Hello, Comment allez-vous?
Voilà, les ennuis commencent pour Emma et pour notre petit couple/famille. N'étant pas du tout spécialiste, loin de là, du droit en général et du droit US en particulier, je me suis basée sur ce que j'ai compris de divers articles trouvés sur le net et je l'avoue, de mon passé d'ex-accro aux séries policières. Si vous notez des incohérences, voire des énormités, merci de me les signaler.
Comme d'habitude, les personnages de OUAT ne m'appartiennent pas mais cette histoire est entièrement le fruit de mon imagination ).
Bonne lecture.
Z.
Chapitre 18: Retour à la case départ
Et la réalité ne tarda pas à confirmer ses craintes...
Lundi matin, 8 heures. Emma venait tout juste d'arriver à l'orphelinat et se dirigeait vers le bureau de Kathryn pour lui expliquer la situation quand son téléphone sonna. Le numéro lui était inconnu.
- « Swan »
- « Inspecteur Swan, bonjour. Ici le cabinet du Juge Marco. Je suis Belle French son assistante. »
Emma s'arrêta net alors qu'elle allait entrer dans le bureau de la directrice. Elle fit demi-tour, retourna sur le parking.
- « Bonjour Madame French ».
- « Mademoiselle Swan, je vous contacte de façon informelle de la part du juge Marco. C'est lui qui est en charge du dossier de plainte déposé par l'avocate du gouverneur Gold. Vous allez recevoir d'ici quelques jours une convocation du bureau du procureur Victor mais le juge aimerait vous rencontrer à titre privé au préalable.»
- « Bien, je me tiens à sa disposition. Quand souhaite-t' il me rencontrer ?»
- « Le plus vite sera le mieux. Comprenez bien Mademoiselle que cette démarche est très inhabituelle et doit rester confidentielle. Seul Maître Booth qui est une vieille connaissance du juge et moi-même sommes au courant. »
- « Je comprends, merci beaucoup... Je suis actuellement à Boston mais peux être de retour sur New York dans la journée. »
- « Dans ce cas, est ce que vous pourriez venir à 19 heures 30 ? »
Emma confirma et l'assistante lui donna un numéro direct à composer quand elle arriverait à proximité du tribunal afin qu'elle la fasse rentrer en toute discrétion. Après avoir remercié une fois de plus l'assistante du juge, Emma passa dans le bureau de Kathryn.
Celle-ci l'accueillit avec un large sourire.
- « Alors, qu'est-ce que c'est que cette tête d'enterrement ? C'est si dur que ça de te séparer de ta dulcinée ? »
Emma lui résuma rapidement la situation et lui expliqua qu'elle devait partir le jour même sans donner plus de précision. Au moment de se séparer, les deux femmes échangèrent une longue accolade. Kathryn assura Emma de tout son soutien et lui souhaita bon courage.
L'inspectrice quitta donc l'orphelinat au plus vite, elle n'avait pas eu le temps de passer voir les enfants mais ce n'était pas plus mal. Ainsi, elle n'aurait pas besoin de leur expliquer toute l'histoire. Un jour, quand tout cela serait terminé, elle reviendrait, elle en avait la ferme intention. Le seul problème c'est qu'elle ignorait quand...
Elle passa ensuite à l'appartement, fit sa valise à la va-vite, n'emportant que quelques vêtements de saison et son portable. Elle prit soin de bien ranger le reste afin que si elle n'avait pas le loisir de revenir de sitôt, Régina puisse lui amener ou lui expédier les quelques affaires restantes.
Une fois parée, elle fit un crochet à la pharmacie pour voir Granny avant de partir. Elle en profita pour lui laisser les clés de l'appartement en attendant le retour de Régina. La vieille femme avait les larmes aux yeux quand elle serra Emma tout contre elle. Elles s'embrassèrent chaleureusement puis se séparèrent enfin.
Emma était vidée. Tout ça allait trop vite. Elle avait envoyé un sms à Jenny : Je débarque à NY ce soir, toujours OK pour m'héberger ? La réponse n'avait pas tardé : Bien sûr, à tout à l'heure!
