Bonjour à tous,
Voilà, j'essaie de reprendre le rythme du mercredi mais ce n'est pas toujours facile surtout en étant en déplacement. Vous avez vu ? On a passé le cap des 200 reviews. Bon, l'arrivée de Régina2015 a grandement contribué mais bon, 200 quand même… Je suis à la fois impressionnée et très fière. Merci.
Oui les choses se corsent et oui Leroy risque de faire des vagues en avocat alcoolo mais je l'aime bien et j'ai vu dans vos commentaires que vous aussi au fond ;).
Attention certaines d'entre vous risquent de verser une larme en fin de chapitre...
Comme d'habitude, les personnages de OUAT ne m'appartiennent pas mais cette histoire est entièrement le fruit de mon imagination ).
Bonne lecture et allez les bleus!
Z.
Chapitre 19: Entretiens à gogo
En cette fin d'après-midi, Régina profitait du soleil sur la terrasse alors qu'Henry et Erin batifolaient dans la piscine. La brune les regardait tendrement. On aurait dit qu'ils se connaissaient depuis toujours. Ils riaient de bon cœur et s'avéraient être très complices. Le matin même, ils lui avaient fait la surprise de lui préparer le petit déjeuner. Plus Régina les observait plus elle sentait que la séparation allait être douloureuse pour tous les trois. Elle ferma les yeux, songeuse. Demain ils plieraient bagages pour rentrer à Boston. Kathryn n'avait pu avoir de rendez vous avec le psy plus tard que jeudi matin. Alors, elles avaient convenu que Régina accompagnerait la petite à l'orphelinat le temps de l'entretien puis la reprendrait jusqu'à la fin du weekend.
La directrice lui avait proposé de la rencontrer pendant l'entretien d'Erin pour voir avec elle comment la petite s'était comportée. Elle était perdue dans ses pensées quand tout à coup elle sursauta en réalisant que la piscine était soudain silencieuse. Elle ouvrit les yeux, inquiète et vit alors les deux gamins, trempés, lui sauter dans les bras.
A leur contact frais sur sa peau chauffée par le soleil, elle hurla avant qu'ils n'éclatent de rire tous les trois. S'il était un instant de ces fabuleuses vacances qu'elle voulait graver dans sa mémoire, c'était bien celui-ci. Seule Emma manquait à l'appel, à son grand regret.
Réalisant que la blonde ne l'avait pas encore appelée, elle se leva pour aller vérifier l'heure. 18 heures 20. Si Emma n'avait pas appelé c'est qu'elle n'avait pas réussi à joindre l'avocat. Elle décida malgré tout d'en avoir le cœur net. Elle pianota quelques mots sur son téléphone: - Coucou, tu as des nouvelles de ton avocat ?- Pas de réponse. Etrange pensa t'elle, Peut être qu'elle n'a plus de batterie. Je réessaierai plus tard.
- « Allez les enfants, vous faites un dernier plouf et puis on rentre, vous allez m'aider et mettre la table. Ce soir c'est pizza maison.»
- « Ouais ! »
Quand Emma appela enfin, Régina était en train de tirer la pâte de la pizza, elle avait de la farine jusqu'aux coudes et demanda à Erin de décrocher à sa place.
- « Allo ? »
- « Allo ? Qui est à l'appareil ? C'est toi Gina ? »
- « Non c'est Erin, Régina est en train de faire les pizzas elle ne pouvait pas répondre. »
- « Ah je préfère ça, tu m'as fait peur. »
- « Tu vas bien Emma ? Tu es où ? » Demanda la petite.
- « Je suis à New York chez Graham et Jenny. Et oui je vais bien, merci ma grande. Et vous ? Qu'est ce que vous avez fait de beau aujourd'hui ?»
La gamine lui raconta en détail leur journée, la virée au marché le matin pour dire au revoir à leur ami pêcheur, le pique nique de midi sur la plage, leurs jeux de l'après midi sans oublier la piscine et le petit déjeuner servi à Régina.
