Bonsoir à tous ! Je commence par m'excuser pour ce second retard. Pour être honnête, j'ai eu beaucoup de travail ces dernières semaines et j'ai eu du mal à trouver le temps de rédiger. Donc pardon pardon ! Ce que je vais faire à présent, c'est qu'à chaque retard (que je tâcherai d'éviter au max !) je posterai quelque chose sur mon Tumblr (cf mon profile). Ensuite, merci pour tous vos messages, vos commentaires, j'adore recevoir des Review alerts, c'est mon pêché mignon !
Voilà, sans plus attendre, le chapitre 8 !
Mancipium Carnis
Chapitre 8
Harry était assis sur une chaise argentée posée près d'une fenêtre. Il était vêtu de sa robe d'Auror, mais son insigne d'Auror-en-chef était posé sur la table qui lui faisait face. Il avait la tête tournée vers la droite, le regard en contrebas, observant le paysage défiler à grande vitesse. Il cligna des yeux lorsqu'un large lac apparut soudainement, ébloui un instant par le soleil hivernal qui en faisait scintiller la surface.
"Eh, Harry !"
Le brun tourna la tête vers la porte qui donnait sur un étroit couloir et vit Neville s'avancer vers lui. Le jeune Auror prit place face à lui et posa les papiers qu'il tenait sur la table qui les séparait.
"Je pense qu'il y a un problème dans ces papiers." Reprit Neville en se grattant l'arête du nez à l'aide de la plume qu'il tenait. "Il y a écrit que l'on doit arriver le 10 février, mais nous sommes le 9 aujourd'hui. Comme le trajet ne durera pas plus de 5 heures, nous serons toujours le 9 en arrivant à Marseille."
"Tu oublies que la France a 1h en plus, ce qui fait que nous arriverons bien le 10 février à 00h15 si tout se passe bien." Répondit Harry.
"Mais oui !" S'exclama Neville en se frappant le front. "J'avais oublié le décalage horaire ! Merci Harry, je vais mettre à jour le planning alors." S'exclama Neville en bondissant de sa chaise.
Harry acquiesça et le regarda sortir d'un pas rapide. Il allait reporter son attention sur le paysage lorsqu'une nouvelle personne entra dans la pièce. Harry se redressa sur sa chaise, soudain mal à l'aise.
"Eh." Lança-t-il.
"Eh." Répondit Ron en prenant la place que venait de libérer Neville.
"Tout se passe bien ?" Demanda Harry en scrutant son meilleur ami.
"Oui, les Sombrals n'ont pas l'air fatigués du tout. Vraiment étranges ces créatures, encore plus maintenant que je peux les voir..."
Ron se tut un instant et Harry n'eut pas besoin de lui demander à quoi il pensait. Il savait très bien que les nombreuses morts auxquelles ils avaient assistés avaient changé beaucoup de choses. Hermione et Ron pouvaient à présent voir les Sombrals aussi bien que lui-même.
Cela les avaient aidé lorsqu'il avait fallu décider de la manière dont ils allaient se rendre en France pour la Seconde tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Le ministère n'avait pas de sous-marin ou de calèche géante à sa disposition, cependant, après plusieurs jours de réflexion, ce fut Neville qui trouva la solution. Il proposa d'utiliser un avion pour se rendre à Marseille, ainsi, il n'y aurait pas de risque d'être aperçu des Moldus français.
Le soucis était que personne au ministère n'avait les connaissances nécessaires pour piloter un avion. Cependant, une fois de plus, Neville proposa une solution simple : utiliser des Sombrals pour tirer l'avion, tout comme ils tiraient les wagons menant à Poudlard. Il suffirait de leur donner l'adresse exacte et les chevaux ailés s'y rendraient automatiquement grâce à leur sens inné de l'orientation.
Ce fut avec le plus grand plaisir qu'Arthur Weasley se proposa de trouver l'avion en question et il revint une semaine plus tard avec un jet privé qui était vendu pour pièces par un riche Moldu, car hors service. Harry, Ron et Neville s'étaient ensuite chargés de l'ensorceler afin qu'il puisse accueillir la vingtaine de personnes composant la délégation britannique.
"En tout cas," Reprit Ron "le plan se déroule comme prévu. Les Sombrals semblent savoir où ils vont et le ciel est clair, ce qui ne devrait pas engendrer de retard."
Harry hocha la tête, puis un silence pesant tomba entre eux. Harry posa les yeux sur le roux et vit son regard résigné, refusant de croiser le sien. Finalement, au bout de plusieurs secondes de silence, le brun ne put se retenir plus longtemps.
"Comment va Ginny ?"
Refusant toujours de le regarder, Ron secoua légèrement la tête, son regard voyageant sur les papiers laissés par Neville.
