Bonjour à tous ! Désolée pour ce retard, je viens de commencer un nouveau boulot et j'ai eu très peu de temps pour écrire. J'ai néanmoins pu trouver du temps pour rédiger ce chapitre le plus vite possible !

Comme toujours, un grand merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews, c'est un réel plaisir d'avoir vos avis, questions, ou théories.

Sans plus attendre, bonne lecture !


Mancipium Carnis

Chapitre 11

Harry était assis dans son bureau, les yeux fermés, tentant de se masser délicatement les tempes. Depuis qu'il était rentré de mission, il avait une terrible migraine. Il n'avait pas ressenti ce genre de douleur depuis la mort de Voldemort, qui avait signé la fin de ses maux de tête. Était-ce un avertissement ? Une alerte que quelque chose de grave allait se produire ?

Il entendit quelqu'un s'éclaircir la gorge et se redressa, sortant de ses pensées. Lentement, presque à contrecœur, il récupéra ses lunettes, qu'il avait posées sur le bureau. En ouvrant les yeux, la pièce lui parut floue et trop lumineuse.

"Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?" Demanda Ron.

Harry se tourna vers le roux et plissa légèrement les yeux, assaillis par la vivacité de sa chevelure flamboyante.

"A quel sujet ?" Demanda-t-il d'une voix faible.

Il avait très peu dormi avant leur mission et maintenant que l'adrénaline était retombée, il sentait la fatigue lui engourdir le corps.

"Kingsley." Répondit Ron, agité. "Il s'est sans doute rendu compte de la disparition de la baguette, non ?"

"Je m'occupe de Kingsley." Répondit Harry en se massant l'arête du nez. "Tant qu'il ne nous convoque pas, restez loin de son bureau. Il vaut mieux que ce soit moi qui lui parle. Je dois le voir à 13 h."

Ron leva les yeux vers l'horloge accrochée au-dessus de la tête de Harry.

"Donc on a encore plusieurs heures à tuer." Soupira Ron en se levant. "Allez venez, on va s'entraîner." Lança-t-il aux autres.

Neville posa la plante qu'il était en train d'étudier et Draco referma son carnet de notes avant de lever les yeux vers Harry, qui reconnut son expression. Le blond s'inquiétait pour lui, sans doute avait-il remarqué sa douleur. Harry hocha la tête pour lui signifier que tout allait bien.

Alors que les quatre hommes sortaient du bureau, Harry s'approcha du roux.

"Ron." Dit-il avant de faire une pause. "J'aimerais passer voir Ginny."

Il vit les oreilles du roux se teinter de rouge et Ron détourna son regard. Harry reconnut l'éclair de culpabilité qui déforma les traits de son ami.

"Harry...je ne pense pas que..." Commença Ron.

"Arrête." Le coupa Harry. "Ne me dis pas que toi aussi tu refuses que je la voie."

Du coin de l'œil, il vit Draco accélérer le pas, les épaules tendues. Il sentit son cœur se resserrer douloureusement en le voyant s'éloigner.

"Ce n'est pas ce que j'ai dit." Répondit Ron, mal à l'aise.

"Alors quoi ?" Le pressa Harry. "Tes parents refusent toujours que je passe la voir ?"

"Non ! Enfin si...un peu, je crois. Mais ce n'est pas..."

Harry l'agrippa par le bras et le força à lui faire face. Ron leva les yeux vers lui plusieurs fois avant de les détourner à nouveau.

"Ron, si tu as quelque chose à me dire, crache le morceau."

Ron prit une profonde inspiration avant de relever les yeux vers lui. Harry put y apercevoir tout un mélange d'émotions : culpabilité, angoisse, mais aussi un éclair de colère.

"Ginny est sortie de l'hôpital ce matin."

Harry savait qu'il devrait sourire à cette nouvelle, après tout, il s'agissait d'une bonne nouvelle, non ? Si Ginny était dehors, alors elle devait sans nul doute aller mieux et qu'elle était hors de danger. Néanmoins, quelque chose dans la voix du roux lui serra un peu plus la poitrine et il sentit sa main se refermer sur le bras de son ami, comme pour l'inciter à continuer.

