Hellooo ! Bon et bien premièrement, concernant mon temps de postage, je ne promettrai plus jamais rien : les vacances ne me donnent en aucun cas plus de temps pour écrire. Youhou ! enfin, voici la suite. Aujourd'hui, on pose les bases d'une journée qui va s'étendre sur les chapitres à venir, et qui annonce aussi le dénouement de cette histoire. :) 40 chapitres ! Wahou. Une grande première pour moi. J'espère que, vous qui suivez, continuez d'apprécier. J'en profite pour vous remercier, Gwen et Jen. ;)
Bonne lecture !
- Nous sommes bientôt prêtes.
La matinée commençait tout juste. A peine le soleil s'était-il levé en ce mois de juin qu'une effervescence sans précédent régnait dans la capitale.
En à peine quatre jours, la une du Washington News était devenue celle de toute l'Amérique, voire même du monde. Les évènements du Palais des Congrès et l'histoire de Blake Health étaient connus partout, et chacun cherchait à en savoir plus.
De même qu'au sein de la population de la capitale, le monde entier, scotché à divers écrans de télévision dans un panel de langue impressionnant, se divisait en deux camps.
Les Blake avaient déclaré que leur annonce se ferait au stade de Washington, le Nationals Park. Rien de moins. Ainsi, à une demi-heure du début, les gradins étaient déjà plus que combles, remplis par tous ceux qui avaient pu acheter leur place en temps et en heure.
Grâce à ce stratagème, les Blake s'étaient assurés que, puisqu'il fallait débourser une certaine somme, ils compteraient parmi la plus grande majorité du public des personnes acquises à leur cause – sans compter les journalistes et les forces de l'ordre.
Conscients de cela, les antis-LAM se réunissaient, toujours plus nombreux, au sein même de la capitale. L'agitation allait crescendo. Les routes menant étaient désormais barrées, ou presque, et le quota de policiers dans les rues avait de volume. L'armée elle-même se tenait prête, dans des bases dispersées dans la région. De nombreux hélicoptères survolaient le ciel, et les camions de journalistes tentaient de se frayer un chemin.
Parmi la foule des habitants envahissant les rues, il fallait compter une multitude d'attaques entre pro et antis-LAM. Ainsi, outre les véhicules de polices, se trouvaient de nombreuses ambulances et quelques camions de légiste.
D'un point de vue global donc, Washington divisée entraînait de nombreux problèmes.
A l'échelle de quelques individus, le(s) lutte(s) étaient cependant différentes, du moins elles s'exprimaient différemment.
- Je suis en place, Gibbs.
Au sein du stade, enfoncés dans les coulisses, Tom et Louisa Blake exhortaient leurs troupes et peaufinaient les derniers détails. Au Palais des Congrès ; Abby, Ellie et Kate préparaient leur annonce et dans la salle quasi reconstruite, bon nombre de journalistes n'ayant pu entrer au stage se congratulaient intérieurement de se trouver là pour montrer une autre facette de l'évènement. Dans les locaux de Blake Health ; Morris, Tony et Ducky se promenaient, chacun de leur côté et de différentes façons : l'un criant ses ordres, l'autre fouinant sans se cacher, et le troisième épiant discrètement. Autour de l'imposant bâtiment ; Ziva, Gibbs et McGee se tenaient sur leurs gardes, prêts à intervenir : l'une en train d'espionner les environs, l'autre réglant le plan d'attaque avec les directeurs de plusieurs agences gouvernementales, et le dernier occupé à lancer une visioconférence.
Gibbs acquiesça en entendant ce que ses agents lui disaient, au creux de son oreillette. Il fit un dernier signe de tête et échangea un regard lourd de sens avec le directeur Vance, puis retourna son attention vers l'homme avec lequel il partageait l'intérieur high-tech d'une camionnette noire.
- Prêt, McGee ?
Le concerné hocha la tête, sourcils froncés, sans cesser de cliqueter sur son matériel. Au bout de deux secondes finalement, il leva la tête avec un sourire tandis qu'au dessus de leur tête, l'écran s'allumait enfin.
- La visio est lancée. Commenta l'informaticien.
Le visage grésillant d'une jeune femme s'afficha alors, tandis que dans une petite fenêtre à côté les visages de Gibbs et de Tim apparaissaient également.
- Bonjour, agent Gibbs. Ravie de vous rencontrer. Je n'ai entendu que du bien de vous. Annonça Delilah Fielding en guise d'introduction.
Le concerné lui rendit son sourire, la saluant à son tour.
- Vous allez pouvoir nous aider ? Questionna-t-il, désireux cependant de rentrer rapidement dans le vif du sujet.
- Je le peux.
