sur le côté, entourant son épée d'entraînement autour de la mienne. Mon épée s'envola en tournoyant de mes mains, atterrissant plusieurs mètres plus loin.

Avant que je ne puisse tenter de la récupérer, il saisit mon poignet et le fit tourner, pressant mon dos contre son torse. Je fus prise au piège dans son étreinte, ses bras serrés autour de ma taille. Il positionna légèrement son épée contre ma clavicule tandis que je sentais mes joues s'enflammer. « Est-ce que tu te rends ? » demanda-t-il, et je sentis son torse trembler au son de sa voix contre mon dos.

Mon souffle devint erratique lorsque je sentis que son cœur battait rapidement à l'unisson avec le mien. Je me tortillai seulement pour me rendre compte que mes bras étaient fermement pris au piège dans mon dos. « Il semblerait que je n'ai pas le choix. » J'espérai que ma voix ne tremblerait pas, mais j'étais pratiquement sûre qu'elle trembla. Levant le menton, je déglutis rapidement en sentant ses doigts glisser le long de ma peau, son pouce caressant l'intérieur de mon bras. « Je crois que je suis déjà morte. »

Il rit, son souffle chatouillant l'arrière de mes oreilles. Cette sensation apporta une étrange palpitation dans mon estomac. Puis il me relâcha et me repoussa légèrement, s'écartant rapidement de mon espace personnel. Un frisson parcourut mon dos lorsque je me tournai pour lui faire face.

« Une belle bataille, Eirlys » dit Thor en traversant la cour d'entrainement. « Tu t'es bien battue face à mon frère. »

Je levai un sourcil sceptique devant ses mots excessivement gentils, mais je choisis de ne pas le contredire.

« Mieux que la plupart » remarqua Loki son air amusé semblait dire que la remarque n'était rien de plus qu'une plaisanterie. En reculant, il m'examina de la tête aux pieds. « Tu devrais te concentrer sur ta magie. Pas seulement comme un bouclier, mais comme une arme. »

« Comme une arme ? » Je secouai la tête. « Je ne suis pas sûre de comprendre. »

Loki leva pratiquement les yeux au ciel devant moi, pour ma plus grande irritation. « Je suppose que je vais devoir te le montrer » dit-il. « Demain, après ta leçon. »

Je jetai un coup d'œil à nos amis, qui nous regardaient tous très intensément. Je me mis à rougir devant leurs regards si attentifs. « Oui, avec plaisir, plus tard » acceptai-je, pressée d'échapper à tous ces regards curieux. « Il est temps à présent d'aller dîner, n'est-ce pas ? »

« Nous devons assister à un banquet » dit Sif. « Dame Freya nous rend une visite, tu t'en souviens ? »

En soupirant, j'écartai de mes yeux plusieurs mèches de cheveux. Lady Freya était une Vanir, et la fille du plus important seigneur. « Bien sûr, comment ai-je pu oublier » répondis-je. « Cela signifie aussi que le reste de la cour sera présente. » Je plissai le nez à l'idée de devoir à nouveau socialiser avec les gens de la cour d'Asgard c'était les Trois Nigaudes qui étaient au centre de mon aversion. Leurs paroles désobligeantes envers Sif me restaient toujours en travers de la gorge, en particulier parce que je n'avais pas dit quoi que ce soit pour les contredire.

Loki sembla remarquer mon apparent dégoût, et nous échangeâmes un mince sourire désabusé.


Plusieurs heures plus tard, Sif et moi nous retrouvâmes à l'entrée du hall du banquet où nous nous tenions, hésitant toutes les deux à entrer. Le vacarme commençait déjà à s'élever, ponctué par d'occasionnels éclats de rire. « Oh, comme je déteste les femmes de la cour. » Sif laissa échapper un long soupir résigné. Elle avait plus de raisons de les détester que moi elle a été le sujet de leurs railleries pendant bien longtemps. Elle était la demoiselle qui osa devenir une guerrière et se battait aux côtés des princes du royaume. « Je préfèrerais vraiment dîner dans notre propre salle à manger. »

« Eh bien… au moins, nous savons que Volstagg va manger avec un peu plus de bienséance » dis-je. « Malheureusement, ça sera sûrement notre seule consolation. »

« Une très maigre consolation. » Elle fit un signe de tête au garde qui ouvrit la porte devant nous. « Nous sommes de fières guerrières, Eirlys. Nous ne devrions avoir peur de rien. »

Je ne pus retenir un reniflement grossier.

