Bien, nos deux amies savent maintenant qu'il pourrait y avoir autre chose que de l'amitié entre elles mais sont-elles prêtes à l'assumer?
Comme d'habitude, les personnages ne m'appartiennent pas, blablabla... mais l'histoire est entièrement mienne :)
Bonne lecture...
Chapitre 9: Et si...
Régina se regarda longuement dans la glace ce matin-là. Elle avait passé une robe d'été légère pour être à l'aise à la pharmacie sous sa blouse. Aujourd'hui, ils étaient de permanence jusqu'à 17 heures et ensuite ils enchaînaient sur l'inventaire trimestriel. A priori elle ne serait pas de retour avant 20 heures voire 21 heures. Mais ce n'était pas sa journée de travail qui la tracassait le plus...
- « Henry? Tu es prêt? »
Il était neuf heures moins cinq et elle s'apprêtait à aller sonner chez Emma pour lui confier son fils. Elles ne s'étaient pas revues depuis la soirée au cirque et Régina ne savait toujours pas comment aborder la blonde. Dois-je faire comme si de rien n'était? Faut-il en parler? Mais parler de quoi?
- « M'man, on y va? »
Il n'était plus temps de réfléchir, elle sortit et, après avoir pris une longue inspiration, elle sonna chez sa voisine, advienne que pourra.
La soirée avec Ruby s'était prolongée plus que de raison et Emma avait eu du mal à émerger quand son réveil avait sonné. Une bonne douche l'avait à peu près mise d'aplomb et elle avait eu juste le temps d'enfiler un short et un T-shirt avant que la sonnette retentisse.
Zut, je suis à la bourre se dit-elle en passant devant le miroir de l'entrée. Avec ses cheveux encore mouillés on aurait dit un cocker sortant du bain. Elle ouvrit la porte à ses voisins:
- « Bonjour Henry, Bonjour Régina»,
Le garçon lui fit une bise rapide puis entra dans l'appartement. Il brandissait un revue pour enfants.
- « Salut Emma, j'ai amené du travail aujourd'hui, on peut construire un cerf-volant. Tu sais faire les cerfs-volants?».
- « Henry, Laisse là souffler un peu... Bonjour Emma »
Elle s'était approchée timidement de la blonde. Celle-ci se pencha légèrement pour un rapide baiser sur la joue. Régina regarda sa montre, gênée et recula vers l'ascenseur.
- « Je dois y aller, merci Emma de garder Henry et tu n'es pas obligée pour le cerf-volant. »
Emma lui fit un faible sourire.
- « Ne t'inquiètes pas, j'en fais mon affaire ».
- « Merci Emma, Bonne journée »
- « Bonne journée Régina »
Elle la regarda s'éloigner vers l'ascenseur. La robe à fleur que portait Régina lui allait comme un gant. Elle soulignait sa silhouette si parfaite. Emma réalisa que mis à part le soir du cirque, c'était la première fois qu'elle voyait sa voisine autrement qu'en tailleur ou pantalon droit. Tout lui allait de toutes façons mais ce type de robe plus légère lui donnait un air plus jeune, surtout moins strict.
Ouf, elle avait regagné l'ascenseur sans problème. Régina appuya sur le bouton du rez de chaussée et s'adossa contre la paroi de la cabine. Son cœur battait la chamade et elle avait le souffle court. Bon sang Régina, il faut te calmer un peu là! Elle n'a fait que te souhaiter une bonne journée, rien de plus. Pas de raison de fuir comme une voleuse ou de se mettre dans ces états...
Elle ferma les yeux et revit Emma les cheveux encore mouillés, en désordre, sortant visiblement tout juste de la douche. Elle avait beau se sermonner, la blonde ne sortait pas de ses pensées. Il en fut ainsi tout au long de la journée à son grand désespoir.
Granny l'observait en douce depuis un petit moment. Elle profita d'un moment de calme alors que Elsa était occupée à l'arrière pour s'approcher et aborder discrètement son amie et associée.
- « Alors, tu as revu Emma? »
- « Oui ce matin, en coup de vent, pour lui confier Henry ».
