Note de la traductrice :

Et me revoilà (six mois après ou tout comme lol) ! :D J'espère que vous avez aimé lire le chapitre précédent, qui a bien fait avancer l'intrigue ! En tout cas je me suis délectée de pouvoir lire toutes vos reviews si génialissimes concernant le chapitre. C'est si plaisant de savoir ce qui vous a plu, ou pas plu, vos frustrations, bref tout ce que vous en avez pensé ! :D

En tout cas, voilà le chapitre vingt-deux ! Et croyez-moi, il va y avoir de l'action là-dedans ! Et une bonne pointe de frustration aussi lol ! Et la fin du chapitre… je crois qu'elle va vous tenir en haleine et que vous allez vraiment me tuer si je ne vous publie pas rapidement la suite lol !

S'il vous plait, je vous le répète encore, laissez-moi une petite review après votre lecture. Vous pouvez pas savoir comme j'aime les lire ! :D Et vous pourrez même le demander à mes habituées chéries : j'essaie toujours d'y répondre. ^^ Comment ne pas prendre le temps de répondre à vos messages qui me font si chaud au cœur ? :) Bonne lecture à tous !

L'histoire originale appartient à l'auteur NeverQuiteAwake. Je ne fais que la traduire.


CHAPITRE VINGT-DEUX

Tuer ou être tué


Avec une anxiété croissante, Sif et moi refîmes le trajet du marché au palais en un temps record.

J'étais à peine descendue de ma jument qu'elle dit : « Nous ferions mieux de nous dépêcher. Nous devons te faire enfiler ton armure. »

Elle me conduisit jusqu'à mes appartements où mon armure était dans ma garde-robe, cachée sous de nombreuses robes. Mon armure était auparavant celle de Sif – comme tout le matériel de guerre que j'avais actuellement en ma possession. L'équipement que j'avais porté pour aller à Svartalfheim était définitivement perdu, mais Sif possédait tellement d'équipement de rechange qu'elle était prête à m'en fournir beaucoup d'autres.

Je revêtis tant bien que mal un pantalon et une paire de bottes en cuir noir, mes mouvements rendus lents et rigides à cause de ma chevauchée dans de mauvaises conditions. Alors que j'étais en train d'enfiler un maillot de corps, je m'arrêtai pour passer mes doigts sur la peau sensible où s'était trouvée ma blessure. La peau était toujours rosée et légèrement douloureuse, une mince cicatrice en marquant la position – un effet du felweed, selon moi il était extrêmement rare pour des êtres de ma race d'avoir des cicatrices. Lorsque je croisai le regard inquiet de Sif, je baissai mon maillot, et elle vint m'aider à enfiler les différentes pièces de mon armure.

En silence, elle m'observa soigneusement, et je savais qu'elle voulait me questionner sur ce qui s'était passé sur Svartalfheim, ou peut-être sur Loki. Et je n'avais pas tort. « Quelque chose s'est passé entre toi et Loki » me dit-elle. Cela ressemblait à une question, mais je ne pouvais pas rassembler mes mots pour lui répondre. « Depuis que vous êtes revenus de Svaralfheim, vous agissez étrangement l'un envers l'autre. »

Une vague de chaleur pointa à l'arrière de mon cou au souvenir de notre baiser. Et, malgré mon envie de me confier à Sif, je découvris que je ne pouvais pas vraiment décrire ce qui se passait entre Loki et moi. « Franchement, Sif, je ne peux pas te le dire. » Je pensai à lui parler du baiser que nous avons partagé, mais je n'étais même pas certaine de ça. Alors je choisis de ne pas trop élaborer.

Il dut y avoir quelque chose dans mon expression qui la poussa à abandonner ce sujet, car elle ne me questionna pas plus loin. Pourtant, je pouvais bien voir qu'elle n'était pas satisfaite par ma réponse. Après tout, je ne l'étais pas moi-même.

M'éclaircissant la gorge, je démarrai une nouvelle conversation, ne serait-ce que pour rompre le silence. « J'ai entendu quelqu'un dire qu'Asgard avait déjà été attaqué précédemment pendant un Sommeil d'Odin. » Sif laissa pendre les boucles latérales de mon armure tandis qu'elle se relevait pour attacher celles de mes épaules. « Qu'est-ce qui est arrivé exactement ? »

Elle eut un mince haussement d'épaules. « A vrai dire, Asgard a été assiégé de multiples fois pendant le Sommeil d'Odin. Mais je n'ai été présente que lorsqu'un étranger s'est frayé un chemin à l'intérieur du palais. C'était un sorcier, si je me souviens bien. Il n'a jamais dépassé le hall d'entrée. » Luttant avec les boucles de mes épaules, elle soupira. « Tes cheveux sont bien trop longs. » Je grimaçai lorsqu'elle repoussa mes cheveux en arrière, tressant mes mèches rebelles en une natte de côté avec une main experte.