Une fois que les portes furent ouvertes, nous entrâmes dans le hall du banquet ensemble, et cherchâmes des visages familiers. Nous évitâmes soigneusement celles que nous surnommions les Trois Nigaudes je pouvais sentir leurs yeux et leurs échanges de paroles sur nous, mais je les ignorai sèchement tandis que nous nous dirigions vers Fandral.

« Ah, mes belles dames » nous dit-il. « C'est une belle soirée, n'est-il pas ? »

« Oui, aussi belle qu'elle puisse être » répondis-je en échangeant un regard avec Sif. « Où se trouve Dame Freya ? Cela fait de nombreuses années que je ne l'ai pas revue. »

« Comment est-elle ? » demanda Fandral, avidement. Je dus mordre l'intérieur de mes joues pour m'empêcher d'éclater de rire. La Dame Freya était la Déesse de la Beauté et de l'Amour c'était peu étonnant que Fandral soit si intéressé par tout ce qui se rapportait à elle. « J'ai déjà eu l'honneur de la voir à distance, ce qui est évidemment un grand honneur. » Il fit une pause et sourit lascivement. « Mais je n'ai jamais eu le privilège de lui parler. »

Je raclai ma gorge et lui dis : « Elle est très… aimable. » Je ne connaissais pas vraiment Freya, et il était difficile de la décrire sans effleurer la grossièreté. Les gens de la cour de Vanaheim racontaient souvent qu'elle était coquette, parfois disaient franchement ce qu'il en était. Après tout, elle était bien connue pour ses exploits, même s'ils n'étaient jamais très publics. La plupart de ce que je savais sur elle venait de quelques rumeurs et calomnies. « Oui, elle est en effet très aimable… »

« Trop aimable, peut-être ? » tenta Sif, les yeux brillants.

Fandral semblait désirer en savoir encore plus sur Dame Freya, mais j'intervins. « Je suis désolée, mais je suis assoiffée. Je reviens tout de suite. » Je souris à Sif, qui soupira simplement en réponse. Je ne savais pas vraiment si c'était un soupir de soulagement à l'idée d'être épargnée par le sujet, ou un soupir de crainte que Fandral ne la harcèle avec des questions incessantes à propos de Dame Freya. Avant de les quitter, je me promis mentalement de revenir dès que possible la secourir du babillage incessant de Fandral.

Je trouvai un serviteur portant un plateau de boissons et, avec un mot de remerciement, je saisis une chope avant de me rendre compte qu'elle contenait de l'hydromel. Je bus avec un soupir d'aise une lampée du doux breuvage et retournai en direction de mes amis. C'était avant que les trois demoiselles que je souhaitai le moins croiser ne se matérialisent devant moi.

« Dame Eirlys » dit froidement la blonde – Brynlar, me semblait-il. « J'espère que vous vous portez bien. »

Essuyant quelques traces d'hydromel sur mes lèvres, je déglutis. « Oui, et vous ? »

« Tout aussi bien » répondit-elle, jetant un coup d'œil à Afildys et Dagmar qui se tenaient à ses côtés avant de reposer son regard sur moi. « J'ai entendu que vous avez passé beaucoup de temps avec le Prince Thor. » Je fronçai les sourcils à sa déclaration qui ressemblait étrangement à une insinuation à mes oreilles. « Et que vous avez supplié le Prince Loki de vous aider dans vos études. »

Supplié le Prince Loki de vous aider, avait-elle dit. Une chaleur détestable remonta le long de mon cou. Je devais faire tout ce qui était en mon pouvoir pour maîtriser ma colère et ne pas la traiter de toutes sortes de noms peu civils. « Je ne crois pas que mes affaires vous concernent le moins du monde. »

« Nous sommes des demoiselles d'Asgard. Ce qui concerne nos princes nous concerne également » répliqua Afildys. Elle était la moins courtoise des trois jeunes femmes, assurément. « Vous savez, je pense que nous pourrions devenir amies, Dame Eirlys. Vous semblez avoir assez bien séduit les fils d'Odin, peut-être pourrions-nous – »

« Il ne serait pas sage de terminer cette phrase. »

Je sursautai au son de cette voix familière et me retournai pour voir Loki rejoindre mes côtés.

