Bonjour à tous! Donc comme je viens de poster le chapitre 6 de la fanfiction ''this thing that binds us'', je le publie aussi en français. Je sais que vous n'êtes pas nombreux, mais... Vous êtes fidèles. Donc je vais vous révéler un petit bijou d'indice: les flashbacks vont arriver bientôt! Vous allez enfin savoir (en plusieurs parties, sans doute un dizaine de chapitres dispersés dans la fanfiction) ''ce lien qui [les] unit''.

Chef Popo: un indice (par rapport à ton dernier commentaire) - Tu chauffes (mais je ne peux pas dire si c'est tiède ou si tu brûles, pour des raisons évidentes) mais je vais pas te dire pour quel(s) remarque(s) tu chauffes non plus ! :D

En tout cas, appréciez ce grand cru!


Point de vue de Severide

« Matt ? »

J'essayai de le réveiller le plus doucement possible pour ne pas l'effrayer, mais cela ne marchait pas. Il semblait même encore plus agité. Je le tenais maintenant, le sentant trembler comme jamais. Il grognait, criait, mais ne parlait pas à l'intérieur de ce cauchemar. Il avait de la sueur partout sur lui. Je pris alors une résolution qui me faisait mal au cœur : je devais le secouer pour le sortir de là.

« Matt ! »

Je le secouai de plus en plus fort, jusqu'à ce que ses yeux s'ouvrent, remplis de terreur. Quelques secondes plus tard il se mit à pleurer. Sans bruit au début, mais plus le temps passait et plus cela devenait douloureux de l'entendre pleurer de plus en plus bruyamment. J'étais près de lui sur le lit, presque au-dessus de lui. Son regard était dans le mien. Il tremblait de partout et sa sueur continuait de couler en se mêlant à ses larmes. Il était terrorisé. Et perdu.

« Tout va bien Matt. Ce n'était qu'un mauvais rêve. Tu es en sécurité à présent ».

Ses yeux étaient toujours focalisés sur les miens. Brusquement, il se releva et se cramponna à moi. La seule chose que je m'autorisai à faire était de le réconforter.

« Je suis là maintenant. Il ne t'arrivera plus rien ».

Il continuait de pleurer, renifler et trembler. Il était émotionnellement redevenu un garçon de quatre ans. Après cinq minutes, les pleurs s'estompèrent, tout comme les tremblements.

« Ça va mieux maintenant ? »

Il me fit un hochement de tête en fermant ses yeux rougis. Il continuait se serrer ma main. Le docteur Bennett en profita pour s'interposer.

« Matt ? »

Il serra ma main un peu plus fort, prenant une grande inspiration.

« Je veux juste vous soigner. J'ai besoin de regarder vos brûlures ».

Son regard passa du docteur Bennett à mon visage. On pouvait lire qu'il avait toujours peur.

« Matt, c'est bon. Juste voir tes blessures d'accord ?

-Ce n'est rien Kelly. Pour lui, je suis le gars qui lui a mis le masque à oxygène sur le visage et lui a rappelé de mauvais souvenir ».

Matt avait fermé les yeux à cause des mots que le médecin venait de prononcer.

« Matt ? »

Il les rouvrit, et me fixa.

« Juste les blessures. Je suis là, il n'y a rien à craindre ».

Il respira doucement, et acquiesça. Il se rallongea pendant que je tirai un peu les couvertures.

« Bien. Maintenant je vais juste enlever les bandes sur vos bras, vos épaules et votre cou d'accord ? »

Il prenait de grandes respirations, mais elles étaient rapides et légèrement irrégulières quand le docteur Bennett s'approcha de lui.

« Euh... Docteur ? Je ne sais pas si vous avez le droit de faire cela, mais je crois qu'il vaut mieux que je le fasse moi-même. Vous avez à peine fait un pas, et il est en panique.

-Normalement c'est à un médecin de faire cela Kelly.

-Je sais, mais juste retirer les bandes. Il me fait confiance.

