Hello ! Aujourd'hui, un léger moment de détente au QG des G-Men, et une mise en place plus tendue à celui de Blake Health. Le tout avec, quand même, une forte odeur de souffre - ça commence à chauffer sérieusement, comme vous avez pu le constater.
Merci à tous ceux, nombreux et silencieux, qui suivent ma fiction, et merci particulièrement à Lentilles et Le Poussin Fou pour vos commentaires. Un véritable plaisir ! :)
Bonne lecture !
- Bon travail, vous tous.
Etonnée, Ellie releva la tête, penchée sur sa table numérique. McGee, un peu plus loin, l'imita en détournant son attention d'un article de journal. Assise sur un tabouret, Abby, elle, avait déjà un franc sourire aux lèvres.
Ils se tenaient tous les quatre dans la salle secrète, occupés à réunir tous leurs dossiers face à la tempête médiatique finale qui s'annonçait. Leur patron, debout devant l'écran mural central, regardait sans le voir un documentaire sur les gênes mutant.
- Gibbs ? Dit alors la jeune blonde, intriguée.
- On les aura. Précisa alors l'ex marine.
- Oui, c'est sûr. Mais merci de nous remercier à l'avance, ça ne peut que booster notre travail. Confirma Abby.
- Surtout maintenant que je suis là pour vous aider à nouveau, en chair et en os. Fit une voix.
Les quatre têtes se retournèrent d'un même mouvement vers l'entrée de la salle secrète. Kate descendait les marches en souriant, portant un vieux pull du NCIS.
- Kate !
Son équipière s'avança vers elle d'un pas vif et se retint de ne pas lui sauter dans les bras, se contentant de la serrer contre elle quelques secondes.
Elle fut rapidement rejointe par Abby, puis Tim offrit à son tour une accolade à la nouvelle arrivée, sous le regard bienveillant de l'homme de glace.
- Ca va ? Tout va bien ? S'enquit Abby en tenant Kate à bout de bras, l'observant sous toutes les coutures.
- Oui, oui, ça va, rit cette dernière. Mais, vous savez, ce n'est que le début de la fin.
- Tu parles comme Tony. On jurerait que tu vas sortir une réplique de film. Se moqua Tim.
Ils échangèrent un rire, puis la jeune brune reprit un visage sérieux en s'approchant de son patron.
- Gibbs, ils ont toujours Ziva.
- Non. Fit une autre voix.
Kate fit un bond et tourna la tête. D'une petite porte cachée, menant aux douches nouvellement installées, venait de sortir une énième personne, une serviette dans les cheveux.
- Ziva ?!
L'agent la fixa quelques secondes, abasourdie, tentant de joindre les deux bouts. Il lui manquait décidément une partie du puzzle. A l'hôpital, Tony lui avait pourtant bien certifiée que l'israélienne était à nouveau dans les labos des Blake …
- Mais tu … Commença Kate sans savoir par où attaquer.
Ziva eut un léger rire.
- J'y suis bien retournée, après l'hôpital. Ils m'ont « testée » pendant quelques temps puis, il y a eu une certaine … effernessence ? Heu, eff- … effervemence ?
- Effervescence. La reprit obligeamment Ellie.
- Oui. Les Blake ont attrapé l'un des scientifiques qui m'observait, ils n'avaient pas l'air de lui vouloir du bien. Puis, quelques temps après, l'un de leurs hommes de main est venu me chercher dans ma cellule et m'a remontée. Et Louisa Blake m'a rendue à un groupe d'anti-LAM qui campait devant les portes de Blake Health. Gibbs est venu me chercher, je suis arrivée il y a une trentaine de minutes.
- Et … ça va ?
L'israélienne haussa les épaules. Ses traits étaient tirés et plusieurs hématomes visibles sur ses bras.
- Ca va très bien.
Kate opina doucement, assimilant ces nouvelles informations.
- Ils ont eu peur que la police ne vienne à ta recherche, j'imagine.
- Oui. Dit alors Ellie. Il n'y a pas encore de preuves irréfutables pour les autres tests et les lobotomies qui ont été effectuées, alors l'accent a été mis sur elle.
Kate pinça les lèvres. Elle et Ziva étaient les seules à avoir été réellement sur place. Et, de ce qu'elle pouvait voir dans les iris de l'israélienne, elle n'était pas la seule à être encore sous le choc de ce qu'elle avait pu y voir. Et encore, en comparaison, elle n'avait pas vu grand-chose.