« Prince Loki ! » Les trois demoiselles firent une révérence avec frénésie.

Loki les regarda avec son air de dédain bien connu. « Vous devriez savoir lorsque votre présence est devenue importune » leur dit-il. « On pourrait croire que vous sauriez le reconnaitre, étant donné la fréquence à laquelle cela vous arrive. »

Elles fixèrent Loki, la bouche grande ouverte. Je m'attendais presque à ce que Afildys, qui faisait la moue, aie un reniflement vexé et tape du pied de colère. Mais elle ne fit rien de plus qu'une sèche référence et s'en alla à la hâte. Brynlar hésita un instant avant de l'imiter et de suivre son amie, Dagmar sur les talons. Aucune ne prit la peine de nous adresser un mot de salutation.

Poussant un soupir, j'observai Loki, qui suivait du regard le départ des jeunes filles. Même s'il avait utilisé son ton plutôt inconvenant, il semblait imperturbable après cet échange. « Il semblerait qu'elles soient plutôt amourachées de toi et de Thor » remarquai-je. « Ce qui vous concerne les concerne également. Comment puis-je oser vous fréquenter ? »

Son froncement de nez fut plutôt amusant. « Elles se sont souvent comportées de cette manière avec toutes les jeunes filles qui ont osé le faire. » Il prit un verre de vin du plateau d'un serviteur de passage. « Sif, notamment. Elles arrêtèrent d'essayer d'être amicales avec elles quand elle commença son entrainement de guerrière. Mais il y en a certaines qui osèrent discuter innocemment avec nous et devinrent les victimes de leurs interrogatoires. »

Cette pensée me fit rire. Je me représentai les trois jeunes filles comme une troupe de vautours attaquant chaque demoiselle qui s'approchait trop près des princes, les forçant à leur donner des informations ou à les aider à devenir plus proches d'eux. « Elles sont assez tenaces » dis-je. « Penses-tu qu'elles vont arrêter d'essayer de gagner tes faveurs à présent ? »

Un souffle de rire s'échappa de ses lèvres. « Non, je ne pense pas. »

Nous partageâmes alors un silence étrangement confortable. Je bus de grandes lampées de ma chope, observant la foule de courtisans allant et venant dans le hall du banquet.

« Eirlys. » Loki semblait assez hésitant avant de continuer à parler, ce qui était plutôt étrange en soi. « Je crois que je te dois peut-être des excuses. »

Je clignai des yeux. « Des excuses ? Tu ne m'as pas offensée, Loki. »

« Peut-être es-tu trop généreuse ou trop étourdie » dit-il, et je lui renvoyai un regard exaspéré. « Je m'excuse pour les corbeaux. Et le serpent. » Je me redressai, assez surprise qu'il avoue sa responsabilité pour quelque chose qui s'était passé des mois plus tôt. « Et le garde, aussi. En fait, c'est moi qui m'étais déguisé en garde. J'essayais de t'humilier. »

« Tu ne m'as pas humiliée. Enfin, pas tant que ça… » Ma voix s'estompa, et je fixai le contenu de ma chope. Finalement, je raclai ma gorge et ajoutai : « D'accord, en vérité, j'ai été assez embarrassée, en particulier par l'accident avec le jorgandr. Les gardes derrière ma porte doivent penser que je suis folle. »

Il y eut l'ombre d'un sourire narquois sur ses lèvres. « Je crois que je dois aussi m'excuser pour les paroles que nous avons échangées sur la terrasse » remarqua-t-il. « C'était incorrect de ma part. Et de la tienne, d'ailleurs. »

« Je me suis déjà excusée. »

« Oui, et j'accepte tes excuses. »

Étouffant un rire, je trainai mes talons contre le sol de marbre. « Je dois avouer que je suis assez surprise de ta part » avouai-je. « Je ne m'attendais pas à recevoir autant d'excuses. Deux venant du Prince Loki ? Je dois assurément être bénie. »

« Ce sera tout ce que tu recevras » dit-il légèrement.

