Bonjour, et oui c'est déjà mercredi, j'ai failli ne pas avoir le temps de boucler ce chapitre à temps. J'espère qu'il ne restera pas trop de fautes et que vous ne m'en voudrez pas trop pour la coupure de fin (héhé). Si vous voyez des fautes, merci de me les signaler pour que je les corrige. Bonne lecture!
Comme d'habitude, les personnages ne m'appartiennent pas mais l'histoire si. J'espère qu'elle vous plaira.
Chapitre 5: Pas à pas.
8h30, Emma passa la grille de l'orphelinat en avance d'une demi-heure. Dire qu'elle avait mal dormi était un euphémisme. Entre les souvenirs de son arrivée fracassante à Boston et l'appréhension de retourner à l'orphelinat de son enfance ce matin, elle n'avait quasiment pas fermé l'œil de la nuit. Il faut dire qu'elle avait passé une grande partie de l'après-midi de la veille à dormir et cela n'avait surement pas aidé, pas plus que les réflexions de l'inspecteur Blake qui lui avaient rappelé les raisons de son changement de vie.
Après avoir garé sa voiture sur le parking du personnel comme le lui avait indiqué la directrice, elle se rendit au bureau de celle-ci. Elles avaient convenu que la matinée serait consacrée à faire connaissance des membres du personnel de l'établissement et d'un premier groupe d'enfants, les petits, âgés de deux à six ans qui n'allaient pas encore à l'école mais avaient quitté la nurserie. Ils étaient sept, trois garçons et quatre filles. Ils la regardaient impressionnés avec un sourire timide. Pour détendre l'atmosphère et sous prétexte de se familiariser avec leurs prénoms, elle leur proposa un jeu de Colin Maillard. Il ne fallut pas plus d'un quart d'heures pour que les premiers rires, d'abord timides puis plus naturels ne fusent. Emma constata que ces enfants-là ne paraissaient pas spécialement malheureux et qu'ils s'appréciaient les uns les autres. Elle en fût soulagée car c'était avec les petits qu'elle se sentait le moins à l'aise.
Alors qu'elles partageaient un rapide repas à la cantine de l'établissement, la directrice lui confirma que le plus dur restait à venir :
- « Nous avons actuellement 30 enfants et les petits sont de loin les plus faciles à gérer. Ceux pour lesquels votre intervention est à la fois la plus souhaitable mais aussi la plus délicate à mettre en place sont les grands et on a aussi quelques cas chez les moyens… ».
Voilà qui est encourageant ! se dit Emma avant de présenter à Kathryn les activités qu'elle avait prévues pour les deux groupes qu'elle aurait l'après-midi: Basket pour les moyens, de 7 à 12 ans, et pour les ados un quiz musical. L'idée était de faire en sorte qu'ils lui accordent un minimum de leur attention juste pour qu'elle puisse leur présenter les raisons de sa venue. Elle avait refusé que la directrice le fasse à sa place et préférait de loin rester seule avec les gamins.
L'arrivée du groupe de moyens fût assez déconcertante. Il était 15h, ils sortaient de cours et débordaient d'énergie comme elle l'avait supposé. A peine arrivés dans le gymnase, une dispute éclata entre un garçon et une fille, tous deux d'environ 9 ou 10 ans. Emma s'interposa et fut obligée de hausser le ton pour se faire entendre, les deux intéressés cherchant chacun à se justifier.
-« Ça suffit ! Je ne sais pas ce qui s'est passé et je ne veux pas le savoir». Les deux protagonistes la regardaient d'un air contrit tandis que les autres enfants étaient partagés entre la crainte qu'elle leur inspirait et l'envie de rire pour certains... L'envie de rire ? Qu'y a-t-il de marrant dans cette situation ? A moins que…
Elle regarda de plus près les deux qui s'écharpaient quelques instants auparavant et elle vit qu'ils échangeaient des regards complices en se retenant de pouffer.
-« Bien, je vois que vous vous êtes bien amusés. J'ai failli marcher mais je pense que vous n'êtes pas encore prêts pour Hollywood, j'ai bien vu que vous jouiez la comédie ! »
Ils la regardaient tous, béats, comme si elle tombait du ciel.
