Bonsoir à tous! Après avoir vu cette victoire de l'équipe de France féminine de football face à l'Ukraine (4 à 0 avec en prime la qualification pour l'euro 2017 sans avoir encaissé de but pour le moment et marqué 20 fois), je me suis dit qu'il était temps de publier un nouveau chapitre de cette histoire.

Je commence cette nouvelle storyline que j'avais envisagé dans le chapitre 18 (le 51 est ma famille) et j'espère que vous allez aimer ^^

Bonne lecture à tous!


Point de vue externe

Cela faisait presque un mois que Kelly avait repris son travail à la caserne, et Gabby aussi. En fait, Kelly prenait une garde pendant laquelle Gabby gardait un œil sur Matt, et le lendemain, c'était Gabby qui travaillait et Kelly qui s'occupait de lui. Personne ne voulait vraiment le laisser seul à l'appartement. Matt avait beau dire que tout irait bien, qu'il n'y avait aucun danger, Kelly et Gabby savaient que c'était faux : Oleg était toujours libre, à vouloir tuer Matt coûte que coûte pour avoir tué son business. Il n'était donc pas en sécurité seul, pas après ce que Oleg lui avait déjà fait. Aujourd'hui, c'était à Gabby de rester à l'appartement et à Kelly d'aller travailler. Il avait confiance en elle, elle allait le garder sain et sauf. Rentrant dans la caserne et se dirigeant vers le vestiaire, Hermann courut vers lui une tablette à la main.

« Severide attends ! »

« Je peux me changer avant ? Ou c'est urgent ? »

Un grand sourire se dessinait sur son visage, un sourire comme il n'en avait presque jamais vu. Kelly fronça les sourcils, intrigué et perplexe.

« Une grande nouvelle ? » demanda Kelly en reprenant la route du vestiaire.

Hermann le suivit jusqu'à son casier et s'assit sur le banc pendant que Kelly se changeait.

« Je crois que j'ai trouvé la maison qu'il faut pour Dawson et Casey ».

Kelly se figea, surpris, puis se retourna vers Hermann. Ce dernier hocha la tête très légèrement, le visage illuminé.

« Tu as bien entendu ».

« Tu es sûr que c'est la bonne ? Ce n'est pas que j'ai pas confiance en toi, mais tes plans pour réussir tombent presque tous à l'eau. Et je ne veux pas merder sur ce coup-là ».

Hermann ne dit rien, mais lui tendit la tablette qu'il avait dans les mains. Toujours aussi intrigué et avec un air interrogateur, Kelly la prit dans ses propres mains et alluma l'écran. Il vit alors la maison dont Hermann parlait. C'était une maison d'environ 130m² avec quatre chambres et une grande salle de bain, une cuisine ouverte sur un séjour, ainsi qu'un jardin de 100m². C'était le rêve de toute une vie pour Casey. En plus, elle se situait dans le même quartier, à proximité de la caserne.

« Oah, elle a l'air... Sympa cette baraque. Le prix aussi doit être bien », fit remarquer Kelly ironiquement.

Hermann sourit une nouvelle fois, se leva et s'approcha de Kelly. Il passa l'un de ses doigts sur la tablette et fit baisser le texte. Tout en bas, le prix apparut en grand.

« C'est impossible... »

Les yeux de Kelly s'écarquilla. Il n'y croyait pas.

« Il y a anguille sous roche, c'est pas possible... »

« Rien ne coûte d'aller voir pas nous-même ».

Incapables de parler, les deux hommes se regardaient dans le blanc des yeux. Le visage de Kelly commençait à s'illuminer lui aussi.

« Tu as prévenu les autres ? »

« Je voulais t'en parler avant ».

Il finit de s'habiller après avoir redonné la tablette à Hermann et en fermant son casier, il réfléchit.

« Ok. Allons faire un tour. On prévient le chef, on prend notre attirail et on garde nos radios allumées ».

« Compris, je réunis tout le monde dans la salle commune ».

Kelly acquiesça et se sépara d'Hermann pour aller voir Boden qui se changeait lui aussi tandis que son acolyte réunissait les gars dans la salle.

