Chapitre 4 : Une chasse qui tourne mal...

Le crépuscule éclaire le ciel de ses lueurs ombragées tandis que je passe la porte de la maison, suivie de près par Matt. Je regarde Laura et Liam assis près de la cheminée du salon. Ils ont allumés un petit feu flamboyant et crépitant dans l'âtre. Cette ambiance chaleureuse et apaisante égaye tout de suite mes sens.

- Enfin rentrés! S'exclame Laura.

- Ouai! Dis-je joyeusement. On a visité toute la ville. Tu vas adorée le boulevard, il y a tout un tas de magasins!

- J'en doute pas! Ajoute t-elle en souriant.

Alors que je m'apprête à défaire ma veste, Laura se place rapidement devant moi.

- Pas si vite! Me lance t-elle un grand sourire aux lèvres.

Oh, je vois. Quand elle arbore cette mine, vous pouvez être sûr qu'elle à dans l'idée un plan saugrenu. D'ailleurs, elle ne tarde pas à me donner raison.

- Ce soir, on va tous au restaurant! Et après, on ira tous à la fête publique au bord du lac, à l'extérieur de la ville! Impose t-elle avec enthousiasme.

J'avais raison! Pourquoi faut-il toujours qu'elle joue au marieuse avec moi?

Elle doit se dire que la petite ballade avec Matt nous a rapprochés et dans un sens, c'est vraie. Mais pas de la façon dont elle se l'imagine, nous avons juste retrouver notre complicité, c'est tout. Bien sûr dans son cerveau potentiellement sinistré, le scénario est tout autre. Ou bien alors peut être que je me trompe et qu'elle a juste envie d'aller à cette fête pour se faire des amis, mais dans tout les cas c'est saugrenu!

Alors que je m'apprête à répondre en faveur d'un « Oui » obligé, je sens mes pupilles se dilater. Mince! Ça n'arrive pas au meilleur moment. C'est alors que je me souviens : Ça fait plusieurs jours que je n'ai pas chasser. Je baisse immédiatement la tête et tente au mieux de dissimuler mes yeux, mais ça n'échappe pas aux regards des autres, particulièrement à celui de Laura qui est en face de moi.

- Mégane tes yeux, ils sont noirs! M'affirme t-elle, très inquiète.

Les autres affichent désormais la même mine renfrognée et inquiète que cette chère Laura. C'est la première fois que mes yeux me jouent ce tour là en publique, c'est donc également la première fois qu'ils voient mes pupilles de cette couleur.

Ça tombe vraiment au mauvais moment, quoique je remercie le sort que ça me tombe dessus maintenant, car cela aurait pu arriver dans une situation bien plus difficile à dissimuler; Je pense notamment au cas ou j'aurais acceptée de les accompagner...

Ceci dit, je ne peux plus me joindre à eux pour la soirée, il me faut impérativement me nourrir ce soir. Il faut que je trouve une excuse qui puisse me permettre de rester à la maison toute seule, mais qui me permette également de les pousser dans cette fichue soirée.

Je réponds finalement hésitante à Laura que ce n'est que la fatigue. Je leur affirme que je vais monter me coucher et que ça ira mieux demain. Laura ne semble pas totalement convaincue.

- Tu veux que je reste avec toi, chérie? Les garçons peuvent y aller tous seuls. Me propose affectueusement Laura.

- Non, ne t'inquiète pas ça va aller! C'est juste un peu de fatigue. Je vais dormir et ça ira mieux. Je t'assure, allez y! Je lui lance en montant les escaliers quatre à quatre.

Je ferme enfin la porte de ma chambre. Je n'entends que ses vagues protestations, puis finalement j'entends la porte de la maison claquer. Je sais qu'elle ne peut pas résister à ce genre de fête étudiante, elle y voit toujours une occasion de se faire de nouveaux amis. Je n'entends pas de bruit dans la maison et les lumières semblent éteintes, j'en déduis qu'ils sont partis tout les trois, pour mon plus grand bien.

Je soupire. Ça ne m'étais encore jamais arrivée. J'espère qu'ils ne vont pas se poser trop de questions.

Je vais m'allonger sur mon lit dans l'espoir de me détendre, lorsque je sens une odeur qui m'est familière. Encore une fois, c'est l'odeur de chien mouillé qui vient perturber avec insistance mes narines désormais en peine. Je me redresse et dans un souffle inquiet, je lance :

- Mais qu'est-ce qui pue autant?

