Hello, voici déjà le 3eme volet de cette aventure. Finalement, j'arrive jusqu'à présent à tenir le rythme de 1 par semaine :). Emma débarque à Boston et retrouve son amie Ruby afin de visiter l'appartement... Bonne lecture.

Comme toujours, les personnages OUAT ne m'appartiennent pas...


Chapitre 3 : Incroyable !

Assise dans le train qui la ramenait à Boston pour retrouver Ruby, Emma se demandait si elle ne faisait pas une erreur et si elle n'allait pas regretter de tout quitter sur un coup de tête. Est-ce que sa décision n'allait pas peser dans les conclusions de l'enquête interne ? Mais ce qui la chagrinait le plus c'était qu'on puisse interpréter son départ comme un aveu de faiblesse face à la toute-puissance du gouverneur Gold. Elle repensa alors à ce que Graham lui avait dit quand elle lui avait fait part de son envie de faire un break :

- « Profites-en pour prendre de la distance avec tout ça. Je te connais, si tu restes ici, tu ne sauras pas résister à l'envie de venir faire un tour au poste et ça te minera encore plus. Pars, et sois rassurée, je te préviendrai si ta présence venait à être nécessaire ».

Elle reconnaissait bien là son âme de grand-frère et lui en était reconnaissante. Tandis qu'elle regardait le paysage côtier défiler sous ses yeux, elle se félicitait une fois de plus d'avoir laissé Graham entrer dans sa vie 15 ans plus tôt et elle espérait qu'un jour, elle aussi pourrait apporter ce soutien à d'autres.

La responsable de l'association pour laquelle elle allait travailler lui avait expliqué ce qu'ils attendaient d'elle : Aller sur le terrain, prendre contact avec les enfants dans le cadre d'animations et les amener à s'ouvrir au dialogue avec un adulte extérieur à l'encadrement de l'orphelinat. Rien de tel pour établir la confiance qu'un ancien pensionnaire de l'établissement. Ils ne voulaient pas forcer les interactions et ne suggéraient pas d'enfant à voir en particulier. L'idée était qu'Emma se rende sur place et qu'elle propose des activités à tous. Ensuite, il suffisait de laisser faire les choses... Ce type d'engagement ne pouvait fonctionner sur du long terme que si le feeling était réciproque.

On était vendredi. Ruby devait la récupérer à la gare et l'emmener de suite visiter l'appartement. Après cela, elle irait faire un saut à l'orphelinat pour rencontrer la directrice, Kathrin Fredricks, et voir avec elle quand et comment elle allait pouvoir commencer ses interventions. Tout cela lui semblait bizarre. En une journée, elle avait l'impression à la fois de faire un grand bond en avant et un double retour en arrière, retrouvant en un jour son amie de fac et l'orphelinat où elle avait grandi.

Le train venait d'entrer en gare. Ruby se précipita sur le quai à la recherche de son amie. Avec ses longs cheveux blonds, Emma ne serait pas trop difficile à repérer… Elle l'aperçut dès que celle-ci apparut à la porte du wagon et l'interpela:

-« Emma, Emma ! » cria la brune en gesticulant comme un pantin. Emma reconnaissait bien là le caractère extraverti de son amie. Elles se jetèrent dans les bras l'une de l'autre. La nouvelle venue s'écarta un peu et regarda son amie :

-« Tu es resplendissante ! Dis-moi tu es amoureuse ou quoi ? »

Son amie rougit, ce qui n'était pas du tout son genre, la blonde en conclut qu'elle avait vu juste. Elle aurait tout le temps de la cuisiner plus tard pour en savoir plus.

-« En tout cas, toi, on ne peut pas dire que tu aies bonne mine. » lâcha Ruby pour changer de sujet.

