Salut ! Ce chapitre fait une sorte de pause dans l'intrigue principale et je me suis dépêchée de le terminer aujourd'hui 1er mars pour une occasion spéciale (fu fu fu), j'espère que vous le trouverez agréable malgré tout ! Merci pour vos encouragements ! :)
« C'est encore Kise ? » Lui demanda l'as du tir avec quelque chose comme de la hargne mal contenue dans la voix.
Takao releva les yeux de l'écran de son portable, hésitant sur la bonne réponse à donner.
À la base, de part son tempérament moqueur et taquin, il avait été intérieurement ravi que son coéquipier finisse par remarquer sa correspondance avec l'expansif mannequin. Ayant promit à Kise de faire comme si il ignorait le baiser entre eux, il ne lui restait aucune raison de répondre à ses messages en cachette du garçon aux cheveux verts. C'était un vrai plaisir d'insister en jouant celui qui ne savait rien.
Cependant, rapidement, il avait trouvé les réactions de son camarade étranges; il se voulait détaché mais se montrait bien trop suspicieux. Et un jour une hypothèse avait germé dans l'esprit du faucon : Midorima semblait être vexé que son « prétendant » soit passé à quelqu'un d'autre après qu'il l'ait repoussé. Sans qu'il ne puisse l'expliquer, sa gorge s'était nouée à cette idée et même avec toute l'affection qu'il pouvait lui porter, il en avait un peu voulu à Kise d'avoir perturbé son tsundere à lunettes. Le copieur n'était pas un garçon pour Midorima, il devait l'en détourner.
Sans le vouloir, ce dernier lui avait ensuite lui-même fournit un moyen de le décourager en se faisant clairement des films sur la relation qu'entretenaient le brun et le blond. Le passeur avait entretenu l'illusion en ne manquant jamais une occasion de plaisanter sur à quel point lui et Kise pouvaient être proches. Et pour quelqu'un qui n'éprouvait soi-disant rien pour le mannequin, le garçon aux cheveux verts réagissait encore beaucoup trop à la simple mention de son nom.
Plus il y pensait, plus l'absurde hypothèse que Midorima était jaloux de l'attention que lui portait Kise, devenait plausible et expliquait ses comportements. Mais évidemment avec son caractère de tsundere il aurait préféré mourir que de l'admettre.
…
Si Kise avait bien permit à Midorima de réaliser une chose, c'était qu'après tout, rien n'empêchait deux garçons de s'embrasser; tous les êtres humains possédaient une bouche et c'était le seul prérequis. À partir de là, il avait porté un regard différent sur ses proches et notamment sur son plus proche camarade. Que faisait-il de sa bouche ? Sa nouvelle amitié avec ce dévergondé de Kise lui laissait craindre le pire.
Il ne parvenait à se l'expliquer mais ce point ne cessait de le turlupiner. Il fallait dire qu'il n'était pas aidé il ne passait pas une semaine sans que l'existence de son ancien coéquipier ne lui soit rappelée.
Dans l'entrée de la demeure des Takao, sur le meuble qui servait à ranger les paires de chaussures, était posée une écharpe, soigneusement pliée. L'objet en question était d'une couleur que Midorima ne se souvenait pas avoir déjà vue au cou de son coéquipier.
Non, elle devait forcément appartenir à un membre de la famille, il ne fallait pas qu'il commence à devenir parano. Après avoir fini d'ôter ses chaussures, il la souleva cependant, entre l'index et le pouce et aussitôt un parfum qui lui restait particulièrement en tête s'en dégagea. Kise. Qui portait ce parfum depuis qu'il en était devenu l'égérie. Il releva lentement les yeux vers son hôte avec son air le plus froid, en attente d'une explication.
« Quoi ?
-À qui est-ce ?
Il était évident que la question était purement rhétorique.
-Kise l'a oubliée en partant. Après avoir passé une nuit de folie ici bien sûr, insista le plus petit d'un ton à la fois moqueur et suave, cachant son agacement pour le ton accusateur.
-Bien.
Midorima relâcha le tissu et remonta ses lunettes, dissimulant difficilement sa contrariété.
-Tu la voudrais ?
-Ne sois pas ridicule.
