Bonsoir les gens! En cette fin de week-end, je poste ce chapitre que j'adoooooooooooooooore et que j'ai adoré écrire. C'est celui dont j'ai parlé quelques chapitres plus tôt. J'espère que vous allez l'aimer comme je l'aime.

ChefPopo: lis-le BIEN attentivement, je suis certaine que tu vas apprécier haha

Appréciez ce chapitre :) ATTENTION: RATED M!


Quatre petits pas...

Il était près de vingt-deux heures, mais cela ne se voyait pas. Tout le monde pouvait encore apercevoir le soleil danser au niveau de l'horizon brûlant, en train d'embrasser le ciel et le lac à la fois. Il avait fait si chaud dans la journée que personne n'avait osé sortir de chez soi avant dix-huit heures. Il était infernal de voir une grande ville comme celle-ci complètement figée, gelée par ce soleil de plomb depuis plus d'une semaine déjà. Cela ne s'était jamais vu dans l'histoire. Et apparemment, c'était pareil partout ailleurs.

Il commençait enfin à se coucher pour laisser place à sa cousine la lune. Après de longues heures d'agonie pour la population, elle pouvait à présent respirer plus confortablement, et profiter du peu de temps de répit avant le retour de cette sphère brûlante qui dévorait tout sur son passage.

C'était par ce temps que lui aussi sortit de chez lui, habillé très légèrement comme tant d'autres. Il s'était revêtu d'un bermuda noir et gris, d'un débardeur blanc à motif sombre et de chaussures de ville classique. Il empoignait une casquette verte et blanche à la main droite, la main gauche était emmitouflée dans la poche de son pantalon. D'un pas hésitant, il se dirigea vers la périphérie de la ville en essayant de se frayer un passage à travers la foule immense jonchant les rues. Sorti de cette vague humaine, il regarda autour de lui pour voir où il avait atterri. Après de longues minutes de panique, il retrouva son chemin. Il semblait nettement plus rassuré, et son pas prenait de plus en plus de vitesse. Il stoppa d'un coup sa course au niveau du lac. L'endroit qu'il préférait par-dessus tout. Et il repensait à toutes ces journées passées à ses bords. À toutes ces journées qu'il avait tant aimé. D'un pas presque sûr, il se tourna vers lui, vers ce lac et s'avança, puis s'arrêta à quelques foulées du bord. Il était attiré par tout ce bleu. Une petite brise s'engouffra entre ses cheveux, les faisant danser avec lui. Il appréciait tout cela. Il se décida à s'asseoir, regardant des familles entières passer, des couples, des enfants qui gigotaient, couraient et rigolaient à n'en plus finir. Cela le faisait sourire un peu. Juste un peu. Et puis il repensa à ce que lui avait dit la femme qu'il aimait tant. Et il pleura. De petites larmes, puis de grosses et chaudes larmes commençaient à couler sur ses joues, mais ne tombant pas au sol, séchées par le soleil encore sur l'horizon mais toujours aussi chaud. Il regarda sa main, la coupure qu'il s'était fait sans s'en rendre compte, tant la fièvre l'avait fait délirer. Mais rien que de repenser à la vie qu'il avait à présent, ses pleurs s'intensifièrent. Pourquoi était-elle si dure avec elle ? Pourquoi n'était-il pas mort là-bas, ce jour-là quand on est venu le ramener auprès des siens ? Il dépendait de ses amis, il ne pouvait presque plus rien faire de lui-même sans tout gâcher et faire ce qu'il ne fallait pas. Toujours surveillé, toujours pouponné, toujours bichonné... Jamais seul comme il le voulait, comme il le souhaitait. Toujours quelqu'un pour l'empêcher de faire telle ou telle chose. 'Non tu ne devrais pas faire ci', ou 'non, ne vaudrait mieux pas faire ça'. Il ne pouvait pas leur dire qu'il n'attendait rien de plus que d'être tranquille. Il en avait tout simplement marre. Marre de toute cette vie, de sa nouvelle vie. Il n'était plus le même, et personne n'était pareil avec lui. Tout avait changé à présent. La seule chose qui n'avait pas changé du tout, et cela le réconfortait, c'était ce lac magnifique...


