Note de la traductrice :
Bonjour bonjour à tous ! Les temps sont durs, mais vous aurez remarqué que j'essaie de reprendre mon rythme de publication, pour votre plus grand plaisir ! :D (Enfin j'espère lol !)
J'aime beaucoup ce chapitre, oh oui, je l'aime énormément ! Déjà, il s'y passe beaucoup de choses qui vont beaucoup vous plaire, j'en suis persuadée, et en plus il va déboucher sur quelque chose de très TRES bon ! :D
Aller, je m'arrête là et je vous laisse savourer tout ça ! A très bientôt tout le monde, et s'il vous plait, reviewez ! C'est un vrai moment de bonheur à chaque fois. ^^
L'histoire originale appartient à l'auteur NeverQuiteAwake. Je ne fais que la traduire.
CHAPITRE SEIZE
The Golden Floor
Le vacarme du banquet se propageait dans le couloir chaque fois que la porte s'ouvrait, venant et repartant comme la marée. La fête du jour anniversaire de Thor était sur le point de commencer, et la bière coulait déjà à flots. Je me tenais vers l'entrée, jouant avec les voiles de ma robe tandis que j'attendais Sif. C'était devenu une habitude pour nous de se rejoindre devant le hall du banquet avant chaque célébration. C'était un accord tacite, une alliance il faut dire qu'aucune de nous deux n'aimait particulièrement se confronter à la cour.
Je l'entendis approcher peu avant que je ne l'aperçoive. Avec une grâce sans égale, elle gravit les marches vêtue de sa robe bleu nuit créée pour elle par Vreyja. Sur sa tête se trouvait la couronne de laurier remise par le maitre de cérémonie. « Mes félicitations, championne du Tournoi Tonnerre » dis-je en avançant pour prendre ses mains dans les miennes. « Sif, tu es époustouflante. »
« Toi aussi, ma chère » répliqua-t-elle en me serrant les doigts. « Tu m'accompagnes ? Je sens que je vais être accueillie par des supporters, alors je préfère te garder à côté de moi. »
Je lui souris. « Bien sûr. Je te protègerai. »
Nous entrâmes dans la salle côte à côte. Comme prévu, de nombreux Aesir déferlèrent sur nous pour féliciter Sif. Les demoiselles parmi eux l'admiraient pour sa force et sa volonté tandis que les hommes essayaient de la courtiser. Elle accepta tout sans sourciller, écoutant patiemment leurs paroles, mais ne passant pas plus de temps avec un supporter qu'avec un autre.
Petit à petit le groupe commença à se disperser et Fandral nous rejoignit, souriant de sa façon si particulière. « Dame Sif, je te remercie pour cette si belle bataille en ce jour. »
« Tu as fait une erreur vers la fin » remarqua Sif.
Il cria à l'outrage devant cette accusation. « Je n'en ai pas fait. »
« Si. Tu as oublié l'autre extrémité de ma lame, et j'ai eu le dessus. Que s'est-il passé ? »
« Je ne sais pas » dit-il en haussant les épaules. « Peut-être que j'ai été déconcentré par une beauté dans les tribunes. Je ne m'en souviens plus. »
« Typique » soupira Sif. Se détournant de lui, elle parcourut du regard le hall du banquet. « Je crois que nous commencerons bientôt le festin. Je suis affamée – gagner demande beaucoup d'énergie. »
Fandral lui lança un regard en coin.
Lorsque nous arrivâmes à la grande table, la plus grande partie de la cour était déjà assise. Bien évidemment, Thor était assis à sa tête en cette soirée. Après avoir aperçu Sif, il se leva pour faire l'éloge de sa victoire. Je me tenais là, souriante, et laissai mon regard errer sur la table. Je remarquai Frigga et Odin se parlant doucement l'un à l'autre. La fatigue du Père de Toutes Choses était difficile à ignorer ses traits semblaient un peu creusés, son maintien inhabituellement relâché. Le Sommeil d'Odin annuel était sur le point de commencer. Et pourtant, malgré son épuisement, rien ne tempéra l'enthousiasme général.
Au milieu de cette ambiance de fête, il nous fut servi un vrai festin avec cinq services successifs. Aucune dépense n'a été épargnée pour le jour anniversaire du prince héritier. Les plats de faisan, d'ours, les tourtes à la viande, les ragoûts et autres différents légumes furent préparés à la perfection. Et, comme prévu, tout cela fut accompagné par des litres de vin et de bière la plus grande quantité finit d'ailleurs sur la table plutôt que dans l'estomac des invités, mais cela ne sortait pas vraiment de l'ordinaire.