J'entends alors du bois craqué à l'extérieur. Je me dirige vers la fenêtre d'un pas déterminé et je cherche dehors quelque chose ou quelqu'un. Mais c'est alors que je vois au loin, le « Loup » géant qui s'enfuit à toute vitesse. Cette créature n'est pas normale, ou tout du moins elle n'agit pas comme un animal le ferait. Tout d'abord, cette chose se met à traverser la route sans raison, après elle m'espionne lorsque je suis au motel, et maintenant voilà qu'elle m'espionne chez moi! Quelque chose ne tourne pas rond avec cette chose, je crois d'ailleurs que ça se voit sur l'expression de mon visage. J'ai un mauvais pressentiment et petit à petit, je me dis que cette créature est tout sauf un loup.

Tout d'un coup, je me souviens du vampire. Je me dis soudain que je n'aurais pas du laisser mes amis seuls en pleine nuit alors qu'il rôde peut être dehors. Mais ils vont traîner uniquement dans des endroits peupler de gens, une attaque de vampire n'est pas envisageable si ils s'en tiennent à ce qu'ils m'ont dit. Cette pensée m'apaise l'esprit.

La nuit commence à tomber, c'est le moment idéale pour aller chasser. Je préfère chasser la nuit car il y a beaucoup moins de chance de tomber sur des braconniers en plein milieu de la forêt, quoique je ne sais pas si à Forks les gens ont le droit de pratiquer la chasse. Quoiqu'il en soit, je préfère attendre encore un peu, c'est plus prudent. Puis me vient alors à l'esprit l'image du loup géant. Si jamais je tombais dessus pendant ma chasse? Je le laisserai en paix, même si il m'attaque. Après tout, je crois bien avoir la force nécessaire pour le repousser. Je n'aime pas faire du mal aux animaux, je ne tue que pour me nourrir et rien de plus.

Il est temps. La lune est assez haute dans le ciel, et l'obscurité de la nuit recouvre désormais entièrement la forêt.

Je décide de me changer, car la tenue que je porte ne me permet pas de me mouvoir à mon aise. Je me glisse dans mes bottes noirâtres, j'enfile une tunique blanche et un leggins en jean noir, puis je me dirige vers la porte de la maison. J'attrape ma veste accrochée à l'entrée et j'ouvre la porte avec une certaine appréhension, comme à chaque fois que je vais chasser. Je me dirige discrètement dans les bois et une fois à l'orée de la forêt, je cours à vitesse vampirique dans celle ci. Je me laisse aller au gré de la brise nocturne qui chatouille doucement mon visage. Les bruits d'animaux et de branches craquantes forment une douce mélodie agréable à écouter qui me détend petit à petit. Je cours à toute vitesse, à tel point que je ne me suis même pas rendue compte que j'étais trop profondément enfouis dans la forêt. Après tout, je trouverais bien le chemin du retour.

Je m'arrête brusquement et me cache derrière une grande pierre surélevée lorsque j'entends un bruit d'animal qui mange. Je m'avance légèrement et remarque qu'une biche assez jeune est en train de se nourrir. Elle est visiblement toute seule et sans défense. Tant mieux, au moins la chasse aura eut le mérite d'être brève! A pas feutré, je m'avance d'avantage vers cette jeune biche égarée, mon instinct de chasseuse faisant surface. Mais lorsque je m'apprête à lui fondre dessus, l'odeur de chien mouillé vient m'irriter le nez. Peu après, j'entends une fine branche se craquée derrière moi sous le poids de quelque chose. Ce bruit est si fin et audible que même avec mes sens très développés, je peine à l'entendre.

J'entends un grognement bestiale que j'aurais jurer appartenir à un loup.

Serait-ce le loup de tout à l'heure qui revient me hanter?

Je me retourne brusquement et je tombe nez à nez face à une tête de loup noire aux yeux jaune menaçants. Je n'ai pas le temps de bouger un doigt, que je sens l'énorme masse noire me sauter dessus de tout son être. Dans le feu de l'action, je n'ai le temps de repousser que l'énorme mâchoire qui tente de resserrer ses dents sur moi, avant de pousser un crie de douleur en m'écrasant contre un arbre. Le loup n'est plus sur moi. Je me relève avec difficulté. Je vois le loup noir qui vient de me sauter dessus à plusieurs mètre en face de moi, mais il n'est plus seul. On dirait que ses compagnons de meute sont venus l'aider à mettre fin à a mon existence.

Je les distingues parfaitement maintenant et c'est toute tremblante que je réalise enfin le danger : D'énormes loups veulent ma peau! C'est alors que la réalité me frappe. Ce sont des loups, des loups géants, il n' y a plus aucun doute là dessus.

