Hello ! Premièrement désolée pour le retard monstre que je prends dans mes lectures/reviews, je le rattraperai avant la fin de l'été, mais dans un premier temps je préfère me concentrer sur la fin de cette fiction. Je veux la mener à terme le mieux possible. :)

Merci mille fois à Lentilles, Jen et Gwen. Vos commentaires m'encouragent plus que tout.

Bonne lecture !


- Ziva !

Il avait tenté tant bien que mal de crier en chuchotant le plus bas possible. Une technique étrange visant à attirer l'attention de la personne concernée quand bien même elle se trouvait entourée d'autres oreilles qui ne devaient surtout rien entendre.

Le fait est qu'apparemment, la jeune lionne du Mossad avait bel et bien un sixième sens, puisqu'elle tourna la tête et rencontra le regard de celui qui venait de l'interpeller.

Tony poussa un léger soupir de soulagement, avant d'ouvrir la bouche en se demandant comment il pourrait bien faire, désormais, pour se faire comprendre d'elle. Soit, elle l'avait entendu l'appeler, à plusieurs bons mètres, alors qu'il chuchotait, mais comment allait-il pouvoir désormais lui expliquer son-

- Tony ?

L'italien réprima un sursaut à cette voix qu'il venait d'entendre dans son oreille, et qui appartenait à Ziva.

Toujours postée plus loin, il la vit arquer un sourcil.

- McGee a connecté nos oreillettes. Je t'entends. Précisa-t-elle.

Cela parut réorganiser le chaos entre les deux oreilles de Tony, qui comprit alors que, finalement, Ziva n'avait peut-être pas de sixième sens. Et remercia intérieurement Tim d'avoir palier à ce problème évident de communication.

- J'ai besoin de toi devant les portes sous peu, continua alors Tony.

Il prit soin de bouger ses lèvres le moins possible, conscient du danger.

Il se trouvait devant Blake Health, avec une poignée d'autres membres de l'équipe de surveillance/protection du bâtiment. Ils effectuaient ensemble une ronde dans les rues avoisinantes avant de verrouiller le building pour de bon. Ordres de Morris.

Ainsi, ils étaient censés établir une carte précise des différents mouvements ayant lieu dans les rues alentours, des présences de forces de l'ordre ou de manifestations. Conformément à l'appel passé par Tom Blake, les dites forces de l'ordre avaient tracé un périmètre de sûreté de 500 bons mètres autour de Blake Health, et sillonnaient les rues. Les manifestants ne pouvaient pas s'approcher, même si leur nombre ne cessait de croitre derrière les barrières du périmètre.

Cela n'était pas le fait de la décision des Blake seuls, mais bien d'une décision émanant de plus haut : celle d'éviter absolument une confrontation physique – pour le moment – entre pro-LAM et anti-LAM, et cela dans les alentours directs du bâtiment pharmaceutique.

Tony était donc sagement en train de faire un tour du périmètre quand son regard avait été attiré par une silhouette connue : Ziva, qui se baladait elle aussi « tranquillement » derrière les barrières impressionnantes mises en place par la police.

Captant son regard par intervalles, l'italien continua de lui parler après qu'elle lui ait répondu :

- Ok.

- Sois discrète, s'il te plait.

- Je ne sais pas voler. Il va falloir que je passe outre leurs barrières.

Se rendant compte qu'il allait avoir besoin d'argumenter et donc de bouger les lèvres, Tony s'empara de son téléphone et le glissa à son oreille – après avoir pris soin cette fois de le mettre en silencieux – pour mimer un appel.

- Non, non, surtout pas ! Fornell et sa clique arrivent. Ils vont te faire passer discrètement. Je t'en prie, ne donne pas d'idées aux autres mutants.

- On sait tous les deux que leur installation ne résistera pas si un mutant décide de passer.

Tony leva les yeux et observa les diverses palissades et camions de police barrant la rue face à laquelle il se trouvait, et derrière laquelle était Ziva.

- Oui, je sais. Mais ne donne pas d'idées à d'éventuels mutants mal avisés, ok. Et puis l'armée se prépare à ce genre de problème. Ils sont planqués dans le coin.

- J'en ai vu quelques-uns. Ce sera assez ?

- Je n'en sais rien. Blake Health n'avait jamais créé d'émeutes jusque là.

- Parce qu'ils étaient discrets. Mais avec ce qu'ils vont dévoiler …

- Je sais, Ziva. Concentrons-nous sur la mission du moment présent. SuperTim t'as mis au courant ?

- Oui.

- A partir du moment où la grille sera levée et que vous serez rentrés, je m'occuperai de vos arrières. Il faudra absolument que tout le monde parvienne à se rendre dans l'ascenseur sans être vu. Je serai en relation avec toi et tu t'occuperas des hommes de Fornell. Pas un faux pas.

