Tout était noir.
D'un noir d'encre, profond, abyssal, le noir emplissant les gouffres qui paraissent sans fond.
J'avais beau ouvrir, et fermer, et rouvrir mes yeux, rien n'y faisait, je ne voyais absolument rien. Je ne peux retenir un gémissement lorsque je tente de me redresser sur les coudes, mon dos me fait atrocement mal. Mais comment diable ais-je fait pour atterrir ici ? Peu à peu, en reprenant mes esprits, des scènes me reviennent en mémoire. La forêt, des cris, un rire cristallin qui me faisait du bien, des cheveux blonds. Des cheveux blonds ?
Soudain, je me vois rire et rouler dans l'herbe avec une fille, je me sentais incroyablement heureux, et elle me fit un sourire sincère et éclatant qui provoqua en moi un véritable feu d'artifice. Ces cheveux blonds…. Ces yeux, et ce sourire….
Clarke. J'étais avec Clarke ! Tout me revint en mémoire. Elle se tenait au-dessus de moi avec son magnifique sourire qui creusait ses fossettes, quand en regardant derrière elle, j'avais aperçu un homme. Un homme perché dans un arbre, tenant à la main un objet métallique.
Une lame ! Le regard qu'il me lança alors m'a confirmé qu'il sait que je l'ai vu.
Sans réfléchir, je me mis au-dessus de Clarke pour tenter de la protéger et de la prévenir du danger, lorsqu'un sifflement imperceptible emplit l'air et je sentis une douleur fulgurante me transpercer l'omoplate. Ma vision devenue trouble, je n'eus que le temps de lui dire de sauver sa peau avant de perdre conscience.
Angoissé à son sujet, je réussi plus ou moins à me mettre en position assise, et me cala contre un des murs de ce que je devine être une cellule. Je perds la notion du temps. Combien de temps s'est-il écoulé entre la dernière fois que j'ai vu Clarke et maintenant ? J'en n'en sais rien. Je reste prostré, dans le noir, submergé par des vagues de douleurs provenant de mon dos.
Dans un grincement effrayant, une porte s'ouvre et, aveuglé par cette soudaine source de lumière, je n'aperçus que deux silhouettes massives se dirigeant droit vers moi. Je me débats lorsque l'un d'entre eux tente de me soulever par les poignets, mais je me fige en entendant le second s'adresser à moi :
Clarke Griffin demande à te voir.
Où est- elle ?! Que lui avez-vous fait ? Espèce de monstres si jamais vous avez touché à un seul de ses cheveux je vous jure que…
Tais-toi ! C'est uniquement grâce à elle que tu es en vie.
Abasourdi à l'entente de ces mots, je me laisse faire, en espérant revoir mon ange aux cheveux blonds sans une égratignure. Nous traversons maints et maints couloirs, j'abandonne le fait d'essayer de mémoriser le chemin, mes pensées sont bloquées sur l'attente de revoir cette fille.
Mais depuis quand te fait-elle cet effet-là ? Tu collectionne les conquêtes d'une nuit, et Clarke est plutôt jolie, bon d'accord, très jolie, mais tu ne t'inquiète pas pour une fille en temps normal !
Mes pensées sont brusquement interrompues lorsque les colosses ouvrent une trappe dans le sol, et me jettent à l'intérieur sans ménagement. Je lâche un cri de douleur lorsque je tombe sur l'épaule, mais à peine ai-je le temps de me relever péniblement qu'une tornade blonde m'enlace et me remet par terre.
Bellamy….. J'ai eu tellement peur pour toi si tu savais…. Et le poison ?! Je ne pouvais pas ! Je ne pouvais pas te laisser à ces hommes, pardonne-moi je t'en prie…..
Ces paroles n'avaient aucun sens pour moi, elle me serrait dans ses bras de toutes ses forces, et, au vu de mon épaule humide elle sanglotait. J'ai eu un moment d'hésitation, je ne savais pas vraiment comment réagir, mais j'étais tellement heureux de la revoir saine et sauve que je la pris à mon tour dans mes bras et j'enfouis mon nez dans son cou.
Ne pouvant pas la laisser dans cet état, je la fit s'asseoir au sol et commençai à lui caresser doucement les cheveux en lui murmurant que tout allait bien, que j'étais sauf avec elle et que je ne laisserai plus personne lui faire de mal. Ses pleurs se calmèrent, et quand j'étais sûr qu'elle allait mieux je pris son visage en coupe dans mes mains et lui dit, en plongeant dans son magnifique regard :
Clarke, est ce que tout va bien ? Même si c'est difficile, il faut que tu essaie de me raconter ce dont tu te souviens. Tout. Depuis le moment où j'ai perdu connaissance dans la forêt.
