Chapitre 7 : Les mauvaises nouvelles font de mauvais hôtes...

Nous marchons alors qu'il fait nuit. Embry est finalement très agréable et j'apprécie sa compagnie plus que je ne le voudrais. Bon, il y a toujours sa façon de me fixer et de me sourire tout le temps, mais à part ça, tout va bien avec lui.

- Je... Commence t-il, tu veux me parler de ce qu'il s'est passé?

- Non, je ne préfère pas. Je lui dis gentiment.

Il acquiesce d'un simple « Ok », puis il détourne son regard de moi. Je parle avec un loup-garou, si on me l'avait dit un jour, j'y aurais jamais crue. Un silence s'installe entre nous, mais pas un silence pesant et mortellement gênant, c'est plutôt un silence réconfortant. Cela tombe bien, je ne me vois pas répondre à une panoplie de question ennuyante sur mes origines, mon pays natale ou encore mon régime alimentaire, étant donné les circonstances... C'est impossible, je sais, mais on dirait qu'il sait ce dont j'ai besoin et quand j'en ai besoin.

Après quelques minutes de marches, nous arrivons enfin devant la demeure des Cullen. Nous arrivons sur le perron de leur maison, et Carlisle vient nous ouvrir, sans attendre que nous frappions. Je lui exprime un petit sourire à peine visible et nous le suivons rejoindre les autres en haut. Discrètement, je demande à Embry si les loups sont également présents en haut, puis il me répond qu'il n'y a que Jacob et Seth, en plus de lui-même. Je ne suis pas trop rassurée car je ne connais ni Seth, ni Jacob. Je sais simplement qu'ils sont les deux autres loups qui m'ont sauvés d'une boucherie certaine l'autre jour, dans la forêt.

Arrivée en haut, j'aperçois la peuplade ici présente. Il y a tout les Cullen, puis je vois un jeune garçon très mate que je devine être Seth. Il me lance un grand sourire chaleureux. A coté de lui se trouve certainement le prénommé Jacob Black. Celui-ci ne prête pas plus attention à moi qu'a un fétu de paille, pour mon plus grand bien. Il semble plutôt attiré par le jeune Renesmée.

Soudain, je vois Alice se diriger vers moi l'air compatissant, elle me prend dans ses bras et me donne ses plus sincères condoléances. Je lui rend un peu son étreinte, puis elle se retire près Jasper. Je tourne la tête vers Carlisle. Celui-ci me regarde et n'attend pas une minute de plus pour ouvrir la discussion.

- Des vampires vagabonds sont arrivés en ville en même temps que toi, Mégane. Dit-il paisible, comme à son habitude. Je sais que c'est difficile d'en parler, mais ce sont probablement eux qui ont attaqués tes amis. Continu t-il.

A ses mots, je sens que la discussion va être difficile. Puis, petit à petit, la tristesse et la désolation reprennent leur place dans mon cœur. Je tente tant bien que mal de ne pas le montrer, mais c'est tellement difficile, la douleur est tellement forte. Je décide de relever la tête vers eux comme si de rien était, je crois que c'est ce que j'ai de mieux à faire.

- Combien sont-ils? Je leur demande, en leur faisant paraître une image de moi assez dur.

- Ils sont quatre, intervient Alice, deux hommes et deux femmes.

- Ce sont des vampires de passages, cela explique pourquoi ils ont tués tout les humains. Lance Jacob froidement.

Ces mots me déchirent le cœur, je n'arrive pas à les ignorer. Cette discussion est de plus en plus difficile à tenir, ou plutôt à écouter. Les autres continuent de parler, mais je n'y prête même pas attention, je suis bien trop perdue dans mes pensées. Je ne sais pas si je serais capable de vivre comme ça le restant de mes jours, c'est à dire l'éternité. Je vais devoir vivre l'éternité avec ce sentiment destructeur de culpabilité et d'impuissance. Je me suis jurée de protéger mes amis quoi qu'il m'en coûte et je n'ai même pas pue les protéger. Je suis la honte elle-même, je me sens sale parce que je n'ai rien fait pour les aider. J'aurais du être avec eux, j'aurais du les accompagnée pour veiller sur eux, mais au lieu de cela, je n'ai penser qu'à ma personne, bien fait pour moi.

La voix de Carlisle me tire de mes pensées, brusquement.

- Mégane? Sais-tu si toi ou tes amis avez une importance quelconque pour ces vampires? Peut être que vous les connaissez? Me demande t-il aussi doucement que possible.

Je peux voir tout les regards de la pièces se braquer subitement sur moi, certains pour voir si je vais fondre en pleurs et craquer complètement, d'autres simplement pour attendre une réponse, Embry quant à lui me regarde avec une véritable inquiétude.