En observant, par écran interposé, sa petite amie se mettre au travail, Tim sentit un vent de fierté s'immiscer en lui et ne put retenir un sourire. Delilah plissait les sourcils en fixant son écran, toute la concentration du monde placée entre ses deux oreilles.
Les deux agents entendaient le bruit de son clavier tandis qu'elle mettait en place dieu sait quoi via le disque dur de la salle informatique dans laquelle elle se trouvait. Le Département de la Défense avait gracieusement accepté de fermer les yeux sur les quelques recherches qu'elle comptait faire dans la soirée, sous réserve de la promesse signée que, si jamais les choses venaient à mal tourner – soit : en faveur des Blake – Delilah se dénoncerait comme seule coupable.
Ses supérieurs avaient décidé de se positionner, mais ils ne tenaient pas à créer trop de troubles en le montrant au su et à la vue de tous, au moins pour le moment. Et puis, leur jeune cryptographe ne risquait pas grand-chose dans l'immédiat, même si elle se dénonçait.
En effet, elle agissait sous les ordres de Gibbs et McGee. C'était donc à eux que revenait toute responsabilité quant à leur décision potentiellement dangereuse de faire sortir les mutants des locaux de Blake Health.
Mais, en cet instant, dangerosité et tous ses autres synonymes n'avaient absolument aucune place dans l'esprit de l'homme de glace du QG fédéral mutant.
- J'ai les imageries thermiques, et accès au réseau informatique dans son entier. Finit par dire Delilah en se redressant dans son fauteuil.
Elle amorça un sourire : - Je pensais que ce serait moins rapide. Tu mets toujours beaucoup plus de temps, Tim.
- Tu as des accréditations, ne put-il s'empêcher de répliquer, réfractaire à l'idée qu'elle sous-estime le travail qu'il effectuait tous les jours.
La remarque la fit sourire encore davantage.
- Vous avez du monde au sein de Blake Health, il paraît ? Demanda-t-elle alors.
Tim hésita. Puis tourna la tête vers Gibbs, les lèvres pincées. Le dire ? Il avait promis sur l'honneur qu'il ne dévoilerait jamais rien de rien. D'ailleurs, Delilah n'était pas au courant qu'il était lui-même un mutant. Cette pensée lui tordit le cœur, et presque immédiatement, il eut le souffle coupé en songeant qu'il n'avait pas précisé à Gibbs ce « détail ».
Il continua donc de fixer son nouveau mentor, les yeux écarquillés, tentant de faire passer par ce langage visuel tout un tas de questions et de mises en garde.
Gibbs fronça légèrement les sourcils, intrigués. Lui qui pensait avoir dans sa nouvelle équipe les personnes les plus compliquées qu'il connaissent – soit Tony et Ziva, par exemple – il se retrouvait maintenant avec un doute accru concernant la confiance en soi de McGee ainsi que sa capacité à gérer sa vie privée. L'italien et l'israélienne avaient quelques « petits » problèmes concernant tout cela mais apparemment, le jeune geek n'était pas en reste.
- Oui. Finit cependant par répondre l'ex marine.
Il vit à travers l'écran qu'il avait accru la curiosité de Delilah. Cette dernière, sachant probablement qu'elle ne tirerait rien de son conjoint, décida donc de diriger ses questions vers lui.
- Comment comptez-vous faire sortir les mutants ?
Oui, elle était cependant au courant de toute l'histoire de Blake Health et des mutants. Seulement, elle ne savait rien à propos des Gibbs-Men, et encore moins à propos de pouvoir de Tim et de sa propension à se penser coupable de l'accident qui avait coûté l'usage de ses jambes.
- Ils vont nous dire où attirer le gros de l'équipe de protection.
Delilah hocha la tête, réfléchissant.
- Vous voulez faire sauter le réseau ? Une pseudo-attaque en masse à différents niveaux du building ? Est-ce qu'ils n'ont pas justement des équipements pour parer à cela ?
- A vous de me le dire. Vous êtes au DOD.
La jeune femme haussa légèrement les sourcils, un instant circonspecte, avant de se rendre compte qu'effectivement la réponse se trouvait dans l'ordinateur placé en face d'elle. Elle se mit donc à chercher avec entrain.
A côté, mi-mal à l'aise et mi-fourmillant du désir d'aider la jeune femme sur son parcours informatisé, Tim se dandinait d'un pied sur l'autre. Même le regard désapprobateur de Gibbs, amateur de calme et d'immobilité, ne le fit pas réagir.
Gibbs plaça alors son index sur son oreillette droite, et activa l'un des petits boutons relatif aux différents canaux d'écoute.