-« Mais vous pouvez vous améliorer en vous entrainant. Nous pourrons si vous êtes intéressés monter un atelier Théâtre. »
Il y eut des grognements, un peu de brouhaha mais finalement, après une phase d'observation, tout se passa à peu près comme prévu.
16 heures: Tandis que les moyens partaient goûter, Emma se prépara à rencontrer les ados. Elle savait que c'était dans ce groupe qu'elle risquait de rencontrer le plus de difficultés, d'autant qu'elle se revoyait au même âge. Ils arrivèrent en ordre dispersé. D'abord un groupe de trois filles qui l'examinèrent de la tête aux pieds. Elles furent rapidement suivies de cinq garçons. En la voyant, les deux plus âgés sourirent et elle entendit un « Waouh, canon la nouvelle animatrice! » fuser alors qu'ils éclataient tous de rire. Enfin, à la traine, une fille et deux garçons finirent par arriver en trainant la savate.
-« Bon, si nous sommes au complet, nous allons pouvoir commencer. Je me présente : Je m'appelle Emma Swan et à compter d'aujourd'hui je vais vous proposer diverses animations pendant vos temps libres en essayant de coller au mieux avec vos goûts. »
-« Moi je voudrai bien des cours d'éducation sexuelle lança un des garçons qui semblait être le trublion de la bande. »
-« Pourquoi pas, je pense qu'effectivement tu dois avoir beaucoup à apprendre ! »
Tous les autres éclatèrent de rire alors que le garçon la fusillait du regard.
-« Comme vous tous ! » Le garçon se détendit. « Mais honnêtement, je ne suis pas là pour ça et vous aurez bien assez tôt l'occasion d'apprendre par vous-même. Cela dit, si des questions en particulier vous tracassent, n'hésitez pas à venir me voir. Nous pourrons toujours en parler. »
Elle leur demanda ensuite de se présenter à tour de rôle et acheva sa journée par le quiz musical qui finit d'effacer les appréhensions de la plupart d'entre eux.
Quand elle quitta son travail, Emma vit qu'elle avait reçu un sms de Ruby: « Fais-moi signe quand tu auras fini ta journée, ce soir on mange ensemble ». Zut, elle était crevée et aurait préféré rester seule et se coucher de bonne heure. Mais Ruby en avait décidé autrement,...
- « Salut Rub', je sors tout juste du boulot et je suis HS. C'est d'accord pour qu'on mange ensemble mais à la maison si tu veux bien. »
-« OK, mais je me charge de la pizza! Ça nous rappellera le bon vieux temps.»
Il faisait très beau et quand son amie vint la rejoindre à son domicile, elles s'installèrent sur la terrasse pour profiter de la fin de journée.
- « Alors, comment s'est passé ton aménagement? Tu as vu Granny? Et Régina? »
Emma raconta son arrivée fracassante et son intervention fortuite à la pharmacie. Son amie la regardait en hochant la tête:
- « Décidément, tu ne peux pas t'en empêcher! »
- « Je m'en serai bien passé avec ma migraine... »
- « Mouais, bien sûr, et donc tu t'es arrangée pour te faire inviter... maline la demoiselle! »
- « Hé oh, il n'y avait rien de prémédité mais je ne pouvais pas refuser... et d'ailleurs ses lasagnes étaient délicieuses ».
- « Comment? Tu as déjà gouté aux fabuleuses lasagnes de Régina? Waouh tu as un ticket!»
- « Ne dis pas n'importe quoi, elle a eu pitié de mon frigo vide... »
- « Tu apprendras, ma chère, que Régina est une vrai sauvage, pire que toi! Elle ne côtoie quasiment personne et invite encore moins souvent chez elle. Depuis 8 ans que je la connais je n'ai gouté qu'une seule fois à ses lasagnes. C'était l'an dernier pour les 5 ans d'Henry».
- « J'ai du mal à te croire. Disons que j'ai eu de la chance alors ».