Je ne vais pas craquer, pas maintenant, pas devant des gens que je ne connais pas. Je décide donc d'expliquer à Carlisle que je ne crois pas que nous ayons une importance quelconque pour ces vampires, étant donné que je ne connais pas beaucoup de vampires. Mon expression faciale et ma voix ont pris sans que je ne le souhaite une tournure un peu gênée et confuse, mais j'ai répondue avec le plus de conviction que j'ai, ce qui est vraiment peu. Tout le monde sembla s'en contenter, sans doute ne voulant pas m'oppresser de questions auxquelles je n'aurais pas eu la force de répondre. Je suis très certainement la première concernée par ce qui est arrivée, mais je ne peux pas m'occuper de faire une enquête tout de suite, la peine est encore trop récente. J'entends tout le monde parler. Tout le monde se démènent à émettre des hypothèses logiques sur ces vampires vagabonds, bien que chacun est une opinion différente. Leurs paroles me deviennent insupportable. Je décide alors de me rendre sur le grand balcon de la maison. Je referme la porte vitrée derrière moi et je m'appuie sur le rebord de la rambarde. Je respire une grande bouffée d'air frais, puis je tente de ne pas trop penser, sous peine de me voir submerger de tristesse, encore une fois.

J'entends la porte du balcon s'ouvrir puis se refermer. C'est Embry, je le sens à son parfum si doux et délicat. Il vient se placer à côté de moi, mais je ne dis rien. Sa présence est réconfortante. Nous restons dans le silence quelques instants, puis il finit par ouvrir la discussion.

- Tu veux rester seule? Me demande t-il soucieux.

- Non, j'apprécie ta présence. Je lui avoue en souriant tristement.

Cette aveu semble lui réchauffer le cœur, puisqu'il me sourit tendrement. Je plonge quelques instants mon regard dans le sien, puis je décide de baisser la tête, sans doute pour éviter le même sentiment inconnu qui m'a envahit quand nous étions dans la forêt. Puis soudainement, c'est moi qui décide de briser le silence, dans le but de lui poser une question qui me taraude depuis déjà quelques temps. Il est sans doute l'un des mieux placés pour pouvoir y répondre.

- Dans la forêt...Je commence doucement.

Voyant mon hésitation, il m'incite à continuer d'un « Oui » aussi doux que rassurant.

- Il y avait ces loups qui voulaient me tuer... Je continue. Pourquoi vous êtes-vous interposés, toi et les deux autres loups-garous?

Sans hésitation, il me répond que ce n'est que parce que les Cullen leur avaient demandés de me sauver. Je suis un peu surprise d'entendre cela. Les Cullen sont vraiment des vampires des plus bienfaisant, ils ne me connaissent même pas et ils pensent déjà à mon bien être.

- Mais les autres loups qui voulaient me tuer ne risquent pas de revenir? Je lui demande, un peu inquiète.

- Non ne t'inquiètes pas. Dit-il dans un premier temps pour me rassurer. Je laisserai personne te faire de mal. Reprend-il plus sérieusement.

Il dit cela en posant délicatement sa main sur la mienne. Ce qu'il vient me paraît étrange, mais j'ai besoin de l'entendre, au fond de moi. Je ressens une chaleur brûlante me réchauffer la main. J'ai d'ailleurs un frisson qui me parcours le corps. Je remarque alors que sa température corporelle est anormalement au dessus de la moyenne. C'est agréable, mais il devient un peu trop entreprenant à mon goût. Il faut dire que je ne le connais pas, et puis les circonstances ne sont pas favorables à ce genre de comportement, tout du moins pour moi en tout cas. Puis soudain, l'image de mes amis me revient en mémoire. C'est alors que je réalise que c'est la phrase que je répétais sans cesse à Laura quand nous étions petite.

Je retire donc ma main rapidement, et lorsque je suis sur le point de m'en aller, je lui lance d'un air désespérément attristé :

- Tu sais aussi bien que moi que c'est faux.

Puis je pars, laissant sur place un Embry totalement perdu et confus. Lorsque je rentre dans le salon, tout le monde est encore présents, mais tout le monde est un peu dispersé.. J'ai bien réfléchie et de nombreuses idées de vengeance m'ont traversés l'esprit. Je dois en apprendre plus sur les assassins de Laura, Matt et Liam. Je me place alors en face de tout le monde, sans crainte alors d'être le centre d'intérêts. Je demande alors si quelqu'un connais leurs prénoms ou même leurs apparences, mais personne ne semble savoir quoique ce soit sur ces maudits visiteurs. Ce n'est pas grave, je finirai bien par les apprendre tôt ou tard.

Étrangement, je commence à être épuisée, alors sur le coup de l'émotion, je leur prétexte rentrer pour les laisser seuls. Embry, se propose de me raccompagné gentiment mais je lui en refuse le droit. J'ai besoin de marcher seule. Demain je vais aller à la morgue et après ça, je n'attendrai pas une seconde de plus pour réclamer vengeance. Je retrouverai les maudits vampires qui ont fait ça et je jure que je n'en n'épargnerai aucun.

Je ne pensais pas devoir me battre en arrivant ici, mais décidément, cette nouvelle vie est en tout point similaire à la vie que j'avais en France...