- « Et alors, comment ça s'est passé? »
- « Comme je te l'ai dit, visiblement elle n'avait pas plus envie que moi d'aborder le sujet »
- « Je vois, il n'y en a pas une pour rattraper l'autre! Vous n'allez pas vous éviter quand même? »
Régina la regarda sans répondre avec un air réprobateur puis décrocha le téléphone qui venait de se mettre à sonner:
- « Pharmacie Lucas Mills j'écoute? »
- « Bonjour Régina c'est Ruby. »
- « Bonjour Ruby que puis-je faire pour toi? »
- « Me réserver ton dimanche midi, avec Granny et Henry bien sûr. Je voudrai vous inviter à rencontrer Gus à l'occasion d'un pique-nique. »
- « Très bonne idée, attends, je demande à Granny »
Celle-ci confirma et elles se mirent d'accord sur qui préparait quoi. Au moment de raccrocher, Ruby rajouta:
- « Au fait, Emma s'occupera du Dessert »
- « Em..., Emma sera là? »
- « Ben oui bien sûr, je ne vais pas vous présenter mon homme et pas à elle! Ça te pose un problème Régina?»
- « No..., Non, non, j'ai été surprise c'est tout. »
- « Mouais... Bon, on se retrouve demain à midi au Public Garden? J'arriverai directement depuis chez Gus. »
- « C'est d'accord. A demain Ruby »
Granny s'approcha:
- « Dis donc c'est du sérieux son histoire on dirait non? Je ne serai pas étonnée qu'ils nous parlent mariage à ce rythme-là. »
- « En tout cas Ruby a l'air très amoureuse».
- « Je commençais à désespérer qu'elle trouve enfin un jour quelqu'un avec qui elle ait envie de se poser... Comme quoi tout arrive. »
Régina envia l'agent immobilier d'y voir aussi clair dans ses sentiments en si peu de temps.
Henry et Emma avaient passé la matinée à construire un cerf-volant en suivant scrupuleusement les indications du journal. L'après-midi, ils descendirent au Boston Common Park pour essayer leur prototype. Au début, il ne fut pas évident de faire voler l'engin car le vent était assez faible mais avec un peu d'entrainement, Emma y parvint. Une fois l'engin lancé, elle tendit les ficelles à Henry, se plaçant derrière lui pour l'aider. Ils jouèrent ainsi un bon moment. Quand Henry fatiguait, Emma prenait les rennes et le garçon la guidait, la conseillait sur les figures à faire. Leur numéro avait attiré plusieurs badauds conquis par leur complicité. A la fin, ils rangèrent leur cerf-volant, en discutant de leurs exploits. Henry se voyait déjà en fabriquer un deuxième, amélioré pour être plus beau et plus performant. Alors qu'ils quittaient les lieux, ils furent interrompus par un couple de personnes âgées.
- « C'est un bien beau cerf-volant que tu as là jeune-homme! » Fit l'homme.
- « C'est nous qui l'avons fabriqué! » Répondit celui-ci, très fier.
- « En tout cas tu as de la chance d'avoir une maman aussi jolie et aussi gentille »
Emma s'empourpra, elle allait répliquer mais Henry s'en chargea.
- « Emma est très jolie oui mais ce n'est pas ma maman »
Le vieil homme confus s'excusa auprès d'Emma qui le rassura d'un sourire.
- « Merci Monsieur, vous savez, avec un enfant aussi attachant qu' Henry je n'ai aucun mérite »
Puis ils quittèrent le parc pour rentrer goûter. A mi-chemin, Alors qu'ils passaient à proximité de la pharmacie, Henry demanda à faire un crochet pour montrer leur œuvre à sa mère. Bien qu'embarrassée de se retrouver face à Régina, Emma ne pouvait le lui refuser.
Il n'y avait pas grand monde dans l'officine et dès qu'ils entrèrent Granny vint à leur rencontre. Régina occupée avec un patient fit juste un petit signe pour montrer qu'elle les avait vus.
- « Alors mon cœur, qu'est-ce que tu nous amène de beau? »
- « Tu as vu Granny, c'est mon cerf-volant, on l'a fait tous seuls avec Emma »
- « Il est magnifique. Tu l'as fait voler? »
- « Oui on est allés au parc et même qu'il y a un vieux monsieur, il a cru qu'Emma c'était ma maman »
- « Ah bon? » Elle se tourna vers Régina qui venait les rejoindre alors que son client partait.
