Bonjour à tous ! Voici le nouveau chapitre de cette sequel ! Merci à tous pour vos messages et vos encouragements ! N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez des intrigues, des personnages, c'est toujours un plus pour l'auteur !
Comme je l'avais dit sur Tumblr, un peu de retard sur ce chapitre dû à des impératifs familiaux.
Sur ce, bonne lecture !
Il s'avança vers la maison, puisant son courage dans l'image qu'il avait vu quelques heures auparavant. Une fois devant la porte, il leva les yeux vers la seule fenêtre aux rideaux tirés, là où, il le savait, se cachait Ginny.
Chapitre 10
Harry trouva la porte de la cuisine déverrouillée et pénétra silencieusement dans la maison. Comme il l'avait prédit, il trouva l'endroit vide et calme. Bill et Fleur devaient surement être à Gringotts à cette heure de la journée. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'il avait choisi de les visiter en début de matinée.
Familier avec les lieux, il traversa le salon entouré d'un halo orangé et se dirigea vers les escaliers. L'étage supérieur était plongé dans la pénombre, la lumière de l'aube n'ayant pas encore filtré à travers les fenêtres du couloir. Il avança silencieusement vers la chambre située tout au bout. Il savait que Ginny s'y trouverait, car c'était celle qu'ils avaient occupée pendant leur dernier séjour.
Il s'arrêta devant la porte et prit une profonde inspiration. Il ne savait pas trop quoi faire, maintenant qu'il était sur place et il sentait déjà un nœud se former dans son estomac. Peut-être devrait-il attendre que la rousse se réveille et descende pour parler ? Il allait faire demi-tour lorsqu'il entendit des bruits de pas à l'intérieur. Il se figea.
"Ginny ?" Appela-t-il doucement, faisant taire les bruits.
Il attendit une réponse de la rousse mais plus un son ne se fit entendre. Il ferma un moment les yeux pour rassembler son courage puis s'avança à nouveau vers la porte.
"Ginny, c'est moi."
"Ginny, je sais que je suis sans doute la dernière personne que tu veux voir, mais il faut qu'on parle."
"Nous n'avons plus rien à nous dire."
"Si, Ginny. Je sais que je t'ai fait du mal. Je le sais. Mais j'aimerais que tu comprennes ma situation."
Il entendit la jeune femme lâcher un petit rire sans humour avant de répondre.
"Je ne veux pas entendre parler de ta relation avec cette fouine."
"Ginny...s'il-te-plait. Je sais que c'est dur, mais il faut que tu m'écoutes. Laisse-moi entrer."
Cette fois-ci, seul le silence lui répondit.
"Ginny ?" Appela-t-il en collant l'oreille à la porte, mais il n'entendait plus rien.
"Ginny, ça va ? Répond-moi !"
Pris d'une inquiétude soudaine, Harry sortit sa baguette de sa poche intérieure et la pointa vers la porte. La poignée fut entourée d'une lumière jaune et la porte s'ouvrit dans un faible grincement. Le brun pénétra dans la pièce et fut surpris par le froid ambiant. La fenêtre était grande ouverte et les rideaux en dentelle fouettaient l'air environnant.
Harry se précipita vers la fenêtre, paniqué. Ginny avait-elle perdu la tête ? Avait-elle commis un acte désespéré ? Il se pencha à l'extérieur et baissa la tête vers le jardin avant, cherchant à voir si Ginny n'était pas tombée. Mais le terrain en contrebas était désert. Le brun releva la tête et scanna les environs, apercevant une silhouette.
La jeune femme marchait d'un pas rapide sur le bord de mer, à une centaine de mètres de la maison, sa longue chevelure rouge flottant derrière elle. Mais ça n'était pas possible, la rousse n'avait pas pu franchir une telle distance en si peu de temps.
Harry fit volte-face et courut hors de la chambre, dévalant les escaliers à toute vitesse. Il sortit par la porte principale et courut vers la plage, se rapprochant de la rousse.
"Ginny ! Attends !" Cria-t-il, une fois qu'il fut assez près pour qu'elle l'entende.
La jeune femme accéléra le pas sans se retourner et sa démarche se fit plus saccadée. Finalement, après quelques secondes, elle se mit à courir. D'habitude, le brun était plus rapide qu'elle, mais il sentait ses chaussures s'enfoncer dans le sable, lui faisant perdre l'équilibre.
