Hello ! ça y est, je suis à Athènes pour 6mois !
Néanmoins, je veux finir cette fiction comme il faut, alors je trouverai le temps d'écrire et de poster la suite. Merci de votre suivi. ;) Bon par contre, désolée mais je ne me suis pas relue !
A ceux que mon voyage intéresse, je tiens un "blog" qui est davantage une page Facebook : "2 historiennes à Athènes".
Bonne lecture !
Quand le volet roulant finit par entièrement s'ouvrir, le spectacle qui s'offrit à la vue des habitants actuels du hall de Blake Health ne fut pas celui auquel ils s'étaient attendus.
Alors que Gibbs et son équipe aurait dû se trouver là afin de prendre la relève et de s'occuper du cas de Morris et de ses sbires, l'homme de glace paraissait occupé par un tout autre problème. Il était dressé, au centre d'une ligne formée par plusieurs agents du NCIS et du FBI mêlés, tous en train de viser une foule rugissante et grossissante qui paraissait ne pas avoir d'autre but que celui de s'approcher du bâtiment pharmaceutique.
Tony fronça les sourcils et fit un pas vers l'avant, hésitant. Gibbs avait revêtu sa carapace glacée, et cela plus que les armes des autres agents paraissait faire hésiter le groupe à qui il faisait face.
Finalement, ceux qui paraissaient être les leaders s'avancèrent d'un pas encore, criant pour que leurs voix couvrent les vociférations de leurs accompagnateurs :
- Laissez-nous passer ! Il faut détruire ce lieu.
- Ce n'est pas à vous d'en décider. Rétorqua Gibbs. Nous nous en occupons.
- Vous ? Le gouvernement ? S'exclama un homme d'un ton ironique. Vous avez bien agi jusque là. Vous attendiez de voir si tout cela était vraiment intéressant ? Je ne le répèterai pas. Laissez-nous passer.
- Les mutants enfermés ici ont été sortis.
- Nous le savons. Continua l'homme sans se démonter. Une partie de notre équipe est allée les chercher.
Ziva tourna son regard vers le Foreur. Lui et sa caméraman ne paraissaient ni inquiets ni étonnés.
- Laissez-nous gérer ça, gronda Gibbs. Vous ne serez pas en mesure de faire face aux débordements.
- Nous prenons le risque. Rétorqua son interlocuteur.
Sur-ce, il leva le bras, et cria un ordre qui se perdit dans le tumulte ambiant. L'instant d'après, le groupe tout entier, comme une vague, déferla vers les portes vitrées de Blake Health.
Tony, derrière les vitres, serra les poings et fit un pas en arrière. Dans la demi-seconde durant laquelle il eut le temps de faire le point sur ce qu'il devait faire, il décida de s'occuper de faire sortir d'ici tous ceux qu'il fallait mettre en sécurité, et ne pas essayer de lutter.
Avant qu'une équipe plus armée et plus nombreuse ne puisse intervenir, les antis-LAM allaient sûrement avoir le temps de tout détruire.
Morris, toujours enchaîné au sol, ne paraissait pas être du même avis. Il se mit à vociférer, cherchant à se débarrasser de ses liens. Ses hommes de main, délestés de leurs armes, hésitaient. Ils ne pouvaient décemment pas s'attaquer à mains nues à la petite foule furieuse qui venait de faire irruption.
C'est d'un commun accord que les agents du NCIS et du FBI mêlés décidèrent de montrer patte blanche et se reculèrent, tandis qu'autour d'eux ascenseurs et escaliers étaient pris d'assaut.
ooo
- Mr Blake répondra aux questions les unes après les autres ! Annonça Kate d'une voix claire, en levant les bras pour calmer les clameurs d'une foule de journalistes qui semblaient prêts à se sauter dessus.
- Monsieur, reprit-elle en désignant le premier homme qu'avait montré Denis.
L'homme se leva tandis que les autres s'asseyaient.
- Pouvez-vous vous définir comme un être humain à part entière ? S'enquit-il.
Denis parut hésiter, surpris.
- Oui. Finit-il par lâcher.
Abby, derrière lui, lui donna un léger coup de coude, l'incitant à continuer.
- A première vue … Voyez-vous quelque chose en moi qui ne sois pas humain ?
- Et votre pouvoir ? Est-il normal à vos yeux ? Continua le journaliste.