"Quoi ?" Demanda-t-il. "Qu'est-ce qu'il y a ?"

"Elle...elle m'a fait promettre de ne rien dire." Répondit Ron, et Harry le sentit tenter de se dégager de sa poigne.

"Ron, dis moi ce qu'il se passe, s'il te plait !" Insista Harry.

Ron se figea et, cette fois-ci, ne tenta même pas de lever les yeux vers lui.

"Elle s'en va, Harry." Répondit Ron d'une voix faible.

Harry sentit sa main glisser le long du bras du roux, relâchant son emprise.

"Comment ça, elle s'en va ?" Reprit-il d'une petite voix.

"Elle part en Ecosse rejoindre l'équipe des Holyhead Harpies."

"Quoi ?"

"Apparemment, elle a reçu une proposition d'intégrer l'équipe de réserve. Elle a accepté."

A nouveau, Harry aurait dû sourire. C'était là une très bonne nouvelle pour la rousse. Depuis son intégration à l'équipe de Poudlard, Ginny avait toujours voulu devenir joueuse de Quidditch professionnelle. Alors intégrer une équipe aussi douée et réputée aurait dû le faire sauter de joie.

"Et elle t'a fait promettre de ne rien me dire ?"

Ron hocha la tête et Harry comprit. Si la rousse n'avait pas voulu qu'il soit mis au courant, c'est qu'elle savait que, face à la perspective d'un départ, il aurait tout fait pour essayer de la voir.

Il leva vers Ron un regard désœuvré.

"Je suis désolé." Murmura Ron d'une voix étranglée.

"Elle est partie quand ?" Demanda le brun en baissant la tête.

Il patienta silencieusement mais, lorsque le roux ne répondit pas, il releva la tête.

"Ron ?" Appela-t-il doucement.

Ron sembla en proie à un débat intérieur puis, après un profond soupir, ses épaules s'affaissèrent.

"Elle part dans 30 minutes de la gare de King's Cross." Lâcha le roux d'une seule traite.

Harry l'observa un instant, les yeux écarquillés puis, comme si quelqu'un l'avait piqué avec une aiguille, bondit en avant vers les ascenseurs.


Harry courait à en perdre haleine dans le hall de la gare. Il slaloma entre les voyageurs qui lui lancèrent des regards surpris à la vue de son uniforme d'Auror. Pendant un bref instant, il se revit à l'âge de 11 ans, marchant d'un pas rapide derrière son caddie à la recherche du fameux quai 93/4.

Harry secoua la tête et accéléra le pas en s'approchant du pilier enchanté. Il regarda brièvement autour de lui pour s'assurer que personne ne le regardait avant de franchir la barrière. Il fut accueilli par un nuage de fumée blanchâtre. Il s'en extirpa au prix de quelques efforts et leva les yeux vers l'horloge familière : 12h10. Le train devait partir dans 10 minutes. Déjà, il voyait les voyageurs en cape de voyage grimper à bord des wagons rouges.

Ginny était-elle déjà à l'intérieur ? Comme pour répondre à sa question, il aperçut soudain une longue chevelure rouge flamboyante se diriger vers la queue de train. Harry se mit à courir, bousculant plusieurs voyageurs sur son passage, sourd à leurs plaintes.

"Ginny !" Cria-t-il en arrivant derrière elle.

Il vit la rousse se figer avant de s'immobiliser à quelques mètres de la dernière porte. Alors que le brun arrivait à sa hauteur, il remarqua qu'elle refusait de se retourner.

"Ginny..." Appela-t-il, plus doucement à présent qu'il se tenait juste derrière elle.

La rousse resta immobile un instant avant de pivoter légèrement la tête. Néanmoins, il ne voyait toujours pas son visage.

"Qu'est-ce que tu fais là ?" Lui demanda-t-elle d'une voix éteinte.

"Je suis venue te voir."

"Pourquoi ?"

"Parce que tu pars en Ecosse." Répondit-il avant de prendre une profonde inspiration. "Ginny, tu comptais vraiment partir sans que l'on se voit ?"