"Ginny !"
Il rassembla ses forces pour se stabiliser et accéléra le rythme de ses pas, se rapprochant de la rousse. Lorsqu'il fut juste derrière elle, il leva une main pour lui agripper l'épaule.
"Ginny, attends !"
"Non !" Cria-t-elle en se retournant brusquement.
Soudain, comme lors du repas de Noël, il se sentit projeté en arrière. Il quitta la terre ferme avant de retomber quelques mètres plus loin. Pendant quelques secondes, Harry se sentit complètement déboussolé et l'air fut expulsé de ses poumons. Mais l'adrénaline du moment l'aida à reprendre ses esprits et à se relever.
Ginny était toujours tournée vers lui, le regard furieux et surpris, comme lors de leur dernière rencontre. Mais cette fois, elle n'était pas entourée de flocons de neige, mais de grains de sable.
"Tu crois que ça m'intéresse ?" Lui cracha-t-elle. "Que je veux savoir ce que toi et l'autre Mangemort faites ensemble ?"
"Ginny..."
"Non ! Je ne veux plus !" Cria-t-elle, son regard se teintant de panique. "C'est trop pour moi ! Je veux juste qu'on me laisse tranquille !"
Harry pouvait sentir la puissance de la rousse qui irradiait de son corps. Est-ce qu'elle s'en rendait compte ?
"Calme-toi, Ginny. Je veux juste te parler."
"Et moi ? Tu y penses à ce que je veux ? Je ne veux pas te parler !"
Le sable aux pieds de la rousse se soulevait légèrement à mesure qu'elle parlait, formant un mur derrière elle. Elle-même ne semblait s'en être rendue compte car elle ne se retourna pas.
"Je t'ai tout donné, j'ai tout sacrifié pour toi, pour que l'on puisse construire quelque chose. Et tu m'as donné espoir, tu m'as laissé croire que nous avions un avenir et tout ça pour quoi ? Pour que tu te retrouves dans les bras de Malfoy ?!" Cria-t-elle d'une voix suraiguë. "De notre ennemi de toujours ? Qu'est-ce qu'il a pu dire ou faire pour que tu jettes dans ses bras, hein ?"
"Ginny..." Répondit Harry, les yeux rivés sur le mur opaque qui s'élevait derrière la rousse.
"Si tu m'avais dit que tu ne voulais plus d'une relation avec qui que ce soit, que la Guerre t'avait trop marqué, j'aurais fini par comprendre. Mais ça, ça ! C'est insupportable ! C'est contre-nature !"
Harry sentit cette phrase lui transpercer le cœur, mais il se ressaisit et s'avança à nouveau.
"Je l'aime, Ginny. Je suis désolé. Mais je l'aime." Murmura-t-il.
La rousse écarquilla les yeux et Harry se figea en se rendant compte de ce qu'il venait de dire. C'était la première fois qu'il avouait ses sentiments pour le blond à voix haute. Qu'il employait le mot aimer.
Il vit Ginny faire un pas en arrière, le regard toujours horrifié, puis le brun fut attiré par quelque chose au-dessus de la rousse. Un morceau de sable compact s'était détaché du reste et s'écrasa aux pieds de la rousse, qui sursauta. Elle leva les yeux et sembla enfin réaliser la présence de ce mur de sable derrière elle, car elle fit un pas en avant, loin du mur. Soudain, le mur se fissura de toutes parts et s'effondra.
"GINNY !" Hurla Harry.
Mais il n'eut pas le temps de faire le moindre geste avant que l'intégralité du mur de sable ne s'écrase sur la jeune femme, qui disparut sous une montagne jaunâtre.
Draco était assis dans son lit, un livre à la main, ses lunettes posées sur le bout de son nez. Pour la énième fois, son regard se posa furtivement sur la cheminée située au fond de la pièce, espérant avoir entendu la voix du brun. Il poussa un soupir d'exaspération avant de se pencher à nouveau sur 101 Potions et leurs effets. Il cherchait les interactions possibles des potions ayant les mêmes ingrédients que celle qui lui avait explosé à la figure.