Une fois que le dernier plat fut enlevé, la cour se dirigea avec impatience dans le grand hall. Au moment exact où un quatuor de musiciens entama un air, les courtisans commencèrent à danser. Cela débuta par une valse, une danse que je savais venir de Midgard. Ce soir, il devait y avoir de nombreuses danses de tous les Neuf Royaumes, à ce que j'avais entendu. Pendant les années que j'ai passées à Vanaheim, j'ai découvert bien des danses venant des autres mondes. Je me souvenais de toutes celles que j'avais apprises, et je m'en souvenais par cœur.
Avec de petits pas mesurés, je fis le tour de la plateforme centrale à la recherche de compagnie amicale. Fandral dansait avec une belle demoiselle tout en usant de son humour et de son charme. A ma grande surprise, Sif avait rejoint un très bel homme de Vanir aux cheveux roux. Ce n'était pas souvent qu'elle dansait, mais je savais qu'elle ferait une exception ce soir tout le monde voulait danser avec la Championne du Tournoi Tonnerre. A travers la foule, j'aperçus Volstagg et Hildegund se tenant sur le côté et regardant les festivités avec un sourire complice.
Lorsque j'approchai le couple, la joie de Hildegund sembla décupler. « Eirlys, cela fait tellement longtemps. »
« En effet » répondis-je en l'embrassant sur la joue. Je remarquai l'étrange côté moite de sa peau, mais mon attention fut détournée lorsque Volstagg se glissa devant moi pour planter deux baisers mouillés sur chacune de mes joues. « Je vois que vous n'aimez pas tellement danser, tous les deux. »
« C'est certain » dit Hildegund. « Volstagg, aussi gracieux qu'il puisse être » – mon sourcil se leva avec scepticisme – « n'a jamais été du genre à danser. »
« Aller, viens. » Il se mit à rire. « Je pourrais faire une tentative si tu le souhaitais. »
« Non, je suis parfaitement satisfaite, mon chéri. »
Je la regardai posément et remarquai la teinte pâle de ses joues. « Hildegund, est-ce que tu es – ? »
« Eirlys ! »
Je sursautai et me retournai pour voir Thor se tenir devant nous, avec un sourire presque fou.
« Héhé, joyeux jour anniversaire, Thor ! » dit Volstagg en serrant gauchement le prince dans ses bras. Je ris aux côtés de Hildegund, soupçonnant qu'il avait bu un peu trop d'hydromel. Et peut-être même d'énormes quantités de bière. Je n'aurais pas été surprise s'il avait également pris un peu de vin.
« Merci, mon ami » dit Thor. Lorsqu'il put se dégager, il s'inclina devant Hildegund avant de me tendre la main. « Veux-tu danser, Eirlys ? Tu connais cette dance, non ? »
Clignant des yeux un instant, je me mis à sourire. « En effet, je la connais. » Je plaçai ma petite main dans la sienne, bien plus large. « Rien ne me ferait plus plaisir. »
Nous saluâmes Volstagg et Hildegund avant de monter d'un pas lent en haut des marches. Une fois au milieu des courtisans qui dansaient, nous nous tînmes l'un face à l'autre. Une de ses mains saisit la mienne tandis que l'autre vint se poser sur ma taille. Nous hésitâmes un instant pour nous familiariser avec la musique avant de glisser sur le rythme.
« Est-ce que tu as aimé les festivités d'aujourd'hui ? » me demanda Thor, sa voix profonde grondant entre nous.
