Hello,

Avant tout merci d'être toujours là. Je sais que j'ai beaucoup de retard dans ma publication et je n'ai pas d'autre excuse que d'autres priorités et une vie bien chargée. Certaines m'ont posé la question de savoir combien il restait de chapitres, je pense qu'au total l'histoire ne dépassera pas 25 ou 26 donc oui, on approche du but.

Comme d'habitude, les personnages de OUAT ne m'appartiennent pas mais cette histoire est entièrement le fruit de mon imagination ).

Bonne lecture.

Z.


Chapitre 22: Représailles.

- « Voyez-vous ça? Ainsi donc Gold avait raison... Tu es décidemment tombé bien bas ma fille. Comment oses-tu t'exhiber ainsi? C'est ça que tu appelles prendre ta vie en main ? Quelle honte !».

Emma se figea. Ainsi donc, voici à quoi ressemblait la terrible Cora Mills. D'abord sa voix, sèche, froide, caustique et antipathique au plus haut point. Puis l'aspect physique : La mère de Régina était impressionnante malgré sa petite taille. Elle était mince et son port de tête altier lui conférait une allure distinguée. Elle avait surement été très belle par le passé mais là, la rancœur qui l'animait accentuait ses rides la rendant hideuse. Quoi qu'il en soit, Emma n'avait pas l'intention de laisser cette femme rabaisser d'avantage Régina. Elle allait ouvrir la bouche pour répliquer quand la pharmacienne posa la main sur son avant-bras et prit la parole.

- « Bonjour mère ! »

L'autre femme lui lança un regard dédaigneux et haussa les épaules en guise de réponse. La brune reprit :

- « Bien, puisque vous n'êtes pas disposée à être cordiale, laissez-moi l'être à votre place. Je vous présente Emma, Emma Swan, ma compagne. »

- « Inutile de te fatiguer, je sais très bien qui elle est. Une meurtrière qui ira bientôt croupir en prison pour le restant de ses jours. Allons Régina, tu n'y penses pas. Tu vaux mieux que ça. ».

- « Je vous interdit de … »

- « Comment oses-tu me menacer, moi, ta mère, qui ne veut que ton bien. Enfin Régina, ma fille, réagit, reprends toi, il y a tant de bon partis qui seraient ravis de faire ton bonheur, que va tu t'encombrer d'une lesbienne criminelle … »

- « Ca suffit. Viens Emma, rentrons. Nous n'avons rien à faire ici. »

La blonde n'avait pas émis le moindre mot mais elle était blême, les poings serrés, prête à décrocher un direct bien mérité à cette harpie. Mais par respect pour Régina, et vu que celle-ci l'avait défendue sans faillir, elle se retint et glissa sa main dans celle que lui tendait la brune.

Alors qu'elles avaient tourné les talons pour rentrer à l'hôtel, la voix de Cora retentit de nouveau:

- « Tu as toujours été attirée par les causes perdues, tu tiens ça de ton père, ce minable. Déjà toute petite tu recueillais les oisillons tombés du nid. Mais là, Régina, il ne s'agit plus de jouer. C'est la vraie vie. Je ne te laisserai pas gâcher la tienne sans rien faire. D'abord ce gamin, sorti d'on ne sait où. Maintenant cette … cette dépravée… et pour finir il parait même que tu souhaites adopter son clone miniature? C'est le bouquet! »

La vieille femme vociférait des paroles plus blessantes les unes que les autres. Régina ne cillait pas. Elle serrât plus fort la main d'Emma tandis qu'elles s'éloignaient, laissant derrière elle une Cora toujours plus acerbe.

Quand elles atteignirent enfin l'ascenseur, elles s'engouffrèrent à l'intérieur sans un mot. Emma posa son index sous le menton de la brune et l'obligea à la regarder.

- « Hey, je suis désolée de te l'apprendre mais je ne pense pas que je puisse un jour m'entendre avec ta mère ».

Un bref sourire triste lui répondit tandis que les yeux de la pharmacienne s'emplissaient de larmes.

- « Emma, je suis désolée, elle est odieuse ».

- « Oui mais tu n'y peux rien. C'est ta mère, elle est effectivement odieuse mais tu n'y es pour rien. Alors arrête de te sentir coupable. Laisse là pour ce qu'elle est : une vieille femme aigrie qui finira ses jours seule et abandonnée de tous ».