-« Merci, Rub', je savais que je pouvais compter sur toi pour me remonter le moral… »

-« Ben c'est à ça que servent les amies non ? »

-« Oui sûrement et aussi à dégotter de bons plans pour leurs copines ! »

-« Et accessoirement les sortir un peu, histoire de leur changer les idées… »

-« Tu es incorrigible mais je t'adore comme ça ! Ne change rien surtout ! »

-« Compte là-dessus, ceux qui ont tenté de me changer s'y sont cassés les dents ! »

Tandis qu'elles discutaient elles étaient sorties de la gare et avaient rejoint la voiture de Ruby. Elles s'installèrent et prirent la direction de Beacon Street.

-« Bon, tu es prête à découvrir ton nouveau palais princesse ? »

-« Un palais ? Tu m'en diras tant…Il est si exceptionnel que ça cet appart ? »

-« Tu verras ça dans quelques minutes mais franchement, je n'ai aucun doute sur le fait qu'il te plaise ».

-« S'il est si extraordinaire, comment se fait-il qu'il ne soit pas déjà loué et que son prix soit aussi bas ? Il est hanté ? Un crime y a été commis ? Les voisins sont horribles ? »

-« Rien de tout ça, je t'assure! Simplement la propriétaire, qui est l'associée de ma marraine à la pharmacie, a mis des critères très sélectifs sur le profil du locataire idéal… »

-« Et moi je rentre dans ces critères? Permet moi d'en douter ! »

-« Non, non, détrompe toi, tu colles parfaitement, ou presque, à ce qu'elle demande. »

-« Ah bon ? Je serai curieuse de les connaître ces fameux critères qui font de moi la candidate idéale. »

-« D'abord, elle ne souhaite pas être dérangée, elle souhaite quelqu'un de calme car elle habite juste à côté avec son fils. D'ailleurs, les deux appartements communiquaient mais la porte a été doublée et condamnée suite au décès de son mari…».

Une veuve qui vit avec son fils se dit Emma perplexe. Passionnant ! Je vais devoir me convertir au scrabble et à la camomille… ça promet.

« … et sur le même pallier habite Granny, ma marraine. Tu te souviens d'elle ? ».

-« Je me rappelle surtout des bons petits plats qu'elle nous préparait. Je la reverrai avec plaisir. »

-« Donc côté voisinage, pas de problème particulier. L'appartement était précédemment jumelé à celui de Régina du temps où Léopold était vivant. Maintenant qu'ils ne sont plus que tous les deux avec Henry le sien lui suffit amplement ».

-« Tu m'as dit qu'elle est l'associée de Granny à la pharmacie, je comprends qu'elle ne doit pas avoir besoin d'argent alors pourquoi le louer ? »

-« Elle espère que le locataire, ou plutôt LA locataire, s'entendra bien avec son fils et pourra quelques fois le surveiller quand elle doit s'absenter. »

Emma fronça les sourcils… Pourquoi donc le fils de la vieille dame avait-il donc besoin d'être gardé et pourquoi UNE locataire ?

-« Son fils est handicapé ? »

-« Henry ? Non pas du tout, au contraire, il va très bien. Tu verras c'est un garçon adorable, tellement gentil…»

-« Attends, pourquoi faut-il le surveiller alors ? »

-« Et bien peut-être parce qu'à 6 ans on est loin d'être autonome et comme il rentre de l'école 2 heures avant la fermeture de la pharmacie… »

-« 6 ans ? Mais quel âge elle a ta veuve ? Je pensais que c'était une amie de Granny ! »

-« Haha, non, tu n'y es pas du tout, Régina est bien associée et amie avec ma marraine mais elle n'a que 38 ans ! »

-« Ah ouais, donc a priori je devrais échapper aux soirées scrabble et camomille… »

Ruby éclata de rire… Elle imaginait mal les deux femmes en train de faire une partie en sirotant une tisane.

-« Tu sais que tu m'as manqué toi ! » dit-elle avec un sourire affectueux vers son ancienne colocataire.

-« Je sais… Bon, donc, reprenons: Notre jeune veuve cherche une baby-sitter pour son fiston et elle se dit qu'en prenant une locataire femme ce sera plus facile… »

-« Oui et pas seulement pour ça… madame l'inspectrice!»

