Je vous présente le chapitre 19, encore une fois j'espère qu'il vous plaira ! :)
Je tiens à remercier tous ceux qui prennent le temps de mettre des reviews, ça fait toujours très plaisir !
Sur ce bonne lecture !
Chapitre 19 : Réunion de famille.
Je reste là, les yeux fixer dans les siens, sans pouvoir prononcer un mot. L'appellation qu'il m'a donné ne semble pas résonner comme quelque chose d'anodin. Je le pense lié à moi, mais de quelle façon? Est-il possible qu'il soit... mon père? Je ne saurais dire par quel phénomène ce sentiment est mien, mais je sens que l'hypothèse que j'émets à son égard ne me paraît pas totalement infondée. Quelque chose me pousse à porter intérêt a cela. C'est alors que lorsque je réalise ce que je suis en train de me dire, un air de surprise indescriptible me voile la face.
- Pa... Je bafouille maladroitement. Papa?
Je sens que lorsque cette phrase sort de ma bouche, elle résonne comme une question et non une affirmation, comme si mon inconscient voulait être sûr que j'ai bien raison.
- Oui, affirme t-il d'un ton sarcastique, et les jeunes filles bien élevées invitent leurs parents à boire une bonne gorgée de sang bien chaud, par le temps qu'il fait. Déclare t-il ironiquement.
C'est impossible, comment ose t-il venir après tout ce temps?! Je crois que je ne me suis pas encore remise du choc, car malgré la volonté intarissable qui est la mienne, je ne parviens pas à me mouvoir ou à dire quoique ce soit d'autre. Je me suis toujours demander ce que je ferais dans ce genre de situation, mais maintenant que j'y suis, tout les scénarios que j'avais écris dans mon esprit s'envolent en fumée. Je ne m'imaginais pas mon père comme ce à quoi il ressemble aujourd'hui devant moi, je l'imaginais d'une autre façon, brun peut être. J'entends des pas lourds provenir du salon se diriger précipitamment ici. Tandis que je suis toujours sous le choc, Embry ouvre un peu plus la porte pour voir qui se trouve derrière celle-ci. Lorsqu'il découvre ce vampire qui se trouve être mon père, accompagné de sa petite troupe, il se raidit si fort que je peux entendre ses muscles se contractés.
- Qui êtes-vous? Demande t-il d'un ton glaçant. Mégane, tu les connais?
Je n'ai pas la force de répondre, mais quand je vois le regard dédaigneux et arrogant que jette mon père à Embry et vice versa, je pense qu'il serait de bonne augure pour chacun d'entre nous qu'Embry s'en aille. Je me retourne alors vers Embry.
- C'est mon père... Je l'informe distraitement. Tu ferais mieux d'y aller, je lui murmure, il ne me fera pas de mal.
Il acquiesce à contrecœur et je sais bien qu'il obéit à ma suggestion uniquement parce qu'il sait qu'il n'a pas d'autre choix pour l'instant. Embry passe lentement devant mon père, en le toisant méchamment, mais ce dernier ne le regarde même plus. Une fois dehors, il ira sûrement prévenir les Cullen et les Quileute de la situation, bien qu'il ne serait pas surprenant qu'Alice sache déjà tout sur ce qui se passe. Je sais très bien qu'Embry ne m'écoutera pas longtemps et qu'il reviendra avec des renforts, bien que je sois au moins persuadée de ne pas en avoir la nécessité. Je me décale et me dirige dans le salon sans prendre le soin d'accueillir mon père comme il se doit, ou je prends place à la grande table qui trône en son milieu. Mon père entre et vient s'installer en face de moi avec grâce et charisme tandis que les deux femmes qui l'accompagnent restent dehors, laissant la porte entrouverte au cas ou elles devraient intervenir.
- Mégane. Dit-il, comme pour s'assurer de bien connaître le prénom de sa fille.
Je remarque qu'il reste à me parcourir le visage à l'aide de ses yeux perçants, comme si il venait de retrouver au sein de mes traits une chose qu'il n'avait pas vu depuis longtemps.
