Voilà le chapitre 8 ! :) Le prochain chapitre sera sûrement en ligne dés demain!
J'espère que vous aimez ! ^^
Chapitre 8 : Doute?
J'ouvre difficilement les paupières, la fatigue gagne encore mon être et me lever de ce lit me paraît être un effort insoutenable. Je jette un œil endormit à mon téléphone sur la table de nuit, il m'indique dix heures. Mince! Je dois être... à la morgue à onze heures. Cette pensée me détruit de l'intérieur. Je lâche un soupire dénué de conviction, puis je me lève et me dirige vers la salle de bain. Je dois dire que me rendre à la morgue ne m'enchante pas vraiment. D'ailleurs, je retiens difficilement les quelques larmes qui menacent de tomber. Je me glisse dans la douche, puis je laisse l'eau glacée couler sur mon corps, pendant ce qu'il me semble être une éternité. Je tente de mettre de côté mes émotions, j'ai toujours été forte à ce jeu là, même si cette fois cela n'a rien d'un jeu. Dés que je suis arrivée, j'ai su que quelque chose ne tournait pas rond dans cette ville, mais j'étais loin d'imaginer à quel point cela pourrait me prendre autant. Je m'en veux terriblement d'avoir engagée Laura et les autres dans ce marasme. Mais ce qui est fait est fait, maintenant il ne me reste que mes yeux pour pleurer.
Je me sèche rapidement et je m'habille simplement. Je descends les escaliers de la maison, je grimpe dans le monospace et je me rends à l'hôpital de Forks. Sur la route, je passe devant le Forks Motel. Lorsque je dévie mon regard de la route pour le poser sur le Motel, le temps semble se ralentir et me reviennent alors en mémoire les souvenirs de notre nuit à l'hôtel, particulièrement lorsque Laura était en train de se débattre avec toutes ses bagages. Un sentiment de tristesse et de nostalgie m'envahit brusquement. Un petit rictus se dessine involontairement sur mon visage, puis une douce larme vient s'écraser sur ma joue. Je me reconcentre sur la route, en prenant soin d'effacer la larme qui perle sur ma joue.
Après quelques instants, je me gare sur le parking de l'hôpital. Le voyage jusqu'ici m'a parut bien trop rapide, je redoute énormément ce qui va suivre. Je vais devoir observer les cadavres de Laura, Matt et Liam. Je ne sais pas si j'y arriverai, c'est de très loin l'épreuve la plus difficile que j'ai eu à franchir de toute ma vie. Je ne m'imaginais pas une seule seconde devoir vivre sans eux à mes côtés.
Alors que je rentre dans le hall du bâtiment, je vois le Chérif Swan qui est à l'accueil, visiblement en train de m'attendre. Je vais d'un pas mal assuré et très angoissé le rejoindre. Nous nous disons bonjour, tout ce qu'il y a de plus banale, puis il me conduit dans un silence étouffant à la morgue. Une fois dedans, un énorme frisson me parcours de la tête au pieds, et je commence à trembler. D'une par à cause du froid, ce qui est fort étrange, mais d'autre part à cause de l'appréhension. Je donnerais tout ce que j'ai pour ne pas avoir à subir cela. Je regarde le Chérif Swan, comme pour lui demander ce que je dois faire, puis il glisse doucement sa main dans mon dos en me faisant un petit sourire qui se voulait réconfortant. C'est bien le père de Bella, il sourit de la même façon. Je vois un homme vêtu d'une longue blouse blanche se diriger vers nous. Il sert la main du Chérif et échange quelques formalités sur le travail du poste de police, puis il me tend sa main. Je mets un temps de réflexion avant de tendre une main tremblante et de lui serrer la main. Je n'arrive même pas à lui faire un sourire, mes muscles semblent se bloquer sans que je ne le veuille. Je suis ce dernier le long du mur ou sont entreposés les corps des gens décédés, accompagnée du Chérif. Il me devient de plus en plus difficile de faire face et de me mouvoir. L'homme s'arrête enfin et se place devant nous, avant de tiré brusquement un tiroir.