« Chef ? »

Machinalement, il se tourna tout en faisant son nœud de cravate.

« Severide, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? »

« Vous vous rappelez quand j'ai demandé aux gars s'ils pouvaient réunir de l'argent et m'aider à trouver une maison pour Gabby et Matt ? »

« En effet, mais c'était il y a presque deux mois ».

« Je sais chef. Mais... Hermann pense avoir trouvé LA maison ».

Boden se redressa, surpris. Lui aussi s'interrogeait sur cette maison à présent.

« Je viens de voir l'annonce, la maison semble être parfaite pour eux. J'en suis sûr et certain », rassura-t-il.

« Tu as mis de côté assez d'argent pour l'acheter ? »

« Avec l'aide des autres on a réuni pas mal d'argent. Au total je crois avoir mis de côté environ... Je dirai un peu plus de 130 000€ ».

« Et la maison coûterait combien ? »

Kelly se mit à sourire, et donna le prix à Boden, qui écarquilla lui aussi les yeux. Il ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit.

« J'ai fait la même tête ! » expliqua Kelly en rigolant.

« C'est impossible ça... Il y a forcément quelque chose là-dessous ».

« C'est pour ça qu'on voudrait jeter un coup d'œil. Maintenant. On va la voir, on prend notre attirail avec nous et on garde nos radios allumées ».

Boden soupira, redevenant sérieux un instant.

« Tu sais que techniquement je ne devrais pas autoriser cette sortie ? »

« Mais vous allez le faire, non ? Pour Matt. Et Gabby. Et mini Dawsey ».

Il prit plusieurs secondes de réflexion avant de répondre.

« Vas-y. Mais tiens-moi au courant ».

« Je vous appellerai une fois là-bas ».

Boden acquiesça pendant que Kelly sortait du bureau et il se dirigea vers la salle commune. Tous les pompiers étaient là, y compris les haut-gradés de la caserne. Ils attendaient tous une réponse.

« On peut y aller ».

Ils crièrent presque de joie en sachant cela, puis s'avancèrent vers leurs camions respectifs pour embarquer et se diriger vers la maison en question. L'échelle 81 ouvrait la marche car c'était Hermann qui avait l'adresse.

« Hermann ? Tu n'as pas peur que Casey nous voit ? Je veux dire, c'est pas loin de là où il habite ».

« Nah. S'il nous voit, on dira qu'on a eu un appel pas loin, une fuite de gaz ou quelque chose du genre ».

« Mais Casey n'est pas bête à ce point. On n'a jamais réussi à lui mentir sur quoi que ce soit. Il le sent quand on lui ment ».

« Alors tâchons d'être le plus convainquant possible. Maintenant concentre-toi sur la route et conduis ».

« Oui mon lieutenant... »

La suite du trajet fut très calme, personne n'osant réellement prendre la parole. Au bout de dix longues minutes ils arrivèrent devant la dite maison. Tous descendirent des camions et avancèrent vers la maison. Elle était encore habitée. Les rideaux d'une des salle bougèrent légèrement, et très vite après, la porte d'entrée s'ouvrit, laissant apparaître une femme affolée.

« Mon Dieu, il y a un problème ? Avec la maison ?! »

« Non, non madame, non ! Il n'y a aucun problème. On vient... En quelque sorte en civil. On a vu votre annonce et... »

« Ah... Je le savais que le prix n'était pas légal ».

Elle semblait presque abattue, désolée.

« En fait, on serait peut-être intéressé ».

Elle redressa la tête, les yeux grands ouverts.

« Intéressé ? Par ma maison ? »

Les pompiers acquiescèrent tous au même moment.

« Un de nos collègues traverse une mauvaise période et... Et il aurait besoin de se reconstruire ailleurs. Cette maison serait sans doute pour lui le moyen de recommencer une nouvelle vie », expliqua alors Severide.

« Et le... Bas prix lui permettrait de le faire, c'est ça ? »

« En fait... Il n'est pas au courant. On lui fait la surprise ».

La femme se posait encore plus de questions à présent.