« Oh, c'était charmant, comme toujours. » Je souris tandis qu'il me faisait tournoyer. Une fois de retour dans ses bras, je jetai un coup d'œil en direction de Sif. Elle était en train de parler gentiment et de rire avec son cavalier de danse. « J'étais vraiment ravie de voir Sif gagner le tournoi. Même si ça ne m'a pas échappé que d'autres n'étaient pas aussi enchantés. La loge d'honneur de l'arène a semblé devenir un peu… hystérique. »
Thor fronça les sourcils, comprenant clairement à quel événement désagréable incluant un certain groupe de demoiselles je faisais allusion. « Oui, je dois admettre que mon amitié pour Afildys et ses amies a considérablement chuté. »
Je ne comprenais même pas vraiment pourquoi Thor avait commencé à s'intéresser à leur compagnie. Peut-être qu'elles ont été chaleureuses et pleines de gentillesse, mais ces marques de civilité ne s'étendaient clairement pas au-delà de lui. Et je savais que Thor ne le tolérerait pas plus longtemps. « Je suppose que tu ne vas plus vraiment fréquenter Afildys après les événements d'aujourd'hui ? » demandai-je alors que nous tournions ensemble. « Elle… Eh bien, pour être honnête, elle n'est pas la plus aimable des jeunes filles. Sans parler du fait qu'elle a renversé son vin sur ta tenue de cérémonie. »
Je fus particulièrement surprise en entendre Thor rire. « Je sais que Loki en est le responsable. »
Nous tournâmes brusquement, et les voiles de gaze de ma robe remontèrent presque jusqu'à mes hanches. A travers le nombre impressionnant de courtisans qui dansaient autour de nous, j'aperçus brièvement Loki adossé contre une colonne, à moitié caché par les ombres. Je ne pus retenir le sourire qui se forma sur mes lèvres. « Je ne pensais pas que tu l'avais remarqué. L'illusion, je veux dire. »
« Je n'avais pas besoin de le voir faire pour le savoir » me dit Thor. « Je me suis habitué à chacun de ses tours après toutes ces nombreuses années. Nous devrions être reconnaissants qu'il n'ait pas utilisé ses araignées-loups. »
Je fis une grimace à cette pensée. La dernière fois que Loki a été d'une humeur malicieuse, il a créé l'illusion d'une centaine d'araignées-loups rampant depuis le sommet d'un verrat rôti parce que le serviteur qui le portait avait ri d'une blague que Fandral avec faite à ses dépens. Le serviteur avait été si terrifié qu'Odin avait jugé bon de sermonner fermement Loki. Ses cris avaient été si forts que nous pouvions tout entendre depuis le couloir.
« N'aie crainte, je n'en veux pas à mon frère. Afildys et ses amies m'ont montré aujourd'hui leurs vraies personnalités. » Thor m'adressa un faible sourire. « Et je suppose que la tromperie de Loki n'était pas uniquement faite pour son propre amusement. »
Je ne pus retenir un éclat de rire. « A mon avis, on peut dire qu'il avait un certain dédain envers elles. »
« Quelque chose que tu as l'air de partager avec lui. »
Baissant les yeux, je m'éclaircis la gorge. « Oui, enfin… Nous n'avons pas vraiment des rapports très agréables. »
« Et particulièrement avec Brynlar, je suppose » dit Thor. « Elle pense que tu t'intéresses à Loki. »
Chaque particule de peau, de mon cou à mes joues, s'enflamma soudainement. « Que veux-tu dire ? Est-ce qu'elle t'en a parlé ? »
« Non, j'ai simplement entendu sa conversation avec Afildys. Je pense qu'elle t'envie tout le temps que tu passes avec lui. Il ne fréquente pas beaucoup de jeunes filles. » Il sourit, et nous ralentîmes pour finir par nous arrêter lorsque la musique se finit. Malgré ma curiosité piquée au vif, le sujet fut clôt lorsque Thor fit un pas en arrière et s'inclina devant moi. « Merci pour cette danse, Dame Eirlys. Je pense que je vais aller inviter Sif pour la prochaine. »
Hésitante, je fis une révérence avant de m'en aller. En passant au bord de la piste de danse, je m'arrêtai pour observer Thor lorsqu'il rejoignit Sif au milieu de la salle et qu'il lui fit un baisemain de façon exubérante. Cela me fit ressentir une délicieuse chaleur, puis je me détournai pour descendre de la plateforme.
A mi-chemin des marches, je sentis un regard posé sur moi. Balayant la foule du regard, je trouvai de nouveau Loki en train de m'observer, les bras croisés, une épaule appuyée contre la colonne à sa gauche. Je m'arrêtai et l'observai, me demandant pourquoi il était d'une humeur aussi indifférente. Je supposai que ce n'était pas inhabituel – il n'avait jamais été très enthousiaste en ce qui concernait ce genre de festivités. Au moment où son regard croisa le mien, il le détourna. Il regardait à présent les couples de danseurs, le visage dénué d'expression.
Ne quittant pas Loki des yeux, je me faufilai parmi tous les courtisans. Bien qu'il ne jetait aucun coup d'œil dans ma direction, je savais qu'il était conscient de mon approche. Des palpitations assez curieuses se formèrent dans mon ventre tandis que je me plaçai à ses côtés, faisant face à la piste de danse tout comme lui, mon coude frôlant le sien. « Tu n'as pas l'air de beaucoup t'amuser à ces festivités » remarquai-je.