Je baisse lentement les yeux vers le contenu du tiroir. Il y a un corps, recouvert d'un immense drap blanc. Les larmes menacent de couler d'elles-mêmes, mais je ne cède pas, je tente de tenir bon. Le médecin légiste retire le haut du drap blanc, pour me laisser apparaître le corps de... Liam. Ce dernier est aussi pâle que moi, mais lui, il ne vit plus. Il est...mort. Mes sont s'embuent de larmes lorsque le médecin me demande sans aucune retenue si ce corps est bien celui de Liam Delacourt. Dans un hochement de tête peu distinctif, je le lui confirme. Il acquiesce et sans plus attendre, il recouvre le corps de Liam du drap blanc, puis referme le tiroir. Il avance de quelques pas, puis il ouvre un autre tiroir. Mes tremblement et mes émotions deviennent de plus en plus incontrôlables, mais je lutte tant bine que mal pour ne pas craquer et dieu seul sais à quel point c'est dur. Je regarde le drap blanc se lever et cette fois, je reconnais le visage de Laura, quelques hématomes apparaissant encore sur son doux visage. Le médecin légiste me demande si c'est bien le corps de Laura Silobelle. Je ne peux retenir les larmes de couler cette fois, c'est trop dur. J'arrive tout de même à acquiescer d'un « oui » presque inaudible. Il hoche la tête et referme rapidement le tiroir, comme pour le corps de Liam. Le médecin légiste cette fois prend la parole pour m'avertir d'un ton très solennel :
- Le troisième corps a été très difficile à reconnaître, étant donné les multiples blessures qui lui ont été infligés. Nous supposons qu'il s'agit de Monsieur Matthew Guillère.
Il dit cela en levant le rideau blanc qui me sépare de Matt. Lorsque le corps m'apparaît, je ne peux m'empêcher d'émettre un hoquet de stupeur et de placer ma main devant ma bouche, par surprise. Le corps qui se tient en face de moi est méconnaissable, recouvert d'hématomes, de traces violettes et de blessure en tout genre. Quel genre de monstre peut faire ça? Quel genre de monstre peut infliger ce genre de torture à quelqu'un?
Les larmes perlaient silencieusement de mes yeux encore sous le choc, pendant que je confirme d'un signe de tête au médecin que c'est bien le corps de Matthew.
Une fois qu'il a refermé le tiroir, c'est tremblante que je récupère la paperasse que ce dernier me tend et que je quitte l'hôpital. Je dis à peine au revoir au Chérif Swan, que je m'engouffre dans mon véhicule, afin d'y pleurer librement. Cela me fait du bien, cependant je dois rentrer. Une fois que les pleurs cessent d'eux-mêmes, je rentre à la maison.
Une fois arrivée dans celle ci, je prends soin de refermer la porte et de ranger les papiers, avant de me rendre dans la salle de bain. Une fois dedans, je regarde mon reflet à travers le miroir, je suis une fois de plus dans un état catastrophique. Mes pupilles sont toujours dilatées et je suis rouge d'à peu près partout. J'allume l'eau froide du robinet, puis je plonge mes mains dedans afin de me rafraîchir le visage. Cela semble fonctionner car lorsque je relève la tête, mon reflet n'en est que plus beau à regarder. Je m'éponge le visage puis je reste à me fixer. Je crois que cette visite à la morgue m'a rendue plus forte. Je n'ai plus envie de pleurer désormais, je n'ai plus envie de me lamenter comme une faible. Après ce que j'ai vue ce qu'ont fais ces vampires rôdeurs, je ne peux plus me permettre de pleurer. Bafouer ainsi le corps de mes amis ne saurait rester impuni.
Je ne désire plus qu'une seule chose : me venger.
Puis soudain, je repense à Embry. J'espère au fond de moi qu'il vienne me voir. Même si je ne le connais pas vraiment, j'ai l'impression de le connaître depuis toujours. Il est seul à pouvoir me voler quelques sourires, même si je ne saurais expliquer pourquoi. J'ai besoin de sa présence auprès de moi, je pense même que je me suis attachée à lui. Pourtant, je ne suis pas une personne qui s'attache et vous trouverez cela peut être ridicule, mais mon instinct me dit que je n'ai besoin que de lui.
