Après leur rencontre avec le commadant Cabrus, Elfman, Lévy et Freed se retrouve dans un étrange endroit et s'apprête à affronter leur peurs.

Je dois vous avouer que je pense avoir mis le pied dans l'espace de folie qui habite mon esprit lorsque j'ai écris ce chapitre. J'ai tremblé de peur à chaque scène, alors que des scénarios plus horrifiants les uns que les autres se bousculaient dans ma tête. J'espère que ceux que j'ai choisi auront l'effet escompté.

Que ça ne gâche pas votre lecture.

Bienvenue dans l'empire du Cauchemar.


Chapitre 10 : Ordalie

Elfman se réveilla en même temps que Lévy et Freed dans ce qui semblait être une prison. Ils se trouvé dans une petite salle cubique aux murs de brique blanche. L'un des murs étaient percé d'une large grille aux barreaux verticaux épais. De l'autre côté de la grille, on ne pouvait voir qu'un long couloir aux murs égaux à ceux de la cellule. Il y avait 2 bancs en bois accrochés au mur et sur l'un d'eux se tenait un homme maigre replié sur lui-même qui marmonnait des propos inintelligibles.

Lévy : Excusez-moi, monsieur… Où sommes-nous ?

L'homme releva la tête et sembla les remarquer pour la première fois. Il éclata de rire en les voyant tous les 3 devant lui. Malgré cette explosion de joie soudaine, ses yeux étaient cernés et il avait les lèvres tremblantes.

Elfman : Euh… Vous êtes sûr que ça va ?

? : Hihi ! Je m'excuse, je sens que mes nerfs vont craquer ! Haha. Quand est-ce que vous allez me laisser tranquille !

Lévy : Vous laissez tranquille ? Mais nous venons d'arriver.

Le fou rire de l'homme s'arrêta net et il fixa les 3 magiciens d'un regard inquisiteur et alerte.

? : Vous êtes sûr que vous n'êtes pas le fruit de mon imagination ?

Freed : Jusqu'à preuve du contraire, nous sommes des êtres de chair, tout comme vous.

L'homme soupira et son expression changea encore. Cette fois-ci, il les observait avec pitié. Il semblait triste de les voir.

? : Vous êtes si jeune… Vous ne devriez pas être ici.

Lévy : Et où sommes-nous ?

? : Connaissez-vous le mage noir Zelef ?

Freed : Il a quelque chose à voir avec cet endroit ?

? : Cet endroit, comme vous dites, est l'intérieur de l'un des démons du livre de Zelef. Il a le pouvoir de contrôler l'espace et le temps. Aussi puis-je vous demander en quelle année nous sommes ?

Elfman : Nous sommes en x791.

Lévy : Un démon de Zelef ?! Mais comment est-ce qu'on est arrivé là ?

Freed : Je pense que c'est le livre que portait Cabrus. Quelque chose en est sortie et nous a tous aspiré.

Elfman : Et comment peut-on en sortir alors ?

Elfman frappa le mur de toutes ses forces mais il ne trembla même pas. Freed l'effleura de sa rapière et le mur s'illumina de caractère. L'homme écarquilla les yeux.

? : Vous êtes des mages ? Vous êtes membres d'une guilde ? Les guildes existent encore au moins ?

Lévy : Bien sûr, que les guildes existent encore. Nous sommes de Fairy Tail.

? : Fairy Tail… Je crois que j'en ai entendu parler. Si je me souviens bien, elle a été créée récemment par la fée stratège, Maëvis d'Ishval.

Freed : Je suis désolé mais nous sommes pressés. Dites-nous qui vous êtes et comment sortir d'ici.

? : Désolé. Mon nom est Sabad. J'étais un mercenaire avant qu'un mage ne me fasse prisonnier dans ce livre étrange. Je suis navré pour vous mais il n'y a aucun moyen de sortir. Tout ce qu'il y a ici c'est l'Ordalie.

Freed : Et c'est quoi l'Ordalie ?

Sabad : C'est une épreuve. Le démon s'amuse à nous sortir de notre cage pour nous faire passer des épreuves qu'il a inventées. Lorsque je suis arrivé, j'avais un compagnon. Il est mort dès la première Ordalie. Il y avait encore quelqu'un d'autre quand on est arrivé et il avait déjà survécu à 4 Ordalie… avant de …

Une larme s'écoula sur le visage ridé de l'ancien mercenaire.

Sabad : La prochaine Ordalie sera ma troisième. Je sens que je vais devenir fou si je reste ici.

Lévy se tourna vers Freed et remarqua qu'il étudiait les caractères magiques sur le mur.

Lévy : Freed, tu crois qu'il y a moyen de sortir d'ici ?

