NdlA : Désolée pour le délai de parution ! Merci de lire cette histoire ridicule et encore plus merci pour les reviews :)


Le nouveau sport favori de Kise, qui lui occupait même plus l'esprit que le basket, consistait à essayer de croiser le plus possible le capitaine et d'obtenir de sa part un sourire ou une parole pas trop désagréable. Et si il n'atteignait pas cet objectif chaque jour, il rentrait profondément déçu chez lui, se roulait sur son lit en geignant et serrant son oreiller contre lui puis réfléchissait à un moyen de ne pas renouveler l'échec le jour suivant.

Mais à vrai dire, malgré les plans, peu de jours étaient pleinement satisfaisants. Parfois Kasamatsu s'apercevait du regard insistant qui le surveillait. Il relevait la tête, croisait les yeux du blond et haussait les sourcils d'un air interrogateur. Jamais Kise n'arrivait à faire apparaître un sourire qui disait « je suis content de te voir ». Ce n'était pas vraiment contre lui, à vrai dire le lycéen n'était pas et n'avait jamais été quelqu'un de très souriant. La seule différence était que bizarrement, ça ne frustrait pas le prodige jusqu'ici.

Toutefois, l'empêchant justement de simplement laisser tomber, il y avait quelques épisodes qui faisaient battre son cœur et le regonflait d'espoir. Des gestes que seul quelqu'un de droit comme Kasamatsu pouvait faire spontanément, presque candidement. Lui ébouriffer les cheveux avec le poing en passant derrière lui lorsqu'il avait l'air vraiment dépité par le jeu, lui poser la main sur l'épaule pour lui donner une indication tactique ou le traiter d'idiot d'une façon que Kise aurait qualifiée, il n'y avait bien que lui, d'affectueuse.

Toutefois, quand son ancien petit ami le désespérait trop, le jeune homme se trouvait assez prompt à se tourner vers quelqu'un de bien plus abordable. Bien sûr, il trouvait ça mal de faire la girouette. Mais peut-être était-ce un fond de rancoeur d'avoir déjà été rejeté une première fois, il était alors hésitant à se dévouer entièrement à Kasamatsu. Et tant qu'il ne serait pas fixé sur ce qu'il pouvait attendre de ce dernier, pas question d'écarter Aomine et sa plastique de rêve.

La plupart du temps les choses étaient simples avec son, à la fois, grand rival et booty call. L'un proposait d'un ton blasé à l'autre de se voir, l'autre feignait l'ennui ou le désintérêt pour ensuite accepter. Une fois en présence l'un de l'autre, ils continuaient un peu ce cinéma pour faire bonne mesure puis se sautaient mutuellement dessus à la première ouverture. Certaines fois, si Kise avait du résumer leur entrevue, la seule chose qu'il aurait trouvé dire était qu'il avait cligné des yeux et quand il les avait rouverts, il n'avait plus de pantalon.

« Kasamatsu me reparle !

Ça sonnait très cruche. Aussi Kise ajouta une mimique séductrice et un sourire carnassier à son annonce.

-T'emballe pas, il est juste sympa. Il ne te fait pas des déclarations ! rit l'élève de Shuutoku chez qui ils trainaient après les cours du vendredi.

-Mais j'espère qu'il est au moins autant dans le trouble que moi. » marmonna l'adolescent. Son interlocuteur haussa les sourcils pour l'inviter à expliciter cette dernière partie. Takao était bien le seul garçon a sa connaissance qui ne rechignait pas à discuter de sentiments, relations et autres niaiseries, pourtant Kise ne trouva rien à ajouter, rien à expliquer et haussa simplement les épaules d'un air blasé.

« Est-ce vraiment de l'amour, ou de de la persistance rétinienne ? Déclara alors le porteur de l'oeil du faucon provoquant chez le blond un air éberlué :

-Que... Quoi ? » Il rit un peu. « Quelle différence ?

-Arrête de le voir quelques temps, et tu verras si tu penses toujours autant à lui !

Kise fit la moue; il n'avait pas franchement envie de ne plus le voir.

-Ce n'est pas vraiment évident de ne jamais le croiser alors qu'on est dans le même club. » argumenta-t-il avec peut-être bien une pointe de mauvaise foi. Il tenta de détourner l'attention de ce point précis à l'aide d'une question qui devait quasiment relever la métaphysique :

-Sur quoi tu définis l'amour dans le fond ?