- « Ouais, on dira ça. » marmonna Ruby songeuse: Je serai curieuse de voir comment elles vont s'entendre ces deux-là...
- « Bon, et toi? C'était bien ton weekend? Où étais tu donc cachotière pour éviter d'avoir à m'aider à décharger ma voiture? »
Comme la brune ne répondait pas, Emma rajouta: « ah ah, il y a un homme là-dessous... raconte! »
- « Ok, Ok, ... il s'appelle Gus, il est avocat. C'est un de mes clients. Je lui ai trouvé un superbe appartement un peu plus bas sur Beacon il y a quelques semaines...»
- « … et l'appart est tellement bien, que tu ne peux t'empêcher d'y aller régulièrement n'est-ce pas? »
- « N'importe quoi! ». Dit elle en feignant l'indignation.
Elles éclatèrent de rire. Au bout d'un moment, la brune reprit:
- « Non, sérieux, avec lui c'est différent. Je suis contente de pouvoir en parler avec toi parce que ça me dépasse un peu... Tu te rends compte, ça fait maintenant plus d'un mois qu'on se voit régulièrement, il m'a invité plusieurs fois à boire un verre chez lui mais il ne s'est rien passé. Il n'a jamais fait le moindre geste qui me laisserait penser que ce que je ressens est réciproque... Pourtant, ses regards... Je ne sais plus quoi penser... »
- « Ce que tu ressens? Parce que tu ressens des choses pour lui? »
- « Moque toi! J'aimerai bien t'y voir à ma place »
- « Les avocats c'est pas trop mon trip mais s'il est si craquant que ça, je l'aurai surement déjà croqué! »
- « Je t'interdis de l'approcher! »
- « Alors là, nous avons un gros problème. Miss Ruby Lucas serait elle jalouse? »
- « Grrr »
- « Bon alors, ton gugus, soit il est gay soit tu lui fais peur, je ne vois pas d'autre explication! »
- « Je lui fais peur? »
- « … ou bien il est gay. »
Elles repartirent d'un franc fou-rire.
C'est alors qu'un petit bonhomme déboula en courant pour les rejoindre:
- « Ruby! Maman viens voir, Tatie Ruby est là... »
- « Tatie Ruby? » s'étonna la blonde alors que son amie soulevait Henry pour lui faire un gros câlin.
- « Elle le gate tellement qu'elle mérite bien ce titre. »
Emma se retourna, la pharmacienne venait de les rejoindre sur la terrasse. Elle avait l'air contrariée.
Henry avait lâché la grande brune et embrassait maintenant Emma.
- « Tu connais ma tatie Ruby? »
- « Bonsoir gamin » lui dit elle avec un grand sourire « Oui je la connais bien. C'est ma meilleure amie. Nous sommes allées à l'université ensemble ».
- « Moi mon meilleur copain c'est Tom et tu sais...»
- « Henry! Je t'ai déjà expliqué de ne pas aller chez Miss Swan »
- « Mais, M'man, y a Ruby... »
Emma et son amie brune s'étaient levées pour les accueillir.
- « Bonsoir Madame Mills »
- « Régina! Vous pouvez m'appeler Régina. » sans se détendre pour autant.
- « Bonsoir Régina, moi c'est Emma » rajouta la blonde avec un grand sourire.
- « Je suis désolée, dès que nous sommes rentrées, il vous a entendues rire et il s'est précipité avant que je n'aie le temps de réaliser »
- « Ne vous inquiétez pas, il ne nous a pas dérangées. Voulez vous vous joindre à nous? »
- « Oh oui, M'man, dis oui steuplééééé »
- « S'il te plait! » le reprit elle. « C'est d'accord mais pas longtemps, demain il y a école et Henry se couche tôt. »
- « Yes! Merci M'man » rajouta le petit en se ruant sur les genoux de Ruby.