Il ne lui restait plus qu'à prévenir Ruby et Gus. Elle appela son amie. Ils étaient tous les deux en train de faire leur footing matinal mais insistèrent pour la voir de visu avant qu'elle ne parte. Ils se donnèrent donc rendez-vous chez Gus.
Comme il fallait s'y attendre, la grande brune s'insurgea de son départ si soudain mais Gus expliqua aux deux femmes qu'il avait contacté le juge Marco la veille au soir. L'homme était un ami d'enfance du père de Gus et considérait un peu ce dernier comme son neveu. Dès que Gus lui avait expliqué la situation, il l'avait assuré qu'il allait s'en occuper dès son retour au tribunal. Visiblement, il avait tenu parole.
- « Tu verras, il est adorable. S'il est une personne à New-York en qui tu peux avoir confiance, c'est bien lui. Tu ne t'en souviens peut être pas mais lui ne t'a pas oubliée. »
- « Il me connait ? »
- « Disons qu'il a passé plusieurs fois été contraint de se déguiser pour entrer dans nos délires d'enfants. »
- « Tu veux dire que le juge Marco c'est Oncle Gep ? »
- « Exactement ! »
Emma se souvenait effectivement de cet homme qui passait souvent ses weekends avec les Booth. Les enfants l'appelaient oncle Gep car il avait un prénom très compliqué qu'elle avait oublié. Le fait de savoir qu'il allait s'occuper de son affaire rassura l'inspectrice. Au moins elle ne serait pas seule face à Gold et ses sbires. D'ailleurs, Gus lui confia que le juge ne portait pas le gouverneur dans son cœur et qu'il se ferait un plaisir de lui barrer la route. Forte de ces bonnes nouvelles, Emma fit donc ses adieux à ses amis et leur promit de les tenir très régulièrement informés avant de monter dans sa vielle Volkswagen jaune et de prendre la route pour New-York.
Elle arriva en milieu d'après-midi et retrouva Jenny à son appartement. Graham qui avait été prévenu par son épouse rappela Emma pour savoir si quelque chose en particulier avait précipité son retour. Elle lui dit simplement qu'elle avait un rendez-vous organisé par Gus en vue de préparer sa défense. Elle s'en voulait de ne pas dire la vérité à son mentor mais elle avait promis. Tant qu'elle n'aurait pas rencontré le juge, elle préférait éviter de commettre le moindre imper.
Son installation chez Graham fut très rapide. Il fut convenu que Lucas lui cèderait sa chambre et dormirait sur le sofa dans le bureau de son père. Emma avait eu beau insister, ni la mère ni le fils n'avaient voulu céder. Elle prit une douche pour se détendre puis, après s'être changée, elle décida d'appeler Régina pour la tenir informée de son départ précipité.
- « Bonjour Emma. »
- « Hey, comment vont mes touristes préférés ? »
- « Eh bien nous faisons du tourisme justement… nous étions au village où nous avons pu visiter le phare. Et toi, du nouveau ? »
- « Hum, ouais plutôt… »
- « Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as des nouvelles à propos de la plainte ? »
- « Oui et non. En fait, Gus m'a mis en contact avec quelqu'un pour organiser ma défense… »
- « Ah c'est super. Tu l'as appelé ? »
- « Non Régina, c'est lui qui m'a contactée. Je le rencontre ce soir. »
- « Bien. Mais où est le problème ? Je sens que tu ne me dis pas tout »
- « Gina, je le rencontre ce soir à son bureau… à New-York. »
- « … »
- « Gina ? »
- « Tu,… tu veux dire que tu es à New York ? »
- « Oui, j'ai dû venir vite car il voulait me voir avant que la procédure ne soit lancée. »
- « … »
- « Gina, ça va, je suis installée chez Graham et Jenny… »
- « Mais tu l'as su quand ? »
Emma comprit que Régina avait peur qu'elle lui ait caché l'information.
- « Ce matin, alors que j'arrivais à l'orphelinat. J'ai eu juste le temps de plier mes bagages et de prévenir Kathryn et Granny puis de voir Gus et Ruby avant de partir. »
- « Et tu ne m'appelles que maintenant ? »
- « Gina, je n'ai pas voulu t'inquiéter et te gâcher ta journée avec les enfants. Cela n'aurait rien changé ».