Freed : C'est un monde artificiel avec des lois semblables à ma magie et aux enchantements du conseil. Mais c'est bien plus complexe. Celui qui a programmé ça doit être un vrai génie. Mais il y a toujours une faille et je crois que je peux la trouver. J'aurais d'ailleurs besoin de ton aide…

Les murs de la cellule se colorèrent soudain en rouge.

Sabad : Oh non ! Ça va commencer ! Surtout, ne croyez pas ce que vous verrez ! Et ne le laissez pas vous briser !

La voix de l'homme tourmenté s'évanouit et toute la cage sembla s'effondrer. Chacun des 4 prisonniers se retrouva seul dans un univers unique. Elfman était à l'orée d'une forêt d'arbres gigantesque au feuillage si dense qu'il était impossible de distinguer à plus de 10 mètres dans la forêt. Derrière lui s'étendait une grande plaine délimitée par de gigantesque falaise formant un demi-cercle. Lévy était en plein centre d'une gigantesque arène. Il y avait des spectateurs dans les gradins mais le soleil était si éblouissant qu'elle ne pouvait distinguer leurs visages. Freed, enfin, était debout sur un pont au-dessus d'un gouffre gigantesque. Le pont était si long qu'il n'en voyait pas les extrémités.

Des bruits de pas arrivèrent aux oreilles du membre des Raijin et il se retourna. Un homme encapuchonné dans une longue cape s'approchait de lui à pas lents.

Freed : Vous là-bas ! Qui êtes-vous ?! N'approchez pas !

L'inconnu ne s'arrêta pas, ni ne répondit. Freed sortit sa rapière de son fourreau et l'agita devant lui. Une ligne de caractères magique apparut sur le sol, entre le mystérieux homme et lui. Mais il s'approchait toujours. Freed avait posé un piège mortel par précaution mais son instinct lui disait que l'homme qui approchait ne lui voulait pas du bien. Il 'était plus qu'à 5 pas du piège. 2 pas. Un. Il traversa la ligne de caractère comme si elle n'existait pas et le piège ne se déclencha pas. L'homme continuait son avancée, imperturbable, inexorable.

Freed fut pris d'une peur incontrôlable. Il tourna le dos à l'inconnu et courut le plus vite possible. Il courut pendant plus d'une minute mais il ne voyait rien d'autre que le pont à l'horizon. Il regarda derrière lui mais ne vit plus l'homme à la capuche. Lorsqu'il regarda à nouveau devant lui, il heurta l'homme et tomba sur le dos. Sa rapière tomba hors de sa portée. L'homme leva les mains et Freed tenta instinctivement de se protéger d'une attaque. Mais rien ne se passa. Lorsqu'il regarda à nouveau, il fut surpris de voir le sourire chaleureux de Luxus.

Son ami lui tendit la main pour l'aider à se relever et Freed oublia toute prudence. Lorsqu'il fut debout, Luxus l'enlaça comme le ferait un frère.

Luxus : Je n'ai plus besoin de toi, désormais.

Freed : Quoi ?!

Avant qu'il ne puisse réagir, Luxus l'avait saisi par le cou de la main droite et le soulevait de terre sans aucun effort apparent. Son visage était tordu par une expression de haine et de dégout. La pression de la main de fer de Luxus commençait à étouffer Freed mais tous ses efforts étaient inutiles pour se libérer de l'étreinte mortelle.

Freed : Luxus… Arrête ! Qu'est-ce que… tu fais ?

Luxus : Cela ne se voit pas ? Je me débarrasse d'un déchet. D'abord, tu te faire battre lamentablement par cet enfant de cœur de Mirajane et maintenant tu te fais piéger par un démon de Zelef alors que votre ennemi était à ta merci. Je t'ai connu à une époque où tu étais un parfait guerrier : sans pitié pour l'adversaire. Mais tu m'as beaucoup déçu ces dernières années. Je deviendrai le maître de Fairy Tail sans tes services et je réserverai le même sort à tous les déchets dans ton genre !

Freed : S'il te plaît… Arrête ! Je ferais… tous ce que tu voudras. Pardonne…moi.

Luxus : Te pardonner ?! Tu penses donc être mon égal ? La fréquentation des autres imbéciles de Fairy Tail t'aurait donc ramolli à ce point ? Mais tu n'es qu'un pion, un jouet pour moi. Et maintenant, tu n'es plus qu'un déchet. Tu ne vaux pas mieux qu'un jouet cassé. Et tu sais ce que l'on fait aux jouets cassés ?

Le puissant mage marcha jusqu'au bord du pont et balança le corps de plus en plus engourdit de son subordonné au-dessus du précipice.

Freed : S'il… te… plaît…

Luxus : Les jouets cassés, on les jette !

Freed : Écrits… de l'om…

La voix de Freed s'étouffa quand son tortionnaire renforça son étreinte.

Luxus : Ne pense même pas me résister. Tu sais très bien que tu en es incapable !


