Vous savez quoi, chers lecteurs ?
Mon karma est aussi pourri que celui de Nico en ce début de nouvelle année scolaire.
Il y a une invasion de blonds dans mon lycée !
Mais bon, le principal c'est que j'ai retrouvé mes amis^^
Et vous, votre rentrée ? ça s'est bien passé ?^^ Comment vous allez ?
Sinon, petit résumé du chapitre : la suite, vous allez savoir ce qu'est devenue Bianca bien sûr, mais le plus important c'est ce que ressentira Nico^^. Je vous préviens : le karma pourri n'est jamais très loin^^
LEÇON 9 : …tombe.
Une forme laiteuse était apparue. Nico n'en croyait pas ses yeux. Il avait cru un instant avoir perdu sa faculté à voir les fantômes. Mais celui-là n'était pas sa sœur. Il le reconnaissait. C'était celui qui avait répondu au nom de Philibert dans le couloir.
- Où est ma sœur ? parvint à articuler Nico.
Sa crise de panique avait pris fin à l'arrivée de l'ectoplasme.
- Je suis désolé, Monsieur Di Angelo. Mademoiselle Bianca m'a chargé de vous transmettre un message.
Nico était pendu à ses lèvres. Qu'était-il arrivé à Bianca ?
Le fantôme reprit :
- Mademoiselle Bianca ne voulait pas que vous ayez de la peine. Elle savait qu'elle comptait beaucoup pour vous. Et vous comptiez beaucoup pour elle aussi. Mais…
- Mais quoi ?! Où est-elle ?! s'emporta Nico
- Elle a choisi de se réincarner. Elle a quitté l'Elysée hier quand une petite fille est née. Quand elle a vu qu'elle ne pourrait pas vous faire part de son choix elle-même, comme elle en avait l'intention aujourd'hui, elle m'a chargé de ce massage. Elle veut que vous sachiez qu'elle est désolée d'être partie comme cela, qu'elle vous aimait. Et elle vous demande de ne pas lui en vouloir. Ni à elle, ni aux responsables de l'accident. Elle vous dit que pardonner est votre plus grande qualité.
Nico était sous le choc. Il n'y croyait pas. Bianca n'était pas venue. Elle s'était réincarnée. Elle ne viendrait plus jamais. Et il ne la reverrait plus jamais. Un vide immense remplaça son cœur. Le tonnerre gronda à ce moment-là, comme un écho à sa colère. Oui, parce-qu'il était en colère. Contre les responsables de ses malheurs. Et contre elle. Il lui en voulait. Il lui en voulait de l'avoir abandonné. Même si elle lui avait dit de ne pas.
S'en était trop. Il explosa en larmes alors qu'il se mettait à pleuvoir.
C'était la deuxième fois qu'il la perdait.
Il était certain que cette fois il ne s'en remettrait pas.
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Le temps avait filé.
Mais Nico était incapable de bouger de sous l'amandier.
Les larmes avaient cessé au moins. Il avait épuisé le stock.
Son cœur était un peu plus léger maintenant. Il avait réfléchi. Longtemps. A ce que lui avait dit Bianca. Ne pas lui en vouloir. Ni à elle, ni aux responsables. C'était dur. Mais si c'était sa dernière volonté et Nico essayerait de la respecter. Du mieux qu'il pourrait.
Le fantôme était partit. Heureusement.
La pluie avait cessé pour un moment. Nico regarda l'heure sur son portable. 15h32. Dans une demi-heure, sa classe sortirait de maths. Il avait tout le temps d'aller à la bagagerie prendre sa valise et partir. Il mit sa capuche et retourna au collège.
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Il n'avait pas envie d'écouter de la musique. Mais il n'avait pas envie de se retrouver confronté à ses pensées non plus. Alors il vissa ses écouteurs. Il ne savait même pas s'il pourrait s'endormir dans le train.
Finalement si. Pleurer toutes les larmes de l'Univers l'avait fatigué plus qu'il ne l'aurait cru.
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- Hey, p'tit gars !
Nico se réveilla en sursaut. Mr Terminus venait de le secouer.
- On est arrivé, fit-il.
Nico ne lui adressa qu'un signe de tête en guise de remerciement et fila sur le quai. Il se sentait vaseux. Hazel courra vers lui mais s'arrêta dans son geste de le serrer dans ses bras en voyant sa tête.
- Ça va ? s'enquit-elle.
Nico secoua la tête.
- Je crois que je suis malade.
- Rentrons vite au chaud alors, mon grand.
Nico n'osait pas se l'avouer mais il avait bien envie qu'on prenne soin de lui en ce moment. Et la proposition de son Oncle était la bienvenue. Il avait un peu pris froid sous la pluie dans le cimetière…Cette fois il ne dit rien quand son Oncle Jules-Albert pris sa valise. Nico ne dit rien de tout le trajet en voiture.
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- Allonge-toi sur le canapé mon grand. Je m'occupe de monter ta valise.
- Mais non, Oncle Jules. T'embêt…
- Tu es malade : Tu vas te reposer. Moi, je m'occupe de ta valise, je te dis.
Nico n'eut pas la force de répliquer et s'exécuta. Hazel lui apporta un plaid en laine et s'agenouilla près de lui. Elle posa la paume de sa main sur le front de Nico.
- Tu es chaud, lui dit-elle.
Oncle Jules arriva au salon.
- Je vais te préparer un thé, mon grand.
Hazel ne le quitta pas d'une semelle. Peut-être s'imaginait-elle qu'il allait se dissiper, se fondre dans les ombres. Nico voyait dans ses yeux qu'elle était inquiète pour lui.