- « Eh bien, on dirait qu'il y en a qui profitent quand je ne suis pas là ! »
La pharmacienne qui avait écouté la conversation, se rapprocha de l'appareil :
- « Impossible d'en profiter réellement quand tu n'es pas là Emma ». Elle regarda les enfants qui semblaient tout à fait d'accord avec elle puis reprit. « Et les enfants sont bien d'accord avec moi. Tu as du nouveau de ton côté ?»
- « Je vois Maître Dwarf demain matin, c'est un premier contact qui devrai être suivi de plusieurs autres afin d'être prêts pour l'audience préliminaire. »
- « Tu sais quand elle aura lieu ? »
- « Non mais probablement d'ic semaines peut être avant. »
- « Tu vas pouvoir rentrer entre temps ? »
- « Je l'ignore, je suppose que ça va dépendre de Dwarf . Et vous, c'est jeudi le rendez-vous?
- « Oui, nous prendrons la route demain après midi mais Erin restera avec nous jusqu'au weekend, c'est convenu avec Kathryn».
Elle lança un regard rapide à la gamine en lui faisant un clin d'œil. Le sourire de la petite s'étirait d'une oreille à l'autre.
- « Super. Bien dans ce cas, on s'appelle en fin de journée ? »
- « OK, a demain dans ce cas, bonne soirée, passe le bonjour à Jenny, Graham et Lucas de notre part… »
- « Je n'y manquerai pas. Bonsoir vous trois. A demain».
Emma avait appelé son avocat et n'avait eu que son assistante qui lui avait donné le rendez vous et indiqué l'adresse où se trouvait le cabinet. En arrivant sur les lieux, vu comment le juge Marco avait décrit Maître Dwarf, Emma essayait d'imaginer à quoi pouvait ressembler un avocat brillant, intègre, doté d'un fort caractère mais avec un penchant pour la bouteille. C'était sûrement un homme assez strict coincé dans un costume gris. Par défaut, elle le voyait plutôt grand et âgé et les traits creusés. Dans l'ascenseur qui l'amenait au 11ème étage, elle tentait de se recomposer une attitude sereine mais était en fait très stressée par cette première entrevue. Oncle Gep a dit que c'est le meilleur ne cessait elle de se répéter.
Quand elle sortit de l'ascenseur, elle arriva sur un hall d'accueil avec un grand guichet très impersonnel. Elle s'avança et une charmante jeune femme assise derrière le comptoir lui demanda qui elle venait voir.
- « Maitre Dwarf, s'il vous plait. »
- « Asseyez vous là, je vais le chercher, un instant s'il vous plait ».
En tout cas, il sait s'entourer, pensa Emma, la réceptionniste avait une voix aussi douce que son regard. Elle regarda la jeune femme partir vers le fond du couloir. Bizarre, se dit-elle, elle aurait pu simplement l'appeler…
Elle était perdue dans ses pensées quand la jeune femme revint.
- « Suivez moi je vous prie, Maitre Dwarf va vous recevoir ».
Elles repartirent toutes les deux vers le fond du couloir. Arrivées au bout, la réceptionniste frappa à une lourde porte capitonnée.
- « Entrez »
Le ton était sec et figea Emma. La jeune femme de l'accueil lui fit un sourire contrit et l'invita à pénétrer dans le bureau avant de retourner à son poste. Emma découvrit alors avec surprise son avocat. Il n'avait rien de commun avec ce qu'elle avait pu imaginer. Petit et rondouillard, il ressemblait plus à un bucheron qu'à un brillant avocat new-yorkais. Son visage disparaissait derrière une abondante barbe grisonnante qui contrastait avec son crane luisant. Mais ce qui marqua le plus la policière fut le regard inquisiteur de l'avocat, bordé de larges cernes. L'homme la détailla de la tête aux pieds puis s'approcha en grommelant :
- « Ainsi donc vous êtes la sœur de Maitre Wayne-Booth… la ressemblance n'est pas frappante. »
- « Normal, je ne suis pas vraiment sa sœur… »
- « Il faudrait savoir… Lui m'a appelé pour que je défende sa petite sœur. »
- « Vous le connaissez bien ? »
- « Hmpf, c'est plutôt moi qui pose les questions en général mais bon… Il se trouve que votre « frère » a été mon stagiaire il y a quelques années. »
- « Gus n'est pas mon frère, je suis orpheline mais j'ai vécu dans sa famille avant le décès de ses parents ».