Il était persuadé que cet incident avait déclenché en lui un déséquilibre qui brouillait ses pouvoirs. Cela pouvait s'avérer dangereux, surtout lors d'une mission sur le terrain. Il devait pouvoir avoir confiance en ses capacités face au danger.
Et puis, il ne pouvait retirer de sa tête l'affreuse image qu'il avait vu dans le miroir. Qu'est-ce que cela avait signifié ? Et ce rêve qui tourmentait ses nuit ? Qui lui glaçait le sang ? Quelle était sa signification ?
Un bruit le sortit de ses pensées et il releva la tête. Il glissa une main sous son oreiller et en sortit sa baguette avant de rejeter les couvertures sur le côté et de se lever. Quelqu'un essayait de s'introduire dans sa chambre.
D'un mouvement fluide, Draco se leva et s'avança discrètement vers la fenêtre, baguette pointée devant lui. Soudain, il vit l'imposante fenêtre s'ouvrir et une silhouette se glissa à l'intérieur.
"Pas un geste, ou ce sera le dernier que tu feras." Siffla le blond en s'arrêtant à quelques mètres de la fenêtre.
La silhouette se tourna vers lui et un rayon de lune vint illuminer son visage aux traits tirés. Draco poussa un lourd juron avant de baisser sa baguette.
"Par Merlin, tu ne sais pas utiliser la cheminée ?!" S'écria-t-il en s'empressant de refermer la fenêtre avant que le froid ne pénètre dans la pièce.
"Désolé." Murmura Harry. "Je ne voulais pas réveiller ta mère..."
"Et ça ne pouvait pas attendre dem..." Commença le blond en se tournant.
Il fronça les sourcils en apercevant le brun, ses épaules affaissées, sa peau pâle et ses yeux hagards.
"Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" Demanda-t-il aussitôt.
"Il...il y a eu un accident."
Draco sentit quelque chose lui tordre les entrailles et, en quelques secondes, il était face au brun, passant une main sur son visage.
"Tu es blessé ?"
"Non, ce n'est pas moi."
"Viens t'asseoir." Ordonna Draco en débarrassant le brun de son manteau.
Il empoigna doucement le coude du brun pour le diriger vers le sofa situé près de la cheminée. Harry passa une main nerveuse dans ses cheveux et retira ses lunettes pour se masser l'arête du nez.
Draco le voyait rarement sans ses lunettes, et il ne put s'empêcher de prendre le temps d'observer le brun. Il pouvait à présent voir parfaitement les deux émeraudes se poser sur un point invisible près de la cheminée. Le blond vint s'installer près de lui et, après un moment d'hésitation, posa une main sur le genou du brun.
"Que s'est-il passé ?" Demanda-t-il.
Harry poussa un profond soupir avant de remettre ses lunettes et de reporter son regard sur les flammes dansant dans l'âtre.
"Je suis allée voir Ginny ce matin pour qu'on s'explique." Commença le brun et Draco sentit à nouveau quelque chose bouger au creux de son ventre.
Il sentit sa main se contracter convulsivement sur le genou du brun, qui leva les yeux vers lui en réponse.
"Je devais lui parler, Draco."
"Je sais. Continue."
"Je l'ai suivi jusqu'à la plage et..."
Harry passa une main sur son visage pour se redonner contenance et reprit.
"Elle a été ensevelie sous une montagne de sable."
Harry ferma les yeux et, dans un flash, il se revit sur la plage, cette même plage qui avait accueilli leur plus beaux séjours en couple, leurs rires et leurs promesses. Mais dans ce souvenir, il ne souriait pas, il creusait le sable frénétiquement, appelant la jeune femme.
"J'ai essayé de soulever le sable avec ma baguette, mais il semblait collé à elle, comme aimanté." Reprit-il. "Après avoir creusé pendant plusieurs secondes, j'ai enfin pu extraire une main pâle et inerte avant de tirer de toutes mes forces."
Le brun enfouit son visage dans ses mains et Draco posa la sienne sur sa nuque, là où la peau était à nue. Il émit une petite pression qu'il voulait rassurante et se pencha sur lui.
"Tu as fait tout ce que tu as pu." Murmura-t-il.
Pour être honnête, il se fichait parfaitement du sort de la rousse, pas après tout ce qu'elle avait fait pour lui nuire. Mais il savait que le brun l'aimait et se s'inquiétait pour elle.
