Je suis très impressionné. Je sais que je ne le fais pas assez mais pour vous, lecteur de mes contes, celui (ou celle) qui vient écouter mes paroles, celles d'un jeune fou assoiffé d'aventure et de rêverie, je vous remercie. Je me passionne de ces petits paragraphe de morale, de raison, ou juste d'invention, au début de mes histoire. J'essaye de rendre ça tout aussi intéressant pour vous qu'enrichissant pour moi. Alors, je continuerai de les faire avec passion au début de mes contes. Nous avons parlé de la foi et de l'amour, et maintenant ? La vie d'un paladin en deux aspects, l'un qui le mène vers la Lumière salvatrice, l'autre qui l'attire vers la dépendance, l'euphorie et l'inconscience. À la réflexion, il y a bien quelque chose que le paladin est en devoir de faire. La résignation ? Non, c'est un humain, ne le privez pas de tout. La dévotion ? Et bien, même si la foi veut donner l'idée d'une dévotion sans faille, non. La hardiesse ? C'est déjà fait. Réfléchissez, réfléchissez...

La justice, tout simplement. À mi-chemin entre foi et amour, la justice est le parfait milieu. Ce n'est pas une justice religieuse, brûlant les hérétiques sur le bûcher. Ce n'est pas non plus une justice du coeur, se laissant embrumé par la colère et la compassion. Ici, nous parlons de Justice. Ce que l'Inquisition n'a pas compris, c'est la justice. Le paladin l'apprend, l'inquisiteur l'oublie. C'est si simple que ça. Un paladin se bat pour quelque chose d'équitable, une justice où chacun est libre de ses actes mais en assume les conséquences. L'inquisiteur oeuvre pour une autre sorte de justice. C'est un peu comme un bourreau : on lui dit de tuer parce qu'on a fait une faute mais il n'en a jamais eu la preuve. Alors pourquoi l'inquisition est-elle si crainte ? C'est qu'elle n'a aucune règle en matière de justice. Un paladin sera puni pour un meurtre non jugé, l'inquisiteur en sera récompensé. C'est aussi simple que ça. Alors que faire ? Supprimer l'Inquisition ? Oui et non. La supprimer arrêterai les meurtres, certes, mais si l'on l'arrête, de qui aura-t-on peur ? Des paladins ? Certainement pas ! Il passe bien plus de temps à enquêter qu'à tuer. C'est une porte ouverte à l'anarchie. Et dire au paladins de tuer à vue, c'est en faire des inquisiteurs. Alors si pour créer une justice, il faut créer de l'injustice, soit. La lumière ne serait rien sans son ombre.

À l'âge de vingt-trois ans, Théo avait déjà participé à plus d'une centaine de missions. Il travaillait en solitaire désormais. Sa première mission étant un échec sans nom, il décida de devenir un loup solitaire. Il était devenu en peu de temps l'un des soldats favoris de l'ordre. Mais au fond de lui, il pensait ne jamais pouvoir prendre ce titre. Ces fameuses missions, il ne les respectait pas toutes. Alors qu'il était parti pour tuer sans préavis un nain ayant migré dans une forêt elfique, il en décida autrement. Pourquoi tuer un homme cherchant un toît, une place, une existance ? Il a tout simplement donné son gant au nain. Avec ce gant divin, le nain partit trouver une vieille forge abandonnée de tous dont il connaissait l'existance. Le gant se changea en une dague d'une beauté éclatante. Il la vendit à un homme masqué dans un petit marché. L'étranger lui donna assez pour se racheter du métal. À leur où nous parlons, il est l'un des plus importants forgerons de la région. Bien sûr, les grands chefs de l'Inquisition essayèrent d'empêcher Théo de continuer sa folie justicière mais quelqu'un, quelqu'un de plus puissant que tout les hommes de l'Inquisition le couvra. Bathélémus Eternum, dit Barthélémus le Juste. Ce n'est pas un secret que Théo est le protégé de Barthélémus, tout le monde le sait. Mais aujourd'hui, la mission de Théo ne lui permettra pas de détourner le règlement. Au petit matin, il enfila son armure, prit son épée et fila dans la cour de la cathédrale. Il la traversa sous les regards des autres paladins le saluant au passage. C'était une scène très similaire à ce qu'il connaissait lors de sa jeunesse à l'église au sein des paladins. Tout le monde aimait Théo, c'était un champion, avait la confiance de son maître. Que demandez de plus ? Si, il y avait quelque chose en plus. Quelque chose qui le torturait au fond de lui. Un amour qu'il ne pouvait pas assumer. Agnès. Il l'aimait mais elle le faisait souffrir. C'est la raison pour laquelle il a décidé de partir en solitaire, restant le plus possible en dehors de la cathédrale, ne revenant que poue prendre sa mission suivante. Il ne l'a plus jamais revu depuis leur première mission. Se cache-t-elle ? Est-elle morte ? Si oui, est-ce le chagrin qui l'emporta ? Rien n'est certain. Alors Théo restera seul, sûrement pour le reste de sa vie. Mais, est-ce qu'il souffrait à cette idée ? Non, bien sûr que non.

