Hello ! La suite enfin postée ! Je vous laisse profiter de ce chapitre ! ;)


Chapitre 22 : Douleur.

P.O.V Mégane :

Je lâche finalement mes sacs au sol, sans y prêter plus d'attention que nécessaire. Les yeux de Gloria, pris au dépourvues, transpercent les miens dans quelques instant d'irréalités soudains. Elle finit par s'avancer vers moi sans même que je réagisse, et je sens ses bras glacials me serrer contre elle d'une façon à laquelle je n'avais encore jamais goûté. Elle devait penser ne jamais me revoir un jour, que je ne remettrai certainement jamais les pieds ici, et même si je n'en n'étais pas sûr, le destin nous offre toujours des surprises véritablement inattendues. D'habitude, nous n'adoptons que très rarement des attitudes prolixes l'une envers l'autre, mais cette fois c'est différent. Je resserre mes bras autour de son corps pour la rapprocher un peu plus de moi. Sentir sa présence et son odeur me réconforte. Visiblement, elle ne souhaite pas me lâcher, et profiter de cette échange m'empêche temporairement de laisser la tristesse reprendre le dessus. Plusieurs minutes défilent durant lesquelles je ne pense à rien. Bien que cela me fasse beaucoup de bien, nous ne pouvons rester ainsi éternellement. Gloria semble elle aussi le réaliser. Elle rompt notre contact et ouvre enfin la bouche.

- Bienvenue chez toi, ma chérie. Me dit-elle en souriant.

Cette phrase me paraît tellement affectueuse et sincère. Je crois que c'est ce dont j'ai besoin, en ce moment. Je pense très clairement que Gloria s'est aperçue que quelque chose n'allait pas. Pour mon plus grand bien, elle ne me questionne pas tout de suite et attend sans doute un autre moment pour le faire. Je ramasse mes sacs rapidement, entre tandis qu'elle referme la porte derrière moi, puis je me tourne vers elle en me raclant doucement la gorge, une question plutôt gênante sur le bout de la langue.

- Est-ce que ma chambre est...

- Ta chambre est toujours la tienne, ma chérie. Me coupe Gloria. Je n'ai rien touchée, je n'ai pas pu m'y résoudre.

Je lui adresse un sourire très discret, et bien que je ne puisse le lui dire, je la remercie intérieurement d'avoir tenue en état et préservée ma chambre. Je monte les escaliers, qui en y repensant, sont parfaitement différents de ceux que j'avais à Forks. Le bois craque lentement tandis que je monte les marches de l'escalier pour atteindre l'étage. Ma chambre se trouve tout de suite à droite de l'escalier, alors une fois les marches intégralement ascensionnées, je pose délicatement la main sur la poignée et entre dans ma chambre. Un imperceptible sourire s'affiche sur mes lèvres lorsque je remarque que ma chambre n'a en effet nullement été désordonnée, et que chaque chose est toujours à sa place, hormis le mobilier de bureau et les vêtements que j'avais emmener avec moi à Forks. Je pose mes sacs sur le lit correctement bordé, comme à la façon habituelle de Gloria. Je balade quelque peu mon regard sur à peu près chaque choses qui se trouve dans la pièce, et je ne peux empêcher un sourire peu visible de s'installer sur mes lèvres. Les murs sont toujours d'un violet pâle. Le lit deux places qui est toujours là, sa tête contre le mur à côté de la fenêtre. Tant de souvenirs sont inscrits dans cette petite pièce.

- Pourquoi es-tu revenue ici, ma chérie? Tente la voix de Gloria, aussi délicatement que possible.

Sa question me fait un peu froid dans le dos. Je sens que les larmes entasser au fond de moi vont bientôt refaire surface, si le flot de tristesse et de souvenir des événements passés continue de me revenir en mémoire. Les jambes et les bras plus ou moins fragiles dans leurs mouvements, je m'assoies précautionneusement sur le lit. Je peux la voir, les bras croisés, appuyée dans l'encadrement de la porte. Je sens ma gorge se serrer d'avantage lorsque j'essaie de parler à nouveau malgré moi.

- Tu ne veux plus de moi ici ?

Le sourire crispé que je dévoile sans vraiment le vouloir et le ton peu convaincant que je déploie sont tout deux miséreux. Je peux lire dans le regard de ma tante que ma tentative afin d'éviter lamentablement sa question est échouée. Je voulais au moins gagner quelques instants de plus, avant de lui avouer.