"Comment va-t-elle ?" Demanda-t-il à contrecœur.
Pris par ses pensées, Harry n'entendit pas le ton de sa voix et répondit.
"Je l'ai emmenée à Sainte-Mangouste. Elle était toujours inconsciente mais respirait. Les Médicomages m'ont dit qu'elle avait subi une pression très forte, comme si c'était un mur qui lui était tombé dessus."
"Pourquoi ne pas être resté plus longtemps ?"
"Molly et Arthur sont arrivés en fin d'après-midi et...ils m'ont demandé de partir." Murmura Harry.
"Quoi ?" Grogna Draco en sentant la colère bouillir dans ses veines. "Ils t'ont donné une explication pour ça ?"
"Je les comprends. Ils ne comprennent pas le comportement de leur fille mais ils savent que c'est de ma f..."
"Ce n'est pas de ta faute." Le coupa Draco. "C'est elle qui n'accepte pas votre séparation."
"Draco..." Murmura Harry d'une voix timide qui fit disparaître sa colère. "Ginny est au courant pour nous deux."
Le blond se figea et Harry se tut, lui laissant le temps d'assimiler la nouvelle. Draco savait que le brun attendait de voir sa réaction avant de continuer. Lorsque, quelques mois plus tôt il avait pensé à l'idée que leur relation devienne publique, Draco avait été pris de panique. Si les proches du brun n'acceptaient pas leur couple, qu'en serait-il du reste du monde magique ?
Cette fois-ci, Draco posa une main sur la joue du brun pour lui faire tourner les yeux vers lui. Leurs regards s'accrochèrent et le blond tenta de faire passer dans cet échange toute sa détermination.
"Ce n'est pas un problème."
Harry lui accorda un léger sourire avant de se laisser enfin aller contre son épaule.
"Mais regarde ce que ça lui fait." Murmura-t-il d'une voix éteinte.
"Non. C'est elle qui fait tout ça." Puis, une idée affreuse lui parvint et il reprit. "Elle ne t'a pas menacé de tout dire, pas vrai ?"
"Non ! Non. Mais elle souffre."
"Parce que c'est moi."
Harry se tut quelques instants avant de répondre.
"Oui."
Draco laissa à son tour échapper un soupir avant de passer un bras autour du brun et de le serrer légèrement contre lui. Les deux hommes restèrent enlacés un long moment avant que Draco ne se rende compte que le brun s'était endormi.
Faisant attention à ne pas le réveiller, Draco le porta jusqu'à son lit et l'installa sous la couette chaude et accueillante. Puis il s'installa à ses côtés, tira les draps jusqu'à son menton et s'endormit aussitôt.
"Le rendez-vous avec Flaggan est dans 2 jours, Potter. As-tu ce que je t'ai demandé ?"
Harry leva les yeux vers Lucius, qui lui répondit d'un petit sourire carnassier avant de pencher légèrement la tête sur le côté. Ce jour-là, il était habillé d'une robe bleu-pétrole, dont les manches étaient ornées de petites pierres qui scintillaient à ses poignets. Il arborait toujours cet air suffisant qui mettait le brun mal à l'aise et Harry se retint de pointer sa baguette sur lui.
"N'y a-t-il pas un autre moyen ?" Demanda-t-il, tentant de mettre sa haine de côté.
Lucius l'observa un instant, faisant glisser son regard calculateur sur chaque parcelle de son visage avant que son sourire ne s'élargisse.
"Aurais-tu peur ?" Demanda Lucius, une pointe d'amusement dans la voix.
"Peur ?" Répondit Harry. "De quoi ?"
Lucius haussa les épaules, sans que son sourire ne s'affaisse.
"Je doute que ce cher Shacklebolt soit d'accord avec le fait que cet objet inestimable soit utilisé. As-tu pu voir si la baguette était bien là où je te l'ai indiquée ?"
Ce fut au tour du brun d'observer méticuleusement le Mangemort. Lorsqu'il avait emmené sa tante et son cousin dans la pièce secrète du Ministre, il avait été absorbé par les événements qui s'y étaient produits. Il en avait presque oublié de vérifier que la baguette était bien là, comme l'avait assuré Lucius.