- DiNozzo ?
ooo
Au son de la voix de son nouveau supérieur, Tony s'empara de son téléphone et le porta à son oreille.
- Prêt pour le rapport, boss.
- Où en sont les équipes de sécurité ?
- A leur poste, et armés.
- Où es-tu ?
- Dans le hall. Au téléphone. Précisa l'italien, sentant le sous-entendu dans la question.
Il ne risquait presque plus rien. Personne ne se méfiait de lui.
Les Blake étaient partis, Morris courrait partout, et des hordes de chiens de garde sillonnaient l'immeuble. Bien qu'il essayât tant bien que mal de trouver un moyen, depuis l'intérieur, pour faire sortir les mutants prisonniers d'ici, Tony ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils avaient peut-être visé gros.
- Tu as trouvé des pistes ?
- L'ascenseur.
Le mot lâché fut accueilli par un temps de silence de l'autre côté de l'oreillette. Dans la camionnette, Gibbs et Tim étaient probablement en train de peser le pour et le contre de cette solution.
Mais alors que l'italien ouvrait la bouche pour approfondir sa théorie, son téléphone, qu'il avait toujours collé à l'oreille, se mit à sonner pour de vrai.
Maugréant cet appel inopportun qui venait de ruiner et de ridiculiser sa couverture, Tony vérifia que personne ne se tenait dans les environs et regarda le nom de l'appelant. « Brooke ». Il haussa alors les sourcils.
Il n'avait pas eu de nouvelles d'elle depuis ses nombreuses tentatives d'appel la veille, n'avait pu, depuis, essayé de la recontacter, et il n'était pas rentré dormir. Lors des quelques autres grosses disputes auxquelles ils avaient dû faire face en 3 ans de vie commune, la jeune femme avait à chaque fois passé la nuit ailleurs, et lui restait à l'appartement.
Ne voyant pas trace de lui en rentrant ce matin, Tony supposa qu'elle s'en était inquiétée. Il prit donc la décision de couper son oreillette, et répondit.
- Brooke ?
Il perçut, de l'autre côté du fil, l'une des respirations de sa compagne, comme si elle hésitait.
- Tony. Où, … où es tu ? Demanda-t-elle d'un ton le plus froid possible.
- Au travail.
Il n'en dit pas plus, attendant sa réaction pour se rendre compte de l'état d'esprit dans lequel elle se trouvait. Il la savait curieuse, et était donc certain qu'elle avait bien écouté les nombreux messages qu'il avait laissés sur son répondeur.
- Tu comptes rentrer ? Finit-elle par demander à nouveau.
- Oui. Et toi ?
- … Je ne sais pas.
- Tu as écouté mes messages ?
- Oui.
- Tu m'as cru ?
- Oui.
L'agent cligna des yeux.
- Alors ?
- Je te crois mais … je ne te « comprend » pas, Tony. Je pensais que … qu'on avait franchi un cap. Qu'on pouvait tout se dire.
- Brooke, Je ne pouvais pas te-
- Peu importe ton niveau d'accréditation, tu aurais pu me donner des indices. J'aurais compris. Et puis, hier, devant l'hôpital, tu étais … convaincant.
- Je suis un bon acteur.
- Tu m'aimes ?
- Oui.
Le silence se fit, à nouveau, de l'autre côté de la ligne.
- Quel est le problème, Brooke ? Je pensais franchement que tu comprendrais. Je ne voulais pas te blesser. Mais il y a des choses que … Que je ne pouvais pas te dire. Je ne savais pas si j'étais sur écoute. Si je disais un mot de trop, je te mettais en danger, et surtout je mettais en danger toute la mission.
- Est-ce que tu m'aimes assez ?
Cette fois, l'agent fronça les sourcils, presque inquiet.
- Comment ça ? Assez pour quoi ?
- Je veux dire … Je sais que tu m'aimes. Mais est-ce que c'est vraiment … comme des âmes sœurs ? Le grand amour ?
Tony s'arrêta de marcher, coupé net dans son élan. Brooke n'était pas très fleur bleue, et ne s'était jamais posé ce genre de questions. Il avala sa salive en tentant d'ignorer le froid qui s'insinuait dans son palpitant.
- Depuis quand crois-tu à ça ?
- Je me suis posé des questions.
- Tu vas loin là, Gandhi.
- Je ne crois pas. Ca fait trois ans, Tony …
- Quoi, et alors ? Tu vas me dire que « l'amour dure trois ans », maintenant ?
- Et bien je-
- Ecoute, Brooke, la coupa-t-il. Je ne veux pas parler de ça avec toi par téléphone. Alors je vais raccrocher, et nous allons parler calmement dès que je sortirai. Et par pitié sors-toi ces idées de la tête, je sais très bien que tu ne crois pas plus que moi à ces histoires à la Roméo et Juliette.