- « Mais pour moi c'était important Emma. Je te l'ai dit: tu fais partie de ma vie. Comment as-tu pu ne pas me prévenir. En plus, si je comprends bien, tu l'as dit à tous les autres sauf à moi ! »
- « Oui mais qu'est-ce que ça aurait changé ? Tu te serais inquiétée et vous n'auriez pas autant profité de votre journée. Moi ça m'aurait stressée et ce n'était pas souhaitable d'en rajouter une couche avant de prendre la route. »
- « C'est comme ça que tu me vois ? Comme une source de stress supplémentaire ? »
- « Gina… ce n'est pas ce que j'ai voulu dire… »
- « Mais tu l'as dit. » Le ton était cassant.
- « Gina, s'il te plait… »
- « Emma, … je pense qu'on devrait arrêter là cette discussion ou on va dire des choses qu'on risque de regretter ensuite... »
La voix de Régina avait perdu toute la chaleur habituelle de leurs échanges. Elle énonçait un fait et ne laissait pas de place à la contestation.
- « … »
- « Tu me tiens au courant après ton entretien ? ».
- « OK ».
- « Bien, à ce soir dans ce cas »
- « A ce soir.»
Quand elle raccrocha, Emma se leva et alla se placer devant la fenêtre. Un poids oppressait sa poitrine et elle avait du mal à respirer. Cette mini dispute l'avait laissée sans voix, complètement désorientée. Comment cela avait-il pu se produire ? Elle repensa mal à l'aise à leur conversation. C'est vrai qu'elle avait prévenu tout le monde sauf la pharmacienne et elle se demanda pourquoi. Elle ne pouvait pas ne pas prévenir Kathryn et pareil pour Granny, difficile de disparaître sans rien dire alors qu'elle la savait à proximité. Enfin elle avait appelé Ruby, histoire de trouver un peu de réconfort avant de prendre la route. Mais elle avait volontairement évité d'appeler Régina. La vérité c'était que la brune avait raison. Elle l'avait volontairement tenue seule dans l'ignorance de la situation alors qu'elle lui avait promis le contraire, la veille à peine. Sur le moment elle ne s'en était pas sentie capable. Annoncer son départ et qu'elle ne serait plus là au prochain retour de la pharmacienne lui avait paru trop difficile à faire sur le moment et elle avait préféré remettre ça à plus tard. Au final, elle y avait gagné quoi? Régina était vexée et le pire dans tout ça c'est qu'avec le recul la blonde comprenait tout à fait sa réaction…
De son côté, Régina resta prostrée de longues minutes assise sur son lit, le regard perdu dans le vague. De grosses larmes coulèrent le long de ses joues. Ses mains trituraient le tissu de sa robe. Elle se redressa soudain et se rendit à la salle de bain pour se recomposer un visage correct. Elle ne voulait pas que les enfants voient qu'elle avait pleuré. Se voyant dans le miroir, elle respira profondément et elle se surprit elle-même par l'air sévère qu'elle affichait. Mon Dieu, on dirait ma mère ! Elle baissa les yeux sur ses mains, posées sur le rebord du lavabo, tellement crispées que ses phalanges en blanchissaient. Ce fut ce détail qui la ramena à la réalité. Bon sang, pourquoi l'ai-je agressée comme ça ? Elle a déjà assez de soucis avec la plainte, elle n'avait pas besoin que je lui mette la pression. Son cœur se mit à taper plus fort et elle se saisit de son téléphone pour envoyer un message à la blonde. Elle hésita, effaça son message plusieurs fois et opta finalement pour faire court : -Je suis terriblement désolée-
Au moment où elle allait presser sur le bouton envoyer, son téléphone sonna. Elle envoya son sms puis décrocha.