Flashback, point de vue externe (quelques minutes plus tôt)

Elle s'était endormie sur le canapé, à côté de celui qu'elle aimait. Il l'avait autorisé à le faire malgré toutes les réticences qu'il pouvait avoir. Elle avait pu voir qu'il avait peur, qu'il était terrorisé à cette idée, mais voulait lui faire plaisir, faire plaisir à celle qu'elle aimait et avait pris sur lui. Ne serait-ce que le fait de le toucher lui avait donné un grand frisson. Pas un frisson qu'il aimait, un frisson de panique. Mais il voulait rester avec elle, et aussi avec le petit bout de chou qui grandissait. Après avoir mangé un peu, ils partirent tous les deux sur le canapé. Il voulait tant toucher son ventre, sentir que ce petit bébé était bien réel, sentir qu'il était bel et bien vivant. Mais il avait si peur que ce ne soit qu'une illusion. Pendant une demi-heure, il n'a fait que regarder ce ventre.

« Tu... Tu peux toucher si tu veux. Je vois bien que tu en as envie ».

Son regard posé sur le sien, elle baissa la tête puis la remonta, signe qu'il pouvait réellement le faire. Doucement et la main tremblante, il posa d'abord ses doigts, puis vint sa main entière. Son ventre était chaud et contrastait avec sa main glacée. Le soleil s'immisça entre eux, éclairant la pièce et par la même occasion cette main glacée sur ce ventre si chaud. Et elle, elle admirait cette scène. Elle souriait. Elle voulait le toucher, mais ne voulait pas l'effrayer. Pour rien au monde elle voulait arrêter ce moment de pure douceur. Pour rien au monde... Alors elle ne bougea pas, seule sa respiration venait interrompre cet immobilisme. Elle appréciait ce moment de bonheur. Pour la première fois, il avait bien voulu la toucher. Et à présent celui qu'elle aimait dormait sur elle, la main sur son ventre, un petit sourire sur les lèvres. Elle aussi s'endormit aussitôt après.

Fin du flashback


Quatre pas. Il se leva et observa ce bleu et cet orange qui se mélangeaient : le bleu du lac, et l'orange sang du ciel sans nuages. Un nouveau souffle de vent parcourut ses cheveux, ses joues, son front. Toute sa tête. C'était ce qu'il aimait ici, sur les rives du lac. Laisser le ciel s'emporter. Il repensait à toute sa vie, à sa famille qu'il n'avait pas pu protéger. Sa famille qui avait été détruite.


Flashback, point de vue externe

Matt venait d'avoir dix ans. Il vivait avec sa mère depuis le divorce de ses parents. Sa grande sœur Christie vivait à l'autre bout du pays pour réaliser ses études, et il se retrouvait donc seul sans qu'elle sache ce qu'il se passait à la maison. Pendant des années, leur père avait frappé leur mère. Christie ne faisait rien à par pleurer et tenter de réconforter comme elle pouvait son petit frère. Mais à partir du moment où il avait compris ce qu'il se passait, vers l'âge de onze, il avait commencé à s'interposer entre ses parents. Très vite, les violences que sa mère subissait se réorientait vers Matt. Son père le frappait, l'humiliait comme il ne l'avait jamais fait auparavant. Physiquement, mentalement. Se retrouver face à quelqu'un avec une telle haine le rendait malade, mais il endurait. Pour sa mère. Il devait se montrer fort pour protéger sa mère malgré son jeune âge. Et très vite, il s'était orienté vers le métier de pompier. Son père lui avait souri au nez ce jour-là, lui disant très clairement que c'était un métier d'hommes forts et que lui, serait toujours le plus faiblard des gamins. Matt voulait tant montrer à son père qu'il avait tort, alors il s'entraîna dur. Très dur. Jusqu'à l'épuisement, jusqu'à se retrouver à l'hôpital pour prouver à son père qu'il avait tort. Mais se retrouver là, dans ce lit d'hôpital fut l'humiliation de trop. Selon son père, il était tellement faible qu'un seul effort physique et il se retrouvait à l'hôpital. Sa mère se décida alors à protéger ses enfants face à leur père, devenu malsain pour tout le monde, et elle demanda le divorce. Le père accepta à condition de récupérer Matt le week-end et certains après-midi après les cours. Cela avait duré trois ans. Jusqu'au jour où son père prononça le mot de trop. En rentrant chez sa mère, il avait déposé les clés sur le buffet et était parti dans sa chambre. Et elle avait reçu un coup de fil de son ex-mari lui disant que Matt ne serait jamais rien, qu'il ne servirait jamais à rien et que son rêve de pompier était illusoire. Que c'était un moins que rien. Elle avait vu tous les progrès qu'il faisait pour atteindre son rêve, à quel point il se donnait physiquement et mentalement pour devenir un pompier. Voulant protéger son fils à tout prix, il avait pris ses clés, pris le revolver, et partit tuer son ex-mari, le père de ses enfants. Quand elle était revenue, elle était couverte de sang, et Matt l'avait retrouvé ainsi sur le canapé, l'arme et les clés à la main. Il comprit tout de suite ce qu'elle avait fait. Il comprit que sa vie venait d'être détruite.