- Je vais bien, lui dit-il pour la rassurer.
- Non, je le vois bien. T'es tout pâle et tu as sans doute de la fièvre.
L'Oncle Jules revint avec une tasse de thé fumante sur un plateau. Nico se redressa dans le canapé. Son Oncle posa le plateau sur ses genoux.
- Repose-toi, lui recommanda-t-il avant de s'éclipser dans la cuisine.
Hazel était resté à côté de lui. Nico bu le thé à la camomille préparé par son Oncle et il s'endormi rapidement après.
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Ses rêves n'étaient pas réjouissants. La barrière qu'il avait érigée pour se protéger des souvenirs traumatisant de l'accident venait de partir en fumée avec le fantôme de sa sœur. Sa famille de sang avait été décimée dans un accident de voiture.
Ils revenaient – lui, sa mère et sa sœur – d'un petit séjour dans un hôtel avec leur père. Celui-ci était resté sur place pour terminer un contrat, eux avait pris la route en début de soirée. Ils roulaient de nuit. Ils allaient bientôt arriver quand une voiture avait foncée sans marquer l'arrêt au feu.
Mais la voiture de leur mère était déjà engagée…
La vitesse de collision l'avait rapproché trop près de la bordure donnant sur le fleuve. Le choc avait renversé la voiture. Et elle avait dégringolé. Nico s'était cogné la tête violemment plusieurs fois et des bris de verres étaient rentrés dans la peau de ses bras et sur son flanc droit. La force de l'eau l'avait cloué à son siège et elle avait rempli l'intérieur de l'habitacle en moins de temps qu'il n'en faut pour crier à l'aide. Le reste était plus flou.
Une forme humanoïde nageait à côté de la voiture. Une sirène ? Mais Nico n'arrivait plus à bouger. Il ne pouvait pas lui signifier qu'il était vivant. Et il ne savait pas encore pour combien de temps il le serait encore. Ses yeux s'étaient finalement fermés sur des volutes rouges qui montaient devant ses yeux. Il sentit qu'on lui saisissait la main et il eut assez de force pour la serrer avant qu'un noir complet se fasse.
Il avait toussé évacuant l'eau de ses poumons. Et lorsqu'il avait rouvert les yeux tout lui semblait lumineux. Des lumières oranges clignotaient un peu partout. Un visage inconnu était penché sur lui. Il n'avait pu distinguer que deux choses avant de retomber dans les pommes. Des cheveux noirs ruisselants et des yeux verts océan.
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Nico se réveilla en sursaut. Il inspira bruyamment de l'air comme pour s'assurer qu'il était tiré d'affaire. Son cœur battait à tout rompre.
- Ça va ? fit Hazel.
Nico hocha la tête et se rendit compte qu'il lui tenait la main. Il la relâcha instinctivement comme s'il s'était brûlé.
- Tu as fait un cauchemar ?
Nico hocha la tête et fut parcouru d'un frisson.
- Tu veux m'en parler ?
Nico hésita mais se décida.
- C'était l'accident.
- Ça faisait longtemps.
Mais ce n'était pas le plus déconcertant. Ce souvenir l'avait laissé tranquille ces six derniers mois et revenait tout à coup. Mais avec une nouvelle fin cette fois. D'habitude Nico se réveillait de son rêve quand tout devenait noir et qu'il saisissait la main de la sirène. Là, il avait eu la suite. Et c'était le plus troublant. Était-ce purement du rêve ou un fragment de souvenir ? Dans le premier cas cela n'avait pas grande importance. Percy avait le droit de sauver Nico de la noyade – même si Nico détestait être la princesse en détresse. Dans le second cas…Percy l'avait vraiment sauvé de la noyade. Et il lui devait sa vie. Mais qu'est-ce qu'il faisait là en pleine nuit ?
- Tu veux quand même en parler ? a fait Hazel.
Nico secoua la tête.
- Rendort-toi alors. Ne reste pas sur ça. Je suis là.
Comme pour le prouver, elle pressa sa main dans la sienne. Nico se sentit un peu apaisé. Il reposa sa tête sur les coussins du canapé et ferma les paupières. Il sentit la main d'Hazel quitté la sienne. Il ne voulait pas. Il l'a retint. Il ne voulait pas qu'une sœur le quitte encore.
Une sœur. Mais bien sûr. Hazel était autant sa sœur que l'était Bianca. Bianca n'était plus là depuis longtemps. Son fantôme n'était pas totalement elle. Il avait son apparence, sa voix, ses paroles et son sourire mais pas sa chaleur. Il aurait dû s'en apercevoir plutôt. Et faire son deuil au lieu de la retenir et de la contraindre dans un monde qu'elle avait déjà quitté quatre ans plutôt. Hazel était vivante et il devait en profiter tant qu'elle était encore là. S'occuper d'elle comme il aurait dû le faire.
Ses quatre dernières années, il avait trop vécu dans un cimetière. Ni parmi les vivants, ni parmi les morts. C'est comme ça qu'il se voyait depuis l'accident. Dans un entre-deux instable. Il avait trompé la mort, avait réchappé de l'accident – et des heures chez un psy pour qu'il arrête de culpabiliser à cause de ça – mais il ne se sentait pas vivant pour autant. Son cœur était mort.
Sauf quand il retrouvait sa nouvelle famille. Son Oncle Jules-Albert et sa sœur Hazel. Là, il le sentait battre, bien vivant. Comme avant.
Je vous embrasse,
La Gravité^^
