Hello,
Merci pour toutes vos reviews. Comme vous pouvez le remarquer, je n'arrive pas à sortir mes chapitres toutes les semaines comme je le souhaitais. Je fais des efforts réels mais un chapitre comme celui ci me demande près de 8 heures de travail et j'ai bien d'autres occupations et sollicitations, croyez moi. Quoi qu'il en soit, je continue même si je dois ralentir un peu le rythme.
Voici quelques temps que vous attendiez l'entrée en scène du gouverneur Gold, voilà, il est enfin là. Mais je ne suis pas sure que ça vous plaise vraiment. Je sais que vous aimez la guimauve donc il y en a une bonne dose encore ce coup-ci. Et pour ceux/celles qui n'attendraient que ça, pas de M... à moins que je change d'avis en cours d'écriture ;).
Comme d'habitude, les personnages de OUAT ne m'appartiennent pas mais cette histoire est entièrement le fruit de mon imagination ).
Bonne lecture.
Z.
Chapitre 20: Retrouvailles
Le retour de l'orphelinat fut silencieux dans la grosse berline noire. Erin, qui n'arrivait pas à réaliser ce qui venait de se passer, était assise les yeux dans le vague et triturait nerveusement sa robe légère. Elle allait être adoptée par Régina! Henry allait devenir son frère! Jamais depuis son arrivée à l'orphelinat, elle n'avait osé espérer qu'elle retrouverait un jour le confort d'une famille. Elle ne l'avait jamais même souhaité tellement cela lui semblait impossible de remplacer un jour ses parents, sa petite sœur et sa Nanni.
En fait, ces quelques jours passés à Cape Cod lui avaient montré qu'il était possible de se reconstruire sur d'autres bases. Régina ne remplacerait jamais vraiment sa maman mais elle serait là et la protègerait, l'accompagnerait et l'aimerait désormais. Quant à Henry, il ferait un merveilleux petit frère. Ils étaient déjà si complices. Elle craignait juste qu'il lui en veuille de lui prendre un peu sa maman.
Régina de son côté respectait le silence de la petite. Elle imaginait sans mal le choc que ça avait du être pour elle quand elle avait compris aux mots du psychologue qu'elle, Régina Mills, était prête à l'adopter.
Quand elle gara le voiture dans le sous-sol du 180 Beacon Street, Régina coupa le moteur et se tourna vers Erin.
- « Ça va aller? »
- « Euh, oui, oui, je crois »,
- « Tu veux me dire ce qui t'inquiète? »
- « Je..., je me demandais, pour Henry... »
- « Qu'y a t'il? Tu as peur qu'il ne soit pas heureux de la nouvelle? »
La petite hocha la tête puis se recroquevilla sur son siège. La pharmacienne posa sa main sur celles de la gamine et la rassura d'une voix chaude.
- « Écoute, il est possible qu'effectivement la première réaction d'Henry ne soit pas celle que j'attends mais je suis sure que l'idée lui plaira. Il t'adore! »
Erin lui sourit timidement mais garda le silence. Régina prit une profonde inspiration et ouvrit sa portière.
- « Bon, allez, on y va? Il est à la pharmacie avec Granny ».
- « Ok! »
La petite blonde glissa sa main dans celle que lui tendait la brune et elles partirent ensemble en direction de la pharmacie.
Dès qu'elles eurent passé la porte, Henry déboula en courant de l'arrière boutique.
- « Alors? Comment ça s'est passé? Il t'a dit quoi? »
Le gamin tournoyait autour d'Erin et celle-ci lançait un regard affolé à Régina.
- « Henry, Henry, calme toi. Erin et moi allons tout te raconter et on a besoin que tu sois attentif... Viens, installons nous derrière. »
En passant, Régina fit signe à Granny qu'elle s'isolait deux minutes dans l'arrière boutique. Son amie referma doucement la porte derrière eux. Régina fit assoir Henry sur le lit d'examen, se redressa face à lui et alla se placer derrière Erin, les mains sur ses épaules.
- « Bien, Henry, tu sais pourquoi Erin devait aller à l'orphelinat? »
- « Pour voir le docteur, euh... le psy? »
- « Oui c'est bien ça et tu sais pourquoi c'était important? »
- « Oui parce que c'est lui qui décide si Erin peut aller vivre dans une famille »
- « C'est bien ça ».
- « Bon allez m'man, elle peut ou elle peut pas? Il a dit quoi le docteur? »
Régina, serra ses mains sur les épaules de la petite blonde et fit un grand sourire à son fils. Henry se détendit enfin.
- « C'est bon alors? Il a dit oui? »
Les deux têtes face à lui acquiescèrent en chœur.
- « Chouette. Alors tu vas pouvoir revenir? »
- « Mieux que ça Henry... »
Régina couvait son fils du regard, priant intérieurement pour qu'il fasse preuve de son habituelle lucidité et compréhension.
- « Mieux? Ça veut dire quoi? Tu va pouvoir rester avec nous? … »
Le garçon s'était redressé, ravi, il regardait tour à tour la fillette puis sa mère. Les deux lui souriaient maintenant largement.
- « Henry, j'ai l'intention de faire une demande d'adoption pour Erin. Tu serais d'accord,? »
Les quelques personnes qui étaient présentes dans l'officine en cette fin de matinée sursautèrent au cri subit qui jaillit de l'arrière boutique. Quelques secondes s'écoulèrent et Granny frappa à la porte puis l'entrouvrit prudemment. Ce qu'elle découvrit la remplit de Bonheur. Régina était accroupie et tenait les deux enfants dans ses bras.
Quand il vit la vieille femme dans l'embrasure de la porte, le garçonnet se rua sur elle, tel un ouragan brun.
- « Granny, Granny, elle l'a fait! Elle l'a fait! M'man va adopter Erin aussi! Je vais avoir une grande sœur! »
Un rire d'enfant fit sursauter Emma. La jeune femme qui lui faisait face la regarda l'air navré, en faisant signe au petit garçon qui l'accompagnait de faire moins de bruit.
- « Ce n'est pas grave, ne vous inquiétez pas, le trajet doit lui sembler bien long à lui aussi. »
- « Oui, c'est chaque fois pareil quand je rentre chez mes parents, dès que nous passons Providence, il ne tient plus en place. Je suis désolée, il vous a réveillée ».
Emma rassura la jeune maman et se leva pour aller se dégourdir un peu les jambes. Elle alla prendre un café au bar du wagon restaurant et sortit son téléphone. Il était 13 heures, Régina et Erin avaient sûrement terminé leur entretien à l'orphelinat. Elle envoya un petit mot à la brune.
- Alors, comment ça s'est passé?
- Très bien et toi?
- Ça y est, le dossier est bouclé. Selon Dwarf, on est parés pour l'audience. C'est vendredi en huit.
- Ah déjà? Super! Tu penses pouvoir venir nous rejoindre d'ici là?
- Probablement, je ne sais pas encore. Désolée, je dois te laisser là.
- Pas de soucis, à plus tard.
Emma avait horreur de mentir mais elle tenait à leur faire la surprise. Il n'était pas question de dévoiler qu'elle était en route pour venir passer le weekend avec eux avant qu'Erin ne retourne à l'orphelinat.
Le cœur de Régina se serra quand elle comprit qu'Emma risquait de ne pas pouvoir la rejoindre de sitôt. Elle aurait tant voulu que la blonde soit là pour fêter avec eux la nouvelle du jour. Elle décida néanmoins de ne rien lui dire. Elle préférait au pire le lui annoncer par téléphone plutôt que par sms. Et là, ils étaient au restaurant avec Granny, ce n'était pas le moment.
- « Un problème Régina? »
Fidèle à ses habitudes, Granny veillait sur elle.
- « Non, non, c'était Emma. Elle est prête pour son audience. »
- « Super! C'est pour quand? »
- « Vendredi. Dans une semaine.»
- « Ah, elle va revenir alors? »
- « Elle ne sais pas encore... »
- « Bah, ne te tracasse pas, je suis sure qu'elle fera le maximum pour te rejoindre si elle le peut. »
Régina fit un sourire timide à son amie pour la remercier de sa bienveillance.
Emma état retournée à sa place et avait longuement joué à pierre feuille ciseaux avec son petit voisin. D'abord gênée, la maman du petit finit par se détendre quand elle vit que la grande blonde semblait prendre plaisir à tenir compagnie à son fils.
- « Vous savez y faire vous. »
- « Il paraît oui. »
- « Vous avez des enfants? »
Emma hésita un instant puis sourit à sa voisine.
- « Pas vraiment, mais ma compagne à un fils de 6 ans. »
Et voilà, c'était dit. Sa compagne. En deux petits mots, c'était comme si elle avait officialisé leur couple, leur famille. Elle sourit.
La jeune femme la regarda interdite puis reprit timidement.
- « Vous allez les rejoindre là? »
- « Oui. »
- « Vous devez former une bien belle famille vu comment votre regard s'illumine quand vous pensez à eux».
La blonde, se contenta d'un timide sourire pour acquiescer. Zut, c'était donc visible à ce point?
Le petit garçon fit diversion en réclamant d'aller aux toilettes ce qui arrangea bien Emma. Quand ils revinrent, le petit exhiba fièrement devant la blonde le livre que sa mère venait de lui acheter à la boutique du bord. Puis il se cala confortablement dans son siège et n'en bougea plus jusqu'à l'arrivée.
Comme convenu, Ruby attendait Emma à la gare. Celle-ci l'avait appelée en montant dans son train pour qu'elle vienne la chercher et la dépose discrètement chez Régina. L'agent immobilier avait la télécommande du sous-sol et les clés de chez Granny, c'était donc facile de préparer une arrivée surprise. La grande brune était ravie d'être complice du retour d'Emma. Bien sûr elle savait pour la décision qu'avait pris la pharmacienne d'adopter Erin car sa grand mère n'avait pu se retenir de l'appeler. Si elle se réjouissait pour la petite famille, elle se garda bien de dire quoi que ce soit, laissant à son amie blonde la joie de préparer son arrivée surprise. En fait de surprise, ma grande, c'est toi qui va en avoir une belle, crois moi. Songea t'elle.
Emma la regarda en fronçant les sourcils.
- « Quoi? »
- « Non, rien, je me demandais depuis quand je ne t'avais pas vue aussi radieuse. Être amoureuse te réussit!»
- « Ah, tu ne vas pas t'y mettre toi aussi? »
Elle raconta à son amie la conversation qu'elle avait eue avec la femme dans le train.
- « Les enfants, venez voir! »
Henry et Erin se précipitèrent pour la rejoindre dans la cuisine.
- « Holà, holà, et d'un, on ne court pas dans l'appartement... et de deux, lavez vous vite les mains et venez m'aider à finir la déco. Après on fera une photo pour l'envoyer à Emma. »
Régina exhiba le magnifique gâteau au chocolat qu'ils avaient confectionné ensemble à leur retour du restaurant. Elle leur avait demandé ce qu'il avaient envie de faire pour marquer cette belle journée et ils étaient tombés d'accord sur un gâteau. Maintenant qu'il avait refroidi, et que le nappage avait pris, il lui restait à rajouter un peu de crème chantilly pour parfaire la finition. Les gamins la regardaient, l'œil gourmand, préparer le siphon.
- « Bien, alors, qui commence? »
Henry ne tenait pas en place. Erin, qui ne savait pas vraiment ce qu'il fallait faire le laissa passer en premier. Il enfila un tablier puis se hissa sur un tabouret face au gâteau alors que Régina se plaçait derrière lui. Elle agita le siphon et le retourna tête en bas puis le plaça dans les mains de son fils.
- « Tu te rappelles, tu appuies doucement et tu gardes le siphon bien droit. Tu commences par faire le tour pour montrer à Erin? »
Le petit, très fier, commença à s'exécuter. Il tirait la langue tellement il s'appliquait et jetait de temps en temps un coup d'œil à la fillette qui observait consciencieusement. Régina guidait Henry en le soulageant du poids du siphon.
Il avait fait à peu près la moitié du tour du gâteau quand on frappa à la porte.
- « Tu veux aller ouvrir Erin, ça doit être Granny ou Ruby. »
La petite blonde les laissa continuer à la cuisine pour aller voir qui c'était.
Emma fut surprise que ce soit la fillette qui lui ouvre la porte, elle aurait cru qu'Henry se serait précipité, comme il en avait l'habitude. Elle fit signe à la gamine qui restait figée de la voir là de ne rien dire et elles entrèrent dans le salon sans un mot. Erin qui avait repris ses esprits se jeta dans les bras de la blonde, encerclant sa taille.
- « Erin? Alors, qui est ce? »
Emma lui sourit, déposa un baiser dans ses cheveux et lui fit signe de se taire puis de retourner à la cuisine comme si de rien n'était. La petite s'exécuta, incapable de contenir un sourire à l'idée de la surprise qu'allaient avoir les deux autres.
Apercevant la gamine revenir seule et sans un mot, Régina leva les yeux de son chantier. Elle vit d'abord Erin, plantée au milieu du passage, silencieuse mais tout sourire puis une autre chevelure blonde entra dans son champ de vision et son cœur s'emballa tandis qu'elle croisait le regard émeraude d'Emma.
Henry avait senti d'un coup les mains de sa mère se crisper. Il leva la tête et découvrit Erin accompagnée de la grande blonde. Oubliant son chef d'œuvre en cours de création, il abandonna le siphon, sauta du tabouret et se rua sur la nouvelle venue.
Celle-ci l'accueillit en se baissant et lui ouvrit les bras. Il ne se fit pas prier pour s'y réfugier.
- « Emma, Tu es venue! Tu es venue! »
Elle l'embrassa longuement puis releva les yeux vers sa mère qui n'avait pas bougé. Son siphon pâtissier dans les mains, les cheveux attachés et vêtue d'un tablier de cuisine, elle n'en demeurait pas moins magnifique. La policière déposa Henry, s'approcha et glissa ses bras autour de la taille de la maitresse de maison qui peinait à réaliser.
- « Mais que, … qu'est ce que tu fais ici. Tu m'as dit que... »
- « Je t'ai menti. Je voulais te faire la surprise. »
Elle déposa un doux baiser sur les lèvres de sa compagne qui finit par poser ce qu'elle avait dans les mains pour l'enlacer et l'embrasser à son tour. De l'autre côté de la pièce, les gamins se regardaient en faisant la grimace.
- « Bon, je crois qu'on va vous laisser deux minutes, on finira le gâteau plus tard... Tu viens Erin? »
- « Hep là, comment ça un gâteau? Vous faisiez un gâteau? Que vous alliez manger sans moi? Et en quel honneur s'il vous plait? »
Emma s'était détournée de la brune, les mains posée sur les hanches, elle provoquait les enfants du regard. Erin se mordait la lèvre. Était ce de l'embarras ou bien pour réprimer un sourire? Henry avait glissé sa main dans celle de la fillette et souriait fièrement. Emma se redressa et arqua un sourcil en regardant sa compagne. Celle ci arborait à son tour un sourire énigmatique qui voulait dire à mon tour de te faire une surprise!
- « Nous étions en train de confectionner un gâteau, dont nous allions t'envoyer la photo d'ailleurs, pour fêter une grande nouvelle. »
- « Qui est?... »
Les enfants s'étaient finalement rapprochés des deux femmes. Ce fût finalement le petit brun qui prit la parole en premier.
- « Maman va adopter Erin! Tu te rends compte, Erin va être ma sœur! »
- « Qu-quoi? Déjà? »
Emma s'était brusquement tournée vers la pharmacienne et sondait son regard pour y chercher un signe, quelque chose qui lui indiquerait qu'Henry s'était trop vite emballé, que sa mère avait seulement proposé de poursuivre l'accueil de la fillette, sans plus... Mais non, Régina la regardait de ses magnifiques yeux chocolat et semblait à la fois sereine et très fière d'elle. Un rictus moqueur soulevait sa pommette droite.
- « Cela vous pose un problème, Mademoiselle Swan? »
- « Quoi, mais que, je... heu...Non, bien sur que non enfin! … Mais... Régina, … c'est allé si vite... Tu es sure que... »
- « Certaine! »
La décision était visiblement sans appel. Les yeux brouillés de larmes, la blonde embrassa la pharmacienne et lui murmura à l'oreille: « Vous êtes vraiment unique Régina Mills, ne changez rien, je vous aime..»
Régina sentit alors son assurance s'envoler. Avait elle bien entendu? Emma venait elle de lui avouer qu'elle l'aimait? C'était tellement inespéré. Son cœur battait la chamade. Emma l'embrassa de nouveau.
- « Je t'aime, je n'ai plus peur de le dire... et tu m'as terriblement manqué. »
- « Hum, hum,... »
- « Oui Henry? »
- « C'est pas tout mais on a un gâteau à finir non? »
La fin de semaine s'était écoulée très vite, trop vite. Emma, Régina et les enfants l'avaient principalement passée à se promener et a profiter d'être enfin réunis. Ils étaient restés le vendredi tous les quatre ensemble, histoire de bien sceller leur nouvelle famille. Ils avaient pris de quoi pique niquer et avaient embarqué pour une ballade en bateau. C'était une première pour Erin. Certes, elle avait fait un petit tour avec Éric le pécheur de Cape Cod mais ils étaient à peine sortis du port et rapidement rentrés. Cette fois, ils avaient emprunté un mini ferry qui desservait les rives de la Charles River, reliant Beacon Hill à Riverside. Ils avaient longé les différentes universités, celle de Boston, le MIT juste en face et pour finir Cambridge et Harvard. La petite blonde avait été impressionnée par le trafic maritime. Il est vrai que certains bateaux se croisaient de près à l'approche des embarcadères. Et en cette veille de weekend d'aout, les plaisanciers étaient nombreux, tant avec leurs bateaux à moteurs que leurs voiliers. Tout ce petit monde se croisait à longueur de journée dans un ballet parfaitement orchestré.
Alors que le bateau était sur le chemin du retour, et que les enfants, fatigués, s'étaient sagement installés sur des fauteuils en terrasse, Emma prit Régina à part.
- « Gina, tu reprends le travail lundi c'est bien ça? »
- « Oui, lundi après midi »
- « Je suis là jusqu'à mardi soir. Comment vas tu faire pour les petits après mon départ? »
- « C'est déjà prévu, ils iront au centre aéré »
- « Tu réalises ce que tu fais pour Erin? Contrairement à Henry, elle s'était résolue à être une orpheline, ça ne va pas être simple pour elle de franchir ce cap, d'accepter de vous voir comme sa nouvelle famille. »
- « Je comprends Emma mais il se passe vraiment quelque chose de spécial avec cette gosse. Avec Henry mais aussi avec moi. C'est comme si on l'attendait depuis toujours. Les choses se font si naturellement... Tu comprends? »
- « Oui, c'est vrai qu'elle est beaucoup plus facile que je ne l'étais à son age... »
- « Et que tu ne l'es encore aujourd'hui. »
- « Oui, j'avoue. Mais ce sera quand même plus facile pour moi de me projeter dans l'avenir quand ce fichu procès sera terminé. Je ne sais rien de ce qu'il risque réellement de m'arriver. Vais je aller en prison ou pas? être maintenue au NYPD? »
- « Peux tu me dire ce que toi tu voudrais.»
- « Non, le destin ne m'a jamais vraiment gâtée alors, maintenant que tout semble s'arranger peu à peu, je croise les doigts pour qu'il m'épargne, pour qu'il nous épargne cette fois-ci. »
Régina resta songeuse. Même si elle ne l'avait pas exprimé implicitement, Emma souhaitait rester avec elle, c'était déjà ça. Elle se serra contre la blonde et appuya sa tête sur son épaule. Il était trop tôt pour voir plus loin et elle ne voulait pas braquer sa compagne. Dans sa tête à elle, les choses étaient limpides: Emma faisait partie de sa nouvelle vie au même titre qu'Erin et elle ne se voyait pas autrement qu'avec elle pour élever les enfants. Mais sans doute allait elle trop vite?
Les enfants étaient couchés depuis longtemps. Les deux femmes sirotaient un cidre sur la terrasse quand Emma interpela la brune.
- « Que se passera t'il si je suis condamnée à de la prison? Je vais perdre ma liberté, mon job, vous perdre à vous aussi... »
- « Tu perdras peut être temporairement ta liberté... Ton job, tu peux en changer, tu l'as montré... Mais nous, pourquoi voudrais tu nous perdre? »
- « Je peux pas vous imposer ça Gina. Si je suis condamnée, je veux que tu passes à autre chose,je ne veux pas être un fardeau pour vous trois. »
- « Écoute moi bien Emma Swan, le jour où j'ai décidé de tourner le dos à ma mère, j'ai aussi décidé que personne ne déciderai plus jamais à ma place ce que je dois faire de ma vie. Ni elle, ni toi, ni qui que ce soit d'autre. Si un jour nos chemins doivent se séparer, eh bien soit, il se sépareront mais ce ne sera pas parce qu'un jury t'aura envoyée en prison. Et j'espère bien que cela n'arrivera pas. Mais si ça arrive, je serai à tes côtés pour me battre, tu m'entends? Je t'aime Emma, pourquoi voudrais tu que je t'abandonne, moi aussi je t'aime. »
La brune s'approcha de sa compagne et passa une main dans les longues boucles blondes et s'attarda sur sa joue. Emma ne disait rien mais elle était sur le point de craquer, la pharmacienne le sentait. Elle la prit donc dans ses bras et la berça tendrement en embrassant se cheveux.
- « J'ai peur tu sais, j'ai tellement peur! »
- « Je sais et moi aussi j'ai peur pour toi bébé. »
Elles restèrent un moment ainsi, serrées l'une contre l'autre, comme protégées du reste du monde en songeant toutes les deux: Si seulement le temps pouvait s'arrêter là!
Peu à peu la tension se dissipa et laissa place au désir qu'elles avaient l'une pour l'autre, désir exacerbé par la séparation de ces quelques jours et l'enjeu de la semaine prochaine. Emma se redressa et s'empara de la bouche de la brune et ses mains glissèrent sous le chemisier de soie. En deux minutes, elle oublia le juge, l'audience et tout ce qui l'attendait à New-York. Régina, elle se sentait renaitre sous les caresses de son amante. Soudées l'une à l'autre elles dérivèrent petit à petit jusqu'à leur chambre. Leurs corps réclamaient le contact rassurant de l'autre, enfin retrouvée. Leurs mains partirent à l'assaut de la barrière de leurs vêtements et une douce chaleur les envahit. Il n'y avait plus de peur, plus de crainte ni de colère, seulement de la passion et tellement de tendresse...
- « Entrez Miss Swan, Asseyez vous. »
Maître Dwarf avait l'air de très bonne humeur en ce mercredi matin. Était-ce la perspective de la confrontation qui l'émoustillait ainsi?
- « Bonjour Maître. »
- « Allez, Emma détendez vous, votre dossier est solide et nous sommes fin prêts. Avez-vous bien profité de votre long weekend? »
- « Euh... oui »
- « Parfait! Eh bien moi aussi voyez vous, c'est le meilleur weekend que j'ai passé depuis des années et visiblement je dois vous en remercier. »
Emma le regarda surprise puis comprit enfin d'où venait la bonne humeur subite de l'avocat habituellement si bougon. Mademoiselle Nova avait du suivre ses conseils...
Comme elle lui souriait, l'homme poursuivit:
- « Oui, donc, je vous suis très reconnaissant des quelques conseils avisés que vous avez pu prodiguer à Astrid, euh, je veux dire, à Mademoiselle Nova. Mais je souhaiterai désormais que cela reste entre nous, me suis je bien fait comprendre? »
- « Parfaitement Maître! »
- « Bien, alors, concernant notre affaire, pas de nouveauté, j'ai repris l'intégralité du dossier pour bien me l'approprier et ça me paraît très clair. On va droit à un renvoi devant jury pour accusation de meurtre puisque nous allons plaider non coupable. Et là, normalement, le jury devrait signifier que les preuves sont insuffisantes pour poursuivre la procédure et le dossier sera clos. Sauf si... »
- « Sauf si quoi? »
- « Sauf si vous m'avez caché des choses et que la partie adverse, c'est à dire Gold et son avocat véreux Glass ou cette peste de procureur Green mettent la mais dessus... »
- « Je vous ai tout dit concernant cette affaire, combien de fois faudra t'il vous le répéter? »
- « Bien, dans ce cas, il n'y a pas de raisons de s'inquiéter... bonne journée inspecteur, à vendredi matin 8h30 chez le juge Marco. Je vous attendrai devant le tribunal pour vous guider, cette vielle bâtisse est un vrai labyrinthe.»
- « Merci. »
- « Ne me remerciez pas, attendez quelques semaines pour ça. »
- « Au revoir Maître, A vendredi. »
Quand elle passa à l'accueil, Emma fit un petit geste de la main à Mlle Nova qui rougit et bredouilla une phrase incompréhensible. Décidément il se tramait quelque chose entre ces deux là. Cette idée mit du baume au cœur de la blonde qui sortit de l'immeuble avec le sourire aux lèvres.
8h10, Emma arriva devant le tribunal en avance d'un bon quart d'heure, Maître Dwarf lui avait bien indiqué d'être ponctuelle, elle n'avait pris aucune risque. Régina l'avait appelée à sept heures pour vérifier que son réveil avait bien sonné et elle l'avait rappelée il y a dix minutes pour s'assurer qu'elle était bien en route. Elle avait pu rassurer la brune: Elle était en train de se garer à destination.
A peine deux minutes plus tard, elle vit arriver son petit avocat, courbé sur ses dossiers qu'il avait calés dans une vielle sacoche sous son bras. Il la rejoignit et lui indiqua de le suivre. Emma n'était jamais entrée dans le tribunal par l'entrée principale. Aussi, sa surprise ne fût pas feinte quand elle découvrit le gigantesque hall d'entrée.
- « Venez, suivez moi, c'est par là, au deuxième étage. »
L'avocat était dans son élément, il se faufilait parmi la foule déjà dense. Ils arrivèrent devant le bureau du juge il était exactement huit heures vingt deux. Le timing était parfait.
Ils étaient seuls à attendre et s'assirent sur les banquettes de velours rouge qu'Emma avait pu déjà découvrir le soir de son entretien avec Oncle Gep. A huit heures trente précises, des pas se firent entendre au loin. Deux hommes approchaient. Emma n'eut aucun mal à reconnaître le gouverneur Gold avec sa claudication et sa canne. Elle supposa que celui qui l'accompagnait devait être son avocat le fameux Sidney Glass. L'homme, un peu emprunté dans son costume sombre jeta un regard hautain sur Maitre Dwarf et sa cliente. Emma se contenta d'un léger signe de tête auquel Gold répondit par un rictus qui ressemblait plus à une grimace qu'à autre chose. Dwarf n'avait pas bronché.
Au même moment, Mademoiselle French apparut pour annoncer que le juge allait les recevoir. Elle entra dans le bureau de celui-ci pour préparer les lieux. Très professionnelle, rien n'indiqua dans son comportement qu'Emma et elle s'étaient déjà rencontrées. Quelques minutes plus tard, elle réapparut et les invita à la suivre.
- « Mademoiselle Swan, Messieurs, le juge vous attend ».
Les tempes d'Emma battaient à tout rompre et ses jambes menaçaient de ne pas la porter. Dwarf lui donna un coup de coude pour la sortir de cet état second. Elle se reprit et suivit l'assistante qui les invita à s'asseoir, quatre sièges étaient dressés face au grand bureau du juge. Ils s'installèrent donc en silence tandis que l'assistante quittait de nouveau la pièce.
Emma leva les yeux vers Gold qui chuchotait à l'oreille de son avocat. De nouveau, un rictus sadique orna le visage du gouverneur. Cet homme est vraiment puant! Se dit elle en se concentrant sur le serre livre de bois sculpté qui trônait sur le bureau d'oncle Gep.
- « Inspecteur, Maîtres, Gouverneur, veuillez excuser ce léger retard, un petit problème de logistique avec la cafetière..., asseyez vous, je vous en prie » dit- il à l'attention des visiteurs qui s'étaient levés à son arrivée. Il s'installa derrière son bureau et ouvrit la chemise que Mademoiselle French avait préparée à son attention.
- « Bien, donc, affaire Gold contre Swan. Le gouverneur Robert Gold ici présent accuse l'inspecteur Emma Swan de la police de New-York ici présente d'avoir sciemment tiré sur son demi frère le dit Gregory Mendel, le blessant mortellement, au moment de son arrestation à Storybrooke, état du Maine le 3 avril de cette année...».
Il stoppa sa lecture et releva la tête vers Emma.
- « Mademoiselle Swan, qu'avez vous à dire concernant cette accusation? »
- « Monsieur le juge, je reconnais avoir tiré sur le fugitif mais pas dans l'intention de le tuer. Il s'agissait de sauver mon coéquipier qu'il menaçait d'un couteau de chasse. »
- « Mmm je vois, donc vous invoquez la légitime défense pour un tiers? »
- « C'est exact votre Honneur! Et nous plaidons non coupable.»
Maître Dwarf s'était levé d'un coup pour appuyer sa déclaration.
- « Entendu. Maître Glass, avez vous quelque chose à rajouter? »
- « Non votre honneur, pas à ce stade ».
- « Bien, donc, compte tenu que vous reconnaissez avoir tiré sur le prévenu et vu que vous avez opté pour plaider non coupable, vous serez renvoyée à comparaître devant un jury populaire qui statuera de la recevabilité du dossier de plainte de Monsieur Gold. La date de l'audience devant le jury sera fixée dans le courant de la semaine. Mademoiselle, Messieurs, bonne journée. »
Le vieux juge s'était redressé sur son siège et les invitait à quitter la pièce.
Emma ne se fit pas prier pour quitter ce bureau et la promiscuité avec le gouverneur. Même si totu s'était passé comme Dwarf l'avait prévu la confrontation l'avait replongée dans ses craintes. Il fallait qu'elle sorte de là au plus vite, qu'elle s'éloigne de Gold et de ses airs supérieurs...
Quand Maître Dwarf et elle atteignirent le hall d'entrée, elle souffla. Puis, entendant son prénom, elle se retourna et reconnut aussitôt la silhouette qui se dirigea vers elle.
- « Gina? »
Elle saisit les mains de la brune qui la couvait des yeux. Puis réalisant l'incongruité de la situation, elle se tourna vers son avocat.
- « Maître, je vous présente Régina Mills, ma compagne. Gina, voici Maître Leroy Dwarf mon avocat. »
Ils échangèrent quelques politesses et sortirent tous les trois du bâtiment.
En haut de l'escalier, un homme sec, appuyé sur sa canne, grimaça. Il glissa sa main dans la poche, en sortit son téléphone. Il sélectionna un correspondant et porta l'appareil à son oreille. Sa gimace s'était transformée en un sourire mesquin qui barrait maintenant son visage. Il jubilait!
- « Cora très chère, comment allez vous? ... Oui c'est bien moi, … je vais bien merci,... bien mieux depuis quelques instants... Ce qui m'amène? … vous ne devinerez jamais! … Allons, un peu de patience très chère, … figurez vous que je viens d'apercevoir une certaine brune de votre connaissance en bien charmante compagnie... »
Voilà, vous vouliez voir le perfide à l'œuvre, vous allez être servi(e)s. A bientôt pour la suite et le retour de Cora.
