Bonjour à tous ! On se retrouve pour le 5ème chapitre de notre nouvelle histoire. D'abord, merci mille fois pour tous vos messages, vos critiques constructives et vos questions ! Vos retours me touchent et me poussent en avant.

J'essaye en général de poster les chapitres le vendredi, mais un imprévu a retardé l'update à dimanche.

Bonne lecture !


Mancipium Carnis

Chapitre 5

Harry fut réveillé par un rayon de soleil qui filtrait à travers ses paupières closes. Il prit quelques secondes pour se resituer avant d'ouvrir les yeux. La première chose dont il se rendit compte fut de sa position confortable. Il était allongé sur le côté, presque roulé en boule dans une position de fœtus. Un jour, Hermione lui avait fait remarquer qu'il adoptait souvent cette position, et que cela montrait son sentiment d'insécurité et son besoin d'être protégé.

Ne voulant pas imaginer la brune l'observant dormir, il se concentra sur son confort, il avait chaud, comme s'il se trouvait dans un cocon et il enfouit son visage dans les draps. Soudain, il ouvrit les yeux, reconnaissant immédiatement l'odeur imprégnée dans la couette.

Il se redressa et tourna la tête vers le côté, mais trouva le reste du lit vide. Il laissa échapper un grognement. Si Draco s'était encore levé au petit matin pour s'en aller, il allait l'entendre. Harry sortit du lit et enfila un t-shirt, tentant de se rappeler quand et comment il s'était déshabillé, puis ouvrit la porte.

Ses narines furent aussitôt titillées par une odeur de bacon qui fit grogner son estomac. Il n'avait pas pris la peine de dîner la veille, pas quand ses entrailles avaient été mises à rude épreuves. Il descendit les escaliers pour se rendre dans la cuisine et étouffa un bâillement.

"Depuis quand tu fais du bacon le matin, Kreattur ?" Demanda-t-il en arrivant dans la cuisine.

Mais ce ne fut pas l'Elfe qu'il aperçut dans la cuisine, une poêle à la main, une serviette jetée sur son épaule. Harry cligna plusieurs fois des yeux alors que, devant lui, Draco avait les yeux rivés sur ce qu'il faisait.

"Bien cuit ?" Demanda-t-il en donnant un vif va-et-vient de la main qui envoya le bacon valser dans les airs.

Harry l'observa quelques secondes, puis tourna les talons.

"Où tu vas ?" Demanda Draco.

"Dans mon lit, attendre de vraiment me réveiller."

Même de dos, il sentit le regard meurtrier du blond sur sa nuque.

"Tu insinues que je ne suis pas capable de faire de simples tâches ménagères ?" Demanda Draco d'une voix qu'il voulut froide, mais qui était teintée d'amusement.

Harry se tourna vers le blond, les sourcils levés.

"Je n'insinue rien, je l'affirme." Répondit-il.

Il s'avança vers le blond, sourire aux lèvres et s'appuya sur le comptoir, jetant un coup d'œil au contenu de la seconde poêle : œufs brouillés et poivrons.

"Il m'a toujours semblé que les Malfoy abhorraient les travaux manuels." Dit-il en tendant une main vers l'une des tranches de bacon. "Eh !"

Il retira vivement sa main en sentant une cuillère en bois le frôler. Près de lui, Draco continuait de regarder fixement devant lui.

"Tu sembles oublier quelque chose, Potter." Cingla-t-il en prenant une assiette posée près de lui. "J'ai vécu presque 2 ans sans baguette. Il a bien fallu que j'apprenne à me débrouiller seul."

Harry observa le blond disposer le contenu des poêles dans les assiettes. Il n'avait pas pensé à ce détail : Draco n'avait pas eu le droit d'utiliser de baguette, et la sienne, qu'il aurait pu utiliser en secret, était restée avec Harry, enfermée dans un tiroir.

Draco prit les deux assiettes et se dirigea vers le salon, suivi de près par Harry. Il s'installa sur le sofa près de la cheminée et déposa une assiette devant Harry. Le brun continua de l'observer, jusqu'à ce qu'il lâche un soupir et finisse par lever les yeux vers lui.

"Quoi ?"

"Tu es venu." Répondit Harry.

Il vit les joues du blond se teinter de rose et ce dernier détourna la tête.

"Bien sûr que je suis venu." Grommela-t-il.

"Tu savais quel jour nous étions ?" Demanda Harry en prenant une première bouchée.

Il laissa échapper un râle en sentant les diverses saveurs se mélanger dans sa bouche. Prenant un morceau de pain posé sur la table, il plongea dans son assiette, émettant des grognements appréciatifs de temps à autres. Près de lui, il entendit le blond soupirer, sans doute à la vue de son manque de manières à table. Il se mit à rire, enfournant un nouveau morceau de pain dans sa bouche.

