Bonjour et merci pour vos reviews et PM qui font chaud au cœur. Je n'en reviens toujours pas que vous soyez aussi nombreux (ses) à suivre cette histoire (près de 400). Du coup, je me dis que seulement quelques reviews par chapitre c'est très peu... Je suis exigeante, je sais, je sais...
Quoi qu'il en soit, je suis ravie que le début de ma fic vous plaise et j'espère que ça va continuer...
Un petit MPMP(message privé mais public) à l'attention de « Miss Des Bises ;) »: J'avoue: la surprise d'Emma qui découvre qu'Henry est le fils adoptif de Léopold King, en même temps que le lecteur c'était un peu fait exprès ^^). Le seul indice était dans le chapitre 4 quand Henry se présente et qu'il donne son nom de famille complet. Bises à toi aussi ;).
Comme d'habitude, les personnages ne m'appartiennent pas, blablabla... mais l'histoire est entièrement mienne :)
Bonne lecture, je vous retrouve en bas...
PS: Ceci est la version corrigée après le commentaire de ZahaZahar. Merci M'dam ;)
Chapitre 6: Révélations.
- « Henry? »
- « Tu le connais? » lui chuchota l'infirmière.
- « …. » Emma était figée, bouche ouverte, regardant maintenant s'avancer vers eux Henry, Régina, Granny et Kathryn.
En arrivant à l'orphelinat, Régina eut un pincement au cœur. Six ans plus tôt, elle avait été bouleversée en découvrant l'univers dans lequel grandissaient les orphelins de Boston. Jusqu'à là elle ne s'était jamais posée la question, pas même alors qu'elle avait entamé la procédure d'adoption. Elle qui avait grandi dans un environnement bourgeois avait naïvement imaginé qu'un orphelinat ressemblerait à un pensionnat comme un autre. Aussi, quand elle avait passé la grille du parc la première fois avec Léopold, une profonde impression d'abandon les avait submergés: Non seulement les enfants n'avaient pas de famille mais, en plus, l'état de délabrement des locaux de l'établissement laissait penser qu'ils étaient également abandonnés financièrement.
Leur rencontre avec Miss Fredricks, la directrice, était avant tout destinée à la présentation des dossiers des enfants adoptables. Toutefois, ils avaient également longuement parlé du fonctionnement de l'établissement à la tête duquel elle avait été récemment nommée. Elle leur avait avoué que les locaux souffraient de manque d'entretien depuis longtemps et que le budget que leur allouait la Mairie de Boston couvrait à peine le minimum vital.
Elle leur avait ensuite proposé de faire un tour dans l'orphelinat pour rencontrer les différents pensionnaires et voir si un déclic se produisait en particulier avec l'un d'eux. Ils cheminèrent donc dans l'établissement, constatant les conditions de vie qui étaient le quotidien des petits. Arrivés à la pouponnière, la directrice leur confirma que tous les bébés présents étaient proposés à l'adoption et en excellente santé. Régina avait le cœur serré rien qu'en imaginant que certains de ces bouts de chou n'auraient d'autre univers que ces murs austères au cours de leur enfance. Elle avait pris une profonde inspiration avant d'entrer.
Elle avait tout juste passé le seuil de la porte et était encore perdue dans ses pensées quand elle croisa le regard vif et souriant d'un petit brun. Il était allongé dans un parc dans un coin de la salle et babillait gaiement en secouant une girafe en plastique. Il y avait d'autres enfants dans la pièce mais elle ne vit que lui, si présent, si lumineux, au milieu de toute cette grisaille.
Léopold avait immédiatement remarqué qu'elle avait marqué un temps d'arrêt. Il l'avait alors observée un instant puis avait posé sa main sur son épaule en souriant. Elle s'était approchée du parc en se baissant pour s'approcher du petit garçon. Les babillages de celui-ci avaient alors redoublé quand il avait senti qu'on s'intéressait à lui. Il était adorable. Il devait avoir cinq ou six mois, guère plus. Il avait maintenant abandonné sa girafe et gigotait pour attraper son pied.
- « Voulez-vous le prendre dans vos bras ? » avait proposé la directrice.
Régina l' avait regardée la larme à l'œil. Elle avait tendu les bras au petit garçon et l'avait installé tout contre elle, bien calé au creux de son bras. Elle avait noyé son regard dans le sien alors qu'il s'intéressait maintenant à ses longs cheveux bruns. Léopold s'était approché et lui avait glissé à l'oreille :
- « Je crois bien que lui t'a déjà adoptée ».