"Je n'en sais rien. Elle refuse toujours de me voir. Elle ne veut voir personne et est restée cloîtrée chez Fleur et Bill depuis Noël."
Harry laissa échapper un soupir. Il était encore marqué par ce qu'il s'était passé cette nuit-là.
"Ginny…" Appela Hermione.
La rousse le regardait avec des yeux écarquillés d'horreur, ses longs cheveux flamboyants brillants à la lumière du perron, le souffle haletant.
Ce fut comme si le temps s'était arrêté. Harry n'entendait plus le grondement du vent, ne sentait plus le souffle froid qui faisait fouetter le bas de sa cape, ne voyait plus le brouillard blanc qui s'était levé durant la soirée. Ses yeux étaient rivés sur la silhouette qui se tenait toujours en haut des marches du perron. Ginny le regardait avec un mélange d'incrédulité et d'horreur qui firent frémir ses entrailles.
Le froid ambiant avait rendu la peau de la rousse aussi blanche que de la porcelaine et Harry eut un instant de clarté durant lequel il prit en compte la tenue légère de la jeune femme. Si elle restait encore longtemps dehors, elle finirait par attraper froid. Et pourtant, Harry était incapable de bouger ou de parler, il était comme cloué sur place par le regard de la rousse.
Finalement, ce fut Hermione qui reprit contenance en premier. Elle s'avança vers Ginny en prenant soin de contourner les débris de verre au sol et leva une main vers elle.
"Ginny, tu ne devrais pas rester dehors par ce froid..."
Ginny leva une main pour la stopper et Hermione se figea, la main suspendue en l'air. Après quelques secondes de silence, la voix de la rousse se fit entendre, plus froide que le blizzard qui s'engouffrait à présent dans ses cheveux.
"Tu étais au courant ?" Demanda-t-elle sans tourner la tête vers Hermione.
La brune lança un regard apeuré vers Harry mais le brun ne pouvait détacher ses yeux de la rousse.
"Oui...oui je savais, mais Ginny..."
"Tais-toi." La coupa la rousse, et Hermione se tut.
Finalement, Ginny bougea et elle s'avança doucement vers Harry, piétinant les morceaux de verre à ses pieds. Elle descendit les escaliers lentement, comme si elle était entrée dans une semi-transe, et Harry comprit enfin ce qui l'empêchait de bouger. Ce n'était pas le regard de la rousse, mais l'aura qui se dégageait d'elle qui le clouait au sol. Instinctivement, il jeta un furtif coup d'œil aux mains de Ginny, mais n'y trouva aucune baguette. Comment était-ce possible ?
Après quelques secondes qui lui parurent une éternité, Ginny arriva face à lui. Maintenant qu'elle était proche, il put remarquer plusieurs détails : le visage de la jeune femme ne portait aucune trace de rougeur, comme c'était toujours le cas lorsqu'elle était exposée au froid. Elle ne tremblait pas et sa longue chevelure se balançait légèrement derrière elle, mais à contre-sens du vent.
"Ginny..." Commença-t-il avant de se taire.
Il ne savait pas quoi lui dire. Que pouvait-il dire dans un cas pareil ?
"C'est vrai ?" Demanda-t-elle et à nouveau il fut surpris par la froideur de sa voix. "Tu es avec Malfoy ? Draco Malfoy ?"
Harry l'observa un instant, interdit. Il voulait nier, lui dire qu'elle avait mal entendu, mal interprété ses propos, mais il ne voulait plus mentir. Pas à Ginny. Il prit une profonde inspiration.
"Oui. C'est vrai."
Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent un peu plus et il put apercevoir l'intégralité de ses iris noisettes.
"Je suis désolé, Ginny, j'aurais aimé que tu l'apprennes autrement, je voulais vous en parler mais..."
Il vit quelque chose vibrer dans les yeux de la rousse et elle fit un pas en arrière secouant la tête une fois.
"Tu l'aimes." Affirma-t-elle, reconnaissant quelque chose dans ce qu'il venait de dire.
Harry ferma les yeux et, après quelques secondes, hocha la tête. Il attendit que la rousse réagisse, toujours les yeux fermés, acceptant tout ce qui pourrait venir. Il s'attendait à recevoir une gifle, ou des coups, peut-être même un sort.
Il entendit un éclat de rire qui le fit se figer. Il ouvrit doucement les yeux et releva la tête vers la jeune femme qui riait face à lui. Il reconnut aussitôt ce rire nerveux, dénué d'humour. C'était le genre de rire qui nous échappait lorsque l'on atteignait une limite psychologique.
"Ginny." Tenta-t-il en s'avançant, mais la jeune femme recula, levant les bras pour les tenir hors de sa portée.