Néanmoins, alors qu'il se dirigeait vers la sortie, il s'était retourné, jetant un dernier regard vers le miroir d'Erised. Ce qu'il y avait vu l'avait bouleversé, mais il avait tout de même pu apercevoir, à l'ombre du miroir, là où personne n'irait chercher, une boîte en bois pourpre. Elle était assez longue pour contenir une baguette et, comme elle semblait être la seule de ce genre, il pouvait être certain que la baguette de Sureau s'y trouvait.
"Oui, je pense." Répondit-il après un moment de silence.
"Très bien." Reprit Lucius. "Tu iras la chercher demain avant que l'on parte. De la sorte, même si quelqu'un venait à s'en rendre compte, nous serions déjà sur place."
Harry hocha la tête avant de se lever.
"Nous avons récupéré le flacon contenant les cheveux de Barol Helmin pour que vous puissiez prendre le Polynectar demain."
Harry se dirigea vers la sortie et, alors qu'il ouvrait la porte, il entendit la voix de Lucius dans son dos.
"Je me demande comment la baguette est arrivée au ministère. Peut-être quelqu'un a-t-il des projets en tête ?"
Harry ne se retourna pas, ne souhaitant pas lui donner la moindre satisfaction. Il claqua la porte derrière lui, la tête pleine de questions.
Harry se tenait debout dans le bureau de Kingsley, observant la pièce vide d'un regard mal assuré. Il ne pouvait empêcher un sentiment de culpabilité de le faire hésiter face au tableau vide de Dumbledore. Lorsqu'il avait jeté le sort qui avait tué Voldemort, il s'était juré que jamais plus la baguette ne servirait, ni à lui, ni à personne d'autre.
Sans qu'il ne sache vraiment pourquoi, il ne pouvait s'empêcher de se sentir responsable de cette baguette. Après tout, il en restait le maître et il était de son devoir de tout faire en son pouvoir pour qu'elle ne tombe jamais entre de mauvaises mains.
Cependant, la baguette semblait être le seul moyen de débusquer Flaggan et d'obtenir enfin des informations sur les plans de Zabini et de son nouvel acolyte. S'il ne faisait rien, il s'avait que quelque chose d'horrible se produirait et il ne pourrait vivre en sachant qu'il aurait pu empêcher ça.
Il aurait aimé que Draco soit près de lui, qu'il l'aide à prendre une décision. Le blond était quelqu'un de rationnel et savait garder la tête froide. Il aurait su quoi faire. Mais il était hors de question de le mêler à cette histoire, pas quand la situation du blond était enfin en train de s'améliorer.
Harry savait que le ministère aurait toujours un degré de compréhension à son égard, ce qui lui valait le droit de tester les règles lorsque le besoin se faisait sentir. Mais Draco n'avait pas ce privilège et, si quelqu'un d'autre de Kingsley avait été Ministre, le blond aurait depuis longtemps été emprisonné pour trahison.
Le brun prit une profonde inspiration pour éclaircir ses idées et franchit les derniers pas le menant face au tableau. Il en empoigna le pan doré et, aussitôt, une paire d'yeux azure se posa sur lui.
"Bonjour, Harry. As-tu la permission ?" Demanda la voix accueillante de Dumbledore.
"Oui." Répondit Harry, refusant de croiser les yeux de l'ancien directeur.
Le silence se fit dans la pièce et, pendant un horrible moment, Harry fut certain que le tableau ne s'ouvrirait pas. Il pouvait presque entendre une alarme retentir au loin, presque entendre les bruits de pas foncer vers lui, prêts à le saisir.
Un léger grincement le fit sursauter et il vit le visage de Dumbledore disparaître alors que le tableau pivotait sur le côté, révélant le couloir sombre. Harry s'avança d'un pas rapide jusqu'à la pièce et descendit les marches menant au centre, là où se trouvait le miroir. Sans attendre, il contourna l'imposant miroir et se saisit de la boîte pourpre avant de l'ouvrir.
Il se figea en apercevant la baguette nichée à l'intérieur et un flot de souvenirs l'assaillit, l'obligeant à fermer les yeux. Il avait tué quelqu'un avec cette baguette, et tous les effroyables événements de ce jour lui revinrent douloureusement en mémoire.
Le brun rassembla tout son courage pour chasser ces vieux démons et enfouit la baguette dans la poche intérieure de sa robe avant de sortir de la pièce d'un pas déterminé.