Soudain, il aperçut mouvement vif du coin de l'œil et vit le blond se pencher sur lui, une main sur la table. Avec un énorme effort, Harry avala et leva les yeux vers Draco, prêt à affronter sa colère.

"Vraiment, Potter." Souffla le blond, et Harry fut surpris de ne pas y déceler de colère.

La voix du blond n'était qu'un murmure et, alors qu'il se penchait un peu plus sur lui, Harry put sentir l'odeur qui avait imprégné ses draps.

"Tu es le sorcier le plus sauvage que j'aie jamais vu." Termina le blond.

Harry ouvrit la bouche pour parler, mais il sentit les lèvres du blond sur les siennes et il jeta un bras autour de son cou, toute notion de petit-déjeuner oubliée.


"Mudungus a finalement parlé." Annonça Harry à ses collègues.

Il vit Neville se redresser sur son siège.

"Vraiment ? Tu l'as fait craquer ?"

"Ouep." Répondit Ron. "Petit Harry est devenu assez grand pour terroriser Dung, qui l'eut cru ?"

Près de Neville, Harry vit Draco lever un sourcil interrogateur qui ne voulait dire que trop clairement Tu aurais pu m'en parler, non ? Harry répondit par un haussement d'épaules, ils n'avaient pas vraiment eu le temps de parler après leur moitié de petit-déjeuner.

Sentant le rouge lui monter aux joues, Harry s'éclaircit la gorge et reprit.

"Il a fini par nous donner le nom de l'un de ses complices. C'est lui qui s'occupe d'organiser des rencontres entre acheteurs et revendeurs. Ils créent un réseau qui profite à ceux qui souhaitent cacher des objets illégaux, en les envoyant chez quelqu'un de sûr."

"C'est pas une mauvaise idée." Répondit Neville. "Un bon moyen de passer sous nos radars."

Harry reporta son regard sur Draco, mais le blond semblait soudain ailleurs, ses yeux étaient perdus dans le vide. Il faisait tourner sa plume entre ses doigts, une chose qu'il ne faisait que lorsqu'il était nerveux.

"Et est-ce que Mudungus t'a donné un nom ?" Demanda Neville.

"Ernie Flaggan." Répondit Harry, les yeux toujours rivés sur Draco.

S'il ne connaissait pas le blond autant, il aurait pu passer à côté de l'éclair qui passa dans son regard. En quelques secondes néanmoins, Draco avait reprit son air indifférent, refusant cependant de croiser le regard du brun.

"Est-ce qu'on a un piste pour le retrouver ?" Demanda Neville.

"Il faut cuisiner Mundungus le plus possible." Répondit Harry en reportant son attention sur lui. "Je m'en charge, je pense avoir plus d'effet sur lui."

Devant lui, Ron et Neville acquiescèrent, de l'autre côté, Draco resta silencieux.

"Neville, tu peux aller chercher le dossier concernant la seconde étape du Tournoi dans le bureau de Kingsley ?" Reprit-il d'un ton qu'il voulait neutre.

Neville se leva aussitôt et Ron lui emboîta le pas.

"Je vais passer voir Hermione." Dit-il en passant près d'Harry. "Elle a un comportement bizarre depuis quelques jours et je veux savoir ce que c'est."

Harry ne croisa pas son regard et attendit que la porte se referme pour se diriger vers le blond, qui était resté assis à son bureau. Il tira une chaise qu'il plaça près de Draco et s'assit, portant son regard sur le tableau où reposaient des dizaines de feuilles et de photos, toutes en relation avec le Groupe des Serpents. Ils n'avaient pas encore pensé à retirer les photos de Goyle, Pansy et Daphné et trois paires d'yeux l'observaient avec dédain.

"Tu veux en parler ?" Demanda Harry d'une voix basse, comme s'il s'adressait à un animal apeuré.

Draco prit une profonde inspiration, puis se pencha sur son bureau, les yeux également fixés sur les photos de ses anciens amis.

"Je connais Ernie Flaggan." Annonça-t-il sans préambule. "Mon père faisait souvent appel à ses services pour cacher des objets compromettants. Surtout depuis l'année où Arthur Weasley avait organisé une descente chez nous. Il avait décidé que garder l'intégralité de nos reliques sous le même toit était dangereux."

Harry remua légèrement, mal à l'aise. Il ne voulait pas dire au blond que c'était lui qui avait encouragé Arthur à organiser cette descente, car à l'époque, il soupçonnait Draco d'avoir ouvert la Chambre des Secrets.

"Tu pourrais donc le reconnaître ?" Demanda-t-il.

Draco secoua la tête.

"Je ne l'ai jamais vu, j'ai juste entendu mon père en parler, c'est tout."

Harry soupira, déçu. Il avait eu l'espoir que Draco puisse les mener à Flaggan et qu'ils auraient enfin pu découvrir quel lien unissait Zabini à l'inconnu de Poudlard. Il releva la tête et se rendit compte que le blond avait la tête baissée, fuyant son regard.