- Tu sais très bien que non, je te l'ai dis tout à l'heure. Me dit-elle. Je veux dire, tu semblais plutôt heureuse avec ton loup, alors pourquoi être revenue ici ? Me demande t-elle en venant s'installer à côté de moi.

Je tourne le regard à gauche, je ne veux pas rencontrer son visage, car je sais qu'il n'est pas dispensé de compassion. Je sens peu à peu les larmes monter, et d'avantage encore lorsque je sens la main de Gloria me frotter le dos dans un élan d'encouragement.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Continue t-elle.

Je baisse la tête légèrement, mon regard rencontrant ainsi le bois clair du sol très salubre. Les larmes perlent encore et roulent sur mes joues.

- Il m'a trompé. Avoue-je amèrement. Embry m'a trompé.

C'en est assez, et je ne peux supporter de m'entendre à haute voix avouer la naïveté et la stupidité dont j'ai fais preuve. Je fonds immuablement dans ses bras. Le sentiment de profonde tristesse que je ressens depuis que je l'ai vu avec Jean me submerge de nouveau. Peut être qu'il ne m'a pas trompé, mais que ce serait-il passé si je ne les avais pas interrompus ?! L'affliction paralysante, la détresse dont je suis la victime reviennent m'asservir, si bien que je ne suis pas sûr de m'en remettre un jour.

- Oh, ma chérie, je suis tellement désolée. Me dit-elle. J'aurais tellement voulus t'éviter ça...

Ses paroles me font du bien. Je parviens à l'entendre imperceptiblement bougonner quelques paroles injurieuses, fidèles à son caractère de protectrice. Elle trouve toujours les mots, même si cela n'apaise en rien ma peine. Comment vaincre une telle douleur lorsqu'on est incapable de se battre ?

La ville est désormais plongée dans l'ombre de l'orage grandissant, tandis que j'entends les millions de gouttes frapper la maison dans une mélodie apaisante. Blottis dans les bras de Gloria telle une enfant, je suis perdue.

P.O.V Embry :

Couché sous ma forme lupine au fin fond de la pénombre d'une grotte de la forêt, je ne suis plus rien. Cela fait trois jours que je suis amorphe, sans possibilité de me mouvoir ou de parler à ceux qui tentent de communiquer avec moi. Je n'ai pas repris forme humaine depuis qu'elle est montée dans cette avion, et je ne reprendrai très certainement jamais forme humaine. La douleur est trop intense. J'ai tenté de lui expliquer, mais rien n'y fait. Elle ne veut plus me voir et c'est normale. Je l'ai trahit de la pire des manières. J'ai voulus la rattraper à l'aéroport de Seattle, mais il était trop tard. Elle est partie et rien ne la fera revenir auprès de moi. Pourtant, je ne peux plus vivre sans elle. Plusieurs fois j'ai été tenté de la rejoindre en France, mais il faut se faire à l'évidence : L'idée même de moi la répugne au plus haut point, et j'en suis entièrement responsable. Par ma faute, la plus belle chose que j'ai connu sur cette Terre est désormais flétrie et malheureuse. Je n'arrive plus à vivre depuis qu'elle est partie, je ne mange presque pas et ne dors pas. Mégane me manque cruellement, et elle hante mes pensées le jour, comme la nuit. Seule elle pourrait me rendre de nouveau heureux, mais je n'ai pas le droit de la revoir, je lui ai déjà fais trop de mal. Je m'en veux tellement. Je me suis imprégné d'elle et malgré l'amour éternelle que j'éprouve pour elle, je l'ai abandonné. Je ne suis rien sans elle. Comment ai-je pu faire cela ? Je ne veux pas la faire souffrir, je ne veux que son bonheur mais je l'ai blessé deux fois déjà. La première fois fut lorsque je l'ai attaqué, et la deuxième lorsque je l'ai trompé, ou tout du moins j'ai faillis. Je ne veux rien d'autre que la voir sourire. Mais par ma faute, elle souffre. Si je le pouvais, je reviendrais en arrière et je tuerai Jean sans hésiter, mais je ne peux pas. Je n'ai même plus la force de me préoccuper de cette pourriture. La Cullen lutin a raison lorsqu'elle dit que je ne la mérite pas, car je ne la mérite absolument pas. Jacob et les autres de la meute tentent de me consoler et de me soutenir, mais rien ne sera plus pareille sans elle. Je ne pleurs plus, car je n'en ai plus la force. La douleur est incommensurable. La tribu n'a jamais connue de loup infidèle envers son imprégnée, je suis le premier. Je revois son visage, son regard anéantit lorsque j'ai croisé ses prunelles si magnifiques. Avant de rencontrer l'amour de ma vie, j'avais toujours rêver d'imprégné une fille, belle et intelligente. Forte et combative. Je n'avais pas prévu d'imprégné une hybride, mais Mégane était tout ce qu'il y avait de mieux dans ma misérable existence. Ma vie avec elle était parfaite, mais j'ai tout perdu par ma faute. Je me hais profondément pour lui avoir fais du mal.