"Depuis ton retour du monde moldu, j'ai attendu que tu te reconstruises, que tu fasses le tri dans ta vie pour que l'on puisse..."
Elle fit une grimace de dégoût et cette fois-ci, son regard se chargea de colère.
"Mais tu étais trop occupé à te construire une relation avec ce Mangemort..."
"Draco n'est pas..."
"Ne le défends pas devant moi !" S'écria-t-elle et il vit l'air l'entourant devenir flou.
Qu'est-ce qu'il venait de se passer ?
"Après tout ce qu'on a vécu, après tous ceux que nous avons perdus à cause de gens comme lui !"
"Ginny, tu ne comprends..."
Harry s'avança à nouveau et agrippa le bras de la jeune femme. Il voulait lui faire comprendre, lui faire entendre raison.
"Ne me touche pas !" Hurla Ginny.
Soudain, Harry sentit quelque chose le percuter de la tête aux pieds et il fut propulsé en arrière, atterrissant à plusieurs mètres de la rousse. A travers le sifflement du vent, il entendit quelqu'un crier son nom. Il tenta de reprendre son souffle, de se relever mais son corps ne lui répondait plus. Il sentit le sol vibrer sous son dos et, quelques secondes plus tard, une main se posa sur son torse.
"Harry ! Harry ! Ça va ?" Entendit-il Hermione crier au-dessus de lui.
Il hocha la tête et accepta son aide pour se redresser. Son corps semblait lourd et il sentait des picotements au niveau de ses extrémités. Il releva la tête et, à nouveau, son regard croisa celui de Ginny. La rousse semblait tout aussi surprise que lui par ce qu'il venait d'arriver et elle baissa les yeux vers ses mains, comme pour y chercher la cause.
Soudain, ils entendirent des bruits venant de l'intérieur, puis Ron, George et Molly apparurent sur le seuil de la porte.
"Par Merlin ! Ne laissez pas la porte ouverte ! " S'écria Molly.
"Qu'est-ce qu'il se...Ah !" S'écria Ron en faisant un bon sur le côté après avoir marché sur le verre brisé.
Ginny ne se tourna pas vers eux et son regard se porta à nouveau vers Harry. A nouveau, son regard se remplit de colère, mais Harry y aperçut la souffrance de la rousse. Il tenta de se relever, mais retomba à genoux sur la neige qui commençait à s'infiltrer dans son pantalon.
"Ginny." Appela-t-il en levant vers elle un regard implorant.
Ginny l'observa un moment avant de secouer la tête, puis, sans un regard pour les autres, elle courut vers l'imposant arbre qui faisait face à la maison, là où la barrière protectrice s'arrêtait, puis, avant qu'aucun d'entre eux ne puisse réagir, elle disparut.
Harry se passa une main nerveuse sur le visage et laissa échapper un nouveau soupir. Pour tout dire, il avait été surpris de ne pas voir Ron débarquer chez lui quelques heures après son conflit avec Ginny pour lui demander des explications sur sa relation avec Draco. Mais, contre toute attente, la rousse n'avait rien dit. Elle s'était réfugiée chez son frère et n'avait touché mot à sa famille.
Harry ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. C'était de sa faute si les Weasley étaient dans un état d'inquiétude constante. Bien sûr, ils savaient tous que cela avait un lien avec leur relation, mais ils n'avaient rien demandé au brun. De plus, il savait qu'il ne s'agissait là que d'un répit temporaire accordé par la rousse et qu'il devrait avoir une discussion avec les Weasley tôt ou tard.
Une troisième personne entra dans la pièce et Harry leva les yeux vers le nouvel arrivant, qui vint se tenir près de Ron pour faire face au brun.
"Nous venons de parler avec le chef des Aurors français, Marvin Lepage. Une délégation nous attend dans l'espace aérien de Marseille pour nous guider vers l'école."
Ron laissa échapper un petit grognement.
"Pourquoi tout ce secret ?" Marmonna-t-il. "Ils connaissent parfaitement l'emplacement de Poudlard !"
"On ne peut pas vraiment leur en vouloir avec tout ce qu'il s'est passé en Grande-Bretagne." Répondit Draco.
Harry ne put s'empêcher de remarquer que le blond semblait tendu. Depuis Noël, les deux hommes étaient tombés dans une monotonie latente. Harry n'avait pas eu le courage de lui avouer ce qu'il s'était passé avec Ginny, et Draco avait semblé occupé de son côté. Ils se voyaient toujours au travail et Draco passait toujours quelques nuits chez le brun, mais quelque chose était différent et, bien que les deux hommes aient pris conscience de ce fin fossé qui semblait se creuser entre eux, aucun n'avait fait le moindre effort pour le combler.