Elle se souvenait de ce jour comme si c'était hier. Elle avait reposé l'enfant qui s'était aussitôt mis à hurler puis, la mort dans l'âme, ils avaient quitté les lieux.
La semaine suivante, ils revenaient chercher Henry. Entre temps ils avaient discuté de l'état de délabrement de l'orphelinat et la pharmacienne avait expliqué à son mari combien elle se sentait coupable vis-à-vis des autres enfants de ne pas leur donner la même chance que celle qu'ils allaient offrir à leur fils. C'est pourquoi, le jour où ils se présentèrent à l'orphelinat pour prendre Henry, Léopold fit à Kathryn Fredricks une proposition qu'elle ne put refuser : il souhaitait créer une association de parrainage de l'établissement qui aurait pour but de restaurer le site et de proposer aux enfants de multiples activités. Il s'engageait à titre personnel à verser 500000 dollars rien que pour les premiers travaux. L'association de sauvegarde de l'orphelinat de Boston était née, rapidement suivie de l'association Lola pour le bien-être des petits pensionnaires… Après cela, ils étaient revenus souvent pour suivre l'avancée des travaux. Régina et Kathryn avaient rapidement sympathisé. Avec le temps, les visites à l'orphelinat s'étaient espacées mais les deux femmes continuaient à se voir régulièrement. Mis à part Granny et peut être Ruby, Kathryn était sa seule amie. Aussi, quand quelques mois après le décès de Léopold la directrice lui avait demandé son accord pour qu'un hommage lui soit rendu à l'orphelinat, la brune n'avait pu qu'accepter.
Alors qu'elle s'avançait vers la cour elle vit que tous les attendaient déjà, comme au garde à vous. Il y avait les enfants bien entendu, le personnel et enfin les donateurs, issus pour la plupart du cercle de connaissances de Léopold. Tout à coup, son regard fut attiré par un blouson rouge et une longue chevelure blonde.
- « Miss Swan? »
Henri semblait l'avoir vue au même moment.
- « Maman, y a Emma, y a Emma!»
Celle-ci les regardait, visiblement aussi surprise qu'eux.
Elle les vit s'avancer vers l'assemblée et réalisa alors que le généreux donateur n'était autre que le défunt mari de Régina. Pourquoi ne porte-t-elle pas son nom? L'arrivée de la brune et de son fils l'avait tellement surprise qu'elle restait figée. Elle sentit Elsa qui lui donnait un coup de coude.
- « Hein, Quoi? »
- « Emma, qu'est ce qui t'arrive? Tu les connais? … Ah ben oui visiblement, regarde, le petit te fait signe. »
La blonde secoua la tête, histoire de reprendre ses esprits et fit également un signe discret de la main à Henri en lui souriant. L'enfant se tourna vers sa mère qui salua la blonde d'un léger hochement de tête.
Emma réfléchissait à cent à l'heure... Henri était un enfant adopté? La belle Régina avait donc épousé un homme de trente ans plus âgé qu'elle? Emma était sous le choc de la surprise…
Tandis que les King-Mills et Granny rejoignaient la petite estrade, la blonde répondit enfin à l'infirmière:
- « Ce sont mes voisins »
- « Ben dis donc, tu as les moyens, ils doivent habiter dans un coin plutôt chic non? »
- « Oui, enfin non, c'est compliqué. Je leur loue mon appartement mais à petit prix et oui le quartier est plutôt chic. »
Emma se tut. Régina King allait prendre la parole. Elle en profita pour l'observer attentivement. Comme toujours, la pharmacienne était très chic, bien droite dans ses escarpins qui devaient bien avoir dix centimètres de talons, elle portait un tailleur strict qui mettait en valeur sa silhouette. Pour s'adresser au public, elle s'appuya au pupitre devant elle. Cette femme avait vraiment une aura qui impressionnait la blonde. Il se dégageait d'elle une sensation de maîtrise de soi assez troublante qui laissait la blonde pantoise.