"Qu'est-ce qui ne va pas ?" Demanda-t-il.

Draco releva la tête, presque ennuyé d'avoir laissé le brun le voir comme ça, puis répondit d'une voix légèrement sèche.

"Je me dis juste que tu ne dois pas apprécier d'entendre parler de mes liens avec la Magie Noire."

Harry laissa échapper un petit rire qui lui valut un regard noir du blond.

"Draco, je ne sais pas si tu l'as remarqué, mais je te connais depuis plus de dix ans. Ton passé ne m'effraie pas."

Draco croisa enfin son regard, les sourcils froncés, comme s'il n'arrivait pas à comprendre le brun.

"Pour être franc." Reprit Harry. "Il n'y a plus rien qui puisse me surprendre venant de ton…"

Il se figea soudain, comme si quelqu'un venait de le Stupefixier et son regard se perdit à nouveau dans le vide.

"Harry ?" L'appela Draco.

Mais Harry ne l'entendit pas, foudroyé par une épiphanie qui lui dressa les cheveux sur la tête.

"…de ton père…" Termina-t-il dans un murmure.

"Tu veux bien me faire partager ta révélation ?" Demanda Draco, légèrement agacé.

Harry se leva, faisant racler sa chaise sur le sol, faisant sursauter le blond.

"Eh ! Mais qu'est-ce que tu fais !" S'exclama Draco.

"Je viens d'avoir une idée." Répondit Harry. "Tu dis qu'il n'y a que ton père qui l'ait vu, n'est-ce pas ?"

Draco acquiesça.

"Voilà, je sais que ça va paraître fou, mais ça pourrait marcher."

Il prit une profonde inspiration et se jeta à l'eau.

"Il existe une procédure qui peut être utilisée en cas d'urgence. J'avais entendu Maugrey en parler quand il était Auror. Le Ministère de la Magie peut, de manière exceptionnelle, solliciter l'aide ou les conseils d'un prisonnier sur une affaire en cours. Le prisonnier en question peut ensuite demander une remise de peine, mais je ne sais pas ce qu'il en est des prisonniers à vie."

Harry avait commencé à faire les cent pas, absorbé par son raisonnement.

"Il avaient utilisé cette méthode avec Igor Karkaroff, c'est pour ça qu'il avait pu être remis en liberté. On pourrait donc demander à ce que Lucius soit utilisé comme consultant ! Ce n'est pas une idée qui me plait, le connaissant, mais nous n'avons pas d'autre choix, personne d'autre ne connait ce Flaggan et cuisiner Dung pendrait trop de temps."

Il s'arrêta de marcher et leva les yeux vers le blond.

"Qu'est-ce que tu en dis ?"

Draco était toujours assis, les yeux rivés sur lui, écarquillés dans une expression de pure incrédulité. Après quelques secondes, il cligna des yeux et sembla reprendre ses esprits, puis ses lèvres se serrèrent pour ne plus former qu'une fine ligne et ses yeux se teintèrent de gris.

"Laisse-moi résumer ton petit brainstorming." Dit-il en se levant à son tour. "Tu veux te servir de mon père pour retrouver un fugitif qui veut notre mort et qui n'a pas hésité à enlever ma mère pour ça. C'est bien ça ?"

Ce fut au tour d'Harry de le regarder avec incrédulité. Il n'avait pas pensé que cela mettrait le blond en colère.

"Il ne serait pas en danger." Répondit-il. "On ne lui demandera que de prendre contact avec Flaggan, ce n'est pas comme si ça allait être la première fois !"

Même de là où il se tenait, il put apercevoir le visage du blond se vider de toute couleur.

"Qu'est-ce que tu insinues là, Potter ?"

"Je n'insinue rien, tu l'as peut-être oublié, mais ton père était un spécialiste de la Magie Noire, ça ne sera pas trop lui demander. Peut-être même qu'il y prendra du plaisir."

Il ne savait pas pourquoi il se laissait emporter par la colère, après tout, Draco avait le droit de s'inquiéter pour son père. Mais Harry ne pouvait s'empêcher d'haïr Lucius Malfoy, et, même après tant d'année, le simple fait de l'imaginer près d'eux lui donna la nausée. Il ne pouvait pas pardonner à Lucius ses actions, et surtout, d'avoir entraîné son fils à sa suite.

"Ne parle pas de mon père comme ça, Potter !" S'écria Draco. "Ce n'est pas un larbin que tu peux utiliser à ta guise !"

"Je ne sais pas si tu t'en souviens, mais ton cher papa a essayé de me tuer à plusieurs reprises. Pardonne-moi ne de pas compatir à son sort !" Cracha-t-il. "Et puis ça ne le dérangeait pas d'être le larbin de Voldemort !"