- Je constate que tu vis dans la misère. Dit-il en détournant subitement son regard sur le décor intérieur de ma maison, comme pour démontrer ses propos. Et qu'en plus, les piteuses manies de Gloria pour la préservation des humains t'ont contaminée.
Il dit cela en reportant ses yeux dans les miens, une nouvelle fois pour démontrer ses dires. A cet instant, je réalise qu'il ne fait que des remarques blessantes et agaçantes. Je décide de ne pas me laisser marcher sur les pieds et de me reprendre en main, je ne me suis jamais laisser faire et ce n'est pas aujourd'hui que cela va prendre ses habitudes. D'autant plus qu'il n'a aucun droit de porter de tels jugements.
- Désolée d'avoir des « Piteuses manies » et de vivre dans « La misère », dis-je en soulignant agressivement ses propos, mais il fallait bien que quelqu'un m'élève pendant que tu planquais tes fesses dans ton trou à rat! Claquais-je d'un ton détaché et qui se voulait amère.
Après avoir répondue d'une telle façon, je m'attends à ce qu'il me sermonne ou qu'il me reprenne, ou dans le pire des cas qu'il m'attaque pour l'avoir offenser d'une telle façon, mais rien. Il se contente de s'appuyer sur un coude contre l'accoudoir de la chaise et de plisser les yeux, comme si il voulait m'étudier d'avantage. Il finit par laissé échapper un doux rire qui me paraît étrangement jolie et terriblement captivant.
- Tu es bien le portrait craché de ta mère, Mégane. Constate t-il.
J'ouvre des yeux globuleux de surprise lorsqu'il proclame cela et je sens des étoiles de bonheur éclater dans tout mon être. Je ne m'y attendais vraiment pas, mais d'un autre côté, je suis heureuse de savoir que je ressemble à ma mère. C'est alors que mes pensées me regagnent et que je reviens à la réalité.
- Mais je ne suis pas venu ici aujourd'hui pour parler de cela, mon enfant. Reprend-il d'un ton très solennel. Depuis toujours, je te regarde. Les visions bien qu'endommagées que j'ai eu de toi m'ont permis d'apprendre ton évolution au fil du temps, explique t-il sous mon air interloqué, et je suis venu ici aujourd'hui car j'ai besoin de toi à mes côtés.
Je suis abasourdie par ce que me raconte cet homme. Ainsi donc d'après ses propres propos, il aurait le même dont qu'Alice? Et depuis tout ce temps il n'a jamais daigné venir me voir? Alors que ce genre de pensées fulminent d'elles mêmes dans ma tête, une information vient me frapper. Il doit beaucoup m'en vouloir pour la mort de ma mère. Il doit même me haïr, et je ne peux m'empêcher de penser que le fait qu'il soit un jour venu me voir, privé de sa rancœur et de sa haine, est déjà un grand miracle, bien que je le soupçonne de venir pour une bonne raison.
- Tu as un don particulièrement intéressant, Mégane, et je te veux dans ma garde. M'annonce t-il d'un ton très clair et très inflexible.
Chacun de ses mots cheminent une voix jusqu'à ma raison, et lorsque je réalise ce qu'exige mon père de ma personne, un frisson étrange me parcours...
P.O.V Bella :
- Alice, il y a un problème?
Jasper a demandé cela avec tant d'inquiétude qu'il en est presque complètement étranglé. Nous sommes à la maison, mais malgré la joie que nous avons éprouvés à revoir Nessie et Jacob, la vision actuel d'Alice et l'inquiétude lisible que le visage d'Edward exprime me pousse à resserrer ma main dans celle de ma fille, pour la protéger d'une menace invisible.
- C'est Mégane, elle a des problèmes! S'alarme Alice.
Lorsque ses mots assaillent mes oreilles, un sentiment irrépressible d'angoisse me submerge. Il est clair pour nous tous que Mégane est une amie précieuse. Tandis que je demande alarmée ou se trouve Mégane, Edward semble avoir d'autre problèmes.
- Attendez, souffle bruyamment Edward, d'autres vampires arrivent ici.