- «Chers amis, Je suis très honorée de l'hommage qui est rendu aujourd'hui à mon époux, Léopold King. Léopold était un homme bon. Il pensait sans arrêt aux autres. Il ne faisait pas les choses pour faire parler de lui mais parce qu'elles étaient utiles. La rénovation des locaux de l'orphelinat de Boston était un projet qui lui tenait à cœur, de même que l'organisation d'activités pour les pensionnaires du centre. …. »
Tandis qu'elle s'exprimait au micro, Emma continuait à l'observer. Était il possible qu'une femme aussi séduisante que Régina ait pu épouser par amour un homme qui aurait pu être son père? Sinon quoi? Un mariage d'intérêt? La brune avait fait des études et avait un bon métier... alors pourquoi? Et d'abord qu'est-ce que cela peut bien te faire? Cela ne te regarde pas...se dit-elle en fronçant les sourcils. Mais elle ne pouvait s'empêcher d'y penser. Elle sentit sur elle le regard de l'oratrice qui continuait son discours. En fait, tout en parlant, celle-ci n'avait de cesse de la regarder comme si elle lui parlait en personne ou comme si elle guettait ses réactions.
« … Léopold s'est fait un plaisir de suivre personnellement l'avancement des travaux mais il nous a malheureusement quittés avant leur achèvement. Aujourd'hui, avec mon fils Henry et mon amie Granny qui était comme une sœur pour Léopold, nous vous sommes très reconnaissants pour ce monument qui perpétuera sa mémoire ainsi que celle de Lola, sa première épouse. »
Kathryn Fredricks monta la rejoindre sur l'estrade et remercia à son tour la famille King et l'ensemble des généreux donateurs au nom de tous les enfants et du personnel de son établissement puis décréta l'ouverture du buffet.
Elsa s'approcha d'Emma:
- « Les mauvaises langues disent qu'elle l'a épousé pour son argent... c'était un veuf riche et sans enfant ».
- « De toutes façons, qu'est-ce que ça peut faire? » Répondit Emma en grimaçant. « Allons voir ce fameux buffet ».
Régina était soulagée que le discours soit terminé. Non pas que le fait de prendre la parole en public lui ait posé le moindre problème mais sans qu'elle sache vraiment pourquoi elle avait été gênée de la présence d'Emma Swan. Elle n'était pas dupe et savait très bien ce que les gens pensaient de ce mariage. Elle assumait habituellement très bien son personnage de jeune arriviste qui avait épousé son patron pour son argent. Elle avait fait ce choix en pleine connaissance de cause et s'était préparée à en assumer les conséquences. Seules Granny et Ruby étaient au courant de la véritable nature de leur union. Et puis Léopold était vraiment un homme tel qu'elle l'avait décrit. Ils avaient noué avec le temps des liens d'affection forts et Régina retrouvait en lui un peu de son père que sa mère avait éloigné d'elle. Du coup, ce mariage ne lui faisait pas honte habituellement. Habituellement, non. Alors pourquoi aujourd'hui le regard inquisiteur de la blonde l'avait il mise si mal à l'aise?
Kathryn jouait à merveille son rôle d'hôtesse. Elle guida Régina vers le buffet et fit une halte devant les membres du personnel qu'elle lui présenta l'un après l'autre. Sa locataire blonde était parmi les derniers avec une blonde à l'air timide qu'on lui présenta comme étant l'infirmière. Arrivée devant Emma, Kathryn fit mine d'entamer les présentations mais les deux femmes répondirent en cœur:
- « Nous nous connaissons déjà »
Devant l'air intrigué de la directrice, la brune rajouta:
- « Miss Swan est ma voisine »
- « ...et locataire » Rajouta Emma.
Elles se serrèrent la main en souriant.
- « Vous m'aviez dit vous occuper d'enfants mais que faites-vous donc ici exactement? »
Sa surprise passée, Kathryn reprit la parole:
- « Emma est la nouvelle intervenante de l'association Lola. »
- « Mais tu m'avais dit que tu allais recruter parmi les anciens pensionnaires de l'orphelinat pour faciliter les échanges. Je suis surprise que finalement tu aies fait appel à un inspecteur de police. »
- « Tu as tout à fait raison. Emma est passée par notre orphelinat et ce n'est pas en tant qu'inspectrice qu'elle a accepté cette mission. D'ailleurs, son précédent métier n'a pas à être connu ici».
- « Oh » fut tout ce que la brune put ajouter. Elle réalisait combien elle ignorait tout de sa locataire.
Alors que la directrice entraînait son invitée d'honneur pour lui présenter un autre groupe, Granny et Henry s'approchèrent pour embrasser Emma.
- « C'est ici que tu travailles? » demanda le petit.
- « Oui tu vois, je m'occupe d'organiser des jeux ou des sorties pour les enfants après l'école ou pendant les vacances ».
- « Ils ont trop de chance! Dis, tu pourras jouer avec moi aussi? »
Emma et Granny sourirent à la remarque du petit. S'il savait, il n'avait vraiment pas de quoi les envier...