Le blond réagit avec une telle rapidité qu'Harry n'eut pas le temps de bouger. Draco se jeta sur lui et le saisit par le col, le plaquant contre le mur opposé.

"Je t'interdis de parler de lui comme ça." Siffla-t-il.

"Toujours à défendre ton père malgré ses actions inexcusables." Répondit Harry, tentant de garder son visage impassible. "Je vois que certaines choses ne changent pas."

Il vit quelque chose passer dans le regard du blond et fronça les sourcils, n'arrivant pas à en définir la nature. Puis, Draco baissa la tête et laissa échapper un soupir fébrile. Il relâcha le brun et fit un pas en arrière, la tête toujours baissée.

"Certaines choses ne pourront jamais changer." Murmura-t-il, comme s'il ne parlait pas à Harry mais à lui-même. "Parfois, certaines choses sont juste trop…brisées."

Draco semblait regarder un point au niveau du cou du brun et Harry baissa à son tour la tête. Un éclair argenté le fit cligner des yeux, et il aperçu le collier que lui avait offert Narcissa.

"Peut-être que…peut-être que nous sommes trop différents…" Reprit Draco en faisant un pas en arrière.

Harry comprit ce qu'il voulait dire et son sang ne fit qu'un tour. Il secoua vivement la tête et fit un pas en avant.

"Non, je t'interdis de faire ça…ne te sers pas de ça pour faire machine arrière. Pas maintenant !"

"C'est trop…nous n'avons pas pensé aux conséquences." Murmura Draco. "Tu sais bien que notre relation est compliquée."

Draco se tourna pour se diriger vers la porte, mais Harry s'élança vers lui pour lui attraper le bras. Sans qu'il ne comprenne pourquoi, la simple vue du blond lui tourner le dos lui donna le vertige.

"Je ne comprends pas…" Murmura-t-il la gorge nouée. "Tu m'as donné tes souvenirs avec tout ton passé, tous tes sentiments. C'est toi qui as poussé notre relation en avant !"

Draco ne répondit pas, mais Harry sentit le bras qu'il tenait trembler. Soudain, il sentit le blond se dégager mais ne fit aucun geste pour le retenir.

A cet instant précis, la porte s'ouvrit et Neville pénétra dans le bureau, insensible à la tension qui y régnait. Il tendit un dossier à Harry, sourire aux lèvres.

"J'ai hâte de me rendre en France !"

Soudain, il sembla enfin réaliser que quelque chose n'allait pas et il jeta un furtif coup d'œil vers le blond, qui n'avait toujours pas bougé.

"Euh…j'interromps quelque chose ?"

Harry déglutit et ferma les yeux quelques secondes pour reprendre ses esprits.

"Non, Neville, tu n'interromps rien. Malfoy allait juste s'entraîner."

Il ne pouvait pas rester plus longtemps dans la même pièce que le blond sans pouvoir continuer leur conversation. Comprenant qu'il était congédié, Draco quitta la salle sans un regard en arrière.

Neville se tourna vers Harry, le regard empreint d'inquiétude, mais le brun se dirigea vers son bureau et tenta de se plonger dans ses papiers.

"Pour ce que ça vaut, je sais que ta coopération avec Draco n'est pas facile…"

Harry releva doucement la tête et vit Neville assis à son bureau, jouant nerveusement avec l'élastique de son carnet de notes.

"Après tout ce qu'il s'est passé entre vous je veux dire." Reprit-il en sentant le regard d'Harry sur lui. "Mais je pense que…il mérite une seconde chance, non ?"

Neville leva les yeux vers lui et les deux jeunes hommes s'observèrent en silence. Harry était près à donné à Draco une seconde chance, il l'avait déjà fait. Mais quelque chose empêchait le blond de la saisir.


Draco marchait d'un pas rapide vers les salles d'entraînement, sa robe lui fouettant les chevilles à chaque enjambée. Il passa près d'employés qui lui lancèrent des regards furtifs mais il n'y prêta pas attention.

Il avait l'habitude de ce genre d'œillades empreintes de surprise, d'incompréhension et parfois, de dédain. Il savait que son entrée au ministère ne faisait pas l'unanimité auprès des employés, mais il s'en fichait pas mal. Aucun d'entre eux ne connaissait son histoire, son parcours.

Très peu de gens lui avaient manifesté leur approbation : il avait passé quelques temps avec l'équipe de Dean Thomas, mais même au sein de cette équipe, certaines personnes avaient été plus qu'heureux de le voir partir.

Il n'y avait que le groupe d'Harry Potter qui semblait l'avoir entièrement accepté. Il sentit son cœur se serrer en pensant au brun et il secoua la tête pour chasser son image.

"L'imbécile…" Grommela-t-il en tournant à un angle.

Il eut à peine le temps d'apercevoir le couloir dans lequel il venait de déboucher que quelqu'un lui fonça dessus. Une silhouette le percuta de plein fouet et il tituba en arrière, s'appuyant sur le mur derrière lui pour regagner son équilibre.