-Hmmm... Tu es incapable de t'éloigner quand il est là, quand bien même ça ne t'apporte rien de bon ? Tu cherches à le croiser le plus possible ? Tu es incapable de penser à quelqu'un d'autre ? Tu le vois partout ? Tu penses à lui quand tu te tripotes ? énuméra Takao, les yeux fixés sur le plafond.

-Alors... Si on compare Kasamatsu avec Aomine, je dirais pour le premier : oui, oui, bof, non, des fois. Pour le second, oui, non, bof, oui depuis la fois où il a débarqué à l'improviste, et pour finir, certaines fois.

-Ça fait quelque chose comme ex-aequo alors ?

-Ou match nul, ouais.

-Bon. C'est con parce que t'es pas supposé avoir de sentiments pour ce bon vieux Aomine.

-Ouais mais lui au moins il veut bien coucher avec moi.

-C'est sûr que du coup il t'en faut bien deux !

-Exactement ! ...Hey ! Du coup je pourrais toujours coucher avec Aomine en pensant à l'autre !

Il regretta assez vite d'avoir émit cette idée saugrenue à voix haute comme si elle était tout à fait brillante. À quel moment était-il devenu aussi cynique ?

-Qu'est-il advenu de ce sentiment d'amour intense ? Gloussa son camarade.

-Ouais, c'est atroce, rit-il. Mais qu'est ce qui pourrait sauver l'amour ? Dans le fond tu as raison, Kasamatsu n'a rien fait qui puisse me laisser penser qu'il éprouve quoi que ce soit pour moi, c'est juste un bon capitaine... »

C'était un peu déprimant. Il se reprit bien vite :

« Mais imagine; moi je me dis « je vais rien tenter pour le moment pour pas le brusquer » et lui se dit « mais pourquoi il fait rien, je pue, je suis moche ? », ce serait trop bête !

Il réfléchit quelques secondes avant de reprendre de plus belle :

-Et même Murasakibara ! Qu'est ce qui lui est passé par la tête ? Je ne peux pas croire qu'il puisse m'embrasser sans être le moins du monde intéressé !

-Ouah, arrête de ressasser ça ! Je te donne une bière et voilà, tu es intenable !

-Mais je veux savoir pourquoi !

-Et moi je me demande pourquoi tu crois qu'il y a un sens à ça. D'une c'est de Murasakibara qu'on parle et de deux, jusqu'ici embrasser quelqu'un sans vraie raison ne semblait pas vraiment te préoccuper, regarde avec Midorima !

-Oui mais... mais Midorima ça ne voulait rien dire !

-Pour toi c'est évident parce que c'est toi qui l'a fait ! Mais, comme tu l'expérimentes maintenant, quand tu reçois, tu ne sais pas du tout ce que l'autre avait en tête.

Le plaignant hocha la tête d'un air contrit. Takao reprit calmement :

-Imagine Midorima, d'un côté il se dit que tu te moquais surement de lui et de l'autre, même si il le cache, il s'inquiète d'avoir pu heurter tes sentiments.

Kise le fixa un moment avant d'admettre :

-Ouais c'est vrai. Je me sens stupide du coup.

-Une fois de plus ! »

Kise lui tira la langue et Takao lui jeta un coussin au visage.

« Mais attend t'es retourné voir Aomine récemment ? Alors que tu n'arrêtes pas de me bassiner avec ton capitaine d'équipe ? Réalisa Takao en ouvrant un sachet de pâtes instantanées.

-O...Oui.

-Mais pourquoi ?

-Je sais pas trop. Me changer les idées ? Et puis j'aime bien Aomine aussi. » essaya-t-il de se défendre même si, comme à son habitude, Takao semblait bien plus amusé que moralisateur. Pour lui, le grand blond était une source inépuisable de distraction.

« Et pourquoi pas moi ?