Fin du flashback


Trois pas. Il entendait quelqu'un au loin l'appeler. L'appeler avec tant de force et de détresse... Mais il était déterminé. Ce bleu l'appelait lui aussi. Avec plus de force, plus de sensibilité. Plus d'envie. Il repensait à tout ce qu'il avait raté, à tout ce qu'il avait gâché, à tout ce qu'il avait perdu. Ou plutôt tout ceux qu'il avait perdu. Son frère, le premier de ses amours. Sa vie d'avant.


Flashback, point de vue externe

Matt venait d'avoir vingt-six ans, et cela faisait près de sept ans qu'il travaillait comme pompier. Il était la fierté de sa mère, même si il ne lui parlait pas souvent. Un jour il se blessa au travail et dut aller à Lakeshore. Et il rencontra Hallie dans la salle des urgences. Et depuis ils ne s'étaient plus quittés, toujours à se voir au travail ou en dehors, ils ont pris un appartement ensemble, ils se sont fiancés. Et encore une fois, tout son monde s'est écroulé. Et ça a recommencé en novembre 2012, lorsqu'il a perdu son frère. Lui et Andy montaient sur l'aérienne pour monter à l'étage pendant que l'équipe de Kelly inspectait le rez-de-chaussée et s'apprêtait à ventiler. Mais il ne l'avait pas encore fait qu'Andy avait cassé la fenêtre et s'était engouffré dans la maison. Un énorme retour de flamme, et Andy était mort sous ses yeux pendant que Kelly se brisait une vertèbre cervicale sans le savoir. Son frère était mort devant lui. Et pas même un an plus tard, Hallie mourrait aussi dans un incendie sur lequel il intervenait. Après tout cela, il disait qu'il allait bien, et tout le monde semblait convaincu, y compris lui. Mais il n'allait pas bien du tout. La mort d'Hallie était la goutte qui faisait déborder le vase. Il venait en moins d'un an, de perdre deux des personnes les plus précieuses à ses yeux.

Fin du flashback


Deux pas. Cette voix qui l'appelait devenait de plus en plus forte, de plus en plus désespérée. Quelque part, il se disait qu'il la connaissait. Mais il s'en moquait. Tout ce bleu l'avait hypnotisé, happé. Il ferma les yeux, tentant de reconnaître cette voix. Tentant d'éviter les mauvais souvenirs de ces jours infernaux qu'il avait passé dans cette pièce. Tentant désespérément de retirer l'image de ces quatre hommes prêts à tout, tous les vices, tous les coups, pour avoir les informations qu'il détenait.


Flashback, point de vue externe

La journée commençait par une session de torture comme une autre. Cela devenait une habitude à présent. Un seau rempli d'eau glacée, lui attaché dans le dos avec le fil barbelé et allongé sur le ventre sur une planche à un mètre du sol environ. Au début, il les défiait, il parlait pour les insulter ou pour répliquer avec sarcasme. Mais plus le temps passait, et moins il parlait. Il n'en avait plus la force. Auparavant, il se servait de ce moyen de torture pour boire un peu d'eau, mais là... Même avaler devenait pénible. Sa gorge était en feu, son estomac grondait, il était fatigué. Cette fois, ils étaient trois dans la pièce. Il y avait Oleg, Jack et un homme qu'il ne connaissait pas.

"Matt? Je te présente Yuri, c'est lui qui va s'occuper de toi aujourd'hui."

S'occuper de lui? De quoi voulait-il parler? Jack tapa l'épaule de Yuri et le fit avancer vers moi.

"Je te propose un deal Matt: tu me donnes les informations que je veux, et il ne te torturera pas. En fait, tu as trois choix: soit tu me donnes les informations, soit je m'arranges pour faire du mal à ta petite amie et à ta petite famille de pompiers..."