- « Va rejoindre maman, elle t'appelle, je reste un peu pour parler avec Emma » lui dit alors la vieille dame.
- « Il est vraiment adorable » rajouta la blonde.
- « Oui, cet enfant est un véritable bonheur qui illumine notre vie à tous mais en particulier celle de Régina. Je me félicite chaque jour d'avoir été un peu à l'origine de leur rencontre ».
- « Comment ça? »
- « Eh bien, sans moi, Léopold et Régina ne se seraient jamais mariés et n'auraient jamais adopté le petit... Mais parlons un peu de toi. J'avais oublié mais maintenant que je te vois ici, je me souviens que tu es orpheline. C'est donc ici que tu as grandi? »
- « C'est exact, et croyez moi j'aurais aimé que Monsieur King découvre plus tôt notre orphelinat, ce qu'il en a fait n'a plus grand chose à voir avec ce que j'ai connu... »
- « Léo était un homme extraordinaire, gentil, généreux et toujours prêt à faire le bien. Bien qu'il se soit pas réellement son fils, je retrouve cela chez Henry»
- « Sait-il qu'il a été adopté? »
- « Bien sûr qu'il le sait! Nous ne le lui avons jamais caché » coupa Régina qui venait de les rejoindre.
- « Je suis désolée, je voulais éviter de commettre un impair. »
- « C'est moi qui suis désolée de ma maladresse de tout à l'heure. Pensez-vous que quelqu'un a entendu quand j'ai mentionné votre profession? »
- « Ah, ça? Non ne vous en faites pas. Même si ça venait aux oreilles des jeunes, je leur dirai la vérité. Au contraire, maintenant qu'ils m'ont acceptée, j'aimerai leur montrer que même quand on part mal dans la vie, on peut toujours se rattraper. »
- « Vous aimez votre métier d'inspectrice, n'est-ce pas ? »
- « Je l'aimais oui. J'ai toujours eu horreur de l'injustice mais ce qui me faisait tellement aimer mon job m'a finalement amenée à le quitter! » répondit la blonde en se renfrognant.
Régina se dit alors que sous son apparente force, la blonde semblait cacher bien des blessures. Un jour peut-être qu'elle serait disposée à lui en parler mais ce soir n'était pas le bon moment ni le bon endroit. Kathryn venait de les rejoindre.
- « Emma, je n'ai pas encore eu l'occasion de te présenter James, mon fiancé ». Elle était accompagnée d'un grand blond souriant. Il arborait une courte barbe. Tandis qu'il entamait la conversation avec ses voisines, Emma l'examinait en fronçant les sourcils. Elle était persuadée de l'avoir déjà rencontré mais ne se rappelait pas dans quelles circonstances. Lui n'avait montré aucun signe laissant penser qu'il l'avait déjà vue. C'était visiblement un garçon charmant. Avec Kathryn ils formaient un très beau couple.
- « Un problème Emma? » s'enquit Kathryn voyant qu'elle regardait son fiancé avec un air contrarié.
- « Je ne sais pas, je suis persuadée d'avoir déjà rencontré James... »
- « Attends, on va lui demander. James, viens voir s'il te plait »
- « Oui, que puis-je pour vous mesdames? »
- « Emma pense t'avoir déjà rencontré. Tu la connais ? »
- « Non, je suis désolé, je pense que je m'en souviendrai ». Il souriait à sa fiancée l'air taquin.
... « Attendez, vous connaissez peut être mon frère, David? »
Emma se souvint alors:
- « David?... Vous voulez parler de David Nolan? Le shérif de Storybrooke? »
- « Oui c'est bien ça, David est mon frère jumeau ».
- « Vous connaissez Storybrooke Emma? ». Régina s'était avancée, curieuse.
- « Oui malheureusement! Enfin, je n'ai rien contre la ville, je n'y ai passé que quelques jours et les gens m'y ont semblé fort sympathiques mais les circonstances ont fait que je n'en garde pas un excellent souvenir ».
- « Comment avez-vous rencontré David? » demanda James.
- « Marie Margareth et lui m'ont hébergé il y a quelques mois le temps d'une enquête »
- « C'est donc vous? » Régina n'avait pu retenir sa surprise. Emma la regardait l'air interrogateur.
- « Qu'y a-t-il Régina ? Vous aussi vous connaissez Storybrooke? »
- « James est un ami d'enfance, c'est moi qui l'ai présenté à Kathryn. C'est donc vous la policière qui a tiré sur...».