Il souleva un sourcil. « Est-ce que je dois avoir l'air de m'amuser pour m'amuser ? »
Un éclat de rire m'échappa. « Très bien, mon prince. » Il sourit d'un air suffisant en entendant la référence à son titre royal. « Peut-être que tu voudrais danser ? »
« Je ne suis pas du genre à danser. »
« Comme j'ai pu le remarquer » raillai-je. Il ne me répondit pas comme je l'avais espéré. « Une seule danse. C'est tout ce que je demande. »
« Non. »
« Cela porte malheur de refuser une danse à une dame. »
Loki soupira. « C'est totalement faux. Tu viens juste de l'inventer. »
Je fis la moue. « En tout cas cela porte malheur à Vanaheim. »
« Tout d'abord, je ne suis pas superstitieux. Je ne crois pas en la malchance » rétorqua-t-il. « Et même si c'était le cas, je ne te croirais toujours pas. »
« Trouves-tu vraiment l'idée de danser aussi répugnante ? » lui demandai-je en croisant les bras. Ce geste sembla attirer son attention, et je remarquai son regard glisser sur ma silhouette. Ce bref instant d'examen envoya une bouffée de chaleur dans mon abdomen ce n'était pas la première fois qu'il faisait ça en ce jour. Déplaçant mon poids d'un pied à l'autre, je me lançai. « Peut-être que tu es un horrible danseur. C'est bien cela ? »
Comme je m'y attendais, il mordit à l'hameçon. « Je ne suis pas un horrible danseur. Je suis simplement peu attiré par la danse. »
« Je ne le croirai que lorsque je le verrai moi-même. »
Loki se tourna pour me fixer de ses yeux bleu vert. « Tu joues avec ma fierté ? » Ma seule réponse fut un doux sourire. « Quand es-tu devenue aussi sournoise ? »
Mon cœur manqua un battement lorsqu'il saisit brusquement ma main. La fraicheur de sa peau envoya un frisson le long de ma colonne vertébrale tandis qu'il me conduisait au milieu de la foule. La danse venait de s'arrêter, et il m'aida à monter les marches de la piste de danse pour la danse qui suivrait. Nous avançâmes parmi les autres courtisans et prîmes place de l'autre côté du parquet doré. Sachant apparemment quelle danse allait débuter, il se plaça à ma gauche et conserva ma main dans la sienne. Les autres couples prirent place devant et derrière nous. Une seconde ligne se forma à notre gauche, nous tournant le dos.
Je déglutis, jetant un coup d'œil alentours pour essayer de deviner quelle danse nous nous apprêtions à débuter. Oh Nornes, pensai-je, mes oreilles commençant à chauffer. Que va-t-il se passer si je ne connais pas cette danse ? C'était mon honneur qui était mis en jeu, et non le sien. Loki avait dû le remarquer à en juger par le sourire en coin qu'il arborait.
Une vague de soulagement s'empara de moi lorsque les premières notes de musique résonnèrent. C'était une ancienne danse d'Alfheim, que je connaissais bien. Nous fîmes alors un pas en avant, en suivant le rythme, puis nous nous tournâmes pour faire face à la deuxième rangée de couples. Avançant entre eux, nous inclinâmes la tête.
De sa main avec laquelle il tenait la mienne, Loki me fit tournoyer élégamment avant de poser son autre main sur ma taille. Je posais la mienne sur son épaule, mes doigts se perdant dans sa douce cape verte, tandis que nous tournâmes. Notre proximité me fit rougir, et j'essayai de balayer les étranges pensées qui apparaissaient dans mon esprit. « Je dois admettre que je suis impressionnée, Loki. »
Il me fit de nouveau tourbillonner, et sa main se reposa ensuite sur ma taille. Si c'était possible, il me serra encore plus près de lui. La sensation de sa main frôlant la peau nue de mon dos envoya des frissons dans tout mon corps. Son souffle chatouilla mon oreille tandis qu'il me disait. « Je suis un prince d'Asgard, bien sûr que je sais danser. »
Comme pour le contredire, Thor rentra dans un autre couple à quelques pas de nous. Les circonstances de sa maladresse étaient si étranges considérant le rythme lent de la danse que je ne pus m'empêcher de suspecter que Loki avait joué un rôle là-dedans. Je lui jetai un regard perçant pour lui montrer mes soupçons.
