Me revoici avec le chapitre 15 ! Bonne lecture !


Chapitre 15 : Le retour des ennuis.

Je me réveille avec difficulté, ma petite excursion nocturne d'hier a été épuisante, et sans le confort d'Embry à mes côtés, je ne trouve pas le sommeil enchanteur dont je rêve. Il n'est pas resté avec moi cette nuit car il devait patrouiller, alors j'ai passée la nuit seule. Je m'extirpe de mon lit sans conviction, je me prépare et je m'installe dans le canapé du salon, sans le moindre bruit. Ce silence me déprime, alors je décide d'aller faire un tour en ville. J'irais volontiers chez Embry, mais il reprend le travaille aujourd'hui et il ne termine que ce soir. Les journées sont longues et maussades lorsqu'il n'est pas là. Je monte dans ma nouvelle voiture grise, flambant neuve, puis je roule en direction de Forks. Je passe par des recoins que je ne connais pas, qui me mènent à des rues que je ne connais pas non plus. Je découvre le peu d'espace que je ne connaissais pas de cette petite ville, sous une fine pluie gelée et un temps maussade. Après une bonne heure passée à rouler, je décide de retourner à la maison, je n'ai plus rien à faire dehors. Je me gare devant la maison qui est la mienne, puis me vient soudainement une odeur déployée de chien mouillé. L'idée qu'un loup de La Push soit dans le coin me traverse l'esprit, mais je change bien vite d'opinion lorsque je vois une jeune femme à la peau rousse, vêtue d'un jean et d'une chemise nouée, censée la rendre plus attirante, se tenir sur le perron de ma porte. C'est d'elle qu'émane cette odeur peu satisfaisante. Je devine qu'il ne s'agit pas de Leah Clearwater, je ne l'ai jamais rencontrée mais de ce qu'on m'en a dit , elle a les cheveux courts, hors la femme que j'aperçois a de longs et beaux cheveux soyeux. Je descends de la voiture en pressant le pas sous les fines gouttes de pluie, je m'avance vers elle, puis lorsqu'elle se retourne, je ne lui souris pas et reste indifférente, par simple méfiance. Au cours des derniers événements qui ont bousculés ma vie, j'apprends à me méfier des gens surnaturels.

- Bonjour, tu dois être Mégane? Dit-elle, en souriante.

- Qui es-tu? Je lui demande, ne prenant pas garde au ton froid et amère que j'utilise.

- Qui je suis n'a pas d'importance, tu dois quitter Embry et t'en aller. Me dit-elle très sérieuse.

- Quoi? Je lance, un peu surprise.

- Crois moi, il est un être mauvais et il te fera souffrir si tu restes à ses côtés. Me dit-elle.

Elle dit cela en m'attrapant fermement le poignet. Je suis un peu surprise par le comportement de cette fille. Je ne la connais ni d'Eve, ni d'Adam et elle se permet de venir tenter de gâcher le peu de bonheur qu'il me reste. Je retire brutalement mon poignet de son emprise, puis je sens un grognement provenir de derrière moi. Je remarque que cette étrange fille semble adresser un petit sourire mesquin et vicieux à la personne qui se tient derrière moi. Je me retourne et je peux désormais admirer Embry, en short. Il devrait être au travail, il a du sentir que quelque chose n'allait pas, ici. Je pose alors mon regard sur son visage et je peux voir qu'il est tendu comme jamais et qu'il est en train de trembler, tant son énervement est conséquent.

- Quand on parle du loup... Dit la fille avec une pointe de sarcasme.

Mon regard vacille entre le visage tendu et énervé d'Embry, et celui détendue et amusé de la jeune fille. Une information resurgit brusquement d'un coin de mon cerveau. Et si cette fille était Jean? A cette idée, je m'écarte d'elle.

- Qu'est ce que tu fais là, Jean? Réussit à prononcer Embry dans un souffle colérique et bestial.

- Eh bien, je tentais de foutre ta vie en l'air, mais tu es arrivé au mauvais moment. Dit-elle en riant.

En découvrant la diabolique mascarade de cette vicieuse, je remercie mon cœur d'éprouver autant d'amour à l'égard d'Embry et de lui rester fidèle même au travers des gens odieux comme cette femme. Elle semble en vouloir à Embry, mais je ne saurais dire pourquoi. Embry s'approche dangereusement de la fille à côté de moi, je ne l'ai jamais vu dans un état de colère aussi présent et je serais prête à éprouver un frisson de terreur, si je ne le connaissais pas.

- Tu ferais mieux de ne plus t'approcher d'elle et de quitter la ville, tout de suite. Claque Embry d'une voix tremblante de colère.