- « Oui il a dit qu'Emma elle est très jolie et que j'avais de la chance d'avoir une maman aussi gentille »
Emma ne savait plus où se mettre. Qu'allait penser Régina, allait-elle être jalouse de l'affection de son fils? Celle-ci ne disait rien.
- « Et alors, tu lui as dit quoi toi? » questionna Granny.
- « Ben je lui ai dit la vérité: que Emma est très jolie mais que c'est pas ma maman. Après, Emma elle est devenue toute rouge. »
Et voilà que ça recommençait! Emma devint cramoisie, elle sentit ses joues s'empourprer. Régina en fût amusée et lui sourit alors que Granny rigolait franchement.
- « Et tu as eu bien raison, Emma est très jolie, surtout avec ses joues rouges d'ailleurs ».
- « Granny, cesse de te moquer tu veux. » Régina avait pris Emma par le bras et la conduisit à l'écart alors que l'autre pharmacienne s'occupait de son fils.
- « Cet homme avait raison, … Je veux dire: tu ferais une excellente mère aussi. »
- « Tu n'es pas jalouse? »
- « Qu'on t'ait prise pour la mère d'Henry? Pourquoi le serais-je? Au contraire, je suis ravie. C'est qu'il est entre de bonnes mains. »
- « Merci Régina, j'étais très mal à l'aise avec ça, je ne voudrai pas que tu ... »
- « Tout va bien Emma. » Dit-elle en appuyant ses mots d'une pression sur son bras. Emma leva les yeux vers elle et se perdit dans son regard noisette. Régina lui souriait, elle lui souriait comme elle souriait à Henry. Plus rien ne comptait... Emma lui rendit son sourire et la pharmacienne s'éclipsa pour s'occuper d'une dame qui venait d'entrer.
Emma et Henry rentrèrent à l'appartement, le cœur léger. Le garçon fier de leurs exploits, la blonde simplement soulagée d'avoir renoué le dialogue avec sa séduisante voisine. Vers dix-neuf heures elle reçut un sms de la brune lui annonçant que l'inventaire serait plus long que prévu. Elle fit donc manger le petit, s'assura qu'il se douche et qu'il passe le pyjama qui était dans son sac au cas où. Puis ils s'installèrent tous les deux devant un dessin animé.
Quand Régina et Granny quittèrent la pharmacie, il était près de 22 heures. Emma les attendait à leur arrivée. Elle leur avait préparé un plateau repas qu'elles acceptèrent avec plaisir, soulagées de ne rien avoir à cuisiner à cette heure. Henry dormait dans la chambre, elles s'installèrent donc au salon.
Sentant que les deux jeunes femmes étaient sur la défensive, Granny prit rapidement la parole.
- « Alors, Ruby s'est enfin décidé à nous présenter son avocat, que t'a-t-elle dit à toi Emma à son sujet ? »
- « Pas grand-chose, je sais qu'il s'appelle Gus, qu'il est avocat, récemment arrivé à Boston. Apparemment il serait anglais et plutôt vieille école mais là, c'est moi qui ai interprété »
- « Ah bon, pourquoi vieille école ? » Les deux autres femmes avaient parlé simultanément.
- « Vous en connaissez beaucoup vous des mecs aujourd'hui qui attendraient le cinquième ou le sixième rendez-vous pour vous embrasser ? Et qui ne profiteraient pas de l'occasion pour vous glisser dans leurs draps ? »
- « Ça c'est sûr, ça ne court plus les rues ces espèces-là »
- « Ben voilà, Ruby a trouvé la perle rare ! »
- « C'est curieux, je n'aurai jamais cru que c'était ce que recherchait Ruby. » souffla Régina.