Matt ouvrit les yeux au son d'un zip en action. Ce qu'il vit le dégoûtât: cet homme qu'il ne connaissait pas avait baissé son pantalon et son boxer, il était totalement nu... Et avec une érection.

"Soit tu ouvres la bouche."

Le dégoût et la peur l'envahissaient. Trois choix donc: soit il parlait, soit il faisait tuer Gabby et toutes les personnes proches de lui, soit il se laissait torturer. Au fond de lui, une petite voix lui disait qu'il n'avait pas le choix. Une petite voix qu'il connaissait et en qui il avait confiance. Elle lui disait de tenir, de ne rien lâcher. De ne pas abandonner tout espoir d'être retrouvé. Il ferma les yeux, ne pensant pas forcément à ce qu'il devait faire, mais principalement à ce qui ne devait pas faire. Il leva un peu la tête. L'odeur de cette... Chose lui donna envie de vomir. Jamais il n'aurait pensé vivre ça un jour. Cela le dégoûtait. Mais il était prêt à tout pour protéger sa famille et celle qu'il aimait. Les yeux toujours fermés, il ouvrit la bouche. Il entendit Oleg et Nesbitt rigoler.

"Alors c'est ça que tu choisis? Tu préfères avoir ça dans la bouche et dans ton fion, que de me dire un mot? Tu préfères protéger ta famille et te faire torturer pour eux?"

Matt était déterminé. Il ouvrit les yeux et fit face à ses ravisseurs, leur montrant qu'il n'avait pas peur d'eux. Qu'ils pouvaient tout essayer, il ne parlerait pas. Oleg fit signe à Yuri, signe qu'il pouvait commencer. Il attrapa les cheveux de Matt d'une main ferme, et il mit l'autre sous son menton. Il avait les mains froides, glacées.

"Je te préviens, tu me mords, et tu peux dire adieu à ta copine."

Matt ravala sa salive, rouvrit la bouche, et attendit. Son ventre se serra, son estomac se noua, son cœur battit plus vite, sa respiration devint plus rapide. Il attendait son heure arriver. Et tout doucement, cette chose qui le répugnait arriva sur ses lèvres, puis sur ses dents, sur sa langue. C'était froid, dur, et immonde. Il se demanda comment une femme pouvait adorer ça. Il ferma les yeux, se laissa toucher, se laissa torturer. Cette chose s'engouffra plus profondément, tout doucement, elle s'approchait de sa glotte. Il respirait à présent par le nez, mais même comme ça, sa respiration était difficile. Il sentit remuer à l'intérieur de sa bouche. Comme un chatouillis. Il avait l'impression d'étouffer, tant il retenait à présent sa respiration. Cette chose continuait à avancer, à venir jouer avec sa glotte, voire aller encore plus loin. Il sentit les larmes lui monter aux yeux et les retenaient comme il pouvait. Cette chose sortit enfin un instant. Il pouvait enfin respirer, mais ne rouvrit pas les yeux.

"Alors? Tu ne veux toujours pas me parler?"

Il avait tant envie de crier à Nesbitt et Oleg d'aller en enfer, mais retenir son envie de vomir retenait toute sa force et son attention.

"Yuri? Continue je t'en prie."

Il revint à la charge, revenant sur ses lèvres, sur ses dents, sa langue, sa glotte. Mais cette fois, il alla plus profond. L'envie de vomir était encore plus grande. Les va-et-viens le faisaient tousser, saliver. Cette fois, il sentit une autre partie du corps de son bourreau sur ses lèvres et le bout de son nez. Il pouvait sentir le bas de son ventre. Cet homme était vraiment malade. Et cette chose... Elle était vraiment trop grande pour lui. Il sentit quelque chose de chaud monter depuis son estomac jusque dans la gorge, passer sa glotte et sortir de son corps. C'était répugnant, mais Yuri sortit son sexe aussitôt. Cela fit tousser Matt à travers les inspirations totalement inégales qu'il tentait de prendre.

"Yuri? Attends une minute."

Les yeux toujours fermés, il sentit sa tête tomber. On avait arrêté de la tenir.

"Oleg, tu es sûr que c'est sa première fois? Parce qu'il est vraiment doué ton jouet."