Il arriva enfin de l'autre côté de la cité, descendant dans les profondeur insondable des remparts. Il entra dans une pièce sombre, seul quelques bougies magiques éclairaient la pièce. Pas la moindre fenêtre. Seul la porte servait de sortie à l'endroit. L'atmosphère puait la mort à pleins nez. C'est bien souvent que le sol ou les murs acceuillaient le sang d'un maccabé. Deux hommes étaient déjà présents. Théo les connaissait. Arthur Sciris, un "enfoiré de première" selon lui, 32 ans, inquisiteur sans scrupule, n'hésitant pas à fracasser quelques crânes et à couper quelques testicules pour le bien d'une mission. L'autre était bien plus admirable aux yeux de Théo. Decker Mecrana, un paladin de bonne foi, un peu corruptible mais il le fait surtout pour sa femme et sa fille, toutes deux des paladines. Il avait quand même la soixantaine le bougre. Malheureusement, ses deux princesses ont été prises en embuscade pendant une vadrouille. Sa femme est amnésique, quant à sa fille... Disons qu'avec sa jambe manquante et sa cicatrice au visage, les hommes sont moins enclin à se retourner sur elle. Théo s'avança dans la pièce, se plaçant à côté de Decker. Ce dernier lui adressa un sourire ravi et se retourna pour faire signe à Arthur que tout est prêt. Arthur quitta la pièce. Quelques minutes plus tard, il jeta sur le sol un sac à patate. Decker se baissa et ouvrit le sac quelque peu remuant. Un nain, l'air apeuré, en sortit. Il était tout tremblant, n'osant même plus parler. C'est très étonnant de la part d'un nain de faire ça. Arthur fit également entrer une chaise qu'il plaça au milieu de la pièce. Il attrapa le nain par la barbe et le jeta contre la chaise. Il faillit basculer en arrière mais il arriva finalement à se rattraper.

- Bon, maintenant le nabot, s'exclama Arthur, dis moi où se trouve ton pote le forgeron. Tu sais très bien ce que l'on peut te faire, et ça en toute légalité.

- Je... Je ne sais pas...

- Hooo... Mauvaise réponse.

Arthur attrapa une dague dans son ceinturon et la planta dans le bras du nain. Il hurla de douleur, se débattant comme un diable.

- Maintenant, tu vas me répondre, tout de suite. Je compte jusqu'à 3. 1... 2...

- Attend, Arthur, interrompit Théo ! Tu n'es pas obligé de le tuer. Laisse le moi deux minutes seul en tête à tête et je te promets que tu sauras où se trouve le forgeron.

- Alors comme ça, Monsieur Je-Sauve-Des-Gens est capable de devenir agressif ? Je te rappelle que c'est de ta faute si on en arrive là ! Si il s'était tiré, on n'en serait pas là !

Théo serra le poing de rage. Il regarda Decker du coin de l'oeil. En le voyant, il hocha la tête. Théo regarda à nouveau Arthur et, en un instant, il lui sauta dessus. Il lui attrapa le crâne avant de l'envoyer contre le mur le plus proche. Le nez d'Arthur s'éclata contre le mur, laissant une trainée de sang pendant sa descente vers le sol. Théo détacha les mains et les jambes du nain avant de le tirer par la main jusqu'à la sortie.

Ils remontèrent quatre à quatre les marches menant à la surface. Dès qu'ils fussent arrivés, ils marchèrent rapidement jusqu'à la plus proche sortie. Théo s'arrêta devant la grande porte en bois. Il sortit de sa poche une dague en argent, ornée de runes et de joyaux. Une étrange inscription disait " la lumière guide l'aveugle mais elle aveugle les lumineux. ". Un étrange message. Théo la donna au nain.

- Si je ne suis pas revenu d'ici cinq minutes, prend la dague et va voir le forgeron. Mène le vers le nord de sa forge, un chauffeur vous attend, il vous mènera à un endroit sûr.

Le nain hocha la tête et se précipita vers la sortie. Théo s'empressa de rejoindre la grande Tour. Il la gravit en un rien de temps. Mais lorsqu'il arriva au sommet, quelque chose le le frappa. La porte n'était pas fermée, ce n'est définitivement pas normal. Théo dégaina son arme, ouvrit la porte et... Ce spectacle restera à jamais dans sa mémoire.