Dès que la porte de la cellule se referma, Bellamy fut pris d'une angoisse terrible. Je n'aurai pas dû la laisser partir… qui c'est ce que ces hommes vont lui faire ! Si jamais il lui arrive quelque chose je ne me le pardonnerai jamais.
Il se recroquevilla dans un coin de la cellule et essaya de profiter de ce temps de calme pour dormir. Peine perdue, car, quelques heures après il se retournait encore et encore, s'inquiétant trop au sujet de Clarke pour trouver le sommeil.
Soudain il entendit des coups sourds, étouffés provenant de la porte. Il se rapprocha au maximum, collant l'oreille contre le mur et il n'entendit qu'une phrase.
Vous avez un allié entre ces murs, et quand le moment sera venu je vous ferai sortir.
Comment ça, qui êtes-vous et que voulez-vous ?
Seul le silence lui répondit.
De l'autre côté de la porte, un jeune homme avec des cheveux noirs et un regard d'or remis prestement son masque sur son visage et repartit aussi discrètement que lorsqu'il était venu.
Bellamy se rassit, et prit sa tête entre ses mains, détestant cette situation où il n'avait d'autre choix que d'attendre, impuissant, alors que Clarke était peut-être en danger.
Il ne comprenait pas pourquoi depuis quelques temps il s'inquiétait autant à son sujet. Si, lui souffla une voix dans sa tête, tu sais pertinemment pourquoi. Il chassa bien vite cette idée saugrenue de ses pensées, et se rassura en pensant que Clarke était plus que capable de se gérer toute seule. Sa courageuse princesse…
Pendant ce temps, Clarke s'était lavée, habillée d'une robe simple, d'un bleu sombre qui contrastait avec ses cheveux blonds comme les blés. Elle était maintenant assise au bord du lit, pendant qu'Ariane s'occupait de ces cheveux, qu'elle avait décidé de tresser. « C'est une marque de respect » avait-elle dit, lorsque Clarke lui avait demandé pourquoi les coiffer en une longue tresse.
Quand elle eut fini, Ariane la fit se lever et l'observa d'un œil critique, avant de déclarer d'une voix grave :
Vous êtes prête, il est temps.
La gorge nouée, Clarke hocha la tête, et les deux demoiselles sortirent de la pièce, Ariane guidant Clarke dans ce dédale de couloirs, qui lui apparaissaient sans fin. Finalement au bout d'une dizaine de minutes, la jeune guide s'arrêta, et chuchota quelque chose à l'oreille de Clarke avant d'ouvrir une lourde porte en bois et d'annoncer d'une voix forte :
Clarke Griffin, la fille du peuple du ciel est ici pour vous voir, maître.
Tu peux disposer, Ariane. Merci.
Comme vous voudrez, maître.
La jeune fille sorti, laissant là Clarke, ne sachant pas très bien quoi faire, avec en tête la dernière phrase qu'elle lui avait dite : « Ne lui faites pas confiance, Clarke, et mesurez vos paroles. » Elle s'avança.
Devant elle, une large pièce avec au centre une petite table ronde, et deux chaises. Un grand homme, les cheveux bruns coupés courts et toujours ses mêmes yeux dorés, une musculature saillante et un regard dur, se leva et vint à sa rencontre, les bras grands ouverts avec un sourire faux plaqué sur le visage.
Cet homme ne m'inspire pas confiance.
Veuillez excuser mes hommes de leur brutalité pour vous amener jusqu'ici, mes guerriers sont doués dans leur travail mais n'ont pas beaucoup de manières. S'ils vous ont offensés, je m'occuperai personnellement de leur cas.
Il dit cette phrase d'un ton glacial, ce qui fit frémir Clarke, qui n'osait pas penser au sort de ces pauvres hommes si jamais il « s'occupe personnellement de leur cas ».
Ce n'est rien, j'ai été bien traitée. Mais j'aimerai savoir plusieurs choses, car je me sens désavantagée ici, vous semblez tous connaître mon nom, alors que je ne connais pas le vôtre.
En effet, et je ne peux que constater que votre beauté n'égale que votre sens de la répartie. Je me nomme Alec, et je suis le dirigeant de cette cité. J'espère que vous passerez un bon séjour parmi nous.
Justement, quelle est la raison exacte de ma présence ici ? Non pas que je n'apprécie pas votre accueil pour le moins… chaleureux, mais il aurait été plus avisé de prévenir un peu à l'avance, au lieu de nous kidnapper.
Oui je m'excuse encore une fois pour ce dérangement, j'espère que vous ne nous en tiendrez pas rigueur.
Accepterez-vous de faire quelques pas en ma compagnie ? dit-il en lui proposant son bras.
Clarke jugea plus prudent de le saisir et ils commencèrent à marcher. Les premières minutes se passèrent dans le silence le plus total, il l'emmena dans une pièce en forme de demi-lune, et un rideau couvrait tout un pan de mur en arc de cercle. Alec s'approcha du rideau, et lui dit :
Asseyez-vous ici, et laissez-moi vous montrer notre merveilleuse cité ! Il appuya ses propos en ouvrant en même temps ces grands rideaux, dévoilant un spectacle à couper le souffle.
Clarke se leva, des étoiles plein les yeux, et s'approcha jusqu'à toucher la vitre.
« Incroyable » dit-elle dans un souffle.