- « Détrompe toi Emma, elle est puissante et a un réseau de connaissances très influent. Elle peut nous atteindre d'une façon ou d'une autre. »

- « Eh bien nous verrons bien. En tout cas, je te préviens, la prochaine fois, je ne pense pas que je serai capable de me retenir davantage de lui en coller une ».

Cette fois, le sourire de la brune fut plus sincère. A l'idée de la policière giflant sa mère, il s'agrandit encore puis elle se ravisa.

- « Non Emma, il ne faut surtout pas. Elle serait capable de porter plainte afin de ta charger au maximum. Promet moi que tu ne feras jamais ça. »

La blonde serra les dents. Cette Cora méritait qu'on la remette en place une fois pour toute, d'une façon ou d'une autre…

- « Emma ? »

- « Hum ? Ah oui. Bon OK ça va, je ne la toucherai pas… »

Dès le lendemain elles avaient repris la route pour Boston après un passage rapide chez Graham et Jenny. Elles voulaient profiter des derniers jours de vacances des enfants pour passer le plus de temps possible tous les quatre ensemble avant le procès.

Une semaine jour pour jour après l'audience chez le juge Marco, Emma reçut un appel de son avocat.

- « Inspecteur Swan ? Ici Leroy Dwarf. L'audience préliminaire devant le jury est prévue le mardi 2 septembre. Pouvez-vous être rentrée deux ou trois jours avant pour que nous reprenions le dossier ensemble ? »

- « Bien sûr… Comment ça va se passer ? »

- « Eh bien c'est relativement simple, le procureur va présenter les faits en s'appuyant sur les témoignages, à charge ou à décharge qu'il a recueillis afin que le jury puisse se familiariser avec l'affaire. Cela dure en généra jours. Là, ils n'ont prévu que deux jours de présentation, c'est que le juge estime que le dossier est simple. Le troisième jour, le procureur présente ses conclusions et après délibération, le jury devra dire si la plainte de Gold est recevable ou pas et si les poursuites sont maintenues contre vous. »

- « Gold et son avocat prennent il part au débat ? »

- « Indirectement seulement. Maitre Glass fournit au procureur le dossier qu'il a instruit à charge. Celui-ci peut choisir de faire témoigner le gouverneur comme n'importe quel autre témoin qu'il jugerait utile. »

- « Et vous ? »

- « Eh bien mon rôle est de démonter pièce par pièce tout ce que la partie adverse pourra échafauder contre vous. J'espère que vous m'aurez donné tous les éléments pour le faire. »

- « Oui, oui, ne vous inquiétez pas pour ça, je vous ai absolument tout dit. »

- « C'est parfait, je vous dis donc à très bientôt. Bonne fin de journée, Inspecteur. »

- « Merci Maître. A vous pareillement.

En raccrochant, Emma regretta de ne pas avoir parlé de Cora Mills avec Maitre Dwarf. Si cette femme était aussi tordue et influente que le craignait sa fille, alors, son avocat avait tout intérêt à être informé des menaces qu'elle avait proférées. Elle se promit d'aborder le sujet lors de leur prochaine entrevue.

Le séjour à Boston fut idyllique, comme un avant-goût de ce que pourrait être leur existence à venir si le procès se passait bien. Emma envisageait de plus en plus une issue favorable, rassurée à la fois par les propos de son avocat et de l'oncle Gep. Elle avait rediscuté de tout ça avec Gus qui, comme eux, ne voyait pas de raison tangible qui pourrait pousser le jury a finalement retenir les charges d'homicide volontaire contre elle. Du coup, elle se posa pour la première fois la question de ce que serait sa vie d'après. Il n'était plus question désormais de vivre à New-York. C'est ici près de Régina et des enfants qu'elle souhaitait être au quotidien. Dans un premier temps elle pourrait poursuivre sa mission d'éducatrice à l'orphelinat mais, à terme, il fallait trouver une solution plus pérenne. Et puis son métier lui plaisait. Ce qui l'avait peu à peu minée c'était l'environnement newyorkais. Pourquoi ne pas tenter d'intégrer la police de Boston après tout? Plus elle y songeait et plus cette solution lui semblait évidente. Dès qu'elle serait fixée sur l'issue du procès, elle entamerait les démarches en vue de sa mutation ici.

Comme ils l'avaient convenu, Emma retrouva Maitre Dwarf le samedi qui précédait l'audience devant le jury. Ils passèrent l'après-midi entier à reprendre un par un les éléments de son dossier. En fin de journée, Emma aborda enfin le sujet épineux de Cora Mills et de ses menaces.