Harry se tenait debout derrière une cabane abandonnée, entouré de son équipe. Au loin, le ciel commençait à prendre une teinte orangée, signe que le soleil n'allait pas tarder à se lever.
"Bien." Commença-t-il en reportant son regard sur ses coéquipiers. "Nous allons nous poster en formation, comme ce qu'on a vu en entraînement. Neville, tu te posteras en avant là où les arbres forment une sorte de V."
"Pas de souci." Répondit Neville en ajustant la sangle de son équipement.
"Ron, toi tu seras près des bancs. Tu seras le mieux placé pour intervenir si quelque chose se passe mal."
Ron acquiesça sans répondre.
Harry se tourna enfin vers Draco, qui ne semblait pas vraiment savoir ce qu'il faisait là. Il jetait des coups d'œil furtifs aux alentours s'attendant à voir son père apparaître à tout moment.
"Draco, tu restes ici." Dit-il, s'attirant un regard interrogateur du blond. "Ton rôle n'est en aucun cas l'attaque. Tu es un Guérisseur aujourd'hui."
Il s'attendait à ce que le blond se rebelle, à ce qu'il demande à intégrer l'équipe, mais ce fut Neville qui répondit en premier.
"Ne vaudrait-il mieux pas qu'il se joigne à nous ?"
"Je n'ai été autorisé à l'emmener avec nous qu'à cette seule condition." Répondit Harry, son regard toujours ancré dans celui du blond. "Il ne doit pas participer à la mission."
Draco l'observa un long moment, semblant en proie à un combat intérieur puis, finalement, ses traits se refermèrent et il hocha la tête sèchement.
"Harry." Reprit Neville. "Est-ce une bonne idée d'avoir emmené la baguette ? On aurait pu prendre n'importe laquelle, non ? La faire passer pour la vraie ?"
Neville semblait mal à l'aise et il lança un regard anxieux vers l'étui en cuir attaché au bras du brun.
"D'après Lucius, Flaggan a une bonne connaissance des baguettes. Nous ne pouvons prendre le risque qu'il se doute de quelque chose."
Après quelques secondes de silence, Neville acquiesça. Puis, après un dernier signe vers eux, il se dirigea vers le point indiqué par Harry plus tôt. Ron se mit en route à son tour, mais Harry le rattrapa.
"Ron, attends."
Le roux se retourna et leva vers lui un regard incertain. Il semblait colérique, mais aussi triste.
"Comment va Ginny ?" Demanda le brun.
"Elle ne s'est toujours pas réveillée." Répondit Ron. "Elle ne semble pas gravement blessée, on ne sait pas pourquoi elle est toujours inconsciente."
Harry s'avança vers lui, posant une main sur son épaule. Ron leva les yeux vers lui et, cette fois, ils étaient empreints de colère.
"Qu'est-ce qu'il s'est vraiment passé chez Bill et Fleur ?"
"Je te jure que ce que je vous ai dit est la vérité, Ron. Pourquoi mentirais-je ?"
"J'en sais rien." Répondit Ron en se dégageant de sa poigne. "Je ne comprends rien. Ces derniers temps, elle semblait avoir accepté votre situation, enfin c'est ce qu'il m'avait semblé. Alors pourquoi..."
Le roux semblait tellement perdu et triste qu'Harry se sentit mal. Il voulait expliquer à son ami ce qu'il se passait, lui raconter tout, mais cela impliquait lui révéler sa relation avec Draco. Et le roux n'était tout simplement pas prêt pour ça.
"Elle s'en sortira. Elle a toujours été forte, Ginny."
Ron hocha la tête avant de tourner les talons, s'éloignant du brun d'un pas rapide mais maussade. Harry laissa échapper un soupir et se retourna, s'approchant du blond, qui observait l'endroit où son père se tiendrait bientôt.
"Ça va aller ?" Demanda Harry.
"Tu es sûr qu'il ne risque rien ?" Répondit Draco sans détourner son regard.
"On va tout faire pour."
"Comment va la rouquine ?"
Harry ne put s'empêcher de sourire. Il savait que le blond demandait ça pour lui faire plaisir, mettant de côté le fait qu'il n'aimait pas Ginny. Il eut soudain envie de l'enlacer, de lui dire que tout allait bien se passer, mais le blond dut sentir quelque chose, car il tourna finalement les yeux vers lui et lui adressa un léger sourire.