Même de dos, il la vit hocher la tête.

"A quoi bon ? Nous n'avons plus rien à nous dire."

"Ginny..." Reprit-il en faisant un pas vers elle. "Je comprends que tu m'en veuilles après tout ce qu'il s'est passé..."

A ces mots, Ginny fit enfin volte-face, ses longs cheveux lui fouettant le visage. Harry cligna des yeux et ouvrit la bouche pour reprendre sa tirade, mais à la vue du visage de la rousse, les mots se coincèrent dans sa gorge.

Le visage de Ginny était couvert de bleus et d'écorchures violacées, tâchant sa peau de porcelaine. Ses cheveux couvraient à peine les rougeurs qui s'étendaient sur son cou, pour disparaître sous ses vêtements. Harry leva vers elle un regard horrifié, auquel elle répondit par un regard chargé de colère.

"Ce n'est pas à toi que j'en veux !" Lui siffla-t-elle. "Tu ne comprends pas ? Regarde ce que je me suis infligée ! Depuis ton retour du monde moldu, je n'ai fait qu'attendre que tu tournes à nouveau les yeux vers moi. J'ai tout mis en suspend : mes amis, ma carrière, tout ! Et tout ça pourquoi ? Pour apprendre que Draco Malfoy, l'homme que nous détestions tous a pris ma place ?"

"Ginny..." Commença Harry, mais la rousse leva une main pour le faire taire.

"J'ai l'impression d'avoir à nouveau 10 ans." Reprit-elle, ses yeux se remplissant de larmes.

Le brun savait que Ginny était une femme forte. Il ne l'avait vu pleurer qu'à 3 reprises : lorsqu'elle avait cru Arthur mort lors de leur cinquième année à Poudlard, à la mort de Fred et lorsqu'il était revenu du monde moldu. Les larmes de la rousse lui firent l'effet d'un couteau dans le cœur.

"Je t'observe de loin, invisible, pendant que tu vis ta vie. Et ça me ronge de l'intérieur, Harry."

Elle leva vers lui un regard plein de désespoir et il fut pris d'une envie de la serrer dans ses bras. Il se retint de bouger, conscient que son geste ne serait pas le bienvenu.

"Tu es à nouveau hors de ma portée." Murmura-t-elle.

Pendant un bref instant, elle leva une main vers lui, comme pour le toucher, mais elle se retint et laissa échapper un petit rire nerveux.

"Tu vois, rien qu'en te voyant ici, j'ai déjà envie de rester."

"Alors reste." Lui répondit Harry. "On peut trouver une solution."

Mais Ginny secoua la tête avant d'essuyer les larmes qui perlaient sur ses joues.

"Tu ne comprends pas, Harry...tu es l'homme de ma vie."

Harry se figea, les yeux écarquillés.

"Depuis toute petite, j'étais persuadée que tu étais l'homme qu'il me fallait. Et j'ai cru que toi aussi, tu pensais ça de moi. Est-ce que tu imagines le mal que ça me fait de t'imaginer avec lui ? Est-ce que tu as vu ce que cela a fait à ma magie ?"

Harry sentit le désespoir de la jeune femme le traverser de toutes parts.

"Je n'ai jamais voulu te faire de mal." Murmura-t-il.

Ginny sembla voir son mal-être, car ses traits s'adoucirent légèrement.

"Ce n'est pas toi qui m'en fait, c'est moi." Répondit-elle. "Et le fait de rester près de toi ne ferait qu'aggraver les choses. Je dois partir."

"C'est pour ça que tu rejoins les Holyhead Harpies ?"

Ginny sembla hésiter un instant puis, alors qu'elle ouvrait la bouche pour répondre, le train émit un signal sonore qui la fit sursauter.

"Je dois y aller." Dit-elle en se penchant pour reprendre son sac.

"Laisse-moi..." Commença Harry, mais elle l'arrêta à nouveau d'un geste.

"Je m'en sortirai." Dit-elle.