Quelque part devant lui, il entendit un grand fracas et il releva la tête prêt à lancer une remarque acide à celui ou celle qui venait de le bousculer.

"Je suis désolée…" Entendit-il et il leva les yeux en reconnaissant la voix.

Hermione Granger était agenouillée au sol, rassemblant les livres qu'elle avait fait tomber en percutant le blond. Ses cheveux ébouriffés tombaient en cascade sur ses épaules et son visage, et Draco compris pourquoi la jeune femme ne pouvait voir devant elle. Il soupira avant de se baisser à son tour pour l'aider à ramasser les derniers livres à terre.

"Si tu t'occupais un peu de ta crinière, tu y verrais mieux, Granger."

Du coin de l'œil, il vit la brune se figer et relever brusquement la tête. Leurs regards se croisèrent et il vit un mélange d'émotions danser dans les yeux marron de la jeune femme. Il fronça légèrement les sourcils pour tenter de les décrypter : elle semblait à la fois effrayée et…en colère ?

Draco eut un mouvement de recul. Avait-elle été piquée par ce qu'il venait de lui dire ? Il n'avait pas dit ça dans l'intention de se moquer d'elle, surement l'avait-elle senti dans sa voix, non ?

"Ça va ?" Demanda-t-il en lui tendant les livres qu'il venait de ramasser.

Elle sursauta, comme si elle venait d'être surprise en train de faire quelque chose d'indécent et ses joues se teintèrent de rouge.

"Oh, oui, oui ça va." Répondit-elle en se relevant.

Elle prit les livres qu'il lui tendait et Draco remarqua qu'elle ne le regardait pas. Pourtant, la jeune femme semblait s'être ouverte depuis son retour, attribuant la majorité de son sauvetage au blond. Il n'était pas vraiment d'accord avec elle, mais ne pouvait que profiter de cette ouverture de la part des deux amis d'Harry.

Il l'observa tenter de réajuster sa chevelure en la calant derrière ses oreilles, en vain. Des mèches rebelles continuaient de retomber en cascade. Quelque chose n'allait pas et, sans qu'il ne sache pourquoi, il sentit son estomac se tordre au creux de son ventre. Se pouvait-il que…

"Tu sais où est Potter ?" Demanda-t-il d'une voix désintéressée.

Bien sûr, il savait où était le brun, ayant tout juste été congédié de son bureau, mais il voulait tester quelque chose. Comme il l'avait soupçonné, la jeune femme sursauta et le rouge qui teintait ses joues se répandit sur l'ensemble de son visage. A nouveau, il vit l'embarras et la colère se disputer sur les traits de la brune.

"Je ne sais pas, Malfoy." Dit-elle d'une voix plus sèche.

Elle vérifia que les livres qu'elle portait étaient stables avant de reprendre sa route, passant près de lui sans un mot. Soudain, sans qu'il ne l'ait commandé, sa main se leva de son propre accord et agrippa le bras de la brune, la stoppant net.

"Qu'est-ce que…?!" L'entendit-elle balbutier et, à nouveau, le couloir résonna du bruit de livres s'écrasant au sol.

Il se tourna lentement vers elle, sa main toujours fermement refermée sur le bras de la jeune femme.

"Mais qu'est-ce qu'il te prend ?!" S'écria-t-elle en se tournant vers lui.

Il plongea ses yeux dans les siens et la sentit tenter de reculer. Il ne relâcha pas son emprise.

"Tu sais." Dit-il d'une voix basse et menaçante.

"Je ne vois pas de quoi tu veux parler." Répondit-elle aussitôt, tentant de se dégager.

"Tu es au courant de tout." Continua-t-il et il la vit écarquiller les yeux.

"Je…lâche-moi…"

Mais il sentait la colère bouillir au fond de ses entrailles et il resserra sa poigne sur son bras, insensible à son gémissement de douleur.

"Qu'est-ce que tu lui as dit ?" Demanda-t-il.

"Ça ne te regarde…"

"Ça me regarde, Granger, étant donné qu'il s'agit de moi. Je répète : que lui as-tu dit ?"

Il lut la réponse dans son regard et ne put empêcher le dégoût d'affluer sur son propre visage.

"Tu lui as dit que tu étais contre ?"

"Qu'est-ce que tu voulais que je dise ? Que j'approuve ? Qu'il est mieux avec toi qu'il ne le serait avec une femme qui l'aime plus que tout ?" Gémit-elle.

"Il s'était séparé de la belette bien avant notre histoire." Répliqua-t-il.

Alors c'était pour ça que le brun avait été si désemparé lorsqu'il l'avait trouvé au cimetière, avachi sur la tombe de ses parents. Il avait eu l'impression de voir un fantôme, un homme à moitié mort, prêt à être enterré auprès de ceux qui lui étaient chers. Harry avait toujours donné trop d'importance à l'avis de Weasley et Granger.