- « Ok, Ok, je comprends mieux. Venez, installons nous pour faire connaissance »
Le ton s'était radouci et Emma avait même cru percevoir un sourire dans la barbe de l'avocat.
- « Bon, avant toute chose, je voudrai savoir comment vous vous vous sentez face à cette accusation de meurtre. Avez-vous l'impression d'avoir quelque chose à vous reprocher ? »
Surprise par la question, Emma bredouilla :
- « Ben, c'est que…, j'ai quand même tué cet homme… »
- « Là n'est pas la question. Vous considérez vous comme une meurtrière ? »
L'air sévère était de retour et les yeux cernés de l'avocat montraient son agacement.
- « Non, pas une meurtrière, je n'étais pas venue pour le tuer mais pour l'arrêter… »
- « Alors pourquoi l'avoir finalement buté ? »
- « Je…, euh… » Voyant que l'homme s'impatientait, Emma haussa le ton. « Qu'auriez vous fait vous si une ordure avait préféré trancher la gorge de votre ami au lieu de simplement tenter de fuir, j'ai pas réfléchi, j'ai tiré dès que j'ai pu remettre la main sur mon arme. »
- « Elle était où ? »
Pendant plus d'une heure Maitre Leroy Dwarf charcuta sa cliente. A plusieurs reprises, celle-ci montra de l'agacement mais ne craqua pas. Elle lui raconta toute la scène en détail puis ce qui avait suivi et l'évacuation de son coéquipier. Lui alternait les questions et prenait des notes en ponctuant les déclarations d'Emma de petits grognements d'approbation.
Quand elle quitta son bureau, Emma était éreintée. L'homme n'avait cessé de la relancer sur des petits détails. Il était peut être efficace mais loin d'être sympathique. Il ne la raccompagna même pas, la laissant regagner seule le bureau de son assistante qui lui fixa un nouveau rendez-vous pour le lendemain. Puis, la regardant avec compassion, elle ajouta.
- « Ne vous laissez pas impressionner. Il est rustre et peut paraître insensible mais c'est loin d'être le cas, il a le cœur sur la main. S'il juge que votre dossier en vaut la peine, il se battra jusqu'à son dernier souffle pour obtenir que justice soit faite. »
- « Merci Mademoiselle … ? »
- « Astrid, Astrid Nova. De rien, avec plaisir inspecteur. Vous savez, souvent ses clients ressortent de son bureau en larmes ou bien verts de rage, alors, j'ai l'habitude ».
- « Il a de la chance de vous avoir Mademoiselle Nova, j'espère qu'il en est conscient… »
L'assistante avait rougi ce qui n'échappa pas à Emma qui haussa un sourcil. Tiens donc, ces deux-là sont-ils en train de revisiter le conte la Belle et la Bête ?
Le lendemain, l'homme n'était pas de meilleure humeur, il la questionna sur sa vie privée, son enfance, son entrée dans la police, les relations avec ses collègues. Elle parla longuement de Graham puis ils en vinrent à parler de Jeff. Maître Dwarf la provoqua en insinuant qu'ils avaient pu entretenir une liaison. Elle ne broncha pas, le laissant débiter des absurdités.
- « C'est bon, vous avez fini ? Jeff n'a jamais et ne sera jamais mon amant, c'est un ami, rien d'autre. » Dit-elle en haussant le ton.