De son côté, Harry avait été pris par l'organisation de la Seconde tâche ainsi que du transport et de la sécurité. De plus, chaque instant de repos le ramenait à cette soirée où Ginny l'avait repoussé une fois pour toutes, aussi bien physiquement qu'émotionnellement. Il devait avouer que cet événement l'avait touché plus qu'il ne s'y était préparé. Il ne pouvait s'empêcher de revoir le visage blanchâtre de la rousse et ses yeux empreints de colère. Elle avait fait preuve d'une force extraordinaire, s'en était-elle rendue compte ?
En tout cas, si une personne s'était rendue compte de cette puissance, c'était Hermione.
"Ginny a fait preuve d'une puissance rare. Comme tu t'en es rendu compte, très peu de personnes peuvent faire de la magie sans baguette et cela n'arrive en général que dans un moment de grand stress. Mais Ginny n'est pas une sorcière comme les autres, tu te souviens de ce que nous avait dit Remus ? Elle est la septième fille d'une septième fille et une légende bien connue des sorciers dit que le septième enfant d'un septième enfant est doté de pouvoirs extraordinaires."
Était-ce vrai ? Ginny était-elle une sorcière hors du commun ? Légendaire ? En y réfléchissant bien, il avait vu la rousse réaliser de puissants sortilèges pendant leur scolarité, et il avait toujours su qu'elle était douée pour son âge. Mais de là à parler de légende...
Alors qu'il portait les yeux vers le hublot à sa droite, il aperçut des montagnes enneigées à perte de vue, ce qui lui rappela brièvement les zones montagneuses anglaises. Soudain, alors qu'ils passaient au-dessus d'un pic à la blancheur immaculée, il aperçut les contours d'un splendide château. En s'approchant, il put discerner les ornements qui dessinaient la silhouette de Beauxbâtons et la grande porte aux éclats argentés.
Une fois de plus, Harry était assis dans le box du jury, qui avait été installé dans la cour arrière du château. La neige avait été retirée de la zone de compétition, créant un immense rectangle vert, laissant apparaître l'herbe gelée.
"Mesdames, Messieurs !" Annonça la voix de Jordan, qui résonna dans le box. "Bienvenue à la Seconde tâche du Tournoi des Trois Sorciers !"
Un torrent d'applaudissements retentit et Harry vit apparaître des banderoles aux couleurs de Beauxbâtons dans les gradins. Il devait avouer que le paysage était extraordinaire : le château était au centre d'une chaîne de montagnes enneigées, rendant les alentours lumineuses et brillantes. A sa droite, l'élégant château aux ornements argentés scintillait sous le soleil hivernal comme un énorme bijou.
"Pour ceux d'entre vous qui n'ont pas assisté à la Première tâche, voici un petit résumé : les champions des trois écoles devaient affronter un Cerbère afin de récolter une clé attachée à son cou. Chaque clé ouvre un coffre spécifique enterré quelque part dans ce terrain. Les coffres contiennent également des pièces d'or, ce qui constitue un avantage pour les participants. Car chacun devra choisir un Niffleur et chercher le coffre dont la couleur correspondra à celle de sa clé."
Le regard d'Harry s'abaissa vers le terrain dépourvu de neige qui avait été entouré de palissades en bois pour l'occasion. Posté à la porte principal, Draco observait les alentours et les animaux qui lui faisaient face. Harry ne put s'empêcher de le trouver élégant dans sa façon de bouger sur le terrain et il eut envie de le rejoindre.
"Mais cette tâche contient aussi un petit piège : tous ces animaux ne sont pas des Niffleurs, mais des créatures métamorphosées. Il n'y a que 3 vrais Niffleurs parmi les 10 animaux disponibles. Nous allons voir si ces champions ont bien suivi leurs cours de Soin aux Créatures Magiques !"
Un éclat de rire général fit trembler les gradins et Harry ne put retenir un sourire. Jordan était vraiment un très bon commentateur.
"L'ordre de passage est le suivant : en premier avec 45 points, la championne de Mahoukko, Miyako Kazaki. Puis avec 42 points, le champion de Beauxbâtons, Jérôme Miollet !
A nouveau, une salve d'applaudissements accueillit le nom du champion français et Jordan attendit que les spectateurs se calment pour reprendre.
"Et enfin, avec 41 points, le champion de Poudlard, Rupert Dickens !"
Harry reporta son regard vers Draco et croisa deux perles grises qui semblaient l'observer depuis un moment. Le brun hocha la tête en signe de reconnaissance et Draco retourna à sa ronde de prévention. Après quelques minutes, la jeune japonaise entra dans le terrain, baguette à la main, et s'avança vers la rangée de Niffleurs. Elle s'arrêta devant les animaux, réfléchit un instant et porta une main à ses cheveux. Elle tendit ensuite la main en avant et, après quelques secondes, le Niffleur à sa gauche s'avança vers elle.