- « Allo ? »
- « Gina, ne raccroche pas s'il te plait. »
- « Emma,… je suis désolée, je n'aurai pas dû… »
- « Chut Gina, écoute moi, c'est moi qui m'excuse en fait tu as raison, je n'ai pas eu le courage de te le dire … »
Elles soufflèrent toutes les deux, soulagées. L'orage était passé. Elles restèrent un petit moment en ligne, le temps de se rassurer mutuellement et convinrent qu'Emma rappellerait le soir même une fois qu'elle serait rentrée.
Emma passa la fin d'après-midi avec Jenny puis, l'heure du rendez-vous approchant, elle se rendit au tribunal. Comme elle était en avance, elle fit une halte pour boire un chocolat chaud à la cannelle en attendant puis composa le numéro convenu. Mademoiselle French lui indiqua alors comment se rendre jusqu'à une porte de service où elle vint la rejoindre quelques instants plus tard. Emma vit donc apparaître une jeune femme rousse souriante qui l'invita à la suivre. Après avoir gravi un escalier en colimaçon, surement un escalier de secours, elles arrivèrent dans un couloir assez austère où étaient disposés le long des murs des banquettes en velours rouge. L'assistante du juge la pria de s'asseoir puis elle s'engouffra dans un bureau et Emma l'entendit prévenir son supérieur que son rendez-vous était arrivé. La jeune femme ressortit presque aussitôt et lui fit signe de s'avancer en lui tenant la porte ouverte.
- « Mademoiselle, le juge va vous recevoir »
Emma chercha du regard le juge dans l'immense pièce. Personne sur le fauteuil derrière l'imposant bureau surchargé de dossiers…
- « Entrez, entrez, je ne mords pas »
La voix de l'homme venait de la droite. En se retournant, elle découvrit l'homme, debout sur un escabeau affairé parmi les dossiers empilés sur le mur d'étagères. Il descendit et se dirigea vers elle avec le sourire.
- « Ainsi donc c'est vous l'inspecteur Swan, ou devrais-je dire Emma, si vous me le permettez… la dernière fois que nous nous sommes vus, vous m'aviez déguisé en dragon en m'affublant d'une cape et d'un bonnet et vous me courriez après avec Gus, armés de baguettes chinoises en guise d'épée. »
Emma s'approcha, à la fois mélancolique et heureuse de le revoir. Cette fois-là, les Booth et lui avaient été manger chinois. A la sortie du retaurant, Gus et elle avaient voulu conserver leurs baguettes. C'était quelques jours seulement avant le terrible accident.
Le vieil homme lui saisit les mains et les serra dans les siennes affectueusement.
- « Comme je suis heureux de te revoir mon enfant, j'aurais aimé que ce soit dans d'autres circonstances mais je suis heureux de voir que tu réussi à t'en sortir malgré tout. »
- « Merci Monsieur. »
- « Allons, allons, de l'eau a coulé sous les ponts mais pour toi comme pour Gus je serai toujours oncle Gep. Tu te souviens ? »
Elle lui sourit en le regardant droit dans les yeux et son regard s'emplit de larmes. D'une certaine manière, avec Gus, le juge était tout ce qui restait de sa famille d'avant. Elle hocha la tête et ne put empêcher une larme de rouler sur sa joue à ce souvenir.
- « Viens, asseyons-nous, il semble que nous ayons beaucoup de choses à nous dire mais très peu de temps pour le faire. Tu as faim ? »
Emma surprise par ce brusque changement de sujet le regarda le sourcil levé.
- « Je pensais demander à Belle de nous faire livrer avant de la libérer. Chinois ? »
Emma lui sourit.
- « Va pour chinois ».
- « Je te préviens, je n'ai ni cape ni bonnet mais j'imagine que ma robe de juge pourra faire l'affaire ? »
Ils discutèrent donc, longtemps, des Booth, de l'accident, de la séparation avec Gus, l'orphelinat, sa rencontre avec Graham et son entrée dans la police. L'homme l'écoutait et posait des questions, montrant si c'était nécessaire, qu'il s'intéressait vraiment au sujet.
- « Et donc, Gus m'a dit que tu es la meilleure amie de la fameuse Ruby ? »
- « C'est exact, nous avons été colocataires pendant nos études à la fac et même si j'ai quitté Boston pour « la grosse pomme », nous n'avons jamais perdu le contact.