- « Il est veuf, plutôt beau garçon, … »
- « Mais ne m'intéresse absolument pas ! »
- « Ce n'est pas ce que disent les rumeurs au poste »
- « Bah, des jaloux qui se seront fait éconduire par Jeff ou par moi. »
- « Vous êtes donc célibataire ? »
- « Je l'étais au moment des faits. »
- « Et désormais ? »
- « J'ai quelqu'un dans ma vie, à Boston, mais j'aimerai qu'elle reste en dehors de cette affaire. »
- « Elle ? »
- « Oui, elle. Mon amie est veuve et mère d'un garçon de 6 ans. Je refuse qu'ils soient mêlés à cette affaire. Je ne les ai rencontrés qu'à mon arrivée à Boston, après avoir quitté mes fonctions à New-York. »
- « Soit, mais dévoiler son existence pourrait couper court à toute affabulation concernant vos relations avec Jefferson… »
Emma se redressa soudain, elle prit appui sur le bureau de l'avocat, les bras tendus. Ainsi, elle surplombait l'homme. Son regard s'était assombri de colère et elle lâcha, menaçante :
- « Je m'y refuse, vous m'entendez ? »
- « OK, OK, j'ai saisi. Je ne m'en servirai qu'en tout dernier recours. La petite dame est sensible sur le sujet, j'ai compris. Espérons que le procureur ne lèvera pas ce lièvre car je doute que vous puissiez faire le poids. »
Emma le fusilla du regard. Il avait raison, s'il était bien un sujet qui pouvait la déstabiliser c'était bien la nouvelle vie dans laquelle elle s'était peu à peu installée à Boston. Régina, Henry et les autres, sa famille retrouvée. Jamais elle ne laisserait le procureur toucher à eux.
- « Il faut que vous preniez du recul face à ce sujet qui vous est cher. Le rôle du procureur est de trouver votre point faible et de s'y engouffrer. Je n'ai mis qu'une petite heure à l'identifier. En audience, je n'aurai fait qu'une bouchée de votre joli minois. »
L'inspectrice rentra sa tête dans ses épaules, contrariée de s'être fait piéger.
- « Bien, ce sera tout pour aujourd'hui. Nous verrons demain les détails de votre enquête et comment vous en êtes venus à cibler Mendel. Je pense qu'ensuite nous serons prêts pour l'audience préliminaire.»
Emma se leva, silencieuse et se dirigea vers la porte sans rien dire.
- « Inspecteur, attendez ! »
L'homme la rejoint et lui tendit la main.
- « Comprenez-moi bien, je ne peux pas me battre pour vous si vous ne me donnez pas tous les éléments. Il suffit que le procureur s'engouffre dans une faille que je n'aurai pas su cerner et je ne donne pas cher de votre peau… »
- « Bien, je comprends, merci ».
- « Allez, filez, on se voit demain. »
A Boston, pendant ce temps, Régina et les enfants venaient tout juste d'arriver. La route depuis Cape Cod avait été relativement fluide ce qui leur laissa largement le temps de s'installer avant la nuit. La pharmacienne proposa à la petite blonde de s'installer dans sa chambre tandis qu'elle irait chez Emma. La petite était impressionnée par la beauté des lieux. Elle n'avait jamais eu de chambre seule et le lit de Régina lui semblait tout droit sorti d'un conte de fées avec ses draps de satin crème, ses rideaux à volants et la fenêtre avec vue sur le fleuve. La proximité immédiate de la chambre d'Henry la rassurait. Les deux enfants passèrent la soirée à découvrir les jeux du petit garçon tandis que Régina s'occupait de déballer leurs bagages.
Vers 20 heures, elle appela Emma pour prendre des nouvelles après la deuxième entrevue avec l'avocat. Celle-ci lui expliqua combien celui ci était borné et exigeant. La brune chercha à la rassurer en lui rappelant qu'il avait la réputation d'être parmi les meilleurs mais elle sentit bien que l'inspectrice était contrariée.