-Ben voyons, c'est moi qui est ridicule. »
Il ricana tout en empoignant la bandoulière de son sac et prit la direction de sa chambre, s'attendant à ce que son invité le suive, afin de boucler le devoir qu'ils devaient rendre ensemble. Ce dernier lança un regard peiné à l'étoffe avant de se décider à avancer.
…
Depuis sa conversation avec Kasamatsu et sa double invitation, Kise ne touchait plus terre. Il n'écoutait pas en cours, mangeait à peine, s'endormait tard et concrètement ne se préoccupait de rien d'autre que le week-end à venir. Il n'avait encore annulé aucun de ses deux rendez-vous et n'en avait aucunement l'envie. Il espérait pouvoir concilier les deux en jouant sur les horaires.
Par ailleurs il se sentait de plus en plus d'humeur à coucher jusqu'au bout avec Aomine. Les raisons de le faire s'accumulaient : les hormones, avoir un peu d'expérience avant d'essayer de faire passer quelqu'un comme Kasamatsu à la casserole, le frisson de l'inconnu... Il avait fini par être résolu à ne pas se faire prendre de court et à passer acheter des préservatifs un jour après les cours. Juste au cas où.
Il avait volontairement choisi un supermarché un peu éloigné de son lycée pour éviter de croiser des têtes connues qui ne manqueraient pas de lui demander justification. Contre toute attente, en se rendant à la caisse, c'est Kagami de Seirin qu'il aperçut au bout de la queue, qui tenta curieusement de dissimuler l'un de ses achats avec une boîte de haricots verts. Ce n'est qu'en agitant la main en un joyeux coucou que le blond se souvint de ce que tenait cette même main. La caissière leur adressa un regard désabusé. Ils rougirent et attendirent très sagement leur tour. Kise jeta un œil pour voir ce que le grand gaillard avait tenté de lui cacher. Exactement la même chose que lui apparemment.
« Et que comptes-tu faire de ces haricots verts King size ? » Demanda-t-il avec une subtilité toute relative.
L'élève de Seirin lui adressa un regard blasé pour toute réponse. Étonnamment, après avoir payé, il l'attendit pour partir. Ils quittèrent les lieux ensemble et Kagami lui proposa d'aller se poser chez lui, il n'habitait pas très loin de là, pour discuter un peu, ce que le mannequin accepta avec enthousiasme. Il avait appris à apprécier et respecter le garçon aux cheveux rouges au cours de leurs matchs acharnés.
Une fois attablé avec un verre de soda, Kise ne traîna pas pour mettre les pieds dans le plat avec entrain :
« Alors, tu as une copine ?
-Euh... ouais si l'on veut. Et toi ?
-Pareil... une sorte de copine...
-... Le genre qui n'a pas de seins mais du poil sur le torse ? Finit-il par demander.
-C'est possible. Tu sais de quoi de je parle ?
-Possible.
Ils glissèrent un regard par en dessous l'un à l'autre. Kagami reprit la parole :
-Ok. Je ne te demande pas à qui tu destines ton... amour, et tu ne me demandes pas non plus, d'accord ?
Ils essayèrent de parler d'autre chose mais sans succès. Ils crevaient tous les deux d'envie de demander à l'autre si il avait plus d'expérience que lui-même et si c'était le cas, de lui dispenser quelques conseils.
-Et ça fait longtemps avec ta... ton... bon ami ? Tenta Kise.
-Non c'est tout récent, et toi ?
-Assez récent aussi. Donc là c'est la première fois que vous envisagez de coucher ensemble ?
Tiens ce n'était pas si difficile que ça à dire. Mais Kagami semblait trouver la question trop personnelle et se passait nerveusement la main dans les cheveux. Le mannequin essaya de débloquer la situation :
-Parce qu'en fait c'est mon cas et je me disais que... que ça aurait été cool d'en discuter avec quelqu'un avant.
Son interlocuteur sembla se détendre légèrement.
-Oh, je vois. Mais à vrai dire, c'est aussi plutôt nouveau pour moi.
-...
-...
-On fait une recherche ?
-Ça marche.
Ils s'installèrent dans le canapé avec l'ordinateur portable de Kagami. Celui-ci ouvrit une fenêtre de navigation et tapa dans la barre du moteur de recherche « conseils sexe », hésita un peu, rechercha le soutien de son complice et tapa enfin avec un doigt mal assuré « anal ».