La dénommée Jean plonge ses yeux amusés dans ceux d'Embry, comme à la recherche d'une réponse à une question cruciale. Je préfère ne pas intervenir dans cette échange, de peur de mettre Embry d'avantage en colère. Soudainement, elle se recul d'un pas, en affichant une mine ahurie. Il semble que la réponse qu'elle cherchait dans les yeux d'Embry ne lui a pas plus, au contraire, cela l'a enragée. Elle détourne les yeux vers moi et me regarde de la tête aux pieds avec dégoût et mépris. Au prix d'un effort surnaturel, je parviens à me retenir de lui coller mon poing dans la figure.

- Tu... Commence t-elle. Tu t'es imprégné d'elle?! Crache t-elle amèrement en faisant balbutier son regard entre moi et Embry,

A ces mots, je me souviens de cette histoire d'imprégnation dont Renesmée a fait l'erreur de me parler et tout se bouscule dans ma tête. Mais qu'est-ce que cela signifie? Il est clair pour moi qu'il est temps de demander des explications à Embry sur cette histoire d'« imprégné », sur cette Jean et sur son passé amoureux, j'ai tout de même le droit de savoir. Je vais quand même attendre que cette fouteuse de trouble s'en aille.

- Ne reviens plus jamais ou je me ferais une joie de te tuer! Dit Embry en haussant le ton, toujours accompagné de sa voix douloureusement mécontente.

Elle me jette un dernier regard, auquel je réponds avec le même mépris. Je remarque qu'elle a perdue son air amusé et sarcastique, pour céder a un aspect contrarier et excédé. Elle se détourne puis elle s'en va enfin, disparaissant au loin dans la forêt. Je comprends mieux pourquoi Paul et sa mère étaient méfiants, cette fille est un véritable poison, je n'ose imaginer qu'elle soit sortie avec Embry et qu'elle lui ai fait du mal, cela me dégoûte. Je pense qu'elle n'a pas l'intention d'en rester là, maintenant qu'elle sait qu'il lui est impossible de me séparer d'Embry, elle va sûrement tenter de se venger et si elle compte s'en prendre à moi, je serais ravie de l'accueillir le point fermer. Je détourne mon regard vers Embry et je réalise qu'il tremble toujours. Ses yeux croisent les miens et je peux lire une profonde confusion et colère au travers de ces derniers. Il me prends dans ses bras et je le sens petit à petit se calmer. Je me décolle de lui doucement, puis j'ouvre la porte de la maison. Il la referme en entrant dans la maison avant de me suivre dans la cuisine, tandis que j'ôte mon manteau. Une fois dans la cuisine, je me retourne vers lui, déterminée à connaître la vérité. Je lui ai tout dis de mes secrets, à lui d'en faire autant désormais.

- Tu comptes m'expliquer ce qu'il se passe avec cette fille et cette histoire d'imprégnation? Je lui demande.


P.O.V Embry :

Je vois dans ses yeux qu'elle est frustrée. Je voudrais avoir la force de tout lui raconté maintenant, mais j'attends la bon moment. J'ai peur de sa réaction lorsque je lui expliquerai que je me suis imprégné d'elle et lorsque je lui dirai ce qu'il s'est passé avec Jean. J'ai peur qu'elle ne veuille plus de moi, de peur de se retrouver coincée avec moi pour toujours. Je ne veux pas qu'elle pense cela, je ne veux pas la rendre malheureuse, je veux juste son bonheur. Mais en même temps, je ne peux m'empêcher de me dire que si elle me rejette, je n'aurai plus la force de vivre. J'ai besoin de Mégane plus que de toute autre chose.

Je plonge mon regard et je vois qu'elle est décidée à obtenir des réponses et je comprends très bien, mais je ne veux pas lui dire maintenant. J'ai besoin de temps.

- Mégane, je voudrais pouvoir tout te dire, je commence, mais j'ai besoin de temps et...

- Embry, je t'ai dévoilé toute ma vie parce que je t'aime et que je te fais confiance... Me dit-elle. Tu n'as pas confiance en moi? Me dit-elle douloureusement.

A ces mots, je sens un frissons me parcourir le corps dangereusement. J'ai confiance en elle plus qu'en n'importe qui. Si elle savait déjà tout, ce serait tellement plus simple, mais c'est à moi de lui dire. Je m'approche d'elle dans l'espoir de la prendre dans mes bras, mais elle recul d'un pas dans un geste de confusion. Cela me déchire le cœur et je décide de ne pas m'approcher d'elle d'avantage.

- Ma puce, je t'aime plus que tout et j'ai confiance en toi plus qu'en qui que ce soit, je lui dis en laissant glisser mon doigt sur sa joue si douce dans un geste affectueux, je te demande juste de me laisser du temps, je te promets que je te dirai tout. Je lui explique.