"Formidable !" S'écria Jordan. "Kazaki s'est servie d'une boucle d'oreille en or pour trouver son Niffleur ! A-t-elle remarqué que certains d'entre eux n'étaient pas vrais ? Et c'est sans la moindre hésitation qu'elle s'élance vers le terrain !" Commenta Jordan.
Harry vit la jeune femme suivre l'animal en courant d'un pas mal assuré sur la terre fraîchement retournée. Soudain, quelque chose surgit de sous terre et agrippa la jambe de la jeune femme, qui fit volte-face. Un jet de lumière violet sortit de sa baguette et vint percuter la créature de plein fouet.
"Wow ! Kazaki vient de se faire attaquer par un Botruc ! Pour ceux qui comme moi ont séché la plupart de leurs cours de Soin aux Créatures Magiques, le Botruc est un animal qui ressemble à la branche d'un arbre mais qui est très agressif lorsque l'on s'approche trop de son habitat naturel. Mais Kazaki s'en est très bien sortie !"
Harry ne put retenir un sourire appréciatif. Même s'il devait avouer que les épreuves de ce tournoi étaient moins spectaculaires que celui auquel il avait participé, il appréciait le niveau technique de celui-ci. Au moins, la peur qu'un champion ne soit mortellement blessé laissait place à l'excitation de la découverte et du suspense.
Après quelques minutes, le Niffleur de la Japonaise se mit à creuser frénétiquement la terre, s'y enfonçant à moitié. Il en ressortit avec un coffret en bois entre les dents qu'il traîna sur plusieurs mètres.
"Le coffre est sorti ! Mais s'agit-il du bon ?"
Kazaki courut vers le Niffleur et lui jeta sa boucle d'oreille afin de l'éloigner du coffret. Puis elle se pencha sur le coffre et y enfonça la clé qu'elle avait gardé autour du cou. Le coffret s'ouvrit aussitôt et les spectateurs applaudirent à nouveau.
"Fantastique ! Quelle chance ! Kazaki a trouvé le bon coffret du premier coup ! Serait-ce la chance du débutant à laquelle nous sommes en train d'assister ?"
Kazaki sortit un rouleau de parchemin du coffre, qu'elle ouvrit. Elle scanna le papier, les sourcils froncés.
"Ce que ne savent pas nos champions est que des indices sont écrits sur ce parchemin. Mais il faudra que ces champions trouvent le moyen de révéler ces inscriptions avant le début de la Troisième tâche. Félicitation à Kazaki ! A présent, veuillez accueillir le second champion en lice : Jérôme Miollet !"
Draco était posté au niveau de l'entrée du jardin, prêt à intervenir au cas où quelque chose ne se passait pas comme prévu. Il n'était pas vraiment rassuré de voir autant d'animaux sauvages mélangés et camouflés. Il ne pouvait pas savoir lesquels d'entre eux étaient potentiellement dangereux.
Il sursauta légèrement en voyant un Niffleur courir vers la championne japonaise et il sortit sa baguette. Mais l'animal passa près d'elle sans lui adresser le moindre regard et continua sa course vers un autre Niffleur, sur lequel il se jeta pour entamer un combat amical.
Draco s'apprêtait à ranger sa baguette lorsqu'il fut pris d'une migraine fulgurante. Il ferma les yeux et fit un pas en arrière, assailli par une lumière aveuglante. Il sentit son dos cogner contre quelque chose et s'y appuya lourdement, enfonçant la paume de ses mains dans ses yeux. Soudain, dans un éclair de douleur, il revit une image, un visage. Il reconnut le reflet qu'il avait aperçu dans le miroir offert par Harry et poussa un gémissement apeuré en croisant les yeux jaunes.
Il rouvrit les yeux, et se redressa avec peine, haletant. Il voulut reporter son regard sur la compétition mais sa vue se brouillait à chaque fois qu'il levait la tête. A présent, les alentours lui parurent trop brillants, trop blancs, et il se sentit gagné par un vertige.
Soudain, il sentit une main se poser sur son épaule et pivota brusquement. Il perdit légèrement l'équilibre mais quelqu'un l'empêcha de tomber en le maintenant par le coude.
"Draco, ça va ?" Entendit-il et il rouvrit les yeux avec peine.
Norman Petish se tenait devant lui, le regard chargé d'inquiétude. Sa peau d'ordinaire laiteuse était encore plus blanche, surpassant la blancheur typique des Malfoy. Par conséquent, ses tâches de rousseur ressortaient vivement sur sa peau.
"Je vais bien." Répondit le blond, combattant la nausée qu'il sentait monter. "Un soudain mal de tête."
"Tu souffres peut-être du changement de pays, ça arrive souvent lorsque l'on modifie notre alimentation."