Ils lurent quelques articles dans un silence religieux puis Kise brisa le silence.
-J'y pense, c'est chiant à enfiler un préservatif ?
-Moi qui croyait que tu t'étais déjà fait plein de filles !
-Non, parce qu'elles ne m'aimaient pas pour ma beauté intérieure, déclama le blond. Et en fait je ne suis pas sortie avec beaucoup de filles, celles qui me font des déclarations sont généralement des fans et je trouve ça un peu glauque et déplacé de sortir avec elles.
-Je vois.
-Et toi ? Pas de filles aux USA ?
-En fait c'est pas un pays de libertins comme les gens se l'imaginent ! Et je t'avoue qu'à part le basket, je ne m'intéressais pas à grand chose. Mais je crois pas que ce soit très sorcier.
-On teste quand même avant ? Banane ?
-C'est assez courbe et anguleux une banane quand même. Il vaudrait mieux des courgettes ou des concombres.
-Et le lubrifiant a l'air d'être un indispensable, remarqua Kise en fronçant les sourcils.
-Ouais...
-On... Retourne faire quelques courses ?
-Ouais. Vite avant que ça ferme. »
Ils bondirent sur leur manteaux, enfilèrent leurs baskets à la va-vite et coururent dans les escaliers. Une fois devant les portes automatiques, ils apprirent qu'ils avaient encore une bonne heure devant eux et soufflèrent un peu en se dirigeant vers le rayon des fruits et légumes.
Kise n'avait pas vraiment l'habitude de cuisiner, et encore moins des légumes. Tripotant une courgette il s'exclama :
« Hey mais c'est tout râpeux ça !
Kagami le regarda comme si il avait affaire à un enfant, l'air presque attendri.
-C'est pas ce qui nous importe je crois.
-Mais si, je la veux soyeuse !
Le regard se fit plus consterné et ils misèrent plutôt sur les concombres. Ils choisirent l'un et l'autre très soigneusement la taille en se surveillant du coin de l'oeil.
-Du lubrifiant. Il nous faut du lubrifiant, chuchota ensuite Kise avec la tête de quelqu'un qui prépare un mauvais coup.
-Pour le concombre, je préfère le préparer avec de la crème. »
Ils se regardèrent sans ciller pendant quelques secondes avant d'éclater de rire.
...
Après avoir enfilé ensemble des préservatifs sur des légumes, un certain climat de confiance s'était installé entre les deux adolescents et ils parlaient plus librement de leurs inquiétudes, aussi Kagami tout en rinçant les malheureux concombres cobayes se lança :
« Tu ne t'es jamais inquiété de savoir si tu embrassais bien ou mal ?
-Pas vraiment. Tu n'as jamais embrassé quelqu'un ?
-Bah si, mais la personne n'ose en général pas te le dire si c'est nul.
-C'est pas faux.
Ils restèrent silencieux quelques secondes et l'hôte vint se rasseoir avant que le mannequin ne reprenne avec bonne humeur :
-Tu sais... Toi et moi, on n'a aucune raison de se ménager, si ça peut te rendre service !
Kagami haussa un sourcil surpris par le dévouement de son rival.
-Tu veux dire...
-Mais oui ! Juste un baiser, c'est pas grand chose !
Il entendit dans sa tête, Takao rire à l'ironie de ces propos. Kagami était hésitant mais visiblement tenté. Kise se dit qu'il était vraiment du genre à faire tout son possible pour être agréable à la personne qu'il aimait et trouva ça adorable. Il se rapprocha, lui adressa un sourire rassurant et, voyant qu'il ne se reculait pas, posa la main sur son épaule et rapprocha leurs visages.
Après un dernier temps d'hésitation, leurs lèvres se frôlèrent. Ils prirent une dernière inspiration et elles se touchèrent de façon plus prononcée, glissant l'une sur l'autre, se happant et se caressant, leurs bouches s'entrouvrirent dans le but de rendre les choses plus langoureuses. Après quelques minutes de pratique, Kagami rompit l'échange.
-Alors c'était... ?
-Pas mal ! Juste quelques points à améliorer !
-Ok je t'écoute. » capitula le dunker en faisant son possible pour ne pas se sentir vexé.