J'entends frapper à la porte. Mes prières ont été exaucés puisque je sens d'ici l'odeur d'Embry me titiller les narines. Je descends vite aller ouvrir. J'ouvre la porte et il me sourit, d'un air compatissant. Je lui rend son sourire et je lui ouvre un passage pour qu'il rentre. Je referme doucement la porte derrière lui. Bon, normalement je ne devrais pas laisser un « inconnu » entrer chez moi, mais avec Embry, tout semble différent. Tout mes concepts sur l'inconnu et sur les lois de la méfiance semble ne plus avoir de sens face à lui. Je sens que je peux lui faire confiance, il n'est pas comme les autres. Je crois que je...Non, laissez tomber!
- Ça va aller? Me demande t-il gentiment.
En disant cela, il pose sa main bouillante sur mon épaule. Un petit frisson me parcours le corps.
- Je crois que oui. Je lui souris franchement.
Oui, l'idée de vengeance me réconforte au plus haut point.
Nous allons nous installer sur le canapé, puis j'engage la conversation.
- Tu n'as pas froid en short de ce temps la? Je lui demande.
Il paraît d'abord un peu surpris de ma question, puis il finit par répondre simplement.
- Non, je fais quarante degrés! Me dit-il en souriant.
- Ah, je vois.
Je me demande combien de temps cela fait-il qu'il est devenu loup-garous? Je lui demanderai, peut être plus tard. Un silence s'installe, mais il ne dure pas longtemps avant qu'Embry ne le balaye. Il ouvre la bouche puis la referme, en se passant la main dans les cheveux et en essayant d'éviter mon regard. Visiblement, il veux me dire quelque chose, mais il semble trop gêné pour le faire. Il répète ce schéma plusieurs fois, mais aucun mot ne sors de sa bouche. Cette scène m'enlève un sourire.
- C'est peut être pas le meilleur moment, mais... T'accepterais de venir déjeuner avec moi? Lâche t-il d'une traite.
Je m'attendais à quelque chose du genre. Ce n'est peut être pas le bon moment pour aller déjeuner, mais rester chez moi à me morfondre comme une dépressive n'est sûrement pas la meilleur chose à faire non plus. Je me rends seulement compte que je n'ai toujours pas répondue à son invitation, d'ailleurs, il me regarde avec appréhension.
- Oui, c'est d'accord. Ça fait longtemps que je n'ai pas mangée de nourriture humaine. Je lui souris.
- C'est vrai? Dit-il un peu surpris, mais néanmoins souriant.
- Oui, et puis je préfère ne pas rester seule en ce moment.
Il acquiesce puis j'enfile mon manteau, et nous nous mettons en route. Nous devons aller en ville à pieds. Par chance, la route n'est pas très longue et il ne pleut plus. Sur la route, Embry tente d'engager la conversation pour briser le silence.
- Je sais qu'on se connaît pas vraiment, mais si tu as besoin de quelqu'un pour parler, je suis là. Me dit-il tendrement.
Je le regarde dans les yeux quelques instants, je n'y voie nulle malice ou mystère. Je n'y voie que la vérité, la compassion et la tristesse. Me voir dans une situation aussi déplorable semble l'attristé profondément. Je sais qu'il dit vrai, et je sens que je peux lui faire confiance. Tout en lui me pousse à me confier sans crainte, sans peur de représailles ou de jugement trop hâtif. Dans un élan de lucidité, ou de pure naïveté, je décide de vider mon sac. La dernière fois ce n'était pas le moment, mais là, nous sommes seuls et j'ai plus que besoin de me sentir réconfortée, au fond de moi. Je me racle la gorge doucement, signe pour lui que je m'apprête à définir un long discoure.
- Je voudrais être sûr que tu n'ailles pas raconter à tout le monde ce que je vais te dire.