- Maintenant, oui. Il ne l'a pas été pendant très longtemps. J'ai dû le subir, durant les premières années de ma vie. Mes parents ont réussi à me faire croire qu'il s'agissait d'une abomination.
- Vous avez presque failli tuer vos parents. Peut-être ont-ils eu raison de croire cela ? S'enquit alors une autre journaliste, sur un signe de Kate.
Denis pinça les lèvres.
- Mes parents sont une abomination. Ils m'ont détruit. Pendant des années, j'ai vécu avec de la haine dans mon cœur. Cela m'a poussé à tuer à mon tour, à ne devenir … rien de plus que ce qu'ils sont en train de créer. Je vivrai avec ça toute ma vie désormais. Je ne pourrais jamais plus me considérer comme normal, mais cela, ce n'est pas à cause de qui je suis … mais à cause de ce que je suis devenu, … à cause de ce que j'ai fait.
Pour appuyer ses dires, il releva un peu le bas de son pantalon, dévoilant son bracelet électronique.
- Vous en voulez vous d'avoir tué les 13 activistes de la LAM ?
- Oui. Finit par dire Denis, comme s'il n'en était pas si sûr. Ils ne méritaient pas de mourir. J'aurais dû leur faire comprendre que leurs idéaux n'étaient pas les bons.
- Estimez-vous que ce que vous êtes devenu soit dû à ce que vos parents vous ont infligé ?
- Ils m'ont traité comme une éprouvette, on décrété que leur fils était mort, m'ont presque tué à de nombreuses reprises lors de leurs expériences, pour finalement injecter une part de mon ADN dans une femme qui n'avait rien demandé. Une femme qui, maintenant, n'est rien de plus qu'un robot incapable de penser. Ils l'ont tuée. Ils ont tué tous ceux qu'ils ont transformés en armes.
Sa voix se brisait par à-coups, mais il restait droit, serrant les poings pour se contenir, perdant son regard ailleurs comme pour fuir une réalité trop dure à supporter.
- J'ai fais de mauvaises choses. Mais je suis persuadé que je n'étais pas destiné à devenir un tueur.
- Pourquoi vous êtes enfui de chez vous si jeune ?
- C'était ça ou les expériences. Je ne savais pas ce qui m'attendait au dehors. J'étais constamment enfermé. Ils avaient presque réussi à me faire croire que ce qui m'attendait était normal, que je n'étais pas humain, que je ne méritais pas d'autre traitement. Je l'ai cru suffisamment pour manquer devenir fou. Je me suis enfui en l'étant un peu. Quand j'ai compris que finalement, les mutants n'étaient pas … des monstres … quand j'en ai rencontré beaucoup qui, comme moi, vivaient cachés dans les rues, minorité écrasée … Alors j'ai été aveuglé par la colère.
Il fut pris de tremblements qu'il tenta de contrôler, prenant une inspiration, avant de tourner à nouveau son visage vers la foule de journalistes pendus à ses lèvres.
- Je n'étais pas un monstre. Souffla Denis. J'étais un homme brisé écrasé par la haine.
Kate le regardait en coin, les sourcils semi-froncés. Elle attendait le moment opportun. A coup sûr, les révélations du fils Blake, ou du moins, ses sentiments, allaient être un argument supplémentaire favorable à leur cause. Et l'homme, même s'il était un meurtrier, était également une victime et pourrait pour se faire servir de figure assez représentative.
Cependant, son état psychologique fragile pouvait être aussi un frein, ou marcher dans le sens inverse des attentes des agents, si jamais il venait à transformer son comportement.
La jeune brune attendait donc de voir si son état nécessitait un arrêt de l'interview. Et visiblement, cela serait sans doute nécessaire.
- Qu'allez-vous faire désormais ? S'enquit une journaliste.
- Je vais aider le gouvernement autant que possible afin que les activités de mes parents cessent et ne reprennent jamais.
- Comment ?
- En leur donnant toutes les informations que j'ai pu recueillir durant mon … enfance. En me battant à leurs côtés.
- Cela nécessite une guerre, selon vous ?
Denis s'arrêta, et ses jointures devinrent blanches à force d'être serrées en poings.