-« Ah bon ? Et quoi d'autre ? »

-« Ben, comment dire… sans exagérer, on peut dire que Régina est une très belle femme, en tout cas elle plait beaucoup… et elle voudrait éviter de s'embarrasser d'un voisin trop entreprenant… Elle a déjà été importunée par le passé. Tu vois ce que je veux dire? »

Je vois surtout que la dame a une haute idée d'elle-même, tout ce que j'aime ! pensa Emma avec un air dubitatif….

« …Cela dit, si elle savait... » Pouffa alors la brune !

-« Quoi, si elle savait quoi ? »

-« Je pense qu'elle n'imagine même pas que la locataire que je vais lui présenter soit autre chose qu'hétéro!»

-« Je vois. Une bourgeoise coincée avec une haute opinion de sa petite personne… aucune chance qu'elle me plaise alors! »

-« Ca, Je n'en mettrai pas ma main au feu ma grande. » Dit Ruby avec un sourire en coin avant de se reconcentrer sur la route.

Elles arrivèrent au pied d'un grand immeuble sur les berges de la rivière Charles en plein centre de Back Bay. Ruby sortit une télécommande et le portail d'accès au parking en sous-sol s'ouvrit devant elles.

-«Voici déjà l'emplacement de parking pour garer ton carrosse.»

Emma se dit que sa Beetle jaune un peu défraichie allait faire tâche. Juste à côté trônait fièrement une Mercédes Noire. Elles empruntèrent l'ascenseur pour atteindre le dix-septième et dernier étage de l'immeuble. L'agent immobilier sortit un trousseau de clé.

- « L'appartement à gauche au fond du couloir est celui de Granny. Celui-ci en face de nous c'est celui de Regina et celui qui nous intéresse c'est celui-ci » dit-elle en ouvrant la porte à leur droite.

Dès qu'elle entra, Emma fut frappée par la luminosité de la pièce. L'entrée donnait sur une grande pièce de vie avec cuisine à l'américaine, un grand salon et un accès à un balcon. Attirée par le point de vue, Emma vint se coller à la baie vitrée. En fait, il ne s'agissait pas d'un balcon mais d'une magnifique terrasse avec vue sur la rivière. Emma n'en revenait pas.

- « C'est superbe n'est-ce pas ? »

- « Magnifique! »

- « Et attends de voir la chambre... »

Effectivement, la chambre était très grande et s'ouvrait sur la terrasse qui offrait une vue imprenable sur la baie. Comme dans l'autre pièce, les murs étaient blanc-crème et le sol en parquet sombre, conférant à l'ensemble une sensation de lumière et chaleur à la fois. L'ensemble était meublé dans un style très cosy dans des tons dégradés de beige.

- « Viens que je te montre la cerise sur le gâteau » s'exclama Ruby d'un air victorieux. Elles sortirent alors sur la fameuse terrasse. Habillée de bois, celle-ci ressemblait à un ponton sur la ville. La propriétaire avait disposé harmonieusement un salon d'extérieur et des plantes en bacs qui séparaient partiellement les terrasses des deux appartements. Les deux amies s'assirent sur une banquette et contemplèrent la vue. Devant elles s'étiraient l'Esplanade, la Rivière et sur la rive en face, Cambridge. Un peu plus à gauche sur la même rive, Emma apercevait l'université où Ruby et elle avaient fait leurs études quinze ans plus tôt. Quelques bateaux de plaisance croisaient dans la baie. La vue était splendide!

- «Alors qu'est-ce que tu en penses?»

- «C'est incroyable! Je n'ai pas d'autre solution que d'accepter. L'appartement est effectivement magnifique, je ne peux rêver mieux».

- «Et encore, tu n'as pas tout vu. Il y a un service de conciergerie, une salle de fitness, … Ah, et j'oubliais, si tu le souhaites tu peux le louer avec les meubles actuels ou bien amener les tiens.»