- « Selon Régina, sa mère est réellement dangereuse car elle aurait tissé un réseau d'influence solide avec le gouverneur Gold ».

- « Oui je connais la réputation de Madame Mills mais n'avais pas fait le rapprochement avec votre amie. Effectivement cette femme est venimeuse … et capable du pire. Elle n'hésitera pas à suborner un témoin si elle le peut. Et Gold et elle sont souvent fourrés dans les mêmes embrouilles depuis des lustres. Vous avez bien fait de m'en parler, le danger est réel mais un avocat averti en valant trois, je vais veiller au grain…»

Ils se séparèrent donc sereins. Il était inutile qu'ils se revoient mais gardaient la possibilité de le faire le lundi, veille de l'audience si cela s'avérait nécessaire.

Afin d'être prête à toute éventualité, Emma décida de rester à New York en attendant le mardi. Comme elle avait prévu d'assister à l'audience, Régina vint la rejoindre le dimanche tandis que les enfants restaient sous la bonne garde de Granny et Ruby. Gus lui, arriva le lundi. Il tenait également à être présent pour soutenir sa « sœur » et ses compétences en matière de droit étaient un atout non négligeable ainsi que ses relations avec le juge.

Le tribunal fourmillait de monde en ce mardi matin. Emma, Régina, Gus et Maitre Dwarf se retrouvèrent en haut du large escalier et prirent ensemble la direction de la salle d'audience qui se trouvait dans une aile du premier étage. La tension était palpable quand ils durent se séparer, Emma et son avocat regagnant leur place face au juge tandis que Régina et Gus restaient en retrait, volontairement discrets quelques rangs dernière eux.

Alors qu'ils s'installaient, Dwarf fit un signe de tête à sa cliente pour lui indiquer les trois personnes qui venaient d'entrer : le gouverneur Gold, son avocat véreux et enfin Cora Mills.

Voyant Emma se raidir, Régina suivit son regard et comprit en apercevant sa mère ce qui avait contrarié la blonde.

L'audience était publique, et de nombreux journalistes et curieux se pressaient dans la salle. Ce n'était pas tous les jours qu'une femme policière était accusée du meurtre du frère d'un gouverneur. Alors que les portes de la salle se refermaient, Emma sentit une main presser son épaule. Elle découvrit assise juste derrière elle Betty Hunt, accompagnée de sa sœur Lisa. Celles qui avaient été à l'origine de l'identification de Greg Mendell étaient venues pour la soutenir. Elles échangèrent un sourire puis s'assirent en silence.

Le greffier annonça l'entrée du procureur, Maitre Tamara Green suivie des douze membres du jury qui prirent place dans le carré qui leur était réservé sur le côté droit de la salle d'audience, de façon à bien pouvoir observer l'accusée. Enfin, quand ils furent tous en place, le juge Marco fit son entrée et, d'un geste théâtral de la main, il invita l'assemblée à s'asseoir.

Emma observait discrètement les membres du jury. Sept hommes et cinq femmes, trois blacks, au moins quatre latinos. Le plus âgé, un vieil homme d'au moins soixante-dix ans se déplaçait avec une canne. Une jeune femme blonde un peu perdue et son voisin qui ressemblait à un étudiant de première année se disputaient la place du plus jeune. La plupart scrutaient la salle, impressionnés par le monde présent. Seul un homme d'une quarantaine d'année fixait Emma sans sourcilier. Ce regard la mit mal à l'aise sans qu'elle comprenne pourquoi. L'homme avait un regard dur, sévère et lui rappelait vaguement quelqu'un, sans qu'elle sache identifier qui, ni dans quelles circonstances elle avait pu le rencontrer.

Le juge se leva aussitôt suivi du procureur, du jury, de maitre Dwarf et Emma. Puis, il invita le public à faire silence avant d'annoncer l'ouverture de l'audience.

Après une brève introduction du procureur, les membres du jury prirent la parole tour à tour pour se présenter, nom, prénom âge et profession. Quand le tour de l'homme qui scrutait Emma fut arrivé, il annonça: Smith Paul, 39 ans, docker.

Paul Smith, Paul Smith… Emma avait beau chercher, ce nom ne lui disait rien, aucun rapport avec une affaire qu'elle aurait traitée. Maître Dwarf lui avait expliqué qu'ils avaient le droit de récuser un membre du jury sur un motif dument justifié. Là, l'homme lui était antipathique, elle était persuadée de le connaître mais ne parvenait pas à se souvenir ni d'où, ni de quand ça datait.

La voyant contrariée, son avocat se pencha vers elle.