- « Y a t'il quelque chose de particulier qui t'a contrariée? »
- « Oui et non, il a laissé entendre que les rumeurs me prêtent une liaison avec Jeff et qu'aux yeux de l'accusation cela pouvait paraître un mobile plausible m'ayant conduit à tirer sur Mendel. »
- « Et? »
- « Et bien il n'y a rien à dire, je n'ai jamais eu la moindre relation autre qu'amicale avec Jeff... »
- « Je sens bien qu'il y a autre chose »
- « Il voulait se servir de notre relation pour prouver que je ne suis pas intéressée par les hommes. J'ai refusé. Je ne veux pas que tu aies à apparaître dans cette histoire. Tu es entrée dans ma vie après, il n'y a aucune raison que tu soies mêlée au procès. »
- « Emma, si ça peut t'aider... »
- « Non Régina, je refuse. Je n'ai rien à me reprocher et je le prouverai ».
Sentant l'état d'énervement de la blonde, la pharmacienne n'insista pas. Elles échangèrent quelques banalités sur le retour à Boston et promirent de s'appeler le lendemain après leurs entretiens respectifs.
Pour Emma, l'entretient du jeudi fut tendu. Encore contrariée de la veille, elle arriva en retard de quelques minutes. Quand elle se présenta au guichet de Mademoiselle Nova, celui ci était vide. Elle entendit des éclats de voix qui provenaient du fond du couloir.
- « … pas possible! … indéfendable... elle se croit où, »
- « Leroy, calmez vous, je vous en prie, elle va arriver, elle a dû être retenue dans le trafic. »
Emma comprit qu'ils parlaient d'elle, elle s'avança et frappa à la lourde porte du bureau de l'avocat qui était restée entrouverte.
- « Quoi encore? »
L'homme était furieux, il la fusilla du regard.
- « Ah, vous voilà enfin! Ne vous avisez pas d'arriver en retard au tribunal ou s'en est fini de vous.»
Le sang de la blonde ne fit qu'un tour.
- « Mais enfin, vous êtes là pour me défendre ou pour m'enfoncer? Vous croyez sincèrement que c'est en gueulant sur les gens que vous arriverez à vos fins? Mademoiselle Nova à bien de la patience pour supporter votre infâme caractère. »
L'assistante la regardait affolée, les yeux pleins de larmes. Secouant la tête, elle fit signe qu'elle repartait à son poste et les laissa en tête à tête et referma la porte derrière elle. Tous deux se toisaient sourcils froncés, regard lourd et mâchoire serrée. Ce petit manège dura une bonne minute puis ils commencèrent à se décrisper peu à peu. Maître Dwarf finit par se laisser tomber lourdement dans son fauteuil en se frottant le front et Emma alla s'asseoir face à lui bras croisés fermement sur sa poitrine. Une bonne minute de plus s'écoula. Chacun des deux semblait perdu dans ses pensées.
- « Vous devriez aller la voir. » dit soudain l'inspectrice.
L'avocat grommela quelque chose d'incompréhensible puis souffla longuement avant de se lever et de sortir de son bureau en traînant les pieds. Assise dans son fauteuil, Emma esquissa un sourire et attendit.
Quand il revint, Maitre Dwarf avait perdu son air renfrogné.
- « Bon, on a déjà perdu assez de temps. Racontez moi l'enquête et comment vous en êtes arrivés à soupçonner Mendel. »
Emma reprit donc calmement l'histoire depuis le début, les premières plaintes, le manque d'indices et l'impuissance qu'elle et ses collègues avaient ressentie face à ce violeur fantôme puis le rebondissement de l'affaire avec le coup de fil de Betty Hunt, la perquisition chez Mendel et enfin la confrontation musclée qu'elle avait eue avec le gouverneur avant que celui ci n'accepte de lui révéler où son frère se trouvait.
- « C'était culotté de votre part de faire chanter un gouverneur non? »
- « Je n'avais pas le choix, j'avais promis à Betty et à sa sœur que j'attraperai ce salaud. »
- « Vous mettez toujours autant de hargne pour mener vos enquêtes inspecteur? »
- « Toujours, quitte à déplaire à ma hiérarchie. Un criminel reste un criminel. Qu'il soit fauché ou col blanc ne devrait faire aucune différence ».