Ils passèrent ainsi une petite demi-heure. Puis, lassé des conversation des adultes, Henry repartit jouer dans sa chambre. Ruby en profita:
- « Alors Régina, qu'est ce que tu penses de ta sauveuse? »
Emma leva les yeux au ciel. Ruby était incorrigible. Elle se sentait gênée pour sa propriétaire. Elle vit celle-ci se redresser brusquement sur le canapé alors qu'elle commençait à peine à se détendre. Régina chercha en vain du soutien dans le regard de la blonde pour savoir comment répondre au mieux. Les yeux émeraude de la blonde la fixaient avec anxiété et ne lui furent pas d'une très grande aide.
- « Eh bien, je dirai qu'elle est arrivée juste au bon moment. »
- « Tu parles d'une sauveuse » les interrompit Emma « une sauveuse qui maîtrise un voleur et tombe dans les pommes juste après! »
- « Quoi? Tu es tombée dans les vaps? Tu ne m'avais pas raconté cette partie là. »
- « Non, c'est vrai, je ne l'ai pas fait. Je ne l'ai pas fait parce que Mademoiselle n'a pas à tout savoir dans le moindre détail » lui répondit la blonde en grimaçant.
- « Gnagnagna... et alors qu'est ce qu'il s'est passé ensuite? »
- « Ben, c'est Mada..., pardon, Régina qui m'a sauvée à son tour. Comme ça, nous sommes quittes !».
En disant cela, Emma s'était tournée vers l'intéressée avec un sourire reconnaissant. Celle-ci les regardait amusée. Ces deux là se comportent vraiment comme des adolescentes! Elle hocha la tête brièvement pour confirmer les dires de sa locataire puis se leva pour prendre congés.
- « Bien, Mesdemoiselles, je vais vous laisser. Merci pour cet agréable moment et à très bientôt.
Emma la regarda s'éloigner. Cette femme a une classe folle songea-t'elle puis elle secoua la tête pour revenir à Ruby qu'elle fusilla du regard. Son amie était visiblement très amusée de la situation et très fière de son effet.
Trois semaines s'étaient écoulées. Au travail, Emma était désormais bien intégrée à l'équipe. Tous lui avaient réservé un bon accueil. Du fait de ses horaires d'intervention, elle mangeait souvent au même service que les enfants avec la directrice et l'infirmière. Cette dernière portait le nom curieux de Elsa Frozen. C'était une toute jeune femme, blonde au teint pale, assez réservée mais plutôt sympathique malgré son air mélancolique. Kathryn, elle, correspondait bien à l'idée qu'Emma s'en était fait au premier abord. C'était une femme charmante qui aimait son travail et se souciait vraiment des enfants dont elle avait la responsabilité. Elle n'avait rien en commun avec la directrice de l'époque où Emma était pensionnaire ici. Elles en avaient longuement parlé et cela leur avait permis de se rapprocher peu a peu. La directrice avait le même âge qu'Emma. Elle habitait sur place dans un petit logement de fonction mais s'était fiancée récemment. Avec James, son fiancé, ils cherchaient un appartement pour s'installer ensemble à proximité de l'orphelinat.
- « Si besoin, je peux te présenter ma meilleure amie, elle est agent immobilier. Je suis sure qu'elle pourra t'aider, elle est très douée ».
- « Rien ne presse dans l'immédiat, nous devons déjà en rencontrer une que m'a indiqué une amie, mais si ça ne marche pas avec elle, je te le dirai. De toutes façons, je n'envisage pas de quitter l'orphelinat avant l'automne. Il y a encore quelques travaux à suivre pendant l'été et je préfère rester sur place, au moins en semaine ».