Petish fit signe à un Guérisseur qui s'avança vers eux.
"Pourriez-vous prendre la place de Draco le temps qu'il passe un léger check-up ?"
"Non..." Tenta de se défendre Draco. "Je vais bien..."
"Je n'en doute pas, mais un petit examen ne te fera pas de mal. Et tu pourras reprendre ta place juste après." Répondit Petish en lui adressant un sourire rassurant qui le fit rajeunir de plusieurs années.
Draco resta immobile un instant avant de laisser échapper un soupir, ce qui élargit le sourire du roux. Petish était le genre de personne qui avait le don d'obtenir ce qu'il voulait avec comme armes un sourire enfantin et des paroles bienveillantes.
Lorsqu'un jour les deux hommes avaient discuté de leurs familles respectives, Draco avait appris que Petish était un enfant unique ayant grandi dans une famille aimante et chaleureuse dans le nord de l'Irlande. Cela expliquait donc son tempérament calme et conciliant que rien ne semblait pouvoir miner, pas même la guerre, qu'il avait vécu à Sainte-Mangouste. Et, malgré les horreurs auxquelles il avait dû assister, il avait gardé un air innocent et une foi en l'humanité qui l'avait poussé à tendre la main vers un fils de Mangemort en détresse.
Les deux Guérisseurs pénétrèrent dans une tente blanche et rouge portant l'insigne de Sainte-Mangouste : une baguette et un os se croisant au centre d'un blason blanc, vert et violet. Petish fit signe au blond de s'asseoir et sortit sa baguette de sa manche.
"Depuis quand as-tu ces migraines ?" Demanda Petish en pointant sa baguette sur l'œil gauche du blond.
Draco hésita un instant. Il pouvait mentir au roux en lui disant que c'était la première fois que cela lui arriver, où il pouvait lui dire la vérité et avoir enfin un avis professionnel sur ce qui lui arrivait.
"Un mois." Répondit-il d'une voix basse.
Il vit Petish froncer les sourcils en continuant de l'examiner.
"Pourquoi ne pas avoir consulté ?"
"Je pensais que ça passerait."
"Tes signes vitaux semblent corrects, mais ton cœur bat un peu fort." Annonça le roux en rangeant sa baguette.
Il se dirigea vers une armoire et y fouilla un instant avant d'en sortir une fiole marron, qu'il tendit au blond.
"Bois ça après dîner, ça devrait..."
Il s'arrêta un instant, semblant apercevoir quelque chose sur le visage du blond.
"Qu'est-ce que..."
Petish posa une main sur la joue de Draco, qui sursauta légèrement, puis lui pencha la tête en arrière avant de plonger son regard dans le sien.
"Qu'est-ce que tu fais ?" Demanda le blond, réprimant le besoin de se reculer.
"J'ai cru voir quelque chose dans ton œil droit, comme un reflet jaune."
Draco se figea et déglutit avec peine.
"Ça pourrait dire que tu as un problème de foie, je vais te prendre un peu de sang pour..."
Petish fut coupé par un raclement de gorge et les deux hommes se tournèrent vers l'entrée de la tente, où se tenait Harry, les sourcils froncés.
"Qu'est-ce qu'il se passe ?" Demanda Harry en entrant dans la tente.
Il tenta de garder un ton calme et indifférent, mais ne put empêcher son regard de glisser à nouveau vers la main de Petish, qui reposait toujours sur le visage du blond. Ce dernier avait la tête tournée vers lui et le regardait avec un mélange de surprise et d'appréhension, ce qui augmenta son malaise.
"Draco ne se sentait pas bien." Répondit Petish avant de reculer d'un pas.
Harry se relaxa légèrement en voyant sa main quitter la peau du blond et il vint se poster face à Draco.
"Ça va ? Qu'est-ce que tu as ?" Demanda-t-il alors que Draco se relevait.
Il voulait le toucher, poser sa main là où Petish avait mis la sienne, mais retint cet élan de possessivité. En l'observant de plus près, il remarqua en effet que le blond semblait un peu pâle, et l'envie de tendre une main vers lui se fit presque insupportable.
"Tu veux te reposer ?" Proposa-t-il à Draco qui secoua la tête.
"Je vais mieux. Je n'ai pas mangé ce matin, c'est tout." Répondit le blond en évitant son regard.
Harry ouvrit la bouche pour lui répondre, sentant le mensonge dans la voix du Guérisseur, mais à cet instant, Petish revint vers eux, une barre chocolatée à la main.
"Tiens, ça fera remonter ton taux de sucre. Repasse me voir demain si tu te sens toujours mal."
"D'accord. Merci Norman."
"Pas de soucis." Répondit Petish avant de se tourner vers Harry. "Tu voulais quelque chose ?"