Les deux ex amoureux s'observèrent un instant et Harry voulait lui parler, lui dire à quel point il était désolé. Comme si elle avait lu ses pensées, Ginny secoua la tête avant de tourner les talons. Elle eut à peine le temps de pénétrer dans le wagon avant que les portes ne se referment. Harry l'observa se frayer un chemin à l'intérieur, tandis que le train se mettait en marche.

Pas une fois elle ne tourna la tête vers lui.


Harry sortit de la gare dans un état second. Il n'arrivait pas encore à réaliser ce qu'il venait de se produire. Le brun n'avait pas pensé que sa relation avec Draco aurait fait autant de mal à ses proches. Dans un flash, il revit la rousse couverte de blessures, son regard éteint posé sur lui.

Soudain, il eut envie de courir, de fuir loin de tout. Il ressentit cette sensation familière qui l'avait poussé à fuir le monde magique, des années auparavant. Il tourna les yeux aux quatre coins de la gare, tentant de calmer son élan de panique, mais la masse opaque de Moldus l'entourant ne fit qu'augmenter son malaise. Il se sentit suffoquer, il avait besoin d'air !

Sa démarche se fit plus désorientée et bientôt, il sentit des voyageurs le bousculer de toutes parts.

"Avance !" Lui siffla un Londonien excédé en le poussant avec sa valise, mais Harry n'y prêta aucune attention, voulant juste sortir de là au plus vite.

Soudain, il sentit une main se poser sur son épaule et il fit volte-face, prêt à s'extirper de cette poigne qui pesait sur lui. Mais une autre main se posa sur son autre épaule, plus doucement, mais elle eut pour effet de le tenir fermement immobile. Puis, il entendit quelqu'un lui murmurer à l'oreille.

"Calme toi."

Harry leva les yeux vers les deux perles grises qui l'observaient avec une pointe d'anxiété. Draco l'attira vers lui, les deux mains toujours sur les épaules du brun. Ce n'était pas vraiment une embrassade, mais Harry pouvait sentir la chaleur dégagée par le blond. Après quelques secondes, il aperçut le changement.

En sortant du quai 93/4, il avait marché d'un pas désordonné, le poussant à bousculer la masse de voyageurs présents dans la gare. A présent qu'il était à l'arrêt, il remarqua que plus personne ne le touchait. Le flot de personnes les évitait avait fluidité et aisance.

"Qu'est-ce que tu fais là ?" Demanda Harry lorsque les battements frénétiques de son cœur se furent calmés.

"Je m'inquiétais." Répondit Draco.

Harry ne répondit pas et le blond sembla penser que cela voulait dire que le brun était en colère, car il rajouta aussitôt.

"Je suis resté en dehors du quai."

Harry sentit à nouveau une vague de tristesse l'envahir, mais cette fois, il reconnut la douleur du blond. Harry enfouit son visage dans ses mains.

"Je suis horrible." Murmura-t-il.

"Pourquoi ?" Demanda Draco d'une voix pleine de surprise.

"Tu sais pourquoi. Par Merlin, je cours après mon ex copine pour l'empêcher de partir en espérant d'elle qu'elle comprenne que j'aime quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui doit bien se demander ce qu'il fait encore avec moi."

Harry laissa échapper un profond soupir en laissant retomber ses mains, sans pour autant lever la tête. Il sentit la poigne du blond se resserrer sur ses épaules, ses doigts aussi durs que de l'acier.

"Ce n'est pas ce à quoi je pense."

"Pourquoi pas ?" Répondit Harry, observant le sol blanc de la gare. "Tu ne penses pas que je dépasse les bornes ? Que je te trompe ?"

Il entendit le blond émettre un petit rire, ce qui lui fit lever la tête. Les yeux gris brillaient d'une lueur d'amusement.

"Non, je ne pense pas ça."

"Pourquoi ?" Demanda à nouveau le brun.

"Parce que tu es Harry Potter. Tu essayes toujours de sauver le monde, même ton ex."

Harry fronça les sourcils et plongea les yeux dans ceux du blond. ll avait pris l'habitude d'entendre ce genre de phrase venant du blond, mais ils avaient toujours été teintés de mépris. Cette fois, le blond semblait amusé par cette remarque, presque...fier.