- « Chut, Régina, je vous en prie, je ne souhaite pas en parler ». Emma baissa la tête, si elle avait pu, elle aurait souhaité disparaître. La brune la saisit fermement par les épaules, bras tendus :
- « Mais enfin Emma, regardez-moi, vous n'avez rien fait de mal! Greg Mendell est un monstre, il a toujours été un monstre vous m'entendez ?» Elle était hors d'elle.
La blonde leva lentement les yeux et se figea en découvrant la détermination dans le regard de sa voisine. Les autres assistaient impuissants à la scène. Régina, finit par réaliser où elles se trouvaient et relâcha son étreinte.
- « Je suis désolée,... je ne voulais pas... excusez-moi ». Elle lâcha Emma et s'éloigna rapidement vers le parking.
- « Régina, attendez... » Emma la rattrapa près de la Mercedes. « Régina, qu'y a-t-il, pourquoi êtes-vous en colère? Je ne comprends pas. »
- « Vous ne pouvez pas comprendre, vous ne savez pas, personne ne sait... »
- « Régina, je vous en prie, qu'y a-t-il de si grave? Voulez-vous qu'on en parle?»
- « Je ne peux pas, pas ici, mais oui, il faudra bien. A vous, je veux bien en parler, je pense que vous comprendrez ». Ses yeux étaient remplis de larmes. Emma s'approcha lentement et pris les mains de son interlocutrice. Elle attendit qu'elle lève les yeux vers elle et lui dit:
- « Venez, nous allons rejoindre les autres. Plus tard, quand nous serons rentrées, ou bien demain, si vous êtes d'accord, nous parlerons de tout ça. Vous voulez bien? »
Régina leva les yeux vers la blonde. Le regard de celle-ci était plein de tendresse. Ses magnifiques yeux émeraude l'enveloppaient. Elle acquiesça, prit une minute pour se recomposer une mine présentable puis elles retournèrent rejoindre le petit groupe. Emma avait passé sa main derrière le coude de la brune en un geste protecteur.
Le reste de la soirée se passa sans encombre. Emma fit plus ample connaissance avec James qui était professeur de musique dans le lycée voisin. Il ne fut plus question de Storybrooke ou de Mendell mais les deux femmes savaient qu'il leur faudrait en reparler sans tarder. Au moment de se quitter, Emma proposa à sa voisine qu'elles se voient le lendemain soir après qu'Henri soit couché. La brune accepta mais proposa qu'ils mangent ensemble pour que son fils profite également de la présence de la blonde.
- « Il est littéralement tombé sous votre charme! » rajouta-t-elle avant de rougir. « S'il sait que nous nous sommes vues sans lui, il va me faire une scène. Autant anticiper afin qu'il aille se coucher sans broncher».
Ce soir-là, Emma eut encore une fois du mal à s'endormir. Ce n'était pas Mendell et les flashbacks sur l'agression de Jeff qui la hantaient mais la réaction de Régina quand elle avait compris qu'Emma avait tiré sur l'homme. Visiblement, elle le connaissait et ne l'appréciait guère. Que lui avait-il fait ? Vu sa réaction, limite violente, il s'était passé quelque chose de grave entre eux, surement il y a longtemps vu la remarque de Régina sur le fait qu'il avait toujours été un monstre. Elle se posait tellement de questions sur sa mystérieuse voisine. Chaque jour, elle découvrait un peu plus de son histoire, et chaque nouvelle information amenait plus de question. Elle espérait beaucoup de leur discussion le lendemain. Réalisant cela, elle se sermonna : Arrête de penser à elle, elle est hétéro, veuve et maman de surcroit, comment veux-tu qu'elle s'intéresse à toi ? Mais elle avait beau essayer, ses pensées revenaient très vite sur la belle brune. Tu n'es pas bien ma pauvre fille, que veux-tu faire avec elle, il n'est pas question d'une aventure d'un soir et encore moins de s'attacher… alors quoi ? Plus elle se raisonnait et plus les beaux yeux noisette revenaient la hanter. Elle finit par s'endormir après avoir longuement bataillé.
De son coté, Régina n'en menait pas large non plus. Elle réalisait qu'elle avait eu des réactions disproportionnées en présence de sa locataire. Celle-ci devait la prendre pour une folle, surtout après l'épisode d'aujourd'hui où elle l'avait presque agressée physiquement quand elle avait compris qu'Emma était celle qui avait tiré sur Greg. Décidément, cette blonde qui avait débarqué dans sa vie il y a quelques semaines à peine bouleversait tout sur son passage. Demain elle devrait lui parler de Greg Mendell, et ça, elle ne l'avait jamais fait en 20 ans. Elle ne doutait pas que la blonde comprendrait mais elle avait peur que le regard que celle-ci pouvait porter sur elle puisse changer. Comment était-il possible qu'en quelques jours seulement, Emma ait pris autant de place dans sa vie ?
