Il se situe quelques temps après la Leçon 12, Nico est déjà rentré au collège et je vous emmène faire un tour dans le quotidien des Internes^^
COURS DE RATTRAPAGE 3 : La chaleur humaine
Il était près de 22h, un mardi soir d'hiver. L'heure d'étude était terminée depuis une vingtaine de minutes déjà, Nico était en pyjama et peignoir de chambre et se brossait les dents dans la salle de bain. Will venait de prendre son tour de douche. Nico cracha dans l'évier et alluma le robinet. Mais le son strident qui retentit dans l'internat n'était pas du tout le bruit de l'eau qui coule.
TUTIDU TIDU TIDU TIDU TIDU TIDU TIDU TIDU TIDU TIDU TIDU... !
Nico grogna et entendit Will faire de même dans sa cabine de douche.
- J'ai la poisse aujourd'hui ! s'exclama-t-il.
Nico sourit intérieurement. Pour une fois que ce n'était pas à lui que ça arrivait. Mais ce n'était pas le bon moment pour une alarme incendie dans le cas de Will – en y réfléchissant il n'y avait jamais de bon moment pour une alarme incendie, sauf peut-être pendant un cours. Nico ne pouvait pas le laisser comme ça. Pas avec la dette qu'il avait envers lui. Il réfléchit deux secondes et ôta son peignoir de chambre qu'il passa par dessus la porte de la cabine de douche.
- Prends ça. Ça ira plus vite.
Oui parce que le blond avait la bonne idée de laisser ses vêtements pour la nuit dans un coin de la salle de bains voir carrément dans son armoire - le mercredi en revenant du sport par exemple. Il ne prenait qu'un boxer propre avec lui qu'il pendait à la porte de la douche à côté de sa serviette à rayures pastels.
Will ne se fit pas prier deux fois et le boxer et le peignoir disparurent dans la douche.
Nico partit en trombe dans la chambre, faillit foncer dans Octave qui râla une fois de plus. Nico enfila ses chaussures sans les lacer et s'enroula dans sa couette au moment ou Will rentrait dans la chambre pour enfiler ses chaussons. Nico descendit et alla s'entasser sous le préau avec les autres internes, répartis par chambre. Les surveillants firent l'appel et tous commencèrent à parler en attendant le Proviseur.
- Merci, glissa Will à l'oreille de Nico. Ça ne m'empêchera sûrement pas d'attraper un rhume mais c'est déjà ça.
Nico ne savait pas quoi répondre à ça. Il hocha la tête, simplement et s'assit sur les marches en béton. Comme pour prouver ses dires, Will éternua.
- A tes souhaits, répondit machinalement Nico.
Deuxième éternuement du blond.
- A tes amours.
Will sourit et rabattit la capuche du peignoir sur sa tête.
- Merci.
Puis il s'assit aux côtés de Nico ramena ses genoux contre lui dans l'espoir de se réchauffer. Nico se souvint du froid mordant du cimetière. Sa dette. Will était venu le chercher jusque là. Nico savait se qu'il devait faire. Il râla intérieurement, enleva la couette de ses épaules et la posa sur celles frissonnantes de Will. Le blond ouvrit des yeux ronds.
- De rien, fit Nico, rendu grincheux par le changement brutal de température.
Will s'enroula dans la couette.
- On ne dirais pas comme ça mais je suis un frileux, lança-t-il sur le tapis.
Un petit silence se fit. Nico frissonna. Will s'en apperçut.
- Tu veux un place ? fit-il en écartant un pan de la couette.
- Non merci. Ça va aller.
- Je vois. Genre, « Je suis tellement dark que tu ne peux pas me toucher sans te dissiper dans les ombres à mon contact. » ou « Si je me la joue froid et distant c'est pour une bonne raison : si je t'effleure tu te transformes en congère. »
- C'est pas ça, grogna Nico, vexé.
- La chaleur humaine, c'est pas ton truc, hein ?