-Bon... »

Il fit un pas en arrière. Matt redevenait calme, mais restait toujours en sueur. Les bandes sur les bras n'étaient pas trop problématiques, mais celles sur ses épaules et son cou étaient collées. Je me tournai vers Bennett qui alla chercher quelque chose dans le couloir et revint presque aussitôt.

« Matt ? Tu me fais confiance n'est-ce pas ? »

A en croire par ses yeux, il avait compris qu'il devait laisser son médecin l'examiner.

« Tu as compris ? »

Matt baissa la tête et la remit en place. Bien sûr qu'il comprenait.

« Matt, c'est lui qui t'a soigné à ton arrivée. C'est lui qui t'a soigné quand tu as perdu connaissance dans la douche, et c'est aussi lui qui t'a assigné cette chambre pour que le matin tu puisses avoir les rayons de soleil sur ton visage et ouvrir légèrement la fenêtre pour que tu puisses te sentir mieux ».

Son regard parcourait la chambre puis s'arrêta à la fenêtre entrouverte. Le soleil était presque sortie de l'ouverture. Il ferma les yeux et acquiesça. Puis je le vis ouvrir la bouche.

« P-plus... Ma-masque ? »

Je ne pus m'empêcher de sourire. C'était ses premiers mots depuis des jours.

« Matt, je vous promets de ne plus mettre de masque sur votre visage ».

Il acquiesça et prit une grande inspiration. Cela voulait dire qu'il laissait Bennett s'occuper de lui. Je lui fis signe de la tête pour lui faire comprendre qu'il le laissait approcher.

« Je vais appliquer de l'eau distillée sur les bandes pour les faire se décoller un peu. Mais quand je vais les retirer, la peau va sans doute tirer un peu ».

Matt ne bougeait pas. Il laissa l'eau couler sur lui, puis laissa Bennett retirer les bandes souillées. Le docteur fronça un peu les sourcils.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Il s'approcha un peu de Matt et palpa son épaule gauche.

« La brûlure semble un peu infectée. Mais avec les antibiotiques qu'il a déjà, cela devrait partir tout seul d'ici quelques jours ».

Matt baissa les yeux. On aurait dit qu'il se sentait coupable.

« Matt, regarde-moi s'il te plaît ».

Il remonta sa tête.

« Ce n'est pas de ta faute. Tu étais sous le choc d'accord ? Regarde ».

Je découvris un peu mon épaule, celle où je m'étais brûlé il y avait de cela quelques jours.

« Il y a cinq jours, je suis rentré dans un entrepôt en feu avec Gabby. À tel point qu'on a failli y rester car on s'est retrouvé bloqué et nos bouteilles étaient vides. Mais on s'en est sorti avec quelques brûlures. C'est arrivé. On ne revient pas là-dessus. Alors ne te sent pas responsable de tes blessures d'accord ? »

Il secoua la tête de haut en bas. Il comprenait, mais je savais qu'il se sentait toujours coupable.

« Matt ? Si vous le souhaitez, je vous autorise à prendre une douche avant vos soins. Cela enlèvera la sueur et facilitera votre guérison.

-D-douche...

-Oui Matt, une douche. Mais pas aussi chaude que la dernière. Tiède.

-Je crois qu'il va avoir besoin d'aide Kelly. Je ne peux pas retirer la perfusion entièrement.

-Et au vue des derniers événements...

-Donnez-lui un peu de crédit. Il s'est toujours lavé tout seul, comme un grand, alors je crois qu'il peut le faire tout seul. N'est-ce pas Matt ? »

Matt regardait attentivement Kelly dans le blanc des yeux.

« S-seul ? N-non... Non... »

Matt secouait la tête vivement. Il ne voulait pas être tout seul dans une pièce. Cela l'effrayait au plus haut point.

« Matt, tu ne crains rien dans la salle de bain. Et si cela te rassure, on ne ferme pas la porte, d'accord ? »

Matt avait fermé les yeux, qui commencèrent à se remplir de larmes. Il tenait si fermement ma main que la douleur remontait jusqu'à mon épaule.