Il posa sur elle un regard plein de colère et, à nouveau, elle tenta de se dégager.

"Es-tu au courant de quel jour nous étions hier ?" Demanda-t-il d'une voix si froide qu'il la sentit frissonner sous sa robe. " Peut-être y aurais-tu pensé à deux fois avant de lui balancer ton dégoût au visage."

Enfin, il la lâcha, au moment où un éclair passait dans les yeux de la brune. Elle resta debout, oubliant de reculer et leva une main tremblante à sa bouche, les yeux écarquillés d'horreur.

"Quand je vois la façon dont tu le traites, je suis heureux de ne pas avoir d'amis." Lui siffla-t-il avant de tourner les talons.


Harry était assis sur les marches froides et sombres qui se fondaient dans le décor, presque invisibles dans la pénombre. Ces mêmes marches où il s'était tenu quelques années plus tôt, tentant de hisser un jeune Neville incapable de contrôler le mouvement frénétique de ses jambes.

C'est à cet endroit que la prophétie qu'il avait tenu dans ses mains à l'époque avait glissé d'entre ses doigts pour s'écraser au sol, emportant avec elle les secrets qu'elle contenait. Enfin, c'est ce qu'il avait cru à l'époque, car Dumbledore avait pris soin de lui conter l'horrible tragédie à laquelle il devait prendre part.

Harry leva les yeux vers le centre de la pièce, là où trônait une arche en pierre. La façon dont elle était taillée laissait penser qu'elle était très ancienne, voire antique. Et pourtant, sa surface brillait dans la pénombre, comme si la pierre reflétait une lumière qu'Harry ne voyait pas.

Il détourna les yeux, incapable de la regarder trop longtemps, de résister à l'envie d'y pénétrer et de crier le nom de son parrain, de le faire revenir. Mais il n'y avait rien à faire revenir, Sirius était mort, il avait vu son fantôme en utilisant la Pierre de Résurrection. Mais il était inexorablement attiré par le mystère qui entourait cette arche. D'où venait-elle ? Quel était son but ? Personne au ministère ne semblait apte à lui répondre, la plupart de ses collègues ne s'étant jamais aventurée dans les couloirs du Département des Mystères.

Lui-même n'avait eu le courage de revenir que depuis quelques semaines. Il avait comme l'impression que Sirius avait laissé son empreinte dans ces lieux. Quoi qu'il arrive, quoi qu'on lui dise, c'était là la véritable tombe de Sirius Black.

Comme pour répondre à ses pensées, il entendit, comme il l'avait fait des années plus tôt, des voix. Elles étaient basses et fantomatiques, semblant émaner de l'arche elle-même. Harry se redressa et, d'une voix tout aussi basse, chuchota.

"Sirius ?"

Il savait que c'était stupide, mais il ne put empêcher l'appel qui franchit ses lèvres. Après quelques secondes, il se laissa retomber sur le mur contre lequel il s'était appuyé. Il resta silencieux plusieurs minutes, puis, sans qu'il n'y réfléchisse, il se mit à parler.

"Qu'en aurais-tu pensé ?" Demanda-t-il, ses yeux se perdant sur ce qui avait constitué le dernier champ de bataille de son oncle. "M'aurais-tu épaulé ?"

"Je sais que ce n'est pas une relation que d'autres qualifieraient de normale. C'est un homme et un Malfoy…mais tu n'as jamais été quelqu'un qui se conformait au normal, pas vrai Patmol ?"

Il entendait la justification et la pointe de désespoir dans sa voix, mais il voulait que quelqu'un, mort ou vivant, soit de son côté. Il porta une main au collier offert par Narcissa et le serra fort.

"En partant du monde magique, j'étais sûr que je finirais ma vie seul, incompris et prisonnier de mon passé…un peu comme toi. Tu vois ? Mais maintenant…"

Il se revit à Horfield, seul dans son appartement, se complaisant dans sa solitude, incapable de voir que c'était justement de compagnie dont il avait besoin, de quelqu'un qui l'accepte avec son passé, ses torts, des failles. Et le destin avait voulu le guider jusqu'à Draco Malfoy, la dernière personne à laquelle il aurait pensé.

"Moi non plus, je n'aurais jamais pensé ça possible, mais maintenant que je le connais…que je sais, j'aimerais…"

Il se tut et leva à nouveau la tête, cette fois-ci vers l'endroit où lui et Sirius avaient affronté Lucius et Dolohov. Il soupira et secoua la tête.

"Tu aimerais ?" Entendit-il dans son dos et il sursauta si brusquement qu'il glissa sur les dernières marches et atterrit au bas de l'escalier.

Il leva la tête et ses yeux se posèrent sur la personne qui était appuyée contre le muret en pierre qui signait le début des escaliers.

"Tu m'as fait peur." Grogna Harry en se relevant.