Nous fûmes toutes deux silencieuses pendant un certain temps. Elle resserra les boucles de mes épaules avant de venir m'aider avec mes protège-bras. Je me sentais étrangement jeune face à elle, comme une enfant allant jouer à la guerre. Cette pensée dut également lui traverser l'esprit. « Je dois te dire d'être très prudente » soupira-t-elle. « Après ce qui est arrivé à Svartalfheim, j'ai peur que tu ne sois pas prête pour ça. »

Mon cœur se serra un peu, bien que je ne puisse réfuter ses paroles. « Pas prête pour me battre, tu veux dire. »

Elle sourit faiblement. « Je ne dirais pas vraiment ça de cette manière. » Faisant un pas en arrière, elle croisa les bras. « Je ne remets pas en cause tes compétences. J'ai entendu que tu t'en es assez bien sortie, malgré ta blessure. »

Je levai un sourcil. « Et qui t'a dit ça ? »

Un coup à la porte nous fit sursauter toutes les deux, aucune de nous n'ayant entendu quelqu'un approcher. Nous nous retournâmes juste à temps pour voir Loki entrer. Il jeta un coup d'œil à Sif avant de poser son regard sur moi. « Pourrais-je parler avec Eirlys en privé ? » Sif hésita, fixant les pièces de mon armure qui étaient toujours posées sur mon lit. En le voyant, Loki inclina la tête. « Je l'aiderai avec ça. »

Sif fit passer ses yeux de Loki à moi, et une question muette sembla flotter dans ses yeux étrécis.

Lui serrant la main, je lui dis : « On se voit tout de suite, Sif. »

Après un instant, elle acquiesça et descendit les marches menant à ma chambre. « Je dois aller récupérer Drekisbane, de toutes façons. » Elle se détourna et sortit, nous laissant tous deux dans ma chambre à coucher. Mais non sans m'adresser un étrange haussement de sourcil.

Je regardai Loki, me sentant étrangement mal à l'aise sous son examen minutieux. « Je suppose que tu as trouvé le capitaine de la garde assez rapidement. »

« Oui. Les Einherjars ont bien été prévenus. Tout ce que nous pouvons faire à présent est attendre. » Loki s'avança vers moi, approchant de mon lit à pas réfléchis. Il prit le second protège-bras et me saisit le bras pour me l'enfiler. « Nous n'avons pas eu l'occasion de parler correctement. Comment vas-tu depuis ces derniers jours ? »

Je le regardai, surprise par la douceur de ses doigts tandis qu'il resserrait les sangles. « Je suis assez fatiguée et j'ai toujours un peu… mal, je dois l'admettre. » Je retins un frisson lorsque sa peau frôla la mienne. Il se tenait tout près de moi, focalisé sur sa tâche. « Mais je suis prête pour la bataille, si c'est de ça dont tu t'inquiètes. »

« Il n'y a pas que de ta santé physique dont il faut te préoccuper. » Loki laissa retomber mon bras et m'adressa un regard appuyé. « Tu n'as pas réussi à dormir, n'est-ce pas ? »

Je baissai les yeux, ne désirant pas discuter de ma situation mentale un peu trouble avec lui. Je me sentais bien trop vulnérable : ce malaise constant, cette inquiétude persistante, ces doutes. Ces dernières nuits n'ont pas été tendres avec moi. Elles ont été tourmentées par des cauchemars qui me réveillaient dans la nuit. Et toute cette culpabilité qui les accompagnait… Je ne pensais pas qu'il pourrait comprendre.

Il soupira longuement, semblant réaliser que je ne dirais rien de plus sur ce sujet. Sa voix ne fut qu'un murmure lorsqu'il prit à nouveau la parole. « Je ne veux plus jamais te voir blessée. »

Je déglutis difficilement tandis qu'il levait Frostblade, avec son fourreau, et qu'il l'attachait à ma ceinture. « Si tu ne veux pas me voir blessée, alors pourquoi me prépares-tu pour la bataille ? » dis-je avec un sourire désabusé.

« Tu devras te défendre lorsque l'heure viendra. Même si je ne voudrais pas te voir dans un conflit armé, les ennemis d'Asgard ne vont pas partager mes inquiétudes. »

Mon ventre se serra à cette pensée. Il s'inquiète pour moi.

Brusquement, il retira un couteau de sa propre ceinture. Il était mince et plat – plus long que ses propres dagues à lancer. « Prends-le et dissimule-le. Tu dois toujours avoir une arme de secours sur toi. Si jamais tu es désarmée, tu dois avoir quelque chose avec quoi te battre. »

D'une main tremblante, je pris la mince lame et la plaçai dans ma botte. « C'est vrai que ça semble logique… »

Tandis que je me redressai, il tendit le bras et serra mes mains dans les siennes, cessant leurs tremblements. « Cela te tracasse toujours, n'est-ce pas ? » Je fronçai les sourcils. « Avoir pris une vie. Cela te trouble. »

Je baissai les yeux au sol. « Peut-être. » Après plusieurs longues secondes, ses mains glissèrent jusqu'à mon plastron où il resserra les boucles. « J'accorde beaucoup de valeur à la vie, Loki. Avec tout ce que j'ai appris, avec tout ce que j'ai vu… Je ne peux pas l'ôter si facilement. »

« Tu ne devrais pas accorder tant de valeur aux vies de ceux qui n'en accordent pas à la tienne » dit-il. « Tu m'as dit un jour que tu cherchais à protéger les personnes dont tu te soucies. Tu les suivrais dans toutes leurs folies pour les protéger de toutes les façons possibles. Ce n'est pas différent. »

C'était difficile d'argumenter avec lui, notamment parce que Sif avait dit des paroles similaires seulement quelques heures plus tôt. Tous mes amis avaient vu nécessaire de prendre la vie d'autres personnes auparavant, et je ne pouvais pas le leur reprocher. « Décidément, c'est la seconde fois que Sif et toi êtes d'accord sur quelque chose » le raillai-je. « Je pense que ça doit être le premier signe du Ragnarök. »

Ses doigts se posèrent sur mes hanches tandis qu'il m'adressait un regard perçant.