Le samedi leur sembla interminable. Toute la journée, elles réfléchirent à ce qu'elles allaient pouvoir dire à l'autre concernant Mendell. Elles étaient toutes les deux conscientes que cette discussion allait définitivement changer leur relation et elles en redoutaient les conséquences.
La fin de journée arriva enfin, Emma rejoignit l'appartement de ses voisins comme la première fois, après qu'Henry soit venu la chercher via la terrasse. Le gamin était très fier de la recevoir. Il avait dessiné un set de table pour chacun d'entre eux et, sur celui d'Emma il avait mis des bateaux. Pendant tout le repas, il avait accaparé la blonde à propos des embarcations mais aussi des jeux qu'elle proposait aux enfants de l'orphelinat. Une fois le repas terminé, sa mère alla le coucher et proposa à son invitée qu'elles aillent prendre l'air sur la terrasse. Ainsi elles seraient plus tranquilles pour parler à l'abri des oreilles du petit garçon. Elles s'installèrent donc sur la banquette du salon extérieur. Pendant que la brune couchait son fils, Emma avait préparé un cappuccino pour sa voisine et un chocolat chaud à la cannelle pour elle. Le soleil se couchait sur la baie et le ciel rougeoyant était superbe. Malgré cela, la tension était palpable. Emma se lança :
- « Ainsi, vous connaissez Mendell ? »
- « Oui, nous étions voisins à Storybrooke »
- « Et ? Vous ne m'avez pas donné l'impression de beaucoup l'apprécier. »
- « Non effectivement » dit la brune en se repliant sur elle-même.
- « Régina, Que vous a-t-il fait ? Car il vous a bien fait quelque chose non ? »
La brune ne répondait pas, Emma vit dans ses yeux qu'elle ne savait pas par où commencer. Il fallait qu'elle la rassure, elle savait comment s'y prendre pour amener les gens à se confier sur ce qu'ils ont subi. Elle appliqua donc à la lettre les enseignements de l'école de police : « Régina, écoutez-moi, je suis de votre côté, vous le savez ? Commencez par me raconter votre vie à cette époque ».
- « J'ai grandi à Storybrooke, ma mère était le bras droit du Maire de l'époque, l'actuel gouverneur Gold. Comme vous le savez sûrement, Mendell est son demi-frère, né tardivement du remariage de leur mère. Quand celle-ci est tombée malade, peu après le décès de son second mari, Gold l'a accueillie chez lui avec son jeune fils. La pauvre femme a été emportée par un cancer en quelques mois. Greg avait tout juste treize ans, il a été anéanti. C'est donc son frère ainé qui est devenu son tuteur… Greg était un garçon perturbé, violent, il se battait souvent et son frère devait user de toute son influence pour effacer les traces de ses frasques… Quelques années plus tard, alors que nous étions au lycée, Mendell s'est imaginé que j'étais amoureuse de lui. A l'époque, je sortais avec Daniel et lui ne m'intéressait absolument pas. Cependant, nous nous rencontrions souvent en famille le weekend et il s'était inventé une histoire abracadabrante dans laquelle je m'intéressais secrètement à lui. Un soir, alors que Daniel et moi rentrions du cinéma à pied à travers le parc, Greg nous a abordés. Visiblement il était saoul. Il m'a accusée de le tromper et a frappé Daniel. L'agression a été si violente et inattendue que ce dernier n'a même pas pu se défendre. Au premier coup, il est tombé par terre, sonné. Mendell s'est alors rué sur lui. A genoux à cheval au-dessus de lui, il continuait à le frapper en criant : « elle est à moi, à moi, à moi ! » Je criais, pleurais, suppliais pour qu'il arrête, mais rien n'y faisait. Ce n'est qu'en le voyant inconscient, le visage ensanglanté, qu'il a cessé puis s'est relévé et s'est tourné vers moi: « Tu vois ce que tu m'as fait faire ! C'est ta faute ! Tu vas payer ! » Comprenant qu'il n'allait pas en rester là, je me suis enfuie en appelant au secours. Heureusement, je suis tombée sur les frères Nolan et Marie-Margareth qui eux aussi rentraient par le parc. Ils m'ont évité le pire et je leur en serai éternellement reconnaissante. Voyant qu'il ne pouvait plus s'en prendre à moi, Mendell s'est enfui à son tour. Nous sommes retournés près de Daniel qui était toujours inconscient. David et James ont appelé l'hôpital et leur père qui était shérif et j'ai prévenu ma mère en lui racontant brièvement ce qui s'était passé. »
Régina marqua un temps d'arrêt. Elle regarda Emma, s'attendant à voir de la pitié dans ses yeux mais son regard était grave.