- « C'est fascinant comme le monde est petit. D'ailleurs, revenons-en à nos moutons. Gus m'a appelé hier soir pour me demander conseil concernant ton affaire. Je lui avais dit que j'arriverai tôt au tribunal pour essayer de prendre le dossier en charge. En effet, nous sommes trois juges et l'un de mes collègues est plutôt ami avec le gouverneur… Il valait mieux éviter qu'il soit saisi de l'affaire. Bref, je suis arrivé le premier et, le hasard faisant bien les choses, le dossier de plainte de Monsieur Gold a atterri sur mon bureau. » Il bombait le torse, visiblement très fier de son coup.
- « C'est très aimable à vous mais je ne voudrai pas vous mettre dans l'embarras… »
- « Oh, cela ne veut rien dire sur l'issue de cette affaire mais si je peux éviter que Gold vienne magouiller dans mon tribunal, ce sera déjà ça. »
- « Vous semblez beaucoup l'apprécier. »
- « Effectivement, cet homme est fourbe, menteur, manipulateur et malheureusement très influent. Je me ferai un plaisir de freiner ses ardeurs vengeresses. D'ailleurs, pourquoi cette plainte ? Il t'en veut en particulier ? Vous vous connaissez ? »
- « Non pas du tout mais je pense qu'il n'a pas apprécié que je le menace de contacter la presse s'il ne nous disait pas où se cachait Mendel ».
- « Ah, effectivement, il n'a pas l'habitude qu'on ose braver son autorité et il en abuse de trop. Cela dit, cette plainte, c'est n'importe quoi, je ne comprends pas. En faisant cela, il va lui-même jeter son histoire de famille en pâture aux journalistes… à moins que Mendel désormais mort, il ne se place en victime : le grand frère, chargé de famille, qui aura tout fait pour Mendel et qui ignorait tout de son autre visage… bien vu Gold ! Souvent l'attaque est la meilleure des défenses et si au passage il peut t'écraser pour te faire regretter ton audace, il le fera.»
Emma était restée silencieuse. Que pouvait-elle face au stratège démoniaque décrit par le juge?
- « Bon, il est grand temps que je t'explique comment cela va se passer car une fois l'affaire officiellement sous ma charge, nous ne pourrons plus nous rencontrer comme cela pour en discuter librement. Alors, d'abord, il va y avoir une audience préliminaire au court de laquelle je vais te demander si tu plaides coupable ou non coupable des charges retenues contre toi. »
- « C'est-à-dire ? »
- « Meurtre, homicide volontaire. »
- « Mais non, je n'étais pas venue pour le tuer mais pour l'arrêter…, c'est quand il a égorgé mon équipier que je lui ai tiré dessus, plus par réflexe qu'autre chose d'ailleurs… »
- « Donc tu plaides non coupable. Cela signifie que nous irons au procès si les preuves retenues contre toi sont jugées suffisantes. »
- « Jugées par qui ? Par vous ? »
- « C'est là que ça se complique. Une telle affaire, impliquant une policière et un gouverneur, ne va pas passer inaperçue aux yeux aiguisés des journalistes. D'autant que la victime était un personnage public doublé d'un criminel… donc le dossier ne sera pas confié à un seul juge mais également à un jury. C'est ce qui est prévu pour garantir l'équité du jugement. »
- « Donc, mon sort ne dépend finalement pas vraiment de vous ? »
- « Non, sauf si tu avais plaidé coupable ou si finalement les deux parties trouvaient un accord ce qui est peu probable. »
Emma s'enfonça un peu plus dans son siège.