…
C'était vendredi au lycée Shuutoku, il y avait entraînement de basket en fin d'après-midi. Un groupe de garçons avait particulièrement hâte de le voir se terminer, apparemment ils avaient prévu de sortir au fast-food et karaoké avec un groupe de filles d'un autre lycée. Ayant entendu Takao décliner la proposition, Midorima lui jeta un regard en biais avant d'empoigner un ballon pour s'échauffer.
« Tu n'y vas pas ? Ce genre d'idiotie est pourtant à ton goût.
-Non. En fait, je dois voir Kise.
Pour faire le point avant son samedi à double tranchant. Il envisagea un instant de lui proposer de se joindre à eux mais son interlocuteur le devança.
-Tu devrais vraiment éviter de fréquenter ce semeur de troubles.
Takao eut du mal à se retenir de lever théâtralement les yeux au ciel. Combien de temps encore allait-il continuer à se mentir ?
-Et ça continue encore et encore ! Il est sympa tu sais. Il t'a embrassé, d'accord, d'accord ! Tu vas t'en remettre oui ?
-Ce n'est pas ça !
-C'est quoi alors ? »
Si il le savait ! Il détourna la tête après un regard savamment dédaigneux. Il dribbla un peu avec le ballon dans l'idée de passer à autre chose mais une seconde plus tard, il faisait volte-face :
« Tu savais qu'il m'avait embrassé ?
Le ton était plus désagréable que jamais. Takao déglutit avec un air coupable. Oups. Il répondit prudemment.
-Possible. En tout cas tu viens de me le confirmer.
Le shooter ne sut pas quoi répondre à ça et cela l'énerva encore plus. Sans réfléchir, perdant son habituel sang-froid, il lança rageusement le ballon qu'il tenait dans les mains en direction de son coéquipier. De la tête de son coéquipier plus précisément. Takao n'eut que le temps de lever son bras devant son visage et reçu le projectile de plein fouet.
-Non mais tu es malade ?! Hurla-t-il, la douleur irradiant violemment dans tout son bras.
-C'est ta faute ! » Lui hurla-t-on en retour.
Après ça d'autres joueurs intervinrent et coupèrent court à leur querelle, les empêchant involontairement de crever complètement l'abcès. Ils firent comme si de rien n'était pendant l'heure qui restait même si la tension entre eux était palpable.
…
Comme à son habitude Midorima resta après l'entraînement, afin de s'exercer inlassablement aux tirs. Mais contrairement à l'habitude, Takao ne resta pas avec lui; il lui en voulait. Cependant, il n'était pas arrivé au bout de la première rue qu'il décida de ne pas accepter que les choses en restent là et fit demi-tour, pour retraverser la cour d'un pas vif. À mesure que le gymnase se dressait devant lui, son pas se fit moins assuré. Il renâcla un moment devant la porte avant de trouver le courage d'entrer avec la ferme intention d'en découdre. Il en avait marre de ce jeu de dupes, il voulait être fixé.
L'as de l'équipe détourna un bref instant le regard du panier en entendant la porte se refermer dans un claquement.
« Qu'est ce que tu fais encore là ? Je te croyais parti.
-Je voulais que tu me fasses d'autres bleus, répondit-il en levant le bras qui arborait l'empreinte violacée du ballon qu'il s'était prit plus tôt. Son interlocuteur ne le regarda même pas.
-Tu veux des excuses ? Demanda-t-il en ajustant sa position de tir.
-Éventuellement, mais je sais bien que c'est au-delà de tes moyens.
Il attrapa à son tour un ballon et dribbla lentement. Midorma soupira, irrité.
-Parle au lieu de me faire perdre mon temps.
-Je suis venu parce qu'il faut que quelqu'un t'ouvre les yeux.
Il perçut un tressaillement chez son coéquipier qui lui répondit malgré tout qu'il ne voyait pas de quoi il parlait.
-Ah oui ? Insista le plus petit d'un ton narquois, après avoir arrêté les rebonds de son ballon.
L'autre soupira à nouveau pour montrer son agacement croissant et fit rentrer un énième panier.
-Viens-en au fait ou laisse moi m'entraîner en paix.