« Bon... Vous voulez rentrer ? Voir à l'intérieur ? »

Kelly sourit et s'avança en acquiesçant, suivi par Hermann. Les autres n'avaient pas bougé. Pas besoin. Les deux hommes connaissaient assez bien Casey pour savoir si c'était la bonne maison. Les deux amis rentrèrent alors à l'intérieur de la maison. Ils étaient surpris.

« J'ai... Posté l'annonce à bas prix car il y a pas mal de travaux à faire. La maison est très mal isolée et elle commence à se faire vieille. Une partie des bois commence à se disloquer, en gros tout est à refaire presque. Mon mari a déjà acheté une nouvelle maison à l'autre bout de la ville, du coup on essaie à tout prix de vendre celle-ci. Sans grand succès jusqu'à aujourd'hui ».

Hermann et Kelly se regardaient, tous les deux avec la même idée en tête.

« Tu penses à ce que je pense ? »

« Je crois que oui ».

Ils se tournèrent alors vers la propriétaire.

« Madame, est-ce que vous pourriez nous aider ? »

« Dites toujours ».

« Si on vous achète la maison, on aurait besoin de vous pour quelque chose ».

Elle croisa ses bras au niveau de sa poitrine, attendant l'explication.

« Notre collègue, celui qui traverse une mauvaise passe, il est auto-entrepreneur dans la construction, et plus particulièrement dans le bois. Est-ce que... Vous pourriez l'appeler en votre nom pour qu'il passe chez vous et estime le montant des travaux qu'il y aurait à faire ? »

La jeune femme ne savait pas trop à quoi s'attendre, mais sûrement pas à cela.

« Je ne comprends pas vraiment... »

« S'il passe voir la maison pour faire un devis, on saura environ le montant des travaux via votre aide, on pourra alors voir si on achète votre maison pour faire les travaux », commença à expliquer Hermann.

« Et si on achète votre maison, si vous pourriez nous aider encore un peu... », ajouta Kelly.

« Encore un peu ? »

« On résume court : vous nous aidez à avoir un devis, si c'est abordable, on vous achète la maison. Mais le temps de faire les travaux, est-ce que ce serait possible que... Que vous puissiez rester dans la maison ? Pour que... Notre ami n'ait aucun soupçon ? S'il vous plaît ? »

Kelly suppliait presque cette femme pour qu'elle marche avec eux. Mais elle était vraiment perdue.

« J-je... Je peux appeler mon mari ? Il saura sans doute plus... Enfin, je ne suis pas douée pour cela, c'est mon mari qui gère ».

« Aucun problème. On n'a pas d'appels pour le moment ».

La jeune femme se retourna, prit son téléphone et appela son mari. Travaillant à proximité, en cinq minutes, il était là.

« Chérie, pourquoi il y a les pompiers de... Hors... »

Étonné lui aussi, la fin de sa phrase était presque inaudible.

« Il y a un problème avec la maison ? »

« Chéri ? Ils sont là pour l'annonce ».

« oh ».

Le mari posa son regard sur les deux pompiers, les reluquant de haut en bas.

« Vous êtes... Intéressés ? »

« On vous explique. On a un collègue qui doit... Refaire sa vie et on aimerait lui faire une surprise. On cherche une maison pour lui, sa future femme et le futur bébé, et quand on est tombé sur l'annonce, on a tout de suite pensé que votre maison serait la bonne ».

« Comme vous avez sûrement dû le comprendre, il y a pas mal de travaux à faire avant de pouvoir habiter dedans. C'est pour cela qu'on a baissé le prix à son maximum, car on savait que le prix des travaux serait élevé et on n'avait pas les moyens de les entreprendre ».

« On sait, votre femme nous a gentiment expliqué cela. Notre collègue est auto-entrepreneur dans la construction en bois, et on voulait savoir si vous pourriez nous aider dans notre surprise pour lui. Il peut réaliser un devis en votre nom, et si c'est abordable pour nous, on achète votre maison et on paie les travaux ».

« Mais... »

Pour le mari, il y avait forcément un mais quelque part. Même s'il avait à faire à des pompiers, il savait se méfier.