- « On sent de l'amertume dans vos propos. »
- « J'ai horreur de l'injustice. L'idée que certains se sentent supérieurs aux autres parce qu'ils sont riches, ou célèbres ou simplement bien nés m'horripile. »
- « Bon, eh bien ça nous fait au moins un second point en commun... »
- « Un second? »
- « Avec le caractère bien trempé! »
- « Ah, ...euh, oui. »
Ils échangèrent un regard complice. L'avocat finit de prendre quelques notes puis reprit la parole.
- « Bien, je pense que nous avons fait le tour. Je pense que nous sommes prêts désormais pour rencontrer le juge Marco. L'audience préliminaire aura lieu vendredi en huit. D'ici là, je vous suggère de faire un break, de vous changer les idées. Nous nous reverrons mercredi prochain pour un dernier briefing. »
- « Bien. Je peux donc retourner à Boston en attendant? »
- « Oui mais restez joignable, on ne sait jamais. D'autres questions inspecteur? »
- « Pour le procureur, vous savez qui va s'occuper du dossier? »
- « Oui, c'est cette fouine de Tamara Green. Mais soyez sans crainte, je l'ai déjà affrontée à plusieurs reprises. Si vous ne m'avez rien caché, j'en fais mon affaire. »
Il se séparèrent donc. Quand elle passa à l'accueil, Emma fut interceptée par l'assistante.
- « Inspecteur Swan, Inspecteur attendez s'il vous plait! »
- « Vous pouvez m'appeler Emma vous savez. »
- « C'est que, euh,... oui, hum, Emma, je..., merci! »
- « De rien Astrid, avec plaisir. C'est une carapace qu'il se forge, vous le savez? »
La jeune brune acquiesça en rougissant.
- « Il tient à vous Astrid. Si, comme je le pense, c'est réciproque, montrez le lui, il n'osera jamais faire le premier pas croyez moi. »
Laissant la jeune assistante bouche bée, elle s'engouffra dans l'ascenseur et rentra chez Graham pour faire ses valises. Elle avait décidé de faire la surprise à Régina et de rentrer à Boston au plus tôt.
De son côté, la pharmacienne était arrivée à l'orphelinat avec Erin. Elle avait laissé Henry à la pharmacie où Granny veillerait sur lui en leur absence. Il avait voulu venir mais sa mère l'avait convaincu qu'il ne pouvait que perturber l'entretien. Elles rejoignirent donc Kathryn dans son bureau.
- « Alors les vacancières, ça s'est bien passé ce séjour? Tu as bonne mine Miss », dit la directrice en s'adressant à la petite.
- « Oh oui Madame, il a fait beau et on a fait beaucoup de balades et de jeux dehors ».
- « Bien! Visiblement tu es contente de tes vacances alors? »
La petite hocha la tête tout en rendant son sourire à Régina. Leur complicité n'avait pas échappé à Kathryn.
- « Bon alors, le docteur Hooper va te recevoir. Sais tu pourquoi? »
- « Pour savoir si je peux être placée ou adoptée »
- « C'est tout à fait ça. Tu en as parlé avec Régina? »
- « Non, non, avec Emma. Elle m'a dit de parler au docteur ».
- « Bien, pendant ce temps, moi je vais discuter avec Régina puis nous nous reverrons après. C'est d'accord? »
Elle conduisit Erin jusqu'au bureau du psychologue, de l'autre côté du couloir, la fit entrer et retourna à son bureau où son amie l'attendait.
L'homme accueillit la petite avec un sourire rassurant. Il la connaissait pour avoir tenté déjà à trois reprises de nouer un dialogue avec elle mais la petite était fermée comme une huitre et elle avait refusé obstinément de parler de sa famille. Dans ces conditions, à contre cœur, il avait du se résoudre à la déclarer inapte à la vie hors du centre. Tandis que la gamine s'installait sur la grande banquette devant lui, il l'examina. Elle avait changé depuis leur dernière entrevue, seulement quelques semaines plus tôt. Elle semblait plus sure d'elle et dégageait une impression positive malgré ses craintes qui étaient visibles.
