Hello ! Vous ai-je manqué ? Non ?
Je reprends doucement la rédaction de cette fanfiction. Désolée pour l'attente... Elle devrait être moins longue que The Dead Shall Be Raised, je ne sais pas.
Bon. Vous vouliez la scène du baiser ? La voici. Mais je pense que vous allez être en partie déçus *nyark nyark*
Dites-moi ce que vous en pensez ! Bonne lecture !
Chapitre 2.
Reid, allongé sur le dos, les mains croisées derrière la nuque, sa peau encore tiédie par la douche brûlante, attendait que le sommeil veuille bien le gagner.
Une nuit noire était tombée sur Londres, seulement ponctuée des halos un peu brumeux des réverbères. La pluie qui continuait de tomber battait le pavé, rythmiquement, tapotait la vitre avant de ruisseler doucement.
Il pensait à Fran. Avait-elle pris son vol ? Y avait-elle renoncé, pour lui ? Reid soupira et ferma les yeux.
On frappa à sa porte.
Le jeune homme se redressa, intrigué – s'était-il endormi sans s'en rendre compte ? Hotchner ou Morgan venaient-il déjà réveiller les membres de leur équipe ?
Reid appuya sur l'interrupteur, et la lumière crue de la lampe l'éblouit. Il cligna des yeux plusieurs fois pour s'habituer à la vive luminosité qui lui vrillait la rétine. Il tendit l'oreille. On toqua à nouveau. Reid se leva, enfila un gilet de laine lâche.
– Spencer ?
Reid s'interrompit alors que sa main tenait la poignée de la porte.
C'était la voix de Fran.
Sans plus réfléchir, il ouvrit la porte à la volée ; là, devant lui, dans le couloir, se tenait la jeune femme.
Ses beaux cheveux roux dégouttaient d'eau, ses vêtements trempés lui collaient à la peau, épousant ses nouvelles formes généreuses. Sur son front, ses joues, le long de son cou, les gouttes glissaient, paresseusement. Reid déglutit.
– T'as intérêt à avoir de sacrés arguments pour m'avoir fait rater mon vol ! annonça-t-elle avec une pointe de sarcasme.
Reid l'attrapa par la manche, l'attira à l'intérieur, la plaqua contre la porte qui se referma, ses mains glissèrent sur les joues mouillées de la jeune femme, et il posa ses lèvres sur les siennes, comme si la fin du monde avait été annoncée pour la minute qui suivait.
Toc toc
– Non... protesta Reid dans un murmure.
Il s'accrocha aux bribes de rêve qui s'échappaient en ondulations vaporeuses, tenta de se concentrer sur la saveur des lèvres de Fran sur les siennes, de ses doigts sur sa peau, du sourire de la jeune femme contre sa bouche, de son souffle sur son visage.
Toc toc !
– Reid !
oOo
Reid ouvrit les yeux. Un chaud rayon de soleil perçait la couche de nuages et, passant à travers le faible interstice des rideaux, dessinait sur le mur un lumineux trait doré.
– Reid, debout ! lança Hotchner à travers la porte.
– J'arrive... bougonna le jeune homme en s'extirpant avec peine de son lit.
Baillant et s'étirant, il se prépara, puis descendit rejoindre les autres pour le petit déjeuner.
Reid n'était pas le seul à se sentir affecté par le décalage horaire ; J.J., les traits fatigués, clignait des yeux, telle une chouette, au-dessus de sa tasse de café, tandis que Garcia tartinait mécaniquement un toast, sans se rendre compte qu'elle étalait la marmelade d'orange depuis cinq bonnes minutes. Prentiss, les yeux dans le vague, mâchonnait un petit pain beurré. Seuls Morgan, Rossi et Hotchner, égaux à eux-mêmes, ne semblaient pas avoir souffert. Reid s'installa à côté de Garcia et se servit un mug de café bien fort, qu'il agrémenta d'une bonne dose de sucre.
– Alors, le salua Garcia, t'as fait de beaux rêves ?
– 62,8% seulement des gens s'en souviennent, éluda Reid en bafouillant – ne pouvant empêcher une certaine Fran Isolt Graham de se rappeler à son bon souvenir, effleurant sa conscience.
– Et c'est pour ça que tu rougis... ? s'amusa Morgan.
Reid détourna le regard et plongea le nez dans sa tasse de café fumant.
oOo
Deux véhicules de Scotland Yard les attendaient à l'entrée de l'hôtel. Le trajet ne sembla pas très long aux yeux de J.J. et Garcia, qui somnolèrent, l'une, la joue nonchalamment posée sur la paume de sa main, tandis que la seconde avait appuyé le front contre la vitre, se laissant bercer par le tangage de la voiture. Reid nota sans peine les rues parcourues, calcula mécaniquement la vitesse moyenne de leur véhicule en fonction de la qualité du revêtement, les ralentissements apparemment aléatoires, les travaux de voirie, autour d'une bouche d'égout.
Ils descendirent devant un gigantesque bâtiment qui semblait n'être qu'une fragile mais imposante structure de verre, encadrée de constructions aussi hétéroclites qu'excentriques. La rue paraissait étroite et sombre, malgré le beau soleil qui commençait à illuminer les vitres de New Scotland Yard.