Harry observa le roux un instant. Il ne pouvait pas lui dire qu'il avait quitté les gradins juste après la fin de l'épreuve car il était inquiet pour le blond. Il n'avait regardé les dernières minutes que d'un œil distrait, cherchant Draco du regard mais ne le voyant pas. Etant donné les événements qui s'étaient produits durant la Première tâche, il avait eu peur pour la sécurité du blond.
Petish le regardait avec un léger sourire aux lèvres, et Harry tenta une rapide observation. Il ne savait pas grand chose de Norman Petish, qu'il n'avait jamais côtoyé. Il savait que le jeune homme était Irlandais et qu'il était une étoile montante de Poudlard. Recruté par Sainte-Mangouste aussitôt diplômé, c'est lui qui avait proposé au Ministre de la Magie en poste à l'époque, Cornelius Fudge, d'intégrer un Guérisseur à chaque équipe d'Aurors. A l'époque, son projet n'avait pas été retenu.
Trois ans plus tard, il avait sauvé des centaines de vies pendant la guerre. Il avait ensuite été redirigé vers le Ministère de la Magie pour y former les nouveaux Guérisseurs une fois son projet validé par Kingsley. D'après ce qu'il avait compris lors de son unique conversation avec lui, c'était Petish qui avait secouru Draco lorsque ce dernier avait tenté de retirer sa Marque des Ténèbres à l'aide d'un poignard.
Harry n'avait pas pensé que cela avait pu créer un lien entre les deux jeunes hommes, mais en voyant Draco autoriser le roux à le toucher aussi facilement, il s'était rendu compte qu'il avait eu tort. A présent, il voulait en savoir plus sur la nature de leur relation.
"Je voulais juste m'assurer qu'il n'y avait pas eu de blessés." Répondit-il.
"Tout s'est bien passé." L'assura Petish.
Draco arriva près du brun et celui-ci lança un dernier regard vers le roux avant de quitter la tente, accompagné du blond.
Les deux jeunes hommes marchèrent en silence jusqu'à l'imposante fontaine en cristal qui trônait au centre de la cour avant. Puis, n'y tenant plus, Harry posa la question qui lui brûlait les lèvres.
"Vous avez l'air d'être bons amis, toi et Petish ?" Demanda-t-il en feignant l'indifférence.
Du coin de l'œil, il vit le blond se tourner vers lui pour l'observer mais continua de marcher jusqu'à la fontaine, où il s'assit. Il porta son regard sur les jets d'eau qui décrivaient des arcs dans les airs et envoyaient des flocons de neige aux alentours.
"Qu'est-ce que tu insinues ?" Demanda Draco, qui discerna le sous-entendu.
"Rien, je veux juste savoir..." Commença Harry.
"Harry, sois tu réponds sincèrement, sois tu te tais." Le coupa le blond sèchement.
Harry se tourna vers le blond, qui le regardait avec un mélange de suspicion et de colère. Soudain, quelque chose sembla traverser le regard du blond et il s'approcha dangereusement de lui.
"Tu es jaloux." Lança Draco avec incompréhension.
"Moi ?!" S'exclama Harry, sentant ses joues chauffer. "De qui ?"
Draco vint se poster devant lui.
"Tu es jaloux de Norman."
"Non, je ne suis pas jaloux de Norman." Cingla Harry avant de grimacer en voyant l'éclair de triomphe qui traversa les yeux du blond.
Il était tombé dans un piège. Le sale petit Serpentard.
"J'ai tort ?" Demanda Harry en levant un regard colérique vers le blond. "Après tout, vous êtes proches, non ? C'est lui qui t'a soigné quand tu as eu ton accident, ça a dû créer un lien entre vous."
Draco inspira profondément, ses lèvres se pinçant en une fine grimace.
"Je ne veux pas en parler." Répondit Draco en tournant les talons.
"Est-ce que vous avez eu une liaison ?" Demanda Harry avant de pouvoir s'en empêcher.
Il vit le blond se figer et se tourner lentement vers lui. Son regard gris était devenu aussi dur que de l'acier et il foudroya le brun du regard.
"Qu'est-ce que tu as dit ?" Demanda-t-il d'une voix blanche.
"Tu m'as entendu."
Draco revint vers lui d'un pas rapide et Harry se leva pour lui faire face.
"Tu sais quoi ? Oui, Petish et moi avons un lien. Il était là un moment de ma vie où j'étais seul et perdu. Il a été le seul à ne pas me voir comme un fils de Mangemort mais comme un jeune homme blessé et méprisé."
Harry voulut lever une main vers lui, mais Draco l'en dissuada d'un regard.