- « Bonjour Erin »,
- « Bonjour Docteur »,
- « Bien, j'aimerai que tu me parles de tes vacances, j'ai cru comprendre que pour la première fois tu es sortie de l'orphelinat et que tu es partie dans une famille. »
Le visage de la petite, relativement crispé jusqu'à là s'éclaira d'un large sourire. Elle lui parla longuement de son séjour à Cape Cod, d'Henry, de sa mère et des nombreux amis qui avaient séjourné le weekend. Il l'encouragea à se livrer et elle lui raconta avec force détails les différentes activités qui les avaient occupés. Puis profitant de sa lancée, le psychologue lui demanda si elle se rappelait de vacances similaires avec sa famille. Elle marqua un temps d'arrêt puis répondit que non. L'homme pensa qu'elle refusait encore de parler de son passé mais fut interrompu dans ses réflexions par la gamine qui reprit:
- « Les vacances avec mes parents n'avaient rien à voir avec celles-ci. On faisait du camping ou bien on allait chez mamie. Jamais je n'avais vu de belle maison comme celle de Régina. »
- « Ah bon, et tu peux me parler de ta famille et des souvenirs que tu en as? »
La petite lui raconta alors longuement sa vie entourée de ses parents et de sa petite sœur. Elle parla longuement de Nanni, sa grand mère, qui les gardait souvent puis elle en vint à l'accident et lui expliqua qu'elle ne se souvenait de rien sauf d'avoir entendu sa mère crier. Le médecin n'en revenait pas. D'un coup la gamine venait de lever le voile sur son passé. Jamais il n'aurait espéré qu'elle puisse aller si loin dans ses confidences.
- « Merci Erin, c'est très bien. Peux tu me dire pourquoi d'un coup tu as décidé de me parler de tout ça alors qu'il y a quelques semaines tu ne voulais pas? »
- « C'est Emma qui m'a expliqué que ça ne servirait à rien de m'enfermer, qu'il fallait que je soit franche avec vous. Mais je vous préviens, je ne veux pas être adoptée. »
- « Et pourquoi donc? »
- « J'ai des amis, ici et aussi dehors qui viendront me voir. Je ne veux pas les perdre eux aussi et partir chez des inconnus ».
- « D'accord, et si la famille qui t'a reçu voulait te reprendre? »
- « Aux prochaines vacances? Ce serait super! Ils sont tellement gentils. J'adorerai aller chez eux. »
Le Docteur Hooper sourit largement à la petite et ferma son dossier. Sans aucun doute la gamine était parfaitement équilibrée. Extrêmement sensible mais parfaitement équilibrée. Il prit un tampon vert sur son bureau et l'appliqua avec force sur la page de garde du dossier de la gamine: Favorable.
Pendant ce temps, dans le bureau de Kathryn, la directrice était en grande conversation avec sa meilleure amie. Elle la questionna sur ses vacances, sur le comportement d'Erin avec Henry et elle, sur Emma bien sûr... La pharmacienne lui confirma combien la présence d'Erin avait été bénéfique pour Henry et elle, combien grâce à elle ils n'avaient pas vu le temps passer et combien elle appréhendait la séparation à la fin du weekend.
- « D'abord Emma puis maintenant Erin, nous allons nous retrouver tous les deux avec Henry comme il y a quelques mois, j'avoue que ça me fait peur Kathryn ».
- « Pour Emma je ne peux rien faire mais pour Erin, il y a bien une solution... »
- « Comment ça? »
- « Eh bien, si l'entretient avec Hooper se passe bien, la petite pourra faire l'objet d'un placement dans une famille. »
- « Oui je sais tout ça, Emma me l'a dit ».
- « Et pourquoi pas chez toi? »
- « Chez moi? »
- « Oui Régina, tu l'as eue plus de dix jours et tout se passe bien non? »
Régina restait sans voix, elle n'osait pas croire que cette solution, dont elle avait rêvé secrètement puisse être possible.
- « Mais, … , tu … , tu crois vraiment que c'est possible? »
- « Et pourquoi pas? »
- « Je suis une femme seule, au pire, en couple avec une autre femme... »
- « Et alors, depuis plus de dix ans, même l'adoption est ouverte aux parents célibataires ou aux couples homosexuels dans le Massachusetts. »
Régina s'était assise, une main sur sa poitrine et tentait de calmer son cœur qui s'était brusquement emballé.
- « Régina, je ne souhaite pas te forcer la main, mais si cette idée te plait autant qu'elle en a l'air, fonce. Pour toi, pour Henry, pour Erin, cela ne peut que vous être bénéfique. »
- « Que dois- je faire pour officialiser ma demande? »
- « Alors, pour devenir famille d'accueil, il faut... »
- « Non Kat, pour adopter Erin. »
La blonde la regarda, surprise de ce soudain revirement puis afficha un large sourire.
- « Eh bien pour commencer, il faut que tu voies le Docteur Hooper. »
La perspective de voir un psy n'enchantait pas la pharmacienne mais s'il fallait en passer par là, soit, elle le ferai.
- « Veux tu le voir de suite? Il sera absent pour quinze jours à partir de demain. »
La brune hocha la tête et Kathryn prit son téléphone pour envoyer un texto au médecin.
Doc, mon amie Régina souhaite se lancer dans une procédure d'adoption pour Erin. Pouvez vous la recevoir dès aujourd'hui?
Le Psychologue était en train de raccompagner la petite blonde chez la directrice quand son téléphone vibra. Il sourit en prenant connaissance du message et frappa à la porte du bureau de la directrice.
- « Entrez Hooper, venez que je vous présente mon amie Régina Mills ».
- « Nous nous sommes déjà croisés lors de l'inauguration de la plaque de votre défunt mari ».
- « C'est exact, que je suis bête... Bien, Régina et son fils ont donc accueilli Erin pendant les vacances. »
- « Oui, Erin m'a largement fait part de son séjour qui visiblement l'a ravie. J'aimerai bien avoir votre point de vue également. Seriez vous disposée pour un court entretien? »
Régina sourit à l'homme et le remercia d'un sourire pour sa discrétion envers la gamine. Ils quittèrent le bureau de Kathryn laissant sur place la directrice et la petite blonde. Celle-ci paraissait inquiète.
- « Emma ne m'avait pas dit qu'il questionnerait aussi Régina. C'est pour savoir si j'ai été sage? »
- « N'aies pas d'inquiétude Erin, le Docteur Hooper veut voir Régina car elle souhaite pouvoir te garder avec eux, pas pour vérifier ce que tu lui as dit. »
- « Me garder? Moi? Après les vacances?»
- « Oui ma chérie »
La petite en avait les larmes aux yeux.
Après à peine quelques minutes, la brune et le Docteur étaient de retour. Dès qu'ils passèrent la porte du bureau de la directrice, le regard de Régina croisa celui de la petite, ses yeux étaient gonflés, montrant qu'elle avait pleuré. La gamine la regardait, inquiète en retenant son souffle. Régina lui tendit les bras en souriant, Erin s'y précipita et éclata en sanglots.
- « Je pense qu'il est inutile de demander à Erin si elle est d'accord pour continuer à vivre chez vous. ».
Le médecin confirma à Kathryn qu'il donnait un avis favorable à la demande de Régina. Dans l'immédiat la gamine serait donc accueillie chez les Mills qui dans un second temps pourraient initier une procédure d'adoption. En entendant cela, Erin cessa ses pleurs et regarda Régina, incertaine d'avoir bien compris.
- « Tu, … tu veux m'adopter? »
- « Oui ma puce. »
- « Mais, … et Henry, il est d'accord? »
- « Comment peux tu en douter? Nous lui demanderons en arrivant si tu veux. D'accord? »
La petite resserra son étreinte autour du cou de la pharmacienne. C'était trop beau pour être vrai, les larmes envahirent de nouveau ses jolis yeux ainsi que ceux de la pharmacienne.
Alors, les fans d'Erin sont elles satisfaites? Je vais faire en sorte de publier le chapitre 20 mercredi prochain. On y retrouvera notre petite famille réunie puis l'audience préliminaire avec enfin la confrontation avec Gold.