Lorsqu'il entend cela, il s'arrête de marcher. Je l'imite, puis en me regardant dans les yeux avec un air des plus sérieux et en prenant délicatement mes mains entre les siennes, il dit :
- Mégane, je ne pourrai jamais te trahir ou te faire souffrir. Je ne souhaite que ton bonheur; Et je ne veux pas te forcer à quoique ce soit.
Je le regarde encore quelques instants, encore étonnée par ce qu'il vient de me dire. Le mensonge peut se lire dans la plupart des regards, mais là je ne vois rien. Il dit vrai, je sens qu'il tient à moi. Je retire doucement mes mains des siennes, puis nous nous remettons en route. Après quelques instants dans le silence, je me décide enfin à me confier.
- Je les connaissais depuis toute petite, j'ai grandie avec eux. Je commence. Venir vivre ici était notre rêve. Mais maintenant, je ne me vois pas vivre sans eux.
Il devient de plus en plus difficile pour moi de tenir la confession à voix haute. Embry fait tout son possible pour ne pas me mettre mal à l'aise en me fixant ou en m'interrompant, comme pour m'encourager. Mais le problème ne vient pas de lui, il vient de moi. Parler à voix haute ne fait que renforcer ma peine, mais je sens que si je ne me confie pas, je ne pourrai pas supporter tout ça plus longtemps.
- Je ressens tellement de colère et de haine. Je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'ils seraient encore en vie si j'avais fais plus attention à eux...
Malgré ma voix de plus en plus fragile et tremblante et les larmes qui commencent à monter, je décide de poursuivre.
- Tout est de ma faute, je dis alors que les larmes perlent, j'aurais du les accompagnés et les protégés...
Nous nous arrêtons de marcher puis il me prend dans ses bras. Je ne tente pas de repousser son étreinte, bien au contraire, j'en ai besoin. Je sens ses bras chauds m'encercler, puis je laisse mes bras glisser autour de lui, sans le serrer trop fort.
- Ce n'est pas ta faute, Mégane. Me dit-il doucement. Tu ne dois pas t'en vouloir.
Peu à peu, je me calme et les larmes cessent de couler. Malgré le fait que je ne pleurs plus, je reste collée à lui, comme pour garder sa chaleur réconfortante auprès de moi. Je respire son agréable parfum, jusqu'à ce qu' il me repousse doucement en me disant :
- Je suis désolé.
J'acquiesce d'un petit signe de tête en essuyant mes yeux, puis nous nous mettons à marcher une nouvelle fois. Je suis pathétique, je n'aurais pas du pleurer devant lui, mais en même temps, cela m'a fais du bien.
On continue de marcher quelques instants dans Forks, jusqu'à ce qu'on arrive devant un petit restaurant.
- Je meurs d'envie de manger un Hamburger, pas toi? Me dit-il en souriant et en m'ouvrant la porte, dans un élan de galanterie.
Je lui sers un chaleureux sourire, puis nous allons nous asseoir à une table pour deux, l'un en face de l'autre. Il y avait du monde dans le restaurant, c'est pourquoi nous avons veillés à prendre une table près des grandes baie vitrées. Certains diraient que ce sont les couples romantiques qui prennent ces places, et dans un sens c'est vrai, mais actuellement nous étions juste des amis qui désiraient manger ensemble. Enfin, c'est comme cela que je nous vois pour l'instant. Cela va faire près d'un an que je n'ai pas mangée de nourriture humaine. La dernière fois que j'en avais mangée c'était chez une amie, par obligation, bien entendue! Ma tante m'a dit que les vampires trouvent la nourriture humaine très écœurante, d'ordinaire. Mais moi, je n'avais pas trouver le steak frites très écœurant, bien au contraire. J'ai même trouvée qu'il avait gardé son goût.
La serveuse vient noter notre commande. Embry commande un double burgers avec des frites et un grand soda, quand à moi, je commande simplement une salade. Je préfère rester sur quelque chose de facile à digérer. Curieusement, depuis que je suis entrée dans le restaurant, une implacable envie de manger de la nourriture m'a submergée. C'est bizarre, ou peut être est-ce dû au faite que je ne me suis pas nourrie depuis trois jours.