"Et toi, tu devrais éviter de parler de ce genre de choses à voix haute." Répondit Draco en descendant les escaliers. "Imagine si j'avais été quelqu'un d'autre ?"

"Personne ne vient jamais ici." Répliqua Harry en se massant le bas du dos. "Personne ne sait venir ici. D'ailleurs, comment tu m'as trouvé ?"

"Pas étonnant que personne ne s'aventure ici. Tu sais comment cette salle s'appelle ?" Demanda Draco en jetant un coup d'œil circulaire à travers la pièce.

Les yeux du blond se posèrent sur l'arche et Harry vit ses yeux se voiler légèrement. Il reconnaissait ce regard, le blond était inquiet. L'avait-il entendu appeler Sirius ?

"C'est la salle de la Mort." Continua-t-il. "L'une des six salles les plus secrètes du Ministère."

Harry leva les yeux vers la sortie, puis reprit.

"Je me souviens des autres, du temps où nous étions venus ici. Nous avons visité la salle des planètes, celle des cerveaux, du temps, des prophéties et…celle-ci."

Il se perdit quelques secondes dans ses pensées avant de reprendre.

"Comment s'appelle la dernière salle ?"

"La salle de l'Amour." Répondit Draco. "Personne n'y a jamais pénétré. On dit qu'elle est scellée par un millier de cadenas, mais qu'une seule clé peut tous les ouvrir."

Harry leva les yeux vers lui et remarqua que le blond ne voulait pas croiser son regard.

"Pourquoi es-tu venu, Draco ?" Demanda-t-il.

Il vit Draco se redresser légèrement, comme s'il se donnait du courage puis, enfin, le blond baissa les yeux vers lui.

"Ton idée de faire appel à mon père…" Commença-t-il, mais Harry secoua la tête.

"Tu sais très bien que ce n'est pas de ça dont je veux parler."

Il vit une pointe d'agacement passer dans les perles grises mais ne cilla pas. Il se fichait bien de Lucius et de ce qu'il pouvait en faire, la seule chose qui l'importait était ce que lui avait dit le blond avant qu'ils ne soient interrompus par Neville. Voulait-il vraiment mettre un terme à leur relation ? Après tout ce qu'ils avaient vécu ?

"Je pensais juste que…" Commença le blond en s'avançant vers l'arche, si bien qu'Harry ne voyait plus que son profil. "Cette relation ne semble t'apporter que des soucis, alors peut-être que…"

A nouveau, Harry secoua la tête, et peut-être que Draco l'aperçut du coin de l'œil car, à nouveau, il se tut.

"Arrête, ne te cache pas derrière cette excuse pour me jeter tes peurs au visage."

Harry savait qu'en utilisant le mot peur, le blond réagirait, et il avait raison. A ces mots, Draco fit volte-face et lui lança un regard torve.

"Je n'ai pas peur, Potter."

"Bien sûr que si. Comment expliquer ton comportement sinon ? Il y a de cela quelques semaines, tu voulais que je parle de notre relation aux Weasley et aujourd'hui tu me parles de rupture ? Où est la logique là-dedans ?"

Draco ouvrit la bouche pour répliquer, puis la referma, ses lèvres formant une ligne fine. Harry sentait qu'il voulait lui dire quelque chose, mais n'osait pas.

"Je ne comprends pas." Dit-il en s'approchant du blond. "Tu m'as montré tes souvenirs, non ?"

Ce fut au tour de Draco de secouer la tête et Harry s'arrêta à quelques pas de lui.

"Tu ne comprends pas…" Murmura Draco.

"Alors explique-moi." Répondit Harry.

"Ce jour-là, je pensais que j'allais mourir." Répondit Draco. "J'étais certain de ne plus jamais te revoir, alors j'étais parfaitement à l'aise en te laissant mes souvenirs, car je savais que je n'aurais pas à te faire face, à subir ton jugement, ton rejet. Et puis…"

Et puis Harry l'avait sauvé. Il avait remué ciel et terre, traqué le Groupe des Serpents jusqu'à leur cachette à l'autre bout de la Grande-Bretagne. Et il avait extirpé le blond de leurs griffes juste avant que ce qu'il avait imaginé ne se réalise.

Depuis, Draco s'était sans doute trouvé dans une situation délicate. Il savait qu'Harry avait des sentiments pour lui, mais il devait être convaincu que jamais ceux-ci n'atteindraient les siens, lui qui avait bu la potion d'Amore Verdare et qui savait qu'Harry était son âme sœur. Cela expliquait donc certaines de ses actions, et pourtant, la nature de certaines restait sans réponse.

"Mais, je ne comprends pas, tu as vu mes souvenirs, non ? Tu as vu que moi aussi j'avais bu la potion."

Draco baissa la tête et laissa échapper un soupir fébrile.