Le calme presqu'apparent sur son visage ne parvient même pas à réprimer son appréhension. Alors que personne ne s'y attend, un vampire aux longs cheveux bruns sort de nulle part et à toute vitesse, vient s'installer sur le canapé du salon. Tout le monde recule brusquement de façon à s'éloigner un peu de lui et je fais glisser Nessie derrière Jacob, Edward et moi même pour la protéger. C'est alors que son visage me frappe et que son nom me revient en mémoire.
- Bonsoir, mesdemoiselles et messieurs. Annonce ce fameux Dante.
Carlisle ne semble pas paniqué outre mesure, bien qu'il reste sur ses gardes.
- Que nous vaux votre visite, cette fois-ci? Demande poliment Carlisle.
- Nous ne faisons que passer. Répond une voix juste derrière nous.
Je me retourne en même temps qu'Edward et Jake et la même surprise nous envahis lorsque nous découvrons l'acolyte de ce Dante, Gwen si je me souviens bien des dires de Mégane. Instinctivement, je me projette devant Nessie et je fais face à cette vampire, en sachant pertinemment que quelque soit son don, elle ne pourra rien contre moi.
- Ne t'approches pas de ma fille. Je l'avertis méchamment.
- Drapeau blanc, cocotte! Lâche cette Gwen à mon attention en levant les bras, signe de sa neutralité. Hadrien est actuellement chez Mégane...
- Alors, sur son ordre, nous venons simplement nous assurés que vous ne gâcherez pas les réjouissances. Poursuit la familière voix de Celeste, désormais assise sur le piano.
Il y a deux autres hommes dehors, mais je ne parviens pas à repérer d'autres vampires aux alentours, et à en voir la tête d'Edward, il n'y en a sûrement pas d'autres. Je fixe tour à tour chacun des vampires ennemies présents dans la pièces, afin de m'assurer que leurs intentions sont honorables.
- Comment être sûr que cet Hadrien, dit Carlisle, ne va pas s'en prendre à Mégane?
Je crois bien que Carlisle vient de poser la question que tout le monde se posait intérieurement.
- Si Hadrien avait voulut votre mort ou celle de cette pauvre truite, répond Gwen d'un ton amusé, on ne serait pas en train de parler.
J'avoue qu'elle marque un point, et étrangement, je sens que cet Hadrien n'est pas venu pour se battre. Il cherche peut être simplement à parler à Mégane. Mais quel est le lien qu'il l'unit à elle pour exiger une telle requête?
- Et en plus, on aurait pas massacrer les pauvres louloups dans la forêt... Ajoute Celeste en riant.
Tout le monde semble choquer par ce que raconte cette femme, même si il paraît évident qu'elle ne parle pas des meutes de La Push. Je vois Jake arborer un visage très surprit. Nous ne savons pas de quoi il retourne, car Alice ne perçoit pas de visions en rapport avec l'avenir des loups, mais je sens que cette histoire ne va pas me plaire.
- Qui est Hadrien et pourquoi veut-il parler à Mégane? Demande Emmett.
Les regards de Gwen se perdent soudainement sur Dante. Ce dernier prend une grande inspiration, bien qu'il n'en ai pas besoin, et prend la parole afin de répondre.
- Hadrien est à l'origine de notre clan. Déclare Dante. Il est au moins aussi vieux qu'Aro, et d'ailleurs, on raconte qu'ils auraient été ennemis durant leurs existences humaines.
Soudain, tout le monde semble captivés par ce que raconte ce vampire. Nous prenons tous, malgré tout, le soin de rester sur nos gardes et je ne lâche pas les deux autres femmes des yeux.
- Je n'ai jamais entendu parler d'un tel vampire. Intervient Edward.
- Tout comme tu n'as jamais entendu parler du clan « Velleck ». Répond Gwen en souriant mesquinement.
- Grâce à son pouvoir, Hadrien a toujours su nous préserver de l'influence des vampires.
Edward semble se perdre dans le vague, avant de reprendre.
- C'est un visionnaire, mais sa perception est plus grande que celle d'Alice. Dit Edward.