Il m'adressa un sourire innocent, un sourire qui ne me convainquit pas entièrement. « Enfin, j'ai toujours été plus gracieux que mon frère. »
« Mais bien sûr » dis-je en acquiesçant d'un air plein de sous-entendus. « Tu n'es certainement jamais en manque de finesse. Même si j'oserai dire que tu manques terriblement de courtoisie. »
« Je manque de courtoisie ? » Il eut un petit rire, et sa main glissa le long de ma colonne vertébrale pour se poser sur la courbe de mes hanches. Le souffle coupé, je levai le regard pour voir que nos visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. « S'il te plait, Eirlys. Je ne suis pas le seul qui semble faire peu de cas de la courtoisie. Si je me souviens bien, tu étais la première à te réjouir des malheurs d'un certain trio de demoiselles. » Il me sourit, les sourcils levés, et je ne pus m'empêcher de sourire en retour.
Un halètement sonore brisa ce moment.
Tous les couples de la piste de danse s'arrêtèrent immédiatement. Loki et moi les imitâmes. Me glissant hors de son étreinte, j'observai la foule avec inquiétude. Les courtisans regardaient autour d'eux, et certains d'entre eux se rassemblèrent à côté de la piste de danse. Il semblait que quelqu'un s'était évanoui. Mon cœur se serra lorsque je reconnus la Vanir aux cheveux cuivre qui était étendue aux pieds des marches. « Hildegund » soufflai-je.
Soulevant l'ourlet de ma robe, je me frayai un chemin à travers la foule et me dépêchai de descendre les marches. Je remarquai Sif repoussant les courtisans qui entouraient Hildegund pour lui donner l'espace dont elle avait besoin. Volstagg était à genoux, tenant la main de sa femme.
Je m'agenouillai à ses côtés et examinai Hildegund, ignorant le trouble dans mon estomac lorsque je vis qu'elle était encore plus pâle qu'elle ne l'était auparavant. Sa peau était aussi blanche que la neige et tout aussi froide. « Volstagg, que s'est-il exactement passé ? » demandai-je doucement. « Comment était-elle peu de temps avant qu'elle ne tombe ? »
« Elle a dit qu'elle se sentait faible » me prévint Volstagg, son regard inquiet ne quittant pas la silhouette immobile de sa femme. « Elle a chancelé un peu avant de tomber… Je – je ne comprends pas, elle n'a jamais été malade auparavant. »
Une présence s'approcha de nous, et je levai les yeux pour voir Loki se tenir à côté de moi, l'expression grave. « Est-ce que les autres soigneurs sont ici ? » dis-je en observant brièvement la foule. Par malheur, aucun des soigneurs les plus expérimentés n'étaient restés pour danser.
« Eirlys, que dois-je faire ? » Les yeux grands ouverts et humides, Volstagg semblait perdu et effrayé.
Je déglutis pour faire passer la boule dans ma gorge. « Nous devons l'emmener dans la maison de guérison. »
Avant qu'aucun autre mot ne fût prononcé, Volstagg prit Hildegund dans ses bras. Il se releva facilement avec sa force formidable.
Je me mis sur mes jambes et remarquai que tout le monde m'observait avec espoir, semblant attendre des ordres. Je réalisai qu'à cet instant c'était moi la soigneuse la plus qualifiée, un fait qui avait bien peu de sens. Quoi qu'il en soit, je n'avais pas d'autre choix que d'agir. « Quelqu'un doit aller chercher les soigneurs » dis-je en me tournant vers les personnes qui se rassemblaient. Parmi eux se trouvait une des nouvelles apprenties – elle s'appelait Sigrun. Elle acquiesça avant de partir exécuter ma demande.
Mon cœur battant à tout rompre, je me tournai pour voir que Loki était toujours à mes côtés. « J'ai besoin de ta mère » lui dis-je. « Elle saura quoi faire. »
Loki sembla ressentir ma peur, car il tendit la main et prit la mienne dans un geste étonnamment réconfortant. « Je vais la trouver. »
Il disparut dans la foule.
Je m'efforçai de chercher du regard Thor, Sif, Fandral et Hogun, qui se trouvaient tous à côté de moi. Ils observaient Hildegund avec la même préoccupation. « Nous devons nous hâter » dis-je.
Je m'avançai pour précéder Volstagg, avançant au milieu des courtisans et ouvrant le passage pour sortir du grand hall.