"Tu es vraiment quelqu'un d'étrange, tu sais ?" Lança-t-il, un fin sourire se dessinant sur son visage.

Draco lui lança un de ses rares sourires en coin avant de le tirer par la manche, le guidant à travers la foule. Les gens semblaient s'écarter sur leur passage et Harry sentit la main du blond se refermer sur la sienne.

En sentant le vent frais s'engouffrer dans sa chevelure, il se rendit compte que toute panique l'avait quittée.


Harry pénétra dans le bureau de Kingsley d'un pas plus léger, suivi de près par Draco. Ron et Neville étaient déjà présents, debout face au bureau du ministre. Il vit Ron lui lancer un regard anxieux alors qu'il traversait la pièce et il lui répondit d'un signe de tête. Le brun vint se poster au milieu du groupe, légèrement en avant.

"Vous êtes en retard." Leur lança Kingsley.

Sa voix était tranchante et glaciale, mais Harry s'y était préparé.

"Je veux savoir ce qu'il s'est passé." Ordonna-t-il.

"Tu as lu mon rapport." Répondit Harry.

"Ne joue pas à ça avec moi." Cingla Kingsley. "Je veux savoir pour quelle raison tu t'es introduit dans mon bureau pour y voler un objet aussi dangereux ?"

"L'objet dont tu parles est le mien, il m'appartient car je l'ai gagné. D'ailleurs, que faisait-il dans cette pièce, hein ? Je me souviens très bien de l'endroit où je l'avais placé après la guerre."

Kingsley posa sur lui un regard dénué d'émotions et Harry comprit qu'il ne répondrait pas. Pas maintenant.

"Il nous aurait été impossible d'attirer Zabini et son acolyte sans ça." Reprit-il.

"Il se sont joués de vous !" S'exclama Kingsley en tapant du poing sur son bureau. "Ils vous ont faire croire que Flaggan serait seul, mais ils étaient au courant de tout !"

Harry ne put retenir une légère grimace.

"On ne sait pas encore comment ils ont été mis au courant." Répondit-il à contrecœur.

"Et bien moi, j'ai ma petite idée." Reprit Kingsley.

Harry lui lança un regard interrogateur.

"Comment ? Nous étions les seuls au courant de cette mission."

"Vraiment ? Tu n'oublies personne ?" Demanda Kingsley.

Harry fronça les sourcils, perplexe. Il ouvrit la bouche pour demander plus d'informations, mais il entendit la voix de Draco s'élever derrière lui.

"Je pense que monsieur le ministre fait référence à mon père, Potter."

Sa voix était froide et traînante, lui faisant penser au Draco qu'il avait connu à Poudlard. Harry fut surpris par son calme et sa retenue.

"Lucius ? Tu plaisantes ?" Lança-t-il au ministre.

"Pourquoi pas ?" Répondit Kingsley. "Il avait les informations nécessaires et c'est bien lui qui t'a donné cette idée à la base, non ?"

Harry fronça les sourcils. Non, Lucius n'aurait pas pu faire ça. Il l'avait prévenu avant la mission.

"Si vous tentez quoi que ce soit, vous allez le regretter."

"Non, il ne nous a pas trahi." Répondit-il avec fermeté.

Kingsley leva un sourcil interloqué.

"Depuis quand fais-tu confiance à Lucius Malfoy ?"

"Jamais." Répliqua le brun. "Mais je sais qu'il n'aurait pas risqué la vie de son fils. Et puis il n'a pas cherché à fuir pendant le combat."

"Tu veux dire qu'il n'en a pas eu l'occasion. Lucius Malfoy vient de commettre un acte de trahison..."

"Oh, en êtes-vous sûr ?"

Cette fois, Harry se tourna vers le blond, qui plongea une main dans sa robe pour en sortir un carnet de cuir attaché par une ficelle.

"Qu'est-ce que c'est ?" Demanda Harry.

"Le carnet personnel d'Ernie Flaggan." Répondit-il avant de reporter son regard sur Kingsley. "Carnet que mon père a récupéré sur le corps du défunt tandis que des criminels tentaient de nous assassiner."