Le regard pas vraiment subtil d'une silhouette proche attira mon attention. Regardant plus attentivement, je remarquai que ce regard venait de la Reine Frigga. Bien qu'elle se tienne parmi plusieurs dames de la cour, son attention était centrée sur nous. Lorsqu'elle vit que je regardai dans sa direction, elle se détourna et dit quelque chose qui fit pouffer de rire toutes les dames autour d'elle. En voyant cela, mes sourcils se levèrent. « Est-ce que ta mère t'a poussé à me faire ces excuses ? »

Du coin de l'œil, je pus voir un changement dans sa position. Buvant une gorgée de mon breuvage, j'inclinai la tête pour le regarder posément. « Elle a en effet donné quelques directives. Mais ça ne veut pas dire que mes excuses en sont moins sincères. » Lorsque son regard croisa le mien, je ne pus m'empêcher de sourire. Aussi étonnant que cela puisse être, j'étais plus qu'heureuse d'assainir les relations entre nous. « Suis-je pardonné ? »

« Bien sûr » acquiesçai-je. « Il n'y a pas vraiment eu de mal de fait. Pour mon amour propre, peut-être, mais une telle blessure va se réparer d'elle-même. »

« Alors promettons-nous d'être aimables l'un envers l'autre » déclara Loki en levant son verre.

Je frappai ma chope contre son verre avec un léger cling. « En effet, prenons plutôt ce chemin. Être ton ennemie serait assurément la mort pour moi. »

Malgré mon sérieux, Loki se mit à rire. Comme je le disais plus tôt, il était plus sage d'être une alliée plutôt que d'être une ennemie du Dieu de la Ruse. Il pouvait me battre en combat, et il pouvait me battre avec sa langue acérée. J'avais déjà été la victime de ses tourments. J'étais plutôt ravie de ne plus être le sujet de ses tromperies. Avec un petit sourire satisfait, il allait reprendre la parole, mais nous fûmes interrompus par l'arrivée d'une superbe femme.

Son cou de cygne était la première chose qui attira mon attention. Elle portait les plus beaux joyaux des Neufs Royaumes. Ils étaient tellement stupéfiants que cela me prit bien des efforts pour détourner mon regard d'eux. Et quand je le fis, mes yeux tombèrent sur le visage de la dame Vanir qui nous faisait face. Elle avait assurément tous les attributs de la Déesse de l'Amour et de la Beauté. Elle n'avait pas changé le moins du monde depuis la dernière fois que je l'avais vue, il y a des années. Ses yeux d'un bleu cristallin étaient juste aussi remarquables que les joyaux posés sur son cou.

Son regard séducteur passait de Loki à moi. « Dame Eirlys, Prince Loki. » Sa voix était caressante et particulièrement charmante à entendre. « Quel plaisir de vous revoir tous les deux. »

« Vous de même, Dame Freya » répliquai-je avec courtoisie. Je me sentis aussitôt comme une pauvre petite fille insignifiante en sa présence. La déesse blonde à la poitrine généreuse était plus grande que moi, et son physique était bien plus mature et attirant que le mien ne sera jamais. Elle semblait même générer une force rayonnante, cette sorte de force qui vous attirerait comme un papillon de nuit sur une flamme. Cela me fit réfléchir à son influence sur les gens, avec ce charme indéniable qu'elle possédait.

« Vous rendez toujours plus hommage à votre titre, Dame Freya » dit Loki avant de lui faire un baisemain. Je levai un sourcil étonné, ne l'ayant jamais vu agir aussi poliment avec qui que ce soit excepté sa famille.