- Qu'est-ce qu'il se passe, en bas ? Lui demanda-t-elle.
Ziva mis quelques secondes à répondre, hésitant sur la façon de formuler les choses. Elle ôta la serviette de ses cheveux et fit quelques pas dans la pièce.
- Ils … étaient en train de choisir les plus beaux « spécimens » qu'ils pourraient montrer. Mais de ce que je sais, vos actions ont chamboulé leurs plans. Ils ont arrêté les opérations sur les mutants et vont probablement se contenter de ce qu'ils ont.
- Ils ont déjà de quoi faire, j'imagine, commenta Kate d'un ton lugubre.
Une ombre passa sur le visage de Ziva et cela suffit à la conforter dans cette idée.
- Tony et Ducky ? Dit alors Kate en se retournant vers Gibbs.
- Ils sont tous les deux à Blake Health. Répondit l'ex marine.
- Et nous ? Qu'est-ce qu'on fait ?
- Une petite démo. Dit alors Abby en s'avançant d'un pas, les mains jointes devant elle, un sourire fermement ancré au visage.
- Une démo ?
- Huhum. Et tu tombes bien, je vais avoir besoin de deux gardes du corps / témoins / porte-parole. Insista la jeune gothique en regardant tour à tour Kate et Ellie.
- Ziva, tu- Commença alors Gibbs.
Mais la jeune femme le coupa d'une main levée.
- Viens avec vous. Pas négociable. Annonça-t-elle.
Gibbs plissa légèrement les yeux et l'observa quelques secondes, avant de désigner la porte de la salle.
- Seulement si tu vas dormir. Maintenant. J'appelle Palmer pour qu'il t'ausculte.
- Mais je vais bien !
- Pas négociable. Reprit alors Gibbs en lui lançant un regard lourd de sens.
La brune souffla pour la forme puis se dirigea vers ladite porte d'un pas athlétique, bien décidée à montrer qu'elle n'était pas du genre à se laisser abattre par l'épuisement.
- Bien. Maintenant, Gibbs, Tim, hop, salle d'entraînement ! Fit alors Abby.
- Comment vas-tu faire pour entraîner Tony et Ducky ? Lui demanda Ellie tandis qu'ils prenaient tous la direction de ladite salle, une autre pièce des archives réaménagée.
- Ducky ne veut pas que l'on sache pour son pouvoir. Ça pourrait créer … des tensions, avec les prochaines personnes qu'il croisera. Ce n'est pas un pouvoir que tu aimerais voir chez n'importe qui, tu vois. Savoir qu'il peut connaître tes pensées les plus folles et les plus profondes en un regard …
Ellie plissa les yeux et sembla prendre cette déclaration en considération.
- Mh, oui, oui, je vois assez bien oui. Imagine si Tony avait ce pouvoir.
- Oh mon dieu ne dit pas des choses comme ça Ellie. La reprit Kate en mimant un long frisson d'horreur qui les fit rire.
- Concernant Tony d'ailleurs, son entraînement n'est pas vraiment … finalisé. Nous aviserons. Mais je pense qu'il serait mieux qu'on le présente seulement comme notre taupe, non ?
ooo
- Brooke, tu dois me croire. Rappelle-moi.
Tony reposa son téléphone dans sa poche avec un soupir.
Il brisait nombre de règles élémentaires du travail sous-couvertures en laissant à sa compagne cet énième message vocal, planqué dans les toilettes pour hommes de Blake Health, mais il s'en fichait royalement.
Tout allait se terminer dans les prochains jours, voir les prochaines heures, et de toute façon tout le monde au sein de l'entreprise était suffisamment préoccupé par les évènements actuels pour se soucier de tracer son portable ou de chronométrer son temps aux toilettes.
En plus Tony avait ressenti ce besoin urgent de dire la vérité à Brooke, le plus vite possible. Il avait vu son visage dévasté quand il avait été obligé de lui déblatérer ces mensonges pour sauver la mise. Il n'avait pas eu le choix. Pas devant Morris, pas sans savoir ce qu'il allait advenir de Ziva, ou de Ducky, ou même de Kate.
Et puis, il l'avait également protégée en lui mentant, d'une certaine façon.
Cependant, la jeune femme ne l'avait vraisemblablement pas compris ainsi, et avait coupé son téléphone.
L'agent soupira. Il était désormais en binôme avec Ducky pour semer le plus de chaos possible avant la grande annonce des Blake, le lendemain matin. Dehors, les antis et les pros LAM ne cessaient de se battre, et la situation menaçait de dégénérer. Il fallait mettre les choses au clair, vite et bien.