- « Tu sais ma fille, je crois que quel que soit l'air qu'on se donne nous sommes toutes pareilles : romantisme quand tu nous tiens … » Granny semblait perdue dans ses pensées…
- « Granny, je n'ai jamais osé vous poser la question, avez vous été mariée ? »
- « Oui bien sûr Emma. Mon Arthur était un homme très romantique. Quand je l'ai connu, nous étions à l'université. Lui était en médecine en troisième année. Il m'a, paraît il, repérée le premier jour de la rentrée. Moi, j'étais tellement perdue que je restais collée à Léo comme une sangsue, à tel point qu'Arthur a cru que nous étions en couple. Bref, je n'ai découvert son existence qu'au bout de quelques semaines. Quand il a croisé Léopold avec Lola, il s'est dit qu'il avait peut-être sa chance avec moi. Il m'a laissé un petit mot tous les jours dans mon casier. Au début, j'étais plus intriguée qu'autre chose mais j'y ai pris rapidement goût, jusqu'à ce que je ne puisse plus supporter de ne pas savoir. J'ai fini par lui tendre un piège. Je me suis cachée une nuit entière entre deux rangées de casiers pour guetter sa venue. Et je l'ai vu, à cinq heures du matin, alors qu'il sortait d'une garde de nuit venir glisser une petite enveloppe dans mon casier. C'était donc lui ! Ce grand et beau gaillard si sûr de lui en apparence était donc mon admirateur mystérieux ? Je suis sortie de ma cachette, il s'est décomposé. D'un coup il avait perdu toute son assurance et me regardait d'un air paniqué. Alors j'ai pris sa main et je lui ai simplement dit merci. »
- « Et après ? » Murmura Régina, curieuse.
- « Il m'a fait une cour discrète pendant plusieurs semaines. L'été suivant nous nous mariions et Lola était mon témoin. J'ai vécu un bonheur extraordinaire à ses côtés ». Elle marqua un temps d'arrêt. « Nous allions fêter nos vingt-cinq ans de mariage quand la guerre me l'a enlevé. Il était parti médecin volontaire lors de la première guerre en Irak. Il est mort 3 jours après son arrivée sur place, pris pour cible alors qu'il évacuait des victimes civiles pour les soigner ».
- « Je suis désolée ». Emma s'en voulait d'avoir amené la conversation sur le sujet mais son interlocutrice secoua la tête.
- « Il n'y a pas à être désolée, Emma, j'ai vécu le grand amour. Mon seul regret était de ne pas avoir eu d'enfant. Aussi, à la mort accidentelle de mon beau-frère et de ma belle-sœur deux ans plus tard, il m'a semblé évident de recueillir Ruby, leur fille unique. La pauvre avait besoin de moi comme moi j'avais besoin d'elle pour redonner un sens à ma vie. »
- « Je crois que Ruby ne pouvait trouver mieux comme seconde maman. Et quelques années plus tard, c'est moi que tu as pris sous ton aile. » Régina avait parlé la voix pleine d'émotion et avait passé son bras sous celui de Granny qui la regardait tendrement. Emma ne disait rien, elle songeait que pour elle il n'y avait pas eu de seconde maman. Heureusement que Graham était entré dans sa vie sinon elle aurait surement très mal tourné.
- « Bon, les filles, il se fait tard. » Granny s'était levée. « Je vais vous laisser. On se retrouve demain pour aller ensemble au parc ? »
- « Je te suis, le temps de récupérer henry».
Emma aida Régina à récupérer les affaires du petit. Comme le gamin dormait profondément, elle lui proposa de le porter jusqu'à chez elle.
- « Tu sais te rendre indispensable ! Comment je vais faire si tu repars ?
Régina se rendit compte de ce que sous-entendait sa question, elle regarda Emma pour voir sa réaction. Celle-ci tenait Henry dans ses bras. Elle haussa les épaules d'un air résigné.
- « Quoi qu'il arrive, je suis de toutes façons amenée à repartir. »
Elle posa le petit dans son lit et ressortit sans rien dire tandis que la brune le couvrait.
Quand elle revint au salon, Régina vit l'air abattu de son amie.
- « Pourquoi dis-tu que tu dois forcément repartir? »
- « Si je ne suis pas rappelée avant à cause de l'enquête, ma parenthèse à l'orphelinat ne peut excéder un an. Et si Gold me colle un procès je peux être amenée à repartir du jour au lendemain!».
Régina s'était approchée contrariée, plus par le ton employé par son amie que par ses paroles. Cette fois, elle était pleinement consciente de ce qu'elle faisait et se laissa guider par ses émotions. Elle prit la blonde dans ses bras cala sa tête sur son épaule et elle la tint ainsi serrée quelques instants. Finalement elle relâcha son étreinte, souleva le menton de la blonde avec son index et murmura:
- « Tu m'as dit qu'on avait tous droit à une seconde chance. Toi aussi Emma, toi aussi. Garde espoir s'il te plait!»