- « Emma ? Un souci ? »

- « A vrai dire, je ne sais pas. L'homme au milieu du deuxième rang, Smith, je le connais mais je n'arrive pas à me rappeler d'où. »

Maître Dwarf ouvrit alors un dossier et le tendit à sa cliente. Il possédait un CV très court pour chacun des membres du jury. Sautant rapidement les six premiers, Emma arriva à celui du docker. Paul James Smith, né à Boston, marié, père de famille, salarié des docks new yorkais depuis 15 ans. Paul James Smith, Paul J. Smith, P. J. Smith… PJ! PJ, bien sûr ! Le costaud de l'orphelinat qui terrorisait les petits et à qui Emma avait tenu tête, réussissant même à lui casser le nez lorsqu'il avait cru l'impressionner en la bloquant dans les toilettes.

Emma se pencha discrètement vers son avocat.

- « Ca y est. Je sais d'où je le connais et je pense qu'il ne me porte pas dans son cœur. »

- « Mais encore ? Assez pour le faire sauter ?»

- « J'espère que oui. Il était à l'orphelinat avec moi quand nous étions enfants. Et pour faire court, il m'a coincée dans les toilettes et pour lui échapper, je lui ai cassé le nez et mis à mal son orgueil. En plus il s'est fait remonter les bretelles par la directrice et a été privé de sorties plusieurs semaines. »

- « OK je tente une requête. »

L'avocat se leva et quand le procureur eut fini de rappeler leurs droits et devoirs aux membres du jury, il demanda à parler au juge. Celui-ci lui fit signe d'approcher.

- « Je vous écoute Maitre »

- « Votre honneur, ma cliente et moi-même souhaiterions récuser Monsieur Smith. »

- « Et pour quel motif ? »

- « Mademoiselle Swan et lui étaient pensionnaires du même orphelinat pendant leur enfance et il semble qu'ils ne s'appréciaient guère ».

- « C'est tout ? »

- « Non, en fait, l'homme en question aurait cherché à agresser ma cliente et celle-ci lui aurait cassé le nez pour lui échapper. Il a ensuite été puni pour ses agissements douteux. »

- « Ah, effectivement. De toute façon, le simple fait qu'ils se connaissent est un motif valable. Mais cela explique pourquoi il s'est gardé de le signaler. »

Le juge se tourna alors vers le jury.

- « Mesdames, messieurs, je vous rappelle que si vous connaissez le plaignant ou l'accusé, vous ne pouvez tenir votre rôle de juré impartial et devez-vous signaler. Si vous ne le faites pas, vous êtes passibles de poursuites. Est-ce bien clair pour tout le monde ? »

Aucun des douze ne broncha. Le juge se leva alors.

- « Monsieur Smith, levez-vous s'il vous plait »

L'homme s'exécuta, l'air assuré, soutenant le regard du juge.

- « Monsieur Smith, je vois dans votre dossier que vous êtes nés à Boston… »

- « C'est exact »

- « Est-il exact que vous ayez été pensionnaire de l'orphelinat municipal ? »

- « Oui tout à fait. »

- « Bien. Maintenez-vous toujours que vous ne connaissez pas l'accusée ? »

L'homme prit un air faussement surpris, regarda brièvement Emma et hocha la tête.

- « Oui votre honneur. Je ne pense pas l'avoir jamais rencontrée. »

- « Ah. Est-il exact que lors de votre séjour dans cet établissement, vous avez eu le nez c assé? »

- « O… oui, c'est vrai mais… »

- « Ahhhh, la mémoire vous reviendrait elle soudain ? »

- « … »

- « Bien, j'ai du mal à croire que vous ayez oublié la personne qui vous a cassé le nez, une fillette assez frêle et plus jeune que vous, ça a du vous valoir les quolibets de vos camarades non ? »

L'homme ne bronchait plus, il se contenta de fusiller du regard la policière.

- « Donc, compte tenu des circonstances et puisque la mémoire vous est finalement revenue, j'accepte la requête de Maître Dwarf et vous demande de quitter ce jury. Estimez-vous heureux de ne pas être poursuivi pour outrage à la cour. »

Puis, s'adressant à la salle :

- « L'audience est suspendue quelques minutes le temps de faire venir un suppléant. »

Le Juge, le procureur et le jury dans son ensemble quittèrent donc la salle, laissant place à un brouhaha dans le public.

L'avocat d'Emma se tourna vers sa cliente.