- Je sais. Ta couverture est en jeu.

- Oui, je sais ça aussi. Je mets ma vie entre tes mains, Ziva. Insista Tony avec un accent grandiloquent, le tout prononcé d'une voix profonde.

Il put presque percevoir le froncement de sourcil depuis les quelques mètres les séparant.

- A ce point ? Lui demanda-t-elle, et il réprima un sourire en décelant la pointe d'inquiétude dans sa voix.

- Je plaisante, Ziva. Enfin, faites attention quand même.

- Je sais. Il faut qu'on les sorte de là.

- Ravi de voir que nous sommes sur la même longueur d'ondes. Je dois rejoindre l'intérieur. Ajouta Tony après avoir vu un signe de main que l'un des gardes lui adressait. McGee va servir de relais entre nous deux jusqu'à ce que SuperDelilah vous fasse entrer.

Il remit son téléphone dans sa poche et s'en retourna d'un pas guilleret vers les deux portes vitrées principales de Blake Health. Il put dès lors discerner la silhouette de Morris, campé devant le mécanisme servant à abaisser le rideau de fer. Il était en pleine discussion avec l'un des chefs de la sécurité et attendait impatiemment que chaque brebis regagne le building.

- Tout le monde est là ? Finit-il par demander dès lors que Tony et quelques autres furent rentrés.

Il n'attendit pas de réponde et commença à baisser la grille, faisant signe à l'homme à qui il parlait précédemment d'aller s'occuper de mettre l'alarme en place.

Tony, levant la tête, croisa alors le regard de Ducky, dans les escaliers. L'ex légiste observait la scène avec intérêt.

- Quel est le plan, patron ? Finit alors par lancer l'agent.

Il s'avança, bras croisé, vers Morris qui faisait signe aux autres de s'approcher également.

- Connors et Wilmore vont s'occuper avec leur équipe respective de surveiller les environs et tous les points d'entrée du bâtiment. Fenêtres et portes des étages supérieurs ont été fermées, il est impossible d'y rentrer, de même pour le toit. Chaque ouverture est occupée d'une alarme précisément localisée. Mon équipe s'occupera du hall et des accès aux niveaux inférieurs, et enfin celle de Lorenzo s'occupera desdits étages inférieurs. Tous ceux qui ne sont pas ici pour la surveillance, vous passerez la journée dans la salle de réunion 101 du rez-de-chaussée, surveillés par une caméra. Mitchel va vous y escorter. A vos postes. Je veux une correspondante immédiate entre chaque talkie, et une mise à jour tous les quarts d'heure.

Tony haussa les sourcils, presque impressionné. Il savait que Morris était un très bon flic, et apparemment il savait aussi gérer les aspects relatifs à la protection.

Il n'allait pas être très facile de lui filer entre les jambes. Enfin. Tony espérait que l'équipe qu'envoyait Gibbs serait à la hauteur.

Tandis que les différents agents de sécurité mettait en place les différentes équipes et que Ducky, accompagné d'autres scientifiques et personnels restés sur place, se regroupaient également, Tony s'avança vers Morris.

- Et moi, quelle place m'as-tu réservée ?

Son ancien coéquipier lui jeta un coup d'œil étonné, comme s'il avait oublié ce détail, puis sembla réfléchir quelques millisecondes avant de lui répondre :

- Tu seras avec mes hommes dans le hall.

- Ravi de pouvoir me compter parmi tes hommes, ou plutôt de pouvoir me diriger ? Ironisa l'italien.

Morris lui jeta un nouveau regard acerbe et passa outre, se plongeant tout entier dans sa mission du jour.

Tony croisa une dernière fois le regard de Ducky avant que ce dernier ne s'éloigne dans l'un des couloirs, puis se plongea à son tour dans la fourmilière faisant office de hall.

ooo

- Humm, hum. Crachota Abby en tapotant sa gorge.

Elle prit une profonde inspiration et agita ses orteils compressés.

Le directeur Vance avait insisté pour lui faire mettre une tenue la plus « pro » possible, le genre de celle qui empêcherait quiconque de se focaliser sur autre chose que le discours qu'elle devait prononcer.

En soi, c'était tout à fait louable. Mais passer des chaussures noires à talons aussi serrées avait été une autre paire de manche. Pourtant, Kate et elle faisait la même pointure ! Comment pouvait-elle marcher avec ça aux pieds …

Pour le reste, heureusement, le noir, sobre, avait été de rigueur. Ainsi la laborantine ne s'en sortait pas trop mal : elle avait enfilé une jupe crayon basique et une chemise souple gris perle, le tout dans un ensemble parfaitement passe-partout. Elle avait également troqué ses couettes pour un chignon, et conservé son rouge à lèvre pétant.