Kise le regarda bien en face. Ah tiens, oui pourquoi ? Il était étonnement toujours là pour lui et débordant d'enthousiasme. Alors qu'est ce que cette dernière question pouvait vouloir dire au juste ? Était-ce un moyen de lui faire comprendre qu'il pouvait tenter quelque chose ? Le visage de son vis-à-vis était comme souvent indéchiffrable; ses yeux pétillaient et il se mordillait la lèvre. Mais par désir ou par malice ? Cette question épineuse l'embarrassait car il n'avait jamais envisagé le faucon comme plus qu'un ami. Il était mignon pourtant. Instinctivement Kise se pencha vers lui et... prit un coup de cuillère en bois.

-La bonne réponse était « on est juste amis » ! Arrête d'essayer d'attraper tout ce qui passe à ta portée ! » s'esclaffa-t-il pendant que sa victime frottait le point de choc avec une grimace.

« Tu as compris la leçon du jour ?

-Me méfier de toi ?

-Non, non, tu ne peux te soustraire à mon emprise ! » déclama-t-il théâtralement.

« Non, ce que tu dois retenir c'est qu'il faut que tu arrêtes de voir des signes partout ! Sinon tu vas croire que tout le monde est amoureux de toi !

-C'est peut-être le cas.

-Même ! Arrête de sauter sur la moindre occasion comme si c'était la dernière et prend le temps de te demander si c'est une bonne idée !

Kise haussa un sourcil sceptique. Ce n'était que du blabla. Pour lui, toutes les occasions étaient bonnes à prendre. Quant à savoir si c'était une bonne idée, cela ne pouvait se faire qu'à posteriori. Sinon un doute pernicieux subsistait et les regrets finissaient par être de la partie. Takao, voyant son invité se plonger dans un silence accompagné de sourcils froncés, décida de le recentrer dans l'action avec une taquinerie toute trouvée :

-Tu m'aurais embrassé ?

-Tu ne le sauras pas. »

Le mannequin était un peu vexé et il attrapa une boîte posée sur le plan de travail pour en lire l'étiquette avec un air concentré. Takao gloussa et n'insista pas. Aujourd'hui il avait tout son temps pour torturer Kise; en effet il avait eu l'excellente idée de l'inviter à passer toute la soirée chez lui, profitant du fait qu'il avait la maison pour lui. Pour le moment, ils allèrent s'installer avec leur repas devant une comédie stupide.

...

Le maître des lieux s'installa confortablement dans son lit puis se tourna vers Kise, installé juste à côté sur un matelas d'appoint, et lui lança une ultime pique :

« Ça va, tu vas pouvoir te retenir de me sauter dessus pendant la nuit ?

L'accusé faillit s'étouffer d'indignation.

-Tu n'attends que ça !

-Allez avoue.

-Ha ha de quoi tu parles ? C'est toi qui me drague ! Et qui essaie de me détourner des autres garçons !

-Tu te fais des idées ! » affirma le brun avant de sournoisement, du bout du pied, lui caresser la cuisse, en remontant du genou jusqu'à la hanche.

Kise lui attrapa vivement la cheville pour l'attirer plus près, le faire tomber à ses côté, et dans un second temps pivota pour se retrouver stratégiquement au dessus et entre les jambes de son assaillant, les mains de part et d'autre de sa tête.

« Tu vas prendre tellement cher... » susurra-t-il, faussement prédateur. Sa proie lui répondit par un sourire bien plus provocateur qu'effrayé, ne faisant pas le moindre mouvement de riposte.

« Ah oui ? » demanda-t-il d'une voix charmeuse, posant une main sur le bras de son ami, sans toutefois amorcer un mouvement de caresse.

Malgré l'ambiance sexy, Kise se retenait de s'allonger pleinement sur son vis-à-vis; les quelques centimètres d'air qui séparaient encore leurs deux corps formaient une limite à ne pas franchir. Ou plutôt à ne pas être le premier à franchir. Il était toujours légèrement vexé quand Takao le taquinait et cette fois, il ne voulait pas être celui qui perdrait le contrôle. Par ailleurs, si jamais de fil en aiguille ils devaient coucher ensemble, il devait admettre qu'il n'était pas contre, mais peut-être plus par curiosité, pour voir ce que ça donnait, qu'autre chose.

