Chapitre 4 : A quel point faut-il être désespéré pour accepter un pacte avec le Diable ?
Shizuo était assis bien sagement dans sa cellule, les bras croisés sur ses genoux et le regard tourné vers le sol. Il se doutait bien qu'il finirait en taule un jour ou l'autre, mais il n'imaginait pas que cela se passerait dans ce genre de circonstances… Ne sachant que faire ou dire, il s'était laissé appréhender sans un mot, attendant de savoir où sa passivité allait le mener. Voilà, maintenant, il savait. Il releva la tête vers les barreaux qui lui faisaient face avant de la baisser à nouveau. Il aurait été aisé pour lui de s'échapper, détruisant tous les obstacles qui lui barreraient la route, mais ensuite ? Il n'avait nulle part où aller. Personne à contacter et aucun moyen de le faire. Il était seul.
Un garde s'approcha et l'informa, dans un anglais très approximatif, qu'un avocat tout droit venu du Japon était en route. Il n'avait plus qu'à attendre. Le regard de Shizuo se ralluma et un sourire apparut presque sur ses lèvres : sa chance était-elle en train de tourner ?
Celty ouvrit les yeux –enfin, c'est ce qu'elle aurait fait si elle en avait eu et une tête pour aller avec- et attrapa son portable. Le bruit de l'eau se tut ce qui lui indiqua que Shinra allait sortir de la salle de bain d'une minute à l'autre. Elle se questionnait parfois sur la finesse de son ouïe malgré son absence d'oreilles. Enfin, il était probablement futile de se poser de telles questions étant donné la particularité de son état. Elle se redressa pour s'assoir sur le bord du lit sur lequel elle s'était étendue. La chambre était pas mal, voire vraiment bien pour ce qu'elle leur coutait. Dans le catalogue de l'hôtel, ils parlaient d'un sauna et d'un salon de massage, Shinra et elles pourraient aller y faire un tour… Elle secoua la tête en négation (enfin, la tête, on se comprend) : Non ! Il fallait avant tout aller sauver Shizuo ! Ils avaient déjà perdu trop de temps !
La porte s'ouvrit dévoilant Shinra, une serviette autour de la taille et une autre sur la tête qu'il frictionnait activement.
Shinra : Celty, la baignoire a une fonction « bain à remous » ! Il faut absolument que tu essaies c'est Fa-bu-leux !
La jeune femme tapa rapidement sur son clavier et brandit l'écran en direction du scientifique.
Celty : Shinra ! On perd du temps ! Il faut aller aider Shizuo !
Shinra : Mais, Celty… C'est nos premières vacances en amoureux… Tu ne veux pas qu'on en profite, alors même qu'on supporte ces grosses brutes toute l'année ? On ne mérite pas de se faire un peu plaisir ?
Celty : Si, enfin, je suppose… Qu'est-ce que tu as en tête ?
Shinra : Depuis tout petit, j'ai envie de faire une balade dans le désert…
Celty : Mais, Shizuo…
Shinra : Je parle d'envie mais c'est plus un rêve en fait….
Celty : Bon, c'est d'accord… Mais tout de suite après la balade, on va sauver Shizuo !
Son interlocuteur se contenta de lui répondre par un sourire et commença à sortir des vêtements de sa valise.
Non, sa chance n'était pas en train de tourner. C'était plutôt le contraire, elle était en train de prendre de la vitesse dans sa descente infernale ! Face à lui se trouvait bien un japonais, le seul japonais au monde qu'il haïssait plus que sa situation actuelle. L'homme qui se trouvait de l'autre côté des barreaux lui sourit. C'en était trop !
Shizuo : Izayaaaaa !
Le prisonnier se jeta sur la limite de sa cellule, empoigna deux barreaux voisins et les écarta avec une facilité déconcertante. Les gardes se mirent à paniquer (qui pourrait leur en vouloir ?) mais l'intéressé se contenta d'un pas en arrière avant de prendre la parole, sans perdre son sourire.
Izaya : Je te déconseille de faire ça. Pense à ton frère !
Shizuo se stoppa net et lança un regard d'incompréhension à son ennemi. Réalisant la panique qu'il avait créé, il recula légèrement et remit les barres métalliques dans leur état originel, ou au moins fit de son mieux pour les en rapprocher.
Shizuo : Ne me dis pas que tu as mêlé Kasuka à tes plans débiles, je risque vraiment de te tuer !
Izaya : Je n'ai rien fait ! Mais quand la famille d'une star fait des vagues, c'est souvent à elle de payer les pots cassés…
Shizuo : Mais, je…
Izaya : Il te faudrait un très bon avocat pour sortir de cette mauvaise passe. Quelqu'un avec des relations, la capacité de faire intervenir des gens importants…
Shizuo : Crève, Orihara, je ne te confirai jamais ma défense !
Izaya : Je ne crois pas que tu ais vraiment le choix : un scandale comme ça, ça ruine une carrière et le studio qui emploie Kasuka-chan songe déjà à rompre leur contrat : c'est écrit partout dans la presse people ! Sans compter que, toi ici, il est seul à la merci de ses fans les plus enragées. Je pense à deux jumelles en particulier… Tu fais donc si peu de cas de l'avenir de ton cher petit frère ?
Shizuo : Je te hais, monsieur l'avocat.
Izaya : Je savais qu'on finirait par s'entendre, cher client.