Kate sut, à ce moment, qu'il était temps que l'interview s'arrête. Elle s'avança lentement vers Denis, prenant son temps pour grimper à son côté vers le podium, comme si tout cela était savamment calculé à l'avance.
- Nous sommes déjà en guerre. Répondit finalement Denis d'un ton acide.
Sans broncher, il laissa l'agent se placer devant lui et s'emparer du micro, annonçant à tous que les questions s'arrêtaient pour aujourd'hui.
ooo
- Tim ?
- Mh.
- Tim !
- Quoi ?
Le jeune informaticien releva finalement la tête de l'un de ses écrans pour regarder, à travers un autre, le visage de Delilah. Celle-ci paraissait inquiète, et ne le regardait pas elle-même.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Insista-t-il.
- Il y a beaucoup de monde qui se rapproche de vous.
- … Quoi ?
- Il y a du monde qui se rapproche de Blake Health ! Je crois que les Blake ont eu vent de l'intention du groupe anti-LAM d'aller se servir chez eux.
Tim manqua se lever de sa chaise, mais se retint en se rappelant que ça ne servirait à rien, et préféra donc se rapprocher de son écran comme pour y rentrer.
- Ils sont nombreux ?
- Pas mal de vans. Une dizaine. Ils reviennent probablement du stade.
McGee jura. Il fallait qu'il y aille, qu'il prévienne Gibbs, qu'il … probablement qu'ils s'arment tous. Aux dires de Ziva, de nombreuses éprouvettes et échantillons avaient été détruits dans Blake Health. Le couple avait sûrement gardé les plus importants avec eux. Mais s'ils revenaient, c'était soit pour en récupérer davantage, soit pour effacer leurs traces, soit pour s'occuper des mutants qu'ils y avaient laissés.
L'hypothèse que tout cela tourne mal avait sûrement dû les effleurer mais, tout comme les Gibbs-Men, ils avaient dû manquer de temps pour palier à tous leurs problèmes d'organisation.
- Il faut que j'aille les aider. Annonça-t-il alors en se levant, l'esprit encore embrumé par les pensées qui y tourbillonnaient.
Delilah, derrière son écran, se dandina. Ce genre de situation, mêlée à son incapacité à se mouvoir totalement, la frustrait toujours. Aujourd'hui un peu plus.
- Tu restes au DoD, ok ? Lui intima son compagnon.
- Oui. Ca commence à chauffer, ici, ils vont probablement avoir besoin de tous les postes, et d'un certain niveau de sécurité. Je vais les aider.
- Ok. Ne prends pas de risque.
La jeune femme haussa un sourcil et pinça les lèvres d'un air ironique.
- C'est plutôt moi qui devrais te dire ça.
Tim attrapa son arme, qu'il accrocha fermement autour de sa ceinture. Sa présence le rassurait, même s'il devinait qu'il faudrait qu'il fasse l'effort d'agir sans, au moins pour aujourd'hui. Il commença à éteindre le matériel présent dans le van, le rendant inattaquable, au cas où.
Il jeta un dernier regard à Delilah, tandis qu'il éteignait les différents postes.
- Je t'aime. Lui souffla-t-il.
Puis il effaça le disque dur, débrancha la tour principale, et fit volte-face pour sortir de la pièce.
ooo
- Ziva …
- Oui, j'ai compris. Ce ne sont pas des amis.
Tony et elle se trouvait en bordure du bâtiment pharmaceutique. Impuissants, ils tentaient d'empêcher les bagarres diverses et de faire attention à ce que personne ne se tue. Ils avaient réussi à repêcher Morris et quelques uns de ses hommes de mains, mais les autres avaient été faits prisonniers par les anti-LAM, qui ne semblaient pas décidés à laisser faire les autorités.
Au loin venaient d'apparaître une lignée de vans noirs aux vitres teintés. Ceinturé par les forces de l'ordre qui préféraient empêcher d'autres personnes de pénétrer les lieux plutôt que de tenter de faire sortir celles déjà présentes, les voitures ne purent approcher plus loin, et se garèrent au bout de l'avenue.
- On parie combien que ce sont papa et maman Blake qui reviennent à la maison ? Plaisanta Tony.
- Ils vont avoir une sacré surprise.
A l'instant même où Ziva lui répondait ceci, deux voitures de police, comme catapultées, volèrent dans les airs. En apesanteur, elles restèrent un instant immobiles à leur point culminant, le tout en silence, puis reprirent leur descente et s'écrasèrent au sol dans un vacarme de tôle froissé.