- « Dis donc tous ces travaux, ça représente beaucoup d'argent. Comment fais tu? Je me souviens qu'à l'époque, chaque fois qu'on se plaignait de manquer d'eau chaude dans les douches ou bien de courants d'air dans le réfectoire, la directrice rétorquait que le budget dont elle disposait ne lui permettait que de réaliser les travaux les plus urgents. »
- « Il est vrai que nous avons eu beaucoup de chance. Il y a quelques années, un couple a adopté l'un de nos bébés, un petit garçon, âgé d'à peine quelques mois. Quand ils sont venus le voir à l'orphelinat, ils ont été choqués de l'état dans lequel se trouvaient les locaux. L'homme était un riche notable de Boston. Il a aussitôt créé une association pour la collecte de fonds destinés à réhabiliter les lieux. Il a, bien sûr, fait partie des plus généreux donateurs mais sous son impulsion, de nombreux autres dons ont suivi et nous avons pu réaliser les travaux dont tu as vu les résultats. »
- « C'est très généreux de sa part. Son fils a beaucoup de chance! »
- « Oui effectivement et il ne s'est pas contenté de ça. Il a également créé l'association Lola, du nom de sa première épouse, décédée accidentellement sans qu'ils aient eu d'enfants. »
- « Mais, c'est l'association qui m'emploie? »
- « Oui exactement!... Monsieur King s'occupait en personne de suivre le bon usage des fonds collectés mais depuis son décès, j'ai repris sa suite. »
- « Oh, il est mort récemment? »
- « L'hiver dernier, une crise cardiaque. C'est d'ailleurs en son hommage que nous inaugurerons une plaque commémorative à la fin du mois. »
Au dix septième étage du 180 Beacon Street, un nouveau quotidien s'installait peu à peu. Ruby passait un soir par semaine chez Emma. Souvent, à cette occasion, Henri faisait une petite apparition pour dire bonsoir et repartait aussitôt. Sa mère les saluait de loin. Emma se disait que finalement Ruby avait raison en disant que Régina était encore plus sauvage qu'elle. Granny, elle, était aussi enjouée que dans les souvenirs d'Emma. Quelques jours après avoir emménagé, Emma l'avait invitée à prendre le thé, ou plutôt un chocolat chaud dans le cas de la blonde. La vieille dame lui avait dit comme elle était contente qu'elle soit venue habiter là, que son arrivée allait redonner de la vie à cet étage... Emma comprit alors que sa charmante voisine avait surement du mal à se remettre du décès de son époux et se promit de faire des efforts pour lui redonner le sourire, ce si beau sourire...
Elle se croisaient peu. Le matin, Emma partait travailler la première et quand elle revenait, Régina était encore à la pharmacie ou bien occupée avec Henri. Un lundi matin, alors qu'elle était en repos après avoir emmené les petits et moyens au zoo le samedi, Emma sortit ses affaires de sport dans l'intention d'aller marcher et peut être courir si elle n'avait pas trop perdu la main. Elle avait envie de retourner dans le campus universitaire, histoire de se rendre compte si, là-bas aussi, les choses avaient radicalement changé en 15 ans. Elle se promena plus de deux heures, elle avait finalement opté pour de la marche rapide, ne se sentant pas motivée plus que ça pour courir. A son retour, alors qu'elle venait d'entrer dans le hall de l'immeuble et qu'elle se dirigeait vers l'ascenseur elle entendit la porte se ré-ouvrir derrière elle. Elle se retourna et tomba nez à nez avec sa voisine, en tenue de jogging, comme la première fois qu'elle l'avait rencontrée.
- « Bonjour Miss Swan, vous faites du sport? »
- « Bonjour Régina, simple ballade pour ma part mais vous ça à l'air d'être sérieux! »
- « Je fais en sorte de me maintenir en forme... »
Plutôt réussi! songea Emma.
« … mais vous aussi vous devez faire du sport vu votre ligne, non? »
- « Pas vraiment! C'est pas mon truc. »
- « Allez, venez, laissez-tomber l'ascenseur, suivez moi, on prend les escaliers! »
- « Hein, quoi? »
Mais son interlocutrice avait déjà tourné les talons et s'engageait dans la cage d'escalier.
- « Alors, vous venez? »
Emma n'eut pas le temps de réfléchir. Elle aurait l'air de quoi si elle refusait? Alors, bon gré mal gré, elle suivit sa voisine. Enfin, elle essaya.
- « Allez allez, ne vous arrêtez surtout pas » lui claironnait la brune en trottinant sur place pour l'attendre. »
Sa fierté la poussa à se surpasser et elle réussit à gravir les dix sept étages, trois cent cinquante sept marches au total, presque sans s'arrêter. Arrivée sur le pallier, devant une Régina tout sourire, elle était cramoisie, essoufflée et dégoulinait de sueur. Elle grimaça un sourire et s'éclipsa.