"J'y vais." Reprit finalement Harry. "A plus tard."
Harry prit place derrière un imposant séquoia, grimpant sur une branche basse afin que son ombre ne teinte pas le sol. Après quelques minutes durant lesquelles il s'assura que les autres étaient bien en position, il entendit quelqu'un apparaître derrière lui.
Un homme se tenait à quelques mètres de lui. Il était petit et légèrement tassé et son crâne dégarni brillait sous les premiers rayons du soleil. L'homme ajusta ses lunettes carrées avant de s'avancer. Alors qu'il arrivait près de l'endroit où Harry se tenait, le brun entendit un nouveau pop lui indiquant que l'Auror qui s'était tenu près du Mangemort sous un sort de Désillusionnement venait de partir.
Lucius arriva sous la branche qui soutenait le brun et s'arrêta avant de tendre une main vers lui. Harry resta immobile un instant, hésitant. Ils étaient arrivés au point de non retour, les dernières secondes où il était encore possible de faire marche arrière. Comme s'il avait lu ses pensées, Lucius leva les yeux vers lui.
"Il est un peu tard pour faire demi-tour, Potter. La baguette."
Harry sortit la baguette de son étui et la tendit vers le Mangemort, qui l'agrippa rapidement. Néanmoins, Harry ne la lâcha pas, forçant le blond à croiser son regard. Malgré les changements physiques, il pouvait toujours apercevoir Lucius au fond des iris noires.
"Si vous tentez quoi que ce soit, vous allez le regretter." Siffla-t-il.
"Ah ? Et qu'est-ce que le grand Harry Potter à comme idée ?" Demanda Lucius, lui lançant un sourire amusé.
"Vous le découvrirez si vous tentez quelque chose, mais je vous préviens, la baguette ne vous obéira pas tant que je ne serai pas mort. Il faudra donc essayer de me tuer avant de fuir avec."
Lucius tira à nouveau sur la baguette et cette fois, Harry lâcha. Lucius fit un pas en avant et Harry lança derrière lui.
"Au fait, votre fils est ici, il vous observe. Alors j'espère que vous lui montrerez quel gentil sorcier vous êtes devenu."
Lucius se figea et fit volte-face, les traits de son visage tendus en un masque de colère. Harry soutint son regard, prêt à intervenir si besoin, mais Lucius lui tourna le dos et s'avança vers le point qui lui avait été indiqué.
Harry soupira avant de plonger une main dans sa poche pour en sortir une paire d'oreilles à rallonge. Il enfonça l'extrémité en chair dans son oreille et laissa glisser l'oreille au sol. Il la vit suivre Lucius, invisible dans l'herbe.
Le brun attendit encore un quart d'heure avant qu'un nouveau bruit d'apparition ne vienne déranger le silence ambiant. Il se redressa et aperçut une silhouette s'avancer vers Lucius. L'homme était à peine visible, drapé dans une large cape de voyage, son visage caché par un large chapeau. Il marchait d'un pas mal assuré et Harry se rendit compte qu'il boitait. Était-il blessé ?
Flaggan s'arrêta face à Lucius et l'observa longuement avant de parler.
"Vous avez l'objet ?" Demanda-t-il d'une voix rauque et grave.
Lucius leva le pan droit de sa robe et Flaggan fit un pas en avant. Harry ne pouvait pas voir son visage d'où il était, mais lorsqu'il parla, sa voix semblait plus jeune, pleine d'excitation.
"Par la barbe de Merlin..." S'exclama-t-il dans un murmure.
Il tendit une main vers Lucius et Harry se redressa un peu plus. Il se doutait que Flaggan voudrait plus que voir la baguette, il voudrait la toucher, l'examiner. Le risque était que le malfrat ne s'échappe avec la baguette, ce qui serait catastrophique.
Le brun pointa sa baguette directement sur Flaggan. Il savait que, quelque part, Neville et Ron en faisaient de même. Ils devaient pouvoir être capable d'intercepter Flaggan s'il montrait le moindre signe de fuite.
Flaggan sortit de sa poche un monocle et porta la baguette à son visage pour l'observer.
"On dirait bien la vraie." Conclut-il.
"Bien sûr que c'est la vraie." Répondit Lucius. "Alors, qu'est-ce que vous avez pour moi ?"