La blonde lui fit un sourire peu convaincant.
- « Quoi qu'il arrive Emma, tu peux compter sur moi ».
Cette fois, le sourire de son amie devint plus sincère. Comme elle aimait la voir sourire. Elle aurait donné n'importe quoi pour effacer la tristesse de ces beaux yeux émeraude.
- « Voilà qui est mieux! »
Elle tendit la main pour écarter une mèche rebelle qui barrait la joue de la blonde et arrêta son geste en cours de route. Emma la regardait sans bouger. Ses yeux s'étaient assombris. Régina se mordit la lèvre inférieure pour calmer son tremblement.
Emma avait senti que la situation allait lui échapper au moment où Régina l'avait prise dans ses bras et quand celle-ci l'avait forcée à la regarder droit dans les yeux, elle avait su qu'elle avait définitivement perdu la bataille. Elle ne pouvait plus détacher son regard du visage de la brune: ses yeux, sa bouche... après un dernier instant de lutte inutile, elle s'approcha et goûta enfin aux lèvres délicieuses de la brune.
Régina n'avait rien prémédité, quand elle avait vu l'air abattu de son amie, elle avait simplement eu envie de la réconforter, de lui dire qu'elle serait là pour elle. Elle n'avait pas prévu ce qui s'était passé ensuite: La magie du regard d'Emma, ses lèvres qui se rapprochent et se joignent enfin aux siennes. Non elle n'avait rien prémédité mais si elle avait su, elle n'aurait rien changé. Ce baiser était certes timide mais profondément sincère. Elle ne réfléchit pas. Elle se lova au creux des bras d'Emma pour prolonger ce moment magique
C'est alors que celle-ci la repoussa.
- « Régina, Attends s'il te plait »
La brune la regardait, interloquée. Elle aurait voulu prolonger l'instant...
- « ... »
- « Je suis désolée, je n'aurai pas dû »
- « Emma, s'il te plait, tu n'as rien fait que je ne désirai pas ».
- « Je t'en prie Régina, ne rends pas les choses plus difficiles ».
- « Mais... »
- « Excuse-moi, bonne nuit Régina »
Elle tourna les talons et partit chez elle, laissant la brune stupéfaite derrière elle.
Pendant un instant, la pharmacienne resta sur le pas de sa porte, figée, puis elle tira la porte de son appartement et se dirigea chez sa voisine. Elle sonna. Elle ne savait pas encore ce qu'elle allait dire à la blonde mais elles ne pouvaient pas en rester là après ce qui s'était passé. Comme personne ne répondait elle frappa à la porte.
- « Emma, ouvre s'il te plait, je sais que tu m'entends. »
- « Laisse-moi Régina, je t'en prie… »
- « Non, il n'en est pas question. Il faut que l'on parle, je te préviens, je ne partirai pas tant que tu n'auras pas ouvert cette porte ».
- « … »
- « Emma, s'il te plait… »
La porte s'ouvrit. Emma la laissa entrer et referma derrière elle. Elle ne la regardait pas.
- « Emma, je t'en prie, regarde-moi. » Régina s'était rapprochée. La blonde évitait toujours son regard.
- « S'il te plait Emma, pour moi aussi ce n'est pas évident mais fuir ne résoudra rien, je t'assure.»
Emma leva les yeux pour croiser ceux inquiets de la pharmacienne.
- « Tu ne comprends pas,… »
- « Alors explique-moi, …, Emma, … »
Tandis que la brune s'était approchée, la blonde reculait.
- « Je n'ai rien à t'apporter Régina, … que des ennuis… à toi, à Henry, je t'assure ça ne nous mènera à rien de bon… »
- « Laisse-moi en juger par moi-même tu veux ? Tu m'as déjà apporté beaucoup Emma, à moi mais à Henry aussi. Tu es quelqu'un de bien Emma. Je sais que la vie n'a pas été facile avec toi et que tu t'es convaincue du contraire mais… Regarde-moi Emma ! Je ne te laisserai pas t'enfuir tu m'entends ? »
Elle l'avait saisie par les épaules et la maintenait fermement face à elle. Quand elle vit des larmes envahir le visage de son amie, sa détermination faiblit et elle la prit dans ses bras.