Ils étaient si proches que leurs souffles s'entremêlaient. Kise se pencha vers son hôte comme pour lui chuchoter quelque chose mais n'émit aucun syllabe, laissant seulement sa respiration chatouiller l'oreille et ses lèvres effleurer sans toucher distinctement la peau. L'autre s'arqua légèrement sous lui et lui enserra les hanches entre ses genoux. Le mannequin en profita pour riposter par un ondoiement de bassin sensuel qui se propagea vraisemblablement à son rival, qui ne put retenir un mouvement similaire. Ils se frôlèrent, ce qui ravit Kise, à présent certain d'avoir la possibilité de piéger Takao à son propre jeu.

Sa main allait glisser jusqu'en dessous du niveau de la ceinture pour déterminer sans équivoque l'effet qu'il pouvait produire chez son ambigu ami, mais quelque chose le retint d'achever son mouvement. Et soudain ils se retrouvèrent comme deux idiots, l'un sur l'autre, à retenir leur souffles, se demandant si l'autre allait enfin finir par commettre quelque chose d'irrémédiable. Voyant les minutes s'égrainer, la situation commença à devenir franchement ridicule et ils ne purent se retenir de pouffer de concert. Kise s'écarta et se laissa retomber à sa place initiale. Il leur fallut un petit moment avant de retrouver complètement leur souffle.

« Aaah c'était n'importe quoi !

-Oui ! Et c'est toi qui a commencé ! Tu ne peux pas le nier cette fois ! Intervint le prodige de la copie.

-Bon ok, c'est moi ! Mais c'était drôle, non ?

-Euh... Ouais. Plutôt ! » finit-il par admettre. « Mais arrête de me tester !

-Rooh ! Vois ça comme une preuve d'intérêt !

-Ha ha alors toi aussi tu te demande comment ce serait de coucher ensemble ?

-Comment ça 'toi aussi' ? Tu viens de te trahir on dirait !

-Mais eeeeeuuuuh.

-Obsédé !

-T'es en train d'essayer de détourner l'attention là !

-Pas du tout !

Le plus grand bondit à nouveau sur l'autre, et malgré un mouvement pour lui échapper, il parvient à lui attraper les poignets pour lui coincer au dessus de la tête et s'assit sur lui.

-Maintenant avoue !

-... Avouer quoi déjà ?

-Tu as déjà pensé à coucher avec moi !

-Je me dis juste que tu ne dois pas être un mauvais partenaire.

Kise ne put retenir un petit sourire flatté.

-Tu veux un avant-goût ? Proposa-t-il malicieusement, mimant un baiser avec ses lèvres.

-Olala mais que signifiera vraiment ce baiser ? Est-ce l'amour, le vrai ? Le singea Takao.

-Hey ! C'est méchant !

Il relâcha sa prise afin de pouvoir lui administrer une tape sur le torse pour appuyer la réprimande et croisa ensuite les bras en une attitude boudeuse sans pour autant se lever de son interlocuteur, qui finit par lui demander quand-est ce qu'il comptait bouger de là. Le mannequin conserva la pose et le silence, piqué au vif. Takao émit un petit rire.

-Le prend pas comme ça !

Se redressant du mieux qu'il le pouvait étant donné le poids installé sur ses hanches, il attrapa vivement le sujet de sa moquerie par la nuque et lui plaqua un sobre baiser sur les lèvres. Le contact ne dura qu'une ou deux secondes mais c'était chaud, légèrement humide et surtout électrisant.

Il se laissa ensuite retomber sur son oreiller, plutôt satisfait de son effet de surprise. Jusqu'à ce que sa victime le surprenne également :

-Fu fu fu exactement ce que j'attendais de toi !

-... Quoi ?

-Tout se passe selon mes plans ! Prétendit l'élève de Kaijo.

-Ha ha n'importe quoi, tu n'es pas assez malin pour être calculateur ! »

Kise gémit sous la nouvelle insulte, même si ce n'était pas complètement faux. Ils continuèrent à se chamailler et raconter n'importe quoi jusqu'à tomber de sommeil.

...

Le lendemain, l'équipe de basket de Kaijo avait un match amical à domicile de prévu et Kise avait hésité à se faire porter pâle car il n'était pas vraiment reposé au vu de sa soirée passée en charmante mais épuisante compagnie. Il joua moyennement bien mais, n'étant pas le seul bon élément, quoique le plus remarquable, leur équipe l'emporta.