Flaggan émit un petit rire.
"Toujours le même, avec vous, c'est affaires, affaires, pas vrai ?" Répondit le brigand en fouillant ses poches. "Depuis les 5 ans que je vous connais, vous n'avez jamais pris un moment de repos, même l'autre fois, lorsque vous m'aviez vendu ce tableau...vous savez, celui avec les deux enfants poursuivis par des Moldus ? Comment s'appelait-il déjà ?"
Harry se figea. Flaggan était en train de tester Lucius pour savoir qu'il parlait bien à Helmin et pas à un imposteur. Merde ! Ils n'avaient pas pensé à ça ! Si Lucius répondait mal, Flaggan saurait qu'il ne s'agissait pas de la bonne personne ! Que faire ? Mettre fin à l'opération ? Mais Flaggan tenait toujours la baguette et il disparaîtrait au moindre doute.
"Chasse aux bambins, d'Augustus Barbus." Répondit Lucius, sans montrer la moindre hésitation.
Harry releva les yeux vers eux et, après quelques secondes, Flaggan sembla se détendre.
"Ah oui, c'est bien ça. Un horrible tableau d'ailleurs. Content de m'en être débarrassé."
Harry laissa échapper un long soupir. Ils avaient eu de la chance, Lucius était quelqu'un de cultivé en matière d'art. En témoignait la large collection d'œuvres en tout genre qu'ils avaient saisie au Manoir.
"Très bien, maintenant, il va falloir se mettre d'accord sur..."
Soudain, Harry entendit deux pop lui indiquant la venue de deux personnes et il tourna les yeux vers la source du bruit. Flaggan sembla l'entendre aussi car il fit volte-face. Deux silhouettes apparurent devant eux et Harry sursauta en les reconnaissant.
D'un geste rapide, Zabini pointa sa baguette vers Flaggan et un jet de lumière verte en jaillit, percutant le brigand en pleine poitrine. Il fut soulevé de terre et s'écrasa aux pieds de Lucius, qui fit un pas en arrière.
Le blond qui accompagnait le Serpentard pointa sa baguette vers Lucius et un nouveau jet vert en sortit. Harry pointa sa propre baguette et un sort violet en jaillit, venant s'écraser contre le sort du blond. Lucius tomba à genoux alors qu'une pluie multicolore déferlaient sur sa tête.
Harry sauta aussitôt de son perchoir et fonça vers les nouveaux arrivants, baguette pointée devant lui. Du coin des yeux, il vit Ron et Neville en faire de même.
"Zabini ! Lâche ta baguette et à genoux !" Cria-t-il.
Il se jeta sur le côté en voyant un sort, lancé par le blond, foncer vers lui. Il roula à terre et se releva aussitôt, à temps pour voir Ron et Neville engager un combat contre l'imposant blond. Harry se concentre sur Zabini, qui s'avançait déjà vers la baguette au sol.
"Non !" Rugit Harry en posant ses mains au sol.
Un morceau de terre se souleva du sol et vint envelopper la baguette alors que Zabini se penchait pour l'agripper. Le Serpentard tourna vers lui un regard plein de haine et pointa sa baguette sur lui.
Harry prit rapidement le dessus, utilisant sa main libre pour parer les sorts et sa baguette pour attaquer. Il se rapprocha de Zabini jusqu'à être assez près pour le touche. Alors, le Mangemort porta son regard sur un point au-dessus de son épaule et pointa sa baguette dessus. Harry se tourna et, avec horreur, vit Draco s'agenouiller près de Lucius, inconscient du danger.
"NON !"
Il leva une main vers le blond, qui fut aussitôt entouré d'une bulle protectrice. Draco leva les yeux vers eux et ces derniers s'écarquillèrent. Harry se retourna, prêt à encaisser un coup, un sort, mais ce qu'il vit lui coupa le souffle.
Zabini se tenait debout, l'air triomphant, tenant dans sa main la baguette de Sureau. Il lança un sourire éclatant au brun et, avant que ce dernier ne puisse lever sa baguette, disparut.
A suivre.
Voilà, c'est tout pour ce chapitre ! Zabini a la baguette de Sureau ! Que va-t-il se passer à présent ? Que veut-il en faire ? La suite bientôt !