« Désolée. Ce n'est pas le bon moment pour faire de telles plaisanteries… » Contrariée, je levai les yeux vers lui. « Je comprends que tu aies de vraies inquiétudes concernant ce qui va se passer. Tu as peur que les guerriers d'Asgard ne puissent pas lutter contre les Elfes Noirs. »

Loki secoua légèrement la tête. « Ce n'est pas eux qui m'inquiètent. »

Nos regards se croisèrent dans le silence de la pièce, et toutes mes questions et mes incertitudes à propos de ce qui s'était passé sous le saule me revinrent en tête. Mon pouls s'accéléra, et je vis en baissant légèrement les yeux qu'il avait terminé de fixer ma ceinture, mais que ses mains restaient toujours sur mes hanches. « Loki, avant que tout ça ne commence, je voudrais te dire – »

« Loki ? »

Je m'écartai de lui juste à temps pour voir Fandral arriver en courant dans la chambre. Le guerrier toujours si fringant ne montrait aucun signe d'humour – une vue pour le moins perturbante. « J'ai un message d'Heimdall » dit-il précipitamment. « Des Elfes Noirs ont pénétré dans le royaume, juste à la périphérie de la ville. Il a dit qu'ils ont utilisé des… passages ? Je ne suis pas sûr de ce qu'il a voulu dire. »

« Je pense que je le sais. » Loki s'avançait pas à pas, s'arrêtant devant Fandral. « J'ai besoin que tu trouves mon frère. Quand ça sera fait, rejoins-nous dans mes appartements. » Aussitôt, Fandral acquiesça et fila. Puis Loki revint vers moi et m'observa minutieusement. « Eirlys, viens avec moi. »

Après avoir vu son expression si sérieuse, je l'accompagnai hors de ma chambre à coucher sans discuter.


Dans le couloir, nous rejoignîmes Sif, Hogun et Volstagg, chacun étant entièrement armé. « Les Einherjars sont en train de garantir la sécurité de tout le monde en les gardant dans leurs chambres » dit Sif. « Le bruit court que les Elfes Noirs ont pénétré dans le royaume. »

« Oui, j'ai entendu. Ils sont arrivés plus tôt que prévu » répliqua Loki, sans même ralentir tandis que nous les dépassions. « Nous devons nous rassembler immédiatement. »

Ensemble, nous entrâmes dans le salon de Loki, nos amis sur les talons. Ses appartements étaient étrangement similaires aux miens : des étagères s'alignaient partout, même si les siennes débordaient de livres et de parchemins alors que les miennes étaient toujours à moitié vides. Tout était dans des tons sombres, en ébène et en vert foncé. Au centre de la salle se tenait une table en acajou où nous nous rassemblâmes. Loki avança vers une de ses étagères contenant de nombreux rouleaux de parchemins – des cartes, sans aucun doute – et il en retira un avant de le dérouler sur la table.

Plusieurs secondes après, Thor vint avec Fandral juste derrière lui. Le prince prit place à la table, juste à côté de son frère. « J'ai fait passer le mot à tous les guerriers Asgardiens » prévint-il Loki. « Et j'ai prévenu Mère de l'arrivée des Elfes Noirs. Elle a choisi de rester aux côtés de Père. »

Loki acquiesça en réponse. Sans perdre de temps, il posa sa main en haut du plan. « Il y a des zones d'Asgard sensibles à la magie – des passages, comme Heimdall les appelle. Beaucoup de sorciers ont essayé de les localiser mais ont échoué, sauf quelques-uns. » Il montra du doigt plusieurs régions entourées sur le plan, qui se trouvaient un peu partout sur Asgard : dans un champ, au milieu de la cité, même une à côté du lac où nous nous rassemblons souvent. « Avec assez de puissance, il est totalement possible pour quelqu'un d'entrer à Asgard à travers ces zones faibles. »

« Des zones faibles ? » dit Fandral d'un air incrédule. « Tu veux dire que n'importe qui peut entrer aussi simplement à Asgard ? »

« Pas n'importe qui. Ce sont des passages que très peu peuvent percevoir. Et il n'y en a pas beaucoup qui ont assez de pouvoir pour voyager à travers eux » dit Loki. « Cependant, moi et d'autres avant moi ont essayé de trouver un moyen de renforcer nos défenses et de fermer ces passages, mais sans succès. Même si nous le pouvions, il y en a des douzaines d'autres que nous ne serons jamais capables de trouver. »

« Ces points d'entrée sont trop loin les uns des autres » dit Volstagg en montrant le plan du doigt. « Ce serait trop imprudent d'essayer de couvrir toutes ces zones avec nos guerriers. »

La pièce devint silencieuse après cette remarque. Volstagg avait raison : la moindre tentative pour essayer de stopper la venue de tous les Elfes Noirs éparpillerait les guerriers d'Asgard. Sans mentionner que nous réussirions encore moins à trouver tous les passages que nous ne connaissons pas encore. La plupart d'entre nous tournèrent leur regard vers Thor et Loki, dans l'attente.