- « Bien joué. Je crois que le juge nous a à la bonne. En tout cas c'est une chance que vous soyez physionomiste et que vous ayez une très bonne mémoire. »

- « Que va-t-il se passer maintenant ? »

- « Il y a toujours des suppléants prêts à intervenir en de pareilles circonstances, ce n'est l'affaire de quelques minutes avant que l'audience ne reprenne. »

- « OK. »

Emma se retourna et chercha du regard Régina, en vain, sa place était vide. Elle fronça les sourcils et interrogea Gus du regard. Celui-ci lui indiqua la direction opposée, là où se trouvaient Gold et sa clique. Régina était là, face à face avec sa mère. La tension entre les deux femmes était palpable. Régina pointait du doigt en direction d'Emma sans quitter sa mère des yeux. Son attitude était froide et déterminée. Sans qu'aucun son ne parvienne jusqu'à la blonde, celle-ci devinait que Régina menaçait sa mère. L'autre femme soutenait son regard et Emma distingua nettement un haussement d'épaule accompagné d'un rictus dédaigneux.

Quand elle eut terminé, la pharmacienne tourna les talons pour revenir à sa place et croisa le regard de la blonde. Emma la vit se figer. Il s'était visiblement passé quelque chose de grave pour que Régina réagisse de la sorte. Elle qui l'avait exhortée à ignorer les provocations de sa mère.

Après quelques secondes, la brune afficha un sourire timide qui se voulait rassurant et s'assit aux côtés de Gus. Emma lui fit signe de s'approcher mais son avocat l'en dissuada.

- « Emma, non. Laissez là. Je ne tiens pas à ce que les journalistes fassent le lien entre vous et la famille Mills. »

La blonde soupira, elle laissa tomber ses épaules et se rassit aux côtés du petit avocat qui posa sa main sur la sienne en guise de réconfort.

Le vacarme ambiant cessa soudain et la cours fit son retour. Le procureur déposa un dossier contenant le CV du nouveau membre du jury devant maitre Dwarf et demanda à celui-ci de se présenter. C'était un homme blanc, la cinquantaine, l'air tranquille, quand il eut terminé, le procureur demanda à l'avocat de la défense s'il acceptait le jury en l'état et Maitre Dwarf confirma. L'audience put donc enfin commencer réellement.

La première demi-journée fut consacrée à l'exposé des faits, en commençant par l'entretien avec le gouverneur Gold qui avait permis de localiser le fuyard.

L'exposé de Tamara Green relata ensuite comment l'équipe Emma Swan-Jefferson Hat avait été envoyée sur place et épaulée par le shérif local pour procéder à l'arrestation de Mendell. Le procureur éplucha une à une les informations contenues dans le rapport de police qu'Emma avait rédigé à son retour. Au moment de l'évocation de l'agression sur Jeff, Emma vit certains membres du jury se raidir, choqués par la violence du geste. C'était autant de personnes convaincues de l'atrocité qu'était sur le point de commettre Mendell mais Maitre Green détailla ensuite avec la même minutie les dossiers médicaux de Jeff et de Mendell.

Le premier faisait état d'une blessure nette et profonde qui aurait pu s'avérer fatale sans la réaction de l'inspectrice et la transfusion qui avait rapidement suivi. Le second démontrait que la balle était entrée au-dessus de l'oreille droite avant de se loger dans la boîte crânienne du fugitif. Présenté ainsi, ce détail tendait à prouver que Mendel était sur le point de fuir… ce qui mettait en doute la notion de légitime défense. Un murmure traversa l'assemblée. Tamara Green venait de marquer un point. On n'était plus face à un danger imminent mais face à un acte atroce déjà accompli et un possible réflexe de vengeance. Et du point de vue du droit, cela faisait toute la différence. La différence c'était la qualification des faits : Homicide volontaire.

La séance fut levée à midi pile pour la pause repas. Emma comparaissait libre, elle avait donc le loisir de manger où et avec qui elle le souhaitait mais, pour éviter la presse et sur le conseil de Dwarf, Emma, Régina, Gus et l'avocat se dirigèrent vers la pièce mise à la disposition de la défense pendant les deux jours d'audience. Astrid Nova les y attendait. L'assistante les accueillit toujours aussi réservée :

- « Hamburger frites pour vous Miss Swan et pour ces messieurs… » Puis se tournant vers Régina : « Pour vous Madame et pour moi-même, salade aux fruits de mer. Enfin, j'ai pris la liberté de rajouter des cookies maison mais pas de vin, le règlement du tribunal interdit tout alcool. Tout à l'heure j'irai chercher des cafés en bas chez Mario, ils sont commandés.»