Ce fut comme si la vision de Tony faisait un zoom vers le visage aux traits congestionnés de Louisa, les joues rosies par la colère. L'italien se tendit. Il ne faisait aucun doute, désormais, que les choses n'allaient pas se régler en douceur.
Il tourna alors son regard vers la masse qui grouillait dans Blake Health. Un peu plus loin, auprès d'un van et d'ambulances récemment arrivées, Tim guidait les mutants échappés. Gibbs, lui, faisait d'incessantes rondes à l'intérieur et hors du bâtiment, veillant à ce que, dans la mesure du possible, les choses restent contrôlables. Personne n'était censé mourir.
Quant au groupe formé par le Foreur, ils étaient depuis longtemps retournés avec la bande d'anti-LAM. Morris et ses agents, eux, étaient saucissonnés et gardés sous bonne garde juste devant les fenêtres – désormais ouvertes. L'ancien flic bouillait littéralement de rage, et se retenait à grand peine de ne pas hurler sur ceux qui passaient près de lui.
Il fut cependant l'un des premiers à sentir que quelque chose allait peut-être tourner à son avantage. Mû par une sorte d'intuition, il tourna la tête vers l'extrémité de la rue, par laquelle un groupe de personne arrivait relativement rapidement. Aussitôt, son visage changea d'expression.
Tony posa alors une main sur son oreille.
- Gibbs, McInfo, la cavalerie arrive et pas pour nous aider.
- Quoi ? Répondit Tim.
Il tourna la tête vers eux, déportant son attention du van où il prenait les identités des mutants.
- Tourne la tête, McRalenti. Il va nous falloir de la main d'œuvre.
Un vent glacial sembla entourer Tony tandis qu'il regardait, de plus en plus proche, les Blake avancer. Se retournant, il se rendit compte que cela provenait peut-être de l'aura dispersée par Gibbs, toujours matérialisé en statue polaire.
- Ils sont accompagnés … Commença Ziva. Je les reconnais. Des mutants.
- Gibbs ? Interrogea Tony. On attaque, ou on défend ?
- Ligne de défense. Répondit l'ex marine, en prenant soin de faire circuler l'ordre également à travers son talkie. Tout le monde sort du bâtiment.
Quelques pas derrière, Fornell fit une tête de plusieurs pieds de longs. Puis, voyant la cohorte qui s'avançait vers eux très rapidement maintenant, il ordonna d'une voix tonnante à tous ses hommes d'engager une évacuation des lieux. Il fallait également faire attention à faire comprendre aux anti-LAM que cela était également pour leur bien.
Puis, une autre rangée d'agents s'avancèrent, armés, pour suivre les ordres de Gibbs et former une ligne. Il ne fallut qu'une minute supplémentaire pour que les traits crispés de Tom et Louisa Blake ne soient discernables.
Voyant que pas un, dans l'équipe adverse, ne remuait le petit doigt, le couple finit par s'arrêter. Le groupe les accompagnants fit de même, et il apparut clair qu'ils avaient amené avec eux des hommes prêts à se battre pour les idéaux de la Ligue. Sans compter les quatre mutants, les « Lames », qui n'avaient pas vraiment choisie cette situation.
Les deux groupes se toisèrent le temps de quelques secondes, avant que Gibbs, qui avait repris son apparence normale, ne s'avance d'un pas.
- Tom et Louisa Blake, vous êtes en état d'arrestation pour meurtre, tentatives de meurtres, manipulation et utilisation de cobayes humains lors de tests cliniques. Lança-t-il d'un ton froid.
Tout autour, les anti-LAM qui étaient sortis des bâtiments par Fornell commençaient à vociférer et proférer différentes insultes en voyant leurs ennemis.
Quant aux Blake eux-mêmes, ils paraissaient encore plus en colère.
- Tout ce que vous direz pourra et serra retenu contre vous devant une cour martiale. Continua alors Gibbs en s'avançant d'un pas, deux paires de menottes à la main.
La tension monta d'un cran, le moment était clairement décisif.
Quelle que serait la décision des Blake, il ne pourrait pas y avoir d'alternative. Soit ils se rendaient,… soit il faudrait se battre.