- «Je pense que je vais mettre mes affaires en garde-meubles. De toute façon je n'ai pas grand-chose et comparé à ce qui est déjà en place, le choix est vite fait. Sachant qu'en plus, selon le déroulement de l'enquête, je peux être amenée à repartir du jour au lendemain, ce sera plus simple comme ça !»

- «Bien ! Et quand souhaites tu t'installer?»

- «Je vais voir la responsable de l'orphelinat en fin d'après-midi. Si la propriétaire est d'accord, pourquoi pas dès ce weekend si je commence là-bas la semaine prochaine?»

- «Bouge pas, je l'appelle. »

Tandis que Ruby rentrait dans l'appartement pour téléphoner, la blonde s'approcha du bord de la terrasse pour découvrir les environs de l'immeuble. En bas, le long du fleuve, l'Esplanade s'étirait comme un ruban vert où se croisaient promeneurs et joggeurs. Le trafic routier était assez dense le long de Storrow Drive mais au dix-septième étage, on n'entendait qu'un grondement sourd. Cet appartement est vraiment idéal pour me ressourcer se dit-elle avant de rentrer pour rejoindre son amie. Celle-ci toujours au téléphone, se tourna vers Emma:

- « Regina est Ok pour que tu emménages dès ce weekend mais elle ne sera pas là pour t'accueillir. Cela te pose un problème? »

- « Pas du tout, si elle n'a pas peur de confier son appartement à une inconnue sans jamais l'avoir rencontrée, ça me va ».

- « Haha, Régina a entendu et elle te fait dire que c'est peut être toi qui prends le plus de risques ».

- « Dans ce cas, dis-lui que j'ai l'habitude du risque et que je relève le défi. »

- « Tu vas pouvoir le lui dire de vive voix » ajoute Ruby en raccrochant. « Elle arrive, viens, on va la retrouver vite fait en bas de l'immeuble, j'en profiterai pour te faire visiter les parties communes de l'immeuble et te présenter aux gardiens ».

Arrivées dans le hall, après un détour par la salle de sport -ce sera l'occasion de m'y remettre se dit Emma - elles passèrent par la loge des gardiens. Emma découvrit alors que Ruby n'avait pas exagéré en parlant de palais : l'immeuble était gardienné 24 heures sur 24 et le service de conciergerie proposait de faire les courses, gérer le linge ou encore le ménage des occupants des divers appartements ainsi que divers autres services. Il y avait même un voiturier mais là s'en était trop pour Emma qui imaginait le pauvre garçon sortir sa guimbarde jaune du garage avec un sourire navré.

- « Eh bien, il y en a qui ne se refusent rien ! Je n'aurai jamais imaginé vivre un jour dans un tel environnement ! »

C'est alors qu'une femme qui venait visiblement de faire du sport entra dans le hall: légèrement plus petite qu'Emma, elle était brune, mince, habillée d'un legging et d'un sweat sombre. Ses cheveux étaient retenus par un bandeau. En les apercevant, elle enleva les écouteurs de ses oreilles et leur sourit.

- « Bonjour, j'espère que je ne vous ai pas trop fait attendre ? » dit-elle en s'approchant.

Emma comprit alors, surprise, qu'il s'agissait de sa propriétaire.

- « Bonjour Régina, je te présente mon amie Emma, Emma Swan, qui va donc devenir ta voisine. Emma, voici Régina Mills »

- « Enchantée »,

- « Moi de même » répondit la brune. « Ainsi donc, vous aimez le risque ? J'espère que vous savez quand même rester dans les limites du raisonnable».