Lorsqu'elle lui accorda un de ses sourires excessivement gentil, je sentis un pincement dans mon cœur. « Avez-vous rendu hommage à votre propre titre, Dieu de la Tromperie ? » demanda Freya, se penchant un peu plus près pour poser ses mains sur les coudes de Loki. Même si la Dame Freya était bel et bien mariée, elle ne se refusait jamais un peu de badinage. Tout le monde était plus ou moins au courant de cela, mais il semblait que personne à Asgard ne le désapprouve. Les gens de Vanaheim, d'un autre côté, étaient plus qu'heureux d'exprimer leur désapprobation.

« Pas autant que je ne le voudrais » répliqua-t-il.

« Eirlys. » Elle baissa les yeux sur moi, gardant son air aussi jovial. « Est-ce que tout se passe bien sous la tutelle de la Reine Frigga ? Mon père a demandé de vos nouvelles. Il semble que le Seigneur Bjoran n'est pas au courant de vos progrès. »

Bien que je souris avec courtoisie à Freya, je sentis ma gorge se serrer, et la honte m'emplit des pieds à la tête. Cela faisait pas mal de temps que je n'avais pas écrit à mon père, et encore plus longtemps depuis la dernière fois où je lui ai parlé en personne. En fait, je ne l'ai pas revu une seule fois depuis que je suis venue à Asgard. « Mes études avec la Reine progressent régulièrement », lui répondis-je. « Je suis vraiment heureuse ici. »

« Je suis contente de l'entendre. » Elle exerça alors une pression sur les coudes de Loki pour le rapprocher d'elle et elle passa son bras sur le sien. « Prince Loki, voudriez-vous m'escorter jusqu'à la table ? J'imagine que le souper va bientôt être servi. »

Je remarquai un changement indéchiffrable de son expression, mais il s'effaça aussi rapidement qu'il était apparu. Je n'aurais pas pu dire si cela exprimait de l'irritation ou du plaisir. « Bien sûr, Dame Freya » répliqua-t-il. Il me jeta un regard et m'adressa un salut poli de la tête. « Eirlys. »

Sans un mot, il avança avec elle pour aller prendre leur siège à table. Je ressentis un étrange vide dans mon corps tandis que je les voyais s'en aller.

Fandral vint me retrouver rapidement par la suite, maintenant que je me trouvais toute seule. « Maudit Loki » soupira-t-il en observant Freya d'un œil un peu trop favorable. Elle s'assit à côté de l'habituel prince de glace, toute enchantée par ce qu'il venait de lui dire. « Parfois je me demande comment il fait pour attirer l'attention d'autant de jeunes demoiselles. »

Je levai un sourcil curieux vers lui.

« Ah, je suppose que tu n'as jamais entendu les rumeurs à propos de lui et la Dame Freya » dit Fandral.

Mon cœur manqua un battement. « Quelles rumeurs ? »

« Eh bien qu'ils… tu vois. » Il fit quelques vagues gestes des mains. « Qu'ils ont passé plusieurs soirées l'un avec l'autre. »

Je clignai des yeux, mon visage et mon cou rouge vif à cette pensée. « Est-ce qu'il te l'a dit ? »

« Non, bien sûr que non, Loki n'est pas du genre à parler de ses conquêtes – bien que je sois certain qu'il en a eu un grand nombre » dit Fandral. « Si les rumeurs sont exactes, je l'envie un peu… » Il se mit à rire. « Je n'aurais jamais cru que je dirais ça un jour. »

J'osai jeter un nouveau regard sur la table pour voir Freya terriblement proche de Loki, en train de lui chuchoter quelque chose à l'oreille. Déglutissant difficilement, je me détournai de cette vue.

Un sourire perplexe étira les lèvres de Fandral. « Quelque chose ne va pas ? »

« Non. » Je secouai la tête avec empressement. « Tout va bien. »


Note de l'auteur :

Un grand merci à ma fantastique bêta, Hr'awkryn ! Et merci à tous ceux qui suivent, ont mis en favoris ou ont reviewé – rien ne me motive plus à écrire. :)

S'il vous plait, prenez quelques secondes pour poster une review. Ça serait vraiment très sympa !