L'effervescence matinale, absente de Broadway, leur explosa presque au visage lorsqu'ils entrèrent dans le bâtiment : les bruissements de papier, les stridulations incessantes des téléphones, les murmures plus ou moins perceptibles de conversations, les odeurs de café chaud et les effluves des muffins, le claquement de chaussures réglementaires sur le sol...
L'équipe du BAU ne tarda pas à être accostée par un petit bout de femme aux traits fatigués. Elle avait lissé et assemblé ses cheveux noirs en un chignon d'où pas une mèche ne dépassait.
– Bonjour, Sergent Lane Howard, annonça-t-elle.
– Bonjour, Agents Hotchner, Rossi, Jarreau, Garcia, Prentiss et Docteur Reid, dit Hotchner à mesure que Howard leur serrait la main – répondant au signe de Reid par un sourire crispé.
– Vous êtes plus que bienvenus, grinça-t-elle en leur tendant des badges qu'ils épinglèrent sur leur poitrine. Vous n'imaginez pas à quel point on patauge, ici.
– Sergent, nous aurions besoin d'un briefing sur l'enquête, demanda J.J.
Howard opina et les conduisit sans plus de cérémonie jusqu'à une vaste salle de conférence. La table oblongue était couverte de dossiers épais, plusieurs ordinateurs portables semblaient prendre la poussière à chaque bout. Des tableaux de tailles variées avaient été réquisitionnés et positionnés le long des murs, et tapissés de photographies, plans gribouillés, punaises reliées entre elles par des fils de couleur.
– Voilà tout ce qu'on a. Je vous laisse jeter un coup d'œil, je dois prévenir Cam – le Commander Cameron que vous êtes arrivés. Il est en charge de l'affaire.
Garcia émit un grognement désapprobateur en constatant la fine couche de poussière sur les écrans des ordinateurs. Elle déplaça les dossiers posés sur les claviers.
– Ça doit faire des lustres qu'ils ne les ont pas utilisés, râla-t-elle en vérifiant les connections.
– Ne les allume pas avant d'avoir reçu l'autorisation du Commander, la prévint Hotchner.
– D'accord, chef.
Morgan feuilleta quelques papiers, imité par Prentiss et Rossi, tandis que Reid et J.J. étudiaient attentivement les documents punaisés sur les tableaux.
Howard ne tarda pas à revenir, accompagnée d'un grand échalas dont le costume noir était froissé. Il avait visiblement passé la nuit dans son bureau – les cernes sous ses yeux le montraient assez.
– L'enquête se résume en trois mots, dit-il après s'être présenté brièvement : au point mort. Le fait est que nous sommes incapables de dresser un profil, malgré la quantité d'informations qu'on a réunies.
– C'est pour ça que nous sommes là, fit Hotchner avec diplomatie. Comment devons-nous procéder ?
– Je vous laisse carte blanche, soupira le Commander Cameron. Mais quoi que vous fassiez, vous devrez en référer à moi.
– Entendu.
oOo
Avec l'autorisation du Commander, la salle de conférence devint leur QG. Garcia put accéder presque sans restriction au réseau de Scotland Yard et relia entre eux les trois ordinateurs portables de la pièce. Cameron fit taire les protestations de Howard, qui regarda, interloquée, les membres du BAU réorganiser entièrement les tableaux – l'anarchie apparente qui régnait disparut ; ils rangèrent les fils, les punaises, reclassèrent les photographies et les plans.
Hotchner expliqua à Cameron que le trop plein d'éléments n'avait pas dû les aider dans leur investigation – en triant les indices par ordre d'importance et en les visualisant d'un seul coup d'œil, les enquêteurs évitaient d'être parasités par un trop grand nombre d'informations. Ce que leur patron avait dit à Cameron de façon fort subtile, nota Reid pour lui-même, c'était que leur méthode faisait brouillon.
Ils parvinrent cependant à la même conclusion que Scotland Yard : les cambrioleurs se préparaient longuement et rien ne permettait de prévoir où et quand se produirait l'attaque suivante. Jusqu'à présent, seules de petites structures bancaires étaient visées, mais rarement la même filiale deux fois de suite. Le schéma semblait être aléatoire – Reid se serait cassé les dents sur son plan si Prentiss ne lui avait pas fait remarqué qu'il avait commencé à débiter à voix haute des séries de calculs de probabilités incompréhensibles. Garcia, épaulée par J.J., fouilla les archives numériques à la recherche d'enregistrements de vidéo-surveillance.
Ils consacrèrent leur journée à relire les dossiers, compiler les données, trier les informations. La salle de conférence prit bientôt une autre apparence, un peu plus familière, moins stérile. Sur un coin de table, le matériel de Scotland Yard croulait sous les accessoires aux couleurs vives que Garcia avait glissés dans son sac. Les restes de leur déjeuner traînaient de l'autre côté de la table.
Le Sergent Howard les aida autant qu'elle le put, accompagnée par intermittences par le Commander, qui se libérait dès que rien ne le retenait ailleurs.
À la fin de la journée, même si l'enquête n'avait pas beaucoup avancé, ses différents éléments apparaissaient plus clairement.
Les deux chauffeurs de Scotland Yard les reconduisirent à leur hôtel. Éreintés, les membres du BAU prirent à peine le temps de dîner ensemble dans la salle commune, avant de monter se coucher, écrasés par le décalage horaire et la fatigue.
oOo