- « Bon, qui dit procès, dit procureur et je mettrai ma main à couper que c'est Tamara Green qui va récupérer le dossier, elle se délecte avec les affaires qui font grand bruit. »
- « Et ? »
- « C'est une carriériste, opportuniste mais elle excelle dans son métier et à le don de dénicher des preuves là où personne ne les attendais. En contrepartie, elle n'est pas tendre. Ni avec le justiciable, ni avec les témoins, qu'ils soient à charge ou à décharge. »
- « Voilà qui est très rassurant ! »
- « En fait, maitre Green est très douée pour manipuler le jury. Il faudra donc éviter de te la mettre à dos. Je ne sais pas quel genre de contact elle peut avoir avec Gold, je ne pense pas qu'ils se connaissent. »
- « C'est déjà ça. »
- « Il reste l'avocat. As-tu quelqu'un en vue ? »
- « Non, je comptais sur August, enfin, sur Gus, pour m'aider à trouver »
- « Bien, alors j'ai l'homme qu'il te faut. Il est particulier mais au moins, il ne se laissera pas démonter par le procureur. Par contre, tu devras lui faire une confiance absolue et tout lui dire. S'il a le malheur de découvrir quelque chose que tu as omis de lui dire, il ne t'épargnera pas. C'est un ours, il a un caractère de cochon mais c'est le meilleur pour tenir tête à Green. »
- « Eh bien, comment s'appelle ce sauvage à qui je vais confier mon avenir ? »
- « Maitre Leroy Dwarf, célèbre pour ses prises de position tranchées en faveur des plus démunis et malheureusement aussi pour son attrait pour la bouteille. Si tu es d'accord, Gus pourra l'appeler de ma part. Je ne peux pas le faire directement. Par contre, ne tarde pas à le rencontrer afin qu'il s'approprie ton dossier et qu'il se prépare pour l'audience préliminaire.»
Emma remercia chaleureusement le juge. Ils convinrent de ne plus se rencontrer ou même se téléphoner directement pour toute la durée du dossier. Cette entrevue elle-même n'avait jamais eu lieu et ne devrait jamais être évoquée, quoi qu'il arrive. Toutefois, si c'était nécessaire, Emma pouvait soumettre des questions au vieux juge via Gus. Quand ils se séparèrent enfin, il était très tard, plus de minuit. Le vieux juge la raccompagna à la porte de service et retourna à son bureau. Il lui avait expliqué que vivant seul, il lui arrivait régulièrement de dormir sur place et que tout était prévu à cet effet.
Quand elle rentra l'appartement, Graham se leva pour venir l'accueillir.
- « Ça va ? Où étais tu si tard ? »
- « J'ai rencontré un ami de Gus qui m'a expliqué comment les choses vont se dérouler. Il y aura surement un procès avec juge et jury et demain je contacte mon futur avocat…Maitre Dwarf. »
- « Dwarf ? Leroy Dwarf ? Mais pourquoi lui ? C'est un poivrot. On l'a déjà ramassé plusieurs fois au poste pour des bagarres mais il s'est toujours débrouillé pour effacer l'ardoise. »
- « Selon mon informateur, il est le meilleur vu les circonstances. Gus fait confiance à mon informateur donc je suis. »
- « OK, OK mais te connaissant, ça risque d'être houleux avec ton avocat !… »
Sur ce, Graham retourna se coucher, laissant Emma seule avec ses craintes. Finalement, elle ralluma son téléphone et envoya un sms à Régina : - Suis rentrée à l'instant, ça s'est plutôt bien passé. Demain je contacte mon avocat -. Immédiatement, son téléphone vibra. – Merci, je commençais à être inquiète, il est tard. On s'appelle demain quand tu l'auras eu?- Ok demain après-midi alors- parfait les enfants seront ravis de pouvoir te parler, bonne nuit Emma – Bonne nuit Gina-.
Emma alla se coucher après une douche sensée la détendre mais elle ne trouva pas le sommeil. Chaque fois qu'elle se sentait partir, des images angoissantes du procès l'assaillaient : Le débat tournait au pugilat entre son avocat et le procureur et au final, les gentils jurés la condamnaient à de la prison ferme sous les applaudissements de Gold. Là elle se réveillait, en sueur. Elle avait beau se forcer à se remémorer le weekend en famille, elle ne parvenait pas à faire abstraction de l'enjeu de sa rencontre du lendemain et ce qui suivrait.
Voilà, on n'a pas encore vu Gold mais son ombre plane déjà sur le bonheur d'Emma. Que pensez-vous du choix de son avocat au fait ? Ça m'a pas mal amusée d'imaginer Leroy en train de plaider. A vos reviews… Merci.
Z.