Tandis que Loki continuait à fixer pensivement le plan, Thor frappa du poing sur la table. « Je dis qu'il faut les laisser venir » déclara Thor. « S'ils veulent se battre, alors on se battra. »

« Je suis d'accord » dit Loki. Nous nous tournâmes tous vers lui, surpris. « Si nous pouvions tous les rassembler devant le palais, ils seraient forcés de nous combattre. Les Elfes Noirs sont des adeptes de la tromperie et de la dissimulation, et nous risquerions de les laisser transpercer nos défenses si nous allions les chercher nous-même. Nous devrions plutôt défendre étroitement les places qui ont besoin d'être défendues. »

Thor sourit. « Nous allons rapidement nous occuper d'eux, mais la bataille n'en sera pas moins glorieuse. »

Il y eut une soudaine excitation dans l'air. Sans prendre en compte les sinistres présages, la seule idée d'une bataille rendait mes amis surexcités. Des dieux de la guerre, songeai-je pour la seconde fois de la journée. Toujours prêts pour le combat.

Loki, par contre, ne paraissait pas aussi enthousiaste. « Je vais demander aux Einherjars de se poster devant toutes les entrées du palais. Si les Elfes arrivent à dépasser les gardes, nous nous occuperons d'eux. »

Le prince aîné acquiesça. « En effet. Nous devrions nous préparer à leur venue », s'exclama Thor. « Nous les attendrons devant le palais. Nous ne les laisserons pas pénétrer plus avant. Les Elfes Noirs sont très furtifs, alors gardons une vigilance constante. Nous devons nous attendre à leur arrivée très prochaine. Et avec eux viendra une glorieuse bataille ! Des histoires seront racontées sur cette journée ! »

Les Trois Guerriers brandirent leurs armes en l'air et poussèrent des cris. Malgré la gravité de la situation, Loki roula des yeux.

Notre réunion étant terminée, nous nous dirigeâmes tous vers la porte.

« Quelle technique va-t-on utiliser ? » demanda Fandral.

« Je propose la Revanche des Nornes » dit Volstagg. « Oh, encore mieux, la Ruse de la Déesse. »

Je pus entendre Hogun dire « Pourquoi est-ce que tu proposes toujours celle-là ? » avant que mon trajet ne soit interrompu.

« Eirlys, attends. »

Après m'être arrêtée, je tournai les talons pour faire face aux deux princes. C'est Loki qui s'était exprimé, ce qui lui valut un regard inquisiteur de son frère. A côté de moi, Sif s'arrêta, la curiosité gravée sur son front. Je lui adressai un petit sourire, sachant très bien qu'elle essayait de deviner ce qui s'était précisément passé entre Loki et moi. Elle m'adressa finalement un signe rassurant de la tête, puis elle suivit les Trois Guerriers.

Loki jeta un bref regard à Thor avant de contourner la table pour venir me rejoindre à la porte. « J'étais sincère lorsque j'ai dit que je ne voulais pas que tu sois blessée » murmura-t-il.

« Alors tu ne veux pas de mon aide ? »

« Si. Je veux que tu sois aux côtés de ma mère. » Il leva légèrement la main, peut-être pour saisir la mienne, mais il se retint. « Il y aura des Einherjars dans le couloir pour défendre la porte. Mais quelqu'un doit rester dans la chambre au cas où qui que ce soit y pénètre. Je veux que tu sois là, à l'écart du chaos. »

Je me sentis plutôt soulagée de l'entendre dire ça. Après tout, mes capacités de combat étaient plutôt diminuées car ma plaie en cours de cicatrisation continuait de me gêner. En même temps, je ressentis une pointe de déception. Même si je n'avais aucune intention de prendre part à la bataille, je voulais protéger tous ceux qui en avaient besoin. Je voulais me battre aux côtés de mes amis.

Puis je me souvins de tout ce que Sif et Loki m'avaient dit plus tôt dans la journée. Pour défendre certaines personnes, je devrais ôter des vies et apprendre à l'accepter. Et je savais que je serais prête à prendre une douzaine de vies si je pouvais en sauver une qui en valait la peine. On m'a toujours dit que chaque vie était sacrée, mais je commençai à penser que ce n'était plus si vrai.

« Bien sûr. » Je lui adressai un signe ferme de la tête. « Je vais m'assurer qu'aucun mal ne leur arrive. »

« Ne quitte pas cette chambre » dit-il. « Cela serait dangereux. »

« Je sais, Loki. Je sais. » Souriant doucement, je lui saisis la main. « Fais juste attention à toi. »

Ses doigts se resserrèrent contre les miens. « Toi aussi, Eirlys. »

Inspirant timidement, je me détournai et me dirigeai vers la chambre de sommeil d'Odin.


Progressant parmi les couloirs, je remarquai les Einherjars se tenant de chaque côté de ces énormes portes ornées. Je surpris quelques coups d'œil interrogateurs à mon approche, mais ils semblèrent comprendre la raison de ma venue et ils ouvrirent la porte devant moi.