Harry observa le blond avec un mélange de surprise et d'admiration. Draco était quelqu'un d'intelligent, très intelligent. Maître dans l'art des jeux d'esprits, il était doué pour retourner les situations à son avantage. Comme celle-ci. En observant le blond, sa posture droite et l'éclair de triomphe qui éclairait ses yeux, Harry comprit que Draco avait tout prévu. Il savait que Kingsley porterait le blâme sur son père et, dans cette optique, s'était assuré d'avoir un atout dans sa poche.

Kingsley tendit une main vers le blond, qui s'avança et y déposa le carnet. Le ministre ouvrit le livre et le parcourut rapidement, fronçant les sourcils.

"C'est écrit en code." Reprit Draco. "Je pense que mon père peut le déchiffrer, c'est à vous d'en décider. Est-il un traître, ou un allier ?"

Harry se retourna pour faire face à Kingsley, qui observait toujours le carnet.

"Si c'est tout, nous aimerions êtres excusés." Dit-il.

Kingsley hocha la tête sans dire mot.


"Pourquoi ne m'as-tu pas parlé de ce carnet ?" Demanda Harry lorsqu'ils furent sortis du bureau.

Croyant sans doute à une dispute évidente, Ron et Neville échangèrent un regard avant de prendre le chemin des salles d'entraînement. Depuis que le blond avait gagné sa place au sein de l'équipe, les deux Aurors évitaient au mieux de se retrouver en cœur d'une querelle entre le Guérisseur et l'Auror-en-chef.

Autrefois, les choses étaient faciles, car Ron se mettait automatiquement du côté de Harry. A présent, les deux préféraient s'éclipser avant qu'on ne leur demande de prendre partie.

Draco attendit qu'ils soient seuls avant de répondre.

"Je voulais préserver un effet de surprise." Répondit-il.

"Je sais, mais tu aurais pu..." Commença Harry sèchement.

Draco posa une main sur son bras pour l'arrêter et le brun se retrouva dos au blond, leur corps se touchant. Harry prit une profonde inspiration pour calmer les battements de son cœur. Il ne savait pas si cela venait de sa colère, ou de la proximité du blond.

"Je ne savais pas que j'aurais à l'utiliser. Au fond, j'espérais que Kingsley n'irait pas jusque là. Je croyais que..."

Le blond se tut et Harry tourna la tête vers lui. Draco avait les yeux baissés, ses lèvres fermées étroitement, ne formant qu'une ligne fine.

"Tu croyais qu'ayant gagné la confiance du ministère, tu pourrais expier les crimes de ton père." Compléta-t-il à voix basse.

Draco releva la tête et l'observa un instant avant de passer une main dans ses cheveux.

"Sans doute. Mais je vois que c'est une tâche impossible."

Harry ouvrit la bouche pour répondre, avant de la refermer. Que pouvait-il dire ? Le blond avait raison, c'était bien là une tâche impossible. Au fond de lui, Harry ne voulait pas que cela change. Lucius Malfoy ne méritait le pardon de personne, pas quand ses exactions avaient fait autant de mal.

Draco reprit sa marche et Harry le suivit en silence. Après quelques minutes, ils arrivèrent dans le couloir menant aux salles d'interrogatoire. Harry leva un regard interrogateur vers le blond.

"Qu'est-ce qu'on fait ici ?" Demanda-t-il.

"Disons que j'ai oublié de préciser une petite chose à monsieur le ministre."

Harry ne put s'empêcher de sourire en réponse au regard malicieux du blond.

"Qu'est-ce que tu as encore fait ?"

Draco haussa les épaules.

"Et bien, pendant que tu vaquais à tes occupations ce matin, je me suis permis de recopier la première page du carnet pour les soumettre à mon père."

Harry sentit son sourire disparaître et ses sourcils se froncer.

"Draco...tu sais ce que pensera Kingsley s'il l'apprend. Tu ne peux pas donner des informations sensibles à ton père. Cela peut être vu comme un acte de trahison."

"Mon père est le seul qui puisse déchiffrer ce carnet." Répondit Draco.

Harry ne répondit pas, affichant une mine refermée.