Le trajet dans le corridor jusqu'à la maison de guérison fut silencieux. Je pouvais presque ressentir l'inquiétude de mes amis tant il était palpable. A Asgard, il était très rare que quelqu'un tombe malade, surtout malade au point de tomber inconscient. Plusieurs possibilités me passaient à l'esprit, chacune aboutissant à un pronostique pire que le précédent. J'essayai de les ignorer. Je voulais qu'un soigneurs plus qualifié lui fasse un diagnostic en premier, car les seules maladies plausibles qui traversèrent mon esprit étaient surprenantes et sinistres.
Il y avait deux soigneuses dans la chambre de soin cette nuit : Marawen, une soigneuse qualifiée, et Lyress, son apprentie. Elles accoururent au moment où elles virent Hildegund dans les bras de Volstagg. Tandis que Lyress s'empressait d'aller chercher des médicaments, Marawen l'amena jusqu'au lit du milieu.
Une fois Hildegund allongée dans les draps, Volstagg resta à côté du lit en se tordant les mains. Marawen et moi fîmes le tour du lit pour nous tenir à l'opposé de lui. « D'où semble venir le problème ? » demanda-t-elle.
« Nous ne sommes pas encore sûrs » dis-je. « Elle s'est évanouie – »
« Est-ce qu'elle a bu beaucoup de vin ? » demanda Marawen à Volstagg.
« Non, pas une seule gorgée. »
Marawen tendit le bras pour toucher le front de Hildegund. Elle retira aussitôt sa main comme s'il l'avait brûlée. Secouant la tête, elle ne dit rien tandis qu'elle fit demi-tour et s'affaira sur une table où se tenait déjà Lyress. En fronçant les sourcils, je posai la main sur le front d'Hildegund comme l'avait fait Marawen avant de tressaillir sous ce contact. Son front était bien trop chaud. Pourtant toute sa peau jusqu'au cou était aussi froide que de la glace.
C'est alors que je réalisai de quelle maladie il s'agissait, et il me sembla que les Neuf Royaumes s'effondraient sur moi.
Un tintement sourd remplit mes oreilles. Tout semblait tournoyer, ma vision s'assombrit pendant un court instant. Dans ma confusion, je fus vaguement consciente que Volstagg me parlait. Une question. Il me posait une question. Je cillai face à lui, mais avant que je puisse comprendre ce qu'il me disait, un grand nombre de soigneurs se précipita. Ils furent rapidement suivis par Frigga et Loki.
Déglutissant difficilement, je fis un pas en arrière pour les laisser travailler. Les soigneurs examinèrent délicatement Hildegund, murmurant entre eux. Loki vint se tenir près de moi, regardant leurs délibérations tout comme moi.
« Je n'ai jamais vu de tels symptômes auparavant » dit Marawen aux autres soigneurs.
« Ils me sont familiers, mais je ne suis pas vraiment certaine de ce que c'est » leur dit Frigga. « Permettez-moi de consulter mes livres, et je suis sûre que je trouverai. »
« C'est la maladie de Rydia » dis-je. Toutes les personnes présentes m'observèrent comme si elles étaient abasourdies que j'ai parlé, que ce soit moi qui ai la réponse. Je fixai Hildegund solennellement, mon cœur se serrant après chaque seconde. « Elle a la maladie de Rydia. »
« Oui. » Frigga acquiesça faiblement. « C'est bien ça. C'est effectivement les bons symptômes. » Elle me regarda, ses yeux miroitant dans la douce lumière du feu.
« La maladie de Rydia ? » Marawen se tourna vers moi, étonnée. « Cela ne me dit rien. »
« C'est une maladie Vanir. »
J'en connaissais tous les symptômes : la fièvre, les sueurs froides, les vomissements, le vertige, la toux faisant cracher du sang. Mais je ne voulais pas les énoncer alors que Volstagg était aussi désemparé. « C'est contagieux. La plupart des Vanirs sont immunisés, mais ceux qui sont immunisés peuvent quand même être des porteurs sains. »
« Est-ce qu'elle peut être soignée ? » demanda Volstagg, la voix tremblante.
« Oui » répondis-je. « Mais nous avons besoin de feuille de rêve. Pour en acquérir, nous allons devoir… » Je m'arrêtai et jetai un regard à Frigga, qui fronça aussitôt les sourcils.
« Nous allons devoir voyager jusqu'à Svartalfheim pour la trouver » dit Frigga.
« Alors nous devons partir immédiatement » déclara Thor.