Même à présent, avec les ombres des ennemis d'Asgard à nos portes, le Père de Toutes Choses ne fit pas un geste dans son sommeil.

En entrant dans la chambre de sommeil, je remarquai une demi-douzaine d'Einherjars. Certains de leurs visages me semblaient familiers – des gardes des appartements royaux, présumai-je – mais je ne connaissais pas leur nom. Plusieurs d'entre eux sortirent de leur rang pour me laisser le passage, et au cœur de la chambre, j'aperçus la Reine Frigga. Elle demeurait aux côtés du Père de Toutes Choses, les yeux fermés par la concentration.

Le temps que j'arrive aux pieds du lit du Père de Toutes Choses, les Einherjars avaient déjà refermé la porte et l'avaient verrouillée avec plusieurs barres de métal. Coupée du reste du palais, je ressentis un semblant de sécurité.

La reine leva alors les yeux, et son regard survola les portes en bronze avant de se poser sur moi. « Reste à mes côtés » dit-elle doucement.

J'acquiesçai, la bouche trop sèche pour formuler la moindre réponse. Tandis que je me détournai d'elle, je remarquai l'épée cachée vers l'estrade du Père de Toutes Choses, destinée à la reine en temps de crise. J'espérai seulement qu'elle n'aurait jamais à l'utiliser.

Face à la porte, je posai la main sur la poignée de Frostblade. Des pensées inquiétantes flottèrent à la surface de mon esprit, des pensées qui étaient apparues lorsque Frigga nous avait décrit sa vision. Des Elfes Noirs à Asgard. Il était impossible de ne pas se demander si c'était d'une manière ou d'une autre notre faute. C'est bien nous qui avons pénétré sans autorisation à Svartalfheim. C'est nous qui avons réveillé la fureur du clan de Nalak. Feraient-ils vraiment tout ce chemin pour se venger ? Il semblait absurde qu'ils fassent une telle chose. Mais, d'un autre côté, ils étaient armés avec des flèches en vibranium… ce qui signifiait que quelqu'un avait dû les préparer. Et si tout ceci faisait partie d'un plan beaucoup plus large ?

Toutes ces pensées s'évanouirent lorsque le palais se mit à trembler tout autour de nous. Quelques gardes Einherjars remuèrent, mal à l'aise, leurs lances serrées étroitement dans leurs mains dont les articulations devenaient blanches.

Je me tendis en entendant une cacophonie bien trop familière. Au loin, une bataille avait commencé.

Les Elfes Noirs étaient là.

Je déglutis et saisis la poignée de mon épée. Sans prononcer un mot, je me mis à prier les Nornes. Je priai pour que le moins de vies possibles soient ôtées en ce jour. Je priai pour que le Père de Toutes Choses se réveille à cet instant précis et mette fin à la pagaille avant même qu'elle ne commence. Le Sommeil d'Odin pouvait durer entre un jour et une semaine. Bien que je ne savais pas depuis combien de temps il s'était endormi, je souhaitai désespérément que tout s'arrête à l'instant.

Une explosion résonna dans le couloir, et je faillis trébucher sur l'estrade du Père de Toutes Choses. L'explosion aurait pu être assez forte pour fracasser les portes qui restaient verrouillées devant nous. Mon cœur se serra en réalisant que les Elfes Noirs avaient pénétré le palais et s'étaient frayé un passage jusqu'en haut de l'escalier.

Ma poitrine se serra lorsque je réalisai ce que j'allais devoir faire. Poussant un soupir, je dégainai mon épée.

Je jetai un coup d'œil par-dessus mon épaule pour voir Frigga se tenir debout, le visage livide. « Ma dame, restez où vous êtes » lui dis-je. J'étais tellement paniquée que je n'avais pas réalisé que je donnais à mon mentor – la reine – un ordre. Malgré tout, elle sembla l'accepter, en particulier lorsque les portes tremblèrent à nouveau.

Avançant pas à pas, je me tins à deux ou trois mètres des Einherjars. Ils se trouvaient en formation en V, les lances brandies devant eux.

Une autre secousse parcourut la double porte en métal. Lorsque cela cessa, je projetai une barrière sur la porte d'entrée, englobant le tout dans une lumière bleue. Les Einherjars plièrent un genou, prêts au combat.

A nouveau, les portes tremblèrent – mais cette fois un énorme CRACK retentit. Je devins toute pâle. Quelque chose avait frappé les portes.

Une seconde explosion frappa les portes, et cette fois elles ne purent soutenir le choc.


Avec un rayon de lumière, une porte se coupa en deux tandis que la deuxième sortit de ses gonds. Ma magie réussit à supporter la force de l'explosion, et les portes brisées rebondirent contre la barrière et revinrent en arrière dans le couloir. Mes mains tremblèrent violemment tandis que j'essayai de conserver la barrière un peu plus longtemps, mais je n'y arrivai pas. Un cri de frustration s'échappa de mes lèvres tandis que ma magie retombait, laissant la chambre vulnérable.

Les Elfes Noirs prirent d'assaut la chambre, et les Einherjars passèrent à l'action.