-Le vrai problème avec Kise c'est que tu as apprécié plus que tu ne veux l'admettre. Il te plaît.
-Quoi ? N'importe quoi ! Où tu as été chercher ça ? Ne t'en fais pas je ne vais pas m'immiscer dans votre petit couple, tu fais bien ce que tu veux avec ce... ce... garçon facile.
-Il ne se passe rien entre Kise et moi.
-C'est pas mon problème.
-Oh que si, parce que tu étais clairement jaloux ! Je suis ni aveugle ni stupide. Mais je préfère te prévenir que tu as intérêt à te bouger si tu le veux parce que la concurrence est rude.
-Tu n'as vraiment rien compris ! J'ai jamais rien attendu de Kise ! Quitte à me faire embrasser par un garçon, j'aurais préféré que ça soit toi ! »
Voilà, c'était jeté. Takao n'en croyait pas ses oreilles; il avait forcément imaginé cette dernière réplique. C'était plus qu'il n'avait jamais imaginé. Il n'y avait aucun moyen que Midorima vienne d'admettre une telle chose. Il papillonna des yeux en cherchant vainement quel mot il avait pu mal comprendre. Le prodige semblait tout à coup vidé de toute énergie. Il était livide. Il s'essuya le front avec le dos de la main, ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, se ravisa et tourna les talons en direction des vestiaires, laissant derrière lui son camarade toujours sonné par ce qu'il venait d'entendre.
…
« Shin-chan ? » appela Takao en pénétrant prudemment dans les vestiaires. Seul le bruit de l'eau provenant des douches lui répondit. N'était-ce pas là l'occasion rêvée de se glisser à ses côtés, se presser contre son corps ruisselant et de l'embrasser en le plaquant contre le carrelage ? Il ne put retenir un sourire carnassier à cette idée. Il s'assit finalement sur un banc, préférant éviter de précipiter les choses et ayant toujours du mal à croire ce qui venait d'arriver.
Ce n'était pas vraiment une déclaration mais il avait envie de le prendre comme tel. De toutes façons, connaissant son camarade, il n'obtiendrait probablement pas mieux.
Midorima sembla légèrement surpris de le trouver là. Et embarrassé. Si bien qu'il l'ignora et acheva de se rhabiller sans avoir décroché le moindre mot. Takao était tout à la fois, amusé, blasé et impatient. Voyant que son ami comptait vraiment partir et rentrer chez lui dans un déni absolu, il intervint :
« Bon ! Et sinon on en parle à un moment ou... ?
Le prodige se tourna enfin vers lui et pour la première fois depuis leur altercation, le regarda dans les yeux. Mais son visage était dénué d'expression et il restait silencieux. Apparemment, si le plus petit voulait une conversation, il devrait la faire tout seul. Il laissa échapper un rire nerveux devant cette situation.
-Je sais pas... Il se passe quelque chose entre nous ? Tu veux qu'on essaie de se mettre ensemble ? ... Moi je veux bien !
L'interrogé rougit légèrement, remonta ses lunettes en détournant la tête pour le cacher. Il haussa vaguement les épaules, l'air de dire « bof ». Il avait beau le connaître et savoir comment il était, Takao avait quand même envie de le secouer et de s'énerver un peu sur lui. C'était si dur que ça de reconnaître qu'il avait des sentiments ?
-Il faut tout faire soi-même ici...
Il se rapprocha lentement jusqu'à entrer dans l'espace personnel du jeune homme qui lui faisait face. Chaque fois qu'il posait le pied par terre, il avait l'impression que son cœur allait finir par bondir hors de sa poitrine.
-Est-ce que tu vas au moins faire l'effort de te pencher un peu, que je puisse t'embrasser ou je dois te grimper dessus ?
L'interpellé obéit, d'une façon un peu raide, mais il le fit et le plus petit, ravi, put enfin passer ses bras autour de son cou et joindre leurs lèvres avec bonheur. Il sentit deux grandes mains se poser timidement dans son dos, lui signifiant, que leur propriétaire était effectivement d'accord qu'il se passe quelque chose entre eux. Ils s'embrassèrent de plus belle dans le silence du gymnase vide. Si ça continuait, il allait être en retard, mais au vu de ce qu'il aurait à lui raconter, Kise pouvait attendre !