- Les Volturi vous auraient éliminés si ils connaissaient votre existence. Je reprends.
- Oui, mais seulement ce jour n'est pas encore arrivé. Rétorque Dante. C'est pourquoi nous vous demandons de faire preuve d'une grande discrétion à notre égard. Poursuit-il. Les Volturi sont sans pitié, et je doute qu'Aro ne tente pas de s'en prendre de nouveaux à vous. Une nouvelle querelle serait regrettable.
- N'ayez crainte, intervient Carlisle, nous ne dirons rien à votre sujet.
- Voilà qui me comble de bonheur! Dit Gwen, avant de rire à gorge déployée.
Je ne quitte pas la main de ma fille car je n'ai aucune confiance en ces vampires et lorsque mes yeux croisent ceux de Jake, il n'en faut pas plus pour communiquer. Si les choses tournent mal : Il protégera Nessie, comme la dernière fois.
Il est devenue le rempart insurmontable pour les ennemies de ma fille, et je lui en suis reconnaissante.
P.O.V Mégane :
Je n'en reviens toujours pas. Je suis à la fois atterrée d'entendre cela de sa bouche, et je suis bouleversée. Je ne comprends pas comment il ose venir ici uniquement pour se servir de moi.
- Comment peux-tu te supporter? Je lui demande, la voix tremblante d'émotions. Tu ne prends même pas la peine de faire connaissance, de te présenter et tu m'annonce déjà que tu n'es venu jusqu'ici que pour te servir de moi?! J'aurais préférée ne jamais te rencontrer! Je lâche en le toisant.
Il ne bouge pas, ne parle pas et ne fais rien. Je ne sais même pas si ces paroles le touche, mais ce n'est pas leur but. Il se contente de me fixer de son regard profondément bouleversant et insistant.
- Je voudrais que les choses soient claires entre nous, Mégane. Me dit-il d'un ton très froid. Je ne t'aime pas.
Il dit cela tout en me regardant dans les yeux. Cela me fait l'effet d'une bombe, même si une partie de moi s'y attendait. Je sens mes larmes se dévoiler, mais je les ravales du mieux que je peux, car je tente de rester forte.
- Je ne supportes, ni ta présence, ni ton odeur, Poursuit-il sur le même ton, et le seul fait que tu sois encore en vie témoigne de l'énormité de ma clémence.
Je ne baisse pas les yeux, je veux me souvenir de ce visage lorsque je repenserai à mon père et à ses odieuses paroles. Une partie de moi le haïssait, mais je vois aujourd'hui que ce que j'éprouve à son égard n'a rien à voir avec la haine. Cela dépasse l'entendement.
- Cependant tu es ma fille, que je le veuille ou non, et tu as un don très puissant. J'ai besoin de toi. Dit-il en se mouvant légèrement. Maintenant, si tu souhaites connaître mon identité, mon nom est Hadrien. Achève t-il.
A cet instant, j'ai envie de lui sauter dessus et de laisser ma rage éclater pour retenir la satisfaction de pouvoir lui briser chacun des os, mais rien ne se passe. Au moins, la situation est claire et il n'y a pas d'ambiguïté : Il me tolère, juste. Je tourne la tête sur le côté, cherchant un échappatoire à cette situation. Après quelques instants, je décide finalement de me montrer plus entreprenante en regagnant un ton glacial.
- Je veux que tu répondes à quelques questions. Je lui annonce.
- Tes petits jeux ne m'amusent pas, j'ai vécu bien trop longtemps pour cela. Répond-il.
- Alors la porte est grande ouverte. Je rétorque, toujours sur le même ton.
Il semble hésiter quelques instants en me fixant, mais il semble se rendre compte que mes propos sont avérés. Je dois dire qu'en ce moment, je serre les fesses car je ne sais vraiment pas de quoi est capable Hadrien.
- Bien, soupire t-il bruyamment, que souhaites tu savoir?
- Pourquoi tu me détestes? Je lui demande.