Le cœur serré, je trébuchai en arrière, arrivant tout juste à bloquer un coup d'épée. Mon adversaire sourit tandis qu'il reculait puis portait un coup à ma droite. J'évitai l'attaque, le bout de son épée évitant d'un cheveu ma blessure. Je craignis que la lame de son épée ne soit faite en vibranium, ce qui pourrait transpercer mon armure avec peu d'efforts. Je ne souhaitais pas vraiment découvrir si c'était le cas ou non.

Je tentai de frapper son épaule, mais je fus bien trop lente. Il réussit à s'accroupir et porta un coup sur mes côtes. Le bout de son épée transperça mon armure, bien qu'elle ne soit pas entrée assez profondément pour me transpercer la chair. Le souffle court, je reculai, posant la main sur le métal fracturé, exactement à l'endroit où se trouvait ma blessure causée par la flèche.

De l'électricité surgit des doigts de l'Elfe Noir, crépitant dans l'air, me dressant les poils des bras. Je plongeai sur le côté, évitant de justesse les éclairs lancés au-dessus de ma tête. Tandis que je m'effondrai sur le sol de la chambre de sommeil, je perçus des flashs de la bataille faisant rage autour de nous, et des bruits de lances parant des épées résonnèrent dans ma tête.

Lorsque je tentai de me relever, mon adversaire riposta. Un peu maladroitement, je bloquai son épée avec la mienne, la pointe de son épée ne se trouvant qu'à quelques centimètres de mon œil. Il donna un coup de pied dans mes jambes, et je tombai à nouveau au sol. Ma côte me tirailla tandis que je me mettais sur le dos et projetai une autre barrière. La seconde projection d'éclairs qu'il m'envoya fut facilement absorbée.

Rassemblant mes esprits, je concentrai ma magie dans ma main libre. Puis, me relevant sur un genou, je projetai devant moi un flot d'énergie. Il essaya de l'éviter, mais je réussis à l'atteindre à l'épaule. Ce fut suffisant pour le faire tomber au sol, vulnérable, au moins pour quelques secondes. Je saisis cette opportunité pour me relever péniblement sur mes pieds et, instinctivement, pour le transpercer au cou.

Le sang se répandit alors qu'il saisissait Frostblade, en vain. Je détournai les yeux, tout à la fois satisfaite et horrifiée par ce que j'avais fait. J'étais fière d'avoir pu m'occuper de lui, d'avoir aidé à lutter contre les plans des Elfes Noirs, et pourtant…

Une fois que ses mains furent retombées au sol de chaque côté de son corps, je retirai mon épée et restai au-dessus de son corps sans vie, haletante. Stupéfiée et comme paralysée, je restai immobile, fixant la flaque rouge s'étendant de plus en plus tout autour de lui.

Tuer ou être tué.

Le souffle chancelant, je m'attardai au milieu de la bataille, Frostblade retenue faiblement entre mes doigts. J'eus assez de bon sens pour m'entourer d'une barrière avant de m'assurer du regard que Frigga et Odin restaient indemnes. Je vis la reine à genoux aux côtés du Père de Toutes Choses, projetant ses sorts de protection. Semblant percevoir mon regard, elle leva les yeux et me fit un signe de tête rassurant. En un clin d'œil, son regard vacilla en fixant quelque chose juste au-dessus de mon épaule, et la crainte déforma ses traits.

Malheureusement, je ne pouvais pas vraiment me vanter de mes réflexes je pouvais prendre pour témoin les blessures de ma côte.

Quelque chose me frappa alors à la tête, détruisant ma barrière et me terrassant. Me tournant sur le côté, je pus apercevoir mon épée au sol, hors de ma portée. Instinctivement, je me recouvris avec une autre barrière pour absorber la seconde attaque de mon ennemi. C'est alors que je réussis à avoir un aperçu de lui. Sa taille était stupéfiante il était plus grand que tous les Elfes Noirs que j'ai jamais vus, sa taille rivalisant avec les trolls de pierre que nous avions rencontrés à Nidavellir.

Après son troisième coup, ma barrière craqua puis s'évanouit. Mes efforts pour renforcer ma magie avaient embrouillé mon esprit, et je ne pus rien faire d'autre que cligner des yeux devant l'Elfe géant se tenant face à moi. Au loin, j'entendis le tintement d'une épée – Frigga, réalisai-je tardivement.

Malgré le voile devant mes yeux, je titubai sur le côté pour essayer de rejoindre Frostblade. Elle se trouvait à plusieurs mètres, et j'avais toujours cette brute d'elfe contre moi. Lorsqu'il leva son épée, je rassemblai toute mon énergie restante et me préparai à projeter une autre barrière, priant pour avoir assez de force pour retenir son attaque. Mais son attaque n'arriva jamais.

Une courte lame vola à travers le couloir, finissant sa route dans le dos de l'Elfe Noir. Je connaissais bien la poignée de la dague je n'eus pas besoin de regarder en arrière pour savoir qui l'avait lancée. Sans faire attention aux dégâts qu'elle lui avait causés, l'Elfe chancela à peine avant de retirer la lame de sa chair. Il était sur le point de l'abattre sur moi lorsqu'une silhouette sauta en avant pour l'intercepter.

L'Elfe mania son épée large d'une seule main, bloquant l'attaque de la silhouette rapide. Il me fallut un moment pour reconnaitre cette silhouette : Sif.