Il savait que sa propre équipe, les Gibbs-Men, allaient agir à la même heure, le lendemain.
Mais il savait également que les Blake allaient être de féroces compétiteurs et n'allaient pas se laisser faire sans réagir. Sachant qu'ils avaient également très probablement de quoi faire de sacrés démonstrations.
L'italien poussa la porte des toilettes et sortit d'un pas vif dans le couloir, remettant sa cravate en place d'un geste assuré.
Lui aussi était un pro des démonstrations. Il n'allait pas se priver pour offrir un beau spectacle à ses amis de la compagnie pharmaceutique.
Il rejoignit donc l'étage de la cellule de crise où se trouvait la salle de réunion principale, où les Blake avaient réunis leurs principaux hommes de main et quelques scientifiques pour un briefing en ordre et un plan d'attaque détaillé. Il posa sa main sur la poignée et, avant d'entrer, ouvrit son micro.
A quelques kilomètres de là, désormais, un certain geek informaticien récupérait toutes ces données sur son ordinateur.
- Bonsoir. Déclara l'italien en refermant le battant derrière lui. Désolé, une urgence.
Il s'installa sur un siège libre et fit racler les pieds en s'avançant, mettant dans ce geste toute sa bonne humeur habituelle, avant de se tourner vers ses hôtes.
Dans la salle régnait un silence religieux. En bout de table, Louisa s'était assise, et à ses côtés Tom Blake se tenait debout, les mains serrées en poings et posées sur la table de chêne. Ils paraissaient n'attendre que lui pour commencer. Tom fit encore planer le silence et le suspens quelques secondes avant de se lancer.
- Bien. Vous savez pourquoi vous êtes là. Commença-t-il. Maintenant, il est temps de parler d'un plan d'action.
Sur ces mots, Tom se retourna vers un tableau mobile, placé juste derrière lui. Il le fit tourner d'un mouvement afin de montrer à tous son verso, sur lequel plusieurs photos étaient accrochées ainsi que divers autres informations.
- Voilà nos spécimens. Ceux que vous avez déclarés aptes, reprit Tom Blake en désignant d'un geste de la main la droite de la table, où étaient assis les scientifiques ainsi que Tony.
L'agent en profita pour leur jeter un œil. Ils étaient cinq, quatre hommes et une femme. En face, il y avait Morris, ainsi que deux autres hommes qu'il avait déjà vu précédemment : il savait que l'un d'eux était également un politicien engagé. Au bout de la rangée, il y avait la comptable des Blake, ainsi que leur avocat, et la rédactrice en chef du journal de la LAM.
Deux attachés de presse liés à la cause ainsi que le metteur en scène, eux, se trouvaient debout dans le fond de la salle, prenant des notes.
Un petit comité. Tony fut satisfait de voir qu'il avait suffisamment fait ses preuves pour être admis dans la « cour des grands ».
- La réunion de demain fait salle comble. Commença Tom Blake. Une armée de policier entourera les lieux. Même s'il va sans dire qu'il y aura très certainement des personnes hostiles à notre cause, nous serons dans un lieu relativement sécurisé.
L'homme prit une profonde inspiration, puis se tourna à nouveau vers le tableau, qu'il désigna d'un geste.
- Après mon discours, il s'agira de faire monter sur scène ces quatre spécimens, et-
- Quatre ? Tiqua Tony.
Tom Blake ainsi que toutes les autres personnes tournèrent leur visage dans sa direction, avec des expressions plus ou moins agacées par cette interruption. Tony ne s'en soucia guère : de toute façon, il n'avait plus rien à prouver. Cette mascarade allait bientôt voler en éclat, et puis, il se sentait suffisamment à son aise ici pour être sûr que ses remarques allaient passer.
Le fait que Louisa Blake ne paraissent pas plus dérangée que cela le conforta dans son idée.
- Nous avons pris les meilleurs. Répondit Mr Blake.
- Sur combien ?
- Un certain nombre.
Tony fronça les sourcils.
- Mais, les autres vont tous rester ici, alors ? Il faudrait peut-être faire surveiller Blake Health ? Insista-t-il.
Quelques secondes de flottement passèrent.
- Qui vous dit que nous en avons d'autres ? Finit par dire Tom.