- Embry, j'ai déjà entendue ça! Me dit-elle une peu frustrée. Je sais que tu me caches des choses et nous deux, ça ne pourra pas fonctionner si tu continues comme ça. Je t'ai laisser du temps pour me faire confiance et si tu ne veux pas me parler de ton passé et de cette histoire d'imprégnation, on a un problème.

Je la vois baisser la tête et soupirer en se passant les mains dans les cheveux. Je m'en veux de lui faire ça, mais j'ai tellement peur qu'elle me rejette ou qu'elle n'apprécie pas ce qu'il s'est passé avec Jean. Lorsqu'elle relève la tête, je peux sentir sa voix trembler et ses yeux s'humidifier.

- Écoute, commence t-elle confuse et triste, je crois qu'on devrait prendre de la distance quelques temps, pour prendre du recul sur notre situation. M'annonce t-elle. Tant que tu ne me feras pas assez confiance pour me dire ce que je veux savoir, on devrait prendre du recul chacun de notre côté.

Lorsqu'elle dit cela, je sens mon cœur se déchirer en mille morceaux. Je ne peux pas croire ce qu'elle vient de dire. Je meurs d'envie de lui dire que sans elle je ne suis plus rien, que sans elle au près de moi je ne peux plus vivre, mais je ne peux pas, je préfère la laisser prendre ses décisions et je comprends qu'elle ai besoin de prendre du recul, même si je ne sais pas si je vais pouvoir supporter de me séparer d'elle durant quelques temps. Je baisse la tête, tellement la tristesse et la douleur que je ressens est intense. Je relève la tête vers elle, puis je m'approche doucement de son visage attristé et je dépose un doux et long baiser sur son front, pour lui laisser la marque de mon amour inconditionnel pour elle.

- Je t'aime plus que tout, ma puce. Je lui dis tristement, la voix fragile.

Elle acquiesce d'un petit signe de tête dépourvu de conviction, puis je sors de la maison, le cœur lourd et anéantie par la tristesse. Une fois à l'orée de la forêt, je mute sous ma forme lupine et je cours jusqu'à en perdre haleine tout en réfléchissant. Elle me manque déjà et l'horrible douleur que j'ai ressentis en me séparant d'elle pour la première fois dans la forêt me regagne petit à petit. C'est de ma faute, je devrais tout lui dire. Je devrais tout lui avouer, je suis bête. Ce n'est pas cela qui la ferait fuir, après tout, le faite que je sois un loup-garou et que je combatte les vampires ne la repousse pas. Mais il y a aussi le problème « Jean », je dois raconter ce qu'il s'est passé avec elle à Mégane et elle doit savoir, même si replonger dans cette douloureuse partie de ma vie ne m'enchante pas vraiment. D'ailleurs, comment cette saleté de Jean a osée s'approcher de Mégane? Après tout ce temps, je ne pensais pas la voir revenir me pourrir la vie. Je ne sens plus sa présence dans la forêt, elle doit être partie à l'extérieur de la ville. Je mute puis m'habille peu avant de retrouver mon lieu de travaille, c'est la seule chose que je peux faire pour m'occuper l'esprit, même si je suis bien conscients que Mégane et le manque du à son absence sera presque la seule chose à laquelle mon esprit sera capable de penser durant les prochains jours. Je pars me changer sans conviction dans les vestiaires de notre garage, puis lorsque je me rends dans le garage, je remarque que Jared et Paul sont en train de bosser sur des motos usées.

- Bah alors, t'en fais une tête! Me dis Paul en plaisantant.

- C'est rien! Je parviens à grogner plus agressivement que je ne le voudrais.

- T'as tout dis à Mégane et elle l'a mal prit? Me demande curieusement Jared.

- J'ai pas eu besoin de tout lui dire pour qu'elle le prenne mal! Je souffle rageusement et tristement à la fois. Je soupire longuement de frustration, puis je reprends. Elle veut qu'on se sépare pendant quelques temps. Je finis par dire douloureusement.

- Ah oui c'est le coup vache! Me dit Jared en grimaçant.

- Je t'avais dis de lui dire, elle a le droit de savoir. Me dit Paul.

- Je sais! Dis-je en soupirant.

Je sais qu'il a raison mais cela ne m'enlève pas la tristesse et la culpabilité d'avoir causé cette situation.

- Tu sais, il est pas trop tard! Me dit Jared. Tu n'as qu'a prendre ton courage et tout lui dire!

- Et qu'est-ce que je fais si elle ne veut plus jamais me revoir? Je lui lance.

- Tu sais, elle est ta moitié parfaite, me dit Paul, vous ne pouvez pas vivre l'un sans l'autre.