Tandis qu'elle se lançait avec lui dans le combat, je rampai sur le sol et me saisis de Frostblade. Au moment où je me redressai sur mes pieds, j'aperçus Sif transpercer l'Elfe en plein dans l'estomac avec Drekisbane. Elle retira sa lame et l'Elfe tituba, sur le point de mourir. Lorsqu'il essaya de lui porter un dernier coup, je lançai une boule de magie sur lui, le renversant sur le dos.

Sif avança prudemment et enfonça fermement son épée dans son cœur. Tandis que je détournai les yeux, elle n'eut aucune difficulté à confirmer qu'il était bien mort.

Ensemble, nous examinâmes la chambre pour voir que tous les gardes Einherjars étaient en vie, certains blessés, mais toujours vivants. Huit Elfes Noirs étaient étendus, morts, à nos pieds. Déglutissant difficilement, je me forçai à regarder l'Elfe dont j'avais ôté la vie. Observant le sang et ses restes, je sentis un frisson me traverser de part en part. Mais je pus m'assurer que je l'avais exécuté correctement.

« Es-tu blessée ? » me demanda Sif.

« Quelques contusions. » Je progressai à travers la chambre, ignorant ma légère nausée, et avançai avec hésitations jusqu'au seuil de la porte. « Comment progresse la bataille ? »

C'était le chaos total. Bien plus d'une douzaine d'Elfes Noirs jonchaient le sol du couloir, tout comme une douzaine d'Einjerhars. Malgré ça, les Elfes Noirs qui prenaient toujours part au combat étaient beaucoup plus nombreux, chacun revêtu d'une armure et possédant des armes qui étaient bien trop précieuses pour eux.

Je vis Thor rugir au milieu de la bataille, lançant Mjolnir d'un geste puissant. Il forma un arc de cercle au-dessus du champ de bataille et frappa un Elfe Noir qui approchait Hogun par derrière. Le guerrier sombre se chargeait quant à lui de deux Elfes en même temps, les repoussant avec sa massue à piques. Je clignai des yeux en voyant Loki – ou plutôt les doubles de Loki. Il avait projeté d'innombrables illusions de lui-même, toutes apparaissant et disparaissant si rapidement que je ne pouvais moi-même savoir lequel était le vrai Loki.

« L'un d'eux a complètement transpercé mon armure » dit Sif avec une pointe de désinvolture. Je regardai en arrière pour voir une longue entaille partant de sa côte droite et remontant jusqu'à son abdomen. « Une blessure superficielle. Mais il semble que Ragna a eu raison de nous mettre en garde ils utilisent des armes d'une plus grande puissance qu'on ne pourrait en attendre venant d'un simple clan d'Elfes Noirs. »

Sans prévenir, un des Elfes Noirs se mit à charger sur nous. Sif le repoussa facilement, mouvant Drekisbane d'un geste fluide de la main. Je remarquai le sourire qui jouait sur ses lèvres tandis qu'elle agissait : elle était une déesse de la guerre, envers et contre tout. Elle se délectait dans le sang et les batailles.

Sur les talons de l'Elfe Noir mort, Fandral apparut au milieu de la confusion, une main pressée sur ses côtes. « Par les Nornes, je ne sais pas ce qu'ils utilisent, mais il est certain que ça fait mal » grommela-t-il en nous faisant apercevoir sa blessure. C'était une brûlure profonde, pas assez importante pour le tuer, mais assez pour l'affaiblir.

Sif fronça les sourcils et analysa rapidement la bataille en cours. « Bien, je pense que je ne vais pas m'attarder ici plus longtemps. » Sans ajouter d'autre mot, elle se précipita dans le couloir tout en parant l'attaque d'un Elfe Noir qui paraissait avoir suivi Fandral.

Je l'observai tandis qu'elle rentrait dans le combat, et qu'un de nos ennemis s'approchait pour l'affronter. Les Elfes Noirs nous surpassaient en nombre, en particulier maintenant que Fandral n'était plus en capacité de se battre. Sachant ce que je devais faire, je pris une profonde inspiration et resserrai ma prise sur Frostblade. Je ne pouvais pas rester dans la chambre de sommeil avec Fandral blessé. Pas alors que mon peuple avait besoin de mon aide.

Saisissant son avant-bras, je poussai Fandral en direction de Frigga. « La reine va te soigner du mieux qu'elle peut » l'avertis-je. « Quand ce sera fait, je voudrais que tu restes là. Protège le Père de Toutes Choses. »

Je n'attendis pas sa réponse.


L'épée brandie, je m'élançai dans le couloir. Sif restait proche de la porte d'entrée du palais, et je vins lui porter secours. Elle repoussa un Elfe Noir avant de se retourner pour parer l'attaque d'un autre. Je projetai une boule de magie à son premier ennemi, dont la force l'envoya voler contre le mur. Il s'effondra, inconscient.

Je me retournai pour voir Sif s'occuper en un instant du deuxième Elfe, dont le corps s'écroula devant elle. Elle jeta un coup d'œil vers moi, me regardant comme si elle s'apprêtait à parler. Mais, du coin de l'œil, je discernai un rougeoiement ardent. Nous nous retournâmes ensemble pour voir un Elfe Noir situé tout au bout d'un couloir, tout en haut des marches, un étrange bâton brandit devant lui. Le rougeoiement orange flamboyant devint de plus en plus brillant jusqu'à ce qu'une explosion de feu magique en sorte.