"Tu ne comprends pas, tu ne vois toujours pas l'intégralité de cette relation. Que moi je sois... amoureux de toi, cela reste normal : tu es Harry Potter, le Survivant, le gentil héros toujours prêt à se sacrifier pour les autres."

Il leva les mains et un sourire amer se dessina sur ses lèvres.

"Mais moi, je reste Draco Malfoy, ancien Mangemort, allié de Voldemort."

"Ne dis pas ça." Grogna Harry en s'approchant.

"Mais c'est vrai. Et tu es le dernier à pouvoir oublier ça. Alors de qui pourrais-je bien être l'âme sœur ?"

Et finalement, Harry comprit. Ce qui effrayait Draco, le laissait même complètement incrédule était que lui-même soit l'âme sœur d'Harry.

Et il ne s'en sentait pas digne.

"De moi, apparemment." Dit-il en franchissant les derniers mètres qui les séparaient.

Il agrippa un pan de la robe du blond et leva la tête pour croiser son regard.

"Et j'en suis très fier."

Draco fronça légèrement les sourcils et chercha le visage du brun, à l'affut du moindre signe qu'Harry mentait ou en rajoutait. Finalement, il laissa échapper un soupir.

"J'espère qu'un jour j'arriverai à comprendre ta façon de penser, parce qu'elle m'échappe complètement."

Ils se regardèrent un instant puis s'avancèrent en même temps, bras ouverts, pour s'enlacer.

"Désolé d'avoir dit ça sur ton père." Murmura-t-il contre l'épaule du blond.

"Je comprends. Je ne peux pas te demander de l'aimer, il y a trop d'histoire entre vous. Toi et moi, nous n'avons pas connu le même homme."

Doucement, Draco se détacha de lui.

"Au sujet de mon père…"

"Si tu ne veux pas, alors on ne le fera pas." Le coupa Harry.

"Non, tu avais raison. Il est notre seul espoir. Mais je veux que l'on fasse tout pour le protéger."

"Promis."

"Sortons d'ici." Murmura Draco en levant les yeux vers l'arche. "Je n'aime pas cette pièce."

Harry lui tendit une main que le blond accepta, non sans avoir levé les yeux au ciel.


Harry se tenait debout devant l'imposante porte en pierre. Dans un mouvement défensif, il releva les épaules et y cala la base de sa tête, tentant de ne pas réagir au froid ambiant. Un long râle se fit entendre au fond du couloir qui s'ouvrait à sa droite et il retint un frisson in extremis.

"Voulez-vous que je vous laisse seul, Mr Potter?" Entendit-il dans son dos.

Il se tourna vers le vieil homme qui haletait bruyamment à ses côtés. Visiblement, il ne voulait rien d'autre que de pouvoir retourner dans sa loge pour se reposer. Cela arrangeait le brun, qui acquiesça et il attendit que l'homme vienne pointer sa baguette sur la porte. Une série de clics se fit entendre et la porte s'entrouvrit.

"Refermez la porte en sortant, les sorts protecteurs s'activeront automatiquement."

Harry attendit que les bruits de pas s'éloignent avant de se tourner à nouveau vers la porte. Il tendit l'oreille pour tenter de capter un bruit, mais n'entendit que le sifflement des couloirs. Il prit une profonde inspiration et poussa la porte, qui s'ouvrit dans un grincement qui retentit dans la pièce.

Il s'arrêta sur le pas de la porte, laissant à ses yeux le temps de s'habituer à la pénombre. Les murs étaient en pierre, une sorte de pierre qui semblait avoir été conçue spécialement pour ne refléter aucun rayon de lumière, si bien qu'il dut sortir sa baguette et la pointer devant lui.

"Lumos."

"Qui est là?" Entendit-il aussitôt.

Apparemment, la personne qu'il apercevait assise au fond de la pièce avait noté la voix inconnue et Harry s'avança. Il pointa sa baguette vers l'homme, qui se recroquevilla et leva un bras pour protéger ses yeux de la lumière qui émanait de la baguette du brun.

Harry baissa les yeux vers lui, et la lumière qu'il projetait entoura les cheveux blond d'un halo doré. Un œil gris se dégagea difficilement du bras levé et Harry fut frappé par tant de ressemblance avec ceux qu'il croisait tous les jours. L'œil se posa sur lui puis, après quelques secondes, s'écarquilla, laissant apparaître l'ensemble de l'iris.

"Bonjour Lucius."

A suivre.


Et voilà, c'est tout pour ce chapitre 5, j'espère qu'il vous aura plu ! A noter que je pars en vacances pour 4 jours durant lesquels je n'écrirai pas. Je tâcherai de livrer le chapitre 6 pour dans 2 semaines comme prévu, mais si vous notez quelques jours de retard, ne m'en voulez pas !

Comme toujours, toutes les reviews sont les bienvenues ! Aussi, 2 croquis sont disponibles dans mon Tumblr Elendil's fanart (voir lien sur profil).