Le seul vrai problème était définitivement les chaussures. Pour se consoler, la jeune femme jeta un coup d'œil à ses congénères.

Ellie avait elle aussi dû abandonner ses vêtements cosy, jean et pull habituels, contre un tailleur noir et une chemise bleue. Ses cheveux blonds étaient eux aussi remontés en un chignon sobre. Kate, bien plus rôdée, se promenait sans aucun problème dans son pantalon gris et son haut blanc.

Les trois avaient l'air de parfaites business women.

Abby décida donc de se reprendre et se replongea dans la re-re-relecture du script qu'elles avaient écrit la veille. Derrière elle, les monteurs et cadreurs s'affairaient à préparer la scène ainsi que les diapos qui seraient passées dans la soirée.

Les rideaux rouges placés devant la scène coupaient la visibilité, mais les bruits de fond parvenaient assez nettement. La salle se remplissait à vue d'œil. Quoi de mieux comme terrain, pour une réunion anti-LAM au sommet, que le lieu de la première « défaite » des Blake ?

- A quelle heure commence leur speech ?

Abby suivit Kate des yeux. Le téléphone vissé à son oreille, cette dernière prenait les nouvelles de l'avancée de la déclaration du couple Blake.

- Mmh. Ils sont installés ? Oui. Les gradins ? Mh oui. Oui. Ils sont au courant. Non, ils ne prendront pas parti dans l'immédiat.

La laborantine soupira, devinant de quoi sa collègue parlait. Effectivement, plusieurs organisations avaient décidé de ne pas se positionner aujourd'hui sur la question épineuse du phénomène mutant. Ils attendaient de voir ce qu'allaient proposer les Blake pour agir en conséquence.

D'un autre côté, cependant, le NCIS, le FBI, la CIA, la sécurité intérieure ainsi que le SecNav s'étaient clairement définis comme anti-LAM. Le gouvernement américain dans son ensemble était pour le moment bien trop tiraillé entre deux feux et préférait calmer le jeu, bien que le penchant du Président pour la cause des mutants ne soit un secret pour personne. Les tabloïds s'amusaient d'ailleurs à essayer de lui trouver un pouvoir afin d'expliquer sa prise de position. En tête des suppositions venaient son pouvoir de métamorphose en aigle, ou bien sa capacité à se rendre élastique.

Kate décida machinalement de continuer sa conversation un peu plus loin, obligeant l'attention d'Abby de se concentrer sur quelqu'un d'autre. Ce fut donc à Ellie que la jeune femme dédia son sourire.

La jeune blonde lui rendit la pareille en s'approchant, et grimpa à son côté sur l'estrade, admirant la scène sous un nouveau jour.

- Ca rend bien. Constata-t-elle alors qu'un immense rideau descendait du plafond, prêt à diffuser au public le montage consciencieusement réalisé.

Abby hocha la tête.

- A qui téléphone Kate ?

- A un agent au stade. Apparemment ils prennent du retard dans l'intervention. Tu es prête ?

La jeune femme hocha la tête à nouveau, prenant une profonde inspiration.

- Et Gibbs ? Interrogea-t-elle à son tour.

- Ils attendent le début de l'intervention des Blake. Comme nous tous.

- Tout le monde en place, vite ! S'écria alors la voix de leur collègue. Ils commencent.

Le ton sur lequel venait d'être prononcé ces quelques mots et l'empressement que Kate mettait à s'approcher de la scène décida tout le monde au branle bas de combat.

Abby et Ellie se redressèrent, sentant l'adrénaline se mettre à courir dans leurs veines.

Puis un autre visage connu fit son irruption sur le devant de la scène.

- Directeur Vance ? S'étonna Kate.

Le concerné lui fit un léger sourire.

- Que se passe-t-il ? Insista-t-elle.

- Ne vous inquiétez pas. Je viens seulement vous soutenir. Mon homologue du FBI et moi avons décidé de nous mettre un peu en avant également, si vous avez besoin d'appuyer votre discours par quelques exemples ou interview …

Il désigna un homme d'une cinquantaine d'années, aux cheveux poivre et sel coupés en brosse, qui adressa aux trois jeunes femmes un sourire et un signe de tête.

- Très bien. Installons-nous, fit Kate en les invitant à se placer à côté de l'estrade.

Quelques hommes de sécurité firent encore un tour de ronde avant de se mettre à leur poste, tandis que Kate, Ellie et Abby s'installaient toutes trois face à leur micro. La laborantine dirigea sa petite télécommande en direction du projecteur accroché à une barre en hauteur, et l'écran derrière elles s'alluma sur le logo du badge du NCIS.