Sif me repoussa à terre juste à temps, et les flammes frappèrent le mur derrière nous. Le palais tout entier sembla trembler sous l'explosion, et des morceaux de bronze se détachèrent et tombèrent au sol.

Nous échangeâmes un regard, toutes deux choquées par la force de cette attaque. « As-tu vu cet Elfe ? » lui demandai-je.

Elle acquiesça. « Je n'ai jamais vu une arme aussi puissante. »

« Alors nous ferions mieux de l'arrêter. »

Sans avoir besoin de prononcer le moindre mot, elle se leva et se jeta la tête la première dans le combat. Je la suivis aussitôt. Elle élimina plusieurs Elfes Noirs sur son passage, ce qui la ralentit à peine. Lorsqu'elle s'arrêta pour provoquer un Elfe en duel, un second s'avança vers elle. Je jetai une boule d'énergie en direction de ses yeux pour le désorienter. Il perdit ses repères assez longtemps pour que Sif le frappe, transperçant son armure avec Drekisbane.

Parmi les cris et la pagaille, je repérai Loki et Thor se battant côte à côte. Ils se battaient avec l'ennemi en parfaite harmonie : Thor écrasait les Elfes Noirs proches tandis que Loki en tuait deux autres avec une paire de dagues qu'il jetait par-dessus l'épaule de Thor. Nos ennemis tombaient tout autour d'eux, et ils s'élancèrent jusqu'à la porte d'entrée pour se charger d'encore plus d'Elfes.

Les forces de l'ennemi s'étaient à présent réduites, et il ne restait pas plus de deux douzaines de soldats. Mais l'Elfe avec le bâton étrange se trouvait toujours tout au bout du couloir, se préparant à faire feu à nouveau. Il prit pour cible Thor, Loki et plusieurs Einherjars qui étaient dans sa ligne de vision. Bien qu'il sembla que Loki et quelques Einherjars l'avaient remarqué, ils étaient bien trop submergés par les autres Elfes pour stopper le porteur du bâton à temps.

Mon cœur tomba comme une pierre lorsque le bâton se mit à briller plus fort, et je m'élançai sans réfléchir. Je dépassai tous les soldats pris dans la bataille. Mes yeux fixés sur l'Elfe au bâton et la demi-douzaine de guerriers qui le flanquaient, je réalisai que je ne serais pas capable de l'éliminer avant qu'il ne lance son sort. Alors, je lâchai mon épée et rassemblai toute l'énergie qui parcourait mon corps. Me laissant tomber à genoux au milieu de mon peuple et de mes ennemis, je levai les mains et lançai mon sort.

Le pouvoir qui s'échappa de chaque fibre de mon corps était plus puissant que tout ce que j'avais pu produire auparavant. Je me souvins de ce que Loki m'avait dit une fois, il y a bien longtemps, alors que je commençai à m'entrainer à créer des barrières magiques : Parfois, un instant de surprise te permet de puiser dans tes forces les plus profondes. Les moments de panique agissaient de même, tout comme les moments de terreur absolue – et c'est bel et bien ce que j'étais en train d'expérimenter.

Je réussis à nous couper des Elfes du couloir avec une barrière qui mesurait presque quatre mètres. Lorsque l'explosion m'atteignit, je fermai les yeux et me préparai mentalement.

J'eus l'impression d'avoir été frappée par une météorite.

L'explosion de magie s'éclata contre la barrière, et du feu et des débris volèrent dans toutes les directions. Le sol sous mes pieds trembla et se fissura sous le choc. Serrant les dents, je tentai de contenir l'attaque aussi longtemps que je pus, jusqu'à ce que ma vision s'amenuise et que je ne puisse soutenir plus longtemps mon sort. J'haletai quelques secondes avant que mon bouclier ne s'effondre. La force de l'onde dévastatrice me renversa au sol tandis que les flammes et la fumée me cernaient de toutes parts.


Note de l'auteur :

J'adresse un immense remerciement à mon incroyable beta, Hr'awkryn, qui m'a aidée bien qu'elle soit totalement débordée. Avec la sortie de Thor : The Dark World, j'ai reçu des tonnes de merveilleuses reviews – alors merci à tous mes adorables lecteurs. Vous avez été vraiment géniaux.

S'il vous plait, laissez des reviews ! Je me délecte de chaque mot que vous pouvez m'écrire.

En bonus, je laisse une petite note concernant les Elfes Noirs attaquant Asgard (c'est un petit SPOILER concernant Thor : The Dark World, alors s'il vous plait détournez les yeux si vous ne supportez pas même les spoilers les plus insignifiants, étant donné que je vais faire référence à quelque chose qui peut être vu dans quelques trailers, alors VOUS ETES PREVENUS) : j'avais prévu et écris ces chapitres avant même de savoir que les Elfes Noirs attaqueraient Asgard dans le film, alors je m'excuse si ces événements ressemblent un peu à du déjà-vu. Aussi, la suite de mon histoire avec les Elfes Noirs pourra sembler bancale je vais essayer de m'assurer que tout s'emboite pour le mieux.