« Si le prix est raisonnable pour nous, il fera les travaux, c'est certain. Mais pour ne pas éveiller ses soupçons... On... »

Kelly ne savait pas comment expliquer et demander cette faveur à des gens qu'il ne connaissait pas.

« Nous aimerions savoir si vous seriez prêts à rester dans cette maison le temps des travaux pour ne pas éveiller ses soupçons ».

Le mari leva les mains, comme pour arrêter les deux pompiers.

« Attendez, que je résume. Si le prix des travaux et le prix de la maison sont dans notre budget, vous achetez la maison, vous faites faire les travaux par votre ami qui va vivre dans cette maison sans que celui-ci se rende compte de rien. Et pour cela, vous nous demandez de rester dans la maison le temps des travaux », résuma le mari.

« Pour faire le plus simple possible... C'est tout à fait cela », affirma Severide.

« Et... Cela devrait... Durer combien de temps ? »

« Je ne sais pas encore, je pense que lorsqu'il fera le devis, et avant tout si vous acceptez, il vous dira combien de temps cela devrait prendre ».

« Je vois. Bon, je suis prêt à appeler votre... Ami, pour un devis. Et on peut se revoir après pour voir ce que l'on fait ? »

« Aucun problème pour nous ! Je vous donne mon numéro, je serais joignable presque tout le temps ».

Kelly écrit son numéro de téléphone sur un bout de papier et le tendit au mari.

« Et si l'énergumène n'est pas joignable, appelez-moi à ce numéro. Moi je le serai ».

À son tour, il inscrit son numéro sur le même bout de papier. Au même instant, la radio crissa et le central les appela sur le lieu d'un accident de voiture.

« On doit y aller. Tenez, je vous donne son numéro professionnel pour que vous l'appeliez ».

Kelly donna le numéro de Matt avant de s'en aller en courant vers les camions.

Beaucoup plus tard le lendemain matin, Gabby vint à son tour à la caserne pour faire sa garde en tant qu'ambulancière. Elle était accompagné de Matt, comme tout les jours de garde depuis un mois environ, puis il repartait avec Kelly pour l'appartement. Comme ça, il prenait l'air, il remettait les pieds à la caserne et il voyait ses collègues.

« Hey ! Salut Casey ! »

Ses hommes le saluèrent comme tous les trois jours et s'agglutinèrent autour de lui, en gardant leurs distances pour ne pas l'effrayer.

« Comment ça va ? Tu ne t'ennuie pas trop à l'appartement ? »

« Je... Remonte la pente. Doucement. Mais sûrement. J'aimerais reprendre le travail mais... L'aumônier n'a toujours pas donné son feu vert alors... Alors j'attends ».

Il força un sourire et baissa la tête.

« Casey, donne-toi un peu de temps pour... Pour recoller les morceaux. Okay ? Il faut prendre le temps de guérir intérieurement et être à 100% avant de revenir. Ce sera dans peu de temps, j'en suis sûr », tenta de rassurer Hermann.

« Merci Hermann. Merci à vous tous de... De me soutenir ».

Tous adressèrent un dernier sourire à Casey avant de s'éparpiller pour rentrer chez eux. Kelly s'arrêta à côté de lui, il tapa très légèrement son épaule.

« On y va ? »

« Euh... Kelly ? On... Pourrait faire un détour avant de rentrer ? Je... », commença-t-il, mais s'arrêta net, ne sachant pas comment expliquer. « J'ai... Reçu un appel de quelqu'un qui... Qui souhaiterait un devis pour des travaux. Il euh... Il a dit que c'était urgent et... Et c'est dans le quartier, pas loin d'ici ».

Severide savait de quoi il parlait, mais fit comme si de rien n'était. Il était aussi contente de savoir que Matt avait accepté de reprendre un peu le travail pour ne pas s'ennuyer à l'appartement.

« Bien sûr. Si je peux t'aider », assurat-il.

« Merci ».

Ils montèrent dans la voiture, près à partir pour la maison. La possible future maison de Matt, sans qu'il ne le sache.