- Action : réaction. Emit Ellie avec un sourire en pianotant sur sa tablette.

Au stage de Washington, les Blake et leurs sbires venaient de monter sur le devant de la scène et Tom s'avançait, un micro à la main. La jeune femme zooma sur son écran pour apercevoir les traits du visage de l'homme.

Un caméraman dévoué à la cause s'était porté volontaire pour servir d'œil à Ellie lors du discours des Blake. Ainsi, l'analyste pourrait juger l'état nerveux du couple face aux nouvelles successives qu'ils allaient avoir.

La population divisée savait que deux discours sur le même thème, et pratiquement de même importance, se déroulait à la même heure, mais personne ne savait ce qui se tramait aux alentours de Blake Health ni même de quoi allaient traiter les différents protagonistes, que ce soit au stade ou au Palais des Congrès.

La tension était à son comble. Tellement que, à peine les rideaux commencèrent-ils à s'ouvrir, un silence de plomb tomba sur l'assemblée.

Et, tandis que les lumières s'allumaient sur la scène, nimbant l'espace de lumière, Abby s'avança d'un pas devant son présentoir, et s'empara du micro face à elle.

ooo

- Tony ?

L'italien releva la tête au son de la voix qui résonna dans son oreille.

Il était préalablement occupé à observer avec attention les écrans des différentes caméras de surveillance du bâtiment. Autour de lui, accrochés au mur du hall, les écrans diffusaient le speech des Blake mais il préférait ne pas y prêter attention, mimant une entière concentration sur sa mission de surveillance/protection.

L'appel de Gibbs lui fit comprendre qu'ils allaient bientôt passer à l'action.

Il se releva donc, faisant semblant d'être toujours autant concentré.

- Parfait. Lâcha-t-il simplement.

L'équipe de Morris, autour de lui, faisait d'incessantes rondes et ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin. Il n'y aurait donc pas de créneau d'action meilleur que les autres. Ils pouvaient frapper n'importe quand.

- Ok. On lance la coupure.

ooo

- Bonjour à tous. Je suis Abigail Sciuto, experte médico-légale au NCIS, le département de la Navy s'occupant des crimes au sein de la Marine. Voici mes collègues, Eleanor Bishop et Caitlin Todd. Elles sont agents de terrain. Enfin, à côté de nous, voici Leon Vance, le directeur du NCIS, et son homologue du FBI : Frank McKenzie. Si nous sommes devant vous aujourd'hui, c'est pour pallier à une évidente menace. Qu'il nous faut affronter, le plus tôt possible. Si vous êtes ici aujourd'hui, c'est parce que vous êtes d'accord avec ce fait. Que vous êtes censés. Que vous comprenez les lois d'évolution auxquelles l'humanité est soumise depuis l'aube des temps. Ou peut-être aussi que vous voulez comprendre. Pour cette dernière catégorie, je suis désolée mais les longs discours ont été faits avant moi. Si vous voulez comprendre les mystères de l'évolution, j'ai beaucoup de collègues qui seront ravis de vous expliquer. Toutes les informations sont à portée de main. Alors nous nous adressons à vous pour vous ouvrir les yeux, ou, s'il n'y en a pas besoin, pour achever de vous convaincre.

ooo

De quelques gestes bien tracés en guise de paroles, Ziva indiqua clairement au reste de la troupe avec qui elle se trouvait où et comment se poster, donnant un poste à chacun. Puis, frôlant le sol, elle avança prudemment vers le premier immeuble face à elle.

Le siège de Blake Health se trouvait à quelques centaines de mètres. Toutes les fenêtres fermées laissait clairement à penser que le lieu se trouvait désormais être une place forte.

Gibbs l'avait prévenue il y a 10 minutes que la deuxième panne avait été lancée par Delilah. La première panne avait été provoquée 30 minutes plus tôt mais, pour endormir la surveillance de Morris et du personnel de surveillance, aucune attaque n'avait suivi. Delilah faisait son possible pour que la panne soit vue comme une réaction face à l'utilisation massive du système de vidéosurveillance et détection de mouvement.

Morris était effectivement moins sur la défensive en déduisant qu'il ne s'agissait « que » d'un problème technique, comme l'avait dit Tony. Néanmoins, il savait que si une panne plus importante était engendrée, alors le système de protection entier allait courir un grand risque, c'est pourquoi il mettait le plus de monde possible dessus.

Ce fut le moment parfait pour lancer une deuxième attaque qui se propagea à différents étages, menant les agents de sécurité sur de fausses pistes.

Morris cria au branle bas de combat, et Gibbs lança deux mots dans le micro le reliant à tous ses agents :

- C'est parti.