- Még, m'interrompt Embry, Ça fait combien de temps que t'as les pupilles dilatées? Me demande ce dernier en fronçant les sourcils, certainement inquiets par la couleur des mes yeux.
- Hey, me regarde pas comme ça, je n'ai pas mangée depuis trois jours!
- Et tu prends qu'une salade? Me dit-il en haussant un sourcil.
Je rie doucement. Encore une fois, il semble satisfait de m'avoir fait rire.
Une jeune serveuse revient avec nos commandes et les déposes sur notre table. Elle ne prête même pas attention à moi, bien que ce soit réciproque, mais elle ne perd pas Embry d'une miette. En s'en allant, elle caresse son épaule et lui souffle : « Bon appétit, mon lapin... », d'une voix sensuelle à souhait. Embry ne semble pas être habitué à ce genre de drague ou même à ce qu'une serveuse l'aborde de cette façon. Il devient rouge sur les bords et lance un sourire gêné à la serveuse, avant qu'elle ne s'en aille. Il me regarde un peu gêné et tourne la tête. C'est mignon.
- Eh bien! Tu dois faire des ravages parmi les jeunes demoiselles... Je dis sur le ton de la moquerie.
Cela semble encore plus le décontenancé, pour mon plus grand amusement! Je me sens d'humeur taquine.
- Oh tu sais, d'habitude j'attire pas vraiment.
Je hausse un sourcil en signe de non-croyance. Bon, je sais déjà d'avance qu'Embry est un très mauvais menteur. Je souris.
- Bizarrement, je ne te crois pas une seconde.
Il me regarde puis sourit, signe que j'ai vue juste : Embry est très mauvais menteur.
Puis je continue sur cette voix, tentant de le mettre mal à l'aise, pour mon plus grand amusement machiavélique.
- Je suis sûr que toutes les filles te courent après! Dis-je en souriant.
Mais cela n'a pas l'effet escompté. Soudainement, Embry se transforme en dragueur et me lance son sourire que je devine séducteur.
- Toutes les filles? Répète t-il d'une voix douce. Ça veut dire que je te fais de l'effet? Me demande t-il d'un ton suave en souriant.
Ah, celle là je m'y attendais pas! Maintenant c'est moi qui commence à rougir. Néanmoins, j'arrive à reprendre mes esprits pour lui répondre : « Même pas en rêve, » en souriant. Cela le fait rire, puis l'espace d'un instant, je crois l'avoir entendu dire : « Toi par contre, tu peux pas savoir l'effet que tu me fais ».
Je lui demande alors ce qu'il vient de dire, mais la bouche pleine il me dit : « Rien du tout ». Je mets cela sur le compte de la fatigue, bien que je n'en sois pas réellement convaincue, je suis prête à jurée que je l'ai entendue parler...
Je pose mon regard sur le plateau qu'Embry tient en face de lui. Il est surchargé de frites et d'un burger, qui malgré la taille des mains d'Embry, ne tient pas dans celles-ci; Et je ne parle même pas de l'énorme soda à côté.
- Tu vas pas explosé avec tout ça?! Je lui lance levant les sourcils.
- Je suis un loup, ma belle! Me dit-il en me faisant un clin d'œil. Puis, d'habitude je prends deux menus.
Je pouffe, puis j'envisage de croquer dans une fourchette de ma salade, qui a l'air réellement appétissante. Je porte très lentement ma fourchette à ma cavité buccale, comme par crainte de ne pas digérer ou que la nourriture ne m'écoeur. Embry semble s'en soucier également puisqu'il s'arrête de manger et me regarde, pour voir si je vais bien. J'enfourne enfin avec un immense courage la fourchette dans ma bouche. Brusquement, tout les goûts des aliments viennent alors se mélanger à mon palais pour me laisser redécouvrir un délicieux parfums de nourriture. Cela m'a manquée, c'est tellement agréable. D'ailleurs, je crois que cela se voit sur mon visage car Embry sourit, visiblement rassuré.