Emma, surprise par le ton mi amusé mi sérieux de son interlocutrice ne sût que répondre. A quoi fait-elle donc allusion ? Au fait qu'elle envisage de me confier la garde de son fils ? Faut-il surenchérir en expliquant que je suis flic ? Non Ruby a déjà dû le lui dire…

- « Alors là, c'est incroyable, je n'en reviens pas ! » s'exclame Ruby. « Bravo Régina : Tu as cloué le bec d'Emma, je ne crois pas avoir jamais vu ça. »

- « Mais, euh, pas du tout, enfin, Rub'. Je me demandais juste… »

- « Désolée de vous interrompre mais j'ouvre la pharmacie dans moins d'une demi-heure et je suis déjà en retard. Je ne peux rester pour le moment mais nous aurons sûrement l'occasion d'en reparler quand nous aurons fait plus ample connaissance. A très bientôt Miss Swan. Merci encore Ruby ! »… et elle s'engouffra dans la cage d'escalier à petite foulée.

- « Voilà, tu as vu le phénomène Régina. Alors qu'est-ce que tu en penses? »

- « Je dois avouer qu'elle est loin de la mamie éplorée que je m'étais imaginée au premier abord. Je comprends mieux ses craintes d'être importunée.»

- « Ha-ah ! » S'exclama alors l'agent immobilier. « Aurais tu déjà succombé au charme de Régina ? ».

Pour la deuxième fois en quelques minutes, Emma ne sût que répondre. La femme l'intriguait. Celle qu'elle avait rencontrée ne collait pas au portrait dressé par son amie. Elle avait imaginé une personne discrète, plutôt classique, renfermée, limite triste et la Régina Mills qu'elle avait croisée lui semblait très dynamique et avec une forte personnalité.

Comme il faisait beau, les deux amies se baladèrent un peu sur les berges, se remémorant leurs années à la fac puis Ruby déposa Emma à l'orphelinat en fin d'après-midi pour son rendez-vous. La blonde franchit la porte de l'orphelinat avec appréhension mais elle constata bien vite qu'il y avait eu pas mal de changements depuis son départ. De l'ancienne structure ne subsistait que la maison de la directrice qui faisait maintenant office d'administration et accueil comme l'indiquait le panneau à l'entrée. Les autres locaux, que ce soient les dortoirs, le réfectoire ou les salles d'activité étaient flambant neufs. Même les installations sportives étaient récentes. Elle devait avouer qu'elle était soulagée de ne pas se replonger dans le même environnement que pendant son adolescence. Trop de souvenirs douloureux restaient ancrés en elle depuis cette époque-là, dominés par un sentiment de solitude et d'abandon. Emma se reprit : Elle était là aujourd'hui pour aider les autres et pas pour ressasser ses souvenirs.

Finalement, les lieux étaient plus accueillants qu'elle ne le pensait. Le parc était bien vert en ce début d'été et un groupe de jeunes enfants traversait la cour encadré par un surveillant. Elle s'avança vers l'accueil. Combien de fois avait-elle été amenée ici contre son gré ? Vingt ? Trente ? Elle ne le savait plus. Après chaque fugue, chaque écart de conduite, elle était convoquée chez Madame la directrice. A son époque, c'était une vieille femme sèche, complètement dénuée de sympathie pour ses petits pensionnaires. Elle espérait que Kathrin Fredricks ne soit pas de la même trempe. En tout cas, au téléphone, elle lui avait parue très sympathique. Alors qu'elle était absorbée dans ses pensées, une voix l'interpella :

- « J'imagine que cela doit vous faire tout drôle… »

Emma leva les yeux pour découvrir une femme blonde au regard pétillant qui la regardait en souriant.

… « Vous devez être Emma Swan. Bonjour, je suis Kathrin, c'est moi que vous avez eu l'autre jour au téléphone ».

Pour être différente, la directrice était effectivement très différente de celle qui hantait ses souvenirs. Elle était grande et mince, limite menue, avec de longs cheveux blonds, habillée d'un tailleur sobre mais apparemment confortable, légèrement maquillée et surtout elle semblait aussi sympathique que sa voix ne l'avait laissé espérer.

- « Pardon, excusez-moi j'étais perdue dans mes souvenirs… » Bredouilla Emma.

- « Je comprends, ne vous excusez pas. Ça va aller ?»

- « Oui, oui, j'appréhendais d'être confrontée à cet établissement mais comme beaucoup de choses ont changé, cela se passe mieux que je ne l'aurai craint ».