Ton jouet? Matt frissonna. Voilà ce qu'il était devenu après des heures et des heures de torture. Un jouet. Une simple chose.

"Tu penses pouvoir tenter aussi chose plus tard?"

"Ouai... Peut-être plus tard oui. Quand il sera prêt."

Matt ouvrit les yeux, la bouche toujours légèrement ouverte pour lui permettre de respirer. Il regardait au sol, la bile qui venait de sortir de sa bouche.

"Vous ne l'avez pas nourri à ce que je vois..."

"A quoi bon?"

"Il va souffrir Oleg."

"Ce n'est pas grave. C'est à ça que sert la torture Yuri."

Il sentit la main de Yuri l'agripper par les cheveux, l'autre main de nouveau sous le menton. Il se forçat à garder la bouche fermée, mais cet objet immonde l'obligea à la rouvrir. Elle refit le même parcours pour la troisième fois, mais cette fois, le va-et-viens était beaucoup plus rapide. Matt retint sa respiration, il ferma les yeux, fronça ses sourcils et se sentit pleurer. Il voyait le visage de Gabby, le visage de son frère Kelly, le visage de tous ses amis, de sa famille. De sa grande famille. Il ne pouvait pas les trahir. Pas comme ça. Il n'avait pas le droit. Même si cette fois, il pensait craquer, il ne devait pas les mettre en danger. Les va-et-viens continuaient d'accélérer, sa respiration était toujours coupée, et d'un coup, tout s'arrêta. Cette chose qu'il détestait tant était au fond de sa gorge, il la sentit bouger, il sentit Yuri émettre un cri de joie et de plaisir intense. Puis un goût horriblement salé vint à ses papilles. C'était un peu chaud, salée, horrible, humiliant. Matt n'arrivait plus à décrire ce qu'il ressentait à ce moment-là. Il ne savait pas si c'était du dégoût, de l'humiliation, de la honte, de la haine. Il se forçat à avaler cette substance blanchâtre avant que Yuri ne sorte de sa bouche. Il toussa, il cracha, il vomit. Il pleurait. Il entendit cet homme immonde remonter ses vêtements sur sa taille et fermer son pantalon. Puis il tapa sur la tête de Matt et mit la sienne à sa hauteur.

"Si tu es sage, la prochaine fois on essaie autre chose."

Le pire de tout, c'était qu'il avait dit cela avec un grand sourire. Oleg vint lui enlever le barbelé autour de ses poignets et le laissa sur la planche. C'était une torture de trop, une humiliation de trop. Cela ne pouvait plus durer...

Fin du flashback


Un pas. Il y était presque. Enfin bientôt la liberté. Mais cette voix se rapprochait encore et toujours, encore plus perdue, encore plus forte. Il pouvait sentir que cette fois, la personne qui avait cette voix pleurait. Il pouvait le sentir. Son corps frissonna au son de cette voix qui l'appelait mais qui ne l'avait toujours pas enveloppé. Ses yeux étaient toujours fermés. Il repensait à ces mots. Ces mots si douloureux qu'elle avait prononcé. Ces mots qui l'avaient meurtri et blessé au plus profond de son être. Les mots de celle qu'il aimait.


Flashback, point de vue externe

Il regardait cette assiette, son contenu. Des œufs brouillés et du pain perdu. Kelly était à côté de lui et ne bougeait pas, mais il semblait se poser des questions.

''Tu as encore assez de force pour rester conscient encore quelques minutes ?''

''Je pense que oui. Tu... Tu as besoin de moi pour quelque chose ?''

''En fait... On a besoin de te parler cinq minutes.''

''On ?''

''Gabby et moi.''

Il serra les poings à ce nom. Il avait encore du mal à la savoir près de lui.

''Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?''

Il se mit sur la défensive une nouvelle fois. À chaque fois que la conversation tournait autour de Gabby, il refaisait les mêmes gestes : les poings serrés, les grincements de dents, les yeux pleins de rage.

''Rien, on... On veut juste te parler.''

Il essaya de se calmer. Au fond, il aimait Gabby à en mourir, mais les derniers événements l'avaient un peu traumatisé.

''D'accord.''

Kelly se tourna vers Gabby qui était dans la cuisine et qui avait entendu toute la conversation. Il lui fit signe de venir près d'eux. Elle posa son torchon, et vint s'asseoir près de Matt. En une semaine, elle ne l'avait jamais approché d'aussi près, de ce qu'il se souvenait. Matt évitait le regard de Gabby, se sentant mal à l'aide à ses côtés. Il l'entendit prendre une grande inspiration et il sentit qu'elle lui prenait la main.