Elfman ne savait plus quoi faire. Sans Freed, impossible pour lui de s'échapper d'un endroit comme celui-ci. Il avait déjà fait les frais d'un de ses enchantements et savait qu'il était incapable d'en échapper seul. Il ne savait pas non plus où il était. Alors qu'il se demandait par où se diriger, ses réflexions furent interrompues par des secousses provenant de la forêt. Comme si une gigantesque créature gigantesque s'approchait de lui. Mais il ne pouvait toujours rien voir tellement la forêt était sombre.

Ce bruit de pas lui semblait étrangement familier mais il n'arrivait pas à se rappeler où il l'avait déjà entendu. Sans qu'il comprenne pourquoi, il fut parcouru de sueur froide. Le volume des bruits de pas avaient doublé maintenant. Soudain, il entendit un cri déchirant. C'était le cri de détresse d'une femme dans la forêt.

Et il la vit. Mirajane tendit la main vers son frère l'implorant à l'aide. Son visage était noyé par les larmes, mais son corps était teinté du rouge de son propre sang. Derrière elle se dresse la Bête. L'horrible monstre qu'il avait jadis vaincu avec l'aide de ses deux sœurs piétina Mirajane sans la moindre hésitation, lui arrachant un effroyable cri de douleur, et se tourna vers celui qui utilisait désormais sa forme. Et c'est là qu'il vit que la monstrueuse chose, 5 fois plus imposante qu'un humain normal, tenait dans sa main gauche le corps inanimé de sa plus jeune sœur.

Elfman sentit son sang bouillonner à travers son corps et il en appela à toute la magie qu'il possédait. Il invoqua l'esprit de la Bête qui sommeillait en lui. Mais rien ne se passa. Il tenta de prendre toute les formes des animaux sur lesquels il avait exercé son take-over mais il ne pouvait plus se transformer. La colère et la haine laissèrent immédiatement place à la peur, puis au désespoir.

Mirajane continuait de l'appeler à l'aide faiblement mais il se sentait totalement impuissant. Les images de la première disparition de Lisanna défilaient dans sa tête. Incapable de supporter toutes ces images, il prit la fuite. Le monstre le suivit, tenant toujours sa sœur, et Elfman ne pouvait pas le distancer. Mais le monstre ne fit rien non plus pour le rattraper. Il se contentait de rester 5 mètres derrière et l'insulter.

Bête : Espèce de lâche ! Tu abandonnes tes sœurs à la mort ?! Est-ce ça pour toi, être un homme ?! Tu te caches continuellement derrière mon apparence pour passer pour ce que tu n'es pas ! Et au final, tu n'es qu'un lâche ! Pire que ça ! Tu es un lâche faible, incapable de protéger qui que ce soit !

Elfman : Laisse-moi tranquille ! Tout ça n'est pas réel ! Mes sœurs ne sont pas mortes, tout ceci n'est qu'un cauchemar !

Bête : Tu peux fuir tant que tu veux, couard ! Tu peux te cacher comme la vermine de ton espèce mais tu ne pourras jamais échapper à ta propre réalité !

À chaque fois qu'Elfman tentait de se raisonner en se persuadant que ses sœurs n'étaient pas ici et que ce qu'il voyait n'était qu'une illusion, il revoyait le corps sans vie de sa sœur se balançant entre les doigts de géant du colosse.

Il arriva alors au pied d'une falaise, acculé par le cauchemar qui l'avait poursuivi. Il se mit en position fœtal au pied de la roche, tentant de se faire le plus petit possible. Il pleurait toutes les larmes de son corps. Le monstre approcha et le frappa si fort qu'il s'enfonça d'un mètre sous la falaise. 2 Blocs de roches plus gros que lui manquèrent de l'écraser mais il ne pouvait plus bouger, paralyser autant par le désespoir que par la douleur.

La Bête sembla se calmer et déposa le cadavre inerte de Lisanna au pied de son frère tourmenté.

Bête : Tu ne vaux même pas la peine que je me fatigue. Tu ne peux protéger personne ! Vis avec ça !

La créature de cauchemar s'éloigna, laissant seul Elfman, désormais trop bouleversé pour se rendre compte du monde extérieur.


Une lourde grille s'ouvrit à une extrémité du colisée. Éblouis par le soleil, il fallut plus d'une minute à Lévy pour reconnaître les 2 hommes qui avançaient vers elle à pas lents. Il s'agissait de Jet et Droy, les 2 membres qui complétaient avec elle l'équipe des Shadow Gear. Surprise de les voir, elle se précipita à leur rencontre, ne remarquant qu'au dernier moment que le sable qui la séparait de ses compagnons bougeait anormalement. Elle se jeta sur le côté juste à temps pour échapper aux lianes qui tentèrent de la saisir. Elle chercha des yeux ses amis mais ne voyait plus que Droy. Jet avait disparus. Du coin de l'œil, elle aperçut le sable qui se soulevait au passage du mage supersonique. L'esquiver lui nécessita un réflexe extraordinaire. Au moment où son ami allait la saisir dans le dos, elle se baissa et parvint à glisser sa fine jambe entre celle de Jet. Le croche-pied, démultiplier par la vitesse du mage le propulsa dans les plantes de Droy qui s'empressa de les rappeler. Elle eut enfin une seconde de répit.