- « Oh Emma, que t'a-t-on fait pour que tu ne puisse pas me faire confiance ? »
Elle referma ses bras autour des épaules de la blonde qui s'était laissé faire. Son visage était enfoui dans le cou de Régina qui la sentit soupirer profondément. Elle passa une main protectrice dans les cheveux d'Emma, comme elle l'aurait fait pour Henry s'il avait un gros chagrin et là, elle comprit. Elle n'était pas en train de réconforter Emma Swan la courageuse inspectrice du NYPD mais Emma, la petite fille dont personne n'avait voulu, celle qui n'avait jamais eu personne avant Graham pour lui dire qu'elle comptait. Elle embrassa les cheveux blonds et resserra son étreinte.
- « Je suis là Emma, je ne te laisserai pas. Je te veux dans ma vie, dans celle d'Henry, comme amie ou … je ne sais pas, mais ce que je sais c'est que je ne veux pas que tu t'enfuies. Fais-moi confiance s'il te plait.»
Peu à peu, elle sentit la blonde se détendre. Ses sanglots s'étaient calmés mais elle ne bougeait toujours pas. Puis Emma posa ses mains sur les hanches de Régina et la repoussa lentement.
- « Merci Régina, je suis désolée, je n'aurai pas dû réagir comme ça. Tu es tellement… parfaite que… »
- « Emma, il faut qu'on parle de ce baiser. Qu'est-ce qu'il signifie pour toi ? »
Le regard de la blonde s'assombrit à l'évocation du baiser et Régina la sentit se crisper, prête à fuir de nouveau.
- « Emma, reste là, s'il te plait. Puisque tu ne veux pas parler, je vais te dire ce que moi je ressens. Je n'avais jamais embrassé une femme avant toi, je n'ai à vrai dire pas embrassé quelqu'un depuis une éternité. Pour moi ce geste est important, il concrétise une entente parfaite entre deux personnes. J'ai aimé ton baiser Emma, je n'aurai jamais osé l'initier mais je l'avais souhaité, bien avant qu'il n'arrive. Je me sens bien avec toi Emma, c'est tout ce qui compte. Maintenant, je voudrai savoir ce que toi tu en dis. »
- « … »
Emma ouvrit la bouche pour répondre à cette déclaration mais comme aucun son n'en sortait, elle opta pour un autre langage. Elle avait toujours ses mains sur les hanches de la brune. Tout en ne la quittant pas des yeux, elle la fit reculer contre la porte et se rapprocha. Leurs lèvres étaient à quelques centimètres et leurs souffles rapides se mêlaient.
- « Emma... »
La blonde écrasa ses lèvres sur la bouche tant désirée et fit remonter ses mains pour entourer tendrement le visage de Régina. Les mains de la brune agrippèrent le t-shirt d'Emma et la tirèrent plus près déclenchant chez elle un grognement. Leurs lèvres se séparèrent après quelques instants et elles restèrent appuyées front contre front pour reprendre leur souffle en se souriant. Un second baiser suivit très vite, plus appuyé, plus passionné. Leurs langues se rencontrèrent enfin dans un ballet sensuel qui les fit chavirer toutes les deux. Emportée par la magie de l'instant, Régina avait emprisonné les cheveux d'Emma dans ses poings et s'accrochait à elle de toutes ses forces. Les mains de la blonde avaient glissé sur les hanches de sa compagne. Elle la maintenait tout contre elle.
Elles finirent par se séparer, gardant leurs mains jointes. Elles se regardaient tendrement. La brune sourit d'un air moqueur:
- « Je vois que tu n'es pas une grande bavarde… »
Emma haussa les épaules l'air penaud.
- « Bon, je ferai mieux d'y aller, Henry est tout seul. Nous aurons tout le temps de parler demain ou plus tard… »
Elles se séparèrent sur le palier en se souhaitant une bonne nuit après un dernier baiser.
Ni l'une ni l'autre ne vit l'œilleton de l'appartement d'en face se refermer… pas plus qu'elles ne virent le sourire satisfait de Granny.
Bon je ne sais pas pourquoi mais je suppose que ce chapitre vous plait d'avantage non? ;) Chapitre suivant, un dimanche au parc.
Bonne semaine.
Z.