Je ne sens plus ni mes jambes, ni mes bras à force d'adopter la même position. Couché en boule, le regard vidé d'expressions. J'ai l'impression d'être seul dans cette grotte. Seul avec ma peine et ma punition de solitude pour avoir fais du mal à Mégane. Dans ce trou qui est ma pénitence, je suis seul avec ma douleur. C'est un destin parfaitement enviable pour ce que j'ai fais.

Un jour. Deux jours. Trois jours. Quatre jours, puis cinq. Une semaine, et encore une autre passent, durant lesquels je ne vis plus. Du moins, je ne sors que de temps en temps de cette caverne afin de me rendre à la lumière du jour pour me dégourdir les pattes. Je me nourris et bois de temps à autres, car l'espoir qu'elle revienne un jour vers moi est toujours présent, aussi mince soit-il. Je parviens aussi à dormir un peu quelques fois. Jake et Quil tentent souvent de me parler, ou de communiquer avec moi dans le but de mes sortir de cette souffrance, bien qu'ils savent en tant que loups imprégnés qu'il est impossible de supporter la souffrance, mais ils ne tirent aucune pensée de moi. Seules quelques grognements leurs font signe que je suis léthargique, mais pas résolu. Je sais très bien qu'ils s'inquiètent pour moi, mais je ne peux pas leur donné ce que je suis incapable de leur accorder. Jake et Quil vont parfois entretenir ma mère de mon état de santé, et je les en remercierais, si je le pouvais. Quelques fois, ce sont Sam, Seth ou encore Paul qui viennent me voir, mais comme les autres, ils sont accueillis de la même façon. Seule l'image de Mégane frappe leurs esprits lorsqu'ils sont près de moi, tout comme le mien, en permanence. De ce que j'ai vaguement pu comprendre des pensées de Jake que j'ai pu lire malgré moi, les Cullen sont aussi affectés par le départ de... Mégane. La petite Cullen, Alice, m'en veut beaucoup, et elle n'a vraiment pas tord dans le fond. Renesmée est triste, Bella aussi, mais les parents Cullen diffuse l'idée que ce n'est pas de ma faute, qu'elle a fait son choix.

J'ai pu lire aussi que Jean est toujours en vie, et est partie. Je n'ai pas eu la force de la tuer après son départ, d'ailleurs, son sort m'indifférait fastueusement. Lorsque tout le monde semblait d'accord pour la tuer, les parents Cullen se sont interposés, prétextant ne pas vouloir versé plus de sang, qu'elle est inoffensive. Dans le peu de lucidité qu'il me reste, je sais que Jean reviendra une prochaine fois, mais ce sera la dernière. Cette fois, je la tuerai. Pour ce qu'elle nous a fait, à moi et à Mégane.

Je peux sentir la nuit se dissiper peu à peu à l'extérieur de ce refuge que représente cette tanière sombre. Je sens le jour se lever, le peu de puissance des rayons du soleil de cet endroit éclaires quand même l'entrée de la grotte. Tout du moins, assez pour que je puisse voir Jake du coin de l'œil, entrer sous sa forme de loup dans la Grotte, le pas peu disgracieux. Mon meilleur ami de toujours s'arrête à ma hauteur, mais je ne daigne pas sortir ma tête du refuge que forment mes pattes. Je peux l'entendre soupirer foncièrement et longuement.

- Tu vas rester ici encore combien de temps ? Pense très fort Jacob à mon égard.

Je ne lui réponds pas et et referme l'œil que j'avais ouvert pour scruter le visiteur qui se rendait ici, dans ma tanière. Quand, encore une fois, les images de Mégane qui sont les miennes traversent son esprit involontairement, je l'entends extérioriser son agacement en soufflant bruyamment. Tandis que qu'il se remet à penser haut et fort, je peux l'entendre grogner.

- Quand est-ce que tu vas te décider à la récupérer ?!