- Tu es l'engeance qui m'a privé de la seule femme que je n'ai jamais aimé. Répond-il avec mépris. Cependant, le dernier vœux de ta mère était que je te protège. Poursuit-il amèrement. Comme je ne pouvais chérir la chose qui m'a pris ma raison d'être, je t'ai confiée à cette folle de créature qu'est Gloria, et je vois qu'elle a plutôt accomplit sa tâche avec échéance, vu le nombre de fois ou tu t'es retrouvée en danger.
Je fais abstraction de ses propos, mais si il y a bien une chose qu'on ne peut lui enlever, c'est qu'il ne manque pas de répartit. J'obtiens les réponses que j'attends depuis longtemps et j'en suis forte aise.
- Pourquoi tu ne m'a pas prise avec toi lorsque j'étais plus jeune? Je lui demande. Cela t'aurais évité d'avoir cette longue conversation ennuyeuse pour me convaincre de te rejoindre.
- Bien avant que tu naisse, dit-il, j'ai vu ce que tu deviendrais. Tu ne maîtrise pas encore ton don, alors comme tu n'a eu conscience de ton pouvoir il y a peu, tu ne m'aurais été d'aucune utilité auparavant. Explique t-il d'une voix sans faille.
- Comment était maman? Dis-je sans distinction.
Brusquement, je le vois hésiter à me répondre et ma « mère » semble être le seul sujet qui puisse le mettre mal à l'aise.
- Elle était, belle, intelligente, Décrit-il, et en cela tu lui ressembles beaucoup. Me dit-il.
Je ne comprends plus! Cet homme est un parfait paradoxe entre la haine et l'amour! Je ne sais pas trop sur quel pied danser avec lui. Je le vois secouer la tête imperceptiblement pour se redonner contenance, puis reprendre la parole.
- Assez tergiverser! S'impatiente t-il. Je ne saurais te forcer à venir avec moi, alors que dis-tu de ma proposition?
Je suppose qu'il ne souhaite pas m'enrôler de force dans sa garde, cela n'aurait aucun intérêt, pour lui. Je peux aisément lire dans son regard et dans le ton que prend sa voix que je ne tirerai rien de plus de lui. C'est dommage, j'avais tellement de questions à lui poser, mais manque de chance, mon père reste un être très peu bavard, j'en conviens. Je plante mon regard dans le sien, et même si je suis toujours intimidée par la persistance de son regard et la grandeur que dégage sa présence, je ne défaille et lui réponds, confiante.
- Non. Je ne viendrai pas avec toi, désolée de te décevoir.
Il ne semble pas très surpris, et bien qu'une pointe de dédain puisse se lire sur son visage, je devine qu'il a déjà eu l'occasion d'assister à cette scène de par ses visions. Je n'ai pas l'intention d'abandonner tout ce que j'ai pour rejoindre Hadrien, un homme que je ne connais même pas et qui me déteste, par dessus le marché.
- Je m'attendais à cela. Dit-il, sans perdre son air de confiance absolue. Mais saches que cette vie n'est pas la tienne, Mégane. Tu as un avenir meilleur qui n'attend que toi, chez moi.
- Quoi? Pour devenir une meurtrière et livrer des combats contre tes ennemies dés que tu m'en donneras l'ordre? Dis-je amèrement. Je préfère encore croupir ici auprès de ceux que j'aime.
- Oh, je vois. Dit-il en soupirant presque de désolation. Tu t'es éprises de cet animal qui était chez toi. Tu vis dans un monde qui ne t'appartiens pas, chère enfant, mais n'aie crainte, poursuit-il, d'ici fort peu de temps tu penseras comme moi.
Je le vois se lever, toujours accompagné de son immense grâce et je le vois se diriger vers la porte. Au dernier moment, une dernière question me vient à l'esprit, alors je me lève brusquement pour prendre le temps de lui poser.
- Pourquoi tu nous a sauvés des loups? Je lui demande, mais cette fois-ci sur un ton bien plus doux.
J'ai un peu peur de sa réponse, mais je ne comprends pas pourquoi il tient tant à me garder en vie. Je voudrais croire qu'il fait cela uniquement dans le but de pouvoir se servir de moi, mais quelque chose me pousse à croire en un comportement moins méprisable. Hadrien ne prend pas la peine de se retourner et il reste dos à moi.