- « Ce n'était pas si mal que ça pour un début » lui dit la brune « Au moins vous n'avez pas renoncé en cours de route! »
Elle la regarda en fronçant les sourcils, ses poumons lui brulaient et elle avait du mal à reprendre son souffle. Impossible de répliquer.
- « Bah, entrainez vous régulièrement et vous me battrez avant 3 mois, croyez moi! » Rajouta la brune en souriant avant de rentrer chez elle.
Alors qu'elle prenait une douche bien méritée, Emma repensait à ce que lui avait dit sa voisine. C'est vrai que je ne tiens plus la distance. Je dois vraiment me remettre au sport!
Dans l'appartement voisin, Régina était ravie. Elle avait montré à sa jeune voisine qu'elle n'était pas un vieux crouton. Puis elle se gifla mentalement: Que je suis bête! Et d'une, elle n'en a rien à faire et de deux pourquoi donc est ce si important à mes yeux?
Deux jours après, Alors qu'Emma rentrait chez elle après une journée difficile, elle croisa Régina et Henry à la sortie de l'ascenseur. Elle les salua poliment et alors que le petit rentrait chez lui, la pharmacienne l'interpela:
- « Emma, je vois que vous avez des courbatures... ce n'est pas trop douloureux? »
- « Humpf... » soupira la blonde en grimaçant.
La brune s'approcha d'elle, posant sa main sur son avant bras, elle dit:
- « Je suis sincèrement désolée, c'est ma faute, je n'aurai pas du vous pousser ».
Elle la regardait droit dans les yeux, l'air vraiment navré. Et voilà que maintenant je lui fais pitié. Elle se moque de moi ou quoi? Emma bouillonnait.
- « C'est bon, je ne suis plus une enfant, j'en ai vu d'autres... » rétorqua Emma d'un ton sec en se dégageant. Son interlocutrice sans voix, la regardait, elle ne comprenait pas.
Bon sang! Mais pourquoi lui ai je crié dessus? Ce n'est pas sa faute si je ne fais jamais de sport et que je mange n'importe quoi! Emma ressaisis toi enfin, ne la laisse pas sur cette mauvaise impression.
- « Je …, Je suis désolée » commença-t'elle. « J'ai eu une journée pas facile, les gamins m'ont fait tourner en bourrique et j'ai mal partout. Je suis crevée. Excusez moi, je n'aurai pas du... »
- « Ce n'est rien, c'est moi qui suis désolée, je n'aurai pas du vous défier comme je l'ai fait. C'était puéril. Cela dit, pour limiter vos courbatures, je vous conseille de prendre d'abord un bon bain chaud pour vous détendre puis une douche froide sur vos jambes, de beaucoup boire, de l'eau, il va sans dire et de vous reposer. Je passerai vous voir un peu plus tard avec ce qu'il faut pour vous soulager. Vous avez des allergies? ».
- « Pas que je sache. Mais ce n'est pas la peine de... »
- « Taratata, laissez moi faire, chacune son rayon et la pharmacienne c'est moi. D'accord? »
- « OK, merci »
- « De rien. A tout à l'heure ».
Elle revint la voir une heure plus tard après être passé à la pharmacie chercher des granules d'arnica et une lotion miracle à base de camphre, arnica et autres huiles essentielles. Emma avait enfilé un short en jean et un top sans manches. Elle paraissait encore plus grande et mince. Ses cheveux encore mouillés étaient lâchés. Elle semblait effectivement très fatiguée.
- « Voilà, vous prenez cinq granules toutes les trois heures et vous commencez de suite par vous masser les jambes avec ça. L'odeur n'est pas terrible mais c'est efficace. Si vraiment ça vous fait mal au point de ne pas pouvoir dormir, prenez du paracétamol. »
- « Bien Madame ».