Cela est censé me rassurer et me délivrer de mes craintes, mais il n'en est rien.

La journée se termine pour moi sans aucune joie ni raison de vivre. J'ai avertis Paul et Jared du retour momentanée de Jean, et ils m'ont dis qu'ils avertiraient tout les loups de La Push, de façon à ce que tout le monde reste sur ses gardes. Depuis ce début d'après-midi, je ne pense qu'à Mégane. Je rêve de me rendre chez elle et de retrouver ses doux bras réconfortant, de capturer ses magnifiques lèvres roses contre les miennes, de respirer son parfum envoûtant et de lui dire combien je l'aime et combien la vie m'est inutile sans elle. Paul et Jared m'ont gentiment invités à partager le repas de ce soir chez Sam et Emily. Depuis que j'ai rejoins la meute à Jacob, nous ne nous rendons plus trop chez Sam, même si nous entretenons un très bon contact. Je viens d'arriver chez Emily et la nuit commence à peine à tomber. Comme de nombreuses fois dans la journée, je me demande ce que peut bien faire mon amour, je me demande si elle va bien. J'entre dans le salon accueillant de la petite maison à Emily et celle ci vient me prendre dans mes bras, puis c'est au tour de Sam de me serrer la main. Je remarque que Jared et Paul sont déjà présents. Le repas commence dans la bonne humeur et il semble délicieux à voir les autres le déguster, mais je ne fais que tournée ma fourchette dans mon assiette en écoutant lividement les autres parler dans le brouhaha que provoquent leurs éclats de rires. Je n'ai pas la force de conduire cette fourchette jusqu'à ma bouche, je pense bien trop pour manger simplement.

- Embry, tu ne manges pas? Me demande gentiment Emily.

Je lui fais un signe de tête pour lui signifier que je n'ai pas très faim, et comme je m'y attends, cela surprend tout le monde, moi le premier. Je ne suis pas du genre à sauter un repas, mais le manque et la tristesse que Mégane provoque en moi prennent une place trop conséquente.

Curieusement, Sam ne me demande ce qui me met dans un pareil état et je lui en suis reconnaissant, même si je soupçonne avec insistance Paul et Jared d'avoir racontés à Sam et Emily la raison de mon malheur. Le repas se termine bien vite, puis je décide de sortir prendre l'air en m'asseyant sur un énorme rondin de bois, à quelques pas de la maison. Je me perds dans mes pensées, à tel point que je n'ai même pas remarqué Sam s'asseoir à mes côtés.

- Alors, c'est Mégane qui te mets dans un tel état? Me demande Sam.

Je baisse la tête comme pour acquiescer.

- J'ai peur de lui dire que je me suis imprégné d'elle. Je lui avoue tristement. Et j'ai aussi peur lui expliquer ce qu'il s'est passé avec Jean.

- Tu ne devrais pas. Me dit Sam. Elle est la seule femme sur cette planète qui ne te rejetteras pas et qui t'accepteras tel que tu es. Continu t-il.

- Tu semble parler par expérience. Je lui fais remarquer.

Je le vois tourner la tête vers la maison d'Emily. Je remarque alors qu'il regarde fixement son imprégnée, d'un air amoureux et admiratif.

- Tu sais, quand j'ai quitté Leah pour Emily, dit-il, elle refusait de me voir. Mais elle a finit par m'accepter et elle a comprit que nous étions des âmes sœurs, tout les deux. Poursuit-il, toujours en regardant fixement sa dulcinée. C'est la même chose pour Mégane, lorsqu'elle saura pour l'imprégnation et pour ton passé avec Jean, elle t'accepteras et elle n'en sera que plus heureuse.

Il me tape amicalement l'épaule, puis il part rejoindre sa moitié. Lorsque je le vois prendre Emily dans les bras et l'embrasser, je ne peux m'empêcher de revoir tous le merveilleux moments que j'ai passés avec Mégane. Ce sont indéniablement les plus beaux de toute ma vie...

Durant toute la soirée et toute la nuit, je réfléchis aux sages paroles de mes confrères. J'ai été stupide de m'imaginer que Mégane pourrait m'en vouloir. Elle m'aime et elle me l'a prouvée plus d'une fois. C'est plutôt moi qui l'ai trahit et je m'en veux terriblement. Ma décision est finalement prise, je me rendrai demain chez Mégane pour tout lui dire, je veux qu'elle sache qu'elle peut avoir confiance en moi et je veux qu'elle sache qu'elle est la seule personne à laquelle je ne pourrais faire du mal. Je ne peux m'empêcher d'éprouver tout de même une certaine appréhension, mais elle mérite de savoir.

La journée de demain s'annonce terriblement bouleversée...