- Ne te fais pas d'illusions, dit-il d'un ton sec, je n'ai fais cela que dans mon intérêt...
Il continue alors de marcher et lorsqu'il va pour passer la porte, il poursuit sa phrase.
- Et te garder en vie, est pour l'instant, la seule chose qui compte à mes yeux.
Puis il s'en va, me laissant seule dans le salon, toute bouleversée et complètement déboussolée. Je cours instinctivement vers la porte, mais lorsque je l'ouvre, il n'y a plus personne à l'horizon, ils ont disparus. Je referme doucement la porte, et je vais m'asseoir tant bien que mal sur le canapé. Je n'arrive pas à me détendre, c'est pourquoi je reste raide et droite sans la moindre possibilité de relaxation. Aujourd'hui, mon père a débarqué chez moi à l'improviste et m'a brisé le cœur de mille façons. Néanmoins, je veux croire que la dernière phrase qu'il a prononcé avant de partir ne s'adresse pas à moi d'une manière désobligeante. J'ose espérer qu'il tient à moi, ne serait-ce qu'un peu, et que ses paroles ne sont que le fruit d'un masque de haine et de rancœur qu'il s'est construit au fil du temps. Je n'arrive pas à pleurer, sans doute parce que je ne m'attendais pas à des effusions de joies lorsque je l'ai vu, mais je dois dire que désormais, je me sens malgré tout apaisée, notamment pour avoir rencontré mon géniteur et pour le fait d'avoir éclaircis comme il se doit la situation entre nous.
J'entends soudainement frapper à la porte alors je vais ouvrir, sans conviction. Je découvre un Embry, inquiet et alarmé devant ma porte. Je constate que les autres loups ne sont pas là, pourtant, je suis sûr d'avoir flairée leur présence il y a un instant. Ils sont sans doute partis, ne voyant aucun danger se profiler à l'horizon. Je pris simplement pour qu'ils ne se lancent pas à la poursuite de Hadrien.
- Tout va bien? Ils sont partis?
Sa dernière phrase résonne inlassablement dans mon esprit. Oui, ils sont partis, et avec eux tout tout un océan de questions auxquels je voulais des réponses, mais peut-être devrais-je me contenter de ce que j'ai obtenue aujourd'hui.
- Oui... Dis-je hésitante. Oui, ils ne sont plus ici.
Dés qu'il entend cela, il n'attend pas plus d'une seconde pour me prendre dans ses bras et me serrer contre lui d'une manière tendrement amoureuse et soulagée. Je resserre moi aussi mes bras autour de son corps musclé, afin d'approfondir le contact entre nous. Je respire doucement son odeur, et l'échange qu'il me donne en cet instant est la seule chose dont j'ai besoin. Nous restons comme cela, sans parler tandis qu'il pose finalement sa tête sur mon crâne, dans un geste protecteur. Nous ne parlons pas, comprenant que les mots n'ont pas leurs places ici et savourant cet instant comme à chaque fois. Je ne sais pas ce que je ferais sans lui. Il dépose un doux baiser sur mon crâne et il me dit que l'on devrait peut être se rendre à la réunion qui a lieu chez les Cullen. J'acquiesce à contre cœur, puis je l'informe que je monte me préparer, je ne peux pas décemment rester dans cette tenue qui commence a devenir insalubre. Je me douche rapidement et m'habille tout aussi rapidement. Lorsque je descends, il est là, appuyé contre le mur, son regard toujours aussi admiratif et désireux, projeté sur moi. Il me prend la main et c'est ainsi que nous nous rendons chez les Cullen, à pieds, afin de profiter un peu plus de chaque instant tout les deux. Même si l'histoire avec Hadrien me prend lourdement la tête, la seule présence d'Embry parvient à me débarrasser de ces inquiétudes et de ces tourments.
Je sais qu'il est peut être déplacé de dire une telle chose, mais dans le malheur qui m'a frappée, j'ai rencontrée un bonheur dont je ne pourrais certainement jamais définir les limites...