Question rhétorique. Will enchaîna :
- Pourtant ça marche, tu sais. Les manchots réchauffent et leurs œufs et leurs congénères comme ça, tu sais. Ils font cercle et se collent les uns aux autres. Ceux aux centre et ceux à l'extérieur alternent au bout de quelques heures.
Nico leva un sourcil septique.
- Non merci. Vraiment.
Will hocha les épaules en signe de reddition. Les minutes passèrent. Nico n'avait pas vraiment chaud, de moins en moins en fait. Mais il gardait la face. Jusqu'à ce qu'un frisson lui parcourt l'échine. La seconde d'après il retrouvai sa chère couverture sur ses épaules. Nico resta incrédule.
- T'en a plus besoin que moi, lâcha Will devant l'air hébété de Nico.
Silence.
- De rien, fit Will.
Nico se rendit compte qu'il ne l'avait même pas remercier, trop content que ses genoux arrête de se taper la bise.
Cependant, la température de la couette était plus élevée que lorsqu'il l'avait quitté.
La chaleur humaine.
- On oublie souvent ses origines, reprit Will, les yeux dans le vague. C'est jamais sans raison que les animaux font ce qu'ils font. Ils nous rappellent tout ce que nous avons oublié.
Will sourit à Nico. Nico médita la phrase.
Une demi-heure avait passé sans que le Proviseur ne se montre.
Nico et Will se passait la couette de plus en plus souvent. Le froid avait redoublé d'intensité. Jusqu'à ce que Nico se mette à grelotter dès que la couette avait quitté ses épaules.
Will ne lui laissa pas le choix. Il l'attira à ses côtés sous la couette. Il savoura la chaleur qui l'envahissait. Ses joues s'embrasèrent cette fois-ci. Le malaise qu'il ressentait à proximité de Will quand ils travaillent l'Histoire de l'Art l'envahit. Une sensation désagréable où son cœur tambourinait dans sa poitrine. Nico essaya d'oublier que le bras de Will était collé au sien. Sans grand succès. Il replia ses genoux sur sa poitrine et posa la tête dessus.
La fatigue de la journée le rattrapa. Le brouhaha du préau sembla s'éloigner et finit par disparaître. De temps en temps, une parole au-dessus des autres lui faisait rouvrir les yeux. Mais ses paupières se refermaient juste après.
- S -
Un léger coup de coude dans son bras le réveilla totalement.
- C'est l'heure de remonter, glissa Will.
- Le Proviseur est arrivé ? fit Nico, encore dans les vapes.
- Oui. Je t'ai épargné le speech interminable sur la puérilité de se genre de blague, le rappel à l'ordre et blablablablabla...
- Toi ?
Nico était choqué.
- Toi ? Toi, tu te moques du Proviseur ?
Ils entamaient à présent la montée des marches vers les étages. Will avait gardé la couette.
- Pas du tout, démentit-il. C'est juste que je connais le discours. Et que ce n'est pas franchement dissuadant. La preuve. Mais ce soir il a changé la fin. Il a dit que la prochaine fois il collerait tout l'internat. Pendant un mois.
- Il le fera. J'en suis sûr.
Will hocha la tête, complètement d'accord.
- Il n'hésitera pas une seconde.
La montée des étages s'avéra si ardue que Will préféra rendre l'intégralité de la couette à son propriétaire légitime. De toute façon, la cage d'escalier était chauffée (a quoi ça sert ?!)
Ils retrouvèrent enfin leur lit.
- Aaaah ! C'est froid !
Nico fit volte-face. Will se glissait dans son lit, en pyjama cette fois. Nico sourit intérieurement. Sa couette à lui était encore toute chaude. Il s'allongea sur son lit et ne tarda pas à fermer les yeux de nouveau. C'est là qu'il se rendit compte que sa couette dégageait une odeur différente de d'habitude. Sans doute celle de Will. Jusque-là il n'y avait pas accordé plus attention. Mais il n'arrivait de toute façon pas à mettre un nom dessus. Tout ce qu'il pouvait en dire c'est que le parfum était envoûtant.
Bises ! :D
La Gravité