- « Tant mieux. Voulez-vous commencer par une visite des lieux ou bien que nous discutions d'abord de ce que vous allez pouvoir nous apporter ? »

- « Allons-y pour une visite et nous pourrons discuter en cours de route… »

Elles passèrent ainsi près de deux heures à préparer la venue d'Emma. Kathrin était effectivement très sympathique, elle s'investissait au mieux pour le bien-être de ses protégés et visiblement, au vue de comment les enfants se comportaient avec elle, ils le lui rendaient bien. Elles se mirent d'accord sur le fait qu'Emma commencerait dès le mardi matin et interviendrait cinq jours par semaine, tantôt du mardi au samedi, tantôt du lundi au vendredi. Ainsi elle pourrait, deux fois par mois organiser des sorties le samedi. A la fin de leur entretien, alors qu'elle la raccompagnait à la gare, la directrice proposa qu'elles se tutoient, ce qu'Emma accepta avec plaisir, après tout, elles avaient à peu près le même âge. Décidemment, son arrivée à Boston se présentait sous de très bons auspices. C'est donc le cœur léger qu'elle reprit le train pour New-York.

Elle passa son weekend à préparer ses valises et à vider son petit studio. L'agence de location lui confirma qu'ils n'auraient aucun mal à le relouer et qu'ils ne lui appliqueraient pas de préavis au-delà du mois entamé. Le peu de meubles qu'elle avait tiendrait aisément dans un box et les déménageurs lui avaient donné rendez-vous le lundi à la première heure pour tout emporter. Elle prévoyait donc de prendre la route dans la foulée. Ainsi, en milieu de journée elle pourrait s'installer tranquillement dans son nouvel appartement. En attendant elle profita de son dernier dimanche à New-York pour partager un pique-nique à Central Park avec Graham, Jenny et Lucas. Emma avait du mal à réaliser qu'elle ne les verrait plus aussi souvent désormais. Ils convinrent de rester en contact via internet et elle leur promit de bien prendre soin d'elle. Elle envisageait de les recevoir à Boston de temps en temps si sa propriétaire était d'accord.

Graham lui renouvela son soutien et lui apprit que l'état de Mendell était stable. Selon les premières informations qu'il avait pu glaner auprès des inspecteurs des affaires internes, elle ne risquait pas grand-chose mais la procédure risquait d'être longue... Il fallait etre patient. Ils se séparèrent en toute fin de journée avec la larme à l'œil. Emma les avait un peu rassurés en leur racontant combien l'appartement et l'ambiance de travail promettaient d'être incroyablement agréables. Et puis, Ruby était là pour veiller sur elle!

Elle prit donc la route le lundi matin dans sa vieille voiture remplie à ras bord et arriva sans encombre vers 14h. Elle était épuisée et il lui fallait encore vider son véhicule. Elle fit un premier voyage avec le strict nécessaire, ouvrit l'appartement et s'effondra sur le canapé.

En se réveillant plus d'une heure plus tard, elle réalisa que sa fatigue avait laissé la place à une affreuse migraine. Elle avait du mal à se mettre debout, avait la nausée et était gênée par la luminosité qui pointait depuis la terrasse. Elle chercha en vain des cachets dans sa trousse de toilette et dut se résoudre à descendre en acheter à la pharmacie la plus proche. En passant, elle demanda son chemin au gardien. Heureusement elle n'avait que 500 mètres à parcourir.

Quand elle entra dans l'officine, il y avait du monde. Le simple fait de devoir attendre dans la foule lui était laborieux. Elle sentait ses jambes flageoler et son champ de vision se rétrécir, preuve s'il en fallait que la crise était bien amorcée. Faute de pouvoir s'assoir sans attirer l'attention, elle s'adossa à un présentoir et ferma les yeux un moment. Quand elle les rouvrit, elle fit un rapide état de la situation. Il y avait deux pharmaciens au comptoir, un homme et une femme et, au rythme où ça allait, elle en avait au moins pour dix minutes. Devant elle se tenait une petite dame âgée qui semblait très pressée. Emma se massa les tempes et la nuque pour essayer de soulager sa migraine et se remit dans la file.