Lévy : Mais qu'est-ce que vous faites ? Pourquoi faites-vous ça ?!

Droy : Ta gueule, Lévy ! T'as toujours été qu'un boulet pour le groupe ! On rend juste service à la guilde en se débarrassant de toi !

Et elle les entendit. Ses yeux s'étaient enfin accommodés à la lumière du soleil dans lequel baignait l'arène et elle reconnut les spectateurs dans les gradins. Ils n'étaient autres que les membres de Fairy Tail au complet qui la huait et encourageait ses compagnons à se battre. Elle sentit les larmes coulant sur ses joues. Tous ceux qu'elle connaissait et qu'elle considérait comme des amis l'insultaient et hurlaient pour qu'elle meure. Il n'y avait qu'une personne assise sur un fauteuil au centre d'une tribune à part qu'elle ne reconnaissait pas, le visage dissimulé dans l'ombre.

Lévy : Pourquoi ?!... Qu'est-ce que je vous ai fait ?!

Jet : Tu te crois tellement maligne. Tu penses être irremplaçable ?! Tu n'étais en fait qu'un outil pour nous ! Maintenant, nous allons montrer notre force et détruire notre outil !

Lévy : C'est faux !… Vous mentez… Ce n'est qu'une illusion !

Droy : Crois ce que tu veux, tu n'as aucun ami ! Et tu sais ce que nous ferons lorsqu'on t'aura tué ? Nous chasserons les traitres de la guilde en commençant par Gajeel !

Lévy : Non… Taisez-vous… Arrêtez !

Jet : Nous lui trancherons les membres et lui enlèverons chaque parcelle de peau même s'il faut le déboulonner pour ça ! Et nous y prendrons du plaisir !

Lévy : Solid Script ! Feu !

Des flammes se formèrent devant Lévy et prirent la forme du mot feu avant de se diriger vers les 2 mages. Elle avait visé entre eux 2 pour les faire taire. Mais elle ne s'attendait pas à ce qu'ils feraient. Dans un geste parfaitement synchronisé, Jet et Droy se jetèrent dans les flammes lorsqu'elles furent à leur hauteur et disparurent immédiatement, consumés. Voyant disparaître ses amis dans la boule de feu, elle s'élança pour tenter de les secourir. Le désespoir l'envahissait à chaque pas. Alors qu'il ne lui restait plus que 10 mètres à parcourir, les flammes disparurent aussi brusquement qu'elles étaient apparu et un unique corps retomba sur le sol. Elle étouffa un cri d'horreur en reconnaissant le corps fumant de Gajeel.

Elle s'agenouilla auprès de lui et il leva vers elle un regard implorant. Les clameurs en provenance des gradins changèrent et la personne cachée dans l'ombre se leva et s'approcha du bord de la tribune. C'était Lucy. Elle leva son bras droit en l'air, la main fermée sauf le pouce dirigé vers la gauche. Il y eu quelques secondes de flottement pendant lesquelles les hurlements du public s'intensifièrent encore.

Elle pivota le poignet et dirigea son pouce vers le bas, annonçant la sentence du vaincu.

Lévy ne l'imaginait pas possible, et pourtant, les cris des spectateurs redoublèrent d'intensité.

Fairy Tail : Achève-le ! Achève-le ! Achève-le !

Lévy n'en pouvait plus, elle ne voulait plus ni les entendre ni les voir. Elle ferma les yeux et se cacha les oreilles derrière les mains mais elle pouvait encore les entendre.

Les cris des membres de Fairy Tail devinrent des exultations de joie.

Lévy n'osait pas ouvrir les yeux, craignant la prochaine image qu'ils lui montreraient. Mais ses yeux finirent par se rouvrir, inexorablement, lui révélant l'horrible spectacle.

Gajeel avait un trou béant dans la gorge. Le sang s'en échappait à flot. Et elle avait dans sa main un poignard argenté. Elle était elle-même couverte de sang, le sang de son camarade.

Elle tomba inconsciente, puis elle hurla


FIN DU CHAPITRE 10

Je me demande si je ne suis pas aller un peu trop loin avec eux. J'ai un peu pitié pour mes pauvres "victimes".

Rendez-vous le 4/12 pour le prochain chapitre

Chapitre 11 : Firion