- Ok. Capitula la jeune femme au bout de quelques secondes.
- Je te rappelle.
Tony raccrocha, et glissa son smartphone dans sa poche.
S'il s'était attendu à ce genre de réaction …
Il secoua la tête, tentant d'en faire sortir tout ce qui le travaillait, et mettant de côté son trouble. Il avait horreur de ça. Plus encore, il avait horreur de l'amorce de révélation qu'il apercevait … : il avait déjà eu ce genre de discussion avec ses anciennes conquêtes. Celles qu'il n'aimait pas. Ou alors, pas d'un amour inconditionnel. Et, à chaque fois, il n'avait pas été vraiment ému, même en sachant que cela signifiait la fin de sa relation. Aujourd'hui … la discussion qu'il venait d'échanger avec Brooke sonnait comme une menace de fin.
Et pourtant, là encore, il n'était pas réellement touché, ni autant ému qu'il aurait dû l'être.
Répugnant à se pencher davantage sur cette idée, Tony ralluma son oreillette de l'index, et se replongea dans le cœur de la mission.
ooo
- C'est faisable !
- Tu es sûre ?
- Oui.
- Delilah-
- Oui, j'en suis sûre !
- Expliquez. Ordonna une voix claire.
La jeune femme cliqueta alors une dernière fois avec frénésie, replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, et se laissa emporter par sa tirade.
- Le réseau électrique de Blake Health est fractionné en différentes entités indépendantes les uns des autres, ce qui permet une meilleure gestion en cas de crise, en cas de problème, ou encore en cas de panne d'électricité. Dans certains cas, ça peut aussi être très pratique en cas de planification d'une attaque : les attaquants, s'ils ciblent une source d'électricité, se retrouveront confronté à un problème au cours de la mission … Mais ça marchera pour nous car nous avons les ressources du DOD et donc du réseau électrique de Washington. Je peux lancer plusieurs coupures et également prendre le contrôle, à distance, de l'ascenseur. Il se situe quasiment au milieu du complexe, et descend sous deux étages souterrains – les deux où sont enfermés les mutants. Ce que je vous propose, c'est … Stimuler une attaque dans le coin Nord-est, le plus opposé à l'ascenseur. Puis ouvrir les portes principales suffisamment pour que ça reste inaperçu, notamment relever de quelques centimètres le rideau de fer qu'ils ont abaissé : cela pour vous permettre d'entrer mais aussi de faire sortir les mutants. Il faudrait faire cela en simultanée avec le lancement de la réunion des Blake et aussi de celle d'Abby. Trois actions en même temps … de quoi nous laisser une large de manœuvre, notamment avec les forces de l'ordre, et de quoi freiner la réaction des Blake. Après avoir mis un peu de chaos avec la première attaque, je vous propose de vous faire descendre tous manuellement, via l'ascenseur, directement au dernier niveau. Il faudrait faire le maximum pour passer inaperçus, cela afin de faire sortir les personnes séquestrées assez rapidement pour ne pas les mettre trop en danger.
Delilah reprit sa respiration en une goulée d'air, et posa ses grands yeux sur les deux visages qu'elle voyait à son écran.
McGee, de son côté, avait un peu de mal à s'en remettre. Il gardait son attention entière focalisée sur son amie, un air de profonde admiration au fond des prunelles, et ne remarqua donc pas le sourire en coin qu'émit Gibbs en le voyant ainsi.
La jeune cryptographe quant à elle attendait leur réponse avec une impatience grandissante.
ooo
- Fornell.
- Tobias.
- Jethro. Veux-tu que l'on continue à s'épeler tous nos patronymes où compte tu me dire directement ce que tu as à me demander ?
- Ton équipe est libre ?
- Bien sûr, je leur ai accordée leur journée, c'est idéal il n'y aura personne dans les parcs et dans les cinémas.
- J'ai besoin de toi.
- C'est vraiment dommage que je ne sois pas mutant, j'ai décidément ma place dans ton équipe.
- Une intervention à Blake Health. Maintenant.
L'agent du FBI poussa un léger soupir.
- Combien d'hommes peux-tu ramener ?
- Des fidèles à notre cause ? Heum … quatre. Moi compris. Où ?
- Bien. 16ème rue.
- Nous y serons. Et, pour quel type d'intervention ? Je … Gibbs ? Non, il ne m'a quand même pas raccroché au nez, ce …
Un coup d'œil à son écran apprit à l'agent du FBI que si. Grommelant, il fit demi-tour, se dirigeant vers ses bureaux.
La journée promettait d'être longue.