- « Donc le problème n'est pas nouveau ! Qu'est-il advenu ensuite ? Il a été arrêté ? Votre ami s'en est-il remis?»
- « Nous arrivons à la partie la plus sordide de cette histoire, au bout de cinq minutes, l'ambulance et le shérif nous ont rejoints. Le docteur a examiné Daniel et l'a emmené sans qu'il ait repris connaissance. Tandis que le shérif nous questionnait pour en savoir plus sur ce qui s'était passé, ma mère est arrivée accompagnée de Gold. Ils ont décrété qu'il était tard et que le shérif pourrait poursuivre ses questions le lendemain. Nolan a insisté pour lancer les recherches après Greg mais le Maire l'en a dissuadé aussitôt, promettant de venir au poste dès le lendemain avec son frère. »
- « Quoi ? Mais de quel droit ? »
- « Storybrooke est une petite ville, le Maire est tout puissant et le shérif est sous ses ordres. Nolan n'avait pas le choix ! »
- « Mais et votre mère qu'a-t-elle dit ? »
- « Rien, elle n'a absolument rien dit sauf que cela ne serait pas arrivé si je n'avais pas fréquenté ce gringalet de Daniel. Elle ne l'appréciait pas. Daniel était le fils de l'intendant du lycée. Pas assez bien pour moi selon elle. »
- « Eh bien, finalement, je me demande s'il ne vaut pas mieux ne pas avoir de mère plutôt qu'une mère comme la vôtre ! »
- « Je ne vous le fais pas dire. »
- « Excusez-moi, je n'aurai pas dû faire ce commentaire, mais c'est tellement impensable ! Que s'est-il passé ensuite ?»
- « J'ai supplié ma mère de me laisser aller à l'hôpital voir Daniel mais elle a refusé et nous sommes tous rentrés chez nous, presque comme si rien ne s'était produit.»
Emma n'en revenait pas, comment Gold avait-il pu se compromettre autant et poursuivre son ascension politique sans jamais être inquiété après une telle histoire?
« Le lendemain, ma mère m'a consignée à la maison mais j'ai pu obtenir des nouvelles de Daniel en appelant James. Il avait repris connaissance dans la nuit. Il souffrait d'une fracture du nez et de la pommette ainsi que d'un traumatisme crânien. Je m'attendais à devoir aller au bureau du shérif pour déposer mon témoignage mais il n'en fut rien.»
- « Comment est-ce possible ? »
- « Il n'y a pas eu de plainte. Gold a fait pression sur le père de Daniel et lui a obtenu la mutation pour la Californie qu'il attendait depuis plusieurs années en échange de son silence. En ce qui me concerne, il ne s'était rien passé dixit ma très chère mère. »
- « Et Mendell ? »
- « Il a disparu de la circulation quelques mois, envoyé en pension le temps de finir l'année scolaire, histoire que les choses se tassent. Quand la famille de Daniel a eu déménagé, au début de l'été, il est revenu.»
- « Vous a-t-il encore importunée ? »
- « Pas directement mais il me suivait, m'épiait. Je n'étais jamais tranquille. J'ai fini par ne plus sortir de chez moi sauf accompagnée. David et James m'ont largement soutenue à ce moment-là. L'année suivante, il a été envoyé en Europe par son frère, je pense pour éviter d'autres problèmes, et je n'en ai plus jamais entendu parler jusqu'à ce que David me contacte pour me raconter ce qui s'était passé lorsque vous l'avez neutralisé».
- « Vous voulez dire qu'il n'a jamais remis les pieds à Storybrooke entre temps ? Pourtant le Gouverneur m'a laissé entendre qu'il y allait régulièrement.»
- « Lui oui, mais pas moi. Après ce qui s'était passé et vu le comportement de ma mère, je suis partie faire mes études à Boston et je n'ai plus jamais remis les pieds là-bas».