"Père dit que le carnet est codé de manière à ce que seules les personnes du métier puissent le lire. Dans sa jeunesse, il avait marchandé avec un brigand employant la même technique et il lui aurait montré comment déchiffrer ces codes.

Harry hocha la tête, les lèvres pincées. Il ne pouvait émettre ses doutes face au blond. Même si Lucius parvenait à déchiffrer ce carnet, quelles garanties avaient-ils quant à la véracité de ce qu'il dirait ? La seule personne capable de valider ses dires était morte.

Mais quel autre choix avaient-ils ? Il devait essayer, ne serait-ce que pour voir ce que leur dirait Lucius.

"Voyons voir ce qu'il a à nous dire." Répondit-il. "Mais qu'une chose soit claire," reprit-il, alors que Draco posait une main sur la poignée de la porte, "c'est en toi que je crois, pas en lui."

Draco l'observa un moment et Harry remarqua à nouveau les traits jaunes qui parsemaient son regard. Sans qu'il n'y réfléchisse, il glissa une main sous son col et agrippa le collier offert par Narcissa, savourant la fraîcheur de l'acier. Draco hocha la tête et ils entrèrent ensemble.


Lorsqu'il pénétra dans le bureau du ministre, plus de deux heures plus tard, il le trouva assis près de la cheminée, tenant le carnet de Flaggan à l'envers.

"Qu'est-ce que tu veux ?" Demanda Kingsley, sans lever les yeux vers lui. "Je pensais t'avoir fait comprendre que je ne voulais plus te voir aujourd'hui."

Harry ne releva pas l'attaque, trop concentré sur le fin parchemin qu'il tenait dans ses mains. Il s'avança vers le ministre et posa le parchemin sur la table basse située devant lui. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, et pendant un bref moment, il voulut arracher le carnet des mains de Kingsley.

"Qu'est-ce que c'est, une lettre d'excuse ?" Demanda Kingsley.

"Mieux que ça." Répondit Harry, incapable de contenir un sourire triomphant. "Le nom du complice de Zabini."

A ces mots, Kingsley releva brusquement la tête, posant sur le brun un regard perçant.

"Quoi ?"

"Voici le nom de l'homme qui s'est allié à Zabini."

Kingsley leva un sourcils interrogateur avant de se saisir du parchemin.

"Et comment as-tu trouvé cette information ?"

Harry savait que Kingsley connaissait déjà la réponse. Puisqu'il était établi que seul Lucius pouvait décoder les écrits de Flaggan, alors il devait en avoir déduit que le brun n'avait pas hésité à demander l'aide du Mangemort. Tant mieux, tant que le ministre ne soupçonnait pas Draco, il était heureux d'en prendre la pleine responsabilité.

En réalité, Lucius n'avait fait que décoder les deux premiers paragraphes de la page, le processus de décodage étant très long. D'après Lucius, chaque page avait un code différent. Les chiffres et les lettres faisaient référence à des mots contenus dans d'autres livres. Les chiffres indiquaient l'emplacement du mot, les lettres indiquaient elles par quoi commençait le mot recherché.

Le nom du livre qui permettait le décodage de la première page s'intitulait 101 Potions et leurs effets, un livre que détenait Draco.

"Nous en reparlerons plus tard." Grogna Kingsley en baissant le regard sur le parchemin. "Mais sois bien assuré que je n'en resterai pas..."

Le carnet qu'il tenait glissa de ses mains et tomba au sol dans un bruit sourd.

"Qu'est-ce que..." Commença Harry, mais Kingsley se leva d'un bond et quelque chose dans ses yeux lui glaça les entrailles.

"Auror Potter, au nom du Ministère de la Magie, je vous somme d'arrêter Norman Petish et de le placer en détention provisoire."

A suivre.


Voilà c'est tout pour ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plus ! Ginny s'en est enfin allée, et Harry doit arrêter Petish ?! La suite au prochain chapitre !

Je pense avoir trouvé un rythme d'écriture en parallèle de mon travail, donc vous n'aurez pas à attendre aussi longtemps pour le prochain chapitre.

Merci de toujours suivre cette histoire. A bientôt !

Elendil-sama