- Mon flair. Ironisa Tony en redressant ses épaules sur son siège. Et aussi les journaux que j'ai pu lire, et l'idée que je me fais de vos travaux. Ainsi que la présence de très nombreux scientifiques. Et la logique : j'imagine que vous avez dû tester plusieurs cobayes avant de trouver les meilleurs. Et puis, tant qu'on y est, figurez-vous que je suis un agent de terrain tout à fait expérimenté et que je pourrais me charger de la protection de Blake Health pendant votre démonstration.
Là encore, quelques secondes de silence filèrent. Tom Blake plissa les yeux, et plusieurs personnes chuchotèrent entre elles, tandis que l'un des scientifiques fixait l'agent avec un air intrigué.
- En effet. Il y a d'autres mutants dans nos laboratoires. Finit par dire Louisa Blake sans que cela ne fasse réagir son mari.
- Je suis déjà chargé de leur sécurité. Jugea alors bon de préciser Morris, qui gigotait sur sa chaise depuis quelques minutes, résistant à l'envie de prononcer ces mots.
- Une autre paire de bras ne pourra pas te faire de mal. Insista Tony. Vous avez sorti l'armada pour demain, bien, mais pensez aussi à toutes les personnes qui n'ont pas pu entrer et qui pourrait vouloir venir faire un tour ici, voir ce qu'il se trafique dans les locaux.
- La retransmission se fera en direct. Précisa Tom Blake.
- Et ? Je pense que cette « révélation » va sonner comme un coup de massue, non ? Il y aura des répercussions. Protégez-vous.
- Vous resterez ici avec Morris. Vous vous occuperez tout deux de la protection du bâtiment, avec le chef de nos agents de sécurité. Finit donc pas concéder Tom Blake après un regard à sa femme et un balayage du poignet, comme s'il ne s'agissait que d'un aspect plus ou moins futile.
Il reporta ensuite son attention sur les scientifiques présents.
- Les quatre sont prêts ?
- Oui, affirma l'un d'eux. Ils sont tous psychologiquement stables, nous avons procédé aux dernières vérifications.
- Bien, bien …
Tom sembla réfléchir. Il passa sa main dans ses cheveux, les yeux dans le vague, avant de reprendre une contenance en s'adressant aux journalistes de l'équipe.
- La une du journal est prête ?
- Elle le sera demain à la première heure. Certifia la rédactrice en chef.
- Très bien. Vous avez des questions sur votre rôle à tenir demain ?
- Oui, une.
Les têtes, à nouveau, se tournèrent vers Tony qui avait croisé les bras sur son torse d'un air tout à fait décontracté.
- Si je ne m'étais pas trouvé une occupation, quelle était celle que vous aviez prévue pour moi ?
Louisa Blake émit un léger sourire le temps d'une seconde, et son mari haussa un sourcil.
- Nous n'y avions pas songé. Répondit-il.
Puis, après un temps :
- Mais nous étions sûrs que vous parviendrez à vous rendre utile. N'est-ce pas, agent DiNozzo ?
- Sûr. Vous pouvez compter sur moi pour assurer vos arrières. Répondit l'agent en offrant un sourire à Morris, raide sur son siège.
- Bien. Reposez-vous. Rendez-vous dans les chambres qui vous ont été attribuées.
Tony afficha un air surpris. Il fut le seul à rechigner :
- Merci, mais je vais rentrer chez moi. Déclina-t-il comme s'il était le seul ici à converser avec les Blake.
Cependant, Tom répondit par la négative.
- Personne ne sort ni ne rentre de ce bâtiment avant demain matin, les gardes ont déjà commencé la fermeture de toutes les issues.
- Pourquoi ?
- Par sécurité. Nous devons pallier à toute éventualité. C'est votre domaine, non ?
Réprimant tant bien que mal l'envie de repousser l'offre à nouveau, Tony s'évertua à afficher un visage impassible et faire comme si son enfermement n'avait aucune importance.
Il suivit les autres personnes sortirent de la salle, ignorant les discussions échangées, et accorda seulement un regard curieux à Morris qui semblait décidé à avoir une conversation avec Tom Blake.
Il restait désormais quelques petites choses à régler, et il fallait voir le bon côté des choses : il allait avoir la nuit toute entière pour y remédier. Avec en plus, un allié de taille. Un certain ancien légiste mutant était plus que probablement en train de sillonner les couloirs à la recherche d'un cerveau à sonder.
Ne restait donc plus qu'à trouver Ducky, et la libération des mutants de Blake Health pourrait alors se lancer.