Je ne suis pas un lâche, mais affronter une nouvelle fois la tristesse que propage son regard, et la haine qu'elle me voue serait une épreuve de trop. Supporter une nouvelle fois la culpabilité de sa souffrance en sa présence me ferait sans doute faillir à la vie.

- Alors c'est tout ? Tu ne vas pas te battre pour elle ? Pour ton âme sœur ? Enchaîne t-il sur un ton abasourdi. Tu ne comptes pas réparer tes erreurs ?

J'ouvre légèrement un œil pour le regarder, sans pour autant me mouvoir. Je sais très bien ou il veut en venir, mais je ne peux pas lui demander de me pardonner, c'est trop égoïste.

- Le Embry que je connais n'aurait jamais fais fuir son imprégnée... Je commence réellement à douter de ton imprégnation ! Lance t-il amèrement.

J'ouvre les yeux en grand dans un grognement de protestation. Il me tourne le dos d'une façon dédaigneuse et commence à mettre une patte devant l'autre pour s'en aller. Je me relève brusquement en grognant d'avantage. Je ne sais si la colère que j'endure à cet instant est le résultat des vérités dites de Jacob ou de la tristesse qu'elles engendrent et qui fait surface; Ou bien encore si c'est un savant mélange de toutes les émotions que j'éprouve. Mais je ne le laisserai pas me traiter de lâche. Pas envers Mégane.

Je lui saute dessus sans hésiter, tout crocs dehors. Bien que je sois d'avantage maigre que d'ordinaire, la force que je déploie dans mes mouvements n'en est pas moins pénalisée. Jake tombe à la renverse, mais réussit néanmoins à nous faire rouler jusqu'à la sortie de la grotte. Je prends mes positions offensives en me plantant sur mes quatre pattes, et il fait pareille, sans pour autant nous arrêter de grogner et d'aboyer, parfois. Nous commençons à nous tourner l'un et l'autre autour, tels des vautours. Si quelqu'un arriverait sur le fait, il serait certain que c'est un véritable combat de loups, d'ailleurs, je ne saurais dire si ceci en est un ou non. Cependant, ma voix se fait plus forte que celle de Jake à mesure que je pense et grogne.

- Tu n'as pas le droit de me dire ça ! Je lui hurle aussi fort que je le peux. Tu ne sais pas ce que j'endure ! Je l'aime plus que ma propre vie ! Mais maintenant je l'ai perdu, j'ai tout perdu!

Je crois que ça me fais du bien de vider mon sac, même si ce n'est que par la colère et la rage. Cette fois ci, ce n'est pas moi qui me jette sur lui à pleine vitesse, mais l'inverse. Je parviens tout de même à violemment le repousser au loin, mais nous ne tardons pas à nous attaquer mutuellement une troisième fois. Je le mords à l'épaule, tandis qu'il enfonce modestement ses crocs dans ma patte droite. Je finis par le lâcher par manque cruel de force, et il me jette à terre en prenant soin de se poster sur moi, afin de bloquer mes mouvements.

- Alors reprends-toi et va la chercher! Tu dois la ramener, Embry. Tu n'as pas le droit d'abandonner. Me dit-il en me relâchant.

Ses paroles me font l'effet d'un électrochoc, comme si elles me ramenaient brusquement à la réalité. Il muta sous sa forme humaine, et ne tarda pas à enfiler le short qu'il avait laissé là, non très loin de lui. Une fois ceci fait, il reprit la parole tandis que je me relevais sur mes pattes avec difficulté.

- Tu peux encore réparer tes erreurs, mec. Dit-il d'une voix plus calme.

Ses mots raisonnent dans ma tête comme une mélodie électrisante agréable à écouter, tandis qu'il tourne les talons et s'en va sans prendre la peine de me jeter un dernier regard.

Il a raison. Je le sais, maintenant. J'en suis convaincu, je crois simplement que j'avais besoin de l'entendre. Peut-être qu'il n'est pas trop tard ? Je peux encore la reconquérir. Je peux encore regagner mon bonheur, la seule qui fait de moi ce que je suis. Jacob à raison, en fin de compte. Je dois regagner l'amour de Mégane, et ce à n'importe quel prix. Elle me déteste pour ce que j'ai fais et moi aussi, mais je le jure sur ce que j'ai de plus cher, ça ne se reproduira jamais. C'est Mégane que j'aime, je le sais plus que n'importe qui depuis qu'elle est partie.

Je la retrouverai. J'irai en France, et je ne repartirai qu'avec celle qui m'est destiné. Peu importe le reste.