- « Vous avez complètement coupé les ponts avec votre famille? »
- « Avec ma mère quasiment. Elle n'approuvait pas mes choix de carrière. Mais pas avec mon père qui m'a soutenue discrètement. Il m'a aidée financièrement mais toujours en cachette de ma mère.»
- « Et aujourd'hui ? »
- « Aujourd'hui, ce sont eux qui ont complètement coupé les ponts avec moi quand je me suis mariée avec Léopold ».
- « Puis-je vous demander pourquoi ? »
- « Ma mère ! Elle avait d'autres ambitions pour moi et le mariage en faisait partie. Elle a même envisagé un moment de me faire épouser Mendell vous vous rendez compte ? »
- « Mais elle est malade ! » Emma était horrifiée.
- « Tout ce qui compte pour elle c'est la carrière et Mendell évoluait dans les hautes sphères politiques, auprès de son frère… »
- « Et votre père dans tout ça ? »
- « Mon père est un faible. Jusqu'à mon mariage, il m'appelait de temps en temps pour prendre des nouvelles mais après ça, plus rien. J'espérais que l'arrivée d'Henry le ferait changer d'avis mais ça n'a pas été le cas.»
Elle avait les larmes aux yeux. Emma bouillonnait. Comment pouvait-on traiter son enfant de la sorte ? Elle ne savait pas comment exprimer ce qu'elle ressentait sans blesser la brune.
- « Régina… »
- « Non s'il vous plait, ne dites rien. Je ne veux pas de votre pitié. Je gère ça toute seule depuis vingt ans… mais j'espère que vous comprenez maintenant ma réaction quand j'ai compris que vous étiez celle qui m'avait enfin délivrée de Mendell ?»
-« Oui, je comprends mieux en effet. Et Daniel, l'avez vous revu après ça ? »
-« Oui, il a repris les cours après deux semaines mais il ne m'a plus adressé la parole. C'était mon premier amour. J'ai eu le cœur brisé mais je comprenais. Sa petite amie n'était même pas allée le voir à l'hôpital alors qu'elle était responsable de ce qui lui était arrivé... Puis il a déménagé et je n'ai plus jamais eu de ses nouvelles. Je me suis jetée à corps perdu dans le travail pour oublier tout ça. J'ai obtenu mon diplôme de pharmacienne et j'ai été embauchée par Granny et Léopold dès la fin de mes études. »
- « Et c'est avec eux, votre nouvelle famille, que vous vous êtes reconstruite, c'est bien ça? »
La brune hocha la tête pour confirmer. Dans l'immédiat elle n'en dirait pas plus. Emma resta silencieuse. Elle ne comprenait que trop bien ce que Régina avait du ressentir. Au bout d'un moment, elle posa sa main sur l'avant bras de sa voisine:
- «Merci Régina de m'avoir raconté tout ça. Je comprends combien c'est difficile et que c'est un gage de confiance. J'en suis flattée. Un jour, à mon tour, je vous raconterai comment j'en suis arrivée là où je suis aujourd'hui. Vous verrez, nous avons finalement pas mal de choses en commun. »
- « C'est moi qui vous remercie Emma. Merci de m'avoir écoutée, merci de ne pas me juger et merci surtout du fond du cœur pour ce que vous avez fait à Mendell ».
- « Non Régina, pas pour ça. Il le méritait certes mais c'était une erreur. J'ai agi sous le coup de la colère. Je n'étais pas en état de légitime défense et, qu'il s'en sorte ou pas, si lui ou le gouverneur porte plainte, je serai condamnable. C'est pour ça que j'ai quitté mon job. Un enquête interne est en cours... ».
- « Mon dieu Emma, je suis désolée... ». Elle s'était rapprochée à son tour et avait pris la main de la blonde.
- « Attendez, je ne regrette pas de lui avoir tiré dessus. Je regrette simplement d'avoir baissé mon arme avant pensant qu'ainsi il ne toucherait pas à mon équipier ».
Elle sentit une pression sur sa main. La brune la regardait droit dans les yeux avec un sourire timide.
- « Emma, je suis vraiment contente de vous avoir rencontrée. J'espère sincèrement que nous pourrons être amies. »
- « Merci Régina, j'en serai ravie.»
Elles se levèrent, le soleil était maintenant couché depuis longtemps. Il était temps de rentrer...
Voilà, c'était un long chapitre et on a enfin un petit (tout petit) rapprochement de nos deux protagonistes. Je joue avec votre patience, j'avoue, là encore c'est fait exprès XD.
A bientôt. N'oubliez pas de m'envoyer vos reviews. Merci.
Z.
