Ce ne peut pas être vrai.

Bellamy se tourna vers Clarke, dans l'espoir d'un signe de sa part prouvant que tout ceci était faux, mais elle évitait son regard à tout prix. Il se leva alors et dit qu'il avait besoin de prendre l'air.

Il sortit, et dans le couloir s'appuya contre le mur, la tristesse et la colère l'empêchant de reprendre son souffle. Il entendit des bruits de pas derrière lui, et se tendit lorsqu'il entendit Clarke prendre la parole :

Bellamy, je…..

Dis-moi que ce n'est pas vrai. Je t'en prie dis-moi que tu n'as pas l'intention d'accepter de te marier avec cet homme !

Je voulais t'en parler, toute à l'heure, mais j'ai été coupée par Ariane ! Tout ça va bien plus loin que juste moi et lui, Bellamy, il s'agit de la survie de notre peuple !

Justement, je croyais qu'on prenait ce genre de décisions ENSEMBLE !

Tu n'es pas au courant de tout, laisse-moi t'expliquer… C'est l'unique condition pour la paix et un allié de taille pour nous ! Et ce mariage, c'est de ma vie que l'on parle, Bellamy ! Tu n'as pas ton mot à dire sur ça, mais sur l'alliance entre notre peuple et le leur !

Comment peux-tu accepter de te lier à vie avec un homme que tu ne connais absolument pas, qui t'a faite kidnapper et enfermer dans une cellule ! Tu me dégoûte…

Mais en quoi ça t'intéresse ?! Je t'en pose des questions sur les filles que tu ramènes dans ton lit au camp ?! finit-elle par lui cracher au visage, les larmes roulant sur ses joues.

Bellamy garda le silence, profondément blessé par cette dernière phrase, et partit sans se retourner au travers de ces couloirs qui se ressemblent tous, essayant de retrouver le chemin de sa chambre par mémoire. Clarke le regarda partir, et s'effondra à même le sol, pleurant à chaudes larmes, le visage entre ses mains. Elle sentit rapidement des bras puissants la prendre par les épaules dans une étreinte douce, et fut reconnaissante à l'homme de ne pas parler, juste comprendre et compatir. Alec, dans un coin, souriait. Satisfait de ce qu'il voyait, il partit, laissant Clarke et Thomas seuls.

Ce dernier lui caressait les cheveux doucement, lui murmurant que tout allait s'arranger, même si au fond de lui, il n'en était pas réellement convaincu. Quand ses pleurs se calmèrent, il l'emmena dans sa suite, ne voulant pas la laisser seule avec celui qui était la source de son mal-être.

Il la déposa délicatement sur le lit, comme une enfant, la borda et lui dit de dormir, tandis qu'il allait s'installer sur le fauteuil le plus proche, veillant sur elle. « Merci », entendit-il au bout de quelques minutes. Il regarda la tête blonde émergeant des couvertures, et sans un mot, répondit d'un signe de tête. Clarke ne tarda pas à s'endormir dans ce lit étranger, épuisée par toutes les émotions de cette journée. Mais au fond d'elle, une petite voix lui soufflait « Clarke, ma fille, tu es en train de faire une très, très, très grosse bêtise. »

Lorsqu'elle se réveilla, elle était seule. Le fauteuil était vide, et elle se sentait dans le même état que lui. Vide. Comme s'il lui manquait quelque chose. Il te manque, parce que tu sais pertinemment qu'il ne te pardonnera jamais.

Elle chassa bien vite cette pensée, elle avait assez pleuré. Elle décida de rester ici attendre Thomas, d'une part pour le remercier, et d'autre part parce qu'elle ne connaissait pas le chemin.

Pendant ce temps, Thomas hésitait sur ce qu'il allait faire, restant devant une porte close. Finalement, il décida de mettre les choses au clair, et il entra. Bellamy était prostré dans un coin, les traits tirés, de lourdes cernes prouvant qu'il n'avait pas pu dormir cette nuit.

Où est-elle ? demanda-t-il d'une voix à la fois inquiète et en colère.

Dans ma chambre. Lui répondit Thomas. Elle avait besoin de repos, je ne lui ai rien fait. Ajouta-t-il en voyant les poings de Bellamy se serrer lorsqu'il entendit la première partie de sa phrase.

« Encore heureux » l'entendit-il marmonner, Thomas sourit d'un air amusé en entendant cela.

Tu l'aime ? demanda finalement Thomas, qui avait déjà une petite idée de la réponse qu'il aurait.

C'est moi qui devrais te poser cette question, étant donné que vous avez décidé d'un mariage express, mais étant donné que je connais déjà la réponse, je ne le ferai pas.

Écoute-moi, Bellamy. Moi je ne suis pas votre ennemi, tu peux le concevoir ça ? Je n'ai pas l'intention d'épouser ta copine à moins d'y être obligé par la menace d'une guerre, ce qui est son cas. Je sais très bien que mon frère l'a menacée où a menacé ta vie, sinon elle n'aurait jamais accepté ce mariage.

Détrompe toi, elle est prête à tout pour la survie de notre peuple, il n'a pas besoin de la menacer pour qu'elle accepte une alliance en contrepartie de se marier. Et ce n'est pas ma copine.

Sérieusement ? répliqua le prince en haussant un sourcil.

Non, elle ne m'aime pas, sinon elle n'aurait jamais accepté de se marier avec un inconnu.

Ou alors….. elle veut juste te garder en vie ! Réfléchis un peu ! Franchement je ne vois pas ce qu'elle te trouve, tu es incapable de voir qu'elle éprouve les mêmes sentiments que toi, alors que même aux yeux d'un « inconnu » tel que moi, ça parait évident.

Tu n'as jamais eu l'intention de l'épouser ? Mais tu en donne l'impression pour que ton frère le croit, en attendant de trouver une autre solution, dit Bellamy, qui à présent semblait comprendre le comportement de Clarke lors de la soirée hier, et n'osait espérer que sa princesse aux cheveux blonds l'aime en retour.