"C'est lui qui m'a proposé de devenir Guérisseur, il m'a dit qu'il n'y avait pas de meilleure sensation que celle de sauver des vies. Et il avait raison. C'est grâce à ça que j'ai pu reprendre une vie normale, et que j'ai pu te revoir. Mais apparemment, je semble être une cause si désespérée que toute personne qui me montre la moindre trace d'amitié est aussitôt suspecte."
"Draco, je..."
"Laisse tomber." Le coupa Draco en lui tournant le dos. "Tu ne peux pas comprendre."
Draco quitta la petite place d'un pas rapide et Harry ne tenta pas de le retenir. Il savait que sa relation avec le blond était compliquée et qu'ils auraient à surmonter de nombreuses épreuves. Mais il devait avouer que la pratique s'annonçait plus dure que ce qu'il avait imaginé. Il avait l'impression que chaque fois qu'il tentait de se rapprocher du blond, de lui montrer qu'il tenait à lui, il ne faisait que le blesser ou le mettre en colère.
Et il devait avouer que le fait de n'avoir pas réussi à cerner le blond malgré leur avancement relationnel le dérangeait au plus haut point. Il voulait pouvoir connaître le blond comme les couples se connaissaient, pouvoir reconnaître ses émotions, les assimiler, les prévoir.
Il soupira, levant une dernière fois les yeux vers l'endroit où Draco avait disparu avant de tourner les talons vers le château. Il valait mieux laisser au blond le temps de se calmer et de faire le tri dans ses émotions. Ensuite, Harry pourrait lui demander pardon, et surtout, lui parler de ce qu'il s'était passé avec Ginny.
Les pas de Draco l'avaient mené aux abords du terrain, là où il avait été posté lorsque Petish était venu le chercher. Les gradins s'étaient vidés et la neige recommençait à tomber légèrement, recouvrant la zone dégagée d'une fine couche blanchâtre.
Il avait été surpris de la jalousie du brun, à laquelle il ne s'était pas attendu. Mais il ne pouvait oublier ce que le Guérisseur-en-chef avait fait pour lui, quand personne ne voulait entendre parler du jeune Malfoy.
Il prit place sur un tronc d'arbre qui avait été couché à terre, sans doute par une tempête. Ses yeux se perdirent au loin, l'esprit toujours ailleurs. Jamais il n'avait imaginé pouvoir sortir du territoire britannique après son jugement. Et voilà qu'il se retrouvait en France, au sein du ministère. Il avait vu toute sa vie changer, surtout depuis qu'il avait intégré l'équipe Lila.
Mais sa relation avec Harry Potter commençait à le déstabiliser, à lui faire peur. Qu'allait-il se passer lorsque le moment sera venu d'officialiser leur couple ? Harry serait-il prêt à mettre sa renommée en danger ? Si oui, qu'en serait-il de lui ? Harry avait cette place de héros qui lui assurait le pardon de la communauté magique, mais pas lui. Au contraire, il était sûr que tous n'hésiteraient pas à le crucifier vivant.
Soudain, il fut pris d'un nouveau flash et il revit son visage gris, ses veines protubérantes. Il ferma les yeux et serra les dents pour tenter de contenir la douleur qui lui vrillait la tête. D'une main tremblante, il chercha dans la poche de sa robe la fiole que lui avait donné Petish.
Dans un nouveau flash, il aperçut son regard jaune, dépourvu de chaleur, emplit d'une lueur meurtrière. Il poussa un gémissement de douleur mélangée à une pointe de peur.
Un bruissement de feuilles dans son dos le fit pivoter et il sentit la fiole lui glisser entre les doigts. Draco se releva et rouvrit les yeux, à temps pour voir quelque chose jaillir des buissons et foncer vers lui.
Dans une explosion de douleur, Draco leva une main pour se protéger d'une éventuelle attaque. Soudain, l'air autour de lui sembla se charger en électricité et il sentit un frisson lui parcourir l'échine. Il eut à peine le temps de voir l'animal qui courrait vers lui, un Niffleur, avant que celui-ci ne s'arrête brusquement, ses gros yeux noirs écarquillés. Puis, dans un bruit qui glaça le sang du blond, l'animal explosa à quelques mètres de lui, projetant des morceaux de chair et d'os sur le Guérisseur.
Draco resta figé quelques secondes, le souffle court, main toujours levée, complètement pétrifié.
A suivre
Voilà pour ce chapitre 8, j'espère qu'il vous a plu. Contrairement à l'avis général, Ginny n'a rien dit à sa famille, mais a préféré fuir. Mais cette situation ne pourra durer indéfiniment !
Un dessin est disponible sur mon Tumblr (cf profile) et comme toujours, vos messages, commentaires ou corrections sont les bienvenus !
A bientôt pour le chapitre 9, sans retard cette fois !
Elendil-sama