Ils sont cinq, trois d'entre eux sont énormes et très agressifs, prêts à me sauter dessus pour me dévorer à la moindre occasion. Les deux autres ont l'air plus jeunes, c'est pourquoi ils paraissent moins gros et moins agressifs. Ils sont en face de moi et je tente de les garder tous à l'œil, malgré la peur qui me noue l'estomac. Je ne peux pas m'enfuir, car je suis sûr qu'ils me rattraperaient; Étant donné avec quelle force et quelle vitesse le gros noir m'as sauté dessus. Ils sont là, en train de de me fixer sévèrement et de pousser des grognements bestiaux et des aboiements acrimonieux, comme pour me mettre en garde de ne pas bouger ou de ne pas faire quelque chose de stupide. Je commence vraiment à paniquer, car je ne sais vraiment pas comment je vais me sortir de cette situation épineuse. Mon sentiment qui me commande de me méfier d'eux comme si ce n'était pas de simple loups se renforcent profondément. Puis soudainement, je sens deux autres odeurs de chien mouillé, tout aussi désagréable que celles des loups déjà présent.

C'est alors qu'une troisième odeur me parvient. Il y a toujours ce coté désagréable de chien mouillé, mais dans celle ci, il y a aussi ce coté envoûtant de vanille fraîche, de bois d'hêtre et de sapin qui prend largement le dessus.

Subitement, je vois trois loups sortis de nulle part se mettre entre moi et leurs confrères, comme pour me protéger. Mais qu'est ce que cela signifie...

Je reconnais le loup qui se tient au milieu des deux autres, c'est le loup qui m'espionne depuis que je suis arrivée.

Ils ont l'air d'échanger quelque « mots » tout en se grognant dessus mutuellement.

Je ne comprends plus rien à la situation. Je reste malgré tout sur mes gardes et j'attends patiemment que tout cela prennent fin. Ces loups ne sont pas normale. Ils n'agissent pas comme ils le devraient. Peut être qu'ils sont humains? Non, ça ne tient même pas debout.

Je tente de calmer ma respiration tandis que je vois les loups qui m'ont sautés dessus s'en aller, une pointe de mépris dans leurs yeux. Je vois le loup au pelage obscur que je devine être le chef, me lancer un regard dédaigneux et remplis de haine.

Mais je ne baisse pas ma garde pour autant. Qui sait pourquoi les trois restants sont intervenus.

Ils se retournent vers moi tout les trois et je peux enfin les regarder vraiment. En face de moi se trouve le grand loup au pelage orange, il me fixe sans aucune expression, comme si je n'étais rien pour lui. Alors pourquoi est-il intervenu?

A sa gauche, je distingue un loup plus petit et plus mince, à la fourrure de couleur sable. Il n'en reste pas moins dangereux à mon avis! Mais celui ci me regarde avec une certaine compassion, comme si il me plaignait et s'excusait pour ce qui vient d'arriver.

Mon regard se pose brusquement sur le loup géant de droite. Il est plus mince que son confrère orangeâtre, mais il n'en reste pas moins grand. Je plonge mes yeux dans les siens, c'est alors que je réalise qu'il me fixe depuis déjà quelques instants. Je n'y crois pas, je suis en train d'échanger un regard passionné avec un loup!

Puis je me prends à apprécier d'avantage celui ci que les autres. C'est peut être sa magnifique couleur grise qui retiens mon regard, ou bien est-ce peut être alors ses yeux ambres merveilleusement sublime qui me pousse à m'attarder sur son air si tendre et admiratif... Admiratif?! Ce loup est en train de m'admirer? Pourquoi donc fait-il une chose pareille! Je réalise enfin cette scène et dans un élan de première instinct, je prends peur et me durcis. Les deux autres loups le voient sans doute et commence à faire demi tour, mais le loup de droite continue de me fixer.

Cependant, seuls les aboiements bruyants de ses compères parviennent à le sortir de sa léthargie passagère et ensemble, ils s'en vont, doucement mais sûrement.

Mais alors que j'expire longuement en évacuant toute la pression que j'ai accumulée ces derniers instants, le loup qui me fixait se retourne et me jette un dernier coup d'œil. Ses beaux yeux envoûtant me jetant un regard doux et remplis de tendresse. Il ne tarde pas à pousser un hurlement en regardant le ciel, comme à la façon de son espèce, et s'enfonce en courant dans la forêt.

Je reste là, encore sous le choc de ce qu'il vient de se produire...