Régina leva la tête, intriguée. La blonde la regardait en souriant l'air taquin. Visiblement, il n'y avait plus aucun signe d'animosité dans ses beaux yeux verts. La pharmacienne lui sourit à son tour et lui tendit la main:
- « On fait la paix? »
Le regard émeraude ne l'avait pas quittée mais le sourire s'était élargi:
- « OK, prochain défi, c'est moi qui choisis le terrain de jeu »
La brune se mit à rire, Emma la regardait, éblouie. Dieu que cette femme la troublait!
En ce dernier samedi de juin, l'orphelinat était en pleine effervescence. Ce soir commençaient les vacances scolaires. Beaucoup d'enfants, dont les plus jeunes, partiraient dans des familles volontaires pour les accueillir jusqu'en septembre. Là encore, c'était une des grandes réussites de l'association Lola. Les enfants ne partaient jamais seuls mais par groupe de deux ou trois dans une même famille ou dans un même quartier. Ainsi, ils pouvaient se retrouver pendant la durée du séjours. Pour ceux qui restaient, Emma allait s'occuper de leur organiser tout un tas d'activités afin qu'ils ne s'ennuient pas trop d'ici la rentrée.
Avant le grand départ, prévu pendant le weekend, la semaine s'achevait par une petite fête à laquelle étaient conviés les enfants, le personnel et surtout les membres bienfaiteurs de l'association. Une grande table avait été dressée dans le parc, à l'ombre des arbres pour abriter le buffet. James, le fiancé de Kathryn s'occupait avec les plus grands d'installer la sono pour animer la soirée. Emma avait demandé des volontaires pour aider à installer les chaises tandis qu'un deuxième groupe s'affairait avec Elsa pour décorer la table. En cuisine, les cantinières s'affairaient autour du chef pour terminer la composition du buffet avant que la cérémonie ne commence. C'était ce soir qu'aurait lieu l'inauguration de la plaque commémorative du bienfaiteur King.
Après que Kathryn lui ait raconté l'histoire de l'association Lola, Emma était allée voir de plus près la fameuse plaque. En fait, elle était composée d'un support en marbre rose sur lequel étaient placés deux médaillons en Bronze représentant le buste d'un homme et d'une femme. Elle lut: En mémoire de Leopold King (1945-2013) fondateur de l'association de soutien de l'orphelinat de Boston et de Lola King (1947-1998). Elle fut surprise qu'un homme en age d'être grand-père ait pu adopter un bébé. Il avait du se remarier avec quelqu'un de plus jeune après le décès de son épouse.
18h: Les premiers invités arrivaient et Kathryn les accueillait à tour de rôle et leur expliquait brièvement les travaux qui avaient été réalisés pour les occuper en attendant l'arrivée de la famille King, attendue vers la demie. Emma et Elsa avaient terminé de préparer la table. Elles remercièrent les jeunes qui les avaient aidées puis rejoignirent leurs collègues pour accueillir les invités.
Tout était fin prêt quand une Mercédes noire pénétra dans l'enceinte du parc et alla se garer devant l'accueil. Aussitôt, Kathryn se précipita pour accueillir ses occupants. Surement la famille King se dit Emma. Effectivement ils ont l'air d'avoir les moyens... De là où elle était, elle ne voyait pas l'avant de la voiture mais devina, surprise, que Kathryn embrassait chaleureusement le chauffeur avant d'ouvrir la portière du passager arrière et d'en faire descendre un jeune garçon. Le petit brun passa aussitôt les mains autour du cou de Kathryn pour l'embrasser à son tour. Tiens, elle les connait donc si bien? pensa la blonde. C'est alors que le garçon se retourna vers eux et qu'elle vit enfin son visage.
- « Henry? »
- « Tu le connais? » lui chuchota l'infirmière.
- « …. » Emma était figée, bouche ouverte, regardant maintenant s'avancer vers eux Henry, Régina, Granny et Kathryn.
C'est tout pour aujourd'hui (pas taper, pas taper...). A bientôt. N'oubliez pas de continuer à m'envoyer vos remarques et commentaires. Merci.
Z.