Enfin, ce fût au tour de la vieille dame qui sortit plusieurs ordonnances et commença à raconter sa vie à la brune qui se tenait devant elle. Celle-ci leva les yeux et lança un regard désolé à Emma puis marqua un temps d'arrêt, comme si elle la connaissait. Devant le manque de réaction de la blonde, elle retourna à sa patiente. Emma en profita pour l'observer. Cette femme ne lui semblait effectivement pas étrangère : assez grande, brune, cheveux mi- longs, des lunettes avec une monture en écailles noire et un maquillage soigné, elle était très classe dans sa blouse blanche. Mais dans son état, Emma n'arrivait pas à se rappeler d'où elle la connaissait, pourtant, elle devait l'avoir effectivement rencontrée vu le nombre de regards intrigués que celle-ci lui lançait.

Emma se passa une énième fois la main sur les yeux quand tout à coup elle fût brutalement tirée en arrière. Le gras gauche d'un homme se referma devant son cou. Il la plaqua contre lui en brandissant de sa main droite une arme vers la pharmacienne. Celle-ci se figea tandis que la vieille dame faillit se trouver mal.

- « Que personne ne bouge » hurla l'homme juste à côté de l'oreille d'Emma. Celle-ci grimaça, à la fois à cause du bruit mais aussi de l'odeur que l'homme dégageait, mélange de tabac froid, d'alcool et de sueur.

- « La caisse et toute la morphine du stock, vite ! »

L'homme était fébrile. Son injonction avait pétrifié les pharmaciens et plus personne ne bougeait.

- « Vous allez vous bouger oui ? » lança t'il en menaçant à tour de rôle le pharmacien et sa collègue avec son arme.

Emma profita de ce moment pour prendre une grande inspiration. Elle écrasa le pied gauche de son agresseur avec son talon, lui assena un violent coup de coude dans les côtes puis, saisissant la main qui était devant son cou lui fit faire un tour sur lui-même et ramena le bras de l'homme dans son dos par une clé de bras ce qui le fit pencher en avant. L'homme hurlait de douleur.

- « Allonge toi, face contre terre et lâche ce jouet » lui cria-t-elle. L'homme obtempéra en maugréant. Emma le plaqua alors au sol en appuyant entre ses omoplates avec son genou.

- « Arrête, tu me fais mal bon sang ! »

- « Ca mon grand, il fallait y réfléchir à deux fois avant de t'attaquer à un flic à l'aide d'un pistolet en plastique! »

Les spectateurs qui étaient restés impassibles jusqu'alors poussèrent un soupir de soulagement. L'inspectrice se tourna alors vers les pharmaciens et leur demanda d'appeler la police. Ce faisant elle réalisa que la brune qui la dévisageait avec stupeur n'était autre que Régina, sa propriétaire. Tandis que celle-ci se ruait sur le téléphone pour appeler les secours, son collègue vint prendre le relai d'Emma pour maintenir l'agresseur au sol. La jeune femme se releva alors, un peu trop vite sans doute car elle sentit tout à coup sa bouche devenir pâteuse et ses oreilles bourdonner. Elle eut juste le temps de voir revenir la pharmacienne et s'évanouit...


Ce sera tout pour aujourd'hui. Je sais c'est cruel mais j'ai été à bonne école... (enfin, ça n'engage que moi). A bientôt donc pour la suite: une semaine riche en découvertes.

Comme c'est ma première fic, j'aimerai beaucoup avoir des retours sur ce que vous en pensez. Si vous n'osez pas, ça peut être en PM ou sur l'anonymat du Guest. Pour l'instant je continue sur ma lancée sans rien changer mais je suis prête à écouter des conseils ou suggestions en vue de m'améliorer ;). Merci. Z.