« Okay Matt, j'ai saisi. Je laisse la porte ouverte, ET je viens avec toi dans la salle de bain. Mais tu te douches tout seul, c'est bon comme ça ? »

Son étreinte s'était relâché. Je pouvais enfin sentir ma main, et aussi sentir ses tremblements. Il était terrorisé. Je pouvais le comprendre.

« Oui... »

Je lui sourit, en espérant le voir sourire un peu, mais il était redevenu impassible. La muraille que tous les pompiers connaissaient. Si ils le voyaient comme je le voyais à l'instant, personne ne pourrait croire que c'est bel et bien lui.

« Je vais enlever tout ce dont vous l'avez pas besoin pour vous doucher. Gabby est allé chercher des vêtement plus...

-Décents ?

-Ce n'est pas le mot que je cherchais mais on va dire ça. Elle est partie chercher des pantalons. Et je pense aussi des T-shirts, mais avec les brûlures, pour le moment on va attendre quelques jours.

-Il va rester ici quelques jours ?

-Procédure standard Kelly.

-Bon ».

Bennett enleva les fils du moniteur, une partie de la perfusion et la canule. Matt ne bougea pas. Il restait immobile.

« Matt ? Douche ?

-Ou-oui... »

Enfin... Matt esquissa un léger sourire, du coin de la bouche. Les mots ''douche'' et ''soleil'' le faisait sourire. C'était apaisant pour lui. Il se leva et je le suivis jusque dans la douche. À partir de là, il ne semblait plus savoir quoi faire.

« Matt ? Il faut que tu enlèves ta blouse, que tu rentres dans la douche, fasses couler l'eau et que tu te laves.

-Je... P-pas S-seul...

-Tu veux pas le faire tout seul ? Tu as peur de quoi ? On est seul ici ».

Il baissa la tête et commença de nouveau à trembler.

« L-lui... »

Lui ? Oh mon Dieu, il pensait qu'il allait revenir.

« Il est mort Matt. Les policiers l'ont tué. Tous comme ses sbires. Il ne peut plus rien te faire du tout.

-L-les... Fi-filles ?

-Les filles sont saines et sauves. Le réseau n'est pas encore réellement démantelé, mais les filles du club sont libres. On leur a donné une nouvelle vie. TU leur as donné une nouvelle vie ».

Il acquiesça. Puis releva la tête, et tendit son bras vers moi.

« ... P-pas... Seul ».

Je soupirai. Matt était têtu, mais là on atteignait des records. J'enlevai mon T-shirt et mon pantalon, mais restai en boxer.

« Je reviens tout de suite, je suis juste à la porte. Je vais demander des serviettes supplémentaires ».

Il ne bougea pas. Je fis vite pour ne pas le faire paniquer et revins immédiatement.

« On peut y aller maintenant ? Prendre cette douche ? »

Il sourit un peu. Il retendit son bras. Il voulait que je l'attrape ? Sans m'en rendre compte, ma main avait rejoint la sienne, et il me tira vers la douche. Et d'un coup sans prévenir, il fit couler l'eau.

« Oh ! Merde ! Matt ! »

J'étais à la fois mort de rire, et crispé. Il avait fait coulé l'eau froide, sans eau chaude. Et elle était glacée. Matt ne disait rien, mais il avait un grand sourire qui se dessinait sur son visage. Puis il ferma les yeux et leva la tête.

« Matt ? Tu pourrais mettre un peu d'eau chaude s'il te plaît ? »

Matt baissa la tête pour me faire face. J'avais mes bras enlacés autour de mon corps, tel un contorsionniste. Il acquiesça, et tourna la poignée. Il allait tourner la poignée à fond quand instinctivement, je mis ma main sur la sienne pour l'en empêcher.

« Matt ! »

Il avait sursauté, et enlevé sa main dans un grand mouvement de panique et se rua à l'opposé de la douche.

« Matt... Désolé... Je ne voulais pas te faire peur. C'est juste... Il ne faut pas trop d'eau chaude. Matt... »

Matt s'écroula au sol, se recroquevilla sur lui-même, les jambes entre son corps et ses bras, respirant avec difficulté et pleurant. Et moi, je restais sous l'eau, totalement paralysé.