- Ça m'a manquée! Je dis en m'extasiant de bonheur.
Embry rit en me voyant, puis il semble vouloir me demander quelque chose avant qu'il ne s'interrompe en me fixant dans les yeux.
- Quoi? J'ai un bouton sur le nez? Dis-je.
- Mégane, tes yeux sont devenus bleus. Me dit-il un peu stupéfait.
Je soupçonne que ce ne soit qu'une blague de sa part. Je ne le connais que très peu, mais je ne sais que trop bien qu'il en serait capable.
- Hey, te moques pas de mes yeux! Je lui dis gentiment.
- Mégane, reprend-il sérieusement, tes yeux sont vraiment bleu.
Je fronce brutalement les sourcils d'incompréhension. Je me lève en m'essuyant la bouche de ma serviette, simple geste de politesse, puis je me dirige vers les toilettes pour dames. Je rentre prestement dans celle ci et je me dirige vers la glace. Lorsque je contemple mon reflet, je suis stupéfaite. C'est totalement impossible! Mes pupilles ont changées de couleur, elles ne sont plus noir et dilatées, mais bleus et retournées à la normale. Comme lorsque j'étais... humaine. Je reste là, à me regarder, ou plutôt à contempler mes yeux. Je suis heureuse d'un côté, car être un vampire a toujours provoqué en moi un sentiment de haine envers ce que je suis et de dégoût. Peut être que je n'ai pas entièrement perdue mon humanité? Je vois Embry entrer dans les toilettes, à travers le reflet de la glace. Je me tourne vers lui, mais je n'exprime qu'une incompréhension. Embry prend mes mains dans les siennes et me dit tendrement : « Tu es magnifique ». Je ne peux m'empêcher de rougir, mais je continue de le regarder dans les yeux. Ses si beaux yeux chocolat qui me tourmentent lorsqu'ils ne sont pas près de moi. Je le vois s'avancer vers moi, nos visages n'étant qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Je sens sa chaleur corporelle m'envahir et la distance qui nous séparent se rétrécir. Au moment ou ses lèvres allaient se poser sur les miennes, une vieille femme sortit d'un des toilettes en disant : « Il y a des chambres pour cela, jeunes coquins ». J'en profite pour m'écarter de lui et reprendre mes esprits.
- On... On devrait aller manger. Je lui dis sans conviction.
Je pars devant, mais étrangement j'entends un bruit sourd, comme si quelqu'un avait tapé dans le mur. Je n'y prête guère attention puis je retourne m'asseoir, suivit peu après par Embry. Le reste du repas si fit dans le calme, même si nous continuons à parler et à rire, en évitant l'incident de tout à l'heure.
Je ne sais toujours pas ce qui m'a pris. D'ordinaire, je ne suis pas le genre de fille à emballer le premier venu, mais avec lui c'est... différent. J'ai l'impression de le connaître depuis toujours. D'autre part, je dois reconnaître qu'il est beau, très beau. Il est gentil, attentionné, timide et drôle par dessus le marché! Avec lui, je n'aurai pas besoin de m'en faire. Il connaît déjà mon secret et je connais le sien. Tout en lui m'attire, tout serait tellement plus simple avec lui. Mais je ne sais pas, je crois que ce n'est pas le moment de jouer aux amourettes, ces temps ci. Mais je dois reconnaître que ce loup me trouble au plus haut point.
Une fois le repas finit, nous décidons de rentrer chez moi. Il n'est que treize heure et je n'ai pas envie de passer la journée seule.
Mais le doute me gagne. Je repense à ce qu'il m'arrive et je ne comprends pas comment mes yeux puissent avoir cette couleur. Je n'ai parlé ni aux Cullen ni à Embry du faite que je puisse dormir, ou du faite que je ressente de nouveau la chaleur. Je ne peux m'empêcher de penser...
Et si j'étais comme cette jeune fille, Renesmée? Et si j'étais... humaine?