''Quand... Tu as disparu, je-''

''Stop !''

Matt enleva sa main, essaya de se lever, mais encore trop faible pour le faire aussi vite, il tomba presque aussitôt de nouveau sur le canapé. Tout de suite après, il mit ses mains sur son visage et ferma les yeux.

''Je... Je ne veux pas entendre ça.''

Il avait l'impression que sa tête allait exploser. Des tas de souvenirs remontaient, revenaient, des souvenirs qu'il avait tenté d'enfouir au plus profond de lui.

''Matt, je-''

''NON ! S'il te plaît non ! Va-t-en !''

Cette fois, Matt pleurait. Sur le canapé, devant les personnes les plus importantes à ses yeux. Il ne voyait pas que Gabby pleurait aussi, qu'elle avait les poings serrés elle aussi. Elle se leva brusquement.

''Tu sais quoi ? Je vais te le dire quand même, même si tu ne veux pas l'entendre !''

Matt mit tout de suite ses mains sur ses oreilles, même s'il savait que cela serait inutile.

''Quand tu as disparu, c'est moi qui ait trouvé le corps de Katya dans la cuisine. J'ai essayé de la sauver, même si je savais déjà qu'elle était morte ! J'étais venue ce soir-là pour te parler ! Et à présent, tu ne veux même pas me faire face ! Je ne sais pas ce que j'ai fait, mais voici ce que je voulais te dire cette nuit-là ! Tu te souviens quand je t'avais dit que mon système immunitaire était au plus bas à la fin de notre dernière garde ? Tu t'en souviens ? J'ai découvert plus tard que j'étais enceinte ! Je suis enceinte, et c'est toi le père Matt ! Mais je pense que je peux gérer ça toute seule, sans ton aide ! Je suis fatiguée d'attendre, de tout cela ! J'en ai marre d'entendre Kelly me dire que tu as besoin de temps, que tu n'es pas toi même ! J'en ai marre ! Je m'en fiche de tout ça, tout ce que je voulais c'était toi ! Pour cet enfant ! Mais ne t'inquiète pas, je vais gérer ça seule ! C'est fini !''

Ces mots, ces mots qu'elle avait prononcé ce jour-là l'avait anéanti. Un enfant qu'il désirait tant, le souhait le plus cher qu'il avait au monde, venait de lui échapper à cause de toute cette histoire.

Fin du flashback


Plus aucun pas. Un pied dans le vide, un pied sur la terre ferme. Cette voix résonnait à présent dans sa tête. Elle était si proche qu'il voulait rouvrir les yeux. Cette voix l'avait encerclé. Cette voix avait des bras. Des bras si doux et chauds. Des bras qui le poussèrent au sol violemment. Cette voix avait une tête. Une tête sur laquelle il pouvait sentir des larmes. Des larmes qui coulaient sur ses joues, puis tombaient sur sa propre joue. Cette voix avait un corps, petit et tout aussi chaud que le reste. Un corps qui tremblait, un corps qui se soulevait et s'effondrait sur lui très rapidement. Cette voix avait un cœur. Un cœur qui battait à cent à l'heure. Un cœur qui semblait pouvoir exploser à tout moment. Et cette voix avait aussi des mains. Des mains toutes aussi douces que les bras, et toutes aussi chaudes. Des mains qui le secouaient, qui le frappaient doucement, cognant son visage. Il ouvrit les yeux, et il s'aperçut que cette voix avait aussi un visage. Un visage si merveilleux, un visage aux yeux rougis de désespoir, par la tristesse, par la peur. Des lèvres qui tremblaient comme jamais elles ne l'avaient fait. Un front plissé qu'il adorait encore plus que ce lac. Et d'un coup, ce corps l'enlaça. Ce corps pleura toutes ses larmes. Ce corps continuait de l'appeler, ce corps commençait à l'hypnotiser, ce corps avait gagné. Il resta là, contemplant ce ciel orangé s'embraser. S'embraser en même temps qu'elle, en même temps que celle qu'il aimait. Il comprit enfin ce qui le retenait ici. C'était elle. La femme qu'il aimait et qui portait leur enfant. Le produit de leur amour.