Il quitta le terrain agacé d'avoir mal joué. En plus Kasamatsu avait reprit l'habitude de lui reprocher ses faux pas pendant les matchs et ce jour là, il ne savait plus trop si il se réjouissait de voir les choses revenir à la normale ou si cela l'insupportait. Ça ou peut-être le fait qu'il ne comprenait pas pourquoi il continuait d'être attaché à ce sinistre personnage alors que, si seulement ils avaient réellement été attirés l'un par l'autre, il aurait pu avoir une relation vraiment cool avec Takao.

Il se passa la main dans les cheveux avec une classe naturelle, faisant briller les yeux des quelques admiratrices venues l'observer, et jeta un œil aux alentours pour voir ce que faisaient les autres joueurs et si il pouvait aller se changer et partir d'ici.

Kasamatsu se dirigeait justement vers lui mais il n'était pas très sûr d'avoir envie de l'écouter, surtout si il s'agissait de lui faire un nouveau topo sa performance du jour. Il songea même une seconde à l'éviter sous un prétexte bidon. Malgré tout, finalement, dès qu'il se montrait un peu gentil avec lui, ses précédentes réflexions se trouvaient reléguées dans les tout derniers tiroirs de ses préoccupations. Irrémédiable. Or étrangement, ce jour là, le capitaine de l'équipe semblait décidé à lui faire la conversation. Ce qui interpella le plus Kise fut la banalité absolue de celle-ci, couplée au dévouement de son interlocuteur à la poursuivre.

Une fois dehors et éloignés du reste de l'équipe et des groupies, elle prit un tour plus intéressant aux oreilles du mannequin :

« Sinon... Samedi prochain j'ai la maison pour moi. J'ai proposé à Moriyama mais il préfère aller à un rendez-vous organisé à plusieurs. Comme tous les week-ends. » grinça-t-il. « Du coup si tu veux venir traîner. Je pensais qu'on pouvait faire un marathon de séries ou un truc du genre... »

Pensant reconnaître là un subtil stratagème de drague, Kise allait accepter avec enthousiasme mais se souvenant qu'il avait déjà accepté autre chose pour le même samedi, il resta bouche bée, cherchant rapidement une réponse qui résoudrait ce dilemme. Dilemme qui se devait d'arriver, mais qui le prenait tout de même de court : Aomine VS Kasamatsu. Ce dernier n'apprécia que très moyennement le silence de son kouhai et demanda avec sa rudesse habituelle :

« C'est tout l'effet que ça te fait ? Tu fais la tronche ou quoi ?

-N... N...Non. » bredouilla l'interpellé, « Je me demandais juste si je n'avais pas quelque chose de prévu.

-Alors ?

L'aîné s'était écarté de lui et jetait une coup d'oeil en arrière, comme si il songeait à le planter là sans plus attendre de réponse. Il allait reprendre la parole et le blond, craignant qu'il ne retire sa proposition pour ne pas la réitérer, le devança :

-C'est bon, c'est bon ! Je suis libre normalement ! »

Il conclut par un large sourire et des bras levés en V. Kasamatsu lui, arborait plutôt une expression étrange, comme un mauvais goût dans la bouche mais finit par se fendre d'un semblant sourire. Puis le somma d'être moins bruyant pour ne pas perdre les bonnes habitudes, le coup de poing dans l'épaule c'était cadeau.

De retour chez lui, Kise ne tenait pas en place, subitement plein d'énergie et incapable de penser à autre chose que le week-end à venir et ses deux potentiels rencards.

Si jamais il devait passer la soirée en tête à tête avec son coéquipier, il se devait de prendre quelques bonnes résolutions. À bien y réfléchir, il avait été trop entreprenant dans leur précédente relation et cela avait dû effrayer son petit ami, qui s'était moins fait que lui à l'idée de tripoter un autre garçon. Il se promit donc de ne pas poser le moindre doigt sur Kasamatsu ce soir là même si ils se remettaient ensemble ou quelque chose du genre. Sauf si l'autre le suppliait de le faire, bien sûr.

En attendant, il devait surtout déterminer comment gérer le double engagement. Ça ne l'inquiétait pas encore; après tout, il pouvait s'en passer des choses en une semaine !