« Nous ne pouvons pas » intervint Sif. Thor sembla atterré par son refus, mais elle insista. « Nous devons planifier soigneusement notre voyage. La plus grande partie des territoires de Svartalfheim est revendiquée par les clans restant des Elfes Noirs. Si l'un d'entre eux nous remarquait sur leur territoire, nous encourrions aussitôt leur colère. »
Loki s'adressa à moi. « Combien de temps avons-nous ? »
J'hésitai, mon esprit replongeant brièvement dans de sombres souvenirs. Des souvenirs que j'enterrai aussitôt. « Quelques jours. Une semaine tout au plus. »
« Est-ce que tu sais exactement où nous pourrions trouver des feuilles de rêve ? » demanda-t-il.
Dans la maison de guérison de Vanaheim, Hyldir m'avait enseigné il y a longtemps tout ce qu'elle savait de la feuille de rêve : elle était incroyablement rare, et ne pouvait être trouvée qu'à Svartalfheim. Malgré notre manque de connaissances, elle a été capable de me dire où elle poussait à Svartalfheim, bien qu'elle ne poussait jamais en abondance. « Je pense qu'elle peut être trouvée dans les Bois Célestes » dis-je. « Est-ce que tu sais où cela se trouve ? »
Chaque personne dans la chambre observa intensément Loki en attendant sa réponse. « Oui, cette région est gouvernée par Nalak » expliqua-t-il. Thor poussa pratiquement un grognement à la mention de ce nom. « Beaucoup des Elfes Noirs de cette région sont compétents en magie. Cela pourrait être très dangereux. »
Je me tournai vers Frigga, recherchant ses conseils. Elle semblait plongée dans ses pensées, les yeux posés sur Hildegund. Après un long silence, elle acquiesça. « Vas à Svartalfheim. Tu seras en sécurité avec tes amis » dit-elle. « Te souviens-tu de ce que je t'ai dit sur la feuille des rois ? »
« Oui, je me souviens de tout. »
« Tu devrais être capable de récolter et de cultiver la feuille des rêves de la même manière » me dit-elle.
Je ne pus qu'acquiescer en réponse.
« Nous devrions attendre jusqu'à demain » suggéra Hogun. « Pour que nous soyons bien reposés. »
« En effet » dit Loki. « Mais avant, nous devrions mettre en place un plan. »
« Je vais avec vous » dit Volstagg en sautant sur ses pieds. Son visage en dessous de sa barbe était tiré, ses yeux rouge et humides.
« Nous allons nous débrouiller, Volstagg » lui assura Sif.
Il sembla prêt à riposter, mais je m'approchai rapidement de l'imposant guerrier et posai une main sur son bras. « Tu dois rester là avec Hildegund » dis-je, faisant tout mon possible pour empêcher ma voix de trembler. « Elle a besoin de te sentir près d'elle. »
Il renifla puis, après un instant, acquiesça à contrecœur. « Oui, c'est vrai. » Lentement, il s'agenouilla à nouveau près de sa femme. « A quoi est-ce que je pensais ? Je ne pourrais pas la quitter. »
J'échangeai un regard abattu avec Sif. C'était très déconcertant de voir Volstagg aussi bouleversé. C'était toujours lui qui apportait la joie dans notre groupe, souriant, riant et mangeant en même temps. Hildegund elle-même était un peu pareille elle était une femme constamment pleine de vie. Les voir comme ça me faisait très mal au cœur.
« Venez mes amis » dit Thor sombrement. « Nous devons élaborer notre plan. »
Nous nous rassemblâmes un peu plus tard dans le salon des appartements de Thor. Ses murs étaient recouverts de trophées de ses aventures sur ses étagères de livres. Au centre se tenait une table qui pouvait accueillir huit personnes. C'est ici que nous nous sommes rassemblés, étudiant de près des diagrammes et des cartes de Svartalfheim. Nous fixâmes les abords des Bois Célestes, une zone boisée gigantesque que Loki entoura à l'encre rouge.
« Heimdall devrait être capable de nous envoyer là. » Loki désigna un point sur le plan qui se trouvait loin des Bois Célestes. Il y avait une grande étendue de terres qui nous aurions à traverser, ainsi qu'une zone montagneuse.
« C'est à une bonne distance des Bois » dit Fandral d'un air incrédule.
« Oui. Il ne faudrait pas qu'on attire l'attention sur nous » répliqua Loki en lançant à Fandral un regard perçant. « A une bonne distance, nous serons hors de vue et d'oreilles lorsque nous arriverons pas le Bifrost. Personne ne réside dans cette zone. »
Fandral fronça les sourcils devant la condescendance de Loki, mais Sif l'interrompit aussitôt avant qu'il ne puisse répliquer. « Ces bois vont se trouver au moins à cinquante kilomètres du Bifrost. Cela pourrait prendre des jours pour tout parcourir. »
Thor me lança un regard inquiet. « Où est-ce que la feuille des rêves pousse le mieux ? »
J'ouvris mon journal et parcourus les pages. Il n'y a pas beaucoup de choses que les Aesirs et les Vanirs savent de la feuille des rêves. Etant donné qu'elle ne pousse qu'à Svartalfheim, les Elfes Noirs ne nous laisseront jamais pénétrer sur leur territoire pour en prendre. Pas même pour sauver nos malades. Le peu que nous en savions nous a été transmis par des soigneurs bien avant nous, me permettant de tout transcrire dans le livre que je tenais dans les mains. Une part de moi craignait que cette information soit inexacte ou périmée.
« Elle a besoin d'une grande quantité de soleil, un peu comme la feuille des rois. » Je me penchai sur la table aux côtés de Loki. Mon bras frôla le sien tandis que je posai mon doigt sur la carte. « Et elle doit pousser à côté d'une rivière ou d'un ruisseau. »
Il y avait beaucoup de rivières et de ruisseaux, dont certains coulaient sur des lieux. Mon cœur eut un sursaut lorsque je vis la distance que nous aurions à parcourir pour trouver la feuille des rêves. Tout en essayant d'éviter les Elfes Noirs, rien de moins.
Après avoir laissé échapper un soupir tremblotant, je pressai ma main sur ma bouche. Je ne pouvais pas donner plus de précisions : quelque part dans les Bois Célestes, près de l'eau, au soleil. A des kilomètres, comme l'avait indiqué Sif. Cela pouvait nous prendre des jours pour en trouver, et nous n'en avions pas beaucoup devant nous.
« Nous devrions tous aller nous reposer » dit Thor. « Nous avons un long voyage devant nous. »
Sif, Fandral et Hogun acquiescèrent. Ils saluèrent à voix basse et s'éloignèrent à grands pas.
Loki et moi restâmes, notre attention fixée sur la carte. J'essayais de déterminer où se trouvait le meilleur endroit où commencer nos recherches. Loki, par contre, fixait la carte si intensément que j'avais l'impression qu'il essayait d'en mémoriser chaque détail.
« Ne te tourmente pas, Eirlys. » Thor apparut à mes côtés et me prit doucement la main. « Tu dois te reposer. J'ai peur que nous passions des jours à Svartalfheim où nous aurons du mal à nous reposer correctement. »
Je souris tristement. « Oui, tu as raison. Je devrais me retirer… » Redressant mon dos raide, je poussai un soupir de fatigue. « Bonne nuit. »
« A toi aussi. » Puis il se tourna vers Loki et posa une main forte sur son épaule. « Bonne nuit également, mon frère. »
Il se retira dans sa chambre à coucher alors que Loki et moi prîmes congé. Nous étions totalement silencieux, n'échangeant pas même un regard tandis que nous retournions dans nos propres appartements. La main posée sur la poignée de ma porte, je dis doucement : « Repose-toi bien, Loki. »
Je commençai à ouvrir ma porte mais Loki m'arrêta à mi-chemin, la main posée sur la mienne. Surprise, je me retournai pour me trouver face à lui, la distance entre nous étant presque inexistante. « Dis-moi » commença Loki, sa voix paraissant douce dans le silence total. « Comment savais-tu que c'était bien cette maladie ? Les autres soigneurs n'en savaient rien. Même ma propre mère hésitait. Comment pouvais-tu savoir ce qu'ils ne savaient pas ? »
Mes épaules s'affaissèrent, et je retirai ma main de la sienne. « Je le savais car ma mère est morte de la maladie de Rydia. » Nos regards se croisèrent au milieu des ténèbres. « Les soigneurs Vanirs n'ont jamais ramené de feuille des rêves pour elle. Les Elfes Noirs les ont tués avant qu'ils ne puissent le faire. »
Note de l'auteur :
Les événements sont sur le point de devenir très tendus ! Comme toujours, j'adresse tous mes remerciements à ma magnifique beta, Hr'awkryn. Et j'adresse toute ma gratitude à mes adorables lecteurs – tous ceux qui écrivent des reviews, qui suivent ou mettent en favori. Et je voudrais notamment préciser que je suis sur le point d'atteindre les 100 followers, alors merci à tous pour votre intérêt constant et votre soutien !
Le titre de ce chapitre a été inspiré d'une chanson de Snow Patrol qui s'appelle également The Golden Floor.
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