Emma s'approcha de la jeune femme.

- « Merci beaucoup Astrid, c'est parfait. Mais je vous ai déjà dit de m'appeler Emma. Venez par-là que je vous présente Régina, ma compagne et puis voilà Gus, mon frère. »

L'ambiance du repas fut assez légère malgré ce que redoutait la blonde. Astrid raconta combien il lui avait été difficile de supporter l'odeur des hamburgers alors qu'elle était végétarienne. Il s'en suivit une joute sympathique entre l'assistante et son patron sur les méfaits des hamburgers. Emma ne put s'empêcher de prendre la défense de l'avocat tandis que Régina se rangeait aux côtés d'Astrid. Seul Gus restait en retrait. La blonde le remarqua et l'interpela.

- « Allez Gus, un petit renfort ne serait pas de refus ».

- « Non Emma, ce sera sans moi sur ce coup-là. Je préfère rester neutre mais je vous en prie, allez-y, je compte les points ! »

Sa réaction eut le mérite de réconcilier les quatre autres qui se liguèrent aussitôt contre lui. Emma le traitant de dégonflé alors que Régina le fusillait du regard. Dwarf railla le manque de courage des avocats d'affaires et même Astrid lui reprocha de manquer de bon sens.

Ce repas sur le pouce avait finalement été une excellente idée. Et les cookies d'Astrid finirent de mettre tout le monde d'accord sur le sujet.

Tandis que l'assistante était partie chercher les cafés, Emma s'approcha de Régina et lui demanda discrètement :

- « Alors, tu me racontes ce qui s'est passé tout à l'heure avec ta mère ? »

- « Laisse tomber, ça ne vaut pas la peine. »

- « Je ne suis pas de cet avis, vu l'état dans lequel tu étais, je pense que j'ai le droit de savoir. Que t'a-t-elle dit ? »

- « … A la pause, je suis allée la voir pour lui demander ce qu'elle faisait là. Elle m'a répondu qu'elle était venue soutenir un ami et faire son devoir de bon citoyen. »

- « De bon citoyen ? Qu'a-t-elle donc en tête ? »

- « Elle veut témoigner. »

- « Témoigner de quoi ? Elle n'a rien à voir avec cette affaire ! »

- « Témoigner en faveur de Mendell, en tant qu'amie de la famille Gold. C'est là que j'ai perdu mes moyens et que je l'ai menacée. »

- « Oui j'ai vu, ça faisait froid dans le dos. »

- « Ne te moques pas Emma, je crois qu'elle veut faire pire que ça. »

- « Pire ? Et quoi donc ? »

- « Elle, … elle m'a menacée de révéler notre relation si, je cite, je m'obstine à rester avec toi pour la contrarier».

Emma se leva d'un coup et tapa du plat de la main sur la table faisant sursauter Regina et les deux avocats.

- « Mais bon sang, qu'elle le fasse! Elle n'a toujours pas compris que l'homosexualité n'est pas contraire à la loi ? Qu'est-ce que ça va changer à part lui offrir du public pour déverser sa bile? Si elle a tellement honte, elle n'osera même pas. C'est du bluff.»

Maitre Dwarf intervint.

- « Calmez-vous Emma. Que se passe-t-il ? »

- « Il se passe que cette chère maman Mills menace de témoigner et de révéler notre liaison… »

L'avocat souffla et se tourna vers la brune.

- « Régina, votre mère, vous me passerez l'expression, est une sacrée fouteuse de merde. Mais elle est surtout la reine de la manipulation. Il ne faut pas la sous-estimer, si elle fait cela, c'est qu'elle sait qu'elle va y gagner au change. Pousser sa fille à faire son coming-out en public ne doit pas lui faire plaisir donc si elle vous menace c'est qu'elle a plus à y gagner qu'à y perdre. Qu'a-t-elle à y gagner au juste? »

Régina restait sans voix. Ce fut la blonde qui se leva et alla se place face à elle. La prenant par les épaules, elle plongea ses yeux émeraude dans ceux de la pharmacienne.

- « Rien, justement rien, elle n'a absolument rien à y gagner. Régina, tu m'entends? Je suis sure qu'elle tente le tout pour le tout. Elle bluffe! Pose-toi la question différemment. Toi, qu'as-tu à y perdre?».


Bon je sais, la coupure ne va pas vous plaire. Je fais mon possible pour publier